Le Rosaire des enfants est un mouvement de prière laïque destiné aux enfants. Il s’agit d’une initiative visant à créer dans les paroisses des groupes de prière du Rosaire composés d’enfants et dirigés par des enfants. L’âge cible des enfants pour ces groupes de prière est compris entre 4 et 14 ans. Les enfants de Fatima et Bernadette de Lourdes avaient tous cette tranche d’âge.
Cependant, il existe une certaine flexibilité à chaque extrémité de cette fourchette et les enfants ne doivent jamais être refusés s’ils souhaitent faire partie d’un groupe de prière. Il convient de noter tout particulièrement les enfants handicapés qui peuvent être plus âgés mais qui occupent une place spéciale dans le Rosaire des enfants (cf. childrensrosary.org ).
Cette année, le Rosaire des enfants a été introduit dans 7 nouveaux pays : la Suisse, les Émirats arabes unis, l’Autriche, le Rwanda, le Liban, Madagascar et les Bahamas. Des groupes du Rosaire des enfants ont ainsi été créés dans 50 pays à travers le monde. Nous espérons augmenter ce nombre dans les mois à venir. Nous avons envoyé 96 301 chapelets faits à la main cette année.
Parmi les pays où nous avons constaté une croissance considérable du Rosaire des enfants, citons le Pakistan, avec 30 nouveaux groupes, l’Irlande, avec plus de 55 groupes du Rosaire des enfants, et l’Allemagne, avec 22 groupes. Une seule paroisse à Luwero, en Ouganda, compte 12 300 enfants et 100 animateurs qui font partie du Rosaire des enfants.
Dr Blythe Kaufman, 11 décembre 2025 – EWTN Grande-Bretagne
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Sainte Colette Vierge, réformatrice des Clarisses (1380-1447)
Colette est née à Corbie, en Picardie. Ses parents se désolaient de ne pas avoir d’enfants ; ils prièrent saint Nicolas. Lorsqu’ils reçurent cette petite fille, ils lui donnèrent le nom du saint protecteur : Nicole, en diminutif familier Colette.
Orpheline à dix-huit ans, elle obtint du père Abbé d’un monastère voisin, la possibilité d’entrer chez les béguines d’Amiens malgré son âge. Elle n’y reste qu’un an jugeant leur vie trop douce. Même déception chez les bénédictines, puis chez les clarisses. Son père spirituel est franciscain et comprend son désir d’austérité. Il la fait entrer dans le Tiers-Ordre de Saint François comme recluse à Corbie.
Mais elle se sent appelée à plus de pauvreté encore et, pour cela, elle veut réformer le Second Ordre de saint François, les clarisses. C’est pourquoi elle obtient de rencontrer le pape Benoît XIII qui réside alors en Avignon. Ce pape était un « antipape d’Avignon » du Grand Schisme qui déchirait alors l’Occident. Mais son sens spirituel était réel et profond. Il reçoit la profession religieuse de sainte Colette dans la règle de Sainte Claire et la nomme abbesse de tous les monastères qu’elle sera amenée à fonder ou réformer. Si Colette s’adressa à Benoît XIII, c’est que, dans l’incertitude sur l’obédience à laquelle il fallait se rattacher, elle suivit la France entière, qui avait reconnu le pape d’Avignon ; mais dès les décisions connues du concile de Pise, elle fit ratifier par Alexandre V, l’élu du concile, les faveurs reçues précédemment de Benoît XIII.
Colette vient alors en Franche-Comté et réforme en premier lieu le monastère de Besançon puis bien d’autres en Savoie, Artois, Allemagne et Belgique. Elle mourra à Gand et son corps sera, par la suite, transporté à Poligny dans le Jura.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43.45-46.
