Marche pour la vie : à Paris et sur Zoom le 17 janvier
Pour la première fois, les sympathisants de la Marche pour la Vie pourront manifester place du Trocadéro, à Paris, mais aussi sur Zoom, le dimanche 17 janvier prochain.
Depuis plus d’une dizaine d’années, la Marche pour la vie appelle à manifester à Paris, au mois de janvier, pour exprimer son opposition aux lois de bioéthique et exhorter le gouvernement à refonder la société sur le respect de toute vie humaine, de sa conception jusqu’à la mort naturelle. Les retours annoncés au Sénat des projets de loi bioéthique le 19 janvier et sur l’IVG le 20 janvier confortent les organisateurs à appeler à la mobilisation le dimanche 17 janvier. Les manifestants sont attendus au Trocadéro, à Paris, mais aussi, grande première, sur l’application de visioconférence Zoom, pour réunir le plus grand nombre malgré le contexte sanitaire.
A trois jours de l’examen en seconde lecture de la loi bioéthique au Sénat, quatre dispositions en projet seront dénoncées à travers cette marche 2021 : l’extension de la durée légale pour avorter de 12 à 14 semaines, la suppression de la clause de conscience des professionnels de santé, le rallongement du délai légal d’interruption médicale de grossesse (IMG) jusqu’au neuvième mois au motif de détresse psychosociale, ainsi que la suppression du délai de réflexion dans le cadre de l’IMG. « Le pays souffre, et il y a bien plus urgent à faire que débattre de projets de loi idéologiques visant à adopter de nouvelles transgressions éthiques », a déclaré Nicolas Tardy-Joubert, le nouveau président de la Marche pour la Vie.
L’embryon est « une vie humaine », martèle le pape François
L’embryon est « une vie humaine », a déclaré le pape François lors d’un entretien à la chaîne italienne Canale 5 diffusé dimanche 10 janvier. Des propos qui font suite à la légalisation de l’avortement en Argentine.
Le problème de l’avortement « n’est pas religieux mais […] humain » car l’embryon « est une vie humaine », a fait remarquer le pape François dans une interview délivrée à la chaîne italienne Canale 5 diffusée le 10 janvier 2021. « Est-il juste d’annuler une vie humaine pour résoudre un problème ? », a-t-il interrogé avec force alors que son pays, l’Argentine, a récemment légalisé l’avortement.
Dans la société actuelle, « les personnes qui ne sont pas utiles sont jetées », a mis en lumière le pontife. Et ainsi, « les enfants sont rejetés, soit parce qu’on ne les désire pas, soit parce qu’on les renvoie à l’expéditeur lorsqu’on constate qu’ils sont malades […] : avant la naissance, leur vie est effacée », a-t-il poursuivi. Le Pape s’est tout particulièrement élevé contre les personnes qui font le lien entre religion et avortement : « Le problème de l’avortement n’est pas un problème religieux, attention : c’est un problème humain, pré-religieux, c’est un problème d’éthique humaine, […] un problème que même un athée doit résoudre en son âme et conscience ».
Est-il juste d’annuler une vie humaine pour résoudre un problème, n’importe quel problème ?
À la question : « Ai-je le droit de faire cela ? », le pontife a voulu répondre par une « réponse scientifique » : lors de « la troisième semaine [de grossesse], presque la quatrième, il y a tous les organes du nouvel être humain dans le ventre de la mère, c’est une vie humaine. Je pose la question suivante : est-il juste d’annuler une vie humaine pour résoudre un problème, n’importe quel problème ? Non, ce n’est pas juste. Est-il juste d’engager un tueur à gages pour résoudre un problème ? ». Le pontife a eu une nouvelle fois recours à cette métaphore qui avait entraîné une polémique, en octobre 2018 puis en mai 2019.
Ces propos du pape François interviennent alors que le Sénat argentin s’est prononcé en faveur de la légalisation de l’IVG le 30 décembre 2020. Dans le pays du pontife, les femmes peuvent désormais interrompre leur grossesse jusqu’à la quatorzième semaine. Auparavant et selon une loi en date de 1921, l’avortement n’était permis dans ce pays qu’en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.
La culture du déchet pousse à hâter la mort
Le pape François a eu également une parole pour les personnes en fin de vie, la culture du déchet poussant selon lui la société à « jeter le malade ou hâter la mort lorsqu’elle est en phase terminale ». L’évêque de Rome a enfin évoqué le rejet des migrants qui souffrent également de cette mentalité : « Sur notre conscience pèsent les personnes qui se sont noyées en Méditerranée ».
Des manifestants pro-vie s’étaient rassemblés au cœur de la nuit pour suivre les débats au Sénat.
En Argentine, les évêques s’élèvent contre la légalisation de l’IVG
Le Sénat argentin a approuvé ce mercredi le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse. L’avortement est ainsi légalisé malgré les appels de l’Église en faveur de la protection de la vie.
Vatican News
Après douze heures de débat et des semaines de discussions à travers toute la société, les sénateurs argentins ont voté par 38 votes contre 29 en faveur de la dépénalisation de l’avortement. Les évêques, qui se sont mobilisés depuis des mois, soulignant l’importance de protéger la vie depuis sa conception, n’ont pas été entendus par la chambre haute du Parlement.
«L’Église en Argentine (…) continuera à travailler avec fermeté et passion au soin et au service de la vie. Cette loi qui a été votée creusera encore plus les divisions au sein de notre pays» écrivent les évêques dans un communiqué rendu public après le vote. «Nous regrettons profondément l’éloignement d’une partie du pouvoir qui n’a pas écouté le peuple qui s’est exprimé de différentes manières en faveur de la vie dans tout notre pays,» poursuivent-ils. «Nous sommes certains que notre peuple continuera de toujours choisir la vie et toutes les vies» ajoutent-ils.
Les défis qui attendent l’Argentine
Les évêques pointent du doigt les véritables priorités que doit affronter l’Argentine : la paupérisation croissante des enfants, l’abandon scolaire de plus en plus important, la faim et le chômage qui affectent de nombreuses familles. Sans oublier la dégradation de la situation des retraités dont les droits pourraient être une nouvelle fois menacés.
Les évêques saluent tous les Argentins et les parlementaires qui se sont élevés pour défendre la vie, «sans conditions», ce qui les rendra «capables de construire une Nation juste et solidaire où personne ne sera rejeté et au sein de laquelle on puisse vivre une vraie culture de la rencontre».
Mgr Marcelo Sánchez Sorondo @ Facebook / La Sede De Pedro
Argentine: appel pour la vie de l’Académie pontificale des sciences sociales
Aux sénateurs du pays
Un appel pour la vie a été lancé par l’Académie pontificale des sciences sociales aux sénateurs d’Argentine qui devaient se prononcer pour ou contre l’avortement ce mardi 29 décembre 2020.
Cette intervention dans un processus législatif intérieur à un pays est inhabituel pour un dicastère du Saint-Siège et il a été largement relayé.
Dans un tweet du 28 décembre, sur son compte @CasinaPioIV, l’Académie pontificale écrit en effet, en espagnol: « Sénateurs d’Argentine, le 29 je vous demande de suivre l’exemple d’un grand président à nous: « ne laissez pas vos convictions profondes sur les marches du Sénat » – sachez défendre la vie comme il l’a défendue. »
Un appel en première personne, de cette académie pontificale présidée par un Argentin, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, et en écho à l’appel de la Commission exécutive de la Conférence des évêques d’Argentine @EpiscopateArg: « Nous ne pourrons pas construire en lâchant la main sans défense est relâchée, si les droits des plus faibles et des plus pauvres sont ignorés. C’est un principe d’éthique humaine et pré-religieuse, qui est soutenu par la science médicale et par le droit » #Lujan. »
En Pologne, le soulagement des évêques après une décision sur l’IVG
Par 11 voix pour et 2 voix contre, le Tribunal constitutionnel polonais a décidé, jeudi 22 octobre, que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pour cause de graves malformations du fœtus était contraire à la Constitution.
Les évêques polonais se sont réjouis à la suite de cette annonce : «Par cette décision, il est confirmé que le concept de « vie qui ne vaut pas la peine d’être vécue » est en contradiction flagrante avec le principe d’un État démocratique régi par le droit. La vie de chaque être humain, de la conception à la mort naturelle, a la même valeur pour Dieu et devrait être protégée de la même manière par l’État», a déclaré jeudi 22 octobre le président de la Conférence épiscopale polonaise (Cep), Mgr Stanisław Gadecki.
