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L’épreuve de Joseph

L’épreuve de Joseph
Peux-tu être surpris si Joseph se jugeait indigne de vivre en commun avec la Vierge, quand tu entends que sainte Élisabeth, elle aussi, ne put supporter sa présence qu’avec crainte et respect ? Voici ses paroles : Comment m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne chez moi ? (Lc 1,43). Voilà donc pourquoi Joseph voulut la renvoyer.
Mais pourquoi en secret et non au grand jour ? Pour éviter toute enquête sur le motif de la séparation, ce qui exigeait d’en rendre compte. S’il avait dit son sentiment et la preuve qu’il s’était faite de la pureté de Marie, les gens ne l’auraient-ils pas tourné en dérision et n’auraient-ils pas lapidé Marie ? Comment auraient-ils cru en la Vérité encore muette au sein maternel ? Que n’auraient-ils pas fait au Christ encore invisible ?
C’est donc avec raison que cet homme juste, pour n’être pas réduit à mentir ou à exposer au blâme une innocente, voulait en secret renvoyer Marie.
Saint Bernard de Clairvaux Extrait de la deuxième homélie Super missus
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
13.03.2026 – SAINT DU JOUR

Ste Irmã Dulce
Religieuse brésilienne
« Bon Ange de la Bahia »
Irmã Dulce (dans le siècle Maria Rita), deuxième fille de Lopes Pontes Augusto dentiste, professeur à l’École de médecine dentaire, et de Dulce Maria de Souza Brito Lopes Pontes, naît le 26 mai 1914, à Salvador de Bahia.
À 13 ans, elle a déjà transformé la maison familiale, au 61, Rue de l´Indépendance, en un centre d´accueil de personnes en difficultés. C´est à cette époque qu´elle manifeste pour la première fois le désir de se dédier à la vie religieuse, après avoir visité l´une de ses tantes vivant avec d´autres personnes pauvres parmi les pauvres.
Sa vocation de travailler pour la population souffrante est due à une influence directe de sa famille, à un héritage de son père, et à un appui décisif de sa sœur, Dulcinha.
Le 8 février 1933, peu après avoir terminé sa formation de professeur, Maria Rita entre dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de l´Immaculée conception de la Mère de Dieu, dans la ville de São Cristóvão, dans l´état du Sergipe. Une année plus tard, le 15 août 1934, elle prononce ses vœux définitifs, à l´âge de 20 ans, recevant le nom de Irmã Dulce en hommage à sa mère, décédée quand elle avait 7 ans.
Sa première mission est d´enseigner dans un collège tenu par sa congrégation dans le quartier de Massaranduba, dans la ville basse à Salvador. Mais, très vite, elle songe de nouveau à œuvrer pour les plus pauvres. Dès 1935, elle commence à aider la communauté pauvre des Alagados (= des inondés) et d´Itapagipe, de la ville basse, lieux où vont se développer les principales activités des futures Œuvres sociales d´Irmã Dulce.
Les premières années de travail apostolique de la jeune missionnaire sont intenses. En 1936, elle fonde l´Union ouvrière de Saint François, premier mouvement ouvrier de la Bahia. En 1937, elle fonde, avec le Frère Hildebrando Kruthaup, son père spirituel, le Cercle ouvrier de Bahia, qui compte rapidement 3 cinémas, construits grâce à divers dons.
En Mai 1939, Irmã Dulce inaugure le Collège Saint Antoine, école publique destinée pour les ouvriers et leurs enfants, dans le quartier de Massaranduba.
La même année, elle fait construire cinq maisons dans l´île aux Rats, pour accueillir les malades qui errent dans les rues. Expulsée de ce lieu, elle déménage d´un endroit à l´autre, emmenant ses malades avec elle dans différents endroits. Finalement, elle s´installe dans le poulailler du Couvent Saint Antoine, qui s´improvise peu à peu en auberge et devient la base du futur hôpital Saint Antoine. Ce dernier s´agrandit et est aujourd´hui le centre d´un immense complexe médical, social et éducatif qui continue à ouvrir ses portes pour les pauvres de la Bahia et de tout le Brésil.
L´encouragement pour développer son œuvre, Irmã Dulce le tient du peuple bahianais, des brésiliens de tout le pays et de personnalités internationales. En 1988, elle est recommandée par le Président de la République de l´époque, José Sarney et la Reine Silvia de Suède, pour recevoir le prix Nobel de la Paix. Mais surtout, le 7 juillet 1980, elle reçoit les encouragements de saint Jean-Paul II, lors de sa première visite du pays, pour développer son œuvre.
Les deux se rencontreront de nouveau le 20 octobre 1991, lors de la seconde visite du Souverain Pontife au Brésil. Saint Jean-Paul II insiste alors pour bousculer son emploi du temps minuté pour visiter Irmã Dulce au Couvent Saint Antoine, déjà bien affaiblie dans son lit d’hôpital.
Cinq mois plus tard, le 13 Mars 1992, elle rejoint la Maison du Père. Le jour de ses obsèques, dans l´église Notre Dame de l´Immaculée Conception de la Plage, les hommes politiques, les industriels et les artistes, se mêlaient aux milliers de fidèles, souvent très pauvres, venus pleurer leur « Bon Ange de la Bahia ».
Son œuvre constitue l´une des plus grandes et des plus respectées institutions philanthropiques du pays. Toute sa vie, malgré sa santé fragile et son insuffisance respiratoire, elle courut d´un bureau à un autre, avec comme unique objectif de faire de sa vie un instrument vivant du Salut du Monde.
Irmã Dulce a été béatifiée le 22 mai 2011, au Parc des Expositions de Salvador de Bahia (Brésil), au cours d’une célébration, présidée par Mgr Murilo Krieger, archevêque et cardinal primat de Salvador. Elle est canonisée le 13 octobre 2019, place Saint-Pierre à Rome, par le pape François.
Source principale : adveniat-regnum-tuum.blogspot.fr/ (« Rév. x gpm »)
Ste Irmã Dulce priez pour nous !

