Le zèle pour le Fils s’est éteint là où il n’y a plus eu l’ardeur pour la Mère

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Le zèle pour le Fils s’est éteint là où il n’y a plus eu l’ardeur pour la Mère

« Si nous jetons un regard sur l’Europe, nous trouvons que ceux qui ont cessé d’adorer le Divin Fils pour se contenter d’un humanisme banal, ce ne sont pas les peuples qui se sont distingués par la dévotion à la Mère, mais ceux qui ont refusé une telle dévotion.

Le zèle pour la gloire du Fils s’est éteint là où il n’était plus accompagné de l’ardeur pour l’exaltation de la Mère. Les catholiques, injustement accusés d’adorer une créature à la place du Créateur, adorent encore ce dernier.

Leurs accusateurs, qui avaient prétendu adorer Dieu avec plus de pureté et de fidélité à la Sainte Écriture, ont cessé de l’adorer. »

Cardinal saint John Henry Newman (1801-1890) 

Saint John Henry Newman fut un ecclésiastique catholique, théologien et écrivain britannique. Né dans l’anglicanisme, il se convertit au catholicisme en 1845.

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

11.08.2023 – SAINTE DU JOUR

Ste Claire d’Assise

FONDATRICE († 1253)

Fête Le 11 Août

Sainte Claire d’Assise
Vierge et fondatrice des Clarisses
(1193-1253)

Claire, naît en 1193 en Assise (Italie), dans la noble famille de Favarone di Offreduccio, de Bernardino et de Ortolana. Dès son enfance, on put admirer en elle un vif attrait pour la retraite, l’oraison, le mépris du monde, l’amour des pauvres et de la souffrance ; sous ses habits précieux, elle portait un cilice.

À l’âge de seize ans, fortement émue de la vie si sainte de François d’Assise, elle va lui confier son désir de se donner toute à Dieu. Le Saint la pénètre des flammes du divin amour, accepte de diriger sa vie, mais il exige des actes : Claire devra, revêtue d’un sac, parcourir la ville en mendiant son pain de porte en porte. Elle accomplit de grand cœur cet acte humiliant, et, peu de jours après, quitte les livrées du siècle, reçoit de François une rude tunique avec une corde pour lui ceindre les reins, et un voile grossier sur sa tête dépouillée de ses beaux cheveux. 

Elle triomphe de la résistance de sa famille. Quelques jours après, sa sœur Agnès la supplie de l’agréer en sa compagnie, ce que Claire accepte avec joie, en rendant grâce au Ciel. « Morte ou vive, qu’on me ramène Agnès ! » s’écria le père, furieux à cette nouvelle ; mais Dieu fut le plus fort, et Agnès meurtrie, épuisée, put demeurer avec sa sœur. Leur mère, après la mort de son mari, et une de leurs sœurs, vint les rejoindre. 

La communauté fut bientôt nombreuse et florissante ; on y vit pratiquer, sous la direction de Claire, devenue, quoique jeune, une parfaite maîtresse de vie spirituelle, une pauvreté admirable, un détachement absolu, une obéissance sublime : l’amour de Dieu était l’âme de toutes ses vertus.

Claire dépassait toutes ses sœurs par sa mortification ; sa tunique était la plus rude, son cilice le plus terrible à la chair; des herbes sèches assaisonnées de cendre formaient sa nourriture ; pendant le Carême, elle ne prenait que du pain et de l’eau, trois fois la semaine seulement. Longtemps elle coucha sur la terre nue, ayant un morceau de bois pour oreiller. 

Claire, supérieure, se regardait comme la dernière du couvent, éveillait ses sœurs, sonnait matines, allumait les lampes, balayait le monastère. Elle voulait qu’on vécût dans le couvent au jour le jour, sans fonds de terre, sans pensions et dans une clôture perpétuelle. 

Elle est célèbre par l’expulsion des Sarrasins, qui, après avoir pillé la ville, voulaient piller le couvent. Elle pria Dieu, et une voix du Ciel cria : « Je vous ai gardées et je vous garderai toujours. » ; malade, se fit transporter à la porte du monastère, et, le ciboire en main, mit en fuite les ennemis.

Claire, le 11 août 1253, quitte sa demeure terrestre pour la rencontre avec Dieu.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Claire d’Assise

Et plus encore : >>> Clarisses

Sainte Claire d’Assise priez pour nous !

