Message de Pâques des Patriarches et des chefs des Églises de Jérusalem 2021

Message de Pâques des Patriarches et des chefs des Églises de Jérusalem 2021

Message de Pâques des Patriarches et des chefs des Églises de Jérusalem (2021)

« Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu » (Col 3,1)

Nous, Patriarches et Chefs des Églises de Jérusalem, envoyons nos vœux d’espérance aux Chrétiens du monde entier depuis la Ville Sainte de la Résurrection à l’occasion de Pâques. C’est d’ici que notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ brisa pour la première fois les liens du péché et de la mort, en sortant victorieux du tombeau. C’est d’ici, au tombeau, que les anges demandèrent pour la première fois aux femmes : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité ! » (Lc 24,5-6). C’est d’ici que le Seigneur ressuscité apparut pour la première fois à ses disciples malgré les portes verrouillées, apaisant leurs craintes en leur disant : « La paix soit avec vous » (Jn 20,19).

Pourtant, avant ces moments glorieux, notre Seigneur souffrit énormément pour nous. Il le rappela lui-même aux deux disciples sur le chemin d’Emmaüs, en leur demandant rhétoriquement : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24,26). Et ainsi, après avoir mangé une dernière Cène avec ses disciples, Jésus pria plaintivement dans le jardin de Gethsémani, acceptant docilement la coupe des douleurs qui lui était présentée. Il fut bientôt trahi, arrêté et emmené enchaîné. Le lendemain, il fut faussement accusé, condamné, battu et injustement condamné à une mort horrible sur la croix.

Paradoxalement, cet instrument de douleur et de mort allait bientôt devenir le trône de gloire du Christ. C’est de là que notre Seigneur prononça des paroles de pardon et de guérison, alors même qu’il portait sur ses épaules le poids écrasant des innombrables péchés et souffrances de l’humanité. De cette manière, le Christ s’unit à nous dans nos peines alors qu’il vainquait les forces du mal derrière ces peines, dans sa soumission aimante à la volonté du Père.

Cette dernière année a été une période de peine très grande pour le monde entier. En raison de la pandémie de COVID-19, des millions de personnes ont souffert d’une maladie grave, dont beaucoup ont succombé. Des millions d’autres ont été confrontés à de graves difficultés économiques, à l’isolement, à la solitude et au désespoir.

Notre Seigneur a été avec nous à travers toutes ces afflictions. Il est toujours avec nous. Le matin de Pâques, le Christ nous apparaît à nouveau, ouvrant nos yeux pour voir son visage sur les visages de nos frères et sœurs dans le besoin, nous appelant à leur tendre la main avec des bras compatissants, leur apportant sa guérison, son réconfort, son pardon. Ce sont « les choses qui sont au-dessus » qu’il nous appelle à chercher. À travers nos prières et nos actes de bonté, renforcés par l’Esprit Saint, nous sommes nous aussi élevés avec le Christ dans son œuvre rédemptrice de réconciliation du monde avec lui et nous-mêmes les uns avec les autres.

En ce joyeux jour de Pâques, nous nous joignons à toute la Chrétienté pour nous réengager à cet appel sacré en cette période de crise permanente. Ce faisant, nous prions pour que nous puissions donner une nouvelle substance à cette ancienne acclamation de joie échangée en ce jour le plus saint, dans une multitude de langues, par des millions de Chrétiens à travers le monde : Alléluia. Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité. Alléluia !

Les Patriarches et Chefs des Églises de Jérusalem

Source: Patriarcat Latin de Jérusalem, le 6 avril 2021

Mgr Pizzaballa: le salut est dans la rencontre personnelle avec Dieu

Basilique de l'Annonciation à NazarethBasilique de l’Annonciation à Nazareth 

Mgr Pizzaballa: le salut est dans la rencontre personnelle avec Dieu

Le Patriarche latin de Jérusalem a célébré la messe à Nazareth, à l’occasion de la solennité de l’Annonciation, ce jeudi 25 mars. Dans son homélie, il est revenu sur le mystère de l’Incarnation et ce qu’il implique pour les croyants, surtout en ces temps de pandémie.

L’Incarnation nous dit combien Dieu aime l’humanité, a affirmé Mgr Pizzaballa au cours de la messe célébrée dans la basilique de l’Annonciation à Nazareth. «Le monde n’a jamais été une île heureuse: les problèmes de toutes sortes, les injustices, les divisions, les guerres, les maladies sont là aujourd’hui comme hier et depuis toujours. Mais tout cela n’a en rien empêché l’accomplissement du projet de Dieu dans un tel monde», a précisé l’archevêque italien.

