Du premier livre au dernier, la Bible parle de Marie

Illustration
Raphael, L’Alba Madonna, vers 1510, National Gallery of Art, Washington. © CC0/wikimedia

Du premier livre au dernier, la Bible parle de Marie

Robert Fastiggi, professeur de théologie au Grand Séminaire du Sacré-Cœur à Détroit, aux États-Unis et ancien président de la Société mariologique d’Amérique, répond ici la question « Si Marie est si importante, pourquoi la Bible parle-t-elle si peu d’elle » ?

R : L’importance de Marie ne se mesure pas au simple nombre de citations bibliques, mais à son rôle central dans la révélation biblique. Dans son encyclique de 1987, Redemptoris Mater (« Mère du Rédempteur »), saint Jean-Paul II souligne « le mystère de cette ‘femme‘ qui, depuis les premiers chapitres du Livre de la Genèse jusqu’au Livre de l’Apocalypse, accompagne la révélation du plan salvifique de Dieu pour l’humanité ». De même, dans sa lettre apostolique de 1988, « Mulieris Dignitatem » (« Sur la dignité et la vocation de la femme »), Jean-Paul II note que, dans la mesure où l’Incarnation « constitue le point culminant et définitif de l’autorévélation de Dieu à l’humanité … une femme se trouve au centre de cet événement salvifique ».

Marie, la mère du Verbe incarné, est essentielle au plan de salut de Dieu parce que Jésus est le point culminant de l’histoire du salut.

Les Pères de l’Église ont trouvé de nombreuses préfigurations de Marie dans l’Ancien Testament. Ils ont vu en elle la Femme en conflit avec le serpent (Gn 3,15), la « nouvelle Eve » qui sera « la mère de tous les vivants » (Gn 3,20), « la fille de Sion » (Zach 2,14) et « l’arche de l’alliance » (Ex 40 ; cf. Rv 11,19). En 2 Samuel 6,9, David dit : « Comment l’arche du Seigneur peut-elle venir à moi ? ». De manière très similaire, en Luc 1,43, Élisabeth s’exclame : « Et comment m’arrive-t-il que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? ». David danse de joie devant l’arche du Seigneur (2 Sm 6,14-15), tout comme Jean Baptiste bondit de joie dans le sein de sainte Élisabeth à l’approche de Marie, qui porte l’enfant Jésus dans ses entrailles (Lc 1,41). (…)

Dans le Nouveau Testament, Marie joue un rôle central parce qu’elle est la mère du Christ, le rédempteur. Saint Paul fait allusion à Marie dans Galates 4,4-5, et les quatre Évangiles parlent d’elle. Marie est présentée comme la Vierge mère de l’Emmanuel (Mt 1, 22-23) qui s’enfuit en Égypte avec Jésus et Joseph (Mt 2, 13-21). Dans l’Évangile de Luc, Marie occupe une place importante lors de l’Annonciation (1,26-38) et de la Visitation (1,39-45). Toujours dans Luc, elle prie le Magnificat (1,46-56), donne naissance à Jésus (2,1-7), le présente au Temple (2,22-38) et le retrouve plus tard dans le Temple, prêchant parmi les docteurs de la loi (2,41-52).

Dans l’Évangile de Jean, Marie fait appel à Jésus aux noces de Cana pour qu’il accomplisse son premier miracle (2,1-12) ; elle est également présente au pied de la croix où Notre Seigneur la donne comme mère à Jean et (par extension) à tous les chrétiens (19,25-27). Marie est présente avec les apôtres dans le Cénacle, priant pour la venue de l’Esprit Saint à la Pentecôte (Ac 1,14). Dans Apocalypse 12, Marie est vue comme la femme revêtue du soleil, sur le point d’accoucher. Elle est combattue par le dragon qui veut dévorer son fils.

Robert Fastiggi, 7 mai 2024

Extraits de catholicreview.org

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

30.08.2024 – SAINT DU JOUR

St Fiacre

ABBÉ († 670)

Fête Le 30 Août

Saint Fiacre
Solitaire 
(† 670)

Fiacre, fils d’un roi d’Écosse, vivait au VIe siècle ; il fut élevé dans la science et la piété par des maîtres habiles. Jeune encore, il sentit son âme enflammée par l’amour de la solitude et le désir de ne vivre que pour Dieu. Il s’embarqua pour la France, à l’insu de son père, et se choisit, près de Meaux, un lieu retiré, dans une forêt, où l’évêque lui concéda une portion de terre. 

