La liberté intérieure de Marie

La liberté intérieure de Marie

Lorsque l’ange Gabriel annonça à Marie qu’elle serait la mère du Sauveur, elle eut des questions, non pas parce qu’elle résistait à la volonté de Dieu, mais parce qu’elle voulait l’accomplir. Mais même sans comprendre pleinement comment sa vocation unique allait changer sa vie, Marie était libre de dire : « Je suis la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon votre parole » (Lc 1, 38).

Comment Marie a-t-elle pu être si libre qu’elle a pu dire « oui » au plan unique du Seigneur pour sa vie, puis tout laisser tomber pour se réjouir avec sa cousine et l’aider ?

La réponse réside dans la liberté totale de Marie vis-à-vis du péché. Comme nous le savons, Marie a été préservée du péché originel et, tout au long de sa vie, elle n’a commis aucun péché. Marie était libre de dire « oui » à Dieu parce qu’elle était entièrement libre du péché et de ses effets néfastes sur la volonté humaine.

Sa liberté vis-à-vis du péché a permis à Marie d’adhérer à la volonté de Dieu, mais ne l’a pas préservée de la souffrance. Marie, qui est la « Cause de notre joie », est aussi « Notre Dame des Douleurs ». Elle a connu des épreuves et des incompréhensions. Comme Siméon l’avait prédit, son âme a été transpercée par l’épée de la douleur ; aucune douleur n’a été comparable à celle de Marie au pied de la croix tandis que son Fils donnait sa vie pour la rédemption du monde. C’est parce qu’elle était exempte de péché que Marie a pu accepter et supporter les souffrances qu’impliquait sa vocation, et ainsi participer pleinement à l’offrande de soi du Christ.

Contrairement à la Bienheureuse Vierge Marie, aucun d’entre nous n’est épargné par le péché originel et ses effets. Mais nous sommes rachetés du péché par la mort et la résurrection du Christ, et nous recevons toute l’aide et toutes les grâces dont nous avons besoin pour vaincre le péché et ses effets dans nos vies, tout particulièrement le sacrement de la réconciliation. 

Pourtant, lorsque nous nous engageons dans la lutte pour éradiquer le péché de nos vies, il nous arrive de ne pas ressentir cette liberté. Nous avons parfois  l’impression que « la porte  étroite » vers la vie éternelle entrave  notre liberté. Les Dix Commandements, les préceptes de l’Église et les Béatitudes nous semblent plus une camisole de force que le chemin vers la liberté.

La conversion de notre vie dépend de notre rejet de ce mensonge. Une vie de vertu et d’amour généreux est le chemin vers la vraie liberté. Pour vivre ainsi, nous dépendons de l’action du Saint-Esprit en nous. Nous comptons entièrement sur la grâce de Dieu alors que nous cherchons à briser l’emprise des péchés qui nous tourmentent. La grâce de Dieu agit dans notre humanité (comme elle l’a fait en Marie) – dans notre esprit, notre cœur, notre volonté, nos désirs. Arracher notre liberté au pouvoir du péché semble être un travail difficile – mais une fois libérés du péché, nous pouvons, comme Marie, dire « oui » à Dieu, à notre vocation, à notre famille et à ceux qui sont dans le besoin.

Mgr William E. Lori Catholic Review , 8 mai 2026

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

16.06.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30. 

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme.

Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRES :

Pierre de Celle (v. 1115–1183)

moine puis évêque

3ème sermon pour l’Avent (trad. cf Guéranger, L’Année liturgique, 2e merc Avent)

