Étiquette : Apostolat mondial de Fatima
10.07.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
« Mon âme n’est pas à vendre »

« Mon âme n’est pas à vendre »
L’enfance de la grande comédienne provençale, Eve Lavallière, a été tragique. Son père ouvrier, joueur, buveur et coureur, abat son épouse à coups de revolver sous les yeux de la jeune fille, réfugiée sur un balcon et qui échappe à grand peine au massacre, tandis que son malheureux père se suicide.
Mais tout cela c’est du passé. Le succès l’emporte et elle dira bientôt : « Je ne sais plus ce que c’est que d’avoir froid », tant le luxe où elle vit est raffiné. Son appartement aux meubles noir et or, sa salle de bain avec piscine, sa chambre féerique, les marbres de sa salle à manger sont célèbres à Paris.
Heureusement, même dans ses égarements, Eve Lavallière ne perd pas de vue la Sainte Vierge dont elle portera la médaille jusqu’au dernier soupir. Et au lendemain de chacun de ses succès, elle envoie régulièrement des fleurs à la Mère de Dieu.
Un jour de 1917, en vacances dans un château qu’elle a loué, elle entend prêcher un curé de campagne. La grande comédienne se moque du prêtre, qui n’a évidemment pas son talent pour parler en public. Mais huit jours après, la voilà comme terrassée par Jésus-Christ.
Après sa conversion, elle passe dix-sept mois à Lourdes, au pied de l’Immaculée, refuge des pécheurs. Elle, l’élégante, s’habille comme une petite pensionnaire. Elle, la riche, va s’habituer à vivre pauvre avec une malle et deux valises. Elle a trouvé le Christ et elle lui parle comme une pauvre pécheresse parlerait à l’homme qui va la sortir de sa misère. Elle, la grande amoureuse, aime désormais le Christ et fait pour Lui ce qu’elle n’a jamais fait pour aucun homme : elle renonce à elle-même.
Elle, bien portante, tombera malade : il faudra un jour lui coudre la paupière de l’œil gauche à vif sans l’endormir … « J’ai soif d’arriver là-haut, de voir Jésus », dit-elle. Elle connaîtra volontairement la salle commune d’hôpital. Elle, dont les journaux à grand tirage parlaient, se fait oublier peu à peu. Car il suffirait d’un mot pour qu’elle redevienne riche et entourée. Un journaliste américain vient la trouver : « Voici un chèque en blanc à votre nom. Inscrivez-y la somme que vous voudrez et dictez quelques-uns de vos souvenirs, » lui dit-il. Eve répond : « Mon âme n’est pas à vendre. » Et pourtant elle n’a plus rien que Léonie, son amie fidèle, aussi pauvre qu’elle. Elle meurt le 10 juillet 1929, fidèle à ce Christ découvert douze ans plus tôt.
D’après Frère Albert Pfleger, mariste. Recueil Marial N° 12, 1980
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
10.07.2026 – SAINTS DU JOUR

Sainte Félicité et ses sept Fils
Martyrs († 150)
Commémorés le 23 novembre par le Martyrologe Romain et le 10 juillet au niveau local.
Félicité était une dame romaine distinguée par sa vertu et par sa naissance. Mère de sept enfants, elle les éleva dans la crainte du Seigneur. Après la mort de son mari, elle servit Dieu et ne s’occupa plus que de bonnes œuvres. Ses exemples, ainsi que ceux de sa famille, arrachèrent plusieurs païens à leurs superstitions, en même temps qu’ils encourageaient les chrétiens à se montrer dignes de leur vocation. Les prêtres païens, furieux de l’abandon de leurs dieux, la dénoncèrent.
Elle comparut, avec ses pieux enfants, devant le juge, qui l’exhorta à sacrifier aux idoles, mais reçut en réponse une généreuse confession de foi : « Malheureuse femme, lui dit-il alors, comment avez-vous la barbarie d’exposer vos enfants aux tourments et à la mort ? Ayez pitié de ces tendres créatures, qui sont à la fleur de l’âge et qui peuvent aspirer aux premières charges de l’État.
– Mes enfants, reprit Félicité, vivront éternellement avec Jésus-Christ, s’ils sont fidèles ; ils doivent s’attendre à d’éternels supplices, s’ils sacrifient aux idoles. Votre pitié apparente n’est donc qu’une cruelle impiété. » Se tournant ensuite vers ses enfants : « Regardez, leur dit-elle, regardez le Ciel, où Jésus-Christ vous attend avec ses saints.»
Le juge, prenant les enfants séparément, essaya d’ébranler leur constance. Il commença par Janvier ; mais il en reçut cette réponse : « Ce que vous me conseillez de faire est contraire à la raison ; le Sauveur Jésus, je l’espère, me préservera d’une telle impiété. »
Félix, le second, fut ensuite amené. Comme on le pressait de sacrifier, il répondit : « Il n’y a qu’un seul Dieu, et c’est à Lui que nous devons offrir le sacrifice de nos cœurs ; employez tous les artifices, tous les raffinements de la cruauté, vous ne nous ferez pas trahir notre foi ! »
Les autres frères, interrogés, répondirent avec la même fermeté. Martial, qui parla le dernier, dit : « Tous ceux qui ne confessent pas que Jésus-Christ est le vrai Dieu seront jetés dans un feu qui ne s’éteindra jamais. »
L’interrogatoire fini, Félicité et ses sept Fils souffrirent la peine du fouet et furent ramenés en prison ; bientôt ils achevèrent leur sacrifice de différentes manières : Janvier fut frappé jusqu’à la mort avec des fouets garnis de plomb ; Félix et Philippe furent tués à coups de massue ; Sylvain fut jeté, la tête en bas, dans un précipice ; Alexandre, Vital et Martial eurent la tête tranchée.
Félicité, mère de ces nouveaux Macchabées, subit le martyre la dernière.
Source principale : Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950 (« Rév. x gpm»)
Sainte Félicité et tes sept Fils priez pour nous !

10.09.2026 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,16-23.

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues.
Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.
Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là.
Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.

Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.
Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »

Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Lettre 11, à Grégoire XI (trad. Cartier, Téqui, 1976, tome 1, p. 186-189)
Le cœur protégé par une vraie et sainte patience
Très saint et très révérend Père dans le Christ, le doux Jésus, votre indigne et misérable petite fille Catherine se recommande à vous dans son précieux sang, avec le désir de voir votre cœur ferme et inébranlable dans la vraie et parfaite patience, considérant qu’un cœur faible, mobile et sans patience, ne pourra jamais parvenir à accomplir les grandes œuvres de Dieu. (…) Plus votre fardeau est pesant, plus votre cœur doit être fort, courageux et sans crainte à l’égard des choses qui peuvent vous arriver. Vous savez bien, très saint Père, qu’en prenant l’Église pour épouse, vous vous êtes engagé à souffrir pour elle les vents contraires, les peines, les tribulations qui vous attaqueront à son occasion. Hé bien ! allez donc, en homme courageux, au-devant de ces tempêtes, avec force, patience et persévérance ; que la peine ne vous fasse jamais regarder en arrière par surprise et par peur ; mais persévérez et réjouissez-vous au milieu des périls et des batailles, pour que votre cœur se réjouisse en voyant l’œuvre de Dieu se faire au milieu des obstacles qui se sont présentés et qui se présenteront. Il en est toujours ainsi ; toujours la persécution de l’Église, ou les tribulations de l’âme vertueuse, finissent par la paix, que méritent la vraie patience et la persévérance, à laquelle est réservée la couronne de gloire. C’est là le remède, et c’est pour cela que je vous ai dit, très saint Père, que je désirais vous voir un cœur ferme et inébranlable, protégé par une vraie et sainte patience.

LECTURES :
Livre d’Osée 14,2-10.
Ainsi parle le Seigneur : Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t’es effondré par suite de tes fautes.
Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte ce qui est bon. Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres.
Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : “Tu es notre Dieu”, car de toi seul l’orphelin reçoit de la tendresse. »
Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, car ma colère s’est détournée d’Israël.
Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban.
Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban.
Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban.
Éphraïm ! Peux-tu me confondre avec les idoles ? C’est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c’est moi qui te donne ton fruit.
Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, mais les pécheurs y trébuchent.

