Le voile de la Vierge Marie se trouve à Chartres

Unsplash/Lucrezia Carnelos

Le voile de la Vierge Marie se trouve à Chartres

En Eure et Loire (France), à Chartres, une tradition datant du Moyen Âge, dit que les Gaulois, bien avant le christianisme, auraient honoré ici une vierge qui allait enfanter quelque part dans une lointaine contrée en Orient. Cette tradition de la Virgo Pariturae (Vierge enceinte) a profondément marqué le sanctuaire marial et renforcé la volonté des Chartrains de construire, ici, un édifice de pèlerinage important : la cathédrale.

En 876, le roi de France Charles le Chauve offre à la cathédrale la Sainte Chemise (Sancta Camisa), nommée aujourd’hui Voile de la Vierge. Cette relique aurait été portée par Marie le jour de la naissance de Jésus, ce qui en fait une des reliques les plus précieuses pour les Chrétiens : liée à Marie et au Christ lui-même comme un témoignage de l’incarnation de Dieu sur terre. Mais d’où vient cette relique ?

Charles le Chauve détenait ce voile de son grand-père Charlemagne qui le conservait dans son palais à Aix-la-Chapelle. L’empereur Charles l’avait reçu en présent de l’impératrice Irène de Byzance, impératrice du Saint-Empire romain d’Orient à Constantinople. Ce voile était recensé dans les listes de reliques que détenait la grande Constantinople au 5e siècle de notre ère.
En 1194, lors de l’incendie de la cathédrale, on le crut perdu à tout jamais. Mais, c’était sans compter le réflexe de prêtres qui ont pris le reliquaire où se trouvait le voile pour se réfugier dans la crypte. On dit qu’ils ont passé 3 jours sous terre à attendre et, qu’à leur sortie, la foule les acclama. La ferveur fut telle que les financements pour la reconstruction affluèrent.

C’est en 1712 que l’on ouvre le coffret où se trouvait la relique. À ce moment, on s’aperçoit qu’en guise de chemise, il s’agit en fait d’un tissu de soie d’un demi-mètre de large et de 5,30 m de long. La relique quitte alors son nom de Sainte Chemise et devient le Voile de la Vierge.
Le Voile est morcelé à la Révolution, un petit morceau est gardé dans la crypte, alors que la plus importante partie est exposée dans la cathédrale dans un reliquaire réalisé au 19e siècle.
Une expertise fut réalisée en 1927 par les grandes soieries de Lyon et donne en datation le 1er siècle de notre ère. La technique de tissage correspond également à ce qui se faisait en Palestine à cette période.

Ce voile fut un des moteurs des grands pèlerinages marials du Moyen Âge. Depuis juillet 2020, le Saint Voile est exposé dans un nouvel écrin dans la cathédrale de Chartres.

Adapté de : www.chartres-tourisme.com

Et aussi : Encyclopédie Mariale

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

15.03.2024 – SAINT DU JOUR

St Clément-Marie Hofbauer

PRÊTRE C.SS.R. († 1820)

Saint Klemens Maria Hofbauer
Prêtre rédemptoriste 
(1751-1820)

Klemens Maria, dans le siècle Jean Dvorak, Hofbauer naît à Tasswitz, en Moravie, le 26 décembre 1751. Son père meurt, quand il n’a que 7 ans, laissant douze enfants en bas âge. Jean veut être prêtre, mais sa mère est sans ressources : il sera boulanger. Affamé de Dieu, il se fait ermite, dès qu’il le peut, sous le nom de Clément-Marie. Des bienfaitrices lui ouvrent le chemin des études et de la théologie. 

Nourri de la spiritualité et des écrits de saint Alfonso Maria de’ Liguori, il entre, le 24 octobre 1784, dans la congrégation, encore modeste, de l’ordre napolitain des rédemptoristes dont il est le premier membre non italien.

Âgé de trente-trois ans, il est ordonné prêtre le 29 mars 1785. Avec son ami, le Père Hübl, il quitte Rome pour Varsovie où il fonde la mission perpétuelle de Saint-Bennon. Chassé par la Révolution, il se réfugie à Vienne en Autriche. Clément est le grand promoteur de l’expansion des Rédemptoristes hors de l’Italie. Il est souvent appelé le second fondateur des Rédemptoristes.

