16.02.2025 – HOMÉLIE DU 6ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – LUC 6, 17.20-26

Béatitude

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

C’est impressionnant comme l’enseignement de Jésus est truffé de paradoxes : les premiers seront les derniers et les derniers premiers ; il faut aimer ses ennemis, ceux qui vous crucifient ; sans parler de son regard sur la Loi, qu’il n’applique bien souvent pas au pied de la lettre. L’Évangile nous propose quantité d’images et de situations paradoxales : faire passer un chameau par le chas d’une aiguille, marcher sur l’eau, s’élever dans les cieux …

A bien y réfléchir, si on applique à la lettre l’affirmation « les derniers seront les premiers et les premiers derniers », on voit se mettre en place une étrange dynamique, une sorte de mouvement perpétuel où les premiers sont toujours renvoyés à la dernière place et les derniers au premier rang (et donc à la dernière place, et donc au premier rang, etc.). On comprend bien vite que ce n’est pas ce que le texte veut dire, que derrière l’absurde de cette dynamique perpétuelle, il y a un sens plus profond à trouver ; que ce n’est pas une question de place mais avant tout une question d’intention. Le conflit intérieur que cette image dénonce, c’est l’envie, qu’il nous arrive peut-être d’avoir, de nous mettre en avant, d’être le premier, qu’elle oppose à l’humilité de préférer laisser sa place aux autres.

Le problème d’un paradoxe c’est qu’on peut facilement le comprendre à l’envers, à contre-sens. Par exemple, on trouve des gens qui se mettent délibérément à la dernière place dans la file pour communier, qui retournent ainsi à l’interprétation littérale, en termes de position. Ce sont des personnes qui se mettent à la dernière place avec l’intention d’être finalement les premières. Le paradoxe est ici criant avec l’enseignement du Christ. C’est finalement de l’orgueil déguisé en humilité. On comprend dès lors que la solution du paradoxe des premiers qui seront derniers et vice versa n’est certainement pas celle-là. Qu’il s’agit en fait de rester chacun à sa place, avec le désir humble de la céder volontiers. Et on touche ici à l’incarnation du Christ en nous. Finalement, celui qui doit prendre notre place, c’est nous-même, muni de la plénitude de l’Esprit Saint.

Le coté absurde d’un paradoxe nous invite toujours à en chercher le sens au-delà. En soi, un paradoxe ne dit rien d’intelligible, de sensé. Essayez donc de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille ! Dans un récit, un paradoxe est toujours là pour heurter notre manière de raisonner, pour que nous arrêtions le fil de la lecture, pour nous faire réfléchir d’avantage à la situation.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, dans les béatitudes en général, on trouve quantité de paradoxes. Comment est-il possible d’être heureux en étant pauvre, quand on voit le coût humain de la pauvreté ? Comment peut-on être heureux d’avoir faim ou de pleurer ? Comment peut-on se sentir heureux d’être haï, exclu, insulté ou rejeté ?

Parce que si on lit cet Évangile à la lettre, il s’agit bien d’être heureux maintenant ! Heureux tout en ayant faim ; heureux tout en étant triste ; heureux tout en étant rejeté. Vous éprouvez de la joie quand on vous méprise, vous ? Pire, n’est-ce pas la porte ouverte à toutes sortes de dérives, de mésestime de soi, d’autoflagellations ? Il ne faut en effet pas beaucoup pousser le sens paradoxal des paroles du Christ pour penser qu’il veuille dire : « soyez heureux de souffrir. » C’est ici que le paradoxe heurte notre logique. Et c’est donc ici qu’il faut réfléchir plus avant.

On pourrait penser que la solution se trouve directement dans la suite du texte : « Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel. » Mais on n’est pas tellement plus avancés. Est-ce simplement la perspective d’arriver un jour au ciel qui nous oblige à nous réjouir des malheurs qui nous arrivent ? N’envisage-t-on pas là encore une théologie dangereuse, qui cède le flanc au dolorisme ? Est-ce cela que le texte veut dire : vos souffrances seront récompensées ?