Il s’agit de vivre aujourd’hui dans ce monde, aussi blessé soit-il, avec la certitude qu’il est encore «le lieu où Dieu s’est manifesté, où il nous a rencontrés et où nous le rencontrons encore». Ces derniers mois, les rencontres virtuelles ont été plus nombreuses que celles réelles, en raison des divers confinements mais si la technologie a permis de maintenir un minimum de sociabilité, «ce n’est pas par elle que nous rencontrons le Seigneur», observe Mgr Pizzaballa. «Ce ne seront pas les messes virtuelles qui nous sauveront, ni les médias sociaux, mais les rencontres personnelles avec Lui», a-t-il ajouté.

Le mystère de l’Incarnation est aussi une invitation à trouver dans sa propre vie, personnelle et communautaire, les signes de la présence de Dieu, le lieu où l’on peut le rencontrer. Pour le Patriarche latin, il est nécessaire de retrouver un regard positif sur l’Église et le monde, «toujours habités par la présence de Dieu». Il importe que le mal, l’injustice et la solitude ne soient pas les seules voix qui nous interpellent.

«Dans ce monde, dans cette société, dans cette Église, nous sommes invités à prononcer notre ‘oui’ à Dieu qui nous appelle pour son plan de salut , un ‘oui’ qui se traduit ensuite par une action concrète et positive pour le bien et pour la justice», a poursuivi Mgr Pizzaballa qui estime pressant le besoin de «témoins qui nous aident à affronter les faits de la vie avec espérance et confiance», d’une communauté de croyants «au regard libre et serein sur la vie du monde, sans peur et désireux de construire et de promouvoir le bien et la justice». «Trop souvent, nous nous enfermons dans nos propres problèmes, qui deviennent notre seul horizon. Nous sommes toujours tellement pris par les petites affaires de la vie, par les choses à faire, ou même par les grands projets, que nous oublions l’essentiel: l’existence n’a de sens que si elle s’ouvre à l’amour».

Et le Patriarche latin de Jérusalem de conclure son homélie en demandant à la Vierge de Nazareth d’accompagner et de soutenir l’Église de Terre Sainte et de la rendre féconde d’une vie nouvelle et joyeuse pour le bien de tous.

Source: VATICANNEWS, le 26 mars 2021

TEXTE COMPLET DE L’HOMÉLIE:

Homélie Solennité de l’Annonciation 2021

Nazareth, 25 mars 2021

Chers frères et sœurs

Que le Seigneur vous donne la paix !

L’année dernière à la même époque, nous avons tous été choqués par l’arrivée de la pandémie dans nos vies personnelles et collectives. Tout était nouveau et nous ne nous sentions pas préparés à une telle situation, dans laquelle un petit virus allait effectivement paralyser la vie ordinaire dans le monde entier et anéantir les programmes économiques et sociaux de presque tous les pays.

Aujourd’hui, un an plus tard, nos idées ne sont plus claires. La peur nous a amenés à penser que le monde est un endroit hostile et dangereux. Peut-être gérons-nous mieux l’urgence sanitaire, mais tout le reste : l’économie, la société, l’éducation, le travail… tout est encore plus fragile et exposé à tant d’incertitude.

Aujourd’hui, nous venons ici pour apporter notre expérience laborieuse devant la Vierge de Nazareth et pour nous demander ce que nous pouvons apprendre de ce que nous avons vécu. Nous nous sommes posés des questions, en fait, sur l’économie, sur la vie sociale, sur les soins de santé. Mais que dit tout cela à notre foi ? La foi et la vie doivent se parler. La foi est aussi une façon particulière d’accueillir la vie. Notre relation principale, celle avec le Seigneur, peut et doit éclairer notre expérience et nous aider à comprendre les signes des temps. Le Seigneur lui-même nous dit : «  Ainsi l’aspect du ciel, vous savez en juger ; mais pour les signes des temps, vous n’en êtes pas capables. » (Matt. 16:3).

Au cours de l’année écoulée, c’est la question que nous nous sommes posée le plus souvent dans l’Église. En cette année où nous avons presque toujours eu des églises fermées, des célébrations suspendues, sans Pâques et sans Noël… et où même la vie de foi semble être devenue virtuelle : messes en ligne, pastorale en zoom, bénédictions à distance et ainsi de suite.

Laissons-nous donc interpeller par la solennité d’aujourd’hui et essayons de faire un pas de plus pour tenter de comprendre, dans la mesure du possible, ce que le Seigneur nous indique.