GUERRE JUSTE, PAIX JUSTE ET UKRAINE

GUERRE JUSTE, PAIX JUSTE ET UKRAINE

De George Weigel

Carl von Clausewitz, le théoricien militaire prussien du dix-neuvième siècle dont le chef-d’œuvre, ‘De la guerre’, est encore étudié aujourd’hui, n’est généralement pas considéré comme une ressource intellectuelle pour les philosophes et les théologiens moraux. C’est regrettable. Car l’affirmation fondamentale de Clausewitz, selon laquelle la guerre est l’extension de la politique par d’autres moyens, est en fait une affirmation morale. Pourquoi ? Parce que si la guerre n’est pas la politique par d’autres moyens – si l’utilisation de la force armée n’est pas dirigée vers la restauration ou l’établissement de la paix de la liberté, de la justice et de l’ordre – alors la guerre est simplement du brigandage et de la boucherie. 

Cela fait plus de trente-cinq ans que j’essaie de faire valoir ce point, depuis que j’ai affirmé pour la première fois qu’en plus de ses principes classiques de ius ad bellum (décision de guerre) et de ius in bello (conduite de la guerre), la tradition catholique de la guerre juste, comprise comme une composante de la théorie catholique classique des relations internationales, contient également un ius ad pacem implicite : l’obligation de construire une paix juste au lendemain de la guerre. Clausewitz, je suppose, serait d’accord – bien qu’étant prussien, il aurait eu des idées assez différentes de celles d’Augustin et Thomas d’Aquin sur la paix à rechercher à la suite d’une guerre. Quoi qu’il en soit, je soutiens que l’obligation du ius ad pacem relie les principes catholiques classiques de la guerre juste sur l’utilisation d’une force armée proportionnée et discriminée au concept clausewitzien de la guerre en tant qu’exercice politique, et pas seulement militaire.

Cette idée d’un ius ad pacem ancrée dans la tradition de la guerre juste n’est cependant pas très présente dans la pensée catholique contemporaine de la guerre juste. Pourquoi ? En partie parce que de nombreux penseurs catholiques de la guerre juste acceptent l’idée que la tradition de la guerre juste commence par une « présomption contre la guerre ». Mais cela revient à introduire clandestinement une prémisse pacifiste dans le mode de pensée de la guerre juste et ce premier pas erroné conduit inexorablement à l’idée tout aussi erronée que les principes de la guerre juste sont une sorte de liste de contrôle que les éthiciens proposent aux hommes d’État (c’est-à-dire, cochez toutes les cases et vous pouvez aller à la guerre). La tradition de la guerre juste devient alors une caricature d’elle-même. En effet, la tradition de la guerre juste et ses principes constituent un cadre pour une réflexion morale collaborative entre les éthiciens et les responsables publics chargés de veiller au bien commun. Ces principes ne sont pas (pour varier l’imagerie) un ensemble de cercles que les chefs religieux et les théoriciens de la morale demandent aux hommes d’État de franchir, et limiter l’analyse de la guerre juste à des cercles tend à clore la discussion avant qu’elle n’aboutisse à la paix à rechercher. 

Cette question est redevenue urgente en raison de la guerre menée par la Russie en Ukraine. 

En effet, une sorte de « présomption contre la guerre » semble sous-tendre l’argument, malheureusement présent dans certains cercles catholiques, selon lequel le chemin vers la paix en Ukraine passera par un « dialogue » entre la Russie et l’Ukraine : un dialogue entre des parties politiquement et moralement symétriques, qui ont toutes deux des objectifs de guerre moralement défendables. Or, cela est manifestement faux. 

Selon l’autorité de Vladimir Poutine, la guerre de la Russie est une guerre de conquête néocoloniale avec un sous-texte génocidaire : L’Ukraine n’est pas une véritable nation ; l’Ukraine n’a aucune revendication légitime de souveraineté nationale ; l’Ukraine est dirigée par des nazis déterminés à détruire la Russie sur ordre de l’Occident. Ce ne sont que des mensonges, propagés internationalement par une propagande russe incessante et étayés par les déclarations blasphématoires du patriarche orthodoxe russe de Moscou et de toutes les Russies, Kirill (un agent du KGB à Genève alors qu’il était jeune prêtre). Mais elles ont eu un effet en Occident, notamment en Italie.