La solution se trouve dans le fait de ne pas voir la récompense au futur, de ne pas voir le ciel lointain, au-delà de l’instant présent mais au contraire tout proche, hic et nunc. Nous l’avions déjà remarqué : la citation du Christ parle au présent : « Ce jour-là – aux jours de tristesse, de faim ou de mépris – ce jour-là, votre récompense est grande dans le ciel. »

Il y a une joie à trouver, plus profonde que tous nos malheurs. Il y a une béatitude à trouver qui surpasse tous les aléas de la vie. C’est cette joie profonde, accessible dès ici-bas, dont nous parle ici le Christ. On n’est pas plus heureux parce que l’on est pauvre, que l’on a faim ou que l’on endure le mépris ! On n’est pas plus récompensé parce que l’on souffre ! Mais il y a une proximité avec Dieu à trouver dès à présent, une conscience de sa présence à nos côtés et de son amour infini à maintenir en toutes circonstances, qui permettent d’endurer la souffrance et les malheurs le cœur infiniment plus léger. Il y a une proximité avec l’Esprit Saint possible dès maintenant qui donne le sentiment d’être déjà au ciel. Il y a une vie mystique avec le Christ qui permet d’endurer tout jusqu’à, malgré la souffrance et paradoxalement, susciter toujours le sentiment de la joie – la joie d’être, malgré tout, aimé plus que tout au monde par Dieu.

Si votre foi vous permet d’encaisser le mépris et les insultes, la pauvreté et la faim, alors oui vous êtes heureux, définitivement armé face aux aléas de la vie.

La joie que promettent les béatitudes n’est pas celle d’une récompense à venir. Elle est celle d’un don préalable, celui de la rencontre mystique avec le Christ possible dès maintenant et qui change tout.

Heureux es-tu si tu as un amour suffisant pour affronter le mépris.
Heureux es-tu si tu as une espérance suffisante pour affronter la maladie.
Heureux es-tu si tu as une foi suffisante pour faire face à toutes les pauvretés.
Car ton cœur est déjà dans le ciel.

Source : RÉSURGENCE.BE, le 11 février 2025

Fr. Laurent Mathelot OP

16.02.2025 – HOMÉLIE DU 6ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – LUC 6 17.20-26

Homélie par le Père Jean Compazieu

“Soif de bonheur”

Textes bibliquesLire

Dans la 1ère lecture, nous trouvons une phrase qui ne manquera pas de choquer : “Maudit soit l’homme qui met sa confiance dans un mortel et qui s’appuie sur un être de chair.” Cette idée, nous la retrouvons dans l’évangile de ce jour : “Malheureux, vous les riches… Malheureux, vous qui êtes repus…” Dans les groupes bibliques qui prennent du temps pour réfléchir sur cet évangile, la question est souvent posée : Dieu peut-il maudire quelqu’un ? Non ce n’est pas possible. Dieu nous bénit sans cesse. Le problème c’est que bien souvent, nous faisons fausse route. Nous mettons notre sécurité dans les richesses, la réussite matérielle. Et c’est là que nous faisons notre propre malheur.

L’évangile nous présente quatre béatitudes suivies de quatre lamentations. Cela vaudrait la peine de les lire et de les relire tout au long de la semaine pour bien nous en imprégner. Nous le ferons en nous posant sous le regard de Dieu. Chacun peut se poser la question : Qu’est ce qui me rend “bien-heureux” dans ma vie ? Et qu’est ce qui me rend “mal-heureux” en m’orientant de façon contraire ? Le but de cet examen de conscience n’est pas d’abord de nous regarder nous-mêmes mais d’entrer dans un temps de prière. Nous serons invités à quitter celui qui nous conduit vers la perdition et à revenir vers le Seigneur qui ne cesse de nous appeler.

La première opposition entre bonheur et malheur concerne les pauvres. Non, il ne s’agit pas des SDF ni de ceux qui vivent dans la misère. Notre Dieu ne bénit pas la pauvreté. Bien au contraire, il en dénonce les causes et un jour nous aurons à rendre compte de nos responsabilités, de nos refus de partager. Il ne supporte pas que nous maintenions certains dans un état d’exclusion. Un jour, il nous a dit qu’il se reconnaît en chacun d’eux.

Alors quel est ce bonheur que Jésus proclame pour les pauvres ? Il s’adresse en fait à celui qui a un cœur de pauvre, celui qui n’a pas “le cœur fier ni le regard hautain” (psaume 131), celui qui se tourne vers Dieu pour combler tous ses manques. Bien que n’ayant aucun bien, il peut compter sur la gratuité de la grâce. Quant aux riches, ils croient tenir leur bonheur en possédant de grands biens. Mais le Royaume de Dieu ne se possède pas. Il est donné gratuitement, sans mérite de notre part. Alors oui, demandons à Dieu d’ouvrir notre cœur au vrai bonheur.