Psaume 51(50),3-4.8-9.12-13.14.17.
R/ Ma bouche annoncera ta louange, Seigneur. (Ps 50, 17)
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.
Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
dans le secret, tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ;
lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

D. Pedro Fernandes préside le pèlerinage international d’anniversaire de juillet

D. Pedro Fernandes préside le pèlerinage international d’anniversaire de juillet
Les célébrations des 12 et 13 évoquent la troisième apparition de Notre-Dame aux bergers, à Cova da Iria, en 1917.
D. Pedro Fernandes, évêque de Portalegre-Castelo Branco, présidera le pèlerinage international d’anniversaire de juillet, qui aura lieu les 12 et 13 de ce mois, au sanctuaire de Fatima.
Au cours de sa première année à l’épiscopat, D. Pedro Fernandes considère ce pèlerinage comme une occasion de donner à Notre-Dame de Fatima son ministère dans le diocèse de Portalegre-Castelo Branco.
S’adressant au Bureau de communication du sanctuaire de Fatima, le président du pèlerinage de juillet souligne que les « défis de la mission et de l’évangélisation de l’église au Portugal » sont des intentions qui sont toujours très présentes lors de la visite du sanctuaire.
« Fatima est devenue l’un des cœurs forts de l’Église au Portugal, où nous ressentons également un lien particulier avec le monde », a déclaré l’évêque de Portalegre-Castelo Branco.
D. Pedro Fernandes est né le 22 juin 1969 à Lisbonne. Religieux de la Congrégation du Saint-Esprit (Espiritanos), il a fait sa formation à Lisbonne et à Paris, et a été ordonné prêtre en 1996.
Il a été missionnaire en Guinée-Bissau et a servi plusieurs années au Mozambique. De retour au Portugal, il a été supérieur provincial des spirites de la province portugaise entre 2018 et 2024.
Il a été nommé évêque de Portalegre-Castelo Branco par le pape Léon XIV le 7 octobre 2025, ayant été ordonné évêque le 16 novembre de la même année, à la cathédrale de Portalegre, succédant à D. Antonino Dias.
Le programme de pèlerinage commence dans la nuit du 12, dimanche, avec la récitation du chapelet, à 21h30. La procession des bougies suit jusqu’à l’autel de l’enceinte de prière, où D. Pedro Fernandes présidera la célébration de la Parole.
Le 13, après la récitation du chapelet, à 9h00, dans la chapelle des apparitions, l’image de Notre-Dame du Rosaire de Fatima sera conduite en procession jusqu’à l’autel de l’enceinte de prière, où est célébrée la messe internationale d’anniversaire, avec la bénédiction aux malades et la procession d’adieu.
Le pèlerinage international anniversaire de juillet évoque la troisième apparition de Notre-Dame aux petits bergers, à Cova da Iria, le 13 juillet 1917. C’est dans cette troisième apparition que la Vierge du Rosaire a montré l’enfer aux trois enfants voyants, leur a annoncé que Dieu voulait établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et leur a montré une vision prophétique de la souffrance de l’Église, dans un monde sécularisé.
Source : SANCTUAIRE DE FATIMA, le 9 juillet 2026
09.07.2026 – VÊPRES À NOTRE-DAME DE PARIS
09.07.2026 – CHAPELET À LOURDES
12.07.2026 – INTÉGRALE DES LECTURES DU 15ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du 15e dimanche du temps ordinaire, année A.
12.07.2026 – HOMÉLIE DU 15ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 13, 1-23