La première considération concerne le mystère de l’Incarnation. Aujourd’hui, nous célébrons le « oui » de Marie qui a permis à Dieu de faire irruption dans la réalité du monde, en prenant notre chair même. Ici, le Verbe de Dieu a assumé notre humanité en tout sauf le péché. Et cela nous dit déjà combien Dieu aime cette réalité qui est la nôtre. Le monde n’a jamais été un havre de paix : les problèmes de toutes sortes, les injustices, les divisions, les guerres et les maladies sont là aujourd’hui comme hier et depuis toujours. Mais tout cela n’a en rien empêché l’accomplissement du plan de Dieu dans un tel monde. Son désir de salut n’a pas été arrêté par notre désobéissance : il est devenu l’un de nous, parce qu’il nous a aimés tels que nous sommes. Si nous avions été parfaits, peut-être n’y aurait-il pas eu besoin d’un plan de salut, de son intervention dans l’histoire.

Célébrer l’Incarnation aujourd’hui signifie donc aussi savoir accueillir et aimer la réalité de ce monde, comme Dieu l’a aimé. Il ne s’agit pas de fermer les yeux sur la douleur, la nôtre et celle des autres, mais de vivre dans la certitude que ce monde, aussi blessé et offensé soit-il, est néanmoins le Lieu dans lequel Dieu s’est manifesté et dans lequel Il nous a rencontrés, et où nous le rencontrons encore aujourd’hui. Il n’y a rien, en fait, qui puisse nous empêcher de vivre pleinement. La foi implique aussi de reconnaître la beauté de notre réalité, de savoir affronter les événements de la vie, qu’ils soient beaux ou fatigants, avec la certitude du bien qui nous habite, de la Parole qui nous sauve. Face à la demande de l’Archange, qui est incroyable et humainement impossible à comprendre, Marie répond par la confiance dans le Dieu Providence, à qui elle sait qu’elle peut se confier.

Nous disons, et particulièrement au cours de cette dernière année, à l’école, au travail et même dans l’Église, nous vivons plus virtuellement que réellement. En cette année d’enfermement, en effet, la technologie nous est venue en aide et nous a permis de maintenir un minimum de sociabilité. Mais ce n’est pas par la technologie que nous rencontrerons le Seigneur, ce ne sont pas les masses virtuelles qui nous sauveront, ni même les réseaux sociaux, mais la rencontre personnelle avec Lui.

Le mystère que nous célébrons aujourd’hui est aussi une invitation à ne pas fuir le réel, à ne pas éviter de se confronter à ce que nous sommes vraiment mais, au contraire, à trouver dans notre vie, personnelle et communautaire, telle qu’elle est, les signes de la présence de Dieu, le lieu où nous pouvons le rencontrer. Nous devons retrouver un regard positif et serein sur l’Église et le monde, encore habités par sa présence. Le mal, la douleur, l’injustice et notre solitude ne peuvent être la seule voix qui nous interpelle. Aujourd’hui encore, si nous voulons écouter, l’invitation de Dieu résonne pour accueillir sa Parole semée en chacun de nous et qui veut porter du fruit,  » à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un » (Matt. 13:8). Dans ce monde, dans cette société, dans cette Église, nous sommes invités à dire notre « oui » à Dieu.

Un « oui » qui se traduit ensuite par des actions concrètes et positives pour le bien et pour la justice, un « oui » qui l’emporte sur toute crainte et toute peur, car « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37).

Le récit évangélique que nous avons entendu nous parle donc de ces témoins autour de l’événement de l’Annonciation : Joseph, l’époux de Marie, dont nous avons célébré la solennité il y a quelques jours ; Élisabeth, qui, bien que vieille, était enceinte et attendait le Baptiste ; l’archange Gabriel, bien sûr, et surtout l’Esprit Saint… Ce projet de salut, en effet, n’est pas une action intime réservée à la Vierge, mais en met d’autres en mouvement, crée une communauté de personnes, unies par le  » oui  » de Marie à l’action de l’Esprit. Derrière ce « oui », en somme, il y a les protagonistes de l’histoire du salut, les témoins du passé et du présent qui, mus et guidés par l’Esprit, sont devenus des collaborateurs dans la réalisation du plan divin.

Nous pouvons dire que le sens ultime de l’Annonciation est la Pentecôte : Marie est remplie de l’Esprit pour engendrer le Christ, afin que celui-ci, à travers la Pâque et le don de l’Esprit Saint, puisse être engendré dans tous les croyants.

L’Esprit nous donne un nouveau regard, la capacité de saisir l’œuvre de Dieu dans notre histoire ; il nous rend capables de reconnaître le Christ également dans la vie des autres. Et nous en avons toujours grand besoin, car s’il est vrai que chacun doit trouver en lui-même l’assurance de sa propre relation avec Dieu, il est également vrai qu’il existe une confirmation qui ne peut venir que de l’extérieur, dans la relation avec les autres.