La deuxième opposition s’adresse aux affamés et aux repus : “Heureux vous qui avez faim maintenant, vous serez rassasiés… Malheureux vous qui êtes repus maintenant, vous aurez faim.” Comment parler du bonheur des trois milliards de personnes qui ne mangent pas à leur faim ? Encore une fois, ce n’est pas de cela que Jésus veut nous parler. Il s’adresse à ceux et celles qui ont faim du Royaume de Dieu. Le Seigneur ne demande qu’à nous combler. Mais il ne peut rien faire pour ceux qui ne pensent qu’aux nourritures terrestres. Ce renversement des valeurs a été chanté par Marie lors de sa visite chez sa cousine Élisabeth : Le Seigneur “comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides”.

La troisième opposition concerne ceux qui pleurent et ceux qui rient. Ces situations de malheur, nous les connaissons bien : chacun pense à la mort d’un être cher, la souffrance physique ou morale, les actes de violence qui font des victimes innocentes. Et bien sûr, nous n’oublions pas ces gens ont tout perdu. Dans de nombreux pays, beaucoup vivent des situations épouvantables. Aujourd’hui, l’évangile nous interpelle : Ce ne sont pas ces épreuves qui rendent les gens heureux mais la présence du Christ au sein même de ce qu’ils vivent. Par contre ceux qui cherchent leur bonheur dans les seules joies de ce monde oublient le but de leur vie. Ils vont vers leur perte. Le Royaume de Dieu se reconnaît dans le passage de la mort à la vie. Rappelons-nous les apôtres au jour de la Pentecôte : Ils étaient remplis de joie. C’est aussi cette joie que le Seigneur veut nous donner pour qu’elle rayonne et se communique autour de nous.

La dernière opposition nous rappelle que ce bonheur promis se joue maintenant et pas seulement dans un au-delà. Quand saint Luc écrit son évangile, les chrétiens vivent des situations tragiques. Être reconnu disciple du Christ était dangereux. On risquait d’être poursuivi, emprisonné et mis à mort. Dans le monde d’aujourd’hui, cela arrive. Mais ce qui est le plus fréquent c’est de voir la foi et la parole de l’Église tournées en dérision. Il faut du courage pour affirmer notre foi et en témoigner. Les jeunes qui participent à des équipes d’aumôneries en savent quelque chose.

Le message de cet évangile rejoint celui de l’Apocalypse de Saint Jean : Vous vivez des situations douloureuses, vous êtes persécutés, tournés en dérision. Mais le mal n’aura pas le dernier mot ; il y aura un renversement de situation au bénéfice des croyants. Bien sûr, cela ne va pas gommer la dureté du temps présent. Le plus important c’est d’aider les croyants à tenir bon dans la fidélité et la persévérance. Être attaché au Christ n’est pas toujours facile mais tout l’évangile est là pour nous rappeler qu’il veut nous associer tous à sa victoire sur le péché et la mort.

“Nous te bénissons, Seigneur, car nous sommes heureux de nous retrouver autour de toi. Tu donnes sens à notre vie et tu nous apprends à aimer. Fais-nous découvrir combien le chemin que tu nous proposes peut nous combler de joie à la suite de Jésus, ton Fils et notre frère…”

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 12 février 2025

Père Jean Compazieu

La fête des Saints Bergers sera célébrée de manière spéciale au Sanctuaire

La fête des Saints Bergers sera célébrée de manière spéciale au Sanctuaire

La fête liturgique a lieu le 20 février, mais la préparation commence ce mardi, avec une neuvaine. Le concert évocateur est prévu pour le 16 février.

 

Le sanctuaire de Fatima a déjà préparé un programme pour célébrer de manière spéciale la fête des saints petits bergers, célébrée le 20 février, jour du décès de Santa Jacinta Marto.

Le 11 février prochain, la première proposition de prière d’une neuvaine centrée sur la vie et la spiritualité des saints Bergers sera publiée, qui se pourra prolongée jusqu’à la veille de cette mémoire liturgique, qui est obligatoire au Portugal. Chacun des neuf moments sera partagé sur les réseaux sociaux du Sanctuaire à 8h00 chaque jour, dans un podcast produit en collaboration avec l’Alliance de Sainte Marie.