La pédagogie de Dieu
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot
Dans beaucoup de paroisses, sans doute, présentera-t-on ce dimanche la parabole du Semeur comme l’évocation de notre âme devant accueillir la foi comme une graine plantée dans de la bonne terre. Ainsi portera-t-elle du fruit « à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un ». Il y a là sans doute quelque fainéantise pastorale puisque l’interprétation de la parabole est donnée par Jésus lui-même à la fin de l’Évangile. Oui, Dieu sème largement, et il nous appartient d’être un bon terreau pour la foi.
La structure du texte donne à penser qu’il y a un enseignement plus profond à trouver. Comme un ostensoir placé entre deux cierges, l’Évangile présente d’abord la parabole du Semeur, ensuite un enseignement de Jésus à ses disciples, enfin l’explication de la parabole. Ces structures symétriques des textes bibliques visent à attirer l’attention du lecteur sur leur sens profond, qu’elles mettent en abîme.
Ainsi, ici, la question centrale est-elle plutôt celle des disciples à propos des foules : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » A quoi Jésus répond : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là … Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre » Ainsi, y aurait-il plusieurs niveaux de compréhension de l’Esprit Saint, liés à la capacité de voir et d’écouter.
Le propos de l’Évangile d’aujourd’hui n’est pas tant l’état de notre âme – rocailleuse, encombrée de ronces ou fertile – que la pédagogie de l’Esprit Saint, qui s’adapte au niveau de compréhension de son interlocuteur. Moins nous sommes formés par l’Esprit Saint, plus les mystères divins nous apparaissent-ils voilés. La pédagogie du Christ, celle de l’incarnation, est celle du dévoilement progressif – un dévoilement de la présence de Dieu dans nos vies, autant qu’un dévoilement de nous-même.
Ainsi, à mesure que l’on est touché par la grâce, acquiert-on la possibilité de comprendre l’action de Dieu parmi les hommes. Et donc, à ceux qui ignorent la grâce, ne peut-on que présenter des récits imagés. Dieu personne ne l’a vu, du Christ dans la chair nous n’avons que les récits néotestamentaires et, contrairement aux disciples dont ces textes nous parlent, nous ne l’avons ni personnellement vu ou touché. Désormais, nous n’avons accès à sa personne qu’à travers son Esprit et les sacrements qu’il dispense. Ainsi, faute de la plénitude de l’Esprit Saint, Dieu nous apparaît-il toujours voilé. Et ainsi la merveille que nous sommes, et que sont les autres, à ses yeux. Ce qui voile Dieu, c’est l’enténèbrement de notre âme à cause du péché.
Mais le texte suggère surtout qu’il y a des niveaux de compréhension de la foi, essentiellement trois : ceux que la grâce divine n’a pas encore touchés, ceux qui ont été touchés par Dieu – les âmes stériles, rocailleuses, fertiles ou encombrées de ronces de la parabole – et les saints, ceux qui sont comblés de grâces, qui incarnent pleinement la présence de l’Esprit Saint.
Puisque Dieu veut naturellement rejoindre tout le monde, ceux qu’il n’a pas touchés sont ceux qui ne se sont pas laissé toucher, ceux « qui se sont rendus durs d’oreille, qui se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent » – les blessés de la vie qui ont endurci leur cœur à force d’amours meurtris. Même d’eux, le Christ ne désespère pas, qui dit « moi, je les guérirai. » Nos incrédulités nécessitent l’intervention personnelle du Christ pour être dissipées.
Au sein de l’Église, nous sommes plutôt de la deuxième catégorie : touchés par la grâce, convaincus de la présence de Dieu dans nos vies, mais encore obscurcis de souffrances et de ténèbres ; des gens touchés par l’Esprit Saint, aux prises avec le combat spirituel ; des gens qui entendent et voient Dieu partiellement voilé. A ceux-là, à nous donc, la pédagogie de Dieu témoigne d’un effet d’entraînement : « À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. » Ainsi, l’état de grâce appelle-t-il la grâce – on vit alors un embrasement de l’amour – tandis que la perte de cette grâce – la perte d’amour – enclenche-t-elle une spirale descendante, une désespérance qui s’emballe et s’auto-nourrit jusqu’à la dépression. La vie du croyant n’est pas qu’une oscillation entre sommets amoureux et abîmes ténébreuses. Nous ne sommes pas que le jouet de nos états d’âmes, ou des esprits qui luttent en nous. Nous avons, par la grâce de la foi, un levier pour agir personnellement : la veille spirituelle. Il s’agit en effet de veiller à ce que la spirale de la désespérance ne nous gagne pas : par l’écoute et la vision de Dieu, précisément. D’où la nécessité d’une vie spirituelle nourrie de l’Écriture et des sacrements.
Quel que soit l’état de notre âme – momentanément stérile, rocailleuse, encombrée de ronces ou fertile – c’est la fidélité à la parole de Dieu et aux sacrements – laisser à notre cœur la capacité d’entendre et voir – qui garantira que le peu que nous avons su recevoir de Dieu devienne abondance.
Dieu sème en toute âme. Certaines se ferment à sa parole, d’autres s’ouvrent. Cette ouverture, à mesure qu’elle nous dévoile Dieu, nous ouvre plus encore à son amour. Ainsi s’enclenche une dynamique spirituelle qui nous élève vers Dieu. C’est plutôt cette mécanique ascendante qui nous intéresse que l’état initial de notre âme.
Que l’Esprit Saint enclenche en nous cette croissance spirituelle auto-entretenue qui, de la découverte de la présence de Dieu dans nos vies, suscite le désir d’un amour toujours croissant. Amen.

Source : RESURGENCE.BE, le 9 juillet 2026