LES GRANDS TÉMOINS DE LA FOI

Sœur Lucie dos Santos dans la chapelle des apparitions, à côté de la colonne qui marque l’endroit des apparitions de la Vierge, 22 mai 1946. / © CC0, wikimedia.

La mission de Lucie Dos Santos après Fatima

Même si ces épisodes sont peu évoqués, les contacts entre le Ciel et Lucie Dos Santos, la plus âgée des trois voyants de Fatima, ne cessent pas en 1917 et se poursuivent jusqu’en 1930. Désormais seule, puisque ses cousins Francisco et Jacintha sont morts en 1919 et 1920 des suites de la grippe espagnole, Lucie continue à témoigner des apparitions et à répandre, selon la demande de Notre Dame, la dévotion à son Cœur immaculé. La Vierge et l’Enfant Jésus l’assisteront.

Les raisons d’y croire

  • Entrée en octobre 1925 chez les Sœurs de Sainte-Dorothée, congrégation espagnole où l’on cache son identité, Lucie, désormais sœur Marie des Douleurs, comprend que les autorités religieuses aimeraient clore l’affaire de Fatima et qu’elle aura du mal à réaliser la mission dont Notre Dame l’a chargée. Dans cette situation, la jeune novice n’est nullement en quête de reconnaissance, ni portée à chercher de nouvelles grâces mystiques.
  • Pourtant, le 10 décembre 1925, dans sa cellule, elle voit Marie, accompagnée de l’Enfant Jésus « sur une nuée lumineuse ». La Vierge pose l’une de ses mains sur l’épaule de Lucie et, de l’autre, lui montre son cœur entouré d’épines. Jésus dit alors : « Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère entouré des épines que les hommes ingrats y enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire acte de réparation afin de les enlever. » Puis Marie dit à son tour : « Vois, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à tout instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, au moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi du mois, se confesseront, recevront la sainte communion, réciteront un chapelet et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant les quinze mystères du rosaire en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme. »
  • Ces paroles font écho à celles du Christ à Marguerite-Marie Alacoque, au XVIIe siècle. Il ne s’agit nullement d’une imitation de Paray-le-Monial mais d’une continuité, dont la portée théologique échappe à Lucie, entre la dévotion au Sacré Cœur de Jésus et celle au Cœur immaculé de Marie. Cela suffit à prouver qu’elle a bien eu une apparition ce jour-là et qu’elle n’a rien inventé.
  • Une lettre de son directeur de conscience, auquel elle a exposé les faits, ne lui apporte pas l’aide espérée. En constatant le mauvais vouloir de sa supérieure, de son confesseur et de son évêque, qui ne veulent pas l’entendre au sujet de cette nouvelle révélation, Lucie craindra un moment avoir imaginé des choses. Ses doutes soulignent l’humilité et la bonne foi de la jeune fille puisque, persuadée d’avoir « mal correspondu » aux grâces reçues durant le cycle des apparitions de Fatima, elle se pense indigne d’en mériter d’autres. Cette attitude prouve la véracité de ses dires.
  • Lucie porte ses difficultés devant le saint sacrement et dit au Christ, présent dans le tabernacle : « Mon Jésus, moi, avec votre grâce, la prière, la mortification et la confiance, je ferai tout ce que l’obéissance me permettra et ce que vous m’inspirerez. Pour le reste, faites-le vous-même ! » Ce ne sont pas les propos de quelqu’un qui se monte la tête ou cherche à se rendre intéressant, tout au contraire.
  • Le 15 février 1926, comme elle sort les poubelles du couvent, Lucie voit un petit garçon qui se transfigure, révélant l’Enfant Jésus qui lui demande : « As-tu bien révélé au monde ce que la Mère du Ciel te demandait ? » Lucie s’excuse de son impuissance à réaliser sa mission en évoquant l’attitude de sa supérieure, incapable de rien obtenir seule, et la méfiance de son confesseur. Jésus lui répond qu’avec sa grâce, ses supérieurs pourront tout, puis donne les réponses aux objections du confesseur, affirmant que la pratique des premiers samedis existe déjà de longue date : l’ancienne pratique (s’étalant d’abord sur quinze samedis, puis douze, puis huit) est devenue impossible à observer pour trop de croyants attiédis, et que les simplifications apportées sont faites pour eux et pour toutes les personnes de bonne volonté prises par leurs obligations. Il insiste sur le fait que la quantité et la durée importent moins que la volonté de consoler la Mère du Ciel. Ces détails ont tout de véridique et les informations que Jésus apporte concernant l’ancienne pratique n’étaient pas connues de Lucie.
  • En 1930, à la suite d’une locution, Lucie précisera que cette « petite réparation », très allégée en comparaison des versions primitives, est faite pour effacer les blasphèmes contre l’Immaculée Conception, la virginité de Marie et sa maternité divine, et pour lutter contre le refus de la reconnaître comme mère des hommes, en expiation pour ceux qui cherchent à détourner les âmes, spécialement celles des enfants, de la dévotion mariale, leur en inspirant la haine ou le mépris, et des attentats contre ses images. Tout cela est suffisamment précis et détaillé pour ne pas avoir été inventé.
  • Depuis sa mort au carmel le 13 février 2005, plus d’un millier de miracles lui ont été attribués à travers le monde.