Pendant tous les jours de la neuvaine, à 18h00, il y aura un moment de vénération près des tombes des petits bergers, dans la basilique de Notre-Dame du Rosaire de Fatima.

Le 19, veille de la fête liturgique, après le chapelet de 21h30, à la chapelle des apparitions, les pèlerins suivront en procession jusqu’à la basilique de Notre-Dame du Rosaire de Fatima, où reposent les deux plus jeunes saints non-martyrs de l’Église catholique, pour une veillée de prière qui comprend un moment de vénération des reliques de saint François et de sainte Jacinta Marthe.

Le programme du 20 commence par la récitation du chapelet, à la chapelle des apparitions, à 10h00, suivi d’une procession avec les icônes des saints jusqu’à la basilique de la Sainte Trinité, où sera célébrée la messe de la fête liturgique. Dans cette basilique, à partir de 14h00, une réunion est prévue avec les élèves du 2eº cycle des écoles de Fatima, à qui une catéchèse sur la vie des saints Bergers sera offerte, suivie de la récitation du chapelet. Lors de cette rencontre, qui aura pour guide l’Année Sainte et comme thème la consécration, une prière jubilaire de consécration adaptée aux enfants sera priée.

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La musique et la poésie revisitent la vie des petits bergers

Le 16 février, à 15h30, dans la Basilique de Notre-Dame du Rosaire de Fatima, a lieu le 10.º Concert Évocatif des Trois Petits Bergers de Fatima, par l’Ensemble Cor Iubilo, avec la déclamation de sœur Ângela Oliveira, de l’Alliance de Santa Maria, sous la direction de Lucas Thaumaturgo.

Le programme de ce concert, inséré dans la célébration de la fête liturgique des saints François et Jacinta Marto, a été conçu par Eduardo Veiga et le chef d’orchestre Lucas Thaumaturgo et propose la visite de certains lieux fondamentaux pour la lecture de la vie des petits bergers. Le parcours est tracé à partir des Mémoires de Sœur Lucie, de méditations d’œuvres poétiques conçues par des poètes de notre époque, et à travers le répertoire de la musique sacrée contemporaine portugaise, en portugais et en latin.

L’Ensemble Cor Iubilo, basé à Lisbonne, est un groupe de jeunes musiciens qui se consacrent à l’interprétation de la musique liturgique contemporaine. Fondée en 2023, elle a participé à plusieurs événements, dont les Journées mondiales de la jeunesse de Lisbonne 2023, agissant à la fois dans des célébrations liturgiques et dans des contextes performatifs. Avec un répertoire qui comprend des compositeurs tels qu’Alfredo Teixeira, Sílvio Vicente et Eugénio Amorim, le groupe cherche à encourager les communautés chrétiennes à valoriser la musique liturgique, en misant particulièrement sur la formation des jeunes.

Lucas Thaumaturgo, originaire de Lisbonne, étudie à l’École supérieure de musique de Lisbonne et travaille comme chef d’orchestre et ténor dans des projets de musique sacrée. Il a rejoint les Journées mondiales de la jeunesse de Lisbonne 2023 en tant que chanteur et soliste. Depuis 2023, il coordonne le Chœur et l’Ensemble Diocésain de Jeunes du Patriarcat de Lisbonne et collabore avec le Chœur Ricercare et plusieurs paroisses, où il travaille également en tant que soliste.

L’entrée au concert est gratuite.

Les saints bergers de Fatima, Francisco Marto et Jacinta Marto, étaient deux des trois voyants des apparitions de Notre-Dame à Fatima, en 1917, avec sa cousine, Lúcia dos Santos.

Francisco et Jacinta sont morts alors qu’ils étaient encore enfants : Francisco le 4 avril 1919, Jacinta le 20 février 1920. Ils ont été canonisés près d’un siècle plus tard par le pape François, le 13 mai 2017, à Fatima, devenant les plus jeunes saints non-martyrs de l’Église catholique, reconnus pour leur profonde spiritualité et leur exemple de foi.

Source : FATIMA.PT, le 8 février 2025

L’homme qui avait promis des abeilles à la Vierge

Illustration
© Unsplash/Boba Jaglicic

L’homme qui avait promis des abeilles à la Vierge

Un homme de religion protestante souffrait beaucoup des pieds. Au lieu de supporter avec résignation ses souffrances, il ne cessait de blasphémer. Un de ses amis, avec grande patience, réussit à le persuader qu’il lui serait plus utile d’aller à l’église de Mariapocs et de demander miséricorde à la Vierge. Ses blasphèmes ne pouvaient aucunement améliorer ses souffrances.