13.03.2026 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,28b-34.

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’
Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »

Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)
franciscain, docteur de l’Église
Sermon du 5e dimanche après Pâques (Une Parole évangélique, trad. V. Trappazzon, éd. Franciscaines, 1995, p. 51-52, rev.)
Demander au Père l’Amour
« Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom » (Jn 16,23). Le Père est Dieu ; nous sommes ses enfants et lui disons chaque jour : “Notre Père, qui est aux cieux…” Nous, les enfants, nous devons donc demander quelque chose au Père et ce quelque chose est l’amour. En effet, tout ce qui existe n’est rien en dehors de l’amour de Dieu. Aimer Dieu est donc ce quelque chose que nous devons demander. Aimons donc Dieu comme le petit de la cigogne aime son père. On dit que le petit de la cigogne aime tellement son père que, lorsqu’il vieillit, il le réconforte et le nourrit. De la même manière, nous devons réconforter notre Père en ce monde qui vieillit ; le réconforter dans ses membres faibles et malades ; le nourrir dans les pauvres et les indigents. Ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, a dit Jésus, c’est à moi que vous l’aurez fait (cf. Mt 25,40). Si nous demandons l’amour, le Père qui est amour, nous donnera ce qu’il est lui-même : l’Amour.

LECTURES :
Livre d’Osée 14,2-10.

Ainsi parle le Seigneur : Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t’es effondré par suite de tes fautes.
Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte ce qui est bon. Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres.
Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : “Tu es notre Dieu”, car de toi seul l’orphelin reçoit de la tendresse. »
Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, car ma colère s’est détournée d’Israël.
Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban.
Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban.
Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban.
Éphraïm ! Peux-tu me confondre avec les idoles ? C’est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c’est moi qui te donne ton fruit.
Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, mais les pécheurs y trébuchent.

Psaume 81(80),6c-8a.8bc-9.10-11ab.14.17.

