Europe: « Catéchistes pour la nouvelle évangélisation »

Mgr Fisichella, Catéchistes, 17 sept. 2021 © Vatican Media

Mgr Fisichella, Catéchistes, 17 Sept. 2021 © Vatican Media

Europe: « Catéchistes pour la nouvelle évangélisation » (traduction complète)

« Garder le regard fixé sur le mystère eucharistique »

« Le grand engagement de la catéchèse peut être efficace dans l’œuvre d’évangélisation s’il garde le regard fixé sur le mystère eucharistique », estime le pape François.

Le pape a en effet reçu au Vatican ce vendredi 17 septembre 2021 des responsables de la catéchèse en Europe participant à une rencontre promue par le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, présidé par Mgr Rino Fisichella, sur « Catéchistes pour la nouvelle évangélisation ».

« Le lieu privilégié de la catéchèse c’est précisément la célébration eucharistique », a expliqué le pape François dans le sillage du 52e Congrès eucharistique international de Budapest (Hongrie) qu’il a conclu le 12 septembre.

Le pape a aussi insisté sur le fait que la catéchèse, « n’est pas une communication abstraite de connaissances théoriques à mémoriser comme s’il s’agissait de formules mathématiques ou chimiques », mais « une « expérience » du mystère du Christ qui fait d’eux des « disciples » et des « missionnaires ».

Car les catéchistes « proclament l’Évangile de la miséricorde sans se lasser ».

Il a souligné la liberté de l’engagement: « Soit le catéchiste est libre, soit il n’est pas catéchiste. Le catéchiste se laisse frapper par la réalité qui trouve et transmet l’Évangile avec une grande créativité, ou il n’est pas catéchiste. Réfléchissez bien à cela. »

Voici notre traduction rapide, de travail, des paroles du pape François, prononcées en italien.

AB

Allocution du pape François 

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

C’est avec plaisir que je vous accueille, à cette occasion où vous avez eu l’occasion de discuter, en tant que responsables de la catéchèse des Églises particulières en Europe, sur la réception du nouveau Directoire pour la catéchèse, publié l’année dernière. Je remercie Mgr Rino Fisichella pour cette initiative qui, j’en suis sûr, s’étendra aussi aux Conférences épiscopales des autres continents, afin que le cheminement catéchétique commun s’enrichisse de nombreuses expériences locales.

Je viens de rentrer de la célébration du Congrès eucharistique international, qui s’est tenu à Budapest ces derniers jours, et l’occasion est propice pour vérifier comment le grand engagement de la catéchèse peut être efficace dans l’œuvre d’évangélisation s’il garde le regard fixé sur le mystère eucharistique. Nous ne pouvons oublier que le lieu privilégié de la catéchèse c’est précisément la célébration eucharistique, où des frères et sœurs se réunissent pour découvrir de plus en plus les différentes modalités de la présence de Dieu dans leur vie.

J’aime penser à ce passage de l’Évangile de Matthieu où les disciples demandent à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions la préparation pour toi, afin que tu puisses manger Pâques ? » (26.17). La réponse de Jésus montre clairement qu’il avait déjà tout préparé : il connaissait le chemin qu’un homme emprunterait avec la jarre d’eau, il connaissait la grande pièce déjà aménagée à l’étage de la maison (cf.Lc 22, 10-12 ) ; et, sans le dire, il sentait pleinement ce qu’il y avait dans le cœur de ses amis du fait ce qui devait arriver les jours suivants.

Les premiers mots par lesquels il les envoie sont : « Allez à la ville » (Mt 26,18). Ce détail – penser à vous et à votre service – nous fait relire le chemin de la catéchèse comme un moment par lequel les chrétiens, qui s’apprêtent à célébrer le sommet du mystère de la foi, sont invités à aller d’abord « à la ville », rencontrer des personnes occupées par leurs engagements quotidiens. La catéchèse – comme le souligne le nouveau Directoire – n’est pas une communication abstraite de connaissances théoriques à mémoriser comme s’il s’agissait de formules mathématiques ou chimiques. C’est plutôt l’expérience mystagogique de ceux qui apprennent à rencontrer leurs frères là où ils vivent et travaillent, parce qu’eux-mêmes ont rencontré le Christ, qui les a appelés à devenir des disciples missionnaires. Il faut insister pour pointer le cœur de la catéchèse : Jésus-Christ ressuscité vous aime et ne vous abandonne jamais ! Cette première annonce ne peut jamais nous trouver fatigués ou répétitifs dans les différentes phases du cheminement catéchétique.

Pour cela, j’ai institué le ministère de catéchiste. Ils préparent le rituel de la « création » – entre guillemets – des catéchistes. Pour que la communauté chrétienne ressente l’exigence de susciter cette vocation et d’expérimenter le service de quelques hommes et femmes qui, vivant la célébration eucharistique, ressentent plus vivement la passion de transmettre la foi comme évangélisateurs. Le catéchiste et la catéchiste sont des témoins qui se mettent au service de la communauté chrétienne, pour soutenir l’approfondissement de la foi dans le concret de la vie quotidienne. Ce sont des gens qui proclament l’Évangile de la miséricorde sans se lasser ; des personnes capables de créer les liens nécessaires d’accueil et de proximité qui nous permettent de mieux goûter la Parole de Dieu et de célébrer le mystère eucharistique en offrant les fruits des œuvres bonnes.