Une discussion sur le livre organisée le 4 juillet à Rome par la Communauté de Sant’Egidio a semblé tomber dans ce piège de la symétrie. J’admire les nombreux efforts de Sant’Egidio pour servir les pauvres de Rome, et je suis reconnaissant à la communauté pour le superbe travail qu’elle a accompli en créant un sanctuaire pour les martyrs modernes à la basilique de S. Bartolomeo sur l’île du Tibre à Rome. Mais lorsque les orateurs de la manifestation du 4 juillet à Sant’Egidio ont évoqué les complexités de l’histoire et la nécessité d’aller au-delà des solutions simples aux conflits, des questions se sont posées quant à la profondeur intellectuelle affichée, ces tropes étant des clichés usés jusqu’à la corde. Et lorsqu’un orateur a insisté sur le fait que chaque guerre laisse le monde dans un état pire qu’avant, je me suis demandé si l’une des personnes présentes, se souvenant du cimetière militaire américain voisin de Nettuno, pensait que l’Italie était dans un état pire après avoir été libérée par les armes des Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale. 

La conception de la politique mondiale de Sant’Egidio, telle qu’elle a été exposée le 4 juillet, n’a pas grand-chose à voir avec la théorie catholique classique des relations internationales et la tradition de la guerre juste. Et cela vaut la peine d’être noté, car Sant’Egidio semble avoir assumé la direction de la mission de paix ukrainienne promue par le pape François, laissant la Secrétairerie d’État du Vatican dans un rôle subalterne.

La chronique de George Weigel « La différence catholique » est syndiquée par le Denver Catholic, la publication officielle de l’archidiocèse de Denver.

George Weigel est Distinguished Senior Fellow du Ethics and Public Policy Center de Washington, D.C., où il est titulaire de la chaire William E. Simon d’études catholiques.

Source : First Things, le 9 août 2023

11.08.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,24-28.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.


Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »
Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

carme, fondateur de Notre Dame de Vie

Ascèse thérésienne (Je veux voir Dieu, éd. du Carmel, 1949 ; p. 84-86 ; rev.)

Loi douloureuse, loi de vie !

« Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous ! » (Lc 13,3) nous dit Notre Seigneur. Voilà une loi bien austère. Jésus précise la qualité de l’effort qu’il exige : « Le royaume de Dieu souffre violence ; seuls les violents l’emportent » (cf. Mt 11,12). Tous les disciples du Christ doivent donc être des violents, car on ne peut en effet, sans se faire violence à soi-même, réaliser le précepte formel du Maître : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il fasse abnégation de lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (cf. Mt 16,24). Il n’est donc point d’autre voie d’ascension vers Dieu que le chemin du Calvaire, âpre et sanglant comme la montée du Carmel. Aux disciples d’Emmaüs, encore scandalisés du drame du Calvaire, Jésus dira : « Ne fallait-il pas que le Fils de l’homme souffrît et entrât ainsi dans la gloire ? » (Lc 24,26). Il proclame une loi : celle qu’il s’est imposée, celle qu’ils devront subir. Il l’a annoncé : « Le disciple n’est pas au-dessus du Maître. Le monde m’a haï et il vous haïra. Ils vous persécuteront comme ils m’ont persécuté… Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. »(cf. Mt 10, 24.16 ; Jn 15, 18.20) Cette loi douloureuse est une loi de vie. (…) Nous voulons oublier que le Christ Jésus n’a point annoncé d’autre victoire que celle de la croix sur le Calvaire, pas d’autre revanche sur ses ennemis que celle du jour où il viendra sur les nuées du Ciel avec sa croix, pour juger les vivants et les morts. En ce jour ne triompheront avec Lui que ceux qui auront passé par la grande tribulation et seront purifiés dans le sang de l’Agneau (cf. Ap 7,14).

LECTURES :

Livre du Deutéronome 4,32-40.