Il y bâtit un couvent, qu’il consacra à la Sainte Vierge, à laquelle il avait voué dès son enfance, une dévotion singulière. Là il mena une vie angélique, tant par son application à Dieu que par la pratique de la plus rude mortification et le soin de subjuguer les moindres saillies des passions mauvaises. Sa sainteté ne manqua pas d’attirer en foule vers lui les pauvres et les pèlerins. 

Fiacre mangeait peu et employait presque tout le produit du travail de ses mains à la subsistance de ses pieux visiteurs. On lui amenait des possédés et des malades, et il les délivrait ou les guérissait en grand nombre. Cependant le petit terrain qu’il occupait étant devenu insuffisant pour subvenir à tant d’aumônes et à une si généreuse hospitalité, Fiacre fut obligé d’implorer de l’évêque une nouvelle concession de terre, et le prélat lui permit de prendre et d’utiliser tout ce qu’il pourrait entourer d’un fossé dans l’espace d’une journée. Chose merveilleuse, Dieu vint au secours du travailleur : la terre se fendait d’elle-même comme par enchantement, et un seul jour suffit à Fiacre pour entourer une étendue considérable.

C’est sans doute à cause des travaux de jardinage dont il occupait les loisirs que lui laissaient la prière et le service de Dieu, que saint Fiacre est regardé comme le patron des jardiniers.

Tandis qu’il jouissait tranquillement des délices de la solitude, des envoyés écossais vinrent lui offrir la couronne royale, dont son frère s’était rendu indigne. Fiacre avait eu révélation de leur approche et obtint de Dieu, à force de larmes et de prière, de ne pas permettre qu’il sortît de sa chère solitude pour être exposé aux dangers des honneurs du monde. Il devint aussitôt semblable à un lépreux. Quand les ambassadeurs furent arrivés près de lui, ils ne purent voir sans horreur ce visage défiguré, et ils n’eurent plus aucun désir de le faire monter sur le trône de ses pères. Fiacre mourut dans son ermitage ; il opéra de grands miracles après sa mort.

Saint Fiacre priez pour nous !

30.08.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : 
« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Sermon 96, 9 (trad. Brésard, 2000 ans B, p. 248)

« Suis-moi » (Mt 9,9)

Dans ce monde, c’est-à-dire dans l’Église, qui tout entière suit le Christ, celui-ci dit à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même ». Car cet ordre n’est pas destiné aux vierges, à l’exclusion des femmes mariées ; aux veuves, à l’exclusion des épouses ; aux moines, à l’exclusion des époux ; aux clercs, à l’exclusion des laïcs. C’est toute l’Église, tout le Corps du Christ, tous ses membres, différenciés et répartis selon leurs tâches propres, qui doivent suivre le Christ. Qu’elle le suive tout entière, elle qui est l’unique, elle qui est la colombe, elle qui est l’épouse (Ct 6,9) ; qu’elle le suive, elle qui est rachetée et dotée par le sang de l’Époux. La pureté des vierges a ici sa place ; la continence des veuves a ici sa place ; la chasteté conjugale a ici sa place… Qu’ils suivent le Christ, ces membres qui ont ici leur place, chacun selon sa catégorie, chacun selon son rang, chacun à sa manière. Qu’ils renoncent à eux-mêmes, c’est-à-dire qu’ils ne s’appuient pas sur eux-mêmes ; qu’ils portent leur croix, c’est-à-dire qu’ils supportent dans le monde, pour le Christ, tout ce que le monde leur infligera. Qu’ils l’aiment, lui, le seul qui ne déçoit pas, le seul qui n’est pas trompé, le seul qui ne se trompe pas. Qu’ils l’aiment parce que ce qu’il promet est vrai. Mais parce qu’il ne le donne pas maintenant, la foi chancelle ; continue, persévère, supporte, accepte ce retard, et tu as porté ta croix.

LECTURES :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,17-25. 

Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ.
Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu.
L’Écriture dit en effet : Je mènerai à sa perte la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents, je la rejetterai.
Où est-il, le sage ? Où est-il, le scribe ? Où est-il, le raisonneur d’ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l’a-t-il pas rendue folle ?
Puisque, en effet, par une disposition de la sagesse de Dieu, le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile.
Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse,
nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes.
Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

Psaume 33(32),1-2.4-5.10-11. 

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! 
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, 
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; 
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ; 
la terre est remplie de son amour.

Le Seigneur a déjoué les plans des nations, 
anéanti les projets des peuples.
Le plan du Seigneur demeure pour toujours, 
les projets de son cœur subsistent d’âge en âge.