Je me souviens avec amour des deux catéchistes qui m’ont préparé à la première communion, et j’ai continué ma relation avec elles en tant que prêtre et aussi, avec l’une d’elle encore en vie, en tant qu’évêque. J’ai ressenti un grand respect, et même un sentiment de gratitude, sans le rendre explicite, mais cela ressemblait à une vénération. Pourquoi? Parce que c’étaient les femmes qui m’avaient préparé à la première communion, en même temps qu’une religieuse. Je veux vous raconter cette expérience car ce fut une belle chose pour moi, de les accompagner jusqu’à la fin de leur vie, toutes les deux. Et aussi la religieuse, qui m’a préparé à la partie liturgique de la communion : elle est décédée, et j’étais là, avec elle, pour l’accompagner. Il y a une proximité, un lien très important avec les catéchistes.

Comme je l’ai dit lundi dernier dans la cathédrale de Bratislava, l’évangélisation n’est jamais une simple répétition du passé. Les grands saints évangélisateurs, comme Cyrille et Méthode, comme Boniface, étaient créatifs, avec la créativité de l’Esprit Saint. Ils ont ouvert de nouvelles voies, inventé de nouveaux langages, de nouveaux « alphabets », pour transmettre l’Évangile, pour l’inculturation de la foi. Cela demande de savoir écouter les gens, d’écouter les peuples auxquels on annonce : d’écouter leur culture, leur histoire ; n’écoutez pas superficiellement, pensant déjà aux réponses préemballées que nous avons dans la mallette, non ! Écoutez vraiment, et comparez ces cultures, ces langues, aussi et surtout le non-dit, le non-exprimé, avec la Parole de Dieu, avec Jésus-Christ, l’Evangile vivant. Et je répète la question : n’est-ce pas là la tâche la plus urgente de l’Église parmi les peuples d’Europe ? La grande tradition chrétienne du continent ne doit pas devenir une relique historique, sinon elle n’est plus « tradition » ! La tradition est vivante ou pas. Et la catéchèse est tradition, c’est tradere, mais une tradition vivante, de cœur à cœur, d’esprit à esprit, de vie à vie. Donc : passionné et créatif, avec la poussée de l’Esprit Saint. J’ai utilisé le mot « pré-emballé » pour la langue, mais j’ai peur des catéchistes avec un cœur, une attitude et un visage « pré-emballés ». Non. Soit le catéchiste est libre, soit il n’est pas catéchiste. Le catéchiste se laisse frapper par la réalité qui trouve et transmet l’Évangile avec une grande créativité, ou il n’est pas catéchiste. Réfléchissez bien à cela.

Chers amis, à travers vous, je voudrais adresser mes remerciements personnels aux milliers de catéchistes et catéchistes d’Europe. Je pense en particulier à ceux qui, à partir des prochaines semaines, consacreront un grand effort aux enfants et aux jeunes qui se préparent à achever leur chemin d’initiation chrétienne. Mais je pense à chacun. Que la Vierge Marie intercède pour vous, afin que vous soyez toujours assistés par l’Esprit Saint.

Je vous accompagne de mes prières et de la Bénédiction Apostolique. Et vous aussi, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Merci![Bénédiction]

 © Traduction de Zenit, Anita Bourdin

Source: ZENIT.ORG, le 17 septembre 2021

Mgr Fisichella : les pauvres sont un signe de la présence du Christ parmi nous

Mgr Fisichella, ici le 24 janvier dernier, lors de la messe pour le Dimanche de la Parole de Dieu.Mgr Fisichella, ici le 24 janvier dernier, lors de la messe pour le Dimanche de la Parole de Dieu.  (Vatican Media)

Mgr Fisichella : les pauvres sont un signe de la présence du Christ parmi nous

Le message du Pape François pour la 5ème Journée Mondiale des Pauvres, le 14 novembre prochain, a été présenté au Bureau de Presse du Vatican, en présence notamment de Mgr Rino Fisichella, le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Mgr Fisichella a rappelé que la pandémie est marquée par «des formes d’injustice qui deviennent de plus en plus évidentes au fur et à mesure qu’apparaissent de nouvelles expressions de la pauvret黫Le Saint-Père est bien conscient des conséquences qui sont sous les yeux de tous chaque jour, à tel point que les personnes les plus vulnérables se retrouvent privées des produits de première nécessité». En témoignent les longues files d’attente devant les soupes populaires, «un signe tangible de cette aggravation».

Dans ce contexte tragique, le message que le Pape veut souligner avec son document est que «devant les pauvres, on ne peut permettre aucune habitude qui devienne de l’indifférence». Ceux-ci, répète Mgr Fisichella, «ne sont pas des personnes extérieures à la communauté, mais des frères et des sœurs avec lesquels partager la souffrance, soulager leur inconfort et leur marginalisation»; les pauvres et leur condition ne sont pas non plus «le fruit de la fatalité» mais plutôt «un signe concret» de la présence du Christ parmi les hommes. Les chrétiens doivent donc «redécouvrir l’enthousiasme nécessaire pour rendre à nouveau crédible leur présence dans le monde».