Moïse disait au peuple d’Israël :
« Interroge donc les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre : d’un bout du monde à l’autre, est-il arrivé quelque chose d’aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ?
Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu du feu, et qui soit resté en vie ?
Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, à main forte et à bras étendu, et par des exploits terrifiants – comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ?
Il t’a été donné de voir tout cela pour que tu saches que c’est le Seigneur qui est Dieu, il n’y en a pas d’autre.
Du haut du ciel, il t’a fait entendre sa voix pour t’instruire ; sur la terre, il t’a fait voir son feu impressionnant, et tu as entendu ce qu’il te disait du milieu du feu.
Parce qu’il a aimé tes pères et qu’il a choisi leur descendance, en personne il t’a fait sortir d’Égypte par sa grande force,
pour chasser devant toi des nations plus grandes et plus puissantes, te faire entrer dans leur pays et te le donner en héritage, comme cela se réalise aujourd’hui.
Sache donc aujourd’hui, et médite cela en ton cœur : c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre ; il n’y en a pas d’autre.
Tu garderas les décrets et les commandements du Seigneur que je te donne aujourd’hui, afin d’avoir, toi et tes fils, bonheur et longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu, tous les jours. »

Psaume 77(76),12-13.14-15.16.21.

Je me souviens des exploits du Seigneur,
je rappelle ta merveille de jadis ;
je me redis tous tes hauts faits,
sur tes exploits je médite.

Dieu, la sainteté est ton chemin !
Quel dieu est grand comme Dieu ?
Tu es le Dieu qui accomplis la merveille,
qui fais connaître chez les peuples ta force.

Tu rachetas ton peuple avec puissance,
les descendants de Jacob et de Joseph.
Tu as conduit comme un troupeau ton peuple
par la main de Moïse et d’Aaron.

Le pape François modifie le droit canonique sur l’Opus Dei et les prélatures personnelles à venir

St. Josemaria Escrivá, fondateur de l’Opus Dei. (photo: Flick Torreciudad Sanctuary / (CC BY 2.0))

Le pape François modifie le droit canonique sur l’Opus Dei et les prélatures personnelles à venir

Le motu proprio modifie les canons 295 et 296 du Code de droit canonique sur les prélatures personnelles et est entré immédiatement en vigueur le jour de sa publication.

Le pape François a modifié mardi le droit canonique concernant la gouvernance de l’Opus Dei et de toute prélature personnelle future.

Dans un motu proprio publié le 8 août, le pape a assimilé la prélature personnelle à des « associations cléricales publiques de droit pontifical ayant la faculté d’incardiner des clercs ». Il a également défini le rôle du prélat comme un « modérateur doté des facultés d’un ordinaire ».

Le motu proprio modifie les canons 295 et 296 du Code de droit canonique sur les prélatures personnelles et est immédiatement entré en vigueur le jour de sa publication.

Les canons mis à jour précisent désormais que les statuts qui régissent une prélature personnelle peuvent être « approuvés ou édictés par le Siège apostolique ».

À ce jour, l’organisation catholique internationale Opus Dei est la seule prélature personnelle de l’Église catholique. Les statuts du groupe doivent encore être approuvés par le Saint-Siège à la suite de son congrès extraordinaire en avril.

L’Opus Dei est une prélature personnelle composée de laïcs et de prêtres, fondée par saint Josémaria Escriva en 1928. Escriva a appelé l’organisation Opus Dei pour souligner sa conviction que sa fondation était une  » œuvre de Dieu  » – ou, en latin,  » opus Dei « .

Le canon 296 sur l’implication des laïcs dans la prélature personnelle inclut désormais une référence au canon 107 et souligne que « le mode de cette coopération organique et les principaux devoirs et droits qui y sont liés seront déterminés de manière appropriée dans les statuts ».

Ces changements s’appuient sur le précédent décret du pape sur la supervision de l’Opus Dei, publié l’année dernière dans le motu proprio  » Garder le charisme « , qui déclarait que son dirigeant, le prélat, ne pouvait plus être un évêque.

Dans le texte du décret, le pape François rappelle également que la constitution apostolique Praedicate Evangelium a transféré la compétence sur les prélatures personnelles au Dicastère du Vatican pour le clergé.

Réagissant aux changements les plus récents, le porte-parole de l’Opus Dei, Manuel Sanchez, a déclaré à CNA que l’organisation « étudiera les conséquences que ces changements peuvent avoir sur la configuration juridique de l’Opus Dei, également dans le contexte du travail qui est mené avec le dicastère du clergé sur l’adaptation des statuts requis par le motu proprio Ad Charisma Tuendum, dans un climat de communion avec le Saint-Père. »

L’Opus Dei compte environ 90.000 membres, dont 98% sont des laïcs, majoritairement mariés. Outre ses membres laïