« La Joie qui tressaille dès le sein » (II)

« La Joie qui tressaille dès le sein » (II)

Si Jean, à six mois dans le sein de sa mère, peut tressaillir de joie devant Jésus, c’est parce que tous les deux étaient déjà des personnes, comme le montre le récit évangélique de la Visitation de Marie à Élisabeth Lc 1, 41-44).

Quelle leçon pour notre époque où l’on ose encore dire que l’enfant à naître « n’est pas encore une personne » ! Ici, l’Évangile crie le contraire avec une force irrésistible : à deux ou trois semaines, tu es déjà le Roi des rois ; à six mois, tu es déjà le prophète qui prépare les chemins du Seigneur.

Dès la conception, l’être humain est une personne sacrée, unique, irremplaçable, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le tressaillement de Jean n’est pas seulement un signe pour Élisabeth ; il est un signe pour tous les siècles : la vie intra-utérine est déjà une vie de relation, de communion, de joie. Ô Marie, Mère de la Vie, toi qui as porté le Sauveur dans la plus grande fragilité, apprends-nous, particulièrement aux Catholiques de nos diocèses et de nos paroisses, à contempler chaque enfant à naître avec les yeux de la foi. Toi qui as marché vers Élisabeth pour la servir, enseigne-nous à marcher vers toutes les mères en difficulté, vers tous les petits êtres menacés.

Seigneur, pardonne-nous les fois où nous avons oublié que tu étais présent dans le sein de Marie dès le premier jour. Pardonne à notre société d’avoir fait du sein maternel un lieu de mort pour tant d’enfants. Donne-nous le courage de dire, comme Élisabeth : « Béni soit le fruit de ton sein ! »

Et toi, petit Jean, toi qui as dansé de joie avant même de naître, prie pour nous ! Apprends-nous à reconnaître le Christ dans les plus petits, les plus vulnérables, les plus invisibles. Apprends-nous à tressaillir de joie devant la vie, même quand elle est toute fragile, même quand elle n’a que quelques cellules, même quand le monde la rejette.

Marie, pleine de grâce, Élisabeth comblée de l’Esprit, Jean rempli de joie, Jésus déjà Sauveur :

Que votre Visitation devienne notre prière quotidienne pour la vie. Que chaque femme qui porte un enfant entende, au plus profond d’elle-même, le tressaillement de joie de Jean. Que chaque enfant conçu, même dans la plus grande précarité, sache qu’il est déjà aimé, déjà appelé, déjà personne éternelle aux yeux de Dieu. Et nous, aujourd’hui, dans le silence de cette méditation, laissons notre propre cœur tressaillir : « Oui, Seigneur, tu es vivant dès la conception. Oui, tout enfant à naître est ton frère, ta sœur, ton temple. Oui, nous voulons défendre la vie, l’accueillir, la protéger, la célébrer. »

auservicedelavie.fr

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

28.07.2026 – SAINT DU JOUR

St Melchior García Sampedro

Saint Melchor García Sampedro
Évêque dominicain et martyr († 1858)

Melchor García Sampedro(Melchor de Quirós) naît à Lindes (Asturias, Espagne) le 28 avril 1821.

En 1835 il étudie la philosophie et la théologie à l’université d’Oviedo, enseigne au collège diocésain San José, puis quitte l’enseignement et entre dans l’Ordre dominicain, avec l’intention d’être missionnaire en Orient, prenant l’habit au couvent d’Ocaña (Tolède) le 16 août 1845. 

Ordonné prêtre en décembre 1847 à Madrid, il s’embarque à Cádiz le 7 mars 1848 et arrive à Manille (Philippines) le 25 juillet. Il est lecteur de philosophie au collège Saint Thomas de Manille, jusqu’en octobre de la même année, puis embarque à Macao pour le Tonkin, où il arrive en février 1849. Il était d’une grande piété, avec une dévotion particulière envers le Seigneur de la Passion et la Mère douloureuse. Vu ses remarquables qualités pour le ministère et le gouvernement, il est vite élevé au service de vicaire du groupe de missionnaires.

Le 16 septembre 1855 l’évêque P. Sanjurjo le consacre évêque de Tricomia à Bui-Chu. En parfaite harmonie avec son projet ministériel, il se livre sans réserves au soin, formation et sanctification des fidèles, donnant ainsi l’occasion d’être connu publiquement et d’affronter la persécution que l’empereur Tu Duc avait décrétée contre les chrétiens. Il écrit à ses parents: « Nous n’avons pas eu un jour de paix ni de quiétude, ni une heure où notre vie n’ait pas été en danger. L’enfer entier s’est conjuré contre nous, et ces mandarins, comme d’autres Nérons, se sont proposé d’en finir avec l’œuvre du Seigneur… Persécution cruelle, famine et guerre civile sont les trois fléaux par lesquels les néophytes du Tonkin central purgent leurs péchés et se préparent une couronne plus brillante que le soleil, qu’ils ceindront pour toute l’éternité. En un jour ils ont coupé la tête au prêtre Huang et à cinq chrétiens; le lendemain à dix, et peu après à dix autres; ensuite à trois prêtres, et avant tous ceux-là, ils avaient coupé en morceaux en un seul jour treize chrétiens. Aidez-moi par vos prières à laver mes fautes avec mon sang et que j’obtienne la palme du martyre ».
Après l’exécution de Mgr Sanjurjo, son successeur, García Sampedro, est arrêté le 8 juillet 1858 à Kieu-Lao et conduit chargé de chaînes à Nam-Dinh, capitale de la province, où il est soumis à de cruelles tortures et tentations. Mais il demeure inébranlable dans sa foi, ce pourquoi, 28 juillet 1858, il est mis en pièces publiquement. Ses restes, rapatriés 30 ans après à Oviedo, où sont célébrés de solennels honneurs funèbres les 28-29 avril 1889, sont transférés à la cathédrale d’Oviedo.

Melchor García Sampedro a été béatifié le 24 avril 1951, avec 24 autres martyrs du Viêt-Nam, par le vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) et canonisé, avec 116 autres martyrs du Viêt-Nam, le 19 juin 1988 par saint Jean-Paul II (Karol Józef  Wojtyła, 1978-2005).

Pour approfondissements et liste complète des 117 Martyrs :
>>> 117 martyrs du Vietnam

Source principale : cite-catholique.org/(« Rév. x gpm »).

Saint Melchor García Sampedro priez pour nous !

28.07.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,36-43. 

En ce temps-là, laissant les foules, Jésus vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »

Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.

De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.

Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ;
ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390)

moine

Homélies spirituelles, n° 51 (trad. Bellefontaine 1984, coll. Spi. Or. 40, p.367 rev.)

« C’est un ennemi qui a fait cela »

Je vous écris, frères bien-aimés, pour que vous sachiez que depuis le jour où Adam a été créé jusqu’à la fin du monde, le Malin fera la guerre aux saints sans se donner de repos (Ap 13,7)… Ils sont cependant peu nombreux, ceux qui se rendent comptent que le ravageur des âmes cohabite avec eux dans leur corps, tout près de l’âme. Ils sont dans la tribulation, et il n’y a personne sur terre pour les réconforter. C’est pourquoi, ils regardent vers le ciel et y placent leur attente, afin d’en recevoir quelque chose au-dedans d’eux-mêmes. Et par cette force, et grâce à cette armure de l’Esprit (Ep 6,13), ils vaincront. C’est du ciel, en effet, qu’ils reçoivent une force, qui demeure cachée aux yeux de la chair. Tant qu’ils chercheront Dieu de tout leur cœur, la force de Dieu vient secrètement à leur aide à tout moment… C’est précisément parce qu’ils touchent du doigt leur faiblesse, parce qu’ils sont incapables de vaincre, qu’ils sollicitent ardemment l’armure de Dieu, et ainsi revêtus de l’équipement de l’Esprit pour le combat (Ep 6,13), ils deviennent victorieux… Sachez donc, frères bien-aimés, qu’en tous ceux qui ont préparé leur âme à devenir une bonne terre pour la semence céleste, l’ennemi se hâte de semer son ivraie… Sachez aussi que ceux qui ne cherchent pas le Seigneur de tout leur cœur ne sont pas tentés par Satan de façon aussi évidente ; c’est plutôt en cachette plus par des ruses qu’il essaie de les écarter loin de Dieu. Mais maintenant, frères, prenez courage et ne craignez rien. Ne vous laissez pas effrayer par des imaginations suscitées par l’ennemi. Dans la prière, ne vous livrez pas à une agitation confuse, en multipliant des cris déplacés, mais accueillez la grâce du Seigneur dans la contrition et le repentir… Prenez courage, réconfortez-vous, tenez bon, souciez-vous de vos âmes, persévérez avec zèle dans la prière… Car tous ceux qui cherchent Dieu en vérité recevront une force divine en leur âme, et en recevant cette onction céleste, tous ceux-là sentiront en eux-mêmes le goût et la douceur du monde à venir. Que la paix du Seigneur, celle qui a été avec tous les saints pères et les a gardés de toute tentation, demeure aussi avec vous.

LECTURES :

Livre de Jérémie 14,17-22. 

Que mes yeux ruissellent de larmes nuit et jour, sans s’arrêter ! Elle est blessée d’une grande blessure, la vierge, la fille de mon peuple, meurtrie d’une plaie profonde.
Si je sors dans la campagne, voici les victimes de l’épée ; si j’entre dans la ville, voici les souffrants de la faim. Même le prophète, même le prêtre parcourent le pays sans comprendre.
As-tu donc rejeté Juda ? Es-tu pris de dégoût pour Sion ? Pourquoi nous frapper sans remède ? Nous attendions la paix, et rien de bon ! le temps du remède, et voici l’épouvante !
Seigneur, nous connaissons notre révolte, la faute de nos pères : oui, nous avons péché contre toi !
À cause de ton nom, ne méprise pas, n’humilie pas le trône de ta gloire ! Rappelle-toi : ne romps pas ton alliance avec nous !

Parmi les idoles des nations, en est-il qui fassent pleuvoir ? Est-ce le ciel qui nous donnera les pluies ? N’est-ce pas toi, Seigneur notre Dieu ? Nous espérons en toi, car c’est toi qui as fait tout cela.

Psaume 79(78),5a.8.9.11.13ab. 

R/ Pour la gloire de ton nom, Seigneur, délivre-nous ! (Ps 78, 9ab)

Combien de temps, Seigneur, durera ta colère ?
Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres : 
que nous vienne bientôt ta tendresse, 
car nous sommes à bout de force !

Aide-nous, Dieu notre Sauveur, 
pour la gloire de ton nom ! 
Délivre-nous, efface nos fautes, 
pour la cause de ton nom !

Que monte en ta présence la plainte du captif ! 
Ton bras est fort : épargne ceux qui doivent mourir.
Et nous, ton peuple, le troupeau que tu conduis,
sans fin nous pourrons te rendre grâce.

« Va-t’en, Satan ! » : le dernier combat du père Jacques Hamel

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« Va-t’en, Satan ! » : le dernier combat du père Jacques Hamel

Il y a dix ans, le 26 juillet 2016, mourait le père Jacques Hamel, sauvagement assassiné à l’arme blanche par deux jeunes islamistes au pied de son autel, à la fin de la célébration de la sainte messe, dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen. L’attaque est revendiquée le jour même par l’État islamique. Ce prêtre de quatre-vingt-cinq ans, aussi humble que discret et qui compte presque soixante années de sacerdoce, devient par son martyre connu et vénéré dans le monde entier. Son procès de béatification est rapidement ouvert au Vatican en 2019. Premier prêtre depuis la Révolution française à être égorgé dans son église – agneau immolé alors qu’il célèbre l’Eucharistie –, il devient un témoignage de fidélité au Christ et un exemple de courage qui renforce la foi en Dieu, dans la lignée de nombreux martyrs.

