Conflit au Tigré : un monastère du VIe siècle bombardé et pillé
Fondé au VIe siècle, le monastère de Debre Damo situé dans la province du Tigré (Éthiopie) a été partiellement détruit début février par des troupes érythréennes. Un moine aurait également été assassiné.
Les rares nouvelles en provenance de la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, sont chaque jour plus douloureuses. Aux pertes humaines s’ajoutent désormais des pertes culturelles. Plusieurs sources rapportent que le monastère de Debre Damo a été détruit début février par des troupes érythréennes. Ces dernières, après avoir bombardé le monastère, aurait grimpé jusqu’à l’édifice afin de piller les manuscrits et les archives.
Monastère éthiopien orthodoxe, Debre Damo a été fondé au VIe siècle sur une plateforme rocheuse à plus de 2.200 mètres d’altitudes. Il est uniquement accessible à l’aide de cordes. La tradition prêtre à Za-Mikael Aragewi, l’un des neufs saints venus de l’empire byzantin pour évangéliser le royaume d’Aksoum, sa création. La destruction partielle du monastère, tout comme celle de la mosquée al-Nejashi, l’une des plus anciennes mosquées du continent, a été fermement condamnée par le conseil des institutions religieuses du Tigré (qui représente les églises orthodoxe, catholique, évangélique et les musulmans, ndlr).
80% de la population coupées d’aide humanitaire
Dans la ville d’Adigrat, également située au Tigré, ce sont des bandits qui ont profité du chaos qui règne actuellement pour piller la mission des Missionnaires d’Afrique, rapporte l’association SOS Chrétiens d’orient qui travaille avec elle depuis deux ans. Un des prêtres orthodoxes de la communauté des Missionnaires d’Afrique a rapporté qu’au moins un moine de Debre Damos aurait été assassiné.
Le Tigré est le théâtre d’affrontements depuis que le Premier ministre Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre une opération militaire contre les forces du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui gouvernait alors cette région et contestait l’autorité fédérale depuis plusieurs mois. Si l’Érythrée et l’Éthiopie nient que des soldats érythréens soient impliqués dans le conflit du Tigré, leur présence a été relatée par des habitants, des travailleurs humanitaires et même certains responsables civils et militaires de la région.
Coupé d’internet depuis le début du conflit, peu d’informations circulent sur le nombre de victimes et l’ampleur des dégâts mais le nombre de morts se compte en milliers, assure l’International Crisis group, une ONG basée en Belgique. L’agence humanitaire des Nations Unies a indiqué il y a quelques jours qu’une « grande partie des zones rurales, où vivaient 80% de la population avant le conflit, restent coupées de l’aide humanitaire ».
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Pakistan : réduite en esclavage avant d’être placée dans un refuge, Farah a rejoint sa famille
Libérée fin décembre 2020 après avoir passé cinq mois réduite en esclavage où elle a été convertie et mariée de force à un musulman d’une quarantaine d’années, Farah Shaheen, chrétienne pakistanaise de 13 ans, vivait depuis dans un refuge géré par le gouvernement. Elle a été autorisée à rejoindre sa famille.
C’est une nouvelle étape sur le chemin de guérison de Farah Shaheen. Chrétienne pakistanaise âgée de 13 ans, la jeune fille a été autorisée par le tribunal de Faisalabad, dans la province du Pendjab, à rejoindre sa famille. Une bonne nouvelle pour ses parents qui luttent depuis des mois pour la libération de leur fille.
Farah Shaheen a été enlevée le 12 juin 2020 par un homme âgé de 45 ans, Khizar Ahmed Ali. Ce dernier, après l’avoir forcé à se convertir à l’islam, l’a épousé. Commence alors une vie de terreur pour la fillette. « Elle a été agressée sexuellement par son ravisseur et violée à plusieurs reprises par d’autres hommes », rapporte Asif Masih, son père, dans un témoignage à l’AED. Tout au long de ces cinq mois, Farah Shaheen est enchaînée et forcée à travailler toute la journée dans un enclos à bétail.
Après une première alerte lors de son enlèvement en juin 2020, ses parents n’ont eu de cesse de se battre pour retrouver sa fille. L’affaire est finalement enregistrée après trois mois et il aura fallu attendre cinq mois pour que la police intervienne. Libérée, elle était placée depuis fin décembre 2020 dans un centre d’hébergement géré par le gouvernement le temps d’éclaircir l’affaire. Dans son jugement rendu il y a quelques jours, le tribunal de Faisablad a finalement déclaré qu’ »étant donné que le mariage entre Farah Shaheen et Khizar Hayat [son agresseur, ndlr] n’a pas été enregistré et que le Nikah [contrat de mariage] n’a pas été vérifié par le Conseil de l’Union concerné, elle ne peut pas être maintenue à Dar ul Aman [la maison d’hébergement] pour une durée indéterminée ».
NIGER – Témoignage d’un chrétien enlevé par des djihadistes
Le Père Mauro Armanino SMA, missionnaire au Niger, a envoyé à l’Agence Fides le témoignage suivant du calvaire vécu par un paysan chrétien originaire de la même zone dans laquelle le 17 septembre 2018 a été enlevé son confrère, le Père Pierluigi Maccalli.