Notre homme se rendit alors au sanctuaire. Pendant le voyage, il promit de donner à l’église de Mariapocs, en cas de guérison, une ruche d’abeilles. La Vierge exauça ses prières et ses pieds furent complètement guéris. Sa guérison fut si parfaite qu’il put rentrer chez lui sans aucune aide. Durant son voyage de retour, il regretta cependant vivement d’avoir promis à l’église la ruche d’abeilles. C’est une promesse, pensa-t-il, complètement inutile. À quoi serviraient les abeilles à la Vierge ? Il décida de ne pas porter les abeilles à l’église.

Rentré chez lui, sa première pensée a été d’aller voir les abeilles. Immense fut sa surprise de voir celles-ci sortir de la ruche et se diriger vers l’église de Mariapocs ! L’homme pouvait les suivre pas à pas. Arrivées à l’église, les abeilles se cachèrent dans une scissure du mur nordique qui entoure l’église. Encore de nos jours, après plus de cent ans, les abeilles vivent dans le mur de l’église.

Nicolas Ladomerszky

Un sanctuaire marial en Hongrie, la Vierge pleurante de Mariapocs

Paru dans la revue Marie en mai-juin 1949

www.biblisem.net/etudes/ladosanc.htm

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

13.02.2025 – SAINT DU JOUR

Bx Jourdain de Saxe

Premier successeur de saint Dominique 

Jourdain de Saxe a donné à l’Ordre une impulsion décisive. C’est l’un des témoins les plus prestigieux de la ferveur que suscita l’Ordre au XIIIe siècle. 

Il était né vers 1190, en Saxe, dans la famille des comtes d’Eberstein. Dès sa jeunesse – et il continua quand il fut étudiant – il avait pris l’habitude de donner chaque jour une aumône au premier pauvre qu’il rencontrerait. Envoyé à Paris pour y prendre ses grades, il y mena une vie pieuse : chaque nuit il allait à Notre-Dame pour l’office de matines. 

En 1219 il est sous-diacre et bachelier en théologie. Les frères viennent de s’installer à Saint Jacques et sont dans un dénuement extrême. Saint Dominique les visite et les réconforte à son retour d’Espagne. Sa parole suscite l’enthousiasme dans le monde universitaire. Emporté par le courant, Jourdain vient l’entendre, se confesse à lui et lui confie son âme. Cependant il n’entre pas de suite dans l’Ordre. C’est au bienheureux Réginald qui, à son tour en 1220, bouleverse l’Université de Paris, que revient la joie de donner l’habit à Jourdain. Il ne le reçoit pas seul : son ami frère Henri de Cologne, et frère Léon, entrent avec lui au couvent de Saint Jacques, le mercredi des Cendres, au moment où les frères chantent Immutemur habitu… (Changeons de conduite).

Deux mois plus tard, saint Dominique réunit à Bologne le premier Chapitre général de l’Ordre. Jourdain est l’un des quatre frères de Saint Jacques désigné pour y prendre part. Quand il revint à Paris, ce fut pour enseigner l’Écriture Sainte. 

En 1221, saint Dominique le nomme premier provincial de Lombardie et, quelques mois plus tard, il est élu par les frères pour succéder au Père qui vient de mourir. Il va gouverner l’Ordre seize ans pendant lesquels il attira à la suite de saint Dominique une multitude de vocations, étudiants et maîtres, séduits par sa parole. Tel jour, à Saint Jacques, il donne l’habit à vingt novices. Une autre fois, à Verceil, en quelques jours, il attire « treize clercs renommés et savants » ; c’est là que Maître Walter, régent ès arts, disait à ses collègues et à ses élèves « Prenez garde d’aller à ses sermons : comme une courtisane il polit ses discours de manière à séduire les hommes ! » – mais lui-même s’y rendit et fut pris dans les filets… Au Chapitre général on reprocha même à Jourdain de Saxe d’aller un peu vite en besogne et de recevoir de trop jeunes frères : Laissez ces enfants, répondit-il. Vous verrez qu’ils étendront leur action sur des hommes plus instruits.

