Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du 3e dimanche de Pâques, année A.
Étiquette : Notre-Dame de Fatima
19.04.2026 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – LUC 24 13-35

La crainte de Dieu
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot
Lectures: Évangile selon saint Luc 24, 13-35
Nous avons médité l’Évangile des disciples d’Emmaüs, il y a deux semaines, à l’occasion de Pâques (voir L’éclatant mystère), en lien avec la découverte du tombeau vide par Marie-Madeleine. Lisons-le ce dimanche en parallèle de la Première lettre de Pierre proposée en deuxième lecture, en particulier le verset « Vivez donc dans la crainte de Dieu » (1 Pierre 1, 17)
Intéressons-nous à l’état d’esprit des disciples d’Emmaüs, à ce qui motive leur fuite de Jérusalem. Ils étaient disciples du Christ, qu’ils savent avoir été jugé, condamné et crucifié par l’occupant romain, avec l’assentiment des élites juives. Nous avons déjà évoqué à quel point les autorités en Terre sainte étaient fébriles, principalement à l’occasion des fêtes religieuses qui voyaient des milliers de pèlerins converger vers Jérusalem. A tel point que le procurateur Pilate quittait sa résidence de Césarée maritime pour assurer le maintien de l’ordre. Dans ces circonstances, l’entrée triomphale de Jésus acclamé comme un roi par les foules signe son arrêt de mort. Conformément à l’habitude romaine d’écraser dans le sang toute sédition, le Christ est brutalement mis à mort non seulement pour briser l’espérance qu’il incarne mais aussi pour terroriser ses disciples qui, de fait, se disperseront ou vivront cachés. Être reconnu complice d’un criminel comportait alors un réel danger : celui de subir le même sort, suscitant la peur des disciples et même le reniement de Pierre. Ainsi, les disciples d’Emmaüs fuient-ils Jérusalem, leurs espérances anéanties et la peur au ventre.
Le texte va plus loin, qui nous raconte que ces disciples sont informés que des femmes ont trouvé le tombeau du Christ vide et « qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. » Cependant, ils fuient. La peur les empêche de comprendre la Résurrection. C’est d’ailleurs le reproche que leur fait le Ressuscité qu’ils rencontrent sur leur chemin d’exil : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! » Ainsi observons-nous que la peur, parce qu’elle tue l’espérance, nous empêche de comprendre les mystères divins. Dès lors, nous pouvons conclure que, dans le christianisme, peur et résurrection s’opposent. On retrouve l’intuition de saint Jean-Paul II, à l’inauguration de son pontificat, quand il crie à l’égard des populations, notamment polonaises, au-delà du Rideau de fer : « N’ayez pas peur ! », ressuscitant l’espérance d’un changement. Les disciples d’Emmaüs ont perdu cette espérance : « Les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. »
Dans sa première lettre, Pierre écrit : « Bien-aimés, si vous invoquez comme Père celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre, vivez donc dans la crainte de Dieu, pendant le temps où vous résidez ici-bas en étrangers. » N’est-ce pas, d’une part, contradictoire avec ce que nous venons de dire ? D’autre part, n’est-ce pas revenir à l’image d’un Dieu terrible, qui scrute le moindre défaut des âmes, finalement à la peur du jugement divin comme argument d’évangélisation ? L’Église ne s’est-elle déjà pas trop servie de cette image d’un Dieu inquisiteur voyant tout, même ce que nous faisons dans le secret, pour régir les âmes ?
