Sœur Maria Laura Mainetti et la lumière du martyre

Soeur Maria Laura Mainetti sera béatifiée le 6 juin 2021 à Chiavenna où elle a subi le martyreSoeur Maria Laura Mainetti sera béatifiée le 6 juin 2021 à Chiavenna où elle a subi le martyre 

Sœur Maria Laura Mainetti et la lumière du martyre

Dimanche sera béatifiée à Chiavenna en Italie sœur Maria Laura, tuée en haine de la foi par trois très jeunes filles le 6 juin 2000 dans cette même ville. Selon la postulateur, «son martyre a été le couronnement d’une vie consacrée à s’offrir à Dieu». 

Benedetta Capelli – Cité du Vatican

L’obscurité est le protagoniste de cette histoire qui a choqué l’Italie il y a plus de 20 ans, en lui faisant prendre conscience que le phénomène du satanisme était vivant. L’obscurité est celle de la nuit du meurtre de sœur Maria Laura Mainetti, et celle des consciences des trois jeunes femmes qui, dans l’obscurité, ont trouvé le parfait complice à tuer. Mais c’est une obscurité qui se heurte au corps élancé d’une religieuse, illuminée par l’amour des autres, capable de ne pas délivrer, au dernier moment de sa vie, des paroles de douleur mais de pardon, sachant que dans la miséricorde ces jeunes pouvaient trouver un souffle pour recommencer, pour reconstruire à partir des fondations une nouvelle vie.

Née sous le nom de Teresa, elle embrasse la croix sous le nom de Maria Laura

Sœur Maria Laura avait 61 ans lorsqu’elle a été tuée, le 6 juin 2000 à Chiavenna, dans la province de Sondrio, au nord de l’Italie. De son vrai nom Teresina, elle est la dernière de dix enfants. Sa mère est morte quelques jours après l’accouchement et elle a été élevée par sa sœur aînée. À l’âge de 18 ans, elle choisit d’entrer dans la Congrégation des Filles de la Croix ; un choix si profondément ancré en elle qu’elle signait toujours son nom en entier comme «Sœur Maria Laura Fille de la Croix».

C’est une croix qu’elle embrasse et qu’elle aime, qui la pousse à s’ouvrir aux derniers, et surtout aux jeunes qu’elle voit perdus. D’elle-même, elle a dit : «Il y a des constantes qui m’ont toujours accompagnée : une joie profonde, au-delà des difficultés ; la certitude du Christ qui m’aime, me pardonne, me renouvelle et ne m’abandonne jamais ; l’amour pour chaque personne en tant que telle, en tant qu’incarnation du Christ, surtout pour les moins aimés».

Francesca Consolini est la postulatrice de sa cause en béatification. Elle témoigne pour Vatican News :

R. – Les martyrs ne s’improvisent pas, leur mort est toujours le couronnement d’une vie vécue à la lumière de Dieu, dans l’esprit de foi, d’offrande, de charité, d’espérance avec les caractéristiques de la contingence dans laquelle le martyre se trouve à vivre. Don Puglisi, par exemple, a défendu la justice contre la mafia, l’archevêque Romero a défendu les pauvres.

Le martyre de sœur Maria Laura a été le couronnement d’un parcours qui a pratiquement duré toute sa vie, du moins depuis qu’elle a décidé que sa vie serait donnée au Seigneur dans la consécration religieuse. La sienne était une recherche continue de Dieu, un dépassement de soi pour connaître le Seigneur plus profondément, pour l’aimer de plus en plus et en même temps pour aimer les autres de plus en plus, j’aime me souvenir de cela.

Sœur Maria Laura est morte parce qu’elle n’a pas su et pas voulu dire non à une demande d’aide, même camouflée et même trompeuse, de la part d’une jeune fille qui lui a fait part de ses difficultés. Elle est sortie, elle est allée aider et cela au nom de ce qu’elle disait, c’est-à-dire « nous devons nous habituer à être mangés par les autres ». Elle voulait dire être des présences actives, être des présences attentives, être toujours disponibles pour être dérangés par l’autre parce que l’autre est le Christ qui, dans la figure du pauvre, du jeune, de la sœur, du voisin, de celui qui vient à vous à ce moment-là pour demander de l’aide, vous demande d’être disponibles. Vous avez dit que le plus grand cadeau est de découvrir le Christ dans son frère et donc de ne pas mettre de limites à cette charité, à cette générosité.

Un double aspect : voir le Christ dans l’autre personne que nous allons servir, aider, mais qu’à son tour l’autre personne voit le Christ en nous. Elle a défini la vie quotidienne comme une incarnation, une rencontre des petites choses de chaque jour avec le mystère. « Je rencontre Dieu comme Marie a rencontré le Verbe » : c’est la clé de toute sa vie.

Elle a étudié la vie de Sœur Maria Laura, la disséquant dans tous ses aspects. Au-delà de la mort de cette martyre, y a-t-il un épisode de sa vie qui, à votre avis, représente le mieux le charisme de cette religieuse ?

R. – Il n’y a pas d’épisodes marquants. La dimension dans laquelle a vécu sœur Maria Laura est la dimension de la vie quotidienne héroïque, en étant fidèle chaque jour. Elle était enseignante et donc éducatrice, elle a vécu sa vie avec des enfants, des adolescents et des jeunes.  Elle était très attachée au monde des jeunes, elle disait que les jeunes étaient la raison de sa vie. Il n’y a pas d’épisodes marquants, car sa dimension était juste le quotidien, mais c’était aussi son choix. Elle se demandait : « Qu’aurait fait Jésus à ma place ? » et elle disait que nous pouvons accomplir de grandes choses, mais que nous devons nous plonger dans la vie quotidienne, prêts à garder notre porte ouverte à toute souffrance, nous laissant toujours évangéliser par les petits. Elle disait : « Je suis un simple nom, un petit grain de sable. »

Ce sont les saints d’à côté dont le Pape François parle tant…

R. – Oui, car le Pape François nous dit que nous sommes des saints là où le Seigneur nous a placés pour vivre, chacun selon sa propre voie. Essayez de vous rendre saint – c’est son invitation – en vivant pleinement votre baptême.

En ce qui concerne la mort de sœur Maria Laura, il existe une réflexion de Vittorino Andreoli, un psychiatre non croyant, qui s’attarde sur le dernier moment de la vie de la religieuse, lorsqu’elle offre son pardon aux filles qui la tuent, délivrant ainsi une semence de salut…

R. – C’est l’attitude qu’elle a eue toute sa vie : à ce moment-là, elle a pardonné à ces filles qui lui faisaient du mal, qui la tuaient, mais elle n’a pas pardonné seulement l’acte de tuer. À mon avis, elle a aussi essayé de pardonner le vide qu’elles avaient en eux. Elle ne les aurait jamais condamnées, elle aurait aussi essayé de comprendre la raison pour laquelle elles étaient poussées à agir ainsi. L’attitude du pardon est une attitude qui se cultive jour après jour, instant après instant, parce que cela ne s’improvise pas non plus, on le vit dans les petits pardons de chaque jour.

Quand on étudie la figure du martyr, on étudie deux attitudes : qu’il y ait une véritable haine de la foi et ensuite la volonté du martyr de subir le martyre, dans le cas de sœur Maria Laura, parce qu’elle n’a jamais dit non aux demandes du Seigneur et ensuite parce que, plus d’une fois dans ses pensées écrites, elle a dit qu’elle était prête à donner tout d’elle-même. Quelques jours avant sa mort, elle a écrit qu’elle était prête à donner sa vie comme Jésus.

À qui soeur Maria Laura Mainetti s’adresse-t-elle aujourd’hui ?

R. – Je dirais qu’elle parle à tout le monde car nous ne devons pas la considérer uniquement comme une martyre, son martyre faisait partie d’un plan que Dieu avait préparé. Je dirais qu’elle parle à tout le monde parce qu’elle a suivi précisément le chemin que le Pape indique dans Gaudete et exultate lorsqu’il nous parle de la façon dont on devient un saint. Elle parle à tout le monde parce qu’elle a vécu une vie de fidélité à son appel. Elle a été appelée à la vie religieuse dans la famille des Filles de la Croix et donc elle a suivi ce chemin, elle a porté à son accomplissement un appel, l’appel que nous avons tous et qui est d’abord celui de la cohérence avec notre baptême et puis l’appel dans le lieu où nous nous trouvons, dans le lieu où nous nous trouvons à vivre, à travailler, à nous engager.

Elle parle à tout le monde parce que ce qui est le plus beau chez elle, à mon avis, c’est précisément cette dimension de fidélité quotidienne, de confiance, de recherche de Dieu, sans anxiété et sans angoisse, dans la certitude sereine qu’il vit au milieu de nous, parfois caché, mais toujours présent, jamais loin et donc on peut le trouver dans les petites choses de chaque jour, dans les personnes que l’on rencontre, dans la simplicité, dans l’abandon serein et confiant, sans aller à la recherche du grand, du parfait, de l’impossible, mais simplement comme ça, dans la sainteté ordinaire.

Source: VATICANNEWS, le 5 juin 2021

Bombardements en Birmanie, des réfugiés tués dans une église catholique

L'église de Kayan Tharyar, frappée par des tirs de mortier ce dimanche en BirmanieL’église de Kayan Tharyar, frappée par des tirs de mortier ce dimanche en Birmanie 

Bombardements en Birmanie, des réfugiés tués dans une église catholique

Ce dimanche, de violents combats ont éclaté entre les militaires et l’une de ses factions, le Parti national progressiste karenni (KNPP), établie notamment dans l’État de Kayah. L’armée a utilisé des hélicoptères et des chars contre les insurgés, tirant au mortier. Les combats ont fait des victimes civiles dans l’église d’un village. 

Les militaires de l’armée birmane ont attaqué dimanche soir avec des tirs d’artillerie le village de Kayan Tharyar, situé à 7 km de Loikaw, capitale de l’État de Kayah (est), dans le but de frapper de présumés groupes rebelles, parmi lesquels le Parti national progressiste karenni (KNPP). L’un des obus de mortier s’est abattu sur l’église catholique du village, tuant au moins quatre personnes et blessant de nombreuses autres personnes déplacées qui y avaient trouvé refuge. Les habitants avaient cru que l’église serait un «lieu de refuge sûr pour ceux qui fuyaient les accidents et les fusillades dans la région, mais ils ont dû se rétracter tragiquement», écrivent les Jésuites de Birmanie, dans une note adressée à l’Agence Fides.

Ce dimanche 16 mai, le Saint-Père célèbre une messe pour la communauté des fidèles de Birmanie résidant à Rome. Leur pays d’origine est toujours plongé dans le chaos, plus de 100 …

La répression sanglante continue

La cathédrale du Sacré-Cœur de Pekhon (à une quinzaine de kilomètres de Loikaw) a également été endommagée par les tirs d’artillerie. Les Jésuites condamnent ces «crimes odieux de la manière la plus ferme possible» et demandent que «les militaires birmans soient appelés à rendre des comptes» et cessent immédiatement les attaques contre les civils et contre les églises. Les bombes ont aussi détruit d’autres bâtiments, les réduisant à l’état de ruines.

L’État de Kayah, où 75 % des habitants appartiennent à des minorités ethniques, est celui qui compte le plus fort pourcentage de chrétiens en Birmanie. La présence catholique dans cette région a commencé à la fin des années 1800 avec l’arrivée des premiers missionnaires italiens de l’Institut pontifical des missions étrangères (PIME). Aujourd’hui, il y a plus de 90 000 catholiques sur les 355 000 habitants environ de cette province.

La violence prend de l’ampleur depuis quelques jours en Birmanie, où l’on observe toujours plus l’usage d’armes de guerre. Depuis le 1er février, 818 personnes ont été tuées, selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Les manifestations populaires contre la junte militaire au pouvoir continuent de secouer les villes, dont 30 sont soumises à un couvre-feu de 20 heures à 4 heures du matin, tandis qu’à Yangon et Mandalay, épicentres de la rébellion, le couvre-feu commence deux heures plus tôt. Les zones rurales ne sont pas épargnées par la violence, les arrestations et les raids militaires. Des dizaines de milliers de Birmans ont aussi été déplacés en raison d’affrontements entre l’armée et des milices ethniques, très nombreuses dans le pays.

Aung San Suu Kyi comparaît devant la justice birmane

Pour la première fois depuis le coup d’État, l’ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, inculpée à de multiples reprises par la junte, a comparu ce lundi en personne devant la justice, se montrant défiante face aux généraux qui l’ont renversée.

Depuis le tribunal de Naypyidawm elle a affirmé que «son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) existera tant que le peuple existera, car il a été fondé pour le peuple», selon des propos rapportés par son avocate. Les généraux birmans menacent de dissoudre la formation, qui a remporté massivement les élections législatives de novembre dernier, alléguant de fraudes lors de ce scrutin. Une décision pourrait être annoncée prochainement, la commission électorale, proche du régime, ayant indiqué que son enquête était quasiment achevée.

Source: VATICANNEWS, le 24 mai 2021

Un prêtre tué et un autre enlevé dans le nord du Nigeria

Don Alphonsus Bello, prêtre tué dans l'assaut de sa paroisse, au nord-ouest du Nigeria.Don Alphonsus Bello, prêtre tué dans l’assaut de sa paroisse, au nord-ouest du Nigeria. 

Un prêtre tué et un autre enlevé dans le nord du Nigeria

Une paroisse a été attaquée par un groupe d’individus armés la nuit du 20 mai, dans l’État de Katsina. Un nouvel épisode violent qui touche directement des membres de l’Église catholique. 

Une église catholique a de nouveau été la cible d’une attaque d’hommes armés au Nigeria. Dans la nuit du 20 mai, rapporte l’agence Fides, un groupe d’individus non identifiés a fait irruption dans la paroisse Saint-Vincent Ferrer de Malunfashi, située dans le diocèse de Katsina, au nord du pays, non loin de la frontière avec le Niger. Les assaillants ont blessé plusieurs personnes selon l’agence de presse des Œuvres Pontificales Missionnaires, enlevé l’ancien curé de la paroisse le père Joe Keke, et tué son actuel curé, le père Alphonsus Bello.

«Ce matin, le corps du Père Alphonsus Bello a été retrouvé sans vie dans la terre agricole derrière l’école de formation catéchétique, a confirmé à Fides le directeur des communications sociales nationales du secrétariat catholique du Nigeria, le Père Umoh. Nous ne savons pas – a-t-il ajouté – où se trouve le père Joe Keke. Jusqu’à présent, aucun contact n’a été établi avec les ravisseurs». Le père Alphonsus Bello était âgé de trente ans et originaire du diocèse de Kaduna, plus au sud. 

Le Nigeria reste l’un des pays les plus à risque pour les chrétiens; les exactions et meurtres commis à leur encontre ne cessent d’augmenter depuis plusieurs années, surtout dans le nord où sévissent aussi bien les bandes criminelles que les terroristes jihadistes. 

Source: VATICANNEWS, le 21 mai 2021

Causes des saints : le martyre de douze rédemptoristes espagnols

Rédemptoristes martyrs © www.redentoristasdecolombia.com

Rédemptoristes Martyrs © Www.redentoristasdecolombia.com

Causes des saints : le martyre de douze rédemptoristes espagnols

Tués « en haine de la foi » pendant la Guerre civile

Le pape François a reconnu le martyr du père Vincenzo Nicasio Renuncio Toribio (1876-1936) et de ses 11 compagnons de la Congrégation du Très Saint Rédempteur (rédemptoristes) tués « en haine de la foi » en 1936 à Madrid, pendant la Guerre civile en Espagne.

La reconnaissance de leur martyre ouvre la voie à leur béatification : un miracle ultérieur ne sera pas utile. Il s’agit du p. Crescencio Severo Ortiz Bianco (1881-1936); du p. Ángel Martínez Miquélez (1907-1936); du fr. Bernardo (Gabriel) Sáiz Gutiérrez (1896-1936); du fr. Nicesio Pérez del Palomar Quincoces (1859-1936); du fr. Gregorio Zugasti Fernández de Esquide (1884-1936); du fr. Aniceto Lizasoain Lizaso (1877-1936); du p. José María Urruchi Ortiz (1909-1936); du fr. José Joaquín (Pascual) Erviti Insausti (1902-1936); du p. Antonio Girón González (1871-1936); du p. Donato Jiménez Viviano (1873-1936); du fr. Rafael (Máximo) Perea Pinedo (1903-1936).

En recevant, le 24 avril 2021, le préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le cardinal Marcello Semeraro le pape a autorisé à promulguer 6 décrets concernant douze martyrs espagnols et les « vertus héroïques » de cinq baptisés. Au cours de cette audience, a été aussi annoncée la canonisation « équipollente » de la bienheureuse italienne des XIIIe-XIVe siècles Marguerite de Città di Castello.

Les 12 missionnaires, six prêtres et six frères, membres des deux communautés rédemptoristes de Perpétuel Secours et de Saint Michel Archange à Madrid, ont tous été assassinés entre le 20 juillet et le 7 novembre 1936, au début de la sanglante persécution religieuse qui a eu lieu en Espagne jusqu’en 1939, lit-on sur le site en espagnol des rédemptoristes.

Le père Vincenzo Renuncio Toribio est né à Villayuda (Burgos) le 11 septembre 1876. Il entre dans la Congrégation et prononce ses vœux le 8 septembre 1895. Ordonné prêtre le 23 mars 1901, il se consacre à l’activité missionnaire, à la formation et à l’enseignement.

De 1912 à 1923, il est consultant provincial et directeur du magazine Santuario dans la communauté du Perpétuel Secours de Madrid. Il devient ensuite préfet du Sanctuaire jusqu’en juillet 1936, date à laquelle, avec le début de la persécution, il se refugie chez une famille amie.

Arrêté le 17 septembre, il est resté en prison jusqu’au 7 novembre, date à laquelle il a été assassiné. En sortant de sa cellule, il s’est exclamé: « J’offre ma vie pour mes frères en Espagne, pour toute la Congrégation et pour la malheureuse Espagne. »

Source: ZENIT.ORG, le 27 avril 2021

Giovanni, tué par un officier SS parce qu’il avait tenté de sauver une jeune fille

GIOVANNI FORNASINI

Public Domain US

Giovanni, tué par un officier SS parce qu’il avait tenté de sauver une jeune fille

Giovanni Fornasini (1915-1944), jeune prêtre italien, a donné sa vie pour ses paroissiens. Il a été reconnu martyr par l’Église catholique. 

En ce matin d’octobre 1944, Don Giovanni grimpe une colline, chargé d’huile et d’eau bénite pour les morts. Ce chemin mène au lieu où sont abandonnés les corps de ceux que les nazis ont exécutés. Comme chaque fois, il compte les enterrer lui-même. Mais alors qu’il parvient au sommet, il se retrouve face à un officier SS. Sans dire un mot, le soldat allemand sort son pistolet. Mais dans l’instant qui précède le coup de feu, le jeune prêtre n’éprouve aucun regret. Car cet instant, c’est la preuve que son devoir est accompli.

Giovanni Fornasini est né à Pianaccio, en Italie, en 1915. Fils de charbonnier, il grandit dans une famille pauvre mais très pieuse. Et tout jeune, il veut se consacrer à Dieu et aux autres.

Berger des hommes et résistant 

Giovanni entre au séminaire mineur à l’âge de 16 ans. Il est ordonné prêtre en 1942. Son ministère débute en tant que prêtre assistant à Sperticano dans la province de Bologne. La paroisse compte près de 400 fidèles et le jeune père Giovanni s’attache à chacun d’entre eux. Ils sont ses « enfants », le troupeau que Dieu lui a confié. Lors de sa première messe solennelle à l’église Saint-Thomas de Sperticano, il déclare dans son homélie : « Le Seigneur m’a choisi pour être enfant parmi les enfants ».

Un an seulement après son ordination, il fait sonner les cloches lorsque Benito Mussolini est destitué. Loin d’être indifférent aux ravages de la Seconde Guerre mondiale, il s’engage rapidement dans la résistance. Suspecté de complicité avec les partisans, le père Giovanni est sans cesse surveillé par les autorités. Le jeune prêtre défend ses paroissiens face à la cruauté et l’oppression des officiers nazis. Il sauve de nombreuses vies au péril de la sienne sans hésitation. Et c’est l’un de ces fameux sauvetages, qui lui coûtera la sienne. 

Martyr pour avoir sauvé une brebis

Le 12 octobre 1944, l’anniversaire d’un commandant nazi est célébré dans une école de Sperticano. Les fêtards boivent sans mesure et dansent avec des prostitués. Dans un coin se trouve Don Giovanni, contenant sa colère du mieux qu’il peut. 

Dans la journée, un officier SS avait repéré une jeune fille parmi les paroissiens. Il avait décidé de la faire participer aux festivités. Don Giovanni, n’écoutant que son devoir, s’est invité à la soirée afin de récupérer sa paroissienne emmenée de force. Pour le plus grand désarroi des invités, la présence du père Giovanni ne passe pas inaperçue. Il fixe l’officier SS toute la soirée. Le commandant nazi, ne voulant pas inciter la colère des paroissiens, ordonne alors au père Giovanni de quitter les lieux avec la jeune fille.

Cet officier SS est celui-là même que rencontre Don Giovanni sur la colline le lendemain matin. Le nazi exécute sa mesquine vengeance en tirant une balle dans la tête du jeune prêtre. Ainsi prend fin la courte vie du père Giovanni Fornasini, le 13 octobre 1944. Il est reconnu comme martyr par l’Église et officiellement en voie de béatification depuis le 21 janvier 2021. 

Source: ALETEIA, le 26 avril 2021

13.04.2021 – SAINT DU JOUR

 Bx Rolando Rivi, (+ 1945)

Jeune séminariste et martyr
« Modèle de foi pour les jeunes de 14 ans »

Rolando Rivi naît le 07 janvier 1931 à San Valentino, bourgade rurale de Castellarano (Reggio d’Émilie, Italie), dans une famille profondément catholique ; il est le deuxième des trois enfants de Roberto et Albertina Canovi. 

Enfant de chœur dès cinq ans, il assiste à la Messe tous les jours et confie à son curé, à la fin des écoles élémentaires, son désir ferme d’être prêtre. Il rentre alors, au début du mois d’octobre 1942, au petit séminaire épiscopal de Marola (Carpineti), où il revêt la soutane comme c’était alors l’usage dans de telles maisons.

En juin 1944, suite à la destitution de Mussolini et aux troubles qui s’en suivent, le séminaire doit fermer ses portes et est occupé par les troupes allemandes. Rolando retourne chez ses parents où il continue avec autant de ferveur que possible à mener la vie d’un petit séminariste. Et en particulier, il porte toujours sa chère soutane… alors que les nombreux partisans communistes de la région voulaient abattre la religion chrétienne et faisaient régner un climat fortement anticlérical. 
Quatre prêtres de la région de Reggio d’Émilie avaient déjà été assassinés et le clergé était invité à la prudence face aux multiples menaces. Par la suite, ce ne sont pas moins de 130 ecclésiastiques qui seront exécutés par les « brigades garibaldiennes » dans ce triangle (Modène, Reggio, Bologne) surnommé « triangle de la mort » entre 1943 et 1945.

Bien conscients du danger qui devient de plus en plus pressant (les intimidations sur les prêtres se succèdent), les parents de Rolando, comme ses amis, lui conseillent de retirer sa soutane ; la réponse du jeune Rolando est nette : « Je ne fais de mal à personne, je ne vois pas pourquoi j’enlèverais ma soutane qui est le signe de ma consécration à Jésus ».

Le matin du 10 avril 1945, Rolando joue de l’orgue à la messe du village, à laquelle il assiste comme d’habitude, avant de prendre la route du retour vers sa maison. Son Père ne le voyant pas rentrer se met à sa recherche et trouve ses affaires sur le sol avec un mot laissé par terre où il était écrit : « Ne le cherchez pas, il vient un moment avec nous, les partisans ».
Kidnappé par les partisans, Rolando sera livré à de véritables hyènes (expressions du card. Angelo Amato lors du sermon de la béatification). Ses bourreaux commencèrent par le dépouiller de sa soutane ; pendant trois jours, ils le battront à coups de ceinture, lui faisant subir humiliations et sévices, avant de le tuer, finalement, à coups de pistolet dans le bois de Piane de Monchio (Modène) : c’était le vendredi 13 avril à trois heures de l’après-midi. 

Un des partisans, touché par son jeune âge, tentera de lui sauver la vie, mais le chef du groupe répliquera pour justifier l’assassinat : « demain, cela fera un prêtre de moins ». Avant d’être exécuté, le jeune séminariste demandera à pouvoir prier pour son père et sa  mère. C’est quand il se mettra à genoux à côté de la fosse vide, que les partisans avaient creusée pour lui, qu’il sera mis à mort. Sa soutane sera pendue comme trophée sur le fronton d’une maison.

Sur les indications des partisans et de son assassin lui-même, le père et le curé de San Valentino, don Alberto Camellini, retrouveront, le lendemain 14 avril, le corps de Rolando. Le jeune garçon avait le visage couvert de bleus, le corps torturé, et deux blessures mortelles, l’une à la tempe gauche et l’autre à la hauteur du cœur. Ils l’emportèrent à Monchio pour des obsèques et une digne sépulture.
Après la Libération (25 avril : jour de fête en Italie), le 29 mai 1945, son corps fut transféré au cimetière de San Valentino, puis, le 26 juin 1997, dans l’église de San Valentino.
Ses deux meurtriers furent condamnés à 16 et 26 ans de prison avant d’être amnistiés, six années plus tard, par le ministre (communiste) de la justice italienne.

Une série de guérisons reconnues comme « miraculeuses » ayant été obtenues par son intercession, son procès de canonisation a été ouvert le 7 janvier 2006, mais c’est en raison de son martyre qu’il a été béatifié et non pas en raison de ces guérisons.

Rolando Rivi a été béatifié le 05 octobre 2013 dans le Palais des sports de Modène. La messe solennelle et le rite de béatification ont été présidés par le card. Angelo Amato s.d.b., Préfet de la Congrégation pour la cause des Saints, qui représentait le Pape François (George Mario Bergoglio, 2013-).
On ne garde écrite de lui qu’une phrase : « j’appartiens à Jésus ».

Pour un approfondissement biographique :
>>> Rolando Rivi

Saint Rolando Rivi priez pour nous !

Être missionnaire martyr, un charisme du cœur et de proximité

La ville syrienne kurde de Kobane, aussi appelée Ain al-Arab, au nord du gouvernorat d'Alep, le 25 février 2021. La ville syrienne kurde de Kobane, aussi appelée Ain al-Arab, au nord du gouvernorat d’Alep, le 25 février 2021.   (AFP or licensors)

Être missionnaire martyr, un charisme du cœur et de proximité

Chaque 24 mars, l’Église universelle célèbre une journée de prière et de jeûne pour les missionnaires martyrs dans le monde. Témoignage de la religieuse Carole Shawah, de la Fraternité des Petites Sœurs de Jésus, syrienne d’Alep. 

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Instaurée depuis 1993, jour de l’assassinat de saint Oscar Romero, archevêque de San Salvador tué en 1980 alors qu’il célébrait la messe, la journée de prière pour les missionnaires martyrs vise à mettre en lumière la vocation de ces religieux et religieuses qui tissent la fraternité aux quatre coins du monde, souvent dans des contextes de guerre, violence et pauvreté, inouïs.

En 2020, 20 missionnaires ont été tués in odium fidei, en haine de la foi, selon le rapport annuel de l’agence de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples paru le 30 décembre. Parmi eux, six laïcs, engagés dans la pastorale: un pourcentage qui a considérablement augmenté ces dernières années. À leurs côtés, huit prêtres ont perdu la vie de manière violente, trois religieuses, deux séminaristes, et un religieux.

En termes de répartition géographique de ces martyrs, le continent américain arrive le premier avec huit décès, l’Afrique suit avec sept victimes, l’Asie trois, et l’Europe avec deux prêtres tués, tous deux en Italie. 

Le Pape François rappelle d’ailleurs constamment, depuis le début de son pontificat, combien le martyre est une réalité contemporaine et non pas un épisode antique du passé.

Alors que l’Église célèbre saint Étienne, le premier martyr, nos pensées se tournent vers les nombreux chrétiens qui sont encore aujourd’hui victimes de violence en raison de leur …

«Il est douloureux de se souvenir que, en ce moment, il existe de nombreux chrétiens qui subissent des persécutions en différentes zones du monde et nous devons espérer et prier afin que leurs tribulations cessent aussi vite que possible. Ils sont nombreux: les martyrs d’aujourd’hui sont plus nombreux que ceux des premiers siècles. Nous exprimons à ces frères et sœurs notre proximité: nous sommes un seul corps et ces chrétiens sont les membres ensanglantés du corps du Christ qui est l’Église», affirmait par exemple le Saint-Père au printemps 2020 lors de l’audience générale du 29 avril.

Entretien avec la religieuse syrienne Carole Shawah, Petite Sœur de Jésus d’Alep. Elle témoigne de tout l’apport de la mission pour sa foi, tantôt fébrile, tantôt solide.

Témoignage de sœur Carole Shawah, religieuse syrienne d’Alep

Source: VATICANNEWS, le 25 mars 2021

Pakistan: il y a dix ans, le défenseur des chrétiens Shahbaz Bhatti était assassiné

Shahbaz Bhatti, ministre des Minorités religieuses du Pakistan, assassiné le 2 mars 2011 à Islamabad. Shahbaz Bhatti, ministre des Minorités religieuses du Pakistan, assassiné le 2 mars 2011 à Islamabad.  

Pakistan: il y a dix ans, le défenseur des chrétiens Shahbaz Bhatti, assassiné

Dix ans après l’assassinat du ministre pakistanais des minorités, Shahbaz Bhatti (1968-2011), son frère, Paul Bhatti, revient sur l’héritage de cet ardent défenseur des droits des marginaux et des opprimés, figure de la liberté religieuse dans son pays. Le diocèse d’Islamabad a ouvert la cause en béatification de Shahbaz Bhatti il y a cinq ans. 

Francesca Sabatinelli – Cité du Vatican

Une condamnation à mort marquée par un engagement à défendre la liberté religieuse et sa conviction de devoir modifier la loi anti-blasphème; loi qui avait conduit en 2010 à la peine de mort pour Asia Bibi, dont il avait fermement soutenu la défense.

Clement Shahbaz Bhatti a été tué à l’âge de 42 ans à Islamabad le matin du 2 mars 2011, alors qu’il allait travailler, à son poste de ministre des minorités, seul ministre catholique du gouvernement nommé sous le président Asif Ali Zardari. Au cours de ces années, il a notamment pris de nombreuses mesures pour soutenir les minorités religieuses. Shahbaz Bhatti était également à la tête de la Consultation nationale interconfessionnelle, organisation rassemblant des chefs religieux de toutes les confessions du Pakistan, ayant rédigé une déclaration commune contre le terrorisme.

Un travail infatigable aux côtés des «derniers»

Son action a toujours été inspirée par la bonté envers les marginaux et les opprimés, par une adhésion totale à la lutte pour l’égalité humaine, la justice sociale et la liberté religieuse. Son assassinat a été revendiqué par le groupe Tehrik-i-Taliban Pakistan, le mouvement des Talibans au Pakistan, qui l’a qualifié de blasphémateur de Mahomet.

Cinq ans après sa mort, une cause de béatification a été ouverte en 2016. Paul Bhatti, son frère, ministre de l’harmonie et des minorités de 2011 à 2014, perpétue depuis dix ans le souvenir et les initiatives de Shahbaz, seule issue selon lui au terrorisme et à la violence.  

Entretien avec Paul Bhatti

Paul Bhatti – En ce qui concerne ce qu’il a commencé, en termes de lutte contre l’injustice, on entend encore répéter son message, et toute cette bataille n’est pas seulement pour la protection des chrétiens, mais contre toute injustice envers quiconque, qu’il s’agisse de musulmans, de sikhs, d’hindous, au Pakistan comme dans d’autres pays, où, au nom de la religion ou de l’extrémisme, il y a tant d’injustices.

Toutes les personnes qui veulent défendre la dignité humaine et l’égalité des droits pour tous, comprennent que l’idée de Shahbaz est très importante. Il a commencé comme la voix de la justice, puis cette bataille a éclaté contre l’extrémisme et le terrorisme. Maintenant, il y a la crise sanitaire, mais avant cela, nous avions le terrorisme et le fanatisme partout dans le monde, surtout dans les sociétés les plus pauvres, comme le Pakistan, où les chrétiens étaient marginalisés, ils étaient les opprimés, non intégrés dans la société.

Shabahz a commencé par l’idée d’intégrer les plus pauvres, les plus faibles dans la société, pour rendre leur vie plus digne, pour leur faire comprendre qu’ils avaient eux aussi leurs droits, car beaucoup de gens vivaient tellement opprimés qu’ils croyaient que c’était leur destin. Il a essayé de faire comprendre à ces personnes qu’elles avaient des droits comme tout le monde. Tout cela s’est manifesté au Pakistan avec divers changements et réformes. Deux exemples parmi d’autres: avant son entrée en politique, au Pakistan, il n’était pas prévu que les minorités religieuses puissent être présentes au Sénat, il a fait en sorte, par son combat, qu’elles puissent l’être aujourd’hui. Le deuxième changement important au Pakistan a été l’intégration des personnes les plus faibles, c’est-à-dire la possibilité d’accéder aux concours publics, pour lesquels les musulmans sont normalement sélectionnés, représentant la majorité.

Les marginaux et les opprimés le sont restés, quand il a vu la difficulté pour ces personnes de s’intégrer, précisément parce qu’elles ne pouvaient pas accéder aux concours, il a demandé de fixer un quota de 5% pour les minorités, et aujourd’hui il y a beaucoup de ces personnes dans l’État, les rôles gouvernementaux, y compris des avocats et des juges.

Votre frère Shahbaz, était un homme de grande foi et c’est lui qui, outre la capacité de s’engager pour la défense des droits de l’homme, a surtout été le premier dans le pays à parler de dialogue interreligieux…

P.B – C’est vrai, en fait c’est lui qui a lancé ce message en impliquant le gouvernement pakistanais dans ce qui était la seule façon possible d’intégrer le Pakistan au reste du monde. Avec son ministère (des minorités, ndlr), il avait créé un programme pour promouvoir le dialogue interreligieux, et c’est grâce à cela qu’aujourd’hui de nombreux imams et chefs religieux font partie de cette initiative qu’il a promu.

Immédiatement après sa mort, je suis venu voir le Pape Benoît XVI (le 6 avril 2011 ed.) avec un imam, qui était l’un des plus grands amis de mon frère, une amitié qui continue maintenant avec moi.  Par la suite, de nombreuses organisations sont nées qui ont commencé à promouvoir le dialogue, il y a en tout cas une énorme sensibilité. Cela existait probablement déjà dans d’autres pays, mais au Pakistan, il a été le premier à le faire.

Au Pakistan, la situation présente encore des aspects très difficiles pour les minorités en général, il y a un manque de respect, on ne peut certainement pas parler de liberté religieuse, des conversions forcées ont lieu, vous avez vous-même dénoncé à de nombreuses reprises la mentalité discriminatoire actuelle, le message de votre frère dans le pays aujourd’hui est toujours d’actualité. Y a-t-il quelqu’un qui se souvient encore et qui transmet l’exemple de Shahbaz?

P.B – Oui, il y a beaucoup de musulmans, beaucoup de dirigeants politiques, qui célèbrent seuls l’anniversaire de mon frère. Le fait est qu’aujourd’hui, il y a encore de l’injustice et peu de respect pour les minorités, mais cela est dû au fait qu’au Pakistan, une génération a grandi à qui on a inculqué un message de haine, une génération qui a pris en otage toute la population pakistanaise. Aujourd’hui, le problème n’est pas seulement celui des chrétiens, mais celui de tout le pays. Le Pakistan a beaucoup régressé économiquement, politiquement il est instable, tandis que le développement, en ce qui concerne les différents secteurs du pays, est très lent, et tout cela est dû à ce genre d’idéologie, qui a freiné le progrès. C’est tout le pays qui paie ce prix élevé, pas seulement les chrétiens ou les minorités. Malheureusement, cette mentalité sera difficile à éliminer immédiatement, mais nous y travaillons.

Il importe avant tout d’instaurer un changement dans l’éducation, c’est-à-dire un type d’enseignement, de culture, qui n’inculque pas le message de haine envers d’autres êtres humains, envers ceux d’une autre foi.

C’est un danger non seulement pour le Pakistan ou pour les chrétiens, mais aussi pour le monde entier. Parce que cette vision de la différence comme un ennemi, si elle est inculquée aux enfants, en grandissant, ils développeront à leur tour la haine et la division. C’était le message très fort que Shahbaz avait donné à ce moment-là; c’est un danger que nous devons arrêter.

Source: VATICANNEWS, le 2 mars 2021

Causes des saints : le p. Fornasini, martyr sous l’occupation nazie

Le p. Giovanni Fornasini @ paxchristibologna.it

Le P. Giovanni Fornasini @ Paxchristibologna.it

Causes des saints : le p. Fornasini, martyr sous l’occupation nazie

Connu pour ses œuvres de charité

Le pape François a reconnu le martyre du p. Giovanni Fornasini (1915-1944), prêtre diocésain italien tué « en haine de la foi » sous l’occupation nazie à San Martino di Caprara, le 13 octobre 1944, à l’âge de 29 ans. La reconnaissance de son martyre ouvre la voie à sa béatification sans qu’il y ait besoin d’un miracle ultérieur.

En recevant, le 21 janvier 2021, le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le pape a autorisé ce dicastère à promulguer les huit décrets concernant le martyre et 7 « vertus héroïques » de trois laïcs de France, d’Espagne et d’Italie, d’une religieuse anglaise, d’un séminariste italien et de deux prêtres italiens.

Giovanni Fornasini est né à Pianaccio, près de Bologne, le 23 février 1915, lit-on dans sa courte biographie publiée en italien dans Avvenire ce jeudi 21 janvier 2021. Il entre au séminaire en 1931 et est ordonné diacre en 1941, puis il est envoyé à Sperticano pour aider l’archiprêtre âgé.

Ordonné prêtre le 28 juin 1942, il est nommé vicaire de la même paroisse. Lorsque l’archiprêtre meurt en août de la même année, le p. Fornasini est appelé à lui succéder à la direction de la paroisse.

Dans la période de l’Occupation nazie, le jeune prêtre transforme sa paroisse en « cour de charité », se mettant à la disposition de tous ceux qui ont besoin d’aide. Il s’occupe en particulier des personnes déplacées, des personnes âgées et des enfants. Plusieurs fois, il intervient auprès des Allemands pour aider les prisonniers ou pour libérer des personnes injustement emprisonnées.

Le prêtre est tué le 13 octobre 1944 près de la chapelle de San Martino, à Marzabotto, alors qu’il se rend pour porter les sacrements et enterrer les morts au cimetière.

En 1950, la médaille d’or de la vaillance civile est décernée à sa mémoire.

Source: ZENIT,ORG, le 21 janvier 2021

PAKISTAN – Meurtre de deux jeunes chrétiennes, tuées pour ne pas avoir voulu abandonner leur foi selon le pasteur de leur communauté protestante

Pakistan Christian Post – Les deux soeurs assassinées

PAKISTAN – Meurtre de deux jeunes chrétiennes, tuées pour ne pas avoir voulu abandonner leur foi selon le pasteur de leur communauté protestante

Lahore (Agence Fides) – « Le meurtre perpétré sans pitié d’Abida et de Sajida constitue une tragédie qui montre combien la vie des minorités religieuses au Pakistan tient à un fil voire même est privée de toute valeur. Viols, enlèvements, conversions forcées et même meurtres de jeunes chrétiennes sont des phénomènes préoccupants. Le gouvernement ne doit pas le nier et a le devoir de mettre un terme à la violence à l’encontre des chrétiens ». C’est ce qu’affirme dans une note transmise à l’Agence Fides Nasir Saeed, Directeur de l’ONG CLAAS (Centre for Legal Aid Assistance & Settlement), commentant le cas remontant à ces derniers jours qui a provoqué l’indignation et la protestation de la communauté des fidèles au Pakistan.


Deux jeunes sœurs chrétiennes, Abida, 26 ans, et Sajida, 28 ans, résidant dans le quartier chrétien de Makhan, dans les environs de Lahore, ont été assassinées en décembre dernier après avoir refusé tenacement de se convertir à l’islam. La police a procédé à l’arrestation de deux musulmans, Mumtaz Khan et Muhammad Naeem, soupçonnés d’avoir tué les deux jeunes femmes. Ainsi que l’a appris Fides, Mushtaq Masih, le mari de Sajida, a indiqué que les deux sœurs travaillaient dans une usine de fabrication de médicaments et qu’elles avaient disparu le 26 novembre 2020. La famille a déposé plainte suite à cette disparition, faisant mention à la police de ses craintes d’enlèvement, dans la mesure où les deux sœurs avaient indiqué avoir été souvent harcelées sexuellement et d’avoir reçu de la part de deux collègues de travail, Muhammad Naeem et Mumtaz Khan, la demande, toujours rejetée, de se convertir à l’islam.


La nouvelle du double meurtre a été confirmée par la police ces jours derniers. Selon les agents, qui ont trouvé les corps, les deux sœurs auraient été tuées de la même manière, à savoir étranglées après avoir été menottées. Les enquêteurs soupçonnent que les deux hommes arrêtés aient enlevé et tué les deux sœurs, continuant à mener l’enquête.


Selon Nasier Saeed, bien que le Premier Ministre de la province du Pendjab, Usman Buzdar, ait demandé un rapport d’enquête à l’Inspecteur général de la Police, « il n’existe pas de grandes chances pour que la famille puisse obtenir justice, dans la mesure où cela est très coûteux au Pakistan, les procès étant longs et les familles pauvres n’étant pas en mesure de faire face aux dépenses légales. En outre, lorsque l’auteur d’un crime est musulman et sa victime chrétienne, persuader les juges est très difficile parce que la religion joue son rôle dans toutes les strates sociales du Pakistan ».


Le pasteur protestant Amir Salamat Masih, qui suivait la famille des victimes, indique à Fides que la majeure partie de la population du quartier de Makhan est composée de chrétiens pauvres et analphabètes qui « n’ont pas d’autre choix que de travailler comme ouvriers dans les usines des environs, pour y produire des vêtements, des chaussures, des médicaments, des matériaux variés ». Là souvent, explique le pasteur, « les travailleuses chrétiennes sont maltraitées, affrontent la haine et sont considérées comme inférieures aux musulmanes, alors que les jeunes chrétiennes – surtout si elles sont avenantes – sont harcelées sexuellement et font l’objet d’attentions indues de la part des musulmans. Le cas de Sajida et d’Abida n’est pas isolé mais met en évidence une pratique très commune sur les lieux de travail. De tels cas arrivent quotidiennement dans différentes parties du pays mais ils sont difficilement signalés ». « Ces deux sœurs – conclut-il – sont mortes seulement parce qu’elles étaient chrétiennes et qu’elles n’ont pas voulu abandonner leur foi dans le Christ même au prix de leurs vies ».


Chiosa Nazir. S. Bhatti, Directeur du Pakistan Christian Post, journal local qui a suivi l’affaire, indique : « En théorie et sur le papier, les minorités au Pakistan jouissent de l’égalité des droits reconnus par la Constitution. Le Premier Ministre, Imran Khan, s’est engagé à faire en sorte que les minorités soient en sécurité et vivent heureuses au Pakistan. Lorsque nous assistons à des cas de fausses accusations de blasphème, à des enlèvements, à des conversions forcées et à l’homicide de jeunes chrétiennes, il faut souligner que, dans les faits, ceci n’est pas vrai et que la condition des chrétiens au sein de la société empire actuellement ». (PA)

Source: Agence Fides, le 12 janvier 2021