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de témoins qui nous aident à affronter les événements de la vie avec espoir et confiance, qui collaborent à rendre notre « oui » à Dieu déterminé et confiant. Nous avons besoin de l’Église, c’est-à-dire de croyants unis précisément par ce « oui », une communauté portant un regard libre et serein sur la vie du monde, sans crainte et désireuse de construire et de promouvoir la bonté et la justice.

Et maintenant je pense à notre terre et à notre Église : comme nous avons besoin de ce regard ! Comme nous avons besoin de faire confiance à l’Esprit qui donne à notre Église la capacité et la détermination d’accomplir sa Parole ici, parmi nous, pour dire avec la Vierge Marie : « qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Trop souvent, en effet, nous nous enfermons dans nos propres problèmes, qui deviennent notre seul horizon. Nous sommes toujours tellement pris par les petites affaires de la vie, par les choses à faire, ou même par les grands projets, que nous oublions l’essentiel : l’existence n’a de sens que si elle s’ouvre à l’amour, et le monde, c’est-à-dire nous tous, a besoin d’en faire l’expérience réelle, nous avons besoin de l’étreinte du pardon de Dieu, de son irruption dans la vie du monde. Se le rappeler et le rappeler aux autres, le mettre en pratique, telle est la vocation et la mission de l’Église aujourd’hui.

À la question que nous nous sommes posée au départ sur la manière d’interpréter ce temps, la réponse est donc dans les mots de la Vierge Marie : écouter et accomplir la Parole de Dieu. Il n’y a pas besoin de nouvelles formules, d’études approfondies, car « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique » (Deut. 30,14).

Que la Vierge de Nazareth accompagne et soutienne notre Église et la rende féconde d’une vie nouvelle et joyeuse pour le bien de tous. Qu’elle aide notre communauté ecclésiale à être une lampe placée sur un boisseau (cf. Mt 5, 15) afin que, dans la douleur et la fatigue de chaque jour, elle puisse montrer à chacun le chemin de la rencontre avec l’amour de Dieu qui donne un sens et un juste poids à toute chose.

+ Pierbattista

SOURCE: PATRIARCAT LATIN DE JÉRUSALEM, le 25 mars 2021

En Jordanie, une nouvelle église pour accueillir un millier de fidèles de rite latin

Une famille de réfugiés chrétiens irakiens à Amman, en janvier 2021. La Jordanie accueille de nombreux réfugiés venus de Syrie ou d'Irak.Une famille de réfugiés chrétiens irakiens à Amman, en janvier 2021. La Jordanie accueille de nombreux réfugiés venus de Syrie ou d’Irak.  (AFP or licensors)

En Jordanie, une nouvelle église pour accueillir un millier de fidèles de rite latin

Dans le Royaume hachémite, à majorité sunnite, une église a été récemment construite à proximité de la capitale. Après plusieurs années de travaux, la première messe a pu être célébrée à Noël. 

Mgr William Shomali, vicaire du Patriarcat Latin de Jordanie depuis 2017, a célébré le 14 février dernier la messe dans la nouvelle église Saint-Paul-Apôtre, située à Jubeiha, à environ 10 kilomètres au nord-ouest d’Amman, en Jordanie. Les travaux ont pris fin en décembre dernier, quatre ans après leur lancement, et la première messe y a été célébrée à Noël.

Un lieu accueillant pour les familles

L’idée de fonder une paroisse à Jubeiha, rapporte le portail italien du Patriarcat latin de Jérusalem, remonte à 1984. Don Labib D’Aibes constatait alors que la communauté chrétienne s’agrandissait; elle comptait alors 200 familles environ. La construction d’une école paroissiale a entraîné une nouvelle augmentation du nombre de chrétiens, qui ont alors été contraints d’assister à des messes dans l’atrium du complexe scolaire. En 2016, un nouveau bâtiment a été envisagé pour permettre des liturgies plus dignes et une meilleure participation à la vie paroissiale. Grâce aux fonds collectés par la communauté locale et à la générosité de donateurs privés, le projet a pu voir le jour. Le terrain pour la construction de l’église a été donné par un paroissien et chevalier de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, Omar Naber, qui a également contribué aux premières étapes de la construction. D’autres fonds ont été offerts au fil des ans par l’Ordre du Saint-Sépulcre. En mars dernier, lorsque la pandémie de Covid-19 a aussi touché la Jordanie, le gouvernement a imposé un confinement et les travaux ont été interrompus. Repris en juin, ils ont été achevés à la fin de l’année. L’église Saint-Paul-Apôtre peut accueillir un millier de fidèles et elle est équipée de divers services. Aujourd’hui, la ville Jubeiha compte 1 200 familles de rite latin, et la nouvelle paroisse est chargée de prendre soin des âmes de la partie nord du gouvernorat d’Amman, qui compte 12 000 chrétiens.