Il est resté pour les Rédemptoristes le symbole de l’espérance, qui fait sa poussée victorieuse, malgré des lendemains qui semblent impossibles; tout cela, en raison de sa foi et de sa grande confiance en Dieu. Tout dans sa vie, dans sa personnalité et dans son activité pastorale jaillit d’une maturité spirituelle, qui en a fait un pilier de l’Église en son temps. Il y a chez Clément-Marie une ténacité exemplaire dans la recherche de sa vocation, dans son activité pastorale à Varsovie, dans ses efforts pour implanter la Congrégation et la garder toute fervente et vivante, selon l’esprit propre des Rédemptoristes.
« La Gloire de Dieu, l’intérêt de l’Église et le salut des âmes, voilà ce qui me tient à cœur ».
Il meurt à Vienne le 15 mars 1820. 

Clément-Marie Hofbauer a été béatifié le 29 janvier 1888, par le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903), et canonisé le 20 mai 1909, par saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914). 
En 1914 il a été déclaré saint patron de la Moravie et de Vienne.

Saint Klemens Maria Hofbauer priez pour nous !

15.03.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 7,1-2.10.14.25-30. 

En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer.
La fête juive des Tentes était proche.
Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ?
Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ?
Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. »


Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas.
Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »
On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Sermons sur Saint Jean, n° 28

« Son heure n’était pas encore venue »

« La fête juive des Tentes approchait. Les frères de Jésus lui dirent : Ne reste pas ici, va en Judée, pour que tes disciples là-bas voient les œuvres que tu fais… Jésus leur dit : Mon temps n’est pas encore venu, tandis que pour vous le temps est toujours bon » (Jn 7,2-6)… Jésus répond ainsi à ceux qui lui conseillaient de rechercher la gloire : « le temps de ma gloire n’est pas encore venu ». Voyez la profondeur de cette pensée : ils le poussent à rechercher la gloire, mais lui veut que l’humiliation précède l’élévation ; c’est par l’humilité qu’il veut se frayer un chemin à la gloire. Les disciples qui voulaient être assis l’un à sa droite et l’autre à sa gauche (Mc 10,37) recherchaient la gloire humaine eux aussi : ils ne voyaient que le terme du chemin, sans considérer le chemin qui devait y conduire. Le Seigneur les a donc rappelés à la véritable route, pour qu’ils parviennent à la patrie comme on doit le faire. La patrie est élevée mais la route est humble. La patrie, c’est la vie du Christ ; la route, c’est sa mort. La patrie, c’est la demeure du Christ, la route, c’est sa Passion… Ayons donc le cœur droit ; le temps de notre gloire n’est pas encore arrivé. Écoutons dire à ceux qui aiment ce monde, comme les frères du Seigneur : « Votre temps est toujours bon, le nôtre n’est pas encore venu ». Osons le dire, nous aussi. Nous qui sommes le Corps de notre Seigneur Jésus Christ, nous qui sommes ses membres, nous qui le reconnaissons avec joie comme notre chef, redisons ces paroles, puisque c’est pour nous qu’il a daigné les dire le premier. Quand ceux qui aiment le monde insultent notre foi, disons-leur : « Votre temps est toujours bon, le nôtre n’est pas encore venu. » L’apôtre Paul, en effet, nous a dit : « Vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu ». Quand viendra notre temps ? « Quand le Christ, notre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez, vous aussi, avec lui dans la gloire » (Col 3,3). « Notre vie est cachée en Dieu avec le Christ ». On pourrait bien dire pendant l’hiver : cet arbre est mort, par exemple un figuier, un poirier ou tout autre arbre fruitier ; pendant tout l’hiver, il semble privé de vie. Mais l’été sert de preuve et permet de juger s’il est vivant. Notre été à nous, c’est la révélation du Christ.

LECTURES :

Livre de la Sagesse 2,1a.12-22. 

Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu’ils raisonnent ainsi en eux-mêmes :
« Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation.
Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme lui-même enfant du Seigneur.
Il est un démenti pour nos idées, sa seule présence nous pèse ;
car il mène une vie en dehors du commun, sa conduite est étrange.
Il nous tient pour des gens douteux, se détourne de nos chemins comme de la boue. Il proclame heureux le sort final des justes et se vante d’avoir Dieu pour père.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira.
Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires.
Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. »
C’est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s’égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles.
Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n’espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n’estiment pas qu’une âme irréprochable puisse être glorifiée.

Psaume 34(33),17-18.19-20.21.23. 

Le Seigneur affronte les méchants 
pour effacer de la terre leur mémoire.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent : 
de toutes leurs angoisses, il les délivre.

Il est proche du cœur brisé, 
il sauve l’esprit abattu.
Malheur sur malheur pour le juste, 
mais le Seigneur chaque fois le délivre.

Il veille sur chacun de ses os : 
pas un ne sera brisé.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs : 
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.

Parmi les futurs bienheureux, 16 martyrs tués en haine de la foi

Photo d’illustration. 

Parmi les futurs bienheureux, 16 martyrs tués en haine de la foi

Le Pape a autorisé le dicastère pour les Causes des saints à promulguer des décrets en vue de la béatification de 16 martyrs qui furent tués sous deux dictatures, nazie et soviétique, mais aussi du patriarche maronite Etienne II et du prêtre français Camille Costa de Beauregard. L’Eglise compte également 7 nouveaux vénérables.

Vatican News

Lors d’une audience accordée ce matin au cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints, le Pape a autorisé la promulgation de décrets. Les prochains bienheureux seront au nombre de 19. L’Église compte également sept nouveaux vénérables.

Un prêtre engagé pour la paix et l’œcuménisme

Le prêtre allemand Max Josef Metzger fut victime de la dictature nazie. Engagé dans les mouvements pacifistes et œcuméniques, ce prêtre diocésain fonde en 1917 la Ligue universelle de la paix de la Croix Blanche et participe dix ans plus tard, en tant qu’observateur catholique, au Rassemblement de Lausanne, qui donnera naissance au Conseil œcuménique des Églises. Lors de l’avènement du nazisme, le fondateur de l’Institut séculier Societas Christi Regis ne craint pas de s’élever contre Adolf Hitler. Il est arrêté une première fois en 1939 et une seconde fois en 1943. Condamné à mort, il est guillotiné le 17 avril 1944 à la prison de Brandebourg-Görden. Il était conscient que son engagement pour la paix et l’œcuménisme, ainsi que son rejet du régime nazi au nom du Christ, pouvaient lui coûter la vie.

15 religieuses martyrisées sous le communisme soviétique

Sœur Christophora Klomfass et ses 14 compagnes, de la Congrégation des Sœurs de Sainte Catherine Vierge et Martyre, ont été tuées en 1945 par le régime communiste soviétique. Les 15 religieuses, d’origine allemande, résidaient en Prusse Orientale lors de l’invasion de l’Armée rouge. Elles sont toutes mortes entre janvier et novembre 1945, violées, torturées par les soldats soviétiques, ou mortes de privations, de mauvais traitements ou de maladies dans les camps de concentration en Russie. En signe de mépris féroce pour la religion chrétienne, leurs tortionnaires ont souvent coupé et déchiré leurs vêtements religieux.

Etienne II, patriarche d’Antioche des maronites au XVIIe siècle

Parmi les prochains bienheureux, on trouve une grande figure maronite. Le libanais Etienne Douayhy fut le 57e patriarche d’Antioche des maronites de 1670 jusqu’à sa mort en odeur de sainteté, en 1704. Sous son patriarcat, 27 églises furent construites, 14 évêques furent consacrés et de nombreux prêtres ordonnés. Homme érudit, attentif à l’éducation des jeunes, il œuvra au dialogue œcuménique entre l’Orient et l’Occident. Etienne II réforma notamment le monachisme maronite sur le modèle des ordres religieux de l’Église latine.

