06.03.2026 – SAINTE DU JOUR

Sainte Colette
Vierge, réformatrice des Clarisses 
(1380-1447)

 

Colette est née à Corbie, en Picardie. Ses parents se désolaient de ne pas avoir d’enfants ; ils prièrent saint Nicolas. Lorsqu’ils reçurent cette petite fille, ils lui donnèrent le nom du saint protecteur : Nicole, en diminutif familier Colette.

Orpheline à dix-huit ans, elle obtint du père Abbé d’un monastère voisin, la possibilité d’entrer chez les béguines d’Amiens malgré son âge. Elle n’y reste qu’un an jugeant leur vie trop douce. Même déception chez les bénédictines, puis chez les clarisses. Son père spirituel est franciscain et comprend son désir d’austérité. Il la fait entrer dans le Tiers-Ordre de Saint François comme recluse à Corbie.

Mais elle se sent appelée à plus de pauvreté encore et, pour cela, elle veut réformer le Second Ordre de saint François, les clarisses. C’est pourquoi elle obtient de rencontrer le pape Benoît XIII qui réside alors en Avignon. Ce pape était un « antipape d’Avignon » du Grand Schisme qui déchirait alors l’Occident. Mais son sens spirituel était réel et profond. Il reçoit la profession religieuse de sainte Colette dans la règle de Sainte Claire et la nomme abbesse de tous les monastères qu’elle sera amenée à fonder ou réformer. Si Colette s’adressa à Benoît XIII, c’est que, dans l’incertitude sur l’obédience à laquelle il fallait se rattacher, elle suivit la France entière, qui avait reconnu le pape d’Avignon ; mais dès les décisions connues du concile de Pise, elle fit ratifier par Alexandre V, l’élu du concile, les faveurs reçues précédemment de Benoît XIII.

Colette vient alors en Franche-Comté et réforme en premier lieu le monastère de Besançon puis bien d’autres en Savoie, Artois, Allemagne et Belgique. Elle mourra à Gand et son corps sera, par la suite, transporté à Poligny dans le Jura.

©Evangelizo.org

Sainte Colette priez pour nous !

06.03.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43.45-46. 

En ce temps-là,  Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !”


Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’

Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »
En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux.
Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Basile (v. 330-379)

moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église

Homélie 5 sur l’Hexaéméron, 6 ; SC 26 (trad. SC p. 304 rev. Delhougne)

Porter du fruit

Le Seigneur ne cesse de comparer les âmes humaines à des vignes : « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau, en un lieu fertile » (Is 5,1) ; « J’ai planté une vigne, je l’ai entourée d’une haie » (cf Mt 21,33). Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu’il a entourées, comme d’une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car « l’ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent » (Ps 33,8). Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l’Église, « premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner » (1Co 12,28). En outre, par les exemples des saints hommes d’autrefois, il élève nos pensées sans les laisser tomber à terre où elles mériteraient d’être foulées aux pieds. Il veut que les embrassements de la charité, comme les vrilles d’une vigne, nous attachent à notre prochain et nous fassent reposer sur lui. Ainsi gardant constamment notre élan vers le ciel, nous nous élèverons comme des vignes grimpantes, jusqu’aux plus hautes cimes. Il nous demande encore de consentir à être sarclés. Or une âme est sarclée quand elle écarte d’elle les soucis du monde qui sont un fardeau pour nos cœurs. Ainsi celui qui écarte de lui-même l’amour de ce monde et l’attachement aux richesses ou qui tient pour détestable et méprisable la passion pour cette misérable gloriole a pour ainsi dire été sarclé, et il respire de nouveau, débarrassé du fardeau inutile des soucis de ce monde. Mais, pour rester dans la ligne de la parabole, il ne faut pas que nous produisions seulement du bois, c’est-à-dire vivre avec ostentation, ni rechercher la louange de ceux du dehors. Il nous faut porter du fruit en réservant nos œuvres pour les montrer au vrai vigneron (Jn 15,1).

LECTURES :

Livre de la Genèse 37,3-4.12-13a.17b-28. 