L’islam est la religion d’État dans le Royaume hachémite. Selon des estimations, 92 % des habitants sont sunnites et les chrétiens représentent 8 % de la population. Les chrétiens sont surtout grecs-orthodoxes; on compte aussi des grecs-catholiques, des orthodoxes coptes, des orthodoxes arméniens, des syriens-orthodoxes et un petit nombre de protestants et de catholiques latins. Le pays abrite aussi quelques chiites, des druzes et des bahaïstes.

Source: VATICANNEWS, le 23 février 2021

L’Ordre du Saint-Sépulcre porte secours aux familles chrétiennes de Terre Sainte

Le cardinal Fernando Filoni, Grand-maître de l'Ordre du Saint-Sépulcre.Le cardinal Fernando Filoni, Grand-maître de l’Ordre du Saint-Sépulcre.  (© 2020 iPhone)

L’Ordre du Saint-Sépulcre porte secours aux familles chrétiennes de Terre Sainte

Le cardinal Fernando Filoni, nouveau Grand Maître de l’Ordre, souligne l’urgence de soutenir les familles chrétiennes vivant dans ces pays pour leurs besoins essentiels. Les priorités sont le soutien à 38 écoles du Patriarcat latin en Palestine et en Jordanie, impliquant 15.000 élèves, et une aide extraordinaire à plus de 10.000 familles.

L’Ordre équestre des Chevaliers du Saint-Sépulcre se met plus que jamais au service du peuple de Terre Sainte. Le Grand Maître, le cardinal Fernando Filoni, a présenté aujourd’hui à Rome un « Fonds de soutien humanitaire Covid-19 » consacré aux besoins des populations de Palestine et de Jordanie touchées par le coronavirus.

Le cardinal italien souligne qu’il est urgent de soutenir les familles chrétiennes vivant dans ces pays pour leurs besoins de base, en particulier pour les personnes qui ont perdu leur emploi en raison de l’effondrement des pèlerinages et du tourisme et de l’impossibilité d’aller travailler en Israël tous les jours. De même, un soutien financier est nécessaire pour garantir les liquidités nécessaires au maintien des 38 écoles du Patriarcat latin de Jérusalem en Palestine et en Jordanie, avec plus de 15 000 élèves et plus de 1 300 enseignants et employés.

Un premier fonds déjà activé en janvier dernier

L’Ordre équestre avait déjà activé un fonds humanitaire de 650 000 dollars, résultat d’un accord entre la Présidence du Grand Magistère et le Patriarcat latin en janvier dernier, avant le déclenchement de la pandémie. Mais ce montant est insuffisant dans les circonstances actuelles, car la Terre Sainte a également été fortement touchée par la pandémie de Covid-19. Il a donc été décidé d’intervenir avec de nouveaux financements. Le cardinal souligne que le « Fonds de soutien humanitaire Covid-19 » devrait aider ceux qui ont perdu leur emploi à répondre aux besoins fondamentaux de leur famille, tels que la nourriture, les produits d’hygiène et de puériculture et les médicaments.

À cet égard, on prévoit qu’environ 2000 familles devront être soutenues par le Patriarcat pendant la crise. Dans le même temps, le Fonds apporterait un soutien financier aux quelque 10 000 familles qui ne pourront plus payer les frais de scolarité. Cette aide sera accordée sur la base de critères favorisant ceux qui ont perdu leur emploi et n’ont pas d’autres moyens de subsistance ».

Les curés locaux seront responsables de la distribution de l’aide

L’Ordre a annoncé que l’aide humanitaire aux familles sera fournie par le Patriarcat à travers les différents curés, en collaboration avec les conseils locaux du Patriarcat. Chaque curé de paroisse présentera un rapport sur l’ensemble des aides distribuées. Le soutien financier aux écoles sera assuré, en même temps, par la coordination sur chaque site scolaire entre les directeurs, les administrateurs scolaires, les travailleurs sociaux et les curés.

Les premiers cas de coronavirus dans la région ont été identifiés dans un hôtel de la région de Bethléem au début du mois de mars. L’Autorité palestinienne a déclaré l’état d’urgence nationale pendant 30 jours à partir du 5 mars 2020, fermant toutes les écoles, universités et lieux de culte.