Le message du Pape pour la 5e Journée mondiale des Pauvres, qui se tiendra le dimanche 14 novembre, a été rendu public ce lundi matin. Ce texte d’une grande densité, dans le …

Appel aux gouvernements et aux institutions pour une action concrète

Mgr Fisichella a insisté sur la force de l’appel du Pape aux gouvernements et aux institutions mondiales, afin qu’ils se sentent investis de la responsabilité de construire un monde meilleur basé sur la justice et qu’ils le construisent une «planification créative» qui mène à des solutions à long terme.

En effet, l’espoir est que les gouvernements et les gouvernants ne se contentent pas d’écouter les paroles du Pape, mais qu’ils mettent en pratique ses indications: «La pauvreté ne concerne pas seulement un groupe de nations, c’est un phénomène planétaire qui touche le monde entier. Tourner le dos et vivre comme si le problème n’existait pas fait dire au Pape une belle expression: nous parlons souvent des pauvres dans nos politiques mais ensuite nous sommes incompétents», a souligné Mgr Fisichella.

La surpopulation comme cause de la pauvreté, une théorie idéologique

Interrogé sur les liens supposés par certains entre surpopulation et pauvreté, Mgr Fisichella a expliqué que «les questions de ce type doivent être analysées sous différents angles et facteurs, mais on ne peut pas donner une lecture unique et univoque des causes et des conséquences de ces causes. Par exemple, la pauvreté peut être causée par des pays riches qui, dans leur richesse, veulent plus de produits, plus de consommation et créent ainsi des situations de pauvreté». Une «lecture multiple» est donc utile pour «ne pas tomber dans des choix idéologiques» qui «éloigneraient de l’analyse et des conséquences».

Initiatives pour le 14 novembre

Le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation a également annoncé que cette année, pour la Journée mondiale des pauvres, diverses initiatives seront lancées comme en 2020, lorsque 5 000 colis furent distribués pour les familles nécessiteuses des paroisses de Rome, et 350 000 masques pour les écoles de la banlieue.

Des propositions seront élaborées d’ici à la fin de l’été sur la façon de célébrer cette journée. Chaque événement et projet sera soumis aux décisions prises au niveau international pour lutter contre la pandémie.

Source: VATICANNEWS, le 14 juin 2021

Nouvelle évangélisation: « 24 heures pour le Seigneur »

Mme Doha Sabah Abdallah, Qaraqosh, 7 mars 2021 © Vatican Media

Mme Doha Sabah Abdallah, Qaraqosh, 7 Mars 2021 © Vatican Media

Nouvelle évangélisation: : « 24 heures pour le Seigneur »

Par Mgr Fisichella

« 24 heures pour le Seigneur: entre confession, charité et pardon », titre Vatican News (Eugenio Bonanata) pour une interview du président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella à l’occasion de cette initiative annuelle de son dicastère.

Les adhésions sont nombreuses dans le monde entier: dans les diocèses, les associations et des prisons.Ces 12 et 13 mars, les églises de Rome seront ouvertes au-delà des horaires habituels, dans le respect des normes sanitaires, pour permettre aux catholiques de s’approcher du sacrement de la confession, avec deux jours sur le thème: « Il pardonne tous les péchés ».Pour Mgr Rino Fisichella, c’est l’occasion de « réfléchir à sa propre vie et de faire l’expérience directe de la miséricorde de Dieu »: « Trouver la force de comprendre ce que nous sommes, nos limites, nos contradictions, et donc notre péché, pour nous présenter devant un homme qui, au nom de Dieu, nous parle, nous console et nous offre le pardon divin », pour se préparer ainsi à Pâquesqui représente «le signe le plus tangible de l’espérance que le Seigneur donne à chacun de nous et à l’humanité entière».

Nouveauté cette année, précise Mgr Fisichella, «il n’y aura pas le rendez-vous habituel sur la place Saint-Pierre en présence du Saint-Père » mais «nous demandons à ce que dans toutes nos communautés, il y ait un espace et un lieu pour continuer à célébrer l’initiative avec toutes les précautions nécessaires en ce moment».

Mgr Fisichella indique les bienfaits du sacrement de la réconciliation: « Avec les Conférences épiscopales de nombreux pays, nous avons proposé de trouver des moyens pour que la Confession puisse être organisée et célébrée dans tous les cas avec les normes de sécurité nécessaires ».

Autrement dit:  distance,  protection, comme du plexiglas, du plastique, et des solutions qui  prévienne toute propagation éventuelle du virus.

Pour qui est contraint au confinement, Mgr Fisichella rappelle les paroles de saint Pierre: « La charité couvre une multitude de péchés ».

Et il explique qu’il ne s’agit pas seulement d’actes de charité, mais aussi de pardon, au quotidien, en famille, au travail, en abandonner la logique de se sentir l’offensé pour demander pardon: « Pardonner n’est pas facilehumainement parlant, cela demande beaucoup de courage, beaucoup de volonté et beaucoup de temps. Peut-être que la conscience de demander pardon pour nos actions peut aider. »

Il exhorte à la confiance en Dieu: « Sa présence dans nos vies est une garantie que le pardon peut être authentiquement réalisé ».

Et il rappelle les paroles du pape François sur le pardon de la mère de famille de Qaraqosh: « l’un des moments les plus significatifs» de ce voyage en Irak.

Source: ZENIT.ORG, le 12 mars 2021

Transformer la quarantaine en « carême », par le cardinal Koch

Card. Koch, capture @ christianunity.va

Card. Koch, Capture @ Christianunity.va

Transformer la quarantaine en « carême », par le cardinal Koch

Cinq ans après la rencontre entre le pape et le patriarche Kirill

Le cardinal Kurt Koch propose de transformer la « quarantaine » du Covid-19 en « vrai carême » : une façon de relever le défi spirituel de la pandémie.

Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens est intervenu le 12 février 2021 à une conférence en ligne sur « Eglise et pandémie : défis et perspectives », pour le 5e anniversaire de la rencontre entre le pape François et le métropolite Kirill, à La Havane (12 février 2016).

La pandémie, a-t-il dit dans ses propos rapportés par L’Osservatore Romano, pose de grands défis au monde de la santé, au monde économique et social, mais aussi « à la religion et à la foi chrétienne ». Les drames représentent en effet « une remise en question de l’existence de Dieu bien plus grande que n’importe quelle théorie philosophique des Lumières ou que n’importe quel traité épistémologique ».

La pandémie « touche de nombreuses personnes et de nombreux chrétiens comme si elle était un “carême” prolongé », a souligné le cardinal suisse, évoquant « la ressemblance linguistique » entre la quarantaine et les quarante jours du carême : « d’un point de vue religieux », les deux seraient « un temps de désert, un temps où nous avons les mêmes réactions que le peuple d’Israël ».

Le président du dicastère a invité à « espérer et prier pour que le temps de crise de la pandémie » devienne « un temps de conversion pour nous tous, où nous nous adressons à nouveau à Dieu comme amoureux de la vie ».

La diffusion du coronavirus a transformé « le “carême” liturgique en une quarantaine décrétée par l’Etat. Il est désormais de notre devoir de transformer la quarantaine en un vrai “carême”, c’est-à-dire en un temps de jeûne et de charité, un temps de grâce et de prière », a-t-il ajouté.

Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, a souligné quant à lui que l’épreuve du covid exigeait de l’Eglise « une réponse qui soit intelligente et capable de répondre à l’angoisse et à la peur ».

La pandémie qui touche le monde entier « n’était prévue par personne », a-t-il fait observer : dans un contexte culturel « fortement marqué par le progrès scientifique » érigé en certitude, « nous avons dû toucher du doigt que la science non plus ne possède pas toujours les réponses aux questions que nous posons ».

L’événement a vu également la participation du métropolite Hilarion, président du département pour les relations ecclésiastiques externes du patriarcat de Moscou, co-organisateur de l’initiative avec le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

Source: ZENIT.ORG, le 13 février 2021

« Fratelli tutti » : « Invitation au dialogue », par Mgr Rino Fisichella

Mgr R. Fisichella Missionnaires de la miséricorde 10/04/2018 © Vatican Media
Mgr R. Fisichella Missionnaires De La Miséricorde 10/04/2018 © Vatican Media

« Fratelli tutti » : « Invitation au dialogue », par Mgr Rino Fisichella

Lire l’encyclique « dans une attitude d’accueil »

« Rappeler de vive voix qu’il existe une fraternité vraie, réelle et originale qui appartient à la foi chrétienne et qui trouve toutefois un écho dans d’autres religions et philosophies », écrit Mgr Rino Fisichella, « est une tentative que les chrétiens ne peuvent laisser échapper ». A notre époque de mondialisation, explique-t-il, les chrétiens sont appelés à témoigner qu’un dialogue fondé sur la fraternité est possible entre les peuples et entre les religions.

Dans L’Osservatore Romano du 3 novembre 2020, le président du Conseil pontifical pour la nouvelle Évangélisation propose une réflexion sur la dernière encyclique du pape François, Fratelli tutti. Intitulé « La fraternité dans l’encyclique du pape. Un dénominateur commun pour le dialogue et la rencontre », l’article invite à lire l’encyclique « dans une attitude d’accueil » pour mieux saisir « l’intention de l’auteur » et à « se laisser provoquer par le texte » en en respectant « la dimension globale ».

Voici notre traduction de l’article de Mgr Fisichella publié en italien .

HG

La fraternité dans l’encyclique du pape

Un dénominateur commun pour le dialogue et la rencontre

Un enseignement comporte toujours une consigne qui est donnée pour que d’autres puissent participer à cette expérience. L’encyclique appartient à l’enseignement ordinaire du magistère et, avec Fratelli tutti, le pape François entend délivrer un message à la lumière de la fraternité et de l’amitié sociale. Entrer dans cet enseignement nécessite de ne pas attribuer à l’encyclique sa propre compréhension préalable mais de se mettre dans une attitude d’accueil pour s’assurer avant tout de l’intention de l’auteur. Une règle fondamentale pour une correcte herméneutique consiste en effet à se laisser provoquer par le texte avant de lui faire dire ce que l’on voudrait, selon ses propres intentions. En ce sens, une lecture cohérente de n’importe quel texte impose d’en respecter la dimension globale avant de s’arrêter au détail et la sagesse de ne jamais sortir une expression du contexte dans lequel elle est employée et prend tout son sens.

Frères, fraternité, relation fraternelle sont des termes qui reviennent fréquemment dans l’encyclique, souvent employés comme synonymes, même si la sémantique souligne certaines nuances qui en caractérisent le sens. Il peut être utile de prendre entre les mains le texte du pape en partant de ces concepts pour entrer davantage dans son enseignement. La catégorie de fraternité semble être utilisée par François pour essayer de trouver, à l’époque de la mondialisation, un dénominateur commun qui puisse permettre le dialogue et une confrontation sincère entre les personnes qui habitent notre petit monde. La tentative est louable. En d’autres périodes de l’histoire, les chrétiens ne se sont pas dérobés à cette entreprise. Forts du commandement de l’évangélisation, ils ont toujours emprunté ce chemin pour comprendre quelle était la meilleure voie à suivre.

Au début de notre histoire, par exemple, l’expérience de Justin qui, dans son Dialogue avec Triphon, ne fait pas autre chose que de suivre la voie de la rencontre avec son interlocuteur païen pour annoncer la nouveauté de la foi chrétienne, est frappante. De la même manière, Thomas d’Aquin écrit sa Somme contre les Gentils dans le but de dialoguer avec les juifs et les musulmans. Ne pouvant le faire à la lumière de la Bible, il trouva dans la catégorie de la « raison » l’espace nécessaire pour un dialogue universel. De nos jours, cette encyclique de François nous parvient avec la catégorie de la « fraternité », exprimant sa préoccupation de trouver une interface commune pour le dialogue entre les peuples et les religions. Son intention est claire : « Bien que je l’aie écrite à partir de mes convictions chrétiennes qui me soutiennent et me nourrissent, j’ai essayé de le faire de telle sorte que la réflexion s’ouvre au dialogue avec toutes les personnes de bonne volonté. » (n.6).

Les termes employés par le pape François s’inscrivent cependant dans le sillage d’au moins trois contextes particuliers qu’il est bon de ne pas oublier. Le premier est l’horizon de la spiritualité franciscaine. Le pape l’explicite dès le début de l’encyclique lorsqu’il rappelle que le nom utilisé pour le saint d’Assise lui était adressé en raison de son amour évangélique envers tous, proches et lointains – pas seulement dans le sens spatial – pour proposer « un mode de vie au au parfum d’Evangile » (n.1). Pour saint François, qui appelait « sœur » même la mort, l’essentiel consistait à reconnaître chaque personne, sans aucune distinction en fonction de la couleur de sa peau, de son statut social, de sa religion ou de son sexe, comme un frère ou une sœur à aimer. Les appeler frères et sœurs était l’instrument, la médiation pour faire émerger le véritable contenu de sa foi : l’amour de Jésus-Christ. Si l’on devait supprimer cette composante, on détruirait l’originalité même de la foi et avec elle l’exigence de l’évangélisation comme témoignage de la rencontre avec le Ressuscité qui envoie ceux qui croient en lui participer à la transformation du monde avec un nouveau style de vie.

Le second contexte auquel se référer est le renvoi à la parabole du bon Samaritain « une image éclairante, capable de mettre en évidence l’option de fond que nous devons prendre pour reconstruire ce monde » (n. 67). Ce n’est pas un hasard si, après avoir commenté la parabole, le pape intitule les paragraphes concernant sa mise en œuvre « Recommencer ». C’est exactement cela. Il s’agit de repartir encore une fois de l’Evangile, parce qu’il n’y a pas d’autre alternative pour un croyant. « L’histoire du bon Samaritain se répète : il devient de plus en plus évident que la paresse sociale et politique fait de nombreuses parties de notre monde des chemins déserts » (n.71), qui requièrent notre présence concrète, sans détourner le regard ailleurs par peur, manque d’intérêt ou indifférence.

Quand quelqu’un a besoin d’aide, c’est là que l’on est appelé à agir avec miséricorde parce que l’on reconnaît la présence d’un frère et d’une sœur qui souffre ». Parmi les pauvretés les plus émergentes aujourd’hui, on ne peut nier que celle de l’émigration et des injustices sociales aient le dessus en raison des causes historiques que l’on connaît. Demander au moins la solidarité au nom de la fraternité est le commandement évangélique à être miséricordieux comme le Père. La miséricorde constitue la toile de fond pour reconnaître un frère dans le besoin et ne pas passer outre. Le troisième contexte est l’évocation de Charles de Foucauld, un saint de notre temps qui a su donner un témoignage fécond en vertu de sa foi dans le Christ, devenant le dernier avec les derniers du désert africain au point d’être reconnu comme le « frère universel » (N. 286-287).

Quand un chrétien va à la recherche d’un dénominateur commun, il ne le fait pas sans sa propre foi. Parfois, c’est comme s’il la mettait entre parenthèses pour élargir son regard et trouver un espace dans lequel rassembler l’essentiel de ses convictions de manière à exprimer au mieux sa recherche. C’est cela, finalement, la vraie dimension de la foi : une recherche qui ne cesse jamais d’interroger non seulement les contenus de la foi, mais la réalité même à laquelle il faut apporter une réponse. Une foi détachée de la réalité, qui se concrétiserait dans les différentes cultures et dans les personnes qui les habitent, serait une théorie et non la réponse à la demande de sens. Dans cet horizon, il est nécessaire de placer la dynamique même de la foi qui ne s’isole pas du monde en créant des bastions insurmontables pour se sentir en sécurité.

La sécurité lui est déjà donnée par la Parole de Dieu qui l’oblige à suivre de nouvelles voies sous l’action permanente de l’Esprit Saint. Parmi celles-ci, il y a celle de la rencontre qui la conduit non seulement à regarder ce que la culture d’aujourd’hui impose, mais surtout à écouter chaque homme et chaque femme rencontrés sur son chemin, pour trouver une voie commune. Comment annoncer l’Évangile aujourd’hui si les catégories sont tellement différentes et si chacun semble de plus en plus se replier sur soi sans vouloir entrer en relation ? Rappeler de vive voix qu’il existe une fraternité vraie, réelle et originale qui appartient à la foi chrétienne et qui trouve toutefois un écho dans d’autres religions et philosophies est une tentative que les chrétiens ne peuvent laisser échapper. Il en va de la crédibilité de leur présence dans ce monde globalisé qui, tout en imposant des modèles souvent en opposition avec les traditions des peuples, requiert pourtant la présence d’hommes et de femmes encore témoins de l’efficacité de l’amour pour chaque visage que nous rencontrons.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Source: ZENIT.ORG, le 9 novembre 2020

Mgr Fisichella invite à « trouver Dieu imprimé sur le visage des pauvres » (traduction complète)

Mgr Fisichella, visioconférence du 13 juin 2020, capture Vatican Media

Mgr Fisichella, Visioconférence du 13 Juin 2020, Capture Vatican Media

Mgr Fisichella invite à « trouver Dieu imprimé sur le visage des pauvres » (traduction complète)

Secourir les pauvretés dues à la pandémie

Mgr Fisichella invite à « rester inquiets jusqu’à ce qu’on trouve Dieu imprimé sur le visage des pauvres ».

Le président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella, a en effet présenté le Message du pape François pour la Journée mondiale des pauvres (15 novembre 2020), à la presse, en visioconférence, ce samedi 13 juin 2020, en la fête de saint Antoine de Padoue-de Lisbonne (1195-1231), docteur de l’Eglise et saint patron des pauvres.

Pour Mgr Fisichella, le message du pape qui montre que le bien dépasse de beaucoup le mal, mais a aussi des « paroles dures », vise à « secouer notre l’indifférence, et souvent notre sentiment d’agacement face aux pauvres, pour retrouver la solidarité et l’amour qui vivent de générosité en donnant un sens à la vie ».

Il invite à préparer cette Journée mondiale du 15 novembre en accordant encore plus d’attention aux besoins accrus par les conséquences de la pandémie: « Dans les mois à venir, une attention particulière sera toujours requise pour les règles de sécurité, mais les demandes d’aide seront probablement encore augmentées. Il nous appartiendra donc de ne pas faire manquer aux pauvres de plus en plus nombreux que nous rencontrons, les signes quotidiens qui accompagnent notre action pastorale, et les (signes) extraordinaires que la Journée mondiale des pauvres prévoit et réalise depuis plusieurs années. »

Voici notre traduction, rapide, de travail, de l’intervention de Mgr Fisichella.
AB

Intervention de Mgr Fisichella

« Tends ta main au pauvre » (Si 7,32). Par les paroles de l’antique livre du Siracide, le pape François propose sa réflexion pour la IVe Journée mondiale des pauvres qui sera célébrée dans toute l’Église le dimanche 15 novembre. C’est un message qui entre directement dans le moment dramatique que le monde entier a vécu à cause de Covid-19, et que de nombreux pays combattent toujours dans leur effort pour porter secours à ceux qui sont des victimes innocentes.

La réflexion du pape François se développe à la lumière de l’image biblique qui voit un sage, « Jésus fils de Sira » comme qu’il se présente à la fin du livre (cf. Si 50, 27): il a vécu environ deux cents ans avant la naissance de Christ. Les questions qu’il se posait tournaient autour du thème de l’endroit où résidait la sagesse et de la réponse de « sens » qu’elle pourrait apporter aux événements de la vie. Le Pape note que ce sont les mêmes questions qui ont marqué la vie de millions de personnes en ces mois de coronavirus: maladie, deuil, incertitude de la science, douleur, manque des libertés auxquelles on s’était habitués, tristesse de ne pas pouvoir faire les derniers adieux aux personnes qu’on aime …

Dans cette circonstance, la prière s’est faite plus insistante et la pensée de Dieu a effleuré l’esprit de nombreuses personnes souvent indifférentes. Cela a conduit à la recherche d’une plus grande spiritualité, comme en témoigne la participation massive à différents événements liturgiques. Le pape François souligne à juste titre que l’auteur sacré « insiste sur le fait que, dans le besoin, il faut avoir confiance en Dieu : « Ne t’agite pas à l’heure de l’adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient; car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide; rends tes chemins droits, et mets en lui ton espérance » (n. 1) ».Cependant, le livre du Siracide ne nous permet pas de nous arrêter à la prière; il dit plutôt que pour avoir une prière digne et efficace, il faut prêter attention à ceux qui sont dans la pauvreté. Le pape François le dit sans ambages quand il écrit: « La prière à Dieu et la solidarité avec les pauvres et les souffrants sont inséparables. Pour célébrer un culte qui soit agréable au Seigneur, il est nécessaire de reconnaître que toute personne, même la plus indigente et la plus méprisée, porte l’image de Dieu imprimée en elle. De cette attention découle le don de la bénédiction divine, attirée par la générosité pratiquée à l’égard du pauvre » (n.2).

Le thème de « l’image de Dieu » imprimé sur le visage des pauvres est extrêmement significatif car il nous oblige à ne pas pouvoir détourner le regard si nous voulons vivre une existence pleinement chrétienne. En ce sens, la métaphore de «tendre la main» prend sa valeur la plus profonde car elle nous oblige à revenir aux paroles du Seigneur qui a voulu s’identifier à ceux qui manquent du nécessaire et vivent dans des conditions de marginalisation sociale et existentielle. Le Message illustre plusieurs situations qui, au cours de ces mois de pandémie, ont vu une main tendue et qui sont gravées dans l’esprit de tous: « La main tendue du médecin qui se soucie de chaque patient en essayant de trouver le bon remède. La main tendue de l’infirmière et de l’infirmier qui, bien au-delà de leurs horaires de travail, sont restés pour soigner les malades. La main tendue de ceux qui travaillent dans l’administration et procurent les moyens de sauver le plus de vies possibles. La main tendue du pharmacien exposé à tant de demandes dans un contact risqué avec les gens. La main tendue du prêtre qui bénit avec le déchirement au cœur. La main tendue du bénévole qui secourt ceux qui vivent dans la rue et qui, en plus de ne pas avoir un toit, n’ont rien à manger. La main tendue des hommes et des femmes qui travaillent pour offrir des services essentiels et la sécurité. Et combien d’autres mains tendues que nous pourrions décrire jusqu’à en composer une litanie des œuvres de bien. Toutes ces mains ont défié la contagion et la peur pour apporter soutien et consolation. »

A ce signe de grande humanité et de responsabilité, le pape François oppose l’image de ceux qui continuent de garder « leurs mains dans leurs poches et ne se laissent pas émouvoir par la pauvreté, dont ils sont souvent complices » (n. 9). La liste, heureusement plus courte, témoignage que le bien est toujours de beaucoup supérieur à l’avidité de quelques-uns, décrit des scènes de la vie quotidienne: « Il y a des mains tendues qui touchent rapidement le clavier d’un ordinateur pour déplacer des sommes d’argent d’une partie du monde à l’autre, décrétant la richesse des oligarchies et la misère de multitudes ou la faillite de nations entières. Il y a des mains tendues pour accumuler de l’argent par la vente d’armes que d’autres mains, même celles d’enfants, utiliseront pour semer la mort et la pauvreté. Il y a des mains tendues qui, dans l’ombre, échangent des doses de mort pour s’enrichir et vivre dans le luxe et le désordre éphémère. Il y a des mains tendues qui, en sous-main, échangent des faveurs illégales contre un gain facile et corrompu. Et il y a aussi des mains tendues de ceux qui, dans l’hypocrisie bienveillante, portent des lois qu’eux-mêmes n’observent pas » (n. 9). Des paroles dures mais malheureusement vraies, qui montrent combien le manque de responsabilité sociale est toujours présent dans le monde d’aujourd’hui avec pour conséquence des poches de pauvreté extrêmes qui augmentent démesurément.

La main tendue est donc une invitation à assumer la responsabilité d’apporter sa propre contribution, que l’on voit dans les gestes de la vie quotidienne pour soulager le sort de ceux qui vivent dans le besoin et n’ont pas la dignité des enfants de Dieu. Le pape François n’a pas peur d’identifier ces personnes comme de vrais saints, « ceux de la porte à côté » qui, avec simplicité, sans bruit et sans publicité, offrent le témoignage authentique de l’amour chrétien. La présence massive de tant de visages de pauvres exige que les chrétiens soient toujours en première ligne et ressentent le besoin de savoir s’il manque de quelque chose d’essentiel quand un pauvre vient à lui. « Nous ne pouvons pas nous sentir « bien » quand un membre de la famille humaine est relégué dans les coulisses et devient une ombre » (n. 4), écrit le pape François dans son Message. C’est comme s’il invitait à faire nôtre le «cœur inquiet» de saint Augustin. Rester inquiets jusqu’à ce qu’on trouve Dieu imprimé sur le visage des pauvres.