Israël, c’est-à-dire Jacob, aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu’il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix.
En voyant qu’il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.
Les frères de Joseph étaient allés à Sichem faire paître le troupeau de leur père.
Israël dit à Joseph : « Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem ? Va donc les trouver de ma part ! »
Joseph les trouva à Dotane.
Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir.
Ils se dirent l’un à l’autre : « Voici l’expert en songes qui arrive !
C’est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes. Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré, et on verra ce que voulaient dire ses songes ! »
Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit : « Ne touchons pas à sa vie. »
Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui. » Il voulait le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique de grand prix qu’il portait,
ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et sans eau.
Ils s’assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés d’aromates, de baume et de myrrhe qu’ils allaient livrer en Égypte.
Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère et à dissimuler sa mort ?
Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre propre chair. » Ses frères l’écoutèrent.
Des marchands madianites qui passaient par là retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites, et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.

Psaume 105(104),4a.5a.6.16-17.18-19.20-21. 

R/ Souvenez-vous des merveilles que le Seigneur a faites. (Ps 104, 5a)

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
Vous, la race d’Abraham son serviteur, 
les fils de Jacob, qu’il a choisis.

Il appela sur le pays la famine, 
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme, 
Joseph, qui fut vendu comme esclave.

On lui met aux pieds des entraves, 
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur, 
jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction.

Le roi ordonne qu’il soit relâché, 
le maître des peuples, qu’il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison, 
le maître de tous ses biens.

08.03.2026 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE DE CARÊME – JEAN 4, 5-42

Soif d’amour

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Avez-vous remarqué que personne, finalement, ne puise ni ne boit dans cet Évangile de la rencontre avec la Samaritaine ? C’est le signe, pour nous, qu’il y a ici, derrière l’évocation de l’eau, une symbolique à décoder. A nouveau, nous retrouvons le principe biblique d’une réalité concrète qui dénote une réalité spirituelle. L’eau vive est ici l’amour divin, auquel nous sommes invités à profondément puiser.

La scène se situe au puits de Jacob, père des douze tribus d’Israël, dont le nom signifie : « Celui qui lutte avec Dieu » (Gn 32, 29). Dans l’Ancien Testament, les puits sont des lieux de rencontre amoureuse. C’est près d’un puits que Jacob rencontre Rachel (Gn 29) ; c’est près d’un puits que Moïse rencontre Séphora (Ex 2) ; c’est près d’un puits que le serviteur d’Abraham trouve Rebecca (Gn 24). Il est midi, l’heure la plus chaude du jour, précisément l’heure à laquelle personne ne vient au puits, sinon ceux qui meurent de soif et les amoureux, pour une rencontre discrète. Les puits bibliques sont des lieux de fiançailles. D’ailleurs, plutôt dans l’Évangile de Jean, Jean-Baptiste avait présenté Jésus comme un époux. « Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite » (Jn 3, 29).

Clairement, on évoque ici une rencontre personnelle à connotation nuptiale entre Jésus et la Samaritaine, que le Christ présente comme l’adoration véritable de Dieu : « Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer » (4, 23-24). Réfléchissons, si vous le voulez bien, sur les enjeux spirituels de l’adoration, l’acte d’aimer Dieu en esprit et en vérité.

Avec une pudeur toute liturgique, le passage que nous venons de lire fait l’impasse sur la vie dissolue de la femme que Jésus rencontre. C’est pourtant un élément contextuel important. Non seulement est-elle Samaritaine, issue d’un peuple que les Juifs méprisent comme hérétique, mais surtout elle est adultère : « Des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai » (4, 18). Cette vie morale compliquée traduit, en creux, une soif d’amour que le Christ veut vivifier.

Pourtant, dans un étonnant renversement des rôles, avant de se présenter comme l’eau vive, c’est Jésus qui dit « Donne-moi à boire » – « Donne-moi ton amour ». Ainsi l’adoration répond-elle au désir divin d’être aimé. Il s’agit avant tout d’aimer personnellement le Christ et, ainsi, d’adorer le Père en esprit et en vérité. Pour Jésus, le culte véritable transcende les divergences communautaires et les exigences morales. Seul compte l’amour personnel dont nous gratifions Dieu qui, en retour, étanche à torrents nos soifs d’être aimés. On retrouve ici la volonté constante du Christ de se substituer au pécheur mendiant de l’amour – « Donne-moi à boire » – pour lui faire découvrir l’abondance de l’amour du Père à son égard. Cette inversion de rôles traduit le mystère de l’Incarnation et de la kénose : Dieu vient mendier notre amour humain pour nous sauver.