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. » En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux. Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Basile (v. 330-379)
moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie 5 sur l’Hexaéméron, 6 ; SC 26 (trad. SC p. 304 rev. Delhougne)
Porter du fruit
Le Seigneur ne cesse de comparer les âmes humaines à des vignes : « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau, en un lieu fertile » (Is 5,1) ; « J’ai planté une vigne, je l’ai entourée d’une haie » (cf Mt 21,33). Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu’il a entourées, comme d’une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car « l’ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent » (Ps 33,8). Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l’Église, « premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner » (1Co 12,28). En outre, par les exemples des saints hommes d’autrefois, il élève nos pensées sans les laisser tomber à terre où elles mériteraient d’être foulées aux pieds. Il veut que les embrassements de la charité, comme les vrilles d’une vigne, nous attachent à notre prochain et nous fassent reposer sur lui. Ainsi gardant constamment notre élan vers le ciel, nous nous élèverons comme des vignes grimpantes, jusqu’aux plus hautes cimes. Il nous demande encore de consentir à être sarclés. Or une âme est sarclée quand elle écarte d’elle les soucis du monde qui sont un fardeau pour nos cœurs. Ainsi celui qui écarte de lui-même l’amour de ce monde et l’attachement aux richesses ou qui tient pour détestable et méprisable la passion pour cette misérable gloriole a pour ainsi dire été sarclé, et il respire de nouveau, débarrassé du fardeau inutile des soucis de ce monde. Mais, pour rester dans la ligne de la parabole, il ne faut pas que nous produisions seulement du bois, c’est-à-dire vivre avec ostentation, ni rechercher la louange de ceux du dehors. Il nous faut porter du fruit en réservant nos œuvres pour les montrer au vrai vigneron (Jn 15,1).
LECTURES :
Livre de la Genèse 37,3-4.12-13a.17b-28.
Israël, c’est-à-dire Jacob, aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu’il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix. En voyant qu’il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité. Les frères de Joseph étaient allés à Sichem faire paître le troupeau de leur père. Israël dit à Joseph : « Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem ? Va donc les trouver de ma part ! » Joseph les trouva à Dotane. Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir. Ils se dirent l’un à l’autre : « Voici l’expert en songes qui arrive ! C’est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes. Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré, et on verra ce que voulaient dire ses songes ! » Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit : « Ne touchons pas à sa vie. » Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui. » Il voulait le sauver de leurs mains et le ramener à son père. Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique de grand prix qu’il portait, ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et sans eau. Ils s’assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés d’aromates, de baume et de myrrhe qu’ils allaient livrer en Égypte. Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère et à dissimuler sa mort ? Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre propre chair. » Ses frères l’écoutèrent. Des marchands madianites qui passaient par là retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites, et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.
Psaume 105(104),4a.5a.6.16-17.18-19.20-21.
R/ Souvenez-vous des merveilles que le Seigneur a faites. (Ps 104, 5a)
Cherchez le Seigneur et sa puissance, souvenez-vous des merveilles qu’il a faites, Vous, la race d’Abraham son serviteur, les fils de Jacob, qu’il a choisis.
Il appela sur le pays la famine, le privant de toute ressource. Mais devant eux il envoya un homme, Joseph, qui fut vendu comme esclave.
On lui met aux pieds des entraves, on lui passe des fers au cou ; il souffrait pour la parole du Seigneur, jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction.
Le roi ordonne qu’il soit relâché, le maître des peuples, qu’il soit libéré. Il fait de lui le chef de sa maison, le maître de tous ses biens.
Avez-vous remarqué que personne, finalement, ne puise ni ne boit dans cet Évangile de la rencontre avec la Samaritaine ? C’est le signe, pour nous, qu’il y a ici, derrière l’évocation de l’eau, une symbolique à décoder. A nouveau, nous retrouvons le principe biblique d’une réalité concrète qui dénote une réalité spirituelle. L’eau vive est ici l’amour divin, auquel nous sommes invités à profondément puiser.
La scène se situe au puits de Jacob, père des douze tribus d’Israël, dont le nom signifie : « Celui qui lutte avec Dieu » (Gn 32, 29). Dans l’Ancien Testament, les puits sont des lieux de rencontre amoureuse. C’est près d’un puits que Jacob rencontre Rachel (Gn 29) ; c’est près d’un puits que Moïse rencontre Séphora (Ex 2) ; c’est près d’un puits que le serviteur d’Abraham trouve Rebecca (Gn 24). Il est midi, l’heure la plus chaude du jour, précisément l’heure à laquelle personne ne vient au puits, sinon ceux qui meurent de soif et les amoureux, pour une rencontre discrète. Les puits bibliques sont des lieux de fiançailles. D’ailleurs, plutôt dans l’Évangile de Jean, Jean-Baptiste avait présenté Jésus comme un époux. « Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite » (Jn 3, 29).
Clairement, on évoque ici une rencontre personnelle à connotation nuptiale entre Jésus et la Samaritaine, que le Christ présente comme l’adoration véritable de Dieu : « Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer » (4, 23-24). Réfléchissons, si vous le voulez bien, sur les enjeux spirituels de l’adoration, l’acte d’aimer Dieu en esprit et en vérité.
Avec une pudeur toute liturgique, le passage que nous venons de lire fait l’impasse sur la vie dissolue de la femme que Jésus rencontre. C’est pourtant un élément contextuel important. Non seulement est-elle Samaritaine, issue d’un peuple que les Juifs méprisent comme hérétique, mais surtout elle est adultère : « Des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai » (4, 18). Cette vie morale compliquée traduit, en creux, une soif d’amour que le Christ veut vivifier.
Pourtant, dans un étonnant renversement des rôles, avant de se présenter comme l’eau vive, c’est Jésus qui dit « Donne-moi à boire » – « Donne-moi ton amour ». Ainsi l’adoration répond-elle au désir divin d’être aimé. Il s’agit avant tout d’aimer personnellement le Christ et, ainsi, d’adorer le Père en esprit et en vérité. Pour Jésus, le culte véritable transcende les divergences communautaires et les exigences morales. Seul compte l’amour personnel dont nous gratifions Dieu qui, en retour, étanche à torrents nos soifs d’être aimés. On retrouve ici la volonté constante du Christ de se substituer au pécheur mendiant de l’amour – « Donne-moi à boire » – pour lui faire découvrir l’abondance de l’amour du Père à son égard. Cette inversion de rôles traduit le mystère de l’Incarnation et de la kénose : Dieu vient mendier notre amour humain pour nous sauver.
Enfin, c’est à l’occasion de cette rencontre avec la Samaritaine que Jésus se révèle, pour la première fois dans l’Évangile de Jean, comme Messie. La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ (…). Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. ». Il s’agit d’une référence explicite à l’épisode du buisson ardent, quand Moïse demande à Dieu son nom et que celui-ci répond : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS” » (Ex 3, 14). Dans son désir d’amour pour la Samaritaine, le Christ se présente tel quel, assumant une certaine nudité divine.
Alors, décryptons tout ceci pour notre vie spirituelle.
Le Christ a soif de notre amour. Il veut vivre une rencontre amoureuse avec nous. Il vient en plein jour, à l’heure la plus chaude, au creux de nos soifs les plus torrides, avec le désir de s’unir à nous dans la plus grande authenticité. En l’aimant, nous découvrons qui il est : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ». Il mendie nos eaux stagnantes, qu’il transforme en vifs torrents. À nos amours taris, Dieu répond en nous inondant le cœur.
Au fur et à mesure que croîtra notre amour pour le Christ, il nous révélera qui nous sommes. « Il m’a dit tout ce que j’ai fait » (Jn 4, 39), proclame la Samaritaine qui avait dissimulé son péché à Jésus. Ainsi, l’adoration de Dieu nous renvoie-t-elle aussi à nous-même, à notre authenticité, à notre nudité d’âme. Ce que nous pensons dissimuler à Dieu – que nous cherchons en fait à cacher à nous-même et à enfouir – Dieu nous le révélera toujours, à mesure que son amour nous touchera en profondeur. Symboliquement, on rejoint ici l’étymologie évoquée du prénom Jacob : « Celui qui lutte avec Dieu ». L’adoration de Dieu fait resurgir nos blessures enfouies dans la honte, que dissimulent maladroitement les eaux stagnantes de notre amour.
La rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob symbolise toute rencontre mystique avec le Christ, rencontre personnelle et amoureuse que, tous, nous sommes appelés à vivre. Dieu vient sur les margelles de nos abîmes y mendier notre amour stagnant. Or l’amour dont nous témoignons toujours nous révèle, nous guérit, nous purifie et nous permet donc de voir plus clairement en nous, nous révélant peut-être des eaux plus profondes encore, plus ténébreuses, plus stagnantes, plus enfouies. C’est sans honte qu’il nous faudra les servir à boire au Christ pour qu’il les vivifie de son amour.
Pendant l’adoration eucharistique, lors des sacrements ou pendant nos moments de prière intime, alors que nous méditons sous le regard de Dieu, transcendons la honte de nos abîmes que dissimulent nos amours stagnants ; acceptons la divine nudité d’âme que nous propose le Christ ; soyons nous aussi, dans notre relation avec Dieu, tels que nous sommes.
Sur la margelle du passé, le Christ vient mendier notre amour englouti qu’il se propose de vivifier. Ce faisant, il se révèle à nous autant qu’il nous révèle à nous-même et ainsi nous sauve.
Les fiançailles mystiques de la Samaritaine adultère, étrangère à la morale chancelante, qui reconnaît en Jésus son sauveur doit nous inciter, en ce temps de Carême, à tomber toute pudeur amoureuse avec le Christ. L’authenticité de l’amour divin est à ce prix.