Le père Camille Costa de Beauregard, «père des orphelins»

Autre futur bienheureux, le français Camille Costa de Beauregard. Issu d’une famille noble de Chambéry, il perdit la foi dans sa jeunesse, jusqu’à sa conversion à l’âge de 22 ans. Après des études au Séminaire français de Rome, le jeune prêtre décide de se consacrer aux ouvriers de Savoie, avant que ne s’abatte le choléra sur sa ville natale. Il prendra alors en charge les orphelins, chez lui puis au Bocage, ce qui lui vaudra son surnom, le «père des orphelins». La fondation du Bocage, sous tutelle des salésiens de Don Bosco, poursuit encore son œuvre à Chambéry.

Enfin, le vénérable José Torres Padilla, prêtre diocésain espagnol, cofondateur de la Congrégation des Sœurs de la Compagnie de la Croix (1811-1878).

Les sept nouveaux vénérables sont :

–       Geevarghese Thomas Panickaruveetil Mar Ivanios, archevêque de Trivandrum des Syro-Malabars, fondateur en 1919 des Congrégations de l’Ordre de l’Imitation du Christ Bethany Ashram et des Sœurs de l’Imitation du Christ Bethany Madhom, pionnier de l’œcuménisme en Inde et premier évêque de l’Église catholique syro-malankare.

–       Le prêtre brésilien Liberio Rodrigues Moreira, qui, dans la première moitié du siècle dernier, a consacré sa vie aux malades et aux pauvres et a vécu les épreuves que la vie ne lui a pas épargnées avec un profond esprit chrétien, adorateur infatigable de l’Eucharistie.

–       Le laïc profès Antonio Tomičić, membre croate de l’Ordre des frères mineurs capucins, qui, pendant les années du communisme, alors que le port de signes religieux en public provoquait moqueries et hostilité, n’a jamais retiré son habit, subissant les insultes publiques et persévérant, avec une foi ferme dans le Seigneur, dans sa tâche de mendier pour les besoins de ses frères.

–       La laïque et mère de famille Maddalena Frescobaldi Capponi, fondatrice de la Congrégation des sœurs passionnistes de Saint-Paul de la Croix.

–       Maria Alfinda Hawthorne, fondatrice des Sœurs dominicaines de Sainte Rose de Lima, née au milieu du XIXe siècle dans une famille protestante du Massachusetts et devenue catholique en Europe avec son mari, dont elle s’est séparée pour cause d’alcoolisme, se consacrant ensuite au service du Christ auprès des malades du cancer.

–        Angelina Pirini, responsable laïque de l’Action catholique paroissiale de Celle di Sala di Cesenatico en Émilie-Romagne, décédée en 1940.

–       Elisabetta Jacobucci, religieuse professe de l’Institut des sœurs franciscaines tertiaires alcantarines, qui a vécu à la charnière des XIXe et XXe siècles. Toujours prête à accepter les tâches les plus subalternes, elle sut combiner l’aspect ascétique de la contemplation de la Passion avec un intense apostolat caritatif en faveur des orphelins et des personnes âgées.

Source: VATICANNEWS, le 14 mars 2024

17.03.2024 – HOMÉLIE DU 5ÈME DIMANCHE DE CARÊME – JEAN 12,20-33

Nous voudrions voir Jésus

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


La première lecture nous présente un témoignage de foi extraordinaire. Le prophète Jérémie dresse un constat d’échec tout à fait alarmant. Il dénonce les infidélités de son peuple. Celui-ci a en quelque sorte annulé l’alliance du Sinaï. Mais quand tout va mal, les prophètes ne disent pas que tout est perdu. Bien au contraire, ils trouvent de nouvelles raisons d’espérer. Ils témoignent d’un Dieu qui trouvera toujours le moyen de changer le cœur des hommes.

“Voici venir des jours…” Toute la Bible est tendue vers l’avenir, vers cette certitude inébranlable que les jours promis viendront. Un prophète c’est quelqu’un qui sait regarder avant tout le monde l’éclosion des bourgeons. Jérémie annonce, de la part de Dieu, une “alliance nouvelle”. Toute la Bible nous dit que Dieu a fait le premier pas vers nous. Il a pris l’initiative de dire qui il est, un Dieu Père qui ne cesse de nous proposer une relation d’amour. “Voici venir des jours où je conclurai avec la Maison d’Israël et la Maison de Juda une alliance nouvelle…” C’est une nouvelle étape qui commence. La loi ne sera plus inscrite sur des tables de pierre mais dans le “cœur” des hommes. “Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.” Le prophète annonce une appartenance réciproque, une intimité qui lie Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.