L’Agneau de Dieu, doux et humble de cœur

      Seigneur, envoie-nous l’Agneau ; c’est l’agneau qu’il nous faut et non le lion (Ap 5,5-6). L’agneau qui ne s’irrite pas et dont la douceur ne se trouble jamais ; l’agneau qui nous donnera sa laine blanche comme la neige pour réchauffer en nous ce qui est froid, pour couvrir ce qui en nous est nu ; l’agneau qui nous donnera sa chair à manger de peur que nous ne périssions de faiblesse sur le chemin (Jn 6,51; Mt 15,32).       Envoie-le plein de sagesse, car dans sa prudence divine il vaincra l’esprit orgueilleux ; envoie-le plein de force, car il est dit que le « Seigneur est fort et puissant dans le combat » (Ps 23,8) ; envoie-le plein de douceur, car « il descendra comme la rosée sur la toison » (Ps 71,6 Vulg) ; envoie-le comme une victime, car il doit être vendu et immolé pour notre rachat (Mt 26,15; Jn 19,36; Ex 12,46) ; envoie-le, non pour exterminer les pécheurs, car il doit « venir les appeler et non les justes » (Mt 9,13) ; envoie-le enfin « digne de recevoir la puissance et la divinité, digne de délier les sept sceaux du livre scellé » (Ap 4,11; 5,9), c’est-à-dire le mystère inexprimable de l’Incarnation.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 26,7-9.12.16-19. 

Il est droit, le chemin du juste ; toi qui es droit, tu aplanis le sentier du juste.
Oui, sur le chemin de tes jugements, Seigneur, nous t’espérons. Dire ton nom, faire mémoire de toi, c’est le désir de l’âme.
Mon âme, la nuit, te désire, et mon esprit, au fond de moi, te guette dès l’aurore. Quand s’exercent tes jugements sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice.
Seigneur, tu nous assures la paix : dans toutes nos œuvres, toi-même agis pour nous.
Seigneur, dans la détresse on a recours à toi ; quand tu envoies un châtiment, on s’efforce de le conjurer.
Nous étions devant toi, Seigneur, comme la femme enceinte sur le point d’enfanter, qui se tord et crie dans les douleurs.
Nous avons conçu, nous avons été dans les douleurs, mais nous n’avons enfanté que du vent : nous n’apportons pas le salut à la terre, nul habitant du monde ne vient à la vie.
Tes morts revivront, leurs cadavres se lèveront. Ils se réveilleront, crieront de joie, ceux qui demeurent dans la poussière, car ta rosée, Seigneur, est rosée de lumière, et le pays des ombres redonnera la vie.

Psaume 102(101),13-14.15.16-18.19-21. 

R/ Du ciel, le Seigneur regarde la terre. (Ps 101, 20b)

Toi, Seigneur, tu es là pour toujours ; 
d’âge en âge on fera mémoire de toi.
Toi, tu montreras ta tendresse pour Sion ; 
il est temps de la prendre en pitié : l’heure est venue.
Tes serviteurs ont pitié de ses ruines, 
ils aiment jusqu’à sa poussière.

Les nations craindront le nom du Seigneur, 
et tous les rois de la terre, sa gloire :
quand le Seigneur rebâtira Sion, 
quand il apparaîtra dans sa gloire,
il se tournera vers la prière du spolié,
il n’aura pas méprisé sa prière.

Que cela soit écrit pour l’âge à venir, 
et le peuple à nouveau créé chantera son Dieu :
« Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s’est penché ; 
du ciel, il regarde la terre
pour entendre la plainte des captifs 
et libérer ceux qui devaient mourir. »

16.07.2026 – SAINT DU JOUR

BBses Marie-Rose de Gordon et 6 compagnes
Religieuses et martyres † 16 juillet 1794

Durant les troubles de la Révolution, 29 religieuses chassées de leurs couvents avaient trouvé refuge dans une maison de Bollène. Là, depuis dix-huit mois, elles partageaient une vie de prière et de totale pauvreté. Elles furent arrêtées en avril 1794 pour avoir refusé de prêter le serment de liberté-égalité exigé par la municipalité et que leur conscience réprouvait. Elles furent incarcérées le 2 mai à Orange, dans la prison de la Cure, près de la cathédrale, où étaient déjà détenues 13 autres consœurs. 

Les religieuses s’organisèrent en communauté et passaient leur temps à prier. Elles furent condamnées à mort par la Commission populaire qui siégeait dans l’actuelle chapelle Saint-Louis, et transférées au Théâtre antique en attendant d’aller à la guillotine dressée sur le cours Saint-Martin. Trente-deux d’entre elles furent exécutées (16 ursulines, 13 sacramentines, 2 cisterciennes et 1 bénédictine).

