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06.09.2026 – HOMÉLIE DU 23ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – Matthieu 18, 15-20

La correction fraternelle

Homélie du Fr. Laurent Mathelot

Évangile selon saint Matthieu 18, 15 – 20

Il est difficile d’apprendre à faire des reproches par amour, de dialoguer charitablement autours d’un conflit. Souvent nous préférons le silence, qui est le lit du ressentiment, ou pire, l’énervement et les cris. Il est difficile à la personne blessée de faire des reproches mesurés. Et il est sans doute difficile à quiconque d’entendre des reproches. L’art du dialogue dans le conflit est subtil et délicat, à mesure d’ailleurs que les blessures sont vives.

Selon la manière dont nous abordons un offenseur, nous affirmons la finalité de notre désir, qu’il s’agisse de notre volonté de vengeance, de faire souffrir en retour, qu’il s’agisse de crier notre douleur, qu’il s’agisse d’un silence méprisant ou consterné ou qu’il s’agisse de restaurer la confiance et l’amour. Sans doute sommes-nous tous passés par ces états d’esprits : vouloir blesser en retour, s’enfermer dans le silence et le mépris ou désirer rétablir la paix. Peut-être même, à l’occasion d’un conflit, sommes-nous passés successivement par tous ces états, qui souvent cohabitent en notre âme dans un virulent combat spirituel entre désir de vengeance, lassitude et volonté d’apaisement. « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. »

La difficulté d’initier un dialogue avec une personne qui nous a offensé réside aussi dans l’inconnue de sa réaction, pouvant aller de l’admission de culpabilité, passant par la minimisation, le déni, le surcroît d’offense, jusqu’aux menaces et violences pour faire taire. D’autres difficultés peuvent surgir : la relation d’autorité – il est difficile de faire des reproches à ses parents, ses enseignants, par exemple – ; la volonté de préserver la paix à tout prix, de ne pas envenimer le conflit voire l’incapacité personnelle d’y faire face ou, pire, le terrassement par la peur.

Le Christ nous invite à toujours préférer le dialogue personnel pour régler nos conflits. L’objectif d’une réconciliation est de regagner la fraternité. C’est d’abord et avant tout un problème entre deux. Dialoguer, c’est maintenir la primauté de l’humanité des parties en conflit. D’abord celle de la victime que l’offense avait déshumanisée et qui reprend ainsi la main. Mais aussi celle de l’offenseur qui se retrouve digne d’approche. Il s’agit ensuite de faire à deux le chemin allant de la reconnaissance du fait coupable à la restauration de l’amitié. On retrouve ici, en filigrane, les commandements d’aimer ses ennemis (Mt 5, 44) et de tendre l’autre joue (Mt 5, 39), à savoir, a minima, rendre de la considération à son agresseur, malgré l’agression. Jésus ne nous invite pas ici à nous soumettre à la violence – pour le dire franchement, à un masochisme religieux. Il nous invite, au contraire, à trouver la force d’offrir la possibilité d’un baiser de paix.

A cet égard, je voudrais faire un aparté sur les états de sidération, qui sont clairement une limite à la possibilité de dialogue, une incapacité intrinsèque à tendre l’autre joue. A mesure de la violence des offenses surgissent en effet consternation, peur et sidération, à savoir un enfermement de la victime dans le traumatisme. On pourrait penser que le Christ ne considère pas positivement cet état, qu’il s’agisse au contraire, dès l’offense, de trouver la volonté d’embrasser son ennemi. Ils sont d’ailleurs nombreux, les passages évangéliques affirmant que le Christ nous délivre de tout enfermement dans la peur jusqu’à nous permettre de marcher sur les eaux (Mt 14, 22-33). C’est sans doute un peu vite oublier que le Christ crucifié est d’abord passé par un sentiment d’abandon (Mt 27, 46) avant de ressusciter. La sidération fait partie de l’action traumatisante, elle est violence toujours en cours. Il s’agit d’abord, comme l’affirme notre credo, que le Christ descende délivrer la victime de son enfer. La force surnaturelle de pardonner les offenses vient de Dieu. C’est un processus dynamique, qui demande du temps. A cet égard, les offenses qui éloignent de Dieu, c’est à dire du sentiment personnel d’être fondamentalement aimé, d’avoir encore intrinsèquement de la valeur humaine, sont les plus sidérantes. La volonté de pardon, qui est déjà lumière de Dieu, ne peut surgir qu’à la sortie des enfers. Si nous parvenons à tendre l’autre joue, c’est que le Christ déjà nous a relevé.

Si cela ne suffit pas, si notre volonté christique de dialogue est à son tour méprisée, si notre joue tendue se trouve à nouveau frappée, alors le soutien communautaire devient indispensable, faisant appel à témoins, voire à l’Église s’il le faut. Ainsi, au-delà du temps nécessaire pour se relever, ce qu’on appelle « loi de la correction fraternelle » – d’abord entre deux, puis à quelques-uns, enfin devant tous – est avant tout une loi limitant la propagation du désamour, qui demande de trouver d’abord, en nous-même, la force de résoudre nos conflits. Il s’agit de trouver d’abord Dieu intérieurement avant de solliciter les autres.

Il faut cependant reconnaître que, bien souvent, nous agissons à l’inverse : nous commençons par nous plaindre à autrui des offenses qui nous sont faites, nous faisons tapage de nos blessures, cherchant à susciter la compassion des autres bien avant de rechercher celle de Dieu. Souvent, nous manquons de courage pour résoudre nos conflits d’abord dans notre cœur, avec Dieu, et ensuite en personne. Nous préférons, parfois largement, décauser nos offenseurs. Il est d’ailleurs consternant de constater que c’est un mode de fonctionnement habituel et trop souvent assumé de notre Église, où les médisances vont bon train. Le Christ demande tout l’inverse : que la volonté de réconciliation précède la volonté de dénonciation.

Frères et sœur, il est difficile de trouver, dans son cœur, la volonté personnelle de résoudre ses conflits avant de s’en plaindre alentour. C’est avant tout une mesure de notre proximité avec le Christ, qui peut tout apaiser en nous. Amen.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 2 septembre 2026

06.09.2026 – HOMÉLIE DU 23ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – Matthieu 18, 15-20

La correction fraternelle

Homélie de l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


Les lectures bibliques de ce dimanche nous rejoignent en période de rentrée. Beaucoup d’activités communes, scolaires ou autres, reprennent leur cours. À cette occasion, il nous est utile de réfléchir à nos responsabilités. Qu’est-ce qui doit nous guider dans nos relations avec les autres ? Cette question se pose depuis toujours et elle occupe une place importante dans la liturgie de ce jour.

C’est ce qui se passe avec le prophète Ézéchiel au temps lointain de l’exil à Babylone. Nous le voyons se sentir responsable de sa communauté. Il s’entend appelé par le Seigneur et reçoit la mission de « guetteur » pour la maison d’Israël. Dieu ne lui demande pas de surveiller ses proches mais d’être un gardien qui veille sur eux ; il doit tout faire pour les empêcher de prendre le mauvais chemin. Le psaume qui suit nous montre la route à suivre : « Écoutez la voix du Seigneur ; ne fermez pas votre cœur.

Quelques siècles plus tard, saint Paul viendra apporter un éclairage nouveau. S’adressant aux chrétiens de Rome, il leur rappelle les éléments essentiels de la loi : pas d’adultère, pas de meurtre, pas de vol, pas de convoitise… Mais il invite à aller plus loin : » Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même… Le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. »

L’Évangile vient préciser un aspect important de cette loi de l’amour, notamment en ce qui concerne les relations dans la communauté des disciples. Pour comprendre ce message, nous devons nous rappeler que nous sommes tous membres de la famille de Dieu et qu’il ne veut pas qu’un seul se perde. Il veut ramener à lui tous ses enfants dispersés. Il nous invite à partager son souci en nous aidant mutuellement à vivre en enfants de Dieu. Notre mission n’est pas d’épier le péché de notre frère mais de lui montrer le chemin qui peut le sauver.

Nous ne devons jamais oublier que celui qui a péché est d’abord notre frère. Avant d’être un coupable, il est un frère qu’il faut aimer, un malade qu’il faut soigner et guérir. Il ne s’agit plus d’accuser ou de dénoncer mais d’avoir un regard fraternel qui accueille et redonne confiance. C’est cette attitude qu’a eu Jésus envers la Samaritaine. Il a eu une qualité d’écoute et un regard qui ont provoqué en elle ce retournement et cette conversion.

Si cette rencontre individuelle n’aboutit pas, Jésus nous invite à faire comme le médecin qui fait appel à un confrère : “Prends avec toi deux ou trois personnes…” A deux ou trois, on y voit plus clair. On arrivera à mieux le persuader. Puis en cas de refus, on va le dire à la communauté de l’Église. Elle va tout faire pour le porter dans sa prière et le ramener à Dieu.

“S’il n’écoute pas l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.” Non, ce n’est pas la condamnation finale qui exclut le pécheur. C’est lui qui s’est mis en dehors. Tout doit être entrepris par l’ensemble de la communauté pour ramener celui ou celle qui s’est égaré en prenant une mauvaise orientation. Nous connaissons tous la parabole de la brebis perdue. Son maître fait tout pour la retrouver. On peut dire qu’actuellement, c’est tout le troupeau qui est perdu. Nous sommes tous concernés. Personne n’a le droit de dire que ce n’est pas son problème. Nous sommes tous responsables les uns des autres : un jour, Dieu nous posera la question : “qu’as-tu fait de ton frère ?”

Cet Évangile se termine par un appel à nous unir dans la prière. Quand nous sommes réunis en son nom, Jésus est là. Il est présent aujourd’hui dans l’Eucharistie qui nous rassemble. Il nous rejoint pour mettre son amour en nos cœurs. C’est avec lui que nous pourrons refaire la communion qui est cassée. Et surtout, n’oublions jamais que pour gagner tous ses frères, Jésus s’est donné jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur une croix. Alors “aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 29 août 2026

Cap Fatima – Lettre de liaison n° 190 du 3 septembre 2026

Chers amis,

Les travaux de rapprochement entre Salve Corda et Cap Fatima, en particulier le développement du nouveau site, sont toujours en cours et vont demander encore un bon mois de travail. C’est pourquoi cette lettre est encore envoyée selon l’ancien format. Nous vous proposons de continuer à réfléchir sur la manière de mieux pratiquer la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

C’est un point qu’il convient de prendre très sérieusement en considération, car cette dévotion est une demande de Dieu Lui-même, transmise à deux reprises par Notre-Dame les 13 juin et 13 juillet 1917. Il faut donc faire tous nos efforts pour pratiquer cette dévotion du mieux possible, et ainsi répondre à la demande divine.

Dans de récentes lettres de liaison, nous avons présenté les conseils du père Martins sur le chapelet quotidien (lettre n° 185), sur le quart d’heure de méditation et l’esprit de réparation (lettre n° 186), sur la confession et la communion (lettre n° 187). Revenons aujourd’hui sur le point probablement le plus difficile pour beaucoup d’entre nous : la récitation quotidienne du chapelet. Cette demande, que Notre-Dame a exprimée à chacune de ses apparitions de 1917, doit faire l’objet de notre part d’une attention particulière. Notamment, cette récitation ne doit pas être ennuyeuse. Notre-Dame, qui est notre Mère et ne veut que notre bien, ne nous a sûrement pas fait cette demande pour que nous la considérions comme une corvée.

Il faut réciter notre chapelet non seulement avec soin, mais aussi avec la joie de répondre à Notre-Dame et d’être avec elle pendant les quelques minutes que sa récitation demande. Pour y parvenir, il ne peut y avoir de meilleur guide que Dieu Lui-même. Or Dieu fit à sainte Catherine de Sienne d’importantes révélations sur la façon de bien prier. Cet enseignement divin a été rapporté par la sainte dans le Dialogue (tome 1, 2epartie de la 2e réponse, chapitre 36). Dans ce passage, Dieu explique la nécessité d’unir la prière vocale et l’oraison mentale. Et cet enseignement divin s’applique parfaitement à la récitation quotidienne du chapelet.
Comprenons bien : c’est Dieu Lui-même qui nous explique, dans notre langage humain, comment nous devons allier la prière vocale et l’oraison mentale, et combien toutes les deux Lui plaisent et sont conformes à sa volonté. Lisons donc avec attention ces quelques lignes : elles sont de Dieu Lui-même.

Sache, fille très chère, que c’est en persévérant vraiment dans une prière humble, continue et pleine de foi que l’âme acquiert toutes les vertus. Elle doit donc persévérer et ne se laisser jamais arrêter, ni par les illusions du démon, ni par sa propre fragilité, c’est-à-dire ni par les pensées qui lui viennent, ni par les mouvements de sa propre chair, ni par les propos sans consistance que le démon met souvent sur la langue des hommes pour la détourner de sa prière.
Ô combien douce à l’âme et combien agréable à Moi l’oraison sainte, faite dans la cellule de la connaissance de soi-même et de Moi, le regard de l’intelligence grand ouvert aux lumières de la Foi, le cœur tout rempli de l’abondance de ma Charité, cette charité qui vous est devenue visible par mon Fils visible, qui l’a manifestée par son Sang ! (…)

Où s’acquiert cette Charité ? Dans la cellule de la connaissance de soi-même, par le moyen de la sainte prière. C’est là que l’âme se dépouille de son imperfection, à l’exemple des disciples et de Pierre, qui, en demeurant dans la retraite, en veille et en prière, laissèrent là leur imperfection et acquirent la perfection. Par quel moyen : par la persévérance unie à la très sainte Foi.

Ne va pas croire toutefois que cette ardeur et cette force que l’on reçoit dans l’oraison soient le fruit de la seule pièce vocale, familière à tant d’âmes qui prient des lèvres plus que du cœur. Toute leur attention, semble-t-il, est absorbée par la pensée de réciter beaucoup de psaumes, beaucoup de Notre Père. Dès qu’ils ont atteint le nombre qu’ils s’étaient proposé, l’on croirait qu’ils ne pensent plus à rien. Chez eux, semble-t-il, ni le sentiment, ni l’attention ne dépassent les paroles qu’ils prononcent. Ce n’est pas ainsi qu’il faut prier. À s’en tenir là, l’âme retirera peu de fruit de sa prière, et J’en aurai Moi-même peu d’honneur.

Mais, Me diras-tu, faut-il donc abandonner la prière vocale pour la prière mentale, à laquelle cependant tous ne paraissent pas appelés ? — Non, il y a une mesure à garder.

Je sais bien que l’âme est imparfaite avant d’être parfaite, et que cette imperfection se retrouvera dans sa prière. Elle doit donc, pour ne pas tomber dans l’oisiveté tant qu’elle est encore imparfaite, recourir à la prière vocale ; mais elle ne doit pas séparer la prière vocale de l’oraison mentale. Pendant qu’elle prononce les paroles, qu’elle s’efforce donc d’élever son esprit et de le diriger sur mon amour, en y joignant la considération générale de ses fautes et du sang de mon Fils unique, où elle trouve la largesse de ma charité et la rémission de ses péchés. Qu’elle fasse ainsi : dès lors, la connaissance d’elle-même et la considération, de ses fautes la feront souvenir de ma Bonté pour elle, et elle pourra continuer son exercice avec une véritable humilité.

Je ne veux pas qu’elle envisage ses fautes en particulier, mais seulement en général, afin que son esprit ne soit pas souillé par la vision de certains péchés honteux. Je ne veux pas ! tu entends bien ! Elle ne doit pas non plus évoquer seulement la pensée de ces péchés, ni en particulier, ni en général, sans y joindre le souvenir du Sang et de la grandeur de ma Miséricorde, pour ne pas tomber dans la confusion.

Si la connaissance d’elle-même et la pensée de ses péchés n’étaient pas accompagnées du souvenir du Sang et de l’espérance de la miséricorde, elle serait envahie par le trouble. Cette confusion où le démon l’aurait jetée, sous prétexte de contrition et de regret du péché, l’entraînerait à la damnation éternelle ; car ne trouvant plus d’appui sur le bras de ma miséricorde, elle tomberait dans le désespoir.

C’est là, l’une des plus subtiles illusions par lesquelles le démon essaye de tromper mes serviteurs. Aussi faut-il, pour éviter ce piège du démon et pour Me plaire, que toujours vous dilatiez votre cœur et votre amour avec une humilité vraie, dans mon incommensurable Miséricorde. Sais-tu que l’orgueil du démon ne peut supporter la vue d’un esprit humble, de même que la grandeur de ma Bonté et de ma Miséricorde, où l’âme met vraiment son espérance, est insupportable à son désespoir. Aussi bien, te souvient-il, quand le démon voulait te réduire au désespoir en essayant de te persuader que ta vie n’était que mensonge, et que jamais tu n’avais suivi ni accompli ma Volonté ! Tu fis alors, ma fille, ce que tu devais faire et que ma Bonté te donna de pouvoir faire, cette Bonté qui ne se dérobe jamais à qui la cherche ! Tu te réfugias avec humilité dans ma Miséricorde : «Je confesse à mon Créateur, disais-tu, que toute ma vie s’est passée dans les ténèbres ; mais je me cacherai dans les plaies du Christ crucifié ; je me baignerai dans son sang, j’effacerai ainsi toutes mes iniquités, et je me réjouirai par le désir dans mon Créateur. »

Tu sais qu’alors le démon s’enfuit.

Il retourna ensuite avec une autre tentation, et il chercha à t’exalter par l’orgueil : « Tu es parfaite, insinuait-il, tu es agréable à Dieu ; tu n’as plus besoin de t’affliger davantage, ni de pleurer plus longtemps tes fautes. » En ce moment, Je te donnai la lumière pour te montrer la voie qu’il convenait de prendre. Tu t’humiliais et répondais au démon : « Ô misérable que je suis ! Jean-Baptiste n’a jamais fait de péché ; il a été sanctifié dans le sein de sa mère ; et cependant, quelle pénitence n’a-t-il point faite ! Et moi qui ai commis tant de fautes, ai-je seulement commencé à les reconnaître avec douleur, avec une véritable contrition ! Quand comprendrai-je ce qu’est ce Dieu que j’ai offensé, et ce que je suis, moi qui l’offense ! »

Le démon ne put supporter cette humilité de l’esprit, ni l’espérance en ma bonté : « Maudite sois-tu, cria-t-il alors, je ne puis rien faire avec toi. Si je t’abaisse par la confusion, tu t’élèves jusqu’à la miséricorde ; si je t’exalte, tu t’abaisses jusqu’à l’abîme par l’humilité, et tu me poursuis jusqu’en enfer. Je ne retournerai plus vers toi, car toujours tu me flagelles avec le bâton de la charité. »

L’âme doit donc unir aux paroles qu’elle prononce la connaissance de Moi et d’elle-même. De cette manière, la prière vocale sera utile à l’âme qui la fera, et elle sera agrée de Moi. De la prière vocale imparfaite, elle arrivera, avec de la persévérance dans cet exercice, à l’oraison mentale parfaite. Mais si elle vise simplement à réciter un certain nombre de formules, et si la prière vocale lui fait négliger l’oraison mentale, elle n’y parviendra jamais.

Parfois l’âme sera si ignorante que, si elle s’est proposée de dire de vive voix une prière déterminée, elle n’aura plus d’attention pour Moi. J’aurai beau visiter son esprit, soit d’une manière, soit d’une autre, rien ne l’arrêtera. Tantôt Je lui enverrai ma lumière, pour qu’elle se connaisse mieux elle-même et conçoive un vrai repentir de ses fautes ; tantôt Je lui ferai largesse de ma charité. D’autres fois, Je placerai devant son esprit, de différentes manières, la présence de ma Vérité, suivant qu’il Me plaît, ou selon que l’âme l’avait elle-même désiré. Oui : mais comme elle n’a pas achevé de réciter toutes ses formules, elle négligera ma visite qu’elle sent dans son esprit, et se fera un cas de conscience d’interrompre ce qu’elle a commencé.

Ce n’est pas ainsi qu’elle doit faire, si elle ne veut pas être le jouet du démon. Aussitôt qu’elle est avertie dans son esprit des approches de ma visite, suivant les différentes manières que J’ai dites, elle doit abandonner la prière vocale. Et puis, quand l’oraison mentale est terminée, elle peut, si elle en a le temps, reprendre ce qu’elle s’était proposé de réciter. Si le temps lui manque, point de souci, point d’ennui, point de trouble d’esprit. Voilà comment elle doit agir.

Exception pourtant doit être faite pour l’office divin que les clercs et religieux ont l’obligation de réciter. S’ils ne le disent pas, ils M’offensent, car ils sont tenus jusqu’à la mort de dire leur office. Si, à l’heure consacrée à cette récitation, ils sentent leur esprit attiré et élevé par le désir, ils doivent prendre leurs dispositions pour le dire avant ou après ; jamais ils ne peuvent manquer à ce devoir de l’office.

Mais, pour toute autre formule de prière, l’âme doit commencer à la réciter vocalement, pour arriver à l’oraison mentale, et dès qu’elle se sent l’esprit disposé à celle-ci, elle doit interrompre sa récitation. Cette prière vocale, faite comme Je l’ai dit, conduit à la perfection. Il ne faut donc pas l’abandonner en tout état de cause, mais la pratiquer de la manière que J’ai indiquée. Ainsi, avec de l’exercice et de la persévérance, l’âme goûtera l’oraison véritable et se nourrira du sang de mon Fils unique. C’est ainsi, ai-Je dit, que quelques-uns participent virtuellement au corps et au sang du Christ, bien que non sacramentellement, en communiant à la divine charité, qu’ils goûtent par le moyen de la sainte oraison, peu ou beaucoup, suivant le désir de celui qui prie. Celui qui y apporte peu de prudence et n’observe pas assez la mesure que J’ai marquée, trouve peu. Qui apporte beaucoup, reçoit beaucoup. Plus l’âme s’applique à recueillir sa puissance affective et à l’unir à Moi par la lumière de l’intelligence, plus elle connaît. Qui connaît davantage aime davantage, et qui aime davantage goûte davantage. Tu vois donc bien que ce n’est pas par la multitude des paroles que l’on arrive à l’oraison parfaite, mais par le sentiment du désir, en s’élevant vers Moi par la connaissance de soi-même, en conservant ces deux connaissances intimement liées l’une à l’autre.

Ainsi l’âme possédera tout à la fois la prière vocale et la prière mentale, car on peut les unir ensemble, comme la vie active et la vie contemplative, encore qu’il y ait bien des manières différentes d’entendre la prière vocale et la prière mentale.

Quand l’âme est établie dans un désir saint et une oraison continuelle qui consiste dans une volonté bonne et sainte, cette volonté et ce désir entrent en acte, en temps et lieu déterminés, pour ajouter la prière vocale à cette oraison continue du saint désir, sans que l’âme cesse de demeurer dans cette volonté sainte. Cette prière, elle la fait ordinairement au moment fixé. Parfois même, elle la continuera sans interruption en dehors du temps qui lui est consacré, selon que la charité ou le salut du prochain le demande, suivant ses besoins, ses nécessités, ou suivant l’état où Je l’ai placée.

Chacun en effet, selon son état, doit coopérer au salut des âmes, conformément au principe de cette volonté sainte, et tout ce qu’il faitextérieurement, par la parole ou par les œuvres, pour le salut du prochain, est virtuellement une prière. C’est bien évident s’il s’agit de la prière vocale faite en temps et lieu voulus. Mais en dehors même de cette prière régulière, tout ce que produit la charité pour le prochain ou pour soi-même, toutes ces œuvres extérieures, quelles qu’elles soient, si elles sont accomplies avec une volonté sainte, sont une prière. Comme l’a dit Paul, mon glorieux apôtre : « On ne cesse jamais de prier, quand on ne cesse pas de bien faire. »

C’est pourquoi Je t’ai dit qu’il y avait plusieurs manières de prier, en unissant la prière extérieure à la prière mentale; car la prière extérieure ainsi entendue est faite dans le sentiment de charité, et le sentiment de la charité, c’est la prière continuelle. Je t’ai dit aussi comment l’on parvenait à l’oraison mentale par l’exercice et par la persévérance, en abandonnant la prière vocale pour la prière mentale quand Je fais visite à l’âme. Je t’ai expliqué quelle est la prière commune, et la prière vocale en dehors du temps fixé, et l’oraison de la bonne et sainte volonté, et comment tout exercice accompli par l’âme, pour soi-même ou pour le prochain, avec cette bonne volonté, en dehors du temps ordinaire, est une prière.

Que l’âme recueillie en elle-même s’excite donc, de tout son courage, à cette oraison, mère des vertus. C’est ce que fait l’âme enfermée dans la cellule de la connaissance d’elle-même, et qui est parvenue à l’amour de l’ami, à l’amour du fils. Mais, si elle néglige les moyens que J’ai indiqués, elle ne sortira jamais de sa tiédeur et de son imperfection : elle n’aimera qu’autant qu’elle trouvera en Moi ou dans le prochain son avantage et son plaisir.

Il faut lire et relire ces propos divins. Il faut les méditer… et les appliquer, notamment à la récitation quotidienne du chapelet. Si nous agissons ainsi, nous avons l’assurance de satisfaire à la fois Dieu et Notre-Dame. Pour mieux retenir ces recommandations, résumons-les :

  • Notre imperfection fait que nous ne pouvons pas nous affranchir de la prière vocale.
  • Nous devons commencer par la prière vocale, mais nous ne devons pas nous y “accrocher” à tout prix, car elle ne doit être qu’un point de départ. Elle est un point d’appui destiné à nous conduire à l’oraison mentale ; elle n’est pas un but.
  • Pour parvenir à cette oraison mentale, pendant que nous récitons notre prière vocale, nous devons considérer avec humilité notre misérable condition et nous rappeler l’incommensurable bonté de Dieu.
  • Et lorsque Dieu insuffle en nous le désir d’une oraison mentale, nous devons interrompre la prière vocale pour lui laisser la place.
  • Enfin Dieu n’hésite pas à ajouter qu’en agissant ainsi nous parviendrons à la perfection.

Bien sûr, en certaines circonstances, il ne sera pas toujours possible d’interrompre la prière vocale, par exemple lors de la récitation du chapelet en famille. Des adaptations peuvent alors être nécessaires. Mais le principe demeure : la prière vocale doit nous conduire à l’oraison mentale. Et le moyen indiqué par Dieu pour y parvenir est de prendre conscience de notre humble condition et de l’immensité de l’amour divin.
Jésus, le Fils de Dieu, nous a appris le Notre Père. Ici, Dieu le Père Lui-même nous dit de quelle façon et dans quel esprit réciter la prière enseignée par son Fils. Et ce qui s’applique à une prière comme le Notre Père, s’applique a fortiori à la récitation quotidienne du chapelet.

Notons au passage que Dieu dit à sainte Catherine : « Chacun, selon son état, doit coopérer au salut des âmes. » C’est exactement ce que la Sainte Vierge a confié à la petite Lucie à Fatima dès sa première apparition : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? » Cette convergence est remarquable ; on voit combien les volontés de Dieu et de Notre-Dame n’en forment qu’une.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

Marie, l’Immaculée Conception, Reine de l’Amérique

Marie, l’Immaculée Conception, Reine de l’Amérique

À l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, une exposition en ligne met en avant une collection de la Bibliothèque mariale de l’Université de Dayton dans l’Ohio qui rend hommage à Marie, sous le titre de l’Immaculée Conception, patronne de l’Amérique et qui a organisé une exposition numérique retraçant les origines de ce patronage de Marie aux États-Unis.

  1. Il est toujours réconfortant de savoir que quelqu’un veille sur vous — et c’est encore mieux quand cette personne est Marie.
  2. Connue sous de nombreux noms dans les sanctuaires à travers le pays — Notre-Dame-des-Neiges, Nuestra Señora de La Leche et Notre-Dame-du-Prompt-Secours, pour n’en citer que quelques-uns —, elle est la patronne des États-Unis sous son titre de l’Immaculée Conception.

Tout a commencé avec l’évêque de Baltimore, Mgr. John Carroll, qui lui a consacré le seul diocèse de la toute jeune nation en 1791 ; par la suite, lors du sixième concile de Baltimore en 1846, les évêques l’ont désignée patronne des États-Unis.

Les appels à son intercession céleste sont toujours d’actualité, comme en témoigne l’hymne « Mary Immaculate, Queen of America, » (« Marie Immaculée, Reine de l’Amérique ») composé en 1951, dont la partition fait partie de l’exposition. Sont également disponibles en ligne des cartes de prière issues de la collection de la Bibliothèque mariale ainsi que des lettres manuscrites de John Carroll, qui, en 1804, soulignait la nécessité d’envoyer des prêtres pour prendre soin des Catholiques dans les régions de l’Ouest du pays.

Au premier étage de la bibliothèque Roesch, une vitrine accompagnant l’exposition numérique présente des exemples visuels de la relation que les Américains ont avec Marie, comme un chapelet composé de grains rouges, blancs et bleus. Tout comme les fondateurs avaient affirmé, dans la Déclaration d’indépendance, leur confiance en la protection de la providence divine, la nation continue, 250 ans plus tard, d’évoluer sous son regard protecteur.

Michelle Tedford, 24 juin 2026

udayton.edu

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

03.09.2026 – SAINT DU JOUR

St Grégoire le Grand

Saint Grégoire le Grand

Pape et docteur de l’Église  

(537 – 604)

 

C’est à bon droit que cet illustre Pape (64e) est appelé le Grand ; il fut, en effet, grand par sa naissance, fils de sénateur, neveu d’une sainte, la vierge Tarsille, et grand par sa science et par sa sainteté ; grand par les merveilles qu’il opéra ; grand par les dignités de cardinal, de légat, de Pape, où la Providence et son mérite l’élevèrent graduellement. 

Grégoire était né à Rome. Il en occupa quelques temps la première magistrature, mais bientôt la cité, qui avait vu cet opulent patricien traverser ses rues en habits de soie, étincelants de pierreries, le vit avec bien plus d’admiration, couvert d’un grossier vêtement, servir les mendiants, mendiant lui-même, dans son palais devenu monastère et hôpital. Il n’avait conservé qu’un seul reste de son ancienne splendeur, une écuelle d’argent dans laquelle sa mère lui envoyait tous les jours de pauvres légumes pour sa nourriture ; encore ne tarda-t-il pas de la donner à un pauvre marchand qui, après avoir tout perdu dans un naufrage, était venu solliciter sa charité si connue. 

Grégoire se livra avec ardeur à la lecture des Livres Saints ; ses  veilles, ses mortifications étaient telles, que sa santé y succomba et que sa vie fut compromise. Passant un jour sur le marché, il vit de  jeunes enfants d’une ravissante beauté que l’on exposait en vente. Apprenant qu’ils étaient Angles, c’est-à-dire du pays, encore païen, d’Angleterre : « Dites plutôt des Anges, s’écria-t-il, s’ils n’étaient pas sous l’empire du démon. » Il alla voir le Pape, et obtint d’aller prêcher l’Évangile à ce peuple ; mais les murmures de Rome forcèrent le Pape à le retenir. 

Le Souverain Pontife étant venu à mourir, Grégoire dut courber ses épaules sous la charge spirituelle de tout l’univers. L’un des faits remarquables de son pontificat, c’est l’évangélisation de ce peuple anglais dont il eût voulu lui-même être l’apôtre. 

Grégoire s’est rendu célèbre par la réforme de la liturgie et le perfectionnement du chant ecclésiastique. Il prêchait souvent au peuple de Rome, et lorsque la maladie lui ôtait cette consolation, il composait des sermons et des homélies qui comptent parmi les chefs-d’oeuvre de ce grand docteur. Son pontificat fut l’un des plus féconds dont s’honore l’Église. Grégoire mourut le 12 mars 604. On le représente écoutant une colombe qui lui parle à l’oreille. Il est regardé comme le patron des chantres.

©Evangelizo.org

Saint Grégoire le Grand priez pour nous !

03.09.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11. 

En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »

Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »

En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Sermon 43, 5-6 ; CCL 41, 510-511 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 396 rev.)

« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras »

Qu’elle est grande la bonté du Christ ! Pierre a été pêcheur, et maintenant un orateur mérite un grand éloge s’il est capable de comprendre ce pêcheur. Voilà pourquoi l’apôtre Paul dit en s’adressant aux premiers chrétiens : « Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages… Ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose » (1Co 1,26-28). Car si le Christ avait choisi en premier lieu un orateur, l’orateur aurait pu dire : « J’ai été choisi pour mon éloquence ». S’il avait choisi un sénateur, le sénateur aurait pu dire : « J’ai été choisi à cause de mon rang ». Enfin, s’il avait choisi un empereur, l’empereur aurait pu dire : « J’ai été choisi en raison de mon pouvoir ». Que ces gens-là se taisent, qu’ils attendent un peu, qu’ils se tiennent tranquilles. Ils ne seront pas oubliés ni rejetés ; qu’ils attendent un peu, parce qu’ils pourraient se glorifier de ce qu’ils sont en eux-mêmes. « Donne-moi, dit le Christ, ce pêcheur, donne-moi cet homme simple et sans instruction, donne-moi celui avec qui le sénateur ne daigne pas parler, même quand il lui achète un poisson. Oui, donne-moi cet homme. Lorsque je l’aurai rempli, on verra clairement que c’est moi seul qui agis. Certes, j’accomplirai aussi mon œuvre dans le sénateur, l’orateur et l’empereur…, mais mon action sera plus évidente dans le pêcheur. Le sénateur, l’orateur et l’empereur peuvent se glorifier de ce qu’ils sont : le pêcheur, uniquement du Christ. Que le pêcheur vienne leur enseigner l’humilité qui procure le salut. Que le pêcheur passe en premier. »

LECTURES :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,18-23. 

Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage.
Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : ‘C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.’
Il est écrit encore : ‘Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur !’
Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient,
que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous,
mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6. 

R/ Qu’il vienne, le Seigneur : c’est lui, le roi de gloire ! (Ps 23, 7c.10c)

Au Seigneur, le monde et sa richesse, 
la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers 
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur 
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, 
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! 
Voici Jacob qui recherche ta face !