Une situation critique pour les travailleurs journaliers

L’urgence nationale a été renouvelée le 4 avril pour 30 jours supplémentaires, malgré le faible taux de propagation du virus. «Depuis que la vie s’est arrêtée, écrit Sami El-Yousef, directeur administratif du Patriarcat latin de Jérusalem, toutes les entreprises ont été fermées, ce qui a eu un impact sur pratiquement toute la population. La région de Bethléem a été la plus touchée en raison de sa dépendance du marché du tourisme. Dans d’autres régions, la crise a mis plus de temps à se faire sentir, en particulier dans les régions du nord de la Cisjordanie où ceux qui vont travailler quotidiennement en Israël ont été autorisés à continuer à travailler pendant un certain temps et mais ont ensuite été renvoyés dans les Territoires palestiniens à l’arrivée des fêtes juives», explique-t-il. Ainsi, tous les travailleurs journaliers en Israël ont été privés de leurs revenus sans aucune protection. Heureusement, seuls quelques cas de coronavirus ont été enregistrés à Gaza, territoire qui a peut-être paradoxalement bénéficié de son isolement, le rendant moins exposé à la contagion.

En Jordanie, pays qui se situe également sous la juridiction du Patriarcat latin de Jérusalem, les écoles ont été fermées le 9 mars. À la mi-mars, le gouvernement a déclaré l’urgence nationale et a imposé une fermeture générale le 17 mars. Avant la pandémie, «le chômage en Jordanie était estimé à 19 %, avec des pics de 49 % pour les jeunes de moins de 19 ans et de 39 % pour les jeunes de 20 à 24 ans. Ces chiffres ont au moins doublé au cours des dernières semaines», a déclaré le directeur administratif du Patriarcat latin.

Source: Vaticannews, le 14 mai 2020

Dimanche des Rameaux à l’épreuve du Coronavirus : Le Patriarcat latin s’adapte aux restrictions sanitaires

Dimanche des Rameaux à l’épreuve du Coronavirus : Le Patriarcat latin s’adapte aux restrictions sanitaires
Dimanche des Rameaux à l’épreuve du Coronavirus : Le Patriarcat latin s’adapte aux restrictions sanitaires 

JERUSALEM –  Le 5 avril 2020, dans un contexte de crise sanitaire qui a bouleversé la programmation des célébrations de la Semaine Sainte à travers le monde, le Patriarcat latin de Jérusalem a célébré le Dimanche des rameaux en sa Co-Cathédrale. Plus tard dans l’après-midi, au sanctuaire du Dominus Flevit, sur le Mont des Oliviers, Mgr Pierbattista Pizzaballa, Administrateur Apostolique du Patriarcat latin, a présidé une prière « en temps de pandémie ».

Le Dimanche des Rameaux 2020 restera gravé longtemps dans les mémoires des fidèles de Terre Sainte. Alors que des dizaines de milliers de chrétiens venues des quatre coins de la région et de l’étranger inondent chaque année les rues de Jérusalem pour célébrer l’entrée solennelle de Jésus dans la Ville Sainte, la traditionnelle procession a été annulée cette année en raison des restrictions sanitaires.

Dans le contexte de crise mondiale due à la propagation du Covid 19 et en raison des restrictions de circulation inédites qui ont été adoptées un peu partout dans le monde par les autorités civiles, le Patriarcat latin de Jérusalem, comme les autres institutions religieuses de Terre Sainte, a été conduit en effet à modifier largement l’organisation des célébrations de Pâques.

L’ambiance festive qui caractérise d’ordinaire les célébrations du premier jour de la Semaine Sainte à Jérusalem a ainsi laissé place à une atmosphère de recueillement, illustrée par des petits rassemblements tenus à huis clos en présence des quelques prêtres, séminaristes et une poignée de journalistes réduits au strict minimum.

C’est dans ce contexte tout à fait inédit que s’est tenue le dimanche 5 avril la messe du Dimanche des Rameaux, en la Co-Cathédrale du Patriarcat latin. Présidée par Mgr Giacinto Boulos-Marcuzzo, Vicaire patriarcal pour Jérusalem et la Palestine, la célébration était retransmise en direct par les caméras du Christian Media Center (CMC) sur la chaîne de télévision « Palestine Live », la page Facebook du Patriarcat latin, ainsi que sur plusieurs sites internet dont abouna.org. « Le Dimanche des Rameaux est l’occasion de bien interpréter et vivre le sens des circonstances spéciales et difficiles que le monde entier, ou presque, est en train de vivre – a souligné Mgr Marcuzzo dans son homélie prononcée en arabe –  «  Ce dimanche présente une contradiction interne apparente, poursuit-il : d’un côté nous célébrons l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, comme le fils de David, le Roi ; de l’autre, c’est le dimanche de la Passion, le commencement de la Semaine Sainte. Le sens de cette contradiction est le suivant : on ne peut arriver à la gloire, à la vie nouvelle, à la résurrection sans passer tout d’abord par la « croix », signe du plus grand amour qui est la raison de toute nouvelle vie et de toute résurrection. » 