Enfin, c’est à l’occasion de cette rencontre avec la Samaritaine que Jésus se révèle, pour la première fois dans l’Évangile de Jean, comme Messie. La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ (…). Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. ». Il s’agit d’une référence explicite à l’épisode du buisson ardent, quand Moïse demande à Dieu son nom et que celui-ci répond : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS” » (Ex 3, 14). Dans son désir d’amour pour la Samaritaine, le Christ se présente tel quel, assumant une certaine nudité divine.

Alors, décryptons tout ceci pour notre vie spirituelle.

Le Christ a soif de notre amour. Il veut vivre une rencontre amoureuse avec nous. Il vient en plein jour, à l’heure la plus chaude, au creux de nos soifs les plus torrides, avec le désir de s’unir à nous dans la plus grande authenticité. En l’aimant, nous découvrons qui il est : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ». Il mendie nos eaux stagnantes, qu’il transforme en vifs torrents. À nos amours taris, Dieu répond en nous inondant le cœur.

Au fur et à mesure que croîtra notre amour pour le Christ, il nous révélera qui nous sommes. « Il m’a dit tout ce que j’ai fait » (Jn 4, 39), proclame la Samaritaine qui avait dissimulé son péché à Jésus. Ainsi, l’adoration de Dieu nous renvoie-t-elle aussi à nous-même, à notre authenticité, à notre nudité d’âme. Ce que nous pensons dissimuler à Dieu – que nous cherchons en fait à cacher à nous-même et à enfouir – Dieu nous le révélera toujours, à mesure que son amour nous touchera en profondeur. Symboliquement, on rejoint ici l’étymologie évoquée du prénom Jacob : « Celui qui lutte avec Dieu ». L’adoration de Dieu fait resurgir nos blessures enfouies dans la honte, que dissimulent maladroitement les eaux stagnantes de notre amour.

La rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob symbolise toute rencontre mystique avec le Christ, rencontre personnelle et amoureuse que, tous, nous sommes appelés à vivre. Dieu vient sur les margelles de nos abîmes y mendier notre amour stagnant. Or l’amour dont nous témoignons toujours nous révèle, nous guérit, nous purifie et nous permet donc de voir plus clairement en nous, nous révélant peut-être des eaux plus profondes encore, plus ténébreuses, plus stagnantes, plus enfouies. C’est sans honte qu’il nous faudra les servir à boire au Christ pour qu’il les vivifie de son amour.

Pendant l’adoration eucharistique, lors des sacrements ou pendant nos moments de prière intime, alors que nous méditons sous le regard de Dieu, transcendons la honte de nos abîmes que dissimulent nos amours stagnants ; acceptons la divine nudité d’âme que nous propose le Christ ; soyons nous aussi, dans notre relation avec Dieu, tels que nous sommes.

Sur la margelle du passé, le Christ vient mendier notre amour englouti qu’il se propose de vivifier. Ce faisant, il se révèle à nous autant qu’il nous révèle à nous-même et ainsi nous sauve.

Les fiançailles mystiques de la Samaritaine adultère, étrangère à la morale chancelante, qui reconnaît en Jésus son sauveur doit nous inciter, en ce temps de Carême, à tomber toute pudeur amoureuse avec le Christ. L’authenticité de l’amour divin est à ce prix.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 3 mars 2026

08.03.2026 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE DE CARÊME – JEAN 4,5-42

Puiser à la Source de l’eau vive

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Les textes de l’Exode et l’Évangile nous parlent de l’importance de l’eau : on s’en aperçoit, surtout quand elle vient à manquer. La première lecture nous renvoie à l’histoire du peuple Hébreux. Il venait de quitter une vie d’esclavage en Égypte pour se rendre en terre de Canaan. Mais entre les deux, il y a le désert. C’est là qu’on voit à quel point l’eau est indispensable à la vie. En pleine chaleur, la situation peut devenir dramatique. C’est une question de vie ou de mort.

Malgré tous les bienfaits dont il a bénéficié, le peuple a du mal à s’abandonner en toute confiance. C’est bien ce qui nous arrive souvent : dès que notre vie semble en péril, nous doutons, nous crions à l’abandon. Nous oublions que le Seigneur n’a jamais cessé de nous aimer. Il n’a jamais cessé de nourrir et d’abreuver son peuple rebelle. La soif au désert est révélatrice d’une autre soif que Jésus apaisera chez la Samaritaine. Il se présentera à elle et à nous tous comme la Source d’eau vive.