Auteur : Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages pour la plupart consacrés à la sainteté.

Pro memoria : 20ème anniversaire. Soeur Lucie est décédée le 13 février 2005 à Coimbra

Source : 1000 raisons de croire

Marie lui dit : « tu m’as appelée, je suis venue »

© Shutterstock/ArtMari
© Shutterstock/ArtMari

Marie lui dit : « tu m’as appelée, je suis venue »

En Russie, Marie est venue soutenir ses fils aux prises avec la violence de la persécution. Josyp Terelya fut arrêté à 19 ans pour sa résistance anticommuniste en Ukraine. Durant la répression déclenchée par Khrouchtchev en 1959 il fut interné dans plusieurs camps.

Le 12 février 1970, il est incarcéré à 165 kilomètres au nord-est de Moscou. Il se trouve dans la prison de Vladimir lorsqu’il a sa première apparition de Marie : « C’était dans la nuit, agenouillé en prière. Il sentit, dira-t-il, « une inhabituelle chaleur » affluer dans son corps. Étant dans une prison glaciale, il comprit que ce n’était point une illusion : « Tu dois apprendre à oublier ceux qui t’ont persécuté le plus. Je serai toujours avec toi. La paix vient seulement où est la justice. Prie pour tes ennemis, aucun mal ne te sera fait. »  »

Deux ans plus tard, le 12 février 1972, il eut une deuxième apparition dans des conditions tragiques : « La température extérieure était de – 20°C. La glace recouvrait les murs de sa cellule qui était ouverte au vent. Il était condamné à mourir de froid. Sans les vêtements d’hiver qui lui avaient été enlevés, il se paralysait progressivement. Soudain, il lui sembla qu’une chaleur se répandait dans la pièce : « Je sentis le contact d’une main de femme. » Il ouvrit les yeux et vit la Vierge. Marie lui dit :

« Tu m’as appelé, je suis venue. Tu ne crois pas que ce soit moi. Mais c’est moi. Tu m’as appelée dans tes prières quotidiennes et je suis venue à toi. » Le corps de Josyp était maintenant réchauffé d’un coup. « Tu ne quitteras pas cette prison de sitôt, tu n’as fait que la moitié du chemin, mais ne t’inquiète pas, car je serai toujours avec toi. Tu as encore beaucoup d’années de prison et de souffrance devant toi. » Marie reprit : « Les Ukrainiens devront aussi se repentir. Vous êtes un peuple infortuné parce que vous vous aimez peu les uns les autres. Vous consacrez vos forces, les meilleures, à des buts impies… Prie et travaille pour la conversion de la Russie au Christ Roi. Ne perds pas la foi. Le monde est froid et sans âme comme avant le déluge » » (Yves Chiron, op. cit., p. 281 et s.).

Comme Marie le lui avait dit, Josyp Terelya fut libéré en 1976, emprisonné de nouveau un an plus tard et enfin définitivement libéré le 5 février 1987.

Extrait de Marie de cœur à cœurdu P. Jacques Ravanel

Presse de la Renaissance

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

12.02.2025 – SAINTE DU JOUR

Bienheureuse Ombeline

Moniale cistercienne – Soeur de saint Bernard (+ v. 1141)

Humbeline ou Hombeline
Alors que son père et ses six frères se sont consacrés à Dieu à l’abbaye de Cîteaux, en Bourgogne, Hombeline épouse un seigneur et mène une vie particulièrement dissipée et mondaine.

Saint Bernard provoque en elle le choc décisif qui entraîne sa conversion en refusant de la recevoir un jour où elle vient lui rendre visite au monastère en grand équipage. 
Après ces quelques années de vie frivole, elle suit donc l’exemple de ses frères et embrasse la vie monastique. 
Moniale cistercienne à Jully-les-Nonnains, Bourgogne, Hombeline meurt dans la paix de Dieu.
« Hombeline (ou Ombeline), sœur de St Bernard, naquit en 1092 à Fontaine les Dijon. Mariée au frère de la duchesse de Lorraine, et jouissant d’une grande fortune, elle menait grande vie. Son frère, saint Bernard, lui en fit le reproche et elle changea de conduite. Elle entra (avec l’accord de son mari) chez les bénédictines de Jully, près de Ravières. Elle devint prieure de ce monastère qui fut vite trop petit pour accueillir les nouvelles sœurs: aussi fonda-t-elle un nouveau monastère à Crisenon (paroisse de Prégilbert). Elle mourut en 1141 et fut enterrée à Jully. »
Hombeline – diocèse de Sens-Auxerre
– Illustration: Ombeline, tableau du peintre salinois Adrien Richard. C’est une des rares sinon l’unique représentation de cette sainte. Elle se trouve dans l’église d’Orgelet, dans le Jura.
(Culte confirmé en 1703, sa commémoration initialement prévue au 21 août a été fixée au martyrologe romain au 12 février.)
L’Ordre de Cîteaux la mentionne en son calendrier le 12 février.
Au monastère de Juilly dans le diocèse de Troyes, vers 1136, la bienheureuse Ombeline, prieure de ce couvent, que son frère saint Bernard, abbé de Clairvaux, avait heureusement détournée des plaisirs du monde, et qui s’était donnée, avec le consentement de son époux, à la vie monastique.

Martyrologe romain

Bienheureuse Ombeline priez pur nous !