Les raisons d’y croire

  • Lors de son service militaire, Jacques est appelé à servir sous les drapeaux en Algérie. Il y frôle la mort au cours d’une attaque à la bombe, dont il est le seul survivant. Cette épreuve le bouleverse et le questionne profondément : « Pourquoi moi, Seigneur ? » Elle scelle néanmoins à jamais sa foi en Dieu et prendra un sens singulier au terme de sa vie.
  • Même après cinquante-huit ans de sacerdoce, il refuse de prendre sa retraite, car il souhaite « servir le Christ jusqu’au bout ». En particulier, la messe est pour le père Hamel « le sommet de sa vie de prêtre ». Son attachement à la célébrer avec soin – « comme si c’était sa première messe » – est bien connu des enfants de chœur et de son entourage. Il avait perçu dans la messe le plus grand des mystères d’amour, et il est exécuté alors qu’il vient de terminer une messe : sa mort apparaît comme un signe vivant de sa mission.
  • La vie du père Jacques Hamel, dans son ensemble, apparaît comme une préparation au martyre. Il vit avec une foi chevillée au corps malgré l’adversité : une enfance difficile auprès d’un père violent, sa fidélité à sa vocation lors des grands bouleversements des années 1960, l’acceptation humble de toutes ses affectations paroissiales, sa constance infatigable dans l’exercice de son ministère, par la dispensation des sacrements et le service des autres… Il a cultivé toute sa vie les vertus de foi, d’espérance et de charité, qui le fortifieront au moment de l’attaque.
  • Au cours des mois qui précèdent l’événement, une sorte de rêve prémonitoire revient dans ses nuits et le laisse pensif. De plus, des marques ont été retrouvées dans son manuel de théologie biblique aux mots « à genoux », « martyr » et « persécution », laissant penser qu’il avait médité sur ces notions. Dieu ne l’a pas laissé affronter cette épreuve sans l’accompagner avec soin.
  • Le jour de son assassinat, dans son église, il reconnaît instantanément l’action du diable à travers les terroristes qui l’attaquent, et il trouve le courage de lui résister. Il ne résiste pas par la violence, mais par l’esprit, trouvant ainsi la force de dire par deux fois à ses agresseurs : « Va-t’en, Satan !»
  • En effet, malgré la violence de l’assassinat – marqué par des dizaines de coups de couteau, qui précèdent l’égorgement –, le père Jacques Hamel ne se montre pas agressif. Il ne se laisse pas faire pour autant, puisqu’il refuse de s’agenouiller, comme les terroristes le lui demandent. Pour Guy Coponet, fidèle présent lors de ce moment tragique, il ressemble au Christ silencieux qui rend l’âme dans un dernier souffle, au terme de son chemin de Croix.
  • Les fruits du martyre sont nombreux : non seulement une affluence exceptionnelle de lettres et de témoignages de condoléances venus des quatre coins du monde, toutes confessions et toutes sensibilités politiques confondues, mais aussi la rencontre, dans une démarche de pardon, entre Roseline, sœur du père Hamel, et Nassera Kermiche, mère de l’un des terroristes.
  • Il faut aussi souligner l’absence de toute réaction de vengeance ou de haine parmi les survivants et la communauté chrétienne. On constate plutôt un regain de foi et de pratique chez de nombreux catholiques.
  • Les premiers miracles attribués à son intercession viennent nourrir le dossier du procès de béatification, qui est ouvert rapidement.
  • Alors que l’on pensait disposer de peu de documents pour ce procès de béatification, en raison de la grande discrétion du père Hamel, plus de six cents homélies ont en réalité été retrouvées au presbytère et dans la sacristie. L’étude de ces textes écrits de sa main permettra d’approfondir la réalité de sa vie intérieure. 
  • L’enquête judiciaire menée en 2022 devant la cour d’assises spéciale de Paris a montré que le meurtre était prémédité et que les terroristes voulaient « tuer un prêtre dans une église » pour en faire un exemple. À travers cet acte, la lutte entre les puissances du Bien et celles du Mal apparaît avec une violence particulière.

Auteur :

Élisabeth de Sansal, diplômée de bioéthique à l’université pontificale Regina Apostolorum, à Rome.

Source : 1000 raisons de croire