La seconde lecture nous rappelle ce don que Dieu nous fait de sa vie et de son Esprit. Ce n’est pas une réponse à de supposés mérites de notre part ; il est offert à tous, gratuitement. Il devient agissant dès qu’il est accueilli avec foi. C’est bien de cela que témoigne l’Évangile de la Samaritaine. L’espérance ne déçoit pas. La grande priorité de Dieu, c’est que tous les pécheurs soient sauvés. Il n’a jamais cessé de les aimer. C’est pour nous tous que le Christ est mort sur la croix. C’est vrai qu’il est difficile de croire quand le manque d’eau nous tenaille. Mais il est inutile de nous précipiter vers des eaux qui nous laisseront sur notre soif. Dieu est l’unique et inépuisable source. Lui seul peut nous combler.

L’Évangile nous donne de méditer sur une scène absolument extraordinaire. Saint Jean nous y dévoile tout le mystère de Dieu. Il part de l’eau qui féconde la terre et donne la vie au monde. Cela se passe en Samarie, au puits de Jacob. C’est là que Jésus s’est arrêté car il est fatigué par la route. Et c’est là qu’il rencontre la samaritaine. Normalement, cette rencontre n’aurait pas dû avoir lieu. Les juifs et les samaritains évitaient de se rencontrer. Des rivalités très anciennes les opposaient.

Cette femme qui vient puiser est le symbole de notre humanité blessée. Dieu nous voit nous précipiter vers le danger et tomber dans le péché. Il fait tout pour nous en sortir. Il envoie son Fils pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Quand le Christ demande à la Samaritaine « donne-moi à boire, nous comprenons qu’il a soif de la sauver. Il a soif de son affection et de la nôtre. La Samaritaine sera progressivement amenée à reconnaître en Jésus la Source d’Eau vive.

C’est important pour nous et pour notre monde. Une des caractéristiques de notre temps, c’est l’ignorance religieuse. On finit par s’installer dans le désert de l’indifférence, de l’incroyance, de la « mal-croyance ». La foi devient quelque chose de secondaire par rapport au métier, aux loisirs et à nos diverses activités de chaque jour. Dieu en est rejeté. Mais quand on veut chasser le religieux, il revient sous sa forme la plus perverse : c’est la montée des superstitions, des pratiques ésotériques, voyance, magie blanche ou noire… C’est dans ce désert que Jésus veut rejoindre le monde d’aujourd’hui. Il ne veut pas qu’un seul se perde. C’est pour nous et pour le monde entier qu’il a donné sa vie sur la croix.

Cet Évangile est un appel à découvrir quelle est notre véritable soif, notre désir profond. Le Christ ne cesse de nous proposer l’eau vive. Ses paroles sont celles « de la vie éternelle ». Quand nous acceptons de vraiment le rencontrer, tout est changé dans notre vie. C’est ce qui s’est passé pour la samaritaine. Porteuse d’eau, elle devient porteuse d’Évangile. Elle court alerter les siens ; elle les amène à rencontrer Celui qu’elle a reconnu comme le Messie. Les samaritains croient en Jésus : C’est lui le Sauveur du monde.

Le même Seigneur nous rejoint dans toutes les situations de notre vie, même les plus compliquées. Malgré nos faiblesses et nos péchés, il nous abreuve à la Source d’eau vive, celle de sa Parole et de son Eucharistie. Puis, comme la Samaritaine, nous sommes envoyés pour annoncer que Jésus est vraiment le « Sauveur du monde. » Nous faisons nôtres les paroles de ce chant : « Peuple de frères, peuple du partage, Porte l’Évangile et la paix de Dieu ». Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 1er mars 2026

Cap Fatima – Lettre de liaison n° 184 du 04.03.2026

Chers amis,

Dans un mois, nous fêterons le onzième anniversaire de Cap Fatima et de cette lettre de liaison. L’objectif que nous nous étions fixés en mars 2015 lorsqu’avec quelques amis, il a été décidé de lancer le projet, était de faire quelque chose pour le centenaire des apparitions de Fatima. Nous voulions apporter notre modeste contribution pour répondre à la demande de Dieu, notre Seigneur : répandre dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Ce onzième anniversaire est l’occasion de faire un rapide bilan des actions conduites pendant ces onze années afin de voir ce qui pourrait être amélioré.