Dans les circonstances dramatiques actuelles, Mgr Giacinto Boulos-Marcuzzo a exhorté les fidèles à ne pas envisager cette crise comme un châtiment de Dieu. « Dieu n’est jamais la cause d’un mal, souligne le Vicaire patriarcal, mais il peut parfois rendre le mal ou les situations douloureuses possibles pour un bien plus grand ; car derrière les actes du Seigneur il faut toujours voir un acte d’amour, comme disait Saint Paul. » Et évoquant l’homélie publiée pour ce dimanche par Mgr Pizzaballa : « En lisant la Bible, on voit que Dieu rend souvent visite à son peuple. Cette visite est souvent une situation tragique, suivie d’une phase de reconstruction, d’une nouvelle vie, pour le peuple ou pour une personne, comme cela est arrivé à la Vierge Marie. […]  La situation actuelle est donc une occasion pour le Seigneur de nous montrer son amour, et pour nous de purifier et fortifier notre foi, de confirmer notre espérance en cette période de carême afin de nous préparer à nous élever à une vie nouvelle avec le Christ Ressuscité. »

La journée s’est poursuivie au Dominus Flevit, sur le Mont des Oliviers, où Mgr Pizzaballa a présidé une prière « en temps de pandémie ». Plus tôt dans la journée, l’Administrateur Apostolique du Patriarcat latin avait célébré la messe des Rameaux, avec l’accord des autorités civiles, dans la basilique du Saint-Sépulcre. Depuis la colline, entourée de Mgr Giacinto Boulos-Marcuzzo, de plusieurs prêtres du Patriarcat latin ainsi que d’une délégation de Franciscains du Clergé local dirigée par le Custode de Terre Sainte, Fr. Francesco Patton, il a prononcé un message et béni Jérusalem.

Dans son message, prononcé en anglais, il est revenu sur l’entrée « triomphale » de Jésus dans Jérusalem, dont le sens a mal été perçu par les habitants. « Ces derniers Le [reconnaissaient] comme un Roi, comme le Messie attendu, comme celui qui allait enfin recevoir leurs prières », alors que Jésus venait se faire arrêter et tuer… « C’est peut-être la leçon que Jésus veut nous donner aujourd’hui » explique Mgr Pizzaballa, dressant un parallèle avec la situation d’épidémie, où nous faisons appel Dieu afin qu’il réponde à nos prières en nous délivrant de ce fléau.  « Nous nous tournons vers Dieu quand quelque chose nous fait mal. Lorsque nous sommes en difficulté – poursuit l’Administrateur Apostolique –. […] nous voulons que Jésus devienne le genre de roi et de messie qui résout nos problèmes, […] les situations difficiles que nous traversons. Nous voulons qu’il nous sauve du Corona Virus, que tout redevienne comme avant. » Mgr Pizzaballa évoque ainsi, dans un mélange de bienveillance et d’exigence, la déception que l’on peut ressentir aujourd’hui, à l’image de la foule qui accueillait Jésus, devant un messie qui « répond à sa manière ». « Précisément parce que Jésus dit « oui » à nos désirs les plus profonds, il devra dire « non » à nos désirs immédiats. ». Comprendre cette leçon sur « l’écart entre nos attentes et la réponse de Dieu », selon les mots de l’Administrateur Apostolique, « c’est faire un grand pas vers la foi chrétienne. » La prière, elle aussi, était filmée par les par les caméras du CMC et diffusée en direct.

Dès le 12 mars, en conformité avec les directives édictées par les autorités civiles, le Patriarcat latin avait diffusé un communiqué appelant à « limiter les rassemblements de plus de cent personnes, recommandant également aux fidèles de ne pas se serrer la main ». Dans sa lettre diffusée à travers tout le diocèse de Jérusalem, Mgr Pizzaballa demandait à tous les curés de « s’efforcer de respecter et de faire respecter ces règles et d’organiser les différents événements liturgiques – y compris la messe dominicale –  de manière à se conformer aux directives gouvernementales ».

Le 26 mars, alors que la Semaine Sainte approche à grands pas, que les restrictions sanitaires se sont durcis un peu partout dans la région jusqu’aux confinement des populations décrété par la plupart des gouvernements civils du territoire du diocèse, le Patriarcat latin expose, dans un nouveau communiqué, les conditions inédites dans lesquelles se dérouleront les célébrations de la Semaine Sainte.

En tenant compte des directives des autorités civiles, mais également des documents publiés par le Saint Siège, Mgr Pizzaballa annonce alors, parmi d’autres mesures, l’annulation de la procession des Rameaux. L’Administrateur Apostolique annonce dans le même temps la réduction des célébrations au Saint-Sépulcre et fait savoir que l’ensemble du Tridiuum sacré en arabe se déroulera dans la Co-Cathédrale du Patriarcat latin, animé par les séminaristes et diffusé en direct pour l’ensemble du diocèse par le Christian Media Center.