Pendant son généralat, quatre nouvelles provinces furent établies, 240 nouveaux couvents de frères ou de sœurs furent créés. On sait la part importante qu’il prit dans la mise au point des Constitutions de l’Ordre ; comment il institua à Bologne le chant du Salve Regina après les Complies, coutume qui se répandit rapidement en Lombardie, puis dans tout l’Ordre ; comment il procéda à la translation du corps de saint Dominique en 1233, puis présida aux fêtes de la canonisation en 1234. 

C’est alors qu’il rédigea le Libellus de principiis Ordinis Praedicatorum (texte qui est à la fois un récit documenté de la vie de Dominique de Guzmán et des débuts de l’ordre des Prêcheurs).

Dans la lutte entre le sacerdoce et l’empire, Jourdain joua un rôle de premier plan. Pacifique par tempérament, il fut intrépide quand il le fallut, n’hésitant pas à aller au camp de Frédéric II pour lui reprocher sa conduite et l’adjurer de mettre fin au scandale que provoquait son opposition.

Bx Jourdain de Saxe priez pour nous !

Pauvre à l’extrême, il aimait la compagnie des pauvres. Doux pour les frères, compatissant à leurs infirmités, il les aidait de tout son pouvoir. Mais il était ferme aussi, parfois avec humour. Un procureur lui ayant demandé d’être relevé de sa charge, il lui répondit : Mon fils, cette charge a quatre annexes : la négligence, l’impatience, le travail et le mérite ; je vous décharge des deux premières et je vous laisse les deux autres.

En 1236, il alla en Terre Sainte pour visiter les couvents de l’Ordre qui y étaient établis. Au retour, le navire fut englouti par une furieuse tempête à proximité des côtes de Syrie. La mer rejeta son corps, qui fut enseveli au couvent de Ptolémaïs. C’était le 13 février 1237, il n’avait pas 50 ans. Raymond de Peñafort (canonisé le 29 avril 1601) prend sa suite comme maître général des Dominicains.

On a attendu jusqu’au XIXe siècle sa béatification qui a eu lieu en 1825 par le Pape Léon XII (Annibale Sermattei Della Genga, 1823-1829).

Jourdain de Saxe est aujourd’hui vénéré comme le patron des vocations dominicaines. 

13.02.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

ÉVANGILE

« Les petits chiens, sous la table, mangent bien les miettes des petits enfants ! » (Mc 7, 24-30)

Alléluia. Alléluia. Accueillez dans la douceur la Parole semée en nous : c’est elle qui peut vous sauver. Alléluia. (cf. Jc 1, 21bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus partit et se rendit dans le territoire de Tyr.
Il était entré dans une maison,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
mais il ne put rester inaperçu :
une femme entendit aussitôt parler de lui ;
elle avait une petite fille possédée par un esprit impur ;
elle vint se jeter à ses pieds.
Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance,
et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille.
Il lui disait :
« Laisse d’abord les enfants se rassasier,
car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux petits chiens. »
Mais elle lui répliqua :
« Seigneur, les petits chiens, sous la table,
mangent bien les miettes des petits enfants ! »
Alors il lui dit :
« À cause de cette parole, va :
le démon est sorti de ta fille. »
Elle rentra à la maison,
et elle trouva l’enfant étendue sur le lit :
le démon était sorti d’elle.

— Acclamons et partageons la Parole de Dieu.

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

« Dieu amena la femme vers l’homme. Et tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2, 18-25)

Lecture du livre de la Genèse

Le Seigneur Dieu dit :
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul.
Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »
Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela
toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel,
et il les amena vers l’homme
pour voir quels noms il leur donnerait.
C’étaient des êtres vivants,
et l’homme donna un nom à chacun.
L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux,
aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs.
Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde.
Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux,
et l’homme s’endormit.
Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes,
puis il referma la chair à sa place.
Avec la côte qu’il avait prise à l’homme,
il façonna une femme
et il l’amena vers l’homme.
L’homme dit alors :
« Cette fois-ci, voilà l’os de mes os
et la chair de ma chair !
On l’appellera femme – Ishsha –,
elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »
À cause de cela,
l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme,
et tous deux ne feront plus qu’un.

Tous les deux, l’homme et sa femme, étaient nus,
et ils n’en éprouvaient aucune honte l’un devant l’autre.

– Parole du Seigneur.

PSAUME

(127 (128), 1-2, 3, 4-5)

R/ Heureux qui craint le Seigneur !(127, 1a)

Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.