Bilan de Cap Fatima

Initialement, il était seulement envisagé de préparer et célébrer le centenaire des apparitions de Fatima en 2017 (d’où le nom du projet, CAP étant l’acronyme de Centenaire des APparitions). Le projet aurait normalement dû s’arrêter fin 2017, mais nombreux ont été ceux qui ont souhaité que les actions lancées au cours des deux années écoulées (lettre de liaison, consécrations au Cœur Immaculé de Marie, développement des premiers samedis du mois, etc.) soient poursuivies. C’est la raison pour laquelle Cap Fatima a continué au-delà de 2017, ce qui a permis de lancer d’autres actions comme les rosaires vivants. Toutefois, le centenaire des apparitions étant désormais largement passé, il convient de regarder s’il ne serait pas pertinent de modifier ou faire évoluer certaines des actions entreprises.

Deux points sont à prendre en considération. Tout d’abord, parallèlement à Cap Fatima, l’association Salve Corda a été lancée pour développer plus spécifiquement la pratique des premiers samedis du mois. Ensuite, l’année dernière, une autre action a été lancée : le Jubilé 2025 des premiers samedis de Fatima. Le but était d’obtenir du Saint-Père qu’il approuve et recommande cette dévotion tant désirée par Notre-Seigneur et Notre-Dame. En effet, annoncée en juillet 2017, la communion réparatrice des premiers samedis du mois a été formellement demandée une première fois en décembre 1925, puis une deuxième fois en février 1926. Quatre ans plus tard, par deux fois, en juin 1929 et en mai 1930, la Sainte Vierge a renouvelé sa demande. Cette dévotion a donc été demandée au moins quatre fois. Malheureusement, malgré cette insistance du Ciel et malgré la reconnaissance par l’Église de l’authenticité des apparitions de Fatima, absolument rien de ce qu’a demandé Notre-Dame n’a été fait par le Saint-Siège : depuis 1930, il a gardé le silence le plus absolu sur les premiers samedis du mois. Tout ce qui a été fait est uniquement le fruit d’initiatives individuelles. Certes, ces dernières sont importantes. Mais sans l’approbation du Saint-Siège, cette pratique restera toujours une pratique privée, alors que Notre-Dame a demandé qu’elle soit reconnue et recommandée par le Saint-Père. Toutefois, s’il n’a pas été possible d’obtenir cette recommandation du Saint-Père, le Jubilé 2025 a permis de faire connaître cette demande de Notre-Dame en de nombreux endroits (voir https://jubile2025-fatima.org/) ?

De ce constat (centenaire des apparitions passé, jubilé 2025 terminé, nécessité de continuer à tout faire pour répandre la communion réparatrice des premiers samedis du mois), il est possible de tirer deux conclusions : d’une part, il faut poursuivre nos actions pour répandre dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et plus particulièrement la communion réparatrice des premiers samedis du mois ; d’autre part, il ne semble pas utile de conserver trois organisations pour cela. Suite à ces conclusions, une réflexion a été menée avec tous ceux qui, de près ou de loin, souhaitent apporter leur contribution à cet objectif. Il en est sorti plusieurs éléments : 1) l’union faisant la force, un rapprochement entre Cap Fatima et Salve Corda serait très profitable ; 2) l’effort principal doit porter sur le développement des premiers samedis du mois ; 3) la dévotion au Cœur Immaculé de Marie doit nous conduire au Cœur de Jésus.
Sur ce dernier point, quelques explications sont indispensables avant d’exposer comment mettre en place les deux premiers.

La dévotion aux deux Cœurs de Jésus et Marie

La dévotion aux deux Cœurs de Jésus et Marie est ancienne dans l’Église. Elle remonte au moins XVIIe siècle et à son origine dans le développement progressif des dévotions au Sacré-Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie.

La dévotion au Cœur de Jésus est née dès les premiers siècles, de son amour miséricordieux symbolisé par son Cœur transpercé. Au XVIIe siècle grâce aux révélations reçues par sainte Marguerite-Marie (1647 – 1690) à Paray-le-Monial, elle a pris une forme plus structurée, s’articulant autour de quatre pratiques essentiellement : l’Heure sainte du jeudi soir, la communion des premiers vendredis du mois, la fête du Sacré-Cœur, instituée pour toute l’Eglise par Pie IX en 1856, et la vénération de l’image du Sacré-Cœur.

La dévotion au Cœur de Marie s’enracine aussi dans l’Évangile. Elle va se développer plus particulièrement à partir du XVIIᵉ siècle, sous l’impulsion de saint Jean Eudes (1601 – 1680), sous la forme de la dévotion aux deux Cœurs de Jésus et de Marie, donc bien avant que la dévotion au Cœur Immaculé de Marie soit explicitement demandée par Notre-Dame à Fatima en 1917.
Saint Louis-Marie Grignon de Montfort (1673 – 1716) l’a magnifiquement exposée dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, dont la toute première phrase affirme : « C’est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’Il doit régner dans le monde. » Dans des pages d’une grande clarté, il justifie cette affirmation. Voici quelques exemples :

25. Dieu le Saint-Esprit a communiqué à Marie, sa fidèle épouse, ses dons ineffables, et Il l’a choisie pour la dispensatrice de tout ce qu’Il possède : en sorte qu’elle distribue à qui elle veut, autant qu’elle veut, comme elle veut et quand elle veut, tous ses dons et ses grâces, et il ne se donne aucun don céleste aux hommes qu’il ne passe par ses mains virginales. Car telle est la volonté de Dieu qui a voulu que nous ayons tout par Marie.

55. Marie est le moyen le plus assuré, le plus aisé, le plus court et le plus parfait pour aller à Jésus-Christ.

85. Nous avons besoin d’un médiateur auprès du Médiateur même, et la divine Marie est celle qui est la plus capable de remplir cet office charitable ; c’est par elle que Jésus-Christ nous est venu, et c’est par elle que nous devons aller à lui.

86. Pour aller à Jésus, il faut aller à Marie, c’est notre médiatrice d’intercession ; pour aller au Père éternel, il faut aller à Jésus, c’est notre Médiateur de rédemption.

120. Marie étant la plus conforme à Jésus-Christ de toutes les créatures, il s’ensuit que, de toutes les dévotions, celle qui consacre et conforme le plus une âme à Notre-Seigneur, est la dévotion à la TrèsSainte Vierge, sa sainte Mère, et que plus une âme sera consacrée à Marie, plus elle le sera à Jésus-Christ.

140. Le Père n’a donné et ne donne son Fils que par elle, ne se fait des enfants que par elle, et ne communique ses grâces que par elle ; Dieu le Fils n’a été formé pour tout le monde en général que par elle, n’est formé tous les jours et engendré que par elle dans l’union au Saint-Esprit, et ne communique ses mérites que par elle ; le Saint-Esprit n’a formé Jésus-Christ que par elle, ne forme les membres de son Corps mystique que par elle, et ne dispense ses dons et faveurs que par elle.

Si l’on voulait être exhaustif, il faudrait citer pratiquement tout le traité. Saint Louis-Marie montre que toute grâce ne peut venir que de Jésus, mais passe nécessairement par Marie, ce qu’exprime remarquablement sa devise : « Ad Jesum per Mariam ».

La dévotion aux deux Cœurs a continué ensuite à se développer, donnant notamment naissance en 1802 à Paris, dans le quartier de Picpus, à la congrégation des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie, congrégation plus connue sous le nom de “pères de Picpus”. Sa mission initiale était de rechristianiser la France après la Révolution, en se consacrant à l’éducation et à la formation des jeunes. Très tôt elle eut ses premiers martyrs, car le 26 mai 1871, lors de la semaine sanglante de la Commune de Paris, cinq de ses prêtres (Ladislas Radigue, Polycarpe Tuffier, Frézal Tardieu, Marcellin Rouchouze et Henri Planchat) furent exécutés par les communards en haine de la foi. Ils ont été béatifiés le 22 avril 2023.

Les deux Cœurs dans le message de Fatima

Cette union des deux Cœurs se retrouve plusieurs fois dans le message de Fatima. En effet, à chacune de ses trois apparitions de 1916, l’Ange parle des deux cœurs :

  • printemps 1916 : Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications.
  • été 1916 : Les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde.
  • automne 1916 : Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

Jacinthe a également parlé des deux Cœurs. Quelques jours avant de partir à l’hôpital, elle confia à sa cousine ses dernières pensées :

Il ne me reste plus beaucoup de temps pour aller au Ciel. Toi, tu resteras ici afin de dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Le moment venu de le dire, ne te cache pas. Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie, que c’est à elle qu’il faut les demander, que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie (en portugais : O Coraçao de Jesus quer que a Seu lado se venere o Coraçao Imaculado de Maria), que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à elle que Dieu l’a confiée. Si je pouvais mettre dans le cœur de tout le monde le feu que j’ai là dans ma poitrine, et qui me brûle et me fait tant aimer le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie !

Ces paroles de Jacinthe, outre qu’elles sont un remarquable résumé du message de Fatima, montrent que c’est Notre-Seigneur Lui-même qui demande que le Cœur de sa très sainte Mère soit vénéré avec le sien. C’est parfaitement en cohérence avec la demande divine : « Jésus veut établir dans le monde à dévotion au Cœur Immaculé de sa Mère. » (13 juin 1917) C’est donc bien du Cœur de Jésus que vient la demande de vénérer le Cœur Immaculé de Marie. Vénérer les deux Cœurs ensemble est une parfaite façon de répondre à ces demandes du Ciel.

On en trouve une confirmation dans les révélations qu’eut sœur Lucie quelques années après les apparitions de Fatima. En effet, en 1929, la Sainte Vierge demanda la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé :

Notre-Dame me dit : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen. Elles sont tellement nombreuses les âmes   que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. »

Mais en 1930, elle demanda la consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et Marie :

Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, Sa Sainteté promettant, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice.

Et douze ans plus tard, dans son message du 8 décembre 1942, le pape Pie XII confirma cette nécessité de vénérer ensemble les deux Cœurs :

Les fidèles doivent veiller à associer étroitement le culte du Sacré-Cœur et le culte envers le Cœur Immaculé de Marie, car notre salut vient de l’amour et des souffrances de Jésus-Christ indissolublement unis à l’amour et aux souffrances de sa Mère.  C’est pourquoi il convient que le peuple chrétien rende aussi au Cœur très aimant de sa céleste Mère, de semblables hommages de piété, d’amour, de gratitude et de réparation.  Aux âmes de péché, à celles qui souffrent de leurs fautes, à celles qui veulent expier les péchés des autres, la dévotion du Cœur de leur Mère paraît être un havre à la fois d’idéal et de pardon.

C’est pour répondre à ces différentes demandes que, désormais, nous associerons le culte dû au Sacré-Cœur de Jésus et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Fatima n’est finalement qu’une prolongation de la dévotion aux deux Cœurs. Voilà pourquoi le nouvel organisme qui sortira du rapprochement de Cap Fatima et Salve Corda aura pour épigraphe : « Le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie. »

Rapprochement de Salve Corda et Cap Fatima

Il fallait commencer par donner un nom au nouvel organisme. Après échange entre les différents responsables, il a été décidé de choisir le nom de Fraternité Salve Corda. Ce nom mérite une explication. En effet, Salveest un singulier (je te salue) et Corda est le pluriel de Cor, le Cœur. Mettre un singulier avant un pluriel peut sembler une faute grammaticale. Il aurait été plus logique de mettre le pluriel de Salve : Salvete : (je vous salue).Mais les deux Cœurs de Jésus et Marie sont si unis qu’on peut dire qu’ils n’en forment qu’un. Placer un singulier devant les deux cœurs permet de souligner leur unité. Dieu Lui-même s’est plu à utiliser cette façon de s’exprimer lorsqu’Il a dit à Moïse : « Je suis celui qui suis », alors que l’expression grammaticalement correcte aurait été : Je suis celui qui est.
Le nom étant choisi, voici quelques précisions sur la façon dont ce rapprochement va s’opérer.

Le site

Les trois sites de Salve Corda, de Cap Fatima et du Jubilé 2025 vont être fusionnés. Le nouveau site synthétisera en les complétant tous les éléments figurant sur les trois sites. Vous y retrouverez tout ce qui a été fait jusque-là, notamment les lettres de liaison de Cap Fatima.