« Ils lui ont dit de choisir l’arme avec laquelle il aurait été tué : sa machette ou bien leurs kalachnikovs. Il leur a répondu qu’il ne voudrait jamais être tué avec son instrument de travail bien aimé et qu’il préférait leur arme. Ils l’ont donc pointé contre lui et lui a fait un signe de croix. Le militant djihadiste a abaissé son arme et lui a demandé s’il était chrétien. Ayant reçu une réponse affirmative, il lui a été dit que, pour prendre la décision finale, ils auraient dû attendre leur chef. Arrivé sur place quelques jours plus tard, le chef l’a interrogé sur l’usage du téléphone portable. S’il avait appelé les militaires ou la police parce que cela lui aurait coûté la vie. Il a répondu que lui, pauvre paysan, n’a pas de contact avec les militaires mais qu’il avait simplement salué un ami. Après avoir contrôlé son téléphone, les djihadistes l’ont épargné et conduit, après des heures de voyage dans la forêt, jusqu’à un groupe de prisonniers.
Les otages étaient nombreux, musulmans et chrétiens. Ces derniers, contrairement aux autres, étaient ligotés, battus et menacés. Les musulmans, d’autre part, étaient libres de se déplacer et même de prier aux heures fixées. Il a enfin été relâché et a marché pendant une demi-journée jusqu’à son village, à la frontière avec le Burkina Faso. Il avait été arrêté plus d’un mois auparavant alors quil portait chez lui des branches coupées pour réparer sa grange. Les groupes armés de la zone ont en effet interdit aux paysans de couper des arbres. Il ne s’agit pas d’un esprit écologiste mais simplement de survie puisque les militants de ces groupes trouvent refuge dans ce qui reste de la forêt drue existant par le passé. Il a pu justifier la coupe des branches ainsi que l’usage du téléphone portable.
Il est donc revenu dans son village où les chrétiens du cru, au sein d’une communauté desservie par le Père Carlos, SMA, doivent par sécurité changer les heures des prières chaque Dimanche. Le prêtre diocésain chargé de la Paroisse Bienheureux Charles de Foucauld ne réside pas sur place et peut célébrer seulement occasionnellement avec la communauté. Voici quelques jours, pour la deuxième fois en quelques jours, le siège de la Paroisse de Bomoanga, celle-là même de laquelle avait été enlevé le Père Maccalli, a reçu la visite de jeunes armés. Apparemment, ils étaient à la recherche de nourriture et autre matériel utile pour le groupe. Tout cela arrive à une centaine de kilomètres de la capitale, Niamey, de laquelle les occidentaux ne peuvent plus sortir sans escorte. Le second tour des élections présidentielles se tiendra dans moins d’un mois ».
Les chrétiens du Nigeria gardent la foi au milieu de l’insurrection et des persécutions persistantes
19 janvier 2021
Chaque dimanche matin à 8 heures, Daniel Musa, 32 ans, se précipite à l’église, à un demi-kilomètre de sa maison dans le quartier de Polo à Maiduguri, sa bible à la main droite. En semaine, il s’assure que rien ne l’empêche d’assister aux offices de milieu de semaine, même dans cette ville qui a été attaquée à plusieurs reprises par le redoutable Boko Haram depuis 2002.
Sa première rencontre avec les insurgés a eu lieu le 6 janvier 2012, juste après la célébration du Nouvel An à Maiduguri. Il a commencé à entendre des cris de différentes tonalités résonnant de l’extérieur de sa maison. Il a ouvert sa porte pour savoir ce qui se passait, mais n’a rien trouvé. « Je suis donc allé chercher des paquets de nouilles pour le dîner », raconte-t-il. « Sur le chemin du retour, deux de mes amis chrétiens ont couru vers moi sans savoir qu’ils étaient suivis par trois membres du groupe redouté. Ils nous ont rattrapés, nous ont encerclés et en ont éliminé un d’une balle dans la tête », rapporte-t-il. De retour dans sa ville natale de Goza – autrefois contrôlée par les insurgés de Boko Haram – son oncle maternel, Joseph Aga, a été coupé en morceaux et laissé pour mort. « Ils l’ont molesté et l’ont laissé pour mort alors que tout le monde autour fuyait pour se mettre à l’abri. » a déclaré Musa au Catholic Herald.
Le Nigeria est divisé de façon à peu près égale : un peu plus de la moitié des 206 millions d’habitants du pays sont musulmans, un peu moins de la moitié sont chrétiens. Dans la partie nord du pays, l’islam est la religion dominante, tandis que le christianisme est présent dans le sud – mais la plupart des meurtres ont lieu dans la zone centrale du Nigeria, où les deux moitiés du pays se rencontrent. Si la religion n’était pas à l’origine une question liée au conflit au Nigeria, elle est passée au premier plan.