R/ C’est moi, le Seigneur ton Dieu, écoute ma voix. (Ps 80, 11.9a)
J’entends des mots qui m’étaient inconnus :
« J’ai ôté le poids qui chargeait ses épaules ;
ses mains ont déposé le fardeau.
Quand tu criais sous l’oppression, je t’ai sauvé.
« Je répondais, caché dans l’orage,
je t’éprouvais près des eaux de Mériba.
Écoute, je t’adjure, ô mon peuple ;
vas-tu m’écouter, Israël ?
« Tu n’auras pas chez toi d’autres dieux,
tu ne serviras aucun dieu étranger.
C’est moi, le Seigneur ton Dieu,
qui t’ai fait monter de la terre d’Égypte ! »
« Ah ! Si mon peuple m’écoutait,
Israël, s’il allait sur mes chemins !
Je le nourrirais de la fleur du froment,
je te rassasierais avec le miel du rocher ! »
12.03.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE PARIS
12.03.2026 – VÊPRES À NOTRE-DAME DE PARIS
12.03.2026 – CHAPELET À LOURDES
15.03.2026 – INTÉGRALITÉ DES LECTURES DU 4ÈME DIMANCHE DE CARÊME
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’Évangile du 4e dimanche de carême, année A : Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 9, 1-41. (lecture brève)
15.03.2026 – HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DE CARÊME – JEAN 9, 1-41

Génétique spirituelle
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot
Longtemps, et peut-être aujourd’hui encore, l’Église a considéré que le péché était sexuellement transmissible, jetant indûment un voile de culpabilité sur l’acte de donner amoureusement la vie. La Genèse nous explique son origine et, depuis Adam, le péché se transmet de génération en génération. Ainsi héritons-nous la faute originelle dans la plus pure innocence. Avant de questionner ce principe de la « faute des pères qui retombe sur les fils », renversons la logique culpabilisante.
Que nous héritions le péché originel – ce que la doctrine de l’Église affirme – devrait justement nous délivrer d’une certaine culpabilité : nous ne sommes pas responsables de tous les maux qui nous affectent. Bien souvent, nous en héritons. Nous ne sommes responsables que de l’amplification que nous donnons à la souffrance. Dire qu’un enfant hérite le péché originel, c’est d’abord affirmer son innocence personnelle. Toute âme est originellement pure, mais sa venue au monde la confronte d’emblée au mal. En ce sens, nous sommes tous des innocents blessés. Ainsi, nous comprenons que le récit du péché originel, avant d’être celui de la culpabilisation de l’humanité, est celui qui proclame la primauté de l’innocence sur la faute. On comprend mieux ainsi le regard de Dieu.
Tout de même ! Quelle justice y a-t-il à proclamer, à plusieurs reprises dans la Bible : « Moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis la faute des pères sur les fils jusqu’à la troisième et la quatrième génération » (Ex 20, 5 ; Ex 34, 7 ; Nb 14,18 ; Dt 5, 9) ? Où est ici l’amour juste, le souci premier de l’innocent ? Remarquons d’abord que ce verset n’est pas en soi une accusation mais un avertissement, précisément adressé aux pères : vos défauts d’amour, vos fautes auront des conséquences sur les générations futures. Ainsi voit-on la mécanique de la violence intrafamiliale crûment exposée : les enfants mal-aimés risquant, à leur tour, d’être des parents mal-aimants. Ce n’est pas génétiquement que nous héritons les maux ; c’est spirituellement, affectivement, de notre entourage.
Tous nous avons une conscience personnelle, fondée sur les valeurs que nous acceptons ou rejetons. Et, en cela, nous avons une autonomie de jugement et, donc, une responsabilité. Mais les familles, les sociétés, les peuples et les nations ont-elles aussi leurs valeurs, leur culture, leurs blessures, qu’elles nous imposent, parfois avec force et même sans consentement. Beaucoup de nos modes affectifs ou comportementaux – beaucoup de nos troubles aussi – sont hérités, que nous les acceptions ou rejetions.
Dans ce contexte, on comprend l’interrogation des disciples face à l’aveugle-né : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Dans une culture qui considère le handicap non seulement comme un défaut mais comme une punition divine, confrontés comme nous à l’incompréhensible de la souffrance infantile, il faut forcément un coupable.
Jésus dément ce raisonnement : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui ». Ainsi, à coté de notre péché propre et de la souffrance héritée de notre environnement blessé, y a-t-il des maux non « génétiques », qui ne résultent pas de blessures humaines transmises. On retrouve ici la nécessité du Diable et des démons qui nous parlent, d’un esprit du monde qui nous atteint indépendamment de tout contact humain. Il y a aussi, en nous, un combat du bien et du mal qui nous dépasse infiniment.
Le péché nous rend aveugles et c’est le propos de l’Évangile de ce dimanche. Nous sommes aveuglés par les esprits mauvais qui nous affectent, nous étourdissent et parfois nous perdent. Certains de ces esprits – familiaux, sociétaux – sont hérités, d’autres s’attaquent à l’innocence-même, au projet originel de Dieu pour nous. De tous ces maux, la parole de Dieu nous délivre. C’est le sens du geste du Christ qui mêle sa salive à la terre dont est issu Adam. Le verbe de Dieu nous libère des emprises mondaines, que ce soient les chaînes que nous nous donnons, les emprises familiales, culturelles ou sociétales que nous subissons ou la violence aveugle du monde qui nous atteint.
Nous ne sommes pas coupables de tous les malheurs qui nous arrivent, nous ne sommes même pas coupables des fautes héritées, nous ne portons de responsabilité que sur la manière dont nous répercutons les maux qui nous assaillent.
Il est humainement naturel de vouloir rejeter le mal qui nous frappe ; il est profondément humain de vouloir éviter la souffrance. Le Christ lui-même a demandé au Père d’éloigner la coupe du malheur (Mt 26,39-42 ; Mc 14, 36 ; Lc 22, 42) et, immanquablement, nous le ferons. C’est même spirituellement sain.
La question est de savoir comment nous le ferons. Allons-nous répercuter nos souffrances sur nous-même, sur le monde ou sur Dieu ? Généralement, nous faisons les trois : nous nous sentons coupables de souffrir, désireux de nous venger, allant parfois jusqu’à remettre en cause l’amour que Dieu nous porte. C’est l’attitude des pharisiens qui accusent tour à tour l’aveugle, ses parents et Jésus.
Le Christ propose une quatrième voie, celle de lui laisser porter cette souffrance pour nous, de nous laisser guérir et de ressusciter avec lui. C’est la voie de la sagesse, de l’innocence retrouvée dont témoigne l’aveugle guéri, qui dame spirituellement le pion aux théologiens qui l’interrogent. Le Christ souligne : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles ».
L’aveugle-né est innocent. Ce qui est coupable aux yeux du Christ, c’est de voir le mal et, au lieu de se laisser toucher par Dieu, de le répercuter … parfois de génération en génération. « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’, votre péché demeure. »
De la boue du monde, Dieu fait des merveilles en y mêlant sa parole. Il crée Adam et le guérit de ses aveuglements. Ainsi personne, que la violence spirituelle, familiale ou sociétale n’atteint n’est-il coupable des maux qui l’affligent sauf à vouloir s’en venger.
Les blessures générationnelles sont parmi les plus difficiles à résoudre. Souvent, elles nous aveuglent, faisant partie d’un contexte hérité dont nous sommes innocents. Mais, par ailleurs, bien que nous voyons la souffrance qu’elles nous causent, il nous arrive de leur donner de l’ampleur, de les répercuter, entretenant ainsi le cycle de la violence en connaissance de cause.
Pour briser ce cercle de la violence subie que, de génération en génération, notre humanité répercute, il faut qu’arrivent des personnes qui se laissent aveuglément guérir par Dieu. Prions que ce soit nous.