Rappelant les paroles de saint Jean-Paul II, qui disait qu’«une démocratie et la bonté d’une société» se mesurent à l’aune de leur attitude envers les plus faibles, le prélat a fait remarquer que «toute personne de bonne conscience se rend compte de la barbarie sans précédent que représente le fait de refuser à une personne le droit à la vie, notamment en raison de ses maladies.» Mgr Gadecki a ensuite rappelé le devoir de ne pas oublier les enfants concernés ainsi que leurs familles qui, a-t-il dit, doivent «être entourés d’une gentillesse particulière et d’une réelle attention de la part de l’État, de la société et de l’Église».
IVG en cas de viol ou danger pour la femme
Conformément aux souhaits du parti au pouvoir, Droit et Justice (PiS), le jugement restreindra le droit à l’avortement uniquement aux cas de danger de mort pour la femme enceinte et de grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste.
Selon les données officielles, la Pologne, pays de 38 millions d’habitants, a enregistré en 2019 environ 1 100 cas d’IVG, dont l’écrasante majorité était autorisée à cause d’une malformation irréversible du fœtus. Selon des ONG, le nombre d’IVG pratiquées clandestinement en Pologne ou dans des cliniques étrangères pourrait atteindre près de 200 000 par an.
La Cour suprême américaine donne raison aux Petites Sœurs des Pauvres
La plus haute instance judiciaire des États-Unis soutient l’objection de conscience pour conviction religieuse. Mais la loi peut-elle régler tous les problèmes moraux ?
La Cour Suprême des États-Unis vient de rendre deux verdicts significatifs. Dans l’un, elle a reconnu que les Petites Sœurs des Pauvres n’étaient pas obligées de participer au remboursement des frais de contraception et d’avortement de leurs employées (voir « Aux États-Unis aussi, la liberté religieuse est menacée », Aleteia, 11 mai 2020). Dans l’autre, elle a admis le droit d’écoles catholiques à ne pas conserver des personnels n’adhérant pas à ce que nous appelons le « projet d’établissement ».
La plus haute instance judiciaire des États-Unis soutient l’objection de conscience pour conviction religieuse. Mais la loi peut-elle régler tous les problèmes moraux ?
La Cour Suprême des États-Unis vient de rendre deux verdicts significatifs. Dans l’un, elle a reconnu que les Petites Sœurs des Pauvres n’étaient pas obligées de participer au remboursement des frais de contraception et d’avortement de leurs employées (voir « Aux États-Unis aussi, la liberté religieuse est menacée », Aleteia, 11 mai 2020). Dans l’autre, elle a admis le droit d’écoles catholiques à ne pas conserver des personnels n’adhérant pas à ce que nous appelons le « projet d’établissement ».
Les Petites Sœurs des Pauvres étaient la cible d’organisations considérant le contrôle des naissances comme un droit imprescriptible des femmes. L’accusation était « tirée par les cheveux », car ces religieuses évidemment chastes recueillent dans leurs maisons des personnes âgées qui risquent encore moins qu’elles d’être enceintes. Mais leurs employées laïques pouvaient l’être, et la nouvelle loi d’assurance-maladie promulguée en 2011 faisait obligation à tous les employeurs de payer la part patronale du remboursement de tousles frais médicaux, y compris la contraception et l’avortement.
Quand le politique s’en mêle
Cette congrégation a refusé. Une exemption était prévue pour « objection de conscience », mais il fallait signer un papier reconnaissant la légitimité des « soins » et promettant en cas d’IVG l’octroi d’un congé sans perte d’emploi — ce qui revenait à une approbation tacite ou du moins passive. Les sœurs ne l’ont pas accepté : c’était une question de principe. Et c’est pourquoi elles ont été poursuivies — également pour des raisons purement théoriques, voire idéologiques, puisqu’aucune laïque embauchée par elles n’avait (ni n’a jamais) demandé le remboursement de la pilule ni de l’élimination d’un fœtus jugé indésirable.
L’administration Trump s’en est mêlée, pour satisfaire son électorat « conservateur », en accordant une dispense de signer ce document en cas de convictions religieuses s’opposant à ces pratiques. C’est sur la légalité de cette intervention politique que la Cour suprême était appelée à se prononcer : elle a estimé que le gouvernement fédéral avait eu raison de protéger la liberté de conscience inscrite dans le Premier Amendement de la Constitution et que ne peut enfreindre aucune loi ultérieure. Il est à prévoir que les groupes de pression féministes et libertaires contrattaqueront, par exemple en faisant valoir que les croyances hostiles au contrôle des naissances doivent être ignorées par la loi, puisqu’elles sont puisées dans la Bible et dans des traditions étrangères à l’État laïque.
L’ambivalence du Premier Amendement
De même, dans deux affaires de femmes licenciées par des écoles catholiques en Californie, la plus haute instance judiciaire du pays a jugé que leur employeur était en droit de ne pas renouveler le contrat de personnes s’avérant ne pas correspondre au profil du poste qui leur avait été confié. Ce qui a été reconnu là est le droit d’une institution privée à but non lucratif de demander même à son personnel salarié une adhésion à ses objectifs, à sa motivation ou à sa raison d’être, et d’évaluer si cet engagement est conforme aux attentes qui en découlent. En l’occurrence, c’est l’efficacité pédagogique de ces deux éducatrices qui a été jugée insuffisante. Mais leurs avocats ont fait valoir qu’elles n’avaient pas été conservées à cause d’opinions religieuses personnelles, et que donc leur liberté de conscience n’avait pas été respectée.
Ces questions sont épineuses, car le Premier Amendement de la Constitution stipule d’un côté que ni le gouvernement fédéral ni aucun des États de l’Union ne doit cautionner aucun « culte », et de l’autre que la pratique d’aucune foi ne doit être entravées, ni son expression publique. D’autre part, comme il semble que la réélection de M. Trump soit loin d’être assurée, il ne peut être exclu que, sous le président suivant, les mesures favorables aux institutions catholiques soient rapportées et que les institutions catholiques soient obligées de retourner en justice pour demander une exemption, tandis qu’elles seront de nouveau poursuivies par des associations féministes et de « planning familial » pour rébellion contre les lois en vigueur…
Et maintenant ?
Ce qui laisse cependant espérer que les positions de la Cour suprême ne seront pas contestées est qu’elles ont été prises à une nette et rare majorité (7 contre 2), ce qui signifie que deux des juges réputés libéraux (et peu portés à soutenir les convictions religieuses) ont donné raison aux Petites Sœurs des Pauvres et à ces écoles catholiques de Californie. Les médias, par ailleurs, ont relevé que l’obligation pour les employeurs de participer au remboursement des frais de contraception et d’avortement ne figurait pas dans la loi votée par le Congrès (le Parlement américain), baptisée « Obamacare » et généralisant l’assurance-maladie, mais avait été introduite dans les décrets d’application sous la pression de groupes de pression féministes et laïcards.
Au-delà des subtilités juridiques, des interférences du politique et de la vision de la personne humaine, de ses droits et de ses devoirs découlant de convictions religieuses ou philosophiques, ce qui est ressorti de tous ces débats sur un plan strictement rationnel est qu’il ne suffit pas que la procréation soit non désirée pour qu’elle devienne une maladie à laquelle la solidarité nationale impose de remédier en donnant gratuitement accès à tous les moyens médicaux disponibles. La question, qui n’est finalement pas posée qu’aux Américains, est de savoir si la loi peut se substituer à la stricte raison et à la sagesse prudentielle pour régler les problèmes posés au discernement moral par les techniques nouvelles.
Kevin Case-ccTypical afternoon on 6th Avenue in New York City
Dans l’affaire « Petites Sœurs des Pauvres contre l’État de Pennsylvanie », qui arrive devant la Cour Suprême, l’enjeu est la liberté non pas du culte mais de conscience.
Catholiques français qui nous plaignons de l’indifférence du gouvernement à notre faim de l’Eucharistie, et rappelons que la liberté religieuse est la pierre angulaire de tous les droits, nous pouvons nous dire que nous ne sommes pas seuls. Il suffit, pour s’en apercevoir, de regarder ce qui se passe aux États-Unis — et qui n’a rien à voir avec la pandémie actuelle, sauf de façon superficielle.