Les questions qui ont initialement catalysé le conflit dans certaines régions du Nigéria étaient la politique, l’économie et l’ethnicité. C’est une question complexe, et sans doute encore plus aujourd’hui. Le Nigéria est un pays profondément religieux, dans lequel de nombreux citoyens ont des opinions très fortes sur la religion et s’identifient même à elle. Lorsque l’insurrection de Boko Haram a débuté en 2002, elle était considérée comme un mouvement djihadiste visant à établir un ordre islamique dans le nord. La persécution des chrétiens est devenue de plus en plus une politique pour de nombreuses factions du Boko Haram, en particulier après que son fondateur, Yusuf Muhammed, ait été tué par la police nigériane alors qu’il était en détention en 2009.
L’année dernière, le Nigeria s’est classé troisième dans l’index mondial du terrorisme parmi 163 pays, une position qu’il conserve depuis 2015. Boko Haram, un groupe terroriste opérant principalement au Nigeria, est l’une des principales raisons de ce classement. Les facteurs qui ont produit le Boko Haram sont nombreux, ce qui rend difficile de comprendre pourquoi l’organisation terroriste mène une guerre contre le gouvernement et les croyants religieux qui ne s’alignent pas sur son idéologie : L’islamisation. Le groupe s’est également scindé, certaines factions ayant des liens avec d’autres organisations terroristes internationales et menant une guerre contre les croyants non islamiques dans tout le nord du Nigeria.
Le père Aniedi Okure, prêtre catholique et directeur exécutif de l’Africa Faith and Justice Network, affirme que la perception qu’a Boko Haram des chrétiens comme agents de l’occidentalisation a fait des chrétiens une cible. « Cela montre », a-t-il déclaré au Catholic Herald, « qu’ils enlèvent des jeunes filles et les convertissent à l’Islam, les vendent comme épouses de l’autre côté de la frontière et les utilisent comme kamikazes ». « Nous avons également l’exécution publique de pasteurs et de dirigeants chrétiens qui ont été décapités, et l’enlèvement de Leah Sharibu, une écolière chrétienne de Dapchi qui est toujours en captivité pour avoir refusé de renoncer à sa foi chrétienne ».
Alors que le Nigeria s’apprêtait à se rendre aux urnes pour choisir un président qui gérerait les affaires du pays jusqu’aux élections générales de 2015, des accusations et contre-accusations ont été lancées contre l’ex-président Goodluck Jonathan, un chrétien, comme étant responsable de l’insurrection de Boko Haram. L’équipe de campagne du président Muhammadu Buhari a monté ce cheval de bataille pour vaincre Jonathan. Cinq ans plus tard, l’insurrection et le banditisme se poursuivent sans relâche.
Le Dr Leo Igwe, spécialiste des questions religieuses et président de l’Association humaniste, affirme qu’il y a eu une compétition entre le christianisme et l’islam dans le nord « et cette compétition a été politique, sociale et économique, elle a impliqué l’utilisation d’armes par des zélateurs musulmans. Le mouvement jihadiste est devenu une aile militaire non étatique des efforts des musulmans pour supprimer, opprimer et persécuter les chrétiens ».
« Boko Haram a été armé par les musulmans pour promouvoir leur religion, combattant ainsi le christianisme, en supprimant et en persécutant les non-musulmans », a déclaré le Dr Igwe au Catholic Herald. (…) Le chercheur sur les conflits violents, Idris Mohammed, n’est pas d’accord : « Lorsque vous observez de manière critique les activités du Boko Haram », dit-il, « vous vous rendez compte qu’ils ciblent tous ceux qui ne sont pas en accord avec leur idéologie, la majorité de leurs victimes sont des musulmans, en particulier ceux qui, selon eux, ne soutiennent pas leur campagne ». Mohammed a cité les nombreux centres de culte – y compris les mosquées et les églises – que les insurgés ont rasés. « Ils visaient tous ceux qui sont contre leur idéologie », a-t-il expliqué. « Tout musulman qui ne croyait pas en leur idéologie est un infidèle », a-t-il déclaré. « Ils se battent pour leur idéologie », a-t-il dit.
Le père John Bakeni, secrétaire général du diocèse catholique de Maiduguri, dans l’État de Borno, affirme que la persécution des chrétiens est plus ou moins systémique et qu’elle est ancrée dans les structures gouvernementales et politiques depuis plus de dix ans. « Nous avons vu des violences et des agressions typiques sur les vies et les propriétés des chrétiens », a déclaré le père Bakeni au Herald, « en particulier dans les lieux de culte. C’est notre foi qui nous a maintenus en vie, et c’est notre espoir et nos convictions dans notre propre croyance ». « Il y a eu beaucoup d’enlèvements forcés de nos fils et de nos frères, ainsi que des mariages de nos filles », a-t-il poursuivi. « Ce sont les problèmes avec lesquels nous vivons depuis des décennies, et des voix se sont élevées contre cela dans certains milieux, et nous, en tant que dirigeants chrétiens, avons essayé de faire avancer la partie relation et dialogue ». « Pour moi, c’est plus productif », nous a dit le père Bakeni, « mais la réalité demeure : la persécution est calculée, délibérée et systémique ».
Le diocèse de Maiduguri comprend tout l’État de Borno, Yobe et une partie de l’Adamawa, tous situés dans le nord-est du Nigeria. C’est le plus grand en termes de superficie. Mais en termes de population, le diocèse compte environ 300 000 catholiques, selon le père Bakeni. « Nous vivons de la générosité des gens et nous utilisons nos ressources pour répondre aux besoins humanitaires des chrétiens déplacés, y compris les musulmans et les non-chrétiens ; nous nous concentrons sur l’aspect humain, pas sur la religion ». Le père Bakeni a déclaré.