À bien des égards, l’image de tendre la main rappelle de près le logo qui a accompagné la Journée mondiale des pauvres depuis le début de cette initiative du pape François. Les mains tendues sont celles de deux personnes: l’une se tient sur le pas de sa porte, l’autre attend. Le rappel est fort car il évoque à quel point les deux ont besoin l’une de l’autre. La main tendue du pauvre demande, mais invite l’autre à sortir de lui-même pour briser le cercle de l’égoïsme qui entoure tout le monde. Ce Messagedu Pape est donc une invitation à secouer notre l’indifférence, et souvent notre sentiment d’agacement face aux pauvres, pour retrouver la solidarité et l’amour qui vivent de générosité en donnant un sens à la vie.

La présentation de ce Message à l’occasion de la fête liturgique de saint Antoine de Padoue, saint patron des pauvres, montre que ce que nous pouvons faire est toujours sous la grâce de Dieu qui accompagne la vie des croyants et l’histoire des hommes. Ce sont des paroles qui entendent aider à la préparation et à la réalisation de la prochaine Journée mondiale, bien conscients des restrictions que les lois de différents pays imposent. En fait, dans les mois à venir, une attention particulière sera toujours requise pour les règles de sécurité, mais les demandes d’aide seront probablement encore augmentées. Il nous appartiendra donc de ne pas faire manquer aux pauvres de plus en plus nombreux que nous rencontrons, les signes quotidiens qui accompagnent notre action pastorale, et les (signes) extraordinaires que la Journée mondiale des pauvres prévoit et réalise depuis plusieurs années.

Copyright – Traduction de Zenit, Anita Bourdin

Source: ZENIT.ORG, le 13 JUIN 2020 par Anita Bourdin

« Vivre ensemble l’expérience de la foi », par Mgr Fisichella

Mgr R. Fisichella Missionnaires de la miséricorde 10/04/2018 © Vatican Media
Mgr R. Fisichella Missionnaires De La Miséricorde 10/04/2018 © Vatican Media 

« Vivre ensemble l’expérience de la foi », par Mgr Fisichella

« L’homme n’est pas enclin à prendre ses distances »

« Vivre ensemble l’expérience de la foi »: dans une interview accordée à Radio Vatican (Federico Piana) le président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella, souligne l’importance de l’incarnation et de la proximité dans la vie de la foi.

Il fait observer que « dans les prochains mois, nous devrons garder nos distances mais l’homme est fait pour la proximité. C’est un fait anthropologique qui ne peut être subverti ». Même s’il reconnaît « la nécessité de nouveaux outils technologiques ».Il souligne les limites de la culture numérique : « À l’époque d’Internet, dans la culture moderne dans laquelle nous nous trouvons, il est difficile de penser qu’un épisode dramatique comme la pandémie qui nous a frappés puisse déterminer et changer nos vies. Et la raison en est simple: tout s’oublie très vite. La culture numérique nous amène à dépasser l’espace et le temps. Malheureusement, je pense qu’il y a beaucoup de rhétorique autour de nous maintenant, et je ne suis pas d’accord avec cela. »

Il donne des exemples: « Comment pouvez-vous penser que deux personnes qui s’aiment ne se serrent pas la main? Comment est-il possible de penser que deux personnes qui doivent se marier vivent à distance? Comment peut-on penser que nos jeunes vivent sans signes tangibles d’affection? Tout cela est inhérent à l’homme. L’homme s’approche instinctivement, l’homme n’est pas enclin à prendre ses distances; il ne le fait que lorsqu’il n’y a pas de relation. Mais l’homme est fait pour la relation et cela est d’autant plus vrai pour la dimension de la foi chrétienne: le croyant est fait pour vivre en communauté, et non isolé. Il est évident que nous devons désormais nécessairement respecter les distances, mais la distance ne peut être l’avenir de l’existence personnelle. »

Mais cela ne signifie pas que l’annonce de l’Evangile s’est arrêtée: « L’évangélisation se poursuit à travers des méthodes et des instruments qui sont un signe, montrant combien l’Évangile – et donc l’Église – est capable d’entrer dans la vie et l’histoire des gens. »

Il insiste sur le « vivre ensemble l’expérience de la foi »: « La pandémie nous a fait comprendre la nécessité de vivre ensemble l’expérience de la foi. J’ai été positivement impressionné par la demande de plus en plus pressante de pouvoir participer à la Sainte Messe. Mais l’évangélisation ne se réduit pas au seul moment sacramentel. En ce qui concerne l’évangélisation, la célébration des sacrements n’est qu’un des points essentiels. Il y en a deux autres: la rencontre avec les gens pour l’annonce de la foi, et le témoignage vivant de la charité. Le virus a montré à quel point il est fondamental pour nous de nous voir, d’être ensemble. J’utilise une remarque imagée: la foi a besoin des sens: pour voir, pour écouter, pour toucher. Elle doit sentir – aussi paradoxal que cela puisse être – l’odeur de l’encens. Tout ce qui appartient à la vie humaine appartient également à la dimension de la foi et de l’évangélisation. »

Source: Zenit.org, le 15 mai 2020, par Anita Bourdin