Dimanche des Rameaux à l’épreuve du Coronavirus : Le Patriarcat latin s’adapte aux restrictions sanitaires

Source: Patriarcat latin de Jérusalem, le 7 avril 2020, par Geoffroy Poirier-Coutansais/LPJ

Prière depuis le Mont des Oliviers pour bénir Jérusalem et le monde

Mgr Pizzaballa, sur le mont des Oliviers, lors du dimanche des Rameaux, le 5 avril 2020.
Mgr Pizzaballa, sur le mont des Oliviers, lors du dimanche des Rameaux, le 5 avril 2020.

Prière depuis le Mont des Oliviers pour bénir Jérusalem et le monde

Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur du patriarcat latin de Jérusalem, a présidé pour le dimanche des Rameaux une liturgie depuis le Dominus Flevit sur le Mont des Oliviers, avant de bénir la ville et le monde avec une relique de la Sainte Croix.

C’est une prière exceptionnelle, spéciale contre la pandémie de Coronavirus, qu’a prononcé en ce dimanche des Rameaux l’administrateur apostolique « sede vacante » du patriarcat latin de Jérusalem. Une prière prononcée depuis le Monts des Oliviers, au lieu de la traditionnelle procession des Rameaux de Bethphagé à la basilique Sainte-Anne. Une liturgie de la Parole célébrée en présence de quelques frères franciscains et séminaristes du patriarcat latin. 

Dans son message publié sur le site du patriarcat latin de Jérusalem, Mgr Pizzaballa revient sur les circonstances extraordinaires de cette Semaine Sainte. «Nous n’avons pas levé nos palmes et nos rameaux d’oliviers pour crier “Hosanna» à notre Roi, Jésus-Christ. Les rues qui, en ce jour, seraient pleines de monde et de chants, d’hymnes et de cornemuses sont vides et silencieuses». Une expérience qui doit inviter au questionnement,«Que pouvons-nous faire dans ces moments dramatiques pour la vie du monde et pour la nôtre ?»

Une leçon à tirer 

«C’est peut-être la leçon que Jésus veut nous donner aujourd’hui. Nous nous tournons vers Dieu quand quelque chose nous fait mal. Lorsque nous sommes en difficulté, nous voulons soudain tous poser les grandes questions difficiles», a expliqué l’archevêque de Jérusalem. Dit autrement, chacun veut «que Jésus devienne le genre de roi et de messie qui résout nos problèmes : la paix, le travail, la vie de nos enfants ou de nos parents, une aide, en bref, les situations difficiles que nous traversons. Nous voulons qu’il nous sauve du Corona Virus, que tout redevienne comme avant…»

Mais si Jésus exauce nos prières, a continué Mgr Pizzaballa, il répond à sa manière, disant «oui» à nos désirs les plus profonds, mais «non» à nos désirs immédiats.

«L’histoire de la grande entrée à Jérusalem, en somme, est une leçon sur l’écart entre nos attentes et la réponse de Dieu», la foule sera déçue car Jésus ne répondra pas à ses attentes de salut immédiat. Mais au fond, «l’entrée de Jésus à Jérusalem est vraiment le moment où le salut naît. Les “Hosanna” étaient justifiées, mais pas pour les raisons que les habitants de Jérusalem avaient supposées. Apprendre cette leçon, c’est faire un grand pas vers la vraie foi chrétienne».

Ainsi, l’administrateur apostolique invite à reconnaître que «nous sommes encore loin de cette foi simple et pure, la foi des pauvres». 

Une foi basée sur l’espoir et non la certitude

«Nous voudrions, nous voulons que notre vie change, ici et maintenant, et non pas dans un avenir vague ou dans l’au-delà. Nous voulons un Dieu tout-puissant et fort, nous voulons avoir foi en un Dieu qui nous donne certitude et sécurité. Puisse-t-il nous calmer dans cette mer de craintes et d’incertitudes dans laquelle nous nous trouvons maintenant».

L’Évangile nous dit cependant que la foi chrétienne est fondée sur l’espoir et l’amour, et non sur la certitude. En conclusion, Mgr Pizzaballa a invité à déposer devant le Messie «le peu que nous avons, nos prières, nos besoins, notre besoin d’aide, nos pleurs, notre soif de Lui et de Sa parole de consolation. Nous savons qu’il nous faut purifier nos intentions, demandons-Lui aussi cette grâce, de comprendre ce dont nous avons vraiment besoin».

Source: Vaticannews, le 5 avril 2020