En 2015 et 2016, le diocèse catholique de Maiduguri a enregistré plus de 90 000 catholiques déplacés dans le nord-est ; plus de 60 000 d’entre eux vivaient à Minawao au Cameroun, et sont retournés et réintégrés dans leur communauté de Pulka à Goza. Le diocèse de Maiduguri a dépensé plus de 150 millions de nairas (416 000 dollars américains) pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays, en utilisant ses propres fonds et les dons des diocèses du Nigeria et d’organisations étrangères. Le diocèse a également reçu des fonds d’autres organisations, dont MISSIO, l’organisation caritative officielle de l’Église catholique pour les missions à l’étranger. En 2017, l’Aide à l’Église en détresse a fourni une subvention de 75 000 dollars pour 5 000 veuves et 15 000 orphelins pris en charge par le diocèse. Le Catholic Relief Services fournit des uniformes scolaires, des manuels et des frais de scolarité aux enfants des écoles catholiques.
Sur les onze camps de déplacés chrétiens existants à Borno, un a été créé par l’Église catholique. Le diocèse de Maiduguri dispose également de fonds pour l’éducation de certains des enfants afin qu’ils puissent retourner à l’école, et parraine plus de 200 élèves dans des écoles de différents niveaux. Jusqu’à présent, plus de 100 000 catholiques, plus de 250 catéchistes, prêtres et religieuses ont été déplacés, et plus de 200 paroisses, notamment dans la partie nord de l’Adamawa et dans le nord de Borno, ont été détruites.
Le secrétaire du diocèse affirme que l’attaque contre les prêtres, les catéchistes et les religieuses est effrayante. « Quand on l’envisage sous l’angle de la foi, on le voit comme un appel au martyre. Donc, cela ne nous vient pas comme quelque chose d’entièrement nouveau. Beaucoup d’entre nous ont souffert au cours de l’histoire de l’Eglise et ce n’est pas quelque chose qui est propre aux autres Nigérians. Nous vivons préparés et voyons chaque jour comme une grâce ».
Le père Bakeni, cependant, affirme que les catholiques ne sont pas découragés. « Personne ne peut arrêter l’Evangile du Christ », a-t-il dit. « Ce n’est pas un projet humain, mais un projet divin qui ne peut être arrêté. » « Nous sommes conscients que c’est un terrain difficile et exigeant », a déclaré le père Bakeni, « mais nous continuerons à propager l’Évangile. »
(*) Valentine Iwenwanne (@valentineiwen) est une journaliste et photographe basée au Nigeria qui couvre la santé mondiale, le développement et l’environnement. Ses travaux ont été présentés dans Vice News, Ozy, The National News, Equal Times, CNN Africa, Byline Times, Sojourners et bien d’autres.
TURQUIE – Antique église arménienne de Kütahya rasée
L’antique église arménienne de Saint Toros sise à Kütahya, remontant avant le XVII° siècle et n’étant plus utilisée pour le culte depuis longtemps, a été rasée après avoir été acquise par des particuliers. C’est ce qu’indique la publication bilingue arménien turc Agos, ayant son siège à Istanbul, citant des sources locales.
L’église, selon les recherches historiques d’Arshag Alboyaciyan, avait été reconstruite au début du XVII° siècle après avoir été détruite par un incendie et était connue pour conserver une roche qui, selon des traditions locales, porterait l’empreinte du cheval de Saint Toros.
Les femmes turques frappées de maladies – indiquent des études dédiées aux usages locaux – avaient l’habitude de s’asseoir sur cette pierre – qu’elles estimaient dotée de propriété thaumaturgiques – et de demander aux prêtres arméniens de leur lire des passages de la Bible afin de demander la guérison.
Avant 1915, quelques 4.000 arméniens résidaient dans la ville de Kütahya et dans la province homonyme. A Kütahya, se trouvaient trois églises arméniennes. Après le Génocide arménien, les habitants arméniens de cette région enregistrés lors du recensement de 1931 étaient seulement 65.
Au cours des décennies suivantes, les rares arméniens de Kütahya se sont transférés à Istanbul ou ont émigré à l’étranger. L’église de Saint Toros, avant d’être démolie, a été longtemps utilisée comme salle de projection pour les film ou pour la célébration de banquets de noces. Elle devait être préservée de la démolition sur la base d’une disposition du Conseil pour la protection des biens culturels de la région de Kütahya.
Les dix pays où il est le plus difficile d’être chrétien
Corée du Nord, Afghanistan, Somalie, Libye… Voici les dix pays dans lesquels les chrétiens sont le plus persécutés d’après l’ONG chrétienne évangélique « Portes Ouvertes ».
Persécutions, impossibilité de pratiquer leur foi dans un lieu de culte, discriminations à l’embauche, droits limités aux yeux de la loi… Dans de nombreux pays, celui qui croit en Dieu doit affronter de nombreux obstacles et le paie parfois de sa vie. L’ONG chrétienne évangélique « Portes Ouvertes » a publié récemment son index 2021 mondial des persécutions religieuses. Un classement qu’elle établit selon différents critères dont la liberté de prier, les discriminations à l’embauche l’accès à la citoyenneté ou encore les cas de violence. Voici les dix pays dans lesquels être chrétien est le plus difficile selon « Portes Ouvertes ».
1. CORÉE DU NORD
Triste record pour la Corée du Nord qui décroche cette année encore – une constante depuis 2002 – la première place. Sur 25,8 millions d’habitants, on estime à 400.000 au maximum le nombre de chrétiens. Dans ce pays, le christianisme est perçu comme un outil d’ingérence étrangère « en vue de nuire à l’État et à l’ordre social nord-coréen ». Croire en Dieu est un crime contre le régime qui a érigé la dynastie Kim au rang… de Dieu. Pratiquer une religion différente de celle proposée par le régime expose ainsi à une arrestation, une détention en camp de travail forcé et très souvent, après être passé par la case torture, à une exécution.
À noter que la Chine, qui ne reconnaît pas le droit des Nord-Coréens à fuir leur pays, pourchasse ceux qui passent la frontière entre les deux pays. Les policiers chinois seraient même incités à capturer le plus grand nombre de réfugiés, moyennant des primes par tête.
2. AFGHANISTAN
L’Afghanistan est depuis 2004 une République islamique et sur ses plus de 38 millions d’habitants, seuls quelques milliers sont chrétiens… et s’en cachent au risque d’être tué. Si officiellement les minorités religieuses sont censées être protégées par la Constitution (ce qui n’est déjà pas le cas), le changement de religion est puni. « La République islamique d’Afghanistan ne permet à aucun citoyen afghan de devenir chrétien et les quelques chrétiens de nationalité afghane, qui sont tous d’anciens musulmans convertis au christianisme, doivent garder leur foi secrète », rapporte l’ONG « Portes Ouvertes ».
Interrogé par France inter en 2013, le père Giuseppe Moretti, archevêque de l’église d’Afghanistan, assurait – par volonté de protéger ses paroissiens ? – que les fidèles qui venaient à la messe étaient « exclusivement, seulement des étrangers ». Une messe célébrée dans la seule église chrétienne du pays, installée depuis 1933.
3. SOMALIE
Pays déchiré par la guerre, la Somalie est, à l’exception des principales villes, largement laissée aux mains des islamistes. Si le gouvernement tente de lutter contre les shebabs, la situation est catastrophique pour l’ensemble de la population dont les chrétiens qui représentent moins de 1%. Les chrétiens sont quasiment tous d’anciens musulmans convertis au christianisme. Ils sont persécutés par leur famille, proche et élargie, par leurs voisins et par les chefs de clan, « car adopter le christianisme est considéré comme une trahison », rapporte l’ONG « Portes Ouvertes ». Ils sont également la cible des islamistes radicaux comme les shebabs qui veulent éradiquer le christianisme du pays. Quand ils sont découverts, ils sont tués sur place.
4. LIBYE
Les images du terrible meurtre de 21 chrétiens coptes en février 2015 ont durablement choqué l’opinion publique. Pourtant, six ans après, la situation ne s’est guère améliorer pour les chrétiens du pays. Le gouvernement d’accord national basé à Tripoli et un gouvernement autoproclamé qui domine l’Est du pays s’affrontent violemment depuis avril 2019 avec l’aide de milices et autres groupes armés. D’après la Constitution de 2011, l’islam est la seule religion autorisée et la source de toute législation.
L’Église libyenne est essentiellement composée d’immigrés chrétiens venus en majorité d’Afrique subsaharienne et d’Égypte et également de Libyens qui ont quitté l’islam pour le christianisme. « Les chrétiens d’Afrique subsaharienne ont leurs propres églises, que les Libyens n’ont pas le droit de fréquenter », rappelle l’ONG. « Ils sont pris pour cible par les islamistes radicaux qui les harcèlent, les menacent, les maltraitent voire les tuent de façon brutale ».
5. PAKISTAN
Accusation de blasphème, enlèvement et conversion forcée en vue d’un mariage, viols, meurtres… Les chrétiens du Pakistan font, régulièrement et tristement, l’actualité. Derrière le cas emblématique d’Asia Bibi, c’est bien toute une communauté qui est meurtrie. Sur les près de 210 millions d’habitants que compte le pays, moins de 2% sont chrétiens. La peine de mort pour blasphème dans le pays a été introduite dans le Code pénal en 1986. Pour la seule année 2020, plus de 300 chrétiens sont officiellement morts en raison de leur foi.
6. ÉRYTHRÉE
Petit pays de la Corne de l’Afrique, l’Érythrée est considéré comme l’un des pays dont le régime est le plus répressif au monde. On observe depuis 1995 une tendance à confiner les religions à leurs dimensions purement cultuelles, tous les services sociaux et sanitaires passant sous le contrôle de l’Etat. En juillet 2019, Aleteia se faisait l’écho de la fermeture, en quelques semaines, d’une vingtaine d’hôpitaux et cliniques catholiques. À cela s’ajoute l’enrôlement de force dans l’armée des jeunes pour une durée indéterminée, dans des conditions extrêmement durs.
7. YÉMEN
Pays de la péninsule arabique, le Yémen est ravagé par une guerre civile depuis 2015. Onze millions de personnes – près de la moitié du total – sont menacées par la famine, 85% de la population survit grâce aux rares aides humanitaires qui parviennent sur le terrain. À cette situation humanitaire catastrophique s’ajoute les persécutions dont sont victimes les minorités religieuses. Dans ce pays, l’Église est principalement composée « d’anciens musulmans convertis qui pratiquent leur foi dans le plus grand secret », indique « Portes Ouvertes ». « Ils sont persécutés par les autorités, leur famille et par les islamistes radicaux qui les menacent de mort s’ils ne retournent pas à l’islam. Dans la crise qui touche le pays, ils sont discriminés dans la distribution de l’aide humanitaire. Les chrétiens et chrétiennes mariés à un conjoint musulman risquent de se voir imposer le divorce et de perdre la garde de leurs enfants. Les lois tribales interdisent à leurs membres de quitter l’islam sous peine de bannissement ou de mort ».
8. IRAN
Délicate question que celle des chrétiens d’Iran. Régime autoritaire, la République islamique d’Iran est dirigée depuis 2013 par Hassan Rohani. La communauté catholique d’Iran était composée d’une communauté chaldéenne avec deux évêques chaldéens, d’une communauté arménienne catholique ainsi que d’un évêque latin à Téhéran. La communauté chrétienne dans son ensemble compte également des orthodoxes, essentiellement, arméniens, ainsi que des protestants, notamment évangéliques. La communauté chrétienne représente moins de 1% de la population du pays.
Dans un entretien accordé à Aleteia en 2019, Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, expliquait que « ces chrétiens ont la liberté de culte dans la mesure où il y a des églises, on peut y célébrer la messe. Mais ne nous y trompons pas, cette liberté est limitée au culte, il ne s’agit donc pas de liberté religieuse au sens où on l’entend. » Il est ainsi très difficile pour un jeune iranien de devenir chrétien : il risque des sanctions lourdes jusqu’à la prison. « Se convertir est un délit ! « , assurait encore Mgr Gollnisch. « De même, il est interdit pour une femme musulmane d’épouser un chrétien. »
9. NIGERIA
C’est le pays où le plus de chrétiens sont tués en raison de leur foi, alerte l’ONG « Portes Ouvertes ». « Ils subissent les attaques de Boko Haram, d’un côté, et des éleveurs peuls radicalisés, de l’autre ». Quelque 6.000 chrétiens y ont été tués depuis 2015, « principalement par Boko Haram et par les bergers militants Foulanis qui ont commis des attaques terroristes à l’encontre des agriculteurs chrétiens », a souligné une lettre envoyée par le président de la conférence des évêques européens (Comece), le cardinal Hollerich, à l’épiscopat nigérian.
Dans une résolution datant du 16 janvier 2020 sur le Nigeria, le parlement européen a dénoncé la situation dans laquelle se trouvait le pays, déplorant les récents attentats terroristes perpétrés par des groupes djihadistes et la stratégie « votre terre ou votre sang » des combattants peuls. Il avait également condamné la discrimination constante subie par les chrétiens dans les régions nigérianes où la charia est appliquée.
10. INDE
L’Inde compte un peu moins de 30 millions de chrétiens, toutes confessions confondues, soit près de 2,5% de la population de cet immense pays. « Depuis 2014, la persécution contre les chrétiens a considérablement augmenté », assure l’ONG. « Les hindous radicaux au pouvoir considèrent les chrétiens comme étrangers à la nation ». Victimes du nationalisme religieux exercé par le parti hindou radical au pouvoir, « les chrétiens sont agressés, ostracisés, assassinés et injustement accusés de convertir de force les hindous » et se retrouvent la cible de discours haineux qui attisent la violence et la discrimination à leur égard. À noter également la situation critique des chrétiens dalits (intouchables), classe la plus pauvre et la moins considérée, qui sont exclus de l’aide distribuée par le gouvernement, ce qui les fragilise encore plus en pleine crise de la Covid-19.
Pakistan : Farah, chrétienne de 12 ans, enlevée, violée et réduite en esclavage
Farah Shaheen, une fillette chrétienne de 12 ans, a été libérée fin décembre 2020 après avoir passé cinq mois d’une violence indicible. Enlevée, mariée et convertie de force à l’islam, elle a été violée à de nombreuses reprises et enchaînée dans un enclos à bétail.
C’est un effroyable témoignage qu’a livré le pakistanais Asif Masih à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) sur le calvaire qu’a subi sa fille, Farah Shaheen, chrétienne âgée de 12 ans, pendant cinq mois. Cinq mois de souffrance, de torture et de désespoir auquel il a réussi à mettre un terme fin décembre après de nombreuses alertes auprès de la police.
Farah Shaheen a été enlevée le 12 juin 2020 par un homme âgé de 45 ans, Khizar Ahmed Ali. Ce dernier, après l’avoir forcé à se convertir à l’islam, l’a épousé. Commence alors une vie de terreur pour la fillette. « Elle a été agressée sexuellement par son ravisseur et violée à plusieurs reprises par d’autres hommes », rapporte son père. Tout au long de ces cinq mois, Farah Shaheen est enchaînée et forcée à travailler toute la journée dans un enclos à bétail.
Trois mois pour enregistrer sa disparition
Après une première alerte lors de son enlèvement en juin, Asif Masih n’a eu de cesse de se battre pour retrouver sa fille. L’affaire est finalement enregistrée après trois mois et il aura fallu attendre cinq mois pour que la police intervienne. « Quand j’ai signalé à la police que Farah avait été enlevée, on m’appelait ‘churrah’, ce qui signifie sale, un terme de réprimande souvent utilisé contre les chrétiens », a-t-il expliqué à l’AED. Il a également dénoncé un rapport médical réclamé par la justice pakistanaise affirmant que la jeune fille est âgée de 17 ou 18 ans… alors que son certificat de naissance délivré par l’état civil ne laisse aucun doute sur ses 12 ans.
D’après plusieurs ONG dont le Mouvement pour la Solidarité et la Paix, une organisation de défense des droits de l’Homme dans le pays, environ 1.000 femmes et filles chrétiennes et hindoues sont enlevées chaque année au Pakistan.
NOAH SEELAM / AFP – Une pancarte avec l’image du prêtre jésuite Stan Swamy lors d’une manifestation contre son arrestation dans l’État indien du Jharkhand, le 21 octobre 2020.
Père Stan Swamy, emprisonné en Inde depuis plus de 100 jours
Emprisonné le 8 octobre 2020 par les autorités indiennes pour ses liens présumés avec des « terroristes maoïstes » le père Stan Swamy, jésuite âgé de 83 ans, a passé plus de 100 jours en prison. La mobilisation pour sa libération ne faiblit pas.
Les jours passent mais la mobilisation est intacte. Arrêté le 8 octobre 2020par les autorités indiennes pour ses liens présumés avec des « terroristes maoïstes » et emprisonné depuis, le père Stan Swamy, un jésuite âgé de 83 ans qui n’a jamais cessé d’œuvrer pour les minorités, a passé plus de cent jours derrière les barreaux sans espoir, pour le moment, d’une libération.
La compagnie de Jésus en Inde ainsi qu’une centaine de groupes et associations de la société civile indienne se sont rassemblés afin de demander la libération immédiate du prêtre. Une demande qui est restée pour le moment lettre morte auprès de l’Agence nationale indienne d’investigation (Nia).
Malgré l’absence de réaction et le contexte sanitaire qui rend difficile de grands rassemblements, de nombreux appels et initiatives de prière sont lancés via les réseaux sociaux. Une sensibilisation qui, d’après l’agence Fides, va se poursuivre jusqu’au 26 janvier, fête de la République en Inde. « Son arrestation demeurera dans les annales de l’histoire sombre de l’Inde comme l’un des actes les plus brutaux de l’État », dénonce auprès de Fides le prêtre jésuite Cedric Prakash, l’un des initiateurs du mouvement de contestation. « Le père Stan Swamy a dédié 35 ans de sa vie à la dignité humaine. Il est triste de voir qu’au lieu d’être récompensé pour son action il est emprisonné.
Pakistan Christian Post – Les deux soeurs assassinées
PAKISTAN – Meurtre de deux jeunes chrétiennes, tuées pour ne pas avoir voulu abandonner leur foi selon le pasteur de leur communauté protestante
Lahore (Agence Fides) – « Le meurtre perpétré sans pitié d’Abida et de Sajida constitue une tragédie qui montre combien la vie des minorités religieuses au Pakistan tient à un fil voire même est privée de toute valeur. Viols, enlèvements, conversions forcées et même meurtres de jeunes chrétiennes sont des phénomènes préoccupants. Le gouvernement ne doit pas le nier et a le devoir de mettre un terme à la violence à l’encontre des chrétiens ». C’est ce qu’affirme dans une note transmise à l’Agence Fides Nasir Saeed, Directeur de l’ONG CLAAS (Centre for Legal Aid Assistance & Settlement), commentant le cas remontant à ces derniers jours qui a provoqué l’indignation et la protestation de la communauté des fidèles au Pakistan.
Deux jeunes sœurs chrétiennes, Abida, 26 ans, et Sajida, 28 ans, résidant dans le quartier chrétien de Makhan, dans les environs de Lahore, ont été assassinées en décembre dernier après avoir refusé tenacement de se convertir à l’islam. La police a procédé à l’arrestation de deux musulmans, Mumtaz Khan et Muhammad Naeem, soupçonnés d’avoir tué les deux jeunes femmes. Ainsi que l’a appris Fides, Mushtaq Masih, le mari de Sajida, a indiqué que les deux sœurs travaillaient dans une usine de fabrication de médicaments et qu’elles avaient disparu le 26 novembre 2020. La famille a déposé plainte suite à cette disparition, faisant mention à la police de ses craintes d’enlèvement, dans la mesure où les deux sœurs avaient indiqué avoir été souvent harcelées sexuellement et d’avoir reçu de la part de deux collègues de travail, Muhammad Naeem et Mumtaz Khan, la demande, toujours rejetée, de se convertir à l’islam.
La nouvelle du double meurtre a été confirmée par la police ces jours derniers. Selon les agents, qui ont trouvé les corps, les deux sœurs auraient été tuées de la même manière, à savoir étranglées après avoir été menottées. Les enquêteurs soupçonnent que les deux hommes arrêtés aient enlevé et tué les deux sœurs, continuant à mener l’enquête.
Selon Nasier Saeed, bien que le Premier Ministre de la province du Pendjab, Usman Buzdar, ait demandé un rapport d’enquête à l’Inspecteur général de la Police, « il n’existe pas de grandes chances pour que la famille puisse obtenir justice, dans la mesure où cela est très coûteux au Pakistan, les procès étant longs et les familles pauvres n’étant pas en mesure de faire face aux dépenses légales. En outre, lorsque l’auteur d’un crime est musulman et sa victime chrétienne, persuader les juges est très difficile parce que la religion joue son rôle dans toutes les strates sociales du Pakistan ».
Le pasteur protestant Amir Salamat Masih, qui suivait la famille des victimes, indique à Fides que la majeure partie de la population du quartier de Makhan est composée de chrétiens pauvres et analphabètes qui « n’ont pas d’autre choix que de travailler comme ouvriers dans les usines des environs, pour y produire des vêtements, des chaussures, des médicaments, des matériaux variés ». Là souvent, explique le pasteur, « les travailleuses chrétiennes sont maltraitées, affrontent la haine et sont considérées comme inférieures aux musulmanes, alors que les jeunes chrétiennes – surtout si elles sont avenantes – sont harcelées sexuellement et font l’objet d’attentions indues de la part des musulmans. Le cas de Sajida et d’Abida n’est pas isolé mais met en évidence une pratique très commune sur les lieux de travail. De tels cas arrivent quotidiennement dans différentes parties du pays mais ils sont difficilement signalés ». « Ces deux sœurs – conclut-il – sont mortes seulement parce qu’elles étaient chrétiennes et qu’elles n’ont pas voulu abandonner leur foi dans le Christ même au prix de leurs vies ».
Chiosa Nazir. S. Bhatti, Directeur du Pakistan Christian Post, journal local qui a suivi l’affaire, indique : « En théorie et sur le papier, les minorités au Pakistan jouissent de l’égalité des droits reconnus par la Constitution. Le Premier Ministre, Imran Khan, s’est engagé à faire en sorte que les minorités soient en sécurité et vivent heureuses au Pakistan. Lorsque nous assistons à des cas de fausses accusations de blasphème, à des enlèvements, à des conversions forcées et à l’homicide de jeunes chrétiennes, il faut souligner que, dans les faits, ceci n’est pas vrai et que la condition des chrétiens au sein de la société empire actuellement ». (PA)
Sputnik via AFP – Les gens applaudissent alors qu’ils marchent lors d’un rassemblement de l’opposition pour protester contre les résultats de l’élection présidentielle, à Minsk, en Biélorussie.
Biélorussie : quatre prêtres arrêtés en quelques jours
L’Église de Biélorussie se mobilise après l’arrestation de deux prêtres mardi 8 décembre pour avoir participé à des manifestations non autorisées. Deux autres prêtres, arrêtés dans des conditions similaires plus tôt dans le mois, ont été condamnés à dix jours de détention.
Deux prêtres, père Viktar Zhuk et père Alyaksei Varanko, ont été arrêtés par la police mardi 8 décembre à Vitebsk, au nord-est de la Biélorussie, pour incitation à la violence pour des écrits et des discours et pour avoir participé à des événements non autorisés. Plusieurs jours auparavant, deux autres prêtres, le père Vjačeslav Barok et le père Vitalij Bystrov ont également été arrêtés pour des faits similaires et condamnés à dix jours de prison. « Nous vivons actuellement en Biélorussie sous un système de répression qui concerne également l’Église catholique », a expliqué Mgr Yuri Kasabutsky, vicaire général de Minsk, à l’agence d’information catholique italienne SIR.
« Nous essayons de dire la vérité. Et la vérité nous pousse à être contre toutes les formes d’oppression », reprend le prélat. « Mais dans ce pays, pour le moment, personne n’est autorisé à parler parce que les autorités gouvernementales disent qu’il n’y a pas de violence ici. Pour cette raison, ils font pression sur l’Église et arrêtent les prêtres. De cette façon, ils veulent que nous forcions l’Église à dire que tout va bien, que le gouvernement va bien. Dire la vérité est interdit ».
« La Biélorussie traverse une crise sociopolitique invisible qui dure depuis plus de trois mois, dont la fin est invisible et qui peut se terminer par une guerre civile », a affirmé de son côté Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, métropolite catholique de Minsk et Moguilev et président de la Conférence des évêques catholiques de Biélorussie, lors d’une messe célébrée le 21 novembre à Vilnius (Lituanie). Un vaste mouvement de contestation traverse la Biélorussiedepuis la réélection controversée du président Alexandre Loukachenko dimanche 9 août. Malgré la violente répression opérée par le gouvernement, l’opposition ne faiblit pas.