À travers le tressaillement de joie de Jean Baptiste dans le sein de sa mère, l’Évangile de la Visitation de Marie nous invite à contempler une vérité fondamentale : toute vie humaine est aimée et appelée par Dieu avant même d’être connue des hommes. Nous vous proposons cette méditation :
« Seigneur Jésus, toi qui as voulu entrer dans notre humanité dès le premier instant de ta conception, ouvre nos cœurs à la contemplation de ce mystère si tendre et si fort : la rencontre de deux mères, de deux enfants, de deux vocations, au cœur même de la vie naissante.
Imaginez la scène. Marie, toute jeune, vient de dire son “oui” à l’ange Gabriel. L’Esprit Saint l’a déjà couverte de son ombre. Dans son sein, depuis à peine deux ou trois semaines, un embryon minuscule, invisible à l’œil nu, est déjà toi, Jésus, le Fils éternel du Père, le Sauveur du monde. Tu n’es pas un “amas de cellules”, mais une personne : vrai Dieu et vrai homme, dès la première division de tes cellules.
Marie se met en route, le cœur débordant de joie. Elle traverse les collines de Judée pour rejoindre sa cousine Élisabeth, enceinte de six mois. Élisabeth porte Jean Baptiste, déjà bien formé, déjà prophète en devenir. Son petit corps de six mois est capable de mouvements, de sensations, de joie. Et voici le miracle de la Visitation. À peine Marie franchit-elle le seuil et prononce-t-elle son salut que l’Esprit Saint remplit Élisabeth. Et Jean, dans le sein de sa mère, tressaille de joie (Lc 1, 41-44). Ce n’est pas un simple réflexe biologique. C’est une explosion de joie spirituelle ! Jean reconnaît son Seigneur. Même à six mois, il prophétise déjà : “Tu es celui qui doit venir !”. Et ce petit être, encore caché, encore dépendant, est capable de reconnaître le Messie qui n’a lui-même que deux ou trois semaines d’existence.
Frères et sœurs, arrêtons-nous sur cette vérité bouleversante. Si Jean, à six mois, peut tressaillir de joie devant Jésus, c’est parce que tous les deux étaient déjà des personnes. Des personnes en plénitude. Des personnes aimées, connues, appelées par Dieu avant même d’être vues par les hommes. Jésus, à l’état embryonnaire, est déjà le Verbe fait chair. Jean, fœtus de six mois, est déjà le Précurseur rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère (Lc 1, 15). »
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Pantaléon vivait à Nicomédie. Son père était païen et sa mère chrétienne ; celle-ci mourut malheureusement bien trop tôt pour son enfant. Pantaléon, élevé dans la religion de Jésus-Christ, quoique non encore baptisé, subit l’influence de son père et finit par oublier les principes que sa mère lui avait inculqués dans son enfance.
Il s’attacha à l’étude de la médecine et y devint si célèbre, que l’empereur Maximien-Galère le choisit pour son médecin et voulut l’avoir à sa cour. Un prêtre chrétien, nommé Hermolaüs, résolut de ramener à la foi chrétienne un homme qui avait de si brillantes qualités ; il s’introduisit dans sa confiance et en vint à lui rappeler les vérités de la religion : « À quoi, lui dit-il, vous serviront vos connaissances, si vous ignorez la science du salut ? »
Hermolaüs, voyant que ses paroles faisaient impression sur Pantaléon, le pressa davantage, et celui-ci lui déclara qu’il y penserait sérieusement. Ces heureuses dispositions s’affermirent par un miracle qu’il opéra en invoquant le nom de Jésus-Christ. Un jour qu’il se promenait dans la campagne, il rencontra un enfant mort, et, tout près de lui une vipère. Il ne douta point que l’enfant n’eût été la victime de ce reptile venimeux. Inspiré par la grâce, il s’adressa, plein de confiance, à Jésus-Christ, et dit : « Enfant, lève-toi, au nom de Jésus-Christ ! » Puis, se tournant vers la vipère : « Et toi, méchante bête, reçois le mal que tu as fait. » À l’instant l’enfant se relève vivant, et la vipère demeure inerte sur le sol. Pantaléon n’hésita plus à se faire baptiser.