Les premiers samedis du mois

Le site sera structuré en insistant particulièrement sur la communion réparatrice des premiers samedis du mois, porte d’entrée de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. L’amitié étant un puissant stimulant pour nous donner la force nécessaire pour persévérer, le système des cités va être développé afin que le maximum de personnes puisse connaître et pratiquer cette dévotion.
Le principe d’envoyer une méditation quelques jours avant chaque premier samedi sera conservé. Désormais, comme c’était fait jusqu’à présent par Cap Fatima, l’ordre des mystères à méditer suivra l’ordre des mystères du Rosaire, quel que soit le temps de l’année liturgique. Le nouveau cycle commencera samedi prochain avec le 1er mystère douloureux. Toutes les méditations proposées par Cap Fatima depuis son lancement resteront accessibles, comme elles le sont actuellement sur cette page du site : https://www.fatima100.fr/les-premiers-samedis-du-mois/meditations

Les rosaires vivants

Les aléas d’internet font que l’organisation des rosaires vivants est devenue très difficile. Car il est devenu pratiquement impossible d’obtenir, dans des délais raisonnables, l’assurance que les 15 personnes inscrites ont reçu les mystères à méditer avant le démarrage du Rosaire. Aussi a-t-il été décidé de proposer plutôt la participation à un chapelet perpétuel.

Le chapelet perpétuel est une pratique ancienne dans l’Église. On la doit au père Timothée Ricci (1579 – 1643), un dominicain italien, qui l’a fondée à Bologne en 1634. Le but du père Ricci était que le Rosaire soit récité continuellement, toute la journée, de jour comme de nuit, tous les jours de l’année. Chaque participant s’engageait pour une heure seulement dans l’année, heure pendant laquelle il devait réciter un Rosaire entier. Pour participer, il fallait se rendre au couvent des dominicains pour tirer au sort, dans une cassette en bois, l’heure (diurne ou nocturne) attribuée. Immédiatement, le succès fut considérable. À Bologne, la cassette dut être renouvelée seize fois, bien qu’il faille plus de 8 700 personnes pour constituer un chapelet perpétuel complet. Le pape Urbain VIII se fit apporter une cassette au Vatican pour tirer au sort son heure. Il tomba sur l’heure de 23 heures à minuit et y fut fidèle jusqu’à sa mort.
Le Rosaire perpétuel se répandit très vite dans toute la Chrétienté, et fut enrichi d’indulgences par les papes. En France, anéanti par la Révolution, il fut restauré par le père Chardon o.p., l’année des apparitions de Notre-Dame à Lourdes. Il lui donna une organisation très précise dont Pie IX fit l’éloge dans le bref Postquam Deo monente du 12 avril 1867. Et les successeurs de Pie IX ont toujours loué cette œuvre.

Plusieurs organismes proposent des chapelets perpétuels. Nous recommandons plus spécialement le Chapelet perpétuel pour le monde(https://www.chapeletperpetuelpourlemonde.org/) fondé en 2020 et dont l’esprit est très proche de celui de Salve Corda. L’organisation pratique n’est pas la même que celle prévue par le père Ricci, mais l’esprit est le même.

Les consécrations au Cœur Immaculé de Marie et le port du scapulaire

Concernant les consécrations au Cœur Immaculé de Marie, il sera toujours possible de recevoir le tableau des méditations proposées pour les préparations de 9 ou 33 jours. Et des rappels continueront à être faits sur le port du scapulaire comme signe de notre appartenance au Cœur Immaculé de Marie et au Sacré-Cœur de Jésus. Le scapulaire du Mont Carmel est bien un signe de dévotion aux deux Cœurs, car très souvent il comporte sur une face une image du Sacré-Cœur et sur l’autre une image de Notre-Dame.

La lettre de liaison

Une lettre de liaison, en principe mensuelle, continuera à être publiée. Elle sera envoyée aux membres de Cap Fatima et de Salve Corda. Outre soutenir notre persévérance, elle aura pour but de continuer à faire connaître le message de Fatima. Pour l’alimenter, il a paru pertinent de reprendre les réflexions conduites depuis l’été 2021 sur les paroles de l’Ange et de Notre-Dame à Fatima. Car, comme pour l’Évangile, ce sont des paroles du Ciel : on peut méditer régulièrement dessus sans lassitude, tellement elles sont riches.
La présente lettre est donc une des dernières que vous recevrez sous cette forme. Les nouvelles garderont le même esprit que Cap Fatima a adopté dès le lancement de sa lettre de liaison.

Nous espérons que cette nouvelle organisation vous conviendra, tout en contribuant à répondre à la demande du Ciel de répandre dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

Source : CAPFATIMA, le 4 mars 2026