Source : RESURGENCE.BE, le 11 mars 2026
15.03.2026 – HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DE CARÊME – JEAN 9, 1-41

Guérison de l’aveugle-né
Homélie par l’Abbé Jean Compazieu
Textes bibliques : Lire
Ce 4ème dimanche du Carême est celui de la joie. C’est la joie d’un peuple déporté en terre d’exil qui entend une bonne nouvelle. Le prophète Isaïe lui annonce que Dieu est là au cœur de ses détresses. Il intervient pour apporter le salut à ce peuple opprimé. C’est aussi la joie des catéchumènes qui vivent la 2ème étape de leur baptême. Des enfants d’âge scolaire et des adultes se sont mis en route pour ce grand événement.
Tout au long de ce carême, nous sommes invités à « changer nos cœurs ». Les textes bibliques de ce jour nous invitent à changer notre regard sur les personnes et les événements : « Dieu ne regarde pas comme les hommes. Les hommes regardent l’apparence. Dieu voit le cœur. Avoir le cœur de Dieu c’est voir les qualités et la grandeur de celui qui est petit, faible et méprisé. C’est reconnaître que, lui aussi, est capable de grandes choses.
Au jour de notre baptême, nous avons été introduits dans le monde de la lumière. Saint Paul nous dit que cela n’est devenu possible que par la grâce du Christ. Il est la « lumière du monde ». Lui-même nous appelle à vivre en « enfants de lumière ». Ce qui doit nous guider c’est la Lumière qui est en Jésus, c’est son amour. Il est toujours là pour nous apprendre à voir les autres avec le regard de Dieu, un regard plein de miséricorde.
Dans l’Évangile, nous voyons Jésus qui guérit un mendiant aveugle de naissance. Il lui ouvre les yeux deux fois. Il commence par lui rendre la vue qui lui permettra de voir les personnes et le monde qui l’entoure. Et dans un deuxième temps, il lui ouvre les yeux de la foi. Tout cela se fait progressivement. Dans un premier temps, l’homme guéri parle de « l’homme qu’on appelle Jésus » ; ensuite il voit en lui un prophète ; puis quand il se trouve devant lui, il se prosterne en disant : Je crois, Seigneur. »
Comme cet homme, nous sommes appelés à passer des ténèbres à la foi. Nous aussi, nous sommes souvent aveugles ou malvoyants. Cet aveugle-né est le symbole de l’humanité plongée dans les ténèbres. Mais par le baptême, elle découvre la Lumière du Christ. Pour ces nouveaux convertis, c’est une illumination. C’est la Parole de l’Évangile de saint qui s’accomplit : « Le Verbe était la Lumière, qui, en venant en ce monde, illumine tout homme.
Face à cet homme guéri et sauvé, il y a tous ceux qui sont aveugles dans leur esprit et dans leur cœur ; il y a ceux qui s’enfoncent dans leur aveuglement qui est celui du péché. Comme le hibou ou la chouette, ils sont aveuglés par la lumière du jour. La Lumière de Dieu, la Lumière de la Vérité leur fait peur. Mais nous ne devons pas avoir peur de la Lumière de Jésus Christ ; il se présente à nous comme le soleil qui rendra lumineuse notre vie.
Autre constat : il arrive parfois que le soleil se cache : il y a des nuages, des épreuves ; il y a aussi la nuit. Mais quand il fait nuit, il ne nous vient pas à l’idée de douter de l’existence du soleil même si nous ne le voyons pas. L’amour du Seigneur est toujours bien présent, même quand tout va mal. Il est toujours là pour nous éclairer et, souvent c’est lui qui nous porte. Il veut nous conduire jusqu’à la victoire sur le péché et sur la mort. Tout l’Évangile nous dit qu’il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant » dit saint Irénée.
La suite de l’Évangile nous parlera des souffrances, de la Passion et de la mort de Jésus ; c’est là qu’il a assumé toutes les misères et tous les handicaps du monde. Jésus nous révèle un Dieu qui n’explique pas les souffrances, qui ne condamne pas mais qui prend sur lui le péché du monde. Il devient solidaire de tous ceux qui sont « nés comme ça ». Et surtout, il devient source de toute guérison et de la santé totale de l’homme.
Dieu ne prend pas son parti de la misère de l’homme. Il l’assume. La croix n’est pas un signe d’échec, de résignation ; c’est une protestation, une victoire sur tout ce qui abîme l’homme. Jésus nous donne un signe de cette victoire pascale en ouvrant les yeux de l’aveugle-né et en lui donnant un accès à une autre lumière, celle de la foi. C’est aussi à cette lumière que la Samaritaine a pu accéder (Évangile de dimanche dernier). Et dimanche prochain, nous découvrirons Jésus qui redonne vie à Lazare. À travers ce signe, il s’affirmera maître de tous les handicaps, y compris le dernier, la mort.
Vivre le Carême, c’est accueillir cette lumière qui vient de Jésus. Cette lumière c’est celle de la foi. Elle nous aide à voir les personnes et les événements avec le regard de Dieu. Comme l’aveugle guéri, nous deviendrons des témoins du Christ. Nous pourrons proclamer notre foi avec fierté : « Je crois en Dieu qui est lumière, Je crois en Dieu, il est mon Père. » Amen

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 7 mars 2026