Blog
08.01.2026 – CHAPELET À LOURDES
11.01.2026 – INTÉGRALE DES LECTURES DE LA FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures de la Fête du Baptême du Seigneur, année A.
11.01.2026 – HOMÉLIE DE LA FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR – MATTHIEU 3 13-17

Accomplir toute justice
Homélie pat le Fr. Laurent Mathelot
Évangile selon saint Matthieu 3, 13-17
Nous fêtons aujourd’hui le baptême de Jésus, le début de son ministère public. La semaine passée, nous avions remarqué que c’était le passage d’Évangile choisi par les Églises orthodoxes pour célébrer l’Épiphanie, le Christ qui se rend manifestement visible au monde. Donnons-nous, si vous le voulez bien, cette grille de lecture : le baptême de Jésus comme Épiphanie, ce qu’il donne à voir du Christ.
Avec Jean le Baptiste, commençons par nous étonner de la raison pour laquelle Jésus demande le baptême. En effet, Jean appelait à un « baptême de repentance pour le pardon des péchés » (Mc 1,4 ; Lc 3,3), précisément pour « préparer la venue du Seigneur et rendre droit ses sentiers » (Mt 3,3 ; Mc 1,3 ; Jn 1,23). Le Christ est sans péché et Jean l’a de suite remarqué : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi ».
Jésus donne alors la raison pour laquelle il demande le baptême : « car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice ». Je vous propose de nous attarder quelque peu sur ce verset.
La « justice » ( dikaiosunē ) désigne ici non seulement la droiture morale, mais surtout l’obéissance à la volonté de Dieu, la fidélité au plan divin. Le terme est à comprendre dans le sens où la Bible parle des « justes ». Le Sermon sur la montagne (Mt 5, 21-28) nous enseigne que la vraie justice vient du cœur.
Le terme « accomplir » ( plērōsai ) évoque souvent, chez Matthieu, la réalisation des Écritures ou du plan de Dieu. Ainsi, en Matthieu (5, 17), Jésus dit-il : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » Finalement nous comprenons qu’ « accomplir toute justice » signifie vivre comme le Christ, avec le Christ.
Je voudrais m’arrêter sur un troisième mot, un détail qui a une importance cruciale : « nous ». « … car il convient que nousaccomplissions ainsi toute justice ». Ce « nous » désigne Jésus et Jean. Non seulement Jésus investit le baptême de Jean, mais il l’investit par le bas. Jean est ici, en effet, le prêtre qui baptise et le Christ prend la place du pécheur qui se convertit. C’est un réflexe constant de Jésus : prendre la place des pécheurs, qu’on retrouve dans nombre d’enseignements et de paraboles où il valorise la conversion, qu’on retrouve surtout à la crucifixion, où il sera parmi les bandits. Par cette substitution qu’il opère souvent – être compté parmi les pécheurs –, le Christ offre bien sûr l’image de notre accomplissement : Dieu nous veut à sa ressemblance. Mais cette substitution n’est pas qu’une icône du plan divin pour l’humanité, une préfiguration de notre sanctification. La symbolique est ici plus forte et concrète : comme si Jésus voulait constamment se substituer à nous face au mal. Et, au fond, c’est le sens du baptême : la divinité qui surgit dans notre humanité pour nous sauver.
Quand Jésus dit : « il convient que nous accomplissions ainsi toute justice », derrière ce « nous », il y a tout l’amour personnel que Dieu nous porte : « toi et moi, par le baptême, nous accomplirons toute justice ». Jean le Baptiste insistait sur l’urgence de se purifier pour retrouver le chemin de Dieu. En investissant ce chemin, Jésus nous dit : laisse-toi purifier par mon amour, laisse-toi gagner par mon Esprit et tu seras juste.
La semaine passée, l’Adoration des mages nous montrait Dieu se manifestant aux sagesses qui s’inclinent. Le baptême de Jésus nous présente Dieu qui se manifeste en personne sur notre route, qui souhaite cheminer intimement avec nous, jusqu’à vouloir prendre notre place face au mal. Comme le conclura l’Évangile de Matthieu (20, 28) : « Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
L’Épiphanie, la véritable manifestation de Dieu, c’est quand l’amour du Christ surgit dans notre cœur comme un nouveau-né et qu’il investit notre vie au fil des sacrements. L’Épiphanie, c’est quand notre cœur surgit d’amour émerveillé pour Dieu, nativement ou en chemin, comme si une voix tonitruante venue du ciel nous disait intérieurement : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » et que nous répondions par un grand « oui » exprimant notre ravissement.
Jésus n’a pas besoin de se faire baptiser sinon pour nous y rencontrer, au début de notre chemin de sainteté. Avec lui, nous comprenons ce qu’est « accomplir toute justice » : se sentir saisi par le Christ et, avec lui, se mettre par empathie à la place des pécheurs.
La véritable Épiphanie, c’est l’embrasement de l’amour de Dieu envers les pécheurs, jusqu’à vouloir prendre leur place face au mal. Là, le Christ est toujours reconnaissable.