01.09.2024 – HOMÉLIE DU 22ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MARC 7,1-8.14-15.21-23

Le pur et l’impur

Par le Fr. Laurent Mathelot, OP

Beaucoup de choses dans l’Évangile d’aujourd’hui. Jésus y parle de ritualité, d’impureté et de proximité de cœur avec Dieu.

Commençons par l’impureté. Nous avons une notion beaucoup plus catégorique de la pureté que ne l’avaient les contemporains de Jésus. Notre notion de pur est fortement teintée de deux mille ans de christianisme, ainsi que de philosophie grecque. Pour nous, pur signifie presque parfait. Pour un Juif du temps de Jésus, la pureté rituelle se perd et se gagne facilement. Il suffit d’une personne malade dans votre maison pour être, de facto, impur pour un temps. Et il suffit alors de quelques rites pour retrouver la pureté.

Dans toutes les religions, depuis les temps primitifs, les notions de pur et d’impur sont avant tout une question d’hygiène corporelle et spirituelle, les deux n’étant jamais dissociées. C’est le cas dans la Bible, notamment dans le Livre du Lévitique qui regorge de règles de pureté rituelle autours de la naissance et de mort, de la maladie, de l’alimentation et de la sexualité. Toutes situations que la sagesse ancienne avait, à défaut de médecine scientifique, perçues comme potentiellement contaminantes. Ainsi, peut-on comprendre que le rejet de la viande de porc, plus facilement vectrice de maladies dans des pays où il fait chaud, est avant tout une mesure prophylactique.

Dans le judaïsme ancien, l’impureté n’est pas vue autrement qu’une souillure, une tache, une pollution qui, la plupart du temps, est temporaire et, hélas, dans certains cas comme la lèpre, permanente. On comprend dès lors l’importance des bains rituels, du lavement des mains et des plats. Il s’agit constamment de se purifier et d’éviter ainsi une contagion par le mal.

Pour nous aujourd’hui, cette notion nous échappe. Actuellement, on ne comprendrait pas qu’on interdise à une personne malade, à une femme qui vient d’accoucher ou à une personne mourante d’accéder aux sacrements. C’est essentiellement que la notion de pureté rituelle nous est acquise une fois pour toutes par notre baptême, lequel est aussi un rite de purification – de purification définitive.

Évidemment, Dieu, s’il est un dieu sauveur, est du coté de la santé. On comprend dès lors l’association étroite des rites à l’hygiène de vie. Mais ici encore il y a une disparité entre la culture juive et la nôtre. Pour le peuple hébreux, la crainte était que Dieu déserte le Temple dégoûté par l’impureté du peuple. Tandis que pour le christianisme, Dieu persiste à aimer le pécheur malgré son péché, à vouloir l’attirer à lui et toujours le sauver.

Il n’y a pas, dans notre religion, de distinction aiguë entre le sacré et le profane, contrairement au judaïsme ancien. Dieu peut tout rejoindre et tout guérir, au-delà de tous les maux qui nous atteignent. C’est le sens de la parole « Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. » Aucune contamination, aucune pollution, que ce soit du corps ou de l’esprit n’est pour nous inéluctable. A tel point que nous professons l’amour fou de Dieu pour celui qui est perdu. Il n’y a, pour le christianisme, personne d’impur au point que Dieu ne veuille le rejoindre et l’aimer.

J’attire votre attention cependant sur le fait qu’une lecture trop étroite de l’Évangile d’aujourd’hui pourrait amener certains à conclure au rejet des rites par Jésus. Ce n’est assurément pas le cas. Jésus est un homme profondément pieu, qui va régulièrement au Temple, qui célèbre rigoureusement les fêtes juives, qui encourage ceux qu’il guérit à aller se montrer aux prêtres et à offrir le sacrifice prescrit.

La contestation de Jésus porte, non pas sur la pertinence de rites mais sur l’intention de la ritualité. Ce qu’il dénonce c’est le rite pour lui-même, déconnecté de l’intention de Dieu. « Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. »

On comprend ainsi que la pureté rituelle chrétienne se situe à un autre niveau que la pureté rituelle juive : non plus celui de l’état du corps mais celui de l’intention du cœur. S’il s’agit de prétendre rendre un culte à Dieu mais que le cœur n’y est pas, alors il s’agit de rites hypocrites nous dit Jésus. Il cite le prophète Isaïe : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte. »

Personne n’a commis de faute trop lourde, de péché trop grand pour que Dieu le rejette. Personne n’est trop sale ou trop dégoûtant pour que Dieu ne veuille le rejoindre et l’aimer. En retour, Dieu n’exige de nous qu’une seule pureté rituelle : que nous voulions, de tout notre cœur, l’aimer.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RÉSURGENCE.BE, le 29 août 2024