Le 6 juillet : Sœur Marie-Rose, bénédictine de Caderousse (Suzanne Deloye, née à Sérignan en 1741) ;
le 7 juillet : Sœur Iphigénie, sacramentine de Bollène (Suzanne de Gaillard, née à Bollène en 1761) ;
le 9 juillet : Sœur Sainte-Mélanie, ursuline de Bollène (Madeleine de Guilhermier, née à Bollène en 1733) et Sœur Marie-des-Anges, ursuline de Bollène (Marie-Anne de Rocher, née à Bollène en 1755) ;
le 10 juillet : Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Bollène (Gertrude d’Alauzier, née à Bollène en 1757) et Sœur Agnés, ursuline de Bollène (Sylvie de Romillon, née à Bollène en 1750) ;
le 11 juillet : Sœur Sainte-Pélagie, sacramentine de Bollène (Rosalie Bès, née à Beaume-du-Transit en 1753), Sœur Saint Théotiste, sacramentine de Bollène (Elisabeth Pélissier, née à Bollène en 1741), Sœur Saint-Martin, sacramentine de Bollène (Claire Blanc, née à Bollène en 1742) et Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marguerite d’Albarède, née à Saint-Laurent-de-Carnols en 1740) ;
le 12 juillet : Sœur Rose, sacramentine de Bollène (Thérèse Talieu, née à Bollène en 1746), Sœur du Bon-Ange, converse sacramentine de Bollène (Marie Cluse, née à Bouvantes en 1761), Sœur Marie de Saint-Henri, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Marguerite de Justamond, née à Bollène en 1746) et Sœur Saint-Bernard, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Jeanne de Romillon, née à Bollène en 1753). 
le 13 juillet : Sœur Madeleine, sacramentine de Bollène (Elisabeth Verchières, née à Bollène en 1769), Sœur Marie-de-l’Annonciation, sacramentine de Bollène (Thérèse Faurie, née à Sérignan en 1770), Sœur Saint-Alexis, sacramentine de Bollène (Andrée Minutte, née à Sérignan en 1740), Sœur Saint-François, ursuline de Bollène (Marie-Anne Lambert, née à Pierrelatte en 1742) et Sœur Sainte-Françoise, converse ursuline de Carpentras (Marie-Anne Depeyre, née à Tulette en 1756), Sœur Saint-Gervais, supérieure des ursulines de Bollène (Anastasie de Roquard, née à Bollène en 1749) ;
le 16 juilletSœur Aimée, sacramentine de Bollène (Rose de Gordon, née à Mondragon en 1733), Sœur Marie-de-Jésus, sacramentine de Bollène (Thérèse Charrensol, née à Richerenches en 1758), Sœur Saint-Joachim, converse sacramentine de Bollène (MarieAnne Béguin-Royal, née à Bouvantes en 1736), Sœur Saint-Michel, converse ursuline de Bollène (Marie-Anne Doux, née à Bollène en 1738), Sœur Saint-André, converse ursuline de Bollène (Marie-Rose Laye, née à Bollène en 1728), Sœur Madeleine, ursuline de Pernes (Dorothée de Justamond, née à Bollène en 1743) et Sœur du Coeur-de-Marie, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1754) ;
le 20 juillet : Sœur Saint-Basile, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Anne Cartier, née à Livron en 1733) ;
le 26 juillet : Sœur Saint-Augustin, sacramentine de Bollène (Marguerite Bonnet, née à Sérignan en 1719), Sœur Catherine, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marie-Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1724), Sœur Claire, ursuline de Bollène (Claire Dubas, née à Laudun en 1727) et Sœur du Cœur-de-Jésus, supérieure des ursulines de Sisteron (Elisabeth de Consolin, née à Courthézon en 1736).

Elles montèrent toutes joyeusement à l’échafaud, chantant et priant pour leurs persécuteurs qui admiraient leur courage : « Ces bougresses-là meurent toutes en riant ». Les dix autres religieuses détenues furent sauvées par la chute de Robespierre, le 28 juillet, et libérées en I795.

Les corps des martyres furent jetés dans des fosses communes, dans le champ Laplane (à Gabet), situé à 4 kilomètres de la ville, au bord de l’Aygues, et une chapelle y fut bâtie en 1832. 

Les 32 religieuses ont été béatifiées par le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) le 10 mai 1925.

Source principale : diocese-avignon.fr/ (« Rév. x gpm »).

BBses Marie-Rose de Gordon et 6 compagnes priez pour nous !