Une conséquence de l’Obamacare
C’est en effet par audiovisuel pour respecter le confinement qu’ont été auditionnées le mercredi 6 mai dernier devant la Cour Suprême les avocats des deux parties dans l’affaire « Petites Sœurs des Pauvres contre l’État de Pennsylvanie ». Le verdict sera rendu que plus tard. L’intitulé même est surprenant : entre ces religieuses et un des cinquante états de l’Union, quel contentieux mérite-t-il d’être porté jusqu’à la plus haute instance judiciaire du pays ? C’est encore plus déconcertant quand on apprend que le différend tourne autour de la contraception et l’avortement. Or les Petites Sœurs des Pauvres tiennent des maisons d’accueil de personnes âgées et personne n’aurait l’idée de venir leur demander un moyen d’éviter ou d’interrompre une grossesse. Quelques explications sont donc nécessaires.
L’assurance-maladie obligatoire promulguée en 2010 et appliquée depuis 2014 (ce qu’on appelle l’Obamacare) stipule que les employeurs doivent acquitter leur part de tous les frais médicaux des personnels à leur service, y compris la pilule contraceptive et l’IVG. Comme toutes les institutions catholiques (et d’autres organisations non-confessionnelles pour des raisons d’éthique), les Petites Sœurs des Pauvres ont fait valoir l’objection de conscience garantie par les lois. Elles ont été entendues, mais en partie seulement : leur participation ne serait pas prélevée sur leurs cotisations mais assumée par l’assurance qu’elles sont tenues de prendre et à défaut par le gouvernement fédéral.
L’administration Trump s’en mêle
Les Petites Sœurs ont protesté que cela équivalait, puisque les paiements se feraient en leur nom, à les rendre passivement complices d’actes qu’elles réprouvaient. Et elles ont entrepris une action en justice pour être exemptées. Des associations féministes et de « planning familial » les ont symétriquement attaquées devant les tribunaux pour contestation sur des fondements privés de la législation qui s’impose à tous. La Cour Suprême n’avait pas encore tranché quand l’administration Trump a voulu régler unilatéralement la question en 2018 par une ordonnance exonérant des obligations prévues par l’Obamacare concernant le contrôle des naissances toutes les organisations qui en feraient la demande pour motif religieux ou moral.
Cette mesure visait à satisfaire la mouvance « pro-vie » qui soutient le président et où les protestants évangéliques sont les plus nombreux et bruyants, mais moins directement affectés, car il ont bien moins d’établissements et emploient bien moins de personnel que les catholiques. Mais les militants « pro-choix » (qui considèrent la contraception et l’avortement comme des droits fondamentaux et inaliénables) ont contrattaqué, et l’État de Pennsylvanie qu’ils contrôlent, ne pouvant assigner le gouvernement fédéral en justice, a poursuivi à son tour les Petites Sœurs des Pauvres, rejoint par le New Jersey où la situation politique est analogue. Leur argument est que ces religieuses ne sauraient se prévaloir d’une décision ministérielle entravant l’application d’une loi votée par le Parlement.
Ce qui est en jeu
Les enjeux de l’affaire sont à la fois ridicules et non-négligeables. Dans le concret du terrain, le nombre d’employées des religieuses demandant la prise en charge de leurs pilules contraceptives ne peut être qu’infime, et de fait aucun cas n’a pu être cité. L’affrontement se situe bien sûr au niveau des principes, mais pas uniquement, et on en est bien conscient des deux côtés. Si les sœurs étaient déboutées et condamnées, elles pourraient en effet avoir à payer tous les frais de justice et surtout des amendes qui les acculeraient à la faillite et à la fermeture de la plupart sinon de la totalité de leurs maisons.
« Ce sont deux conceptions de la dialectique entre loi et liberté. »
Il est cependant clair qu’elles ne prennent de tels risques qu’afin de rester fidèles à l’enseignement de l’Église et de défendre la liberté religieuse. En face, il s’agit bien de faire reconnaître comme un droit inaliénable la maîtrise de leur corps par les femmes, de justifier la dissociation entre la sexualité et la transmission de la vie, et d’établir la supériorité des lois politiquement édictées sur non seulement les préceptes confessionnels mais encore les convictions personnelles. Ce sont deux conceptions de la dialectique entre loi et liberté. Le choix à faire est pas plus cornélien que celui auquel nous sommes confrontés : les libertés de culte et de conscience sont inséparables et la loi divine est plus libératrice que les lois humaines qui ne peuvent être, au mieux, que protectrices.