Le salut de son père fut sa première pensée, et il employa tout pour y réussir, la raison, le sentiment, la piété filiale et surtout la prière ; il acheva sa conquête par un miracle. Un jour, un aveugle vint le trouver et lui dit : « J’ai depuis longtemps employé sans effet tous les remèdes ; on m’a dit que vous êtes très habile médecin ; pourriez-vous me secourir ? – Je vous guérirai, dit le médecin, si vous vous engagez à devenir chrétien. » L’aveugle promit avec joie et fut aussitôt guéri par l’invocation de Jésus-Christ. Son père, témoin de ce miracle, reçut le baptême avec l’aveugle guéri.
Pantaléon devint de plus en plus un apôtre de la foi ; à la mort de son père il vendit tous ses biens, les employa en bonnes œuvres et ne se réserva que le produit de l’exercice de sa profession. Des médecins jaloux le dénoncèrent comme chrétien à l’empereur. Pantaléon fut condamné à divers supplices et fut enfin décapité.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,31-35.
En ce temps-là, Jésus proposa aux foules une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches. » Il leur dit une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »
Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète : ‘J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde.’
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Maxime de Turin (?-v. 420)
évêque
Homélie 111 ; CC Sermon 25, p.97 ; PL 57, 511 (trad. Quéré-Jaulmes / En Calcat rev.)
Le levain du monde entier
Nous lisons dans l’Évangile : « Si le grain de blé ne tombe en terre et n’y meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24). Le Seigneur Jésus est le grain de blé, mais il est aussi le levain… En venant, homme et seul, dans le monde, le Seigneur Jésus a donné à tous les hommes la possibilité de devenir ce qu’il est lui-même. Tout homme qui s’unit au levain du Christ devient lui aussi du levain, utile à lui-même et profitable à tous ; il sera sauvé et il sauvera autrui. Avant d’être disséminé dans un monceau de farine, le levain est broyé, écrasé, émietté, il est complètement dissous — mais c’est alors qu’il rassemble en une même fermentation les grains innombrables et dispersés de la farine. Il ramène en un corps solide une substance qui, d’elle-même, était aussi inconsistante que la poussière ; il fait, enfin, une pâte utile de ce qui semblait n’être qu’un vain éparpillement. Ainsi le Seigneur Jésus Christ, levain du monde entier, a été brisé par beaucoup de souffrances, lacéré et détruit, et son suc, c’est à dire son précieux sang, s’est répandu pour nous, afin d’affermir, en s’y mêlant, tout le genre humain dispersé. Nous qui étions comme une farine de peuples, nous voilà rassemblés comme du levain ; nous qui gisions lamentablement par toute la terre, dispersés et broyés, nous voilà réunis au corps du Christ grâce à la puissance de sa Passion.
LECTURES :
Livre de Jérémie 13,1-11.
Ainsi m’a parlé le Seigneur : « Va, tu achèteras une ceinture de lin et tu la mettras sur tes reins. Évite de la tremper dans l’eau. » Selon la parole du Seigneur, j’ai acheté une ceinture et je l’ai mise sur mes reins. De nouveau, la parole du Seigneur me fut adressée : « Avec la ceinture que tu as achetée et que tu portes sur les reins, lève-toi, va jusqu’à l’Euphrate, et là-bas cache-la dans la fente d’un rocher. » Je suis donc allé la cacher près de l’Euphrate, comme le Seigneur me l’avait ordonné. Longtemps après, le Seigneur m’a dit : « Lève-toi, va jusqu’à l’Euphrate, et reprends la ceinture que je t’ai ordonné de cacher là-bas. » Je suis donc allé jusqu’à l’Euphrate, j’ai creusé, et j’ai repris la ceinture de l’endroit où je l’avais cachée. Et voici : la ceinture était pourrie, hors d’usage ! Alors la parole du Seigneur me fut adressée : « Ainsi parle le Seigneur : Voilà comment je ferai pourrir l’immense orgueil de Juda et de Jérusalem. Ce peuple mauvais, qui suit les penchants de son cœur endurci et qui marche à la suite d’autres dieux, pour les servir et se prosterner devant eux, il deviendra pareil à cette ceinture qui est hors d’usage. En effet, de même qu’un homme s’attache une ceinture autour des reins, de même je m’étais attaché toute la maison d’Israël et toute la maison de Juda – oracle du Seigneur, pour qu’elles soient mon peuple, mon renom, ma louange et ma parure. Mais elles n’ont pas écouté ! »
Livre du Deutéronome 32,18-19.20.21.
R/ Le Dieu qui t’a engendré, tu l’oublies. (Dt 32, 18a)
Tu dédaignes le Rocher qui t’a mis au monde ; le Dieu qui t’a engendré, tu l’oublies. Le Seigneur l’a vu : il réprouve ses fils et ses filles qui l’ont exaspéré.
Il dit : « Je vais leur cacher ma face et je verrai quel sera leur avenir ; oui, c’est une engeance pervertie, ce sont des enfants sans foi.
Eux m’ont rendu jaloux par un dieu qui n’est pas dieu, exaspéré par leurs vaines idoles ; moi, je vais les rendre jaloux par un peuple qui n’est pas un peuple, les exaspérer par une nation stupide.
Angélus: Jésus Christ, le trésor caché qui transforme la vie
L’Église est une communion de personnes différentes mais toutes sont «appelées à se reconnaître une en Jésus-Christ, Lui, le trésor caché, la perle précieuse, le filet qui rassemble ceux qui sont dispersés», a souligné le Pape ce dimanche 26 juillet dans sa méditation qui a précédé la prière mariale de l’angélus à Castel Gandolfo, où il poursuit son séjour estival.
Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican
Aux pèlerins réunis ce dimanche 26 juillet sur la place de la liberté, à l’entrée de sa résidence estivale de Castel Gandolfo, le Pape Léon XIV a invité les fidèles, à travers les paraboles du trésor caché et de la perle précieuse présente dans l’Évangile du jour, à redécouvrir la valeur incomparable du Royaume de Dieu «au point que vendre ou tout abandonner n’apparaît plus comme un renoncement, mais comme un gain». L’appel de Jésus à le suivre est irrésistible, libre, certes, mais urgent et capable de susciter une réponse immédiate et animée par le désir. Pour le Souverain pontife, la rencontre avec le Royaume de Dieu «est un tournant qui ne restreint pas la vie, mais l’élargit. Si quelque chose doit désormais changer, c’est pour offrir davantage de possibilités, et non pour en retirer».
Un appel adressé à tous
Le Pape a souligné que Jésus met en scène des personnages très différents dans ses paraboles: un paysan, un marchand, des pêcheurs, un scribe, une femme qui prépare le pain, un roi, des bergers ou encore des administrateurs.
Cette diversité, dit-il, illustre le caractère universel de l’appel de Dieu. Chacun, quelle que soit sa condition sociale, son métier ou son parcours, est invité à découvrir la beauté du Royaume et à renouveler sa vie: «le Royaume de Dieu révèle son inestimable beauté sous différentes formes, mais il appelle tout le monde – hommes et femmes, jeunes et personnes âgées, pauvres et riches – à un profond renouveau».
Une Église rassemblée autour du Christ
Le Saint-Père a rappellé en outre que l’Église est composée de personnes d’origines, de cultures et de responsabilités différentes, mais unies par une même foi en Jésus-Christ, «le trésor caché, la perle précieuse, le filet qui rassemble ceux qui sont dispersés». Dès le début, poursuit-il, Jésus a appelé et rassemblé autour de lui des personnes qui, autrement, ne se seraient jamais côtoyées.
“C’est ainsi qu’il a montré que Dieu ne fait acception de personnes et que son élection est une prédilection, en particulier pour ceux qui sont petits et mis au rebut.”
À l’instar du roi Salomon, le Pape a exhorté les fidèles à demander le don de la sagesse pour distinguer «la perle de grande valeur, et de savoir reconnaître le trésor pour lequel il vaut la peine de tout vendre». Alors que l’industrie de la consommation modifie nos goûts, suscitant sans cesse de nouveaux besoins pour ensuite nous vendre des réponses qui ne rassasient pas et empoisonnent parfois le cœur, fait-il remarquer, «nous devons apprendre à saisir ce qui compte vraiment: le trésor de la relation avec Dieu qui nous ouvre à la joie et nous aide à vivre au mieux nos relations les uns avec les autres».
L’évêque de Rome a conclu sa méditation en demandant l’intercession de Marie, «Siège de la Sagesse», pour qu’elle oriente vers Jésus notre désir de vie, afin qu’il s’accomplisse pleinement.
Cet été, Fatima met les jeunes au défi de se découvrir dans la lumière de Dieu
« Into the Light » est une proposition de cinq jours pour les jeunes de 18 à 25 ans, du 5 au 9 août.
Cet été, le sanctuaire de Fatima propose aux jeunes de 18 à 25 ans une expérience de découverte et de transformation intérieure à partir de la spiritualité de Fatima. « Into the Light » est le nom de la proposition d’immersion, prévue pour la période du 5 au 9 août, et qui mettra les jeunes au défi de parcourir un chemin de rencontre, de réflexion, de service et de prière, accompagnés par la richesse symbolique de la lumière, avec l’aide de l’Évangile et du message de Fatima.
« Pendant cinq jours, les participants seront mis au défi de relire leur propre vie, d’approfondir les horizons de leur vocation et de renforcer leur relation avec Dieu et avec les autres, dans un environnement marqué par la simplicité, la proximité et le partage », peut-on lire dans la présentation de la proposition, qui est dynamisée par le Département d’accueil et de pastorale du Sanctuaire de Fatima.
En plus des moments de réflexion personnelle, de prière et de célébration, la rencontre permettra la découverte du patrimoine et de la spiritualité de Fatima et offrira des expériences de bénévolat et des occasions de convivialité fraternelle.
« Into the Light » se veut « une occasion de ralentir, d’écouter, de se laisser interpeller par la vie de Marie et des petits bergers, de reconnaître ses propres ombres et de faire un pas dans la ‘lumière qui est Dieu’, de se laisser reconfigurer par sa présence et de trouver de nouveaux sens pour sa propre vie et sa mission ».
Le martyre du père Hamel, une journée qui a changé la France
Le 26 juillet 2016, la nouvelle frappe l’Église et le monde comme un coup de tonnerre : en France, un prêtre de 85 ans vient d’être assassiné au pied de son autel par deux terroristes islamistes. Inconnu du grand public quelques heures plus tôt, le père Jacques Hamel devient le visage d’une fidélité silencieuse poussée jusqu’au martyre.
26 juillet 2016. « Va-t’en, Satan ! » L’injonction résonne deux fois sous les voûtes de l’église Saint-Étienne de Rouvray. Quelques instants plus tard, les 48 coups de couteau s’abattent sur le père Jacques Hamel, avant le dernier, fatal, porté à la gorge. Le sang macule les dalles du lieu saint. Le père Hamel est mort en martyr.
Comme tous les matins de semaine, le prêtre de 85 ans célèbre la messe. Il a été ordonné 60 ans plus tôt, en 1958, dans l’archidiocèse de Rouen. Durant ces six décennies de sacerdoce, Jacques Hamel est demeuré sur cette terre normande qu’il aimait tant. Né le 30 novembre 1930 à Darnétal, près de Rouen, il grandit dans une famille catholique avant de ressentir l’appel de la prêtrise. Après son ordination, il devient un homme de paroisse, de proximité, de ces prêtres qui connaissent les visages avant de connaître les noms inscrits sur les registres. L’écrivain Étienne de Montety, qui s’est inspiré de Jacques Hamel pour son roman La Grande Épreuve, voyait en lui l’un de ces prêtres « selon Bernanos » : « Jacques Hamel ressemblait aux prêtres de sa génération. En apparence peu spectaculaire et pourtant fermement enraciné dans son ministère, par sa foi au Christ », confie-t-il à Aleteia.
Un sacerdoce discret
Au fil des années, il sert dans plusieurs paroisses du diocèse de Rouen. Il n’est pas un homme de grands discours ni de lumière médiatique. Sa vie se construit dans la simplicité des gestes quotidiens : célébrer une messe, accompagner une famille endeuillée, baptiser un enfant, écouter une solitude. Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un prêtre discret, attentif et qui, malgré l’avancée en âge, refuse de raccrocher. En 2016, alors qu’il a déjà atteint largement l’âge de la retraite, il continue de servir la paroisse en tant que prêtre auxiliaire, permettant ainsi au curé de Saint-Étienne de Rouvray de s’accorder quelques jours de repos. L’homme que les terroristes vont assassiner ce matin-là n’est en réalité rien d’autre qu’un prêtre façonné par soixante années de fidélité, un témoin silencieux d’une époque où Dieu est oublié, l’Église dépassée. Et où lui, prêtre jusqu’ici insignifiant pour l’Histoire, a continué à porter la même mission.
Avait-il senti sa mort venir ? Sa sœur, Roseline, raconte dans son livre Sœurs de douleur (éditions XO, 2025) que depuis plusieurs semaines Jacques Hamel dort mal. En proie à un sommeil agité, il fait toujours le même cauchemar. « C’est toujours le même scénario. Je sors de mon église. Il n’y a personne dans la rue. J’entends des pas derrière moi, on court derrière moi… Je me retourne et deux galopins m’agressent, personne pour me porter secours. Là-dessus je me réveille en nage, essoufflé, perturbé… »
Église de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). APL/ALETEIA
Ce 26 juillet 2016, une poignée de fidèles a répondu présents à la messe quotidienne, malgré la période estivale : Guy et Janine Coponet, et trois religieuses des Sœurs de Saint Vincent de Paul, Hélène Decaux (83 ans), Danièle Delafosse (72 ans) et Huguette Péron (79 ans). Tous ont choisi, eux aussi, de servir sans compter dans ce quartier populaire où se dressent ces HLM disgracieux. Visite aux personnes âgées, soutien scolaire : les petites sœurs ne comptent pas leur temps.
La fin de la messe sonne. « Allez dans la paix du Christ », lance le père Hamel. Mais alors que les fidèles s’apprêtent à se disperser, deux hommes entrent brusquement par la porte de la sacristie, armés de couteaux. Ils vocifèrent des paroles de guerre en arabe. « Allah Akbar ». Les adorateurs de la Croix doivent périr. Le père Hamel, ferme, comme à son habitude, leur intime l’ordre de se calmer. Pendant qu’un terroriste inflige la torture à Guy Coponet de filmer la scène, l’autre saisit le père Hamel, le traîne jusqu’à l’autel, avant de lui asséner les coups mortels. Guy Coponet connaît ensuite le même acharnement sous les yeux de sa femme. Mais l’homme de 87 ans survivra.
Prêtre pour l’Eternité
À plus de 1.500 kilomètres de là, des centaines de milliers de jeunes catholiques sont alors rassemblés à Cracovie pour les Journées mondiales de la jeunesse. Quelques heures plus tard, le pape François demande que l’on prie pour le père Jacques Hamel et salue déjà celui qu’il considère comme un témoin de la foi jusque dans le don de sa vie.
Il est 10h30, la cloche de Saint-Étienne sonne. La vie du père Hamel s’est arrêtée entre ces murs saints, au pied de l’autel qu’il a servi toute sa vie. Bientôt, le silence de l’église laisse place au fracas de la nouvelle qui se répand dans tout le pays : un prêtre vient d’être assassiné au pied de son autel. Depuis la Terreur, la France n’avait plus connu un tel sacrilège. Les deux islamistes eux, sont morts criblés de balles après s’être précipités sur les hommes de la BRI au sortir du massacre. Ils s’appelaient Abel Malik Petitjean et Adel Kermiche. Mais aujourd’hui, pas grand monde ne s’en souvient. Celui que l’Histoire a retenu, c’est Jacques Hamel, prêtre pour l’Éternité.
Depuis sa mort, une cause en béatification a été ouverte pour le père Jacques Hamel. En 2017, avec une dispense exceptionnelle accordée par le pape François, l’archevêque de Rouen a pu lancer l’enquête diocésaine sans attendre le délai habituel de cinq ans. Le dossier, qui rassemble des milliers de pages de témoignages et de documents sur sa vie et son assassinat, a été transmis en 2019 au Vatican, où il est désormais étudié par le Dicastère pour les Causes des saints. La procédure pourrait aboutir à une béatification au titre du martyre, l’Église devant reconnaître qu’il a été tué « en haine de la foi » (in odium fidei). À ce jour, Jacques Hamel est toujours déclaré « serviteur de Dieu » et n’a pas encore été proclamé bienheureux.
L’auteur du protévangile de Jacques (récit apocryphe) présente les parents de Marie, Anne et Joachim habitant Jérusalem, dans le quartier proche du temple. Ils sont de la tribu sacerdotale ; grandement éprouvés à cause de leur stérilité et dans leur entourage, ils sont souvent méprisés et contredits. Plutôt riches, ils sont généreux et compatissants, ils donnent à pleine main aux pauvres. Pleins de confiance en Dieu, ils ont toutes les qualités pour être visités par Dieu.
Dans une perspective apparemment assez différente, Marie est, selon les Pères syriaques, « Fille de pauvres », « humble fille de pauvres gens », « celle qui était parmi les gens d’humble condition », et, dans la continuité avec de telles origines, elle est devenue « celle qui a gardé l’humilité qui rend pauvre en esprit. »
Dans un regard spirituel, les deux perspectives se rejoignent : les parents de la Vierge Marie préparent la « Béatitude des pauvres ».
A.Gila Dans Il pensiero dei Padri della Chiesa su s. Maria e la Beatitudine dei poveri in Santa Maria « Regina Martyrum » Quaderno di spiritualità dell’ordine dei Frati servi di Maria Provincia di Piemonte e Romagna, Anno IV – N°2 (11) – 2001, p.21-27
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.