J’ai rencontré dans l’accompagnement spirituel des personnes éminemment scrupuleuses, qui venaient confesser des listes détaillées heure par heure de leurs péchés, des personnes qui s’imposaient un petit enfer scrutateur, s’humiliant devant Dieu pour la moindre peccadille, écrasées par la peur de son jugement. A ces personnes, il est crucial d’enseigner la nuance entre la crainte et la peur de Dieu.
La peur de Dieu est une réaction négative qui éloigne. C’est une émotion de terreur, d’angoisse et de fuite. Dieu est ici perçu comme menaçant et punitif. Elle naît souvent du péché et de la rupture de la relation divine : après la chute, Adam et Ève ont eu peur et se sont cachés (Genèse 3). Cette peur est liée à la conscience de la culpabilité et au jugement redouté. Elle paralyse, empêche l’intimité avec Dieu et peut venir du diable – « Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné » (2 Timothée 1, 7) ; « L’amour parfait bannit la peur » (1 Jean 4, 18). Ainsi la peur éloigne-t-elle de Dieu, ruine-t-elle l’espérance et empêche-t-elle la joie.
La crainte de Dieu est, quant à elle, une attitude positive qui scrute le relâchement du lien avec Dieu et, en conséquence, vise au rapprochement. C’est une révérence profonde, un respect mêlé d’admiration et d’émerveillement devant la sainteté, la grandeur, la puissance et la bonté de Dieu. En hébreu, le terme « yir’ah » évoque bien plus l’émerveillement respectueux, la révérence admirative que la terreur. Pour le Livre des Proverbes (1, 7 ; 9, 10), elle est le commencement de la sagesse, le fondement d’une vie pieuse, de l’obéissance joyeuse et de la connaissance de Dieu. Ainsi la crainte de Dieu mêle-t-elle la conscience de la distance entre le Créateur et nous à l’attraction vers Lui, grâce à son amour. Elle produit des fruits positifs : sagesse, obéissance, paix, joie, protection du mal, et intimité. La crainte de Dieu, c’est finalement le reflet affectif de l’humilité aimante.
Il reste que le récit des disciples d’Emmaüs est rassurant, alors qu’il montre le Ressuscité venir rechercher les égarés de la peur, sur leur chemin d’exil. Comme Dieu cherchant Adam partout dans le paradis, le Ressuscité vient nous sauver des peurs qui nous égarent.
Dans notre quête de résurrection, il convient essentiellement de scruter les peurs qui nous incitent à fuir le regard de Dieu, en les distinguant des craintes qui nous font le désirer. Ce sont ces peurs qui nous éloignent de Dieu que le Ressuscité doit venir rejoindre en personne, alors que nous fuyons dans le désespoir. Le récit des disciples d’Emmaüs est là pour nous confirmer qu’il le fait ; que le Ressuscité, comme le Bon berger, se préoccupe particulièrement de la brebis perdue que la peur égare.
Nous sommes délivrés de la peur de Dieu par la rencontre sacramentelle avec le Christ ressuscité, dans la communion respectueuse et craintive qui convient à ceux qui s’aiment. La crainte de Dieu est essentiellement la crainte de perdre le langage de l’Amour. AMEN.

Source : RESURGENCE.BE, le 15 avril 2026
19.04.2026 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – LUC 24 13-35

Le verbe se fait chair
dans la Parole proclamée et le pain partagé
Homélie par l’Abbé Jean Compazieu
Textes bibliques : lire
Les textes de ce dimanche nous apportent des témoignages sur la résurrection de Jésus. Nous avons tout d’abord celui de l’apôtre Pierre (1ère lecture). Dans sa vie, il y a eu un changement radical. Nous nous rappelons de sa réponse quand Jésus avait annoncé sa Passion, sa mort et sa résurrection. Il ne supportait pas cette idée. Ça ne correspondait pas à l’idée qu’il se faisait du Messie. Et quand Jésus a été arrêté, il e eu tellement peur pour sa vie qu’il a affirmé ne pas faire partie de son groupe.
Mais au jour de la Pentecôte, tout est changé : les apôtres ont reçu l’Esprit Saint. Désormais, Pierre peut témoigner avec force et courage : Ce Jésus que vous avez fait mourir sur la croix, Dieu l’a ressuscité. » Sa mort n’est pas un échec. Il est vivant pour toujours ; tout cela était annoncé dans les Écritures, Moïse, les psaumes, les prophètes. Désormais, il faudra relire tout l’Ancien Testament à la lumière de la résurrection de Jésus. Cette bonne nouvelle a été annoncée d’abord au peuple juif, puis très tôt aux païens. Il faut que le monde entier le sache : avec Jésus, la mort n’a pas le dernier mot ; le projet de Dieu débouche sur la vie.
Cet appel de Pierre, nous le retrouvons dans la 2ème lecture : ce Jésus qui est mort et ressuscité est le sauveur de tous les hommes. Ce n’est pas l’or et l’argent qui nous ont rachetés de la conduite superficielle de nos pères ; c’est par le sang précieux de Jésus Christ que nous sommes purifiés ; c’est pour nous et pour la multitude qu’il a offert sa vie et versé son sang. Son amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous sommes invités à recevoir cette lettre comme un appel à une véritable conversion.
Avec l’Évangile, nous sommes ramenés au troisième jour après la mort de Jésus : deux disciples revenaient de Jérusalem. Ils avaient été témoins de la Passion et de la mort de leur maître. Pour eux, tout était fini. C’était la fin d’une grande espérance. Saint Luc précise que l’un d’eux s’appelait Cléophas ; il ne dit pas le nom du deuxième. Mais si nous relisons cet Évangile dans notre contexte, nous pouvons dire que ce deuxième disciple c’est chacun de nous.
En effet, nous sommes souvent ce disciple marqué par la tristesse et le découragement. C’est ce qui arrive quand nous voyons notre vie de tous les jours comme une défaite : la défaite de l’Évangile pour les chrétiens persécutés, pour les pauvres, les exclus, les victimes de la violence, des guerres, de la solitude, de l’abandon. Cette défaite c’est aussi quand nous disons qu’au point où nous en sommes, il n’y a plus d’espoir possible.
Mais voilà que sur ce chemin d’Emmaüs, Jésus s’approche des siens et les rejoint. Ils ne le reconnaissent pas : leurs yeux sont aveuglés par la tristesse et la déception. Le même Christ nous rejoint sur nos routes. Quand tout va mal, il est là. Mais trop souvent, nous ne le reconnaissons pas car nous sommes ailleurs. Et pourtant, il est toujours là, prêt à nous écouter. Nous pouvons lui crier notre souffrance, notre déception, notre tristesse.
C’est alors qu’il intervient pour nous expliquer les Écritures, Moïse, les prophètes… C’est à cela que nous sommes tous appelés : accueillir le Christ, nous laisser transformer par son Évangile. Saint Luc précise que le cœur des disciples était brulant tandis qu’il leur parlait. C’est ce qui était annoncé par le prophète Isaïe : « »…ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » C’est aussi cela que nous pouvons demander au Seigneur : que notre cœur soit rempli de l’amour qui jaillit de son cœur.
Dans cet Évangile, nous découvrons une autre étape : c’est la demande des disciples : « Reste avec nous ! » Une telle rencontre ne peut s’arrêter ainsi. Alors leurs yeux s’ouvrent et ils le reconnaissent. Pour reconnaître le Christ ressuscité, présent dans notre vie, il nous faut le regard de la foi, une foi réchauffée par la Parole de Dieu et l’Eucharistie. C’est ainsi que le Christ ressuscité nous rejoint au cœur de nos vies pour raviver et fortifier notre espérance.
Et quand on a reconnu et accueilli le Christ vivant, on ne peut pas le garder pour soi-même ; on a envie de le crier au monde. À la fin de cette messe, nous serons envoyés pour témoigner, aux yeux de tous, de la foi qui nous anime. Nous ne pouvons pas nous contenter de rester entre chrétien à l’intérieur de l’Église. Notre témoignage doit rejoindre tous les hommes, en particulier ceux qui sont aux « périphéries ».
En ce jour, nous accueillons les paroles de ce chant :
Allez-vous en sur les places et sur les parvis !
Allez-vous en sur les places, y chercher mes amis.
Tous mes enfants de lumière qui vivent dans la nuit,
Tous les enfants de mon Père, séparés de Lui,
Allez-vous en sur les places et soyez mes témoins, chaque jour.

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 12 avril 2026
16.04.2026 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE
16.04.2026 – MESSE À LOURDES
16.04.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
L’exemple de Bernadette : « quel encouragement pour nous !

L’exemple de Bernadette : « quel encouragement pour nous !
La troisième et dernière exhumation de sainte Bernadette Soubirous (1) a été effectuée, comme c’est la tradition, deux jours avant sa béatification, le 14 juin 1925, et quarante-six ans après sa mort. Une autopsie a été pratiquée – pour obtenir une relique : ils ont déclaré « inexplicable » du point de vue de la science la parfaite conservation des organes internes. Une pellicule de cire a seulement été appliquée pour préserver l’aspect de la peau, modifié par la toilette de 1909.
Le pape saint Jean XXIII dira d’elle à Saint-Louis-des-Français, le 18 février 1959 : « Bernadette a entendu, elle seule, les confidences de Marie, et elle les a transmises au monde. Et le monde – c’est là le grand miracle d’ordre moral –, le monde y a cru, et continue d’y croire.
Combien admirable, chez Bernadette, la parfaite conformité à la doctrine dont la céleste Dame l’avait rendue dépositaire ! Et combien lumineux l’exemple de cette sainteté qui ouvrit à une enfant si petite et si humble la voie des cieux, dans l’au-delà, et lui assura pour toujours sur la terre la gloire des autels et la vénération de tout le peuple chrétien ! Quelle doctrine ! Quel exemple ! Quel encouragement pour nous ! Ce qu’il y a de faible dans le monde, dit saint Paul, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force ; ce qui dans le monde est sans naissance et qu’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi (1 Co 1, 27-28).
Modèle de la prière à Marie, exemple de force humble et souriante, éloquente par le silence même dans lequel elle s’est enveloppée une fois remplie sa mission, sainte Bernadette nous reporte comme irrésistiblement vers ce vrai centre spirituel de Lourdes, la grotte des apparitions, où les paroles de la Mère de Dieu ne cessent de retentir au cœur de ses enfants. Et en même temps, la voyante qui eut le courage de quitter pour toujours ce lieu de l’ineffable rencontre nous rappelle que Lourdes n’est qu’un point de départ : la grâce qu’on y reçoit est un trésor que, loin d’enfouir stérilement, on doit faire fructifier pour la gloire de Dieu et le service de l’Église »
(1) Bernadette Soubirous a vu la Sainte Vierge, qui lui est apparue 18 fois, en 1858 à Lourdes
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
16.04.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Benoît-Joseph Labre
Pèlerin, mendiant
(1748-1783)
Benoît-Joseph Labre naquit à Amettes, diocèse d’Arras, en 1748 et fut l’aîné d’une famille de quinze enfants. Âgé de douze ans, il fut reçu chez son oncle paternel, curé d’Érin, pour faire ses études en vue du sacerdoce.
Après la mort de son oncle, Benoît-Joseph passa chez son oncle maternel, vicaire de Conteville, où il ne fit que grandir dans la mortification et la prière. Son attrait était toujours vers le Saint-Sacrement devant lequel il s’abîmait des heures entières en contemplation.
Il y avait longtemps que Benoît-Joseph aspirait à une vie plus parfaite : « Être prêtre est bien beau, disait-il ; mais j’ai peur de me perdre en sauvant les autres. »
Il finit par vaincre les résistances de ses parents et entre chez les Chartreux, espérant y trouver sa voie définitive. Il se trompait, car la Providence permet qu’il soit bientôt renvoyé par ses supérieurs, comme n’ayant pas la vocation de cet Ordre. La pensée de la Trappe, qu’il avait eue d’abord, lui revient ; on ne l’y accepte pas.
Ballotté de nouveau entre la Chartreuse et la Trappe, il est forcé de s’adresser enfin à Sept-Fons, où ses scrupules, ses peines d’esprit et une maladie sérieuse donnent bientôt lieu à son renvoi.
Toute sa réponse à tant d’épreuves était : « Que la Volonté de Dieu soit faite ! » C’est alors que Dieu lui inspire cette vocation de pèlerin-mendiant qui devait le mener droit, par les chemins les plus ardus de la pénitence, à une éminente sainteté.
Il n’aura plus de relations suivies avec personne, vivra en solitaire au milieu du monde, ira toujours à pied, cherchera tous les lieux consacrés par la dévotion. Il sera revêtu d’un habit pauvre et déchiré, qu’il ne changera point.
Un chapelet à la main, un autre au cou, un crucifix sur la poitrine, sur les épaules un petit sac contenant tout son avoir, c’est-à-dire son Nouveau Testament, l’Imitation de Jésus-Christ et le Bréviaire : tel on verra Benoît-Joseph dans ses continuels pèlerinages.
La pluie, le froid, la neige, la chaleur, rien ne l’arrête ; il couche le plus souvent en plein air, il vit de charité, au jour le jour, sans rien réserver pour le lendemain ; il ne prend que la plus misérable et la plus indispensable nourriture, et se fait lui-même pourvoyeur des pauvres. Souvent il est le jouet des enfants et de la populace ; il est regardé comme un insensé ; il souffre tout avec patience et amour.
Rome, Lorette, Assise et une multitude d’autres lieux saints sont l’objet de sa dévotion.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.
Saint Benoît-Joseph Labre priez pour nous !

16.04.2026 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,31-36.
« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,
il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.
Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai.
En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure.
Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main.

Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Jean Tauler (v. 1300-1361)
dominicain à Strasbourg
Sermon pour la fête de Noël (trad. Cerf 1991, p. 20)
« Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu » Jn 3, 34
Comme Marie, toute servante de Dieu doit assez souvent faire le silence et le calme en elle-même, s’enfermer en son intérieur, se cacher dans l’esprit pour se soustraire et échapper aux sens, et se faire à elle-même un lieu de silence et de repos intérieur. C’est de ce repos intérieur qu’on chante… : « Alors que l’on était en plein silence, que toutes choses étaient dans le plus grand silence, et que la nuit était au milieu de son cours, c’est alors, Seigneur, que de ton trône royal la parole toute-puissante est descendue » (Sg 18,14-15), le Verbe éternel sortant du cœur de son Père. C’est au milieu du silence, au moment même où toutes les choses sont plongées dans le plus grand silence, où le vrai silence règne, c’est alors qu’on entend en vérité ce Verbe. Car si tu veux que Dieu parle, il faut te taire ; pour qu’il entre, toutes choses doivent sortir. Quand notre Seigneur Jésus est entré en Égypte, toutes les idoles du pays se sont effondrées. Tes idoles à toi, c’est tout ce qui empêche cette naissance éternelle de s’accomplir en toi, d’une façon véritable et immédiate, aussi bon et aussi saint que cela puisse paraître. Notre Seigneur a dit : « Je suis venu apporter un glaive » (Mt 10,34) pour trancher tout ce qui tient à l’homme… Car ce qui t’est le plus proche, voilà ton ennemi : cette multiplicité d’images, qui cachent en toi le Verbe.

LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 5,27-33.
En ces jours-là, le commandant du Temple et son escorte, ayant amené les Apôtres, les présentèrent au Conseil suprême, et le grand prêtre les interrogea :
« Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! »
En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.
C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés.
Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Ceux qui les avaient entendus étaient exaspérés et projetaient de les supprimer.

Psaume 34(33),2.9.17-18.19-20.
R/ Un pauvre crie ; le Seigneur entend. (Ps 33, 7a)
Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.
Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre.