Cette lecture de l’Ancien Testament est d’une actualité brûlante. Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous nous lamentons facilement de la perte des valeurs. Nous avons des propos très durs au sujet des jeunes qui n’ont plus de repères. Mais nous oublions que c’est la société des adultes qui les a entraînés dans cette situation. C’est alors qu’il nous faut réentendre cet appel du Christ : “Convertissez-vous et croyez à l’évangile.” A partir du moment où nous sommes baptisés et où nous avons adhéré au Christ, ça change tout dans notre vie. Nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Tout cela, le monde ne peut pas le comprendre, mais l’important c’est que nous nous attachions à Celui qui est “le Chemin, la Vérité et la Vie.”

L’Évangile nous annonce la réalisation de cette prophétie de Jérémie. Avec Jésus, c’est cette alliance nouvelle qui est en train de se conclure, pas seulement pour le peuple d’Israël, mais aussi avec la multitude de tous les pays et de tous les temps. Cela commence avec ces grecs qui commencent à voir Jésus. Ces hommes sont des païens sympathisants du Judaïsme. Ils sont à la recherche de la lumière puisqu’ils sont là pour adorer Dieu.

“Nous voudrions voir Jésus.” Voilà une prière que nous pouvons faire nôtre. Et c’est précisément pour le rencontrer que nous nous rassemblons à l’église. Nous avons la ferme certitude qu’il est la “Lumière” qui éclaire les hommes. Il est le seul “chemin” qui nous conduit au Père. Il est la “porte” qui fait entrer les brebis au bercail. Avec lui, nous ne pouvons plus nous contenter de vivre à la manière du monde. Celui ou celle qui l’a vraiment rencontré peut dire : “Il a changé ma vie.”

Ces grecs qui voulaient voir Jésus se sont adressés à Philippe. Celui-ci va le dire à André et ensemble, ils vont le dire à Jésus. Ils ont été les intermédiaires pour conduire les autres au Seigneur. Nous aussi, nous devons entendre les désirs profonds des hommes d’aujourd’hui. Ils sont nombreux ceux qui doutent et qui cherchent. Nous sommes envoyés vers eux pour témoigner de la foi qui nous anime et les conduire vers le Seigneur.

“Nous voudrions voir Jésus.” En lisant l’évangile, nous voyons que le Christ ne répond pas directement à cette demande. Il fait beaucoup mieux. Il les entraîne vers le mystère de son “Heure”. Nous nous rappelons qu’aux noces de Cana, il avait dit que son heure n’était pas encore arrivée. Aujourd’hui, il annonce : “Elle est venue l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié.” Son heure, c’est celle de la croix et de la résurrection. Sa gloire, c’est son mystère de Fils de Dieu qui sera révélé. Il est ce grain de blé qui meurt en terre pour donner beaucoup de fruit. Il accepte d’être élevé de terre sur la croix par les hommes pour les délivrer du péché et de la mort. Il veut les emporter tous dans sa résurrection. Il veut nous faire partager sa gloire de Fils de Dieu.

Ce Jésus que nous voudrions voir est aussi aux côtés de ceux et celles qui s’engagent dans la lutte contre la misère. Chaque année, des hommes, des femmes et des enfants s’organisent en lien avec le CCFD Terre solidaire (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) pour faire de ce dimanche une journée de prière, de partage et de collecte d’informations sur les peuples du monde. Des chrétiens prennent l’initiative de jeûner et de se priver pour mieux partager avec les plus pauvres. En raison de leur situation précaire, ces derniers savent bien que l’homme ne peut pas s’en sortir seul. C’est pourquoi, un peu partout dans le monde, des gens s’organisent pour vivre différemment. Ils veulent construire une Église qui se met au service des autres. C’est cette Église-là qui nous permettra de rencontrer Jésus.

Par l’Eucharistie, c’est l’heure de Jésus qui se poursuit. Prions-le pour qu’il nous entraîne dans son amour; cet amour qui va jusqu’au bout.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 9 mars 2024