Source : RESURGENCE.BE, le 7 janvier 2026
11.01.2026 – HOMÉLIE DE LA FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR – MATTHIEU 3 13-17

Mon Fils bien-aimé
Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu
Textes bibliques : Lire
Il y a une semaine, nous étions encore à Bethléem en compagnie des mages. Nous avons fêté dans la joie la naissance de Jésus puis sa manifestation au monde païen. Aujourd’hui, nous sommes renvoyés à trente ans plus tard pour fêter une autre Épiphanie, celle qui a eu lieu au cours de son baptême par Jean. C’est l’entrée de Jésus dans son ministère public.
Cet événement était annoncé au sixième siècle avant Jésus Christ. A cette époque, le peuple d’Israël se trouve en exil à Babylone ; le prophète Isaïe s’efforce de lui redonner du courage : il annonce le “serviteur” qui aura pour mission d’accomplir l’œuvre de salut de Dieu. La volonté de Dieu c’est de sauver toute l’humanité. Il est celui qui ouvre les yeux des aveugles et qui rend la liberté aux opprimés. Il est surtout celui qui fait alliance avec son peuple.
C’est de cette espérance que doit témoigner le peuple que Dieu s’est choisi. Même s’il est ballotté par les grands empires du moment, rien ne doit l’arrêter. Il a pour mission de faire connaître le vrai Dieu aux païens. Il doit annoncer le message de Dieu “avec fermeté et douceur”. Aux yeux des hommes, cela peut paraître dérisoire. Mais Dieu est là. Il fait reposer son Esprit sur son serviteur. Ce dernier doit témoigner que Dieu est lumière et libération pour tous les hommes.
Le Nouveau Testament applique ce poème d’Isaïe à Jésus. C’est cette bonne nouvelle que proclame la voix venue du ciel. Jésus est vraiment ce serviteur non violent, plein de douceur et de discrétion. C’est lui que nous sommes invités à écouter et à suivre. Il se présente à nous comme la “lumière des nations”. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour porter cette lumière au monde d’aujourd’hui. Nous vivons dans une société qui veut mettre à distance la bonne nouvelle de l’Évangile. De nombreux pays sont guettés par la déchristianisation. Mais rien ne peut arrêter la réalisation du plan de Dieu.
La deuxième lecture est extraite du livre des Actes des Apôtres. Elle nous parle de l’Évangile “pour tous”. Il n’est pas seulement réservé à une élite de fervents. Il doit atteindre le monde entier. Il n’y a pas de borne au message de paix et de liberté que Dieu annonce par don Fils. Jésus Christ s’est fait le Seigneur de tous, y compris des païens. L’Esprit de Dieu nous précède dans leur cœur. C’est lui qui fait que la Parole de ses messagers porte du fruit. La Pentecôte en milieu païen continue tous les jours. Dieu ne cesse d’agir au-delà des frontières visibles de son Église.
L’Évangile nous rapporte l’événement du baptême de Jésus par Jean. C’est sa première manifestation publique. Il se mêle à la foule des pécheurs pour recevoir le baptême donné par Jean. Pourtant, il n’a pas de péchés à se faire pardonner. Il n’a donc pas besoin de repentir. Ce baptême de Jésus n’était pas nécessaire pour lui. Mais il l’était pour nous. Si Jésus a choisi de recevoir ce baptême, c’est pour être immergé dans notre condition humaine très concrète. Il est entré dans l’eau du Jourdain pur de tout péché. Il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Ce mal qui nous accable, il le prend sur lui car il veut nous en libérer. Il veut nous en libérer car il veut que nous vivions heureux.
Cette fête du Seigneur nous annonce un autre baptême bien plus grand, celui que reçoivent les chrétiens. D’un côté, nous voyons Jésus qui entre dans l’eau boueuse du Jourdain et qui prend sur lui tous nos péchés. Avec le baptême chrétien, nous sommes plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. C’est important pour nous : nous vivons dans un monde guetté par la haine et la violence. Tout cela, c’est un colis piégé dont il faut absolument se débarrasser. Nous sommes envoyés dans ce monde tel qu’il est pour lui dire et lui montrer par toute notre vie que Dieu l’aime. Avec Jésus, plus rien ne peut être comme avant. Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.
Avec cette fête, nous entrons dans le temps ordinaire. C’est une période moins festive mais elle reste importante. C’est là que nous aurons à grandir dans la fidélité et l’écoute de la Parole de Dieu. Avec Jésus, nous sommes les acteurs d’un monde nouveau qui est déjà là mais qu’il faut faire croître. Nous sommes appelés à agir à la manière du serviteur, porteur et dispensateur de l’amour de Dieu.
C’est en vue de cette mission que nous venons nous ressourcer à la table eucharistique. Le Christ est là pour nous communiquer sa vie. Il est le pain vivant sur nos chemins humains. Nous te prions, Seigneur, aide-nous à vraiment redécouvrir la force et la grandeur ce don que tu nous fais. Donne-nous de nous plonger chaque jour dans cet océan d’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Amen

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 4 janvier 2026
08.01.2026 – OFFICE DU MILIEU DU JOUR AU MONASTÈRE DE L’ANNONCIADE DE THIAIS
08.01.2026 – MESSE À LOURDES
08.01.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
« Ma mère a décidé de nous emmener à Lourdes »

« Ma mère a décidé de nous emmener à Lourdes »
Odile, 74 ans, nous livre son témoignage de foi :
« Mon frère Paul avait trois ans de plus que moi, mais je l’ai toujours considéré comme mon jumeau. Handicapé mental profond, il ne parlait pas et n’allait pas à l’école. Je m’occupais beaucoup de lui. Il appréciait particulièrement la musique religieuse – l’Ave Maria, par exemple – et passait des heures au jardin à promener dans sa brouette un crucifix et une statue de la Vierge Marie.
La mort brutale de notre père dans un accident de voiture a créé une grande rupture dans sa vie. Paul avait 22 ans. À partir de ce moment, lui, jusque-là toujours joyeux, a eu les nerfs à fleur de peau. Il se mordait la main, sa souffrance était visible. Il a attendu notre père derrière la porte de l’entrée durant trois semaines… C’était déchirant. Il a fallu l’hospitaliser. Lorsque j’allais le chercher pour les week-ends, nous nous arrêtions toujours dans de petites chapelles. Immanquablement, Paul embrassait l’autel avec ferveur. Il pouvait y rester durant de longs moments, dans le silence.
Après le décès de mon père, ma mère a décidé de nous emmener à Lourdes. Paul souffrait d’une scoliose sévère, sa cage thoracique présentait une importante déformation et il se fatiguait vite. Nous avons donc demandé à avoir un fauteuil roulant. Le premier matin, ma mère et moi l’avons emmené sur l’esplanade. Tout à coup, se levant de son fauteuil, il s’est agenouillé et a embrassé le sol. « Scotchée », j’en avais les larmes aux yeux. Bien sûr, il ne pouvait pas nous expliquer ce qu’il ressentait. Mais je conserve précieusement une photo de ces moments : son visage radieux, lumineux, comme s’il se trouvait pleinement dans son élément. Cette semaine-là, Paul a fréquenté chaque jour la grotte, durant de longues heures, à nouveau calme. Je peux témoigner de sa dévotion intense envers la Vierge. Sa colère et sa rage avaient disparu, il était serein.
Paul est décédé en 1997. Je pense à lui chaque jour. Et surtout sa foi vibrante, sa confiance dans le Seigneur, son abandon à son amour restent présents à ma mémoire et m’aident beaucoup.
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
08.01.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Laurent Justinien
Patriarche de Venise
(1381-1455)
Lorenzo Giustiniani naît à Venise. On remarqua en lui, dès son enfance, une docilité peu commune. Sa pieuse mère le grondait quelques fois pour le prémunir contre l’orgueil, le tenir dans l’humilité et le porter à ce qu’il y avait de plus parfait. Il répondait alors qu’il tâcherait de mieux faire, et qu’il ne désirait rien tant que de devenir un saint. Une vision de la sagesse éternelle le porta vers la vocation religieuse ; il s’y essaya d’abord par la pénitence, coucha sur le bois ou la terre nue, et brisa son corps par les macérations. Laurent ne tarda pas à s’enfuir chez les chanoines réguliers de Saint-Georges-d’Alga, où il prit l’habit.
Ses premiers pas dans la vie religieuse montrèrent en lui le modèle de tous ses frères : jamais de récréations non nécessaires, jamais de feu, jamais de boisson en dehors des repas, fort peu de nourriture, de sévères disciplines : c’était là sa règle.
Quand, par une grande chaleur, on lui proposait de boire : « Si nous ne pouvons supporter la soif, disait-il, comment supporterons-nous le feu du purgatoire ? » Il dut subir une opération par le fer et par le feu ; aucune plainte ne sortit de sa bouche : « Allons, disait-il au chirurgien dont la main tremblait, coupez hardiment ; cela ne vaut pas les ongles de fer avec lesquels on déchirait les martyrs. »
« Allons quêter des mépris, disait-il à son compagnon de quête, lorsqu’il y avait quelque avanie à souffrir ; nous n’avons rien fait, si nous n’avons renoncé au monde. » À un frère qui se lamentait parce que le grenier de la communauté avait brûlé : « Pourquoi donc, dit-il, avons-nous fait le vœu de pauvreté ? Cet incendie est une grâce de Dieu pour nous ! »
Il ne célébrait jamais la Sainte Messe sans larmes, et souvent il y était favorisé de ravissements. Ses vertus l’élevèrent d’abord aux fonctions de général de son ordre, puis au patriarcat de Venise, malgré ses supplications et ses larmes. Il parut aussi admirable pontife qu’il avait été saint religieux ; son zèle lui attira des injures qu’il reçut avec joie ; sa charité le faisait bénir de tous les pauvres ; sa ponctualité ne laissait jamais attendre personne, sa bonté agréait tout le monde : il était regardé de tous comme un ange sur la terre. Après de longs travaux, il sentit sa fin prochaine : « Un chrétien, dit-il, après saint Martin, doit mourir sur la cendre et le cilice. »
Saint Laurent Justinien priez pour nous !