Les textes de l’Exode et l’Évangile nous parlent de l’importance de l’eau : on s’en aperçoit, surtout quand elle vient à manquer. La première lecture nous renvoie à l’histoire du peuple Hébreux. Il venait de quitter une vie d’esclavage en Égypte pour se rendre en terre de Canaan. Mais entre les deux, il y a le désert. C’est là qu’on voit à quel point l’eau est indispensable à la vie. En pleine chaleur, la situation peut devenir dramatique. C’est une question de vie ou de mort.
Malgré tous les bienfaits dont il a bénéficié, le peuple a du mal à s’abandonner en toute confiance. C’est bien ce qui nous arrive souvent : dès que notre vie semble en péril, nous doutons, nous crions à l’abandon. Nous oublions que le Seigneur n’a jamais cessé de nous aimer. Il n’a jamais cessé de nourrir et d’abreuver son peuple rebelle. La soif au désert est révélatrice d’une autre soif que Jésus apaisera chez la Samaritaine. Il se présentera à elle et à nous tous comme la Source d’eau vive.
La seconde lecture nous rappelle ce don que Dieu nous fait de sa vie et de son Esprit. Ce n’est pas une réponse à de supposés mérites de notre part ; il est offert à tous, gratuitement. Il devient agissant dès qu’il est accueilli avec foi. C’est bien de cela que témoigne l’Évangile de la Samaritaine. L’espérance ne déçoit pas. La grande priorité de Dieu, c’est que tous les pécheurs soient sauvés. Il n’a jamais cessé de les aimer. C’est pour nous tous que le Christ est mort sur la croix. C’est vrai qu’il est difficile de croire quand le manque d’eau nous tenaille. Mais il est inutile de nous précipiter vers des eaux qui nous laisseront sur notre soif. Dieu est l’unique et inépuisable source. Lui seul peut nous combler.
L’Évangile nous donne de méditer sur une scène absolument extraordinaire. Saint Jean nous y dévoile tout le mystère de Dieu. Il part de l’eau qui féconde la terre et donne la vie au monde. Cela se passe en Samarie, au puits de Jacob. C’est là que Jésus s’est arrêté car il est fatigué par la route. Et c’est là qu’il rencontre la samaritaine. Normalement, cette rencontre n’aurait pas dû avoir lieu. Les juifs et les samaritains évitaient de se rencontrer. Des rivalités très anciennes les opposaient.
Cette femme qui vient puiser est le symbole de notre humanité blessée. Dieu nous voit nous précipiter vers le danger et tomber dans le péché. Il fait tout pour nous en sortir. Il envoie son Fils pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Quand le Christ demande à la Samaritaine « donne-moi à boire, nous comprenons qu’il a soif de la sauver. Il a soif de son affection et de la nôtre. La Samaritaine sera progressivement amenée à reconnaître en Jésus la Source d’Eau vive.
C’est important pour nous et pour notre monde. Une des caractéristiques de notre temps, c’est l’ignorance religieuse. On finit par s’installer dans le désert de l’indifférence, de l’incroyance, de la « mal-croyance ». La foi devient quelque chose de secondaire par rapport au métier, aux loisirs et à nos diverses activités de chaque jour. Dieu en est rejeté. Mais quand on veut chasser le religieux, il revient sous sa forme la plus perverse : c’est la montée des superstitions, des pratiques ésotériques, voyance, magie blanche ou noire… C’est dans ce désert que Jésus veut rejoindre le monde d’aujourd’hui. Il ne veut pas qu’un seul se perde. C’est pour nous et pour le monde entier qu’il a donné sa vie sur la croix.
Cet Évangile est un appel à découvrir quelle est notre véritable soif, notre désir profond. Le Christ ne cesse de nous proposer l’eau vive. Ses paroles sont celles « de la vie éternelle ». Quand nous acceptons de vraiment le rencontrer, tout est changé dans notre vie. C’est ce qui s’est passé pour la samaritaine. Porteuse d’eau, elle devient porteuse d’Évangile. Elle court alerter les siens ; elle les amène à rencontrer Celui qu’elle a reconnu comme le Messie. Les samaritains croient en Jésus : C’est lui le Sauveur du monde.
Le même Seigneur nous rejoint dans toutes les situations de notre vie, même les plus compliquées. Malgré nos faiblesses et nos péchés, il nous abreuve à la Source d’eau vive, celle de sa Parole et de son Eucharistie. Puis, comme la Samaritaine, nous sommes envoyés pour annoncer que Jésus est vraiment le « Sauveur du monde. » Nous faisons nôtres les paroles de ce chant : « Peuple de frères, peuple du partage, Porte l’Évangile et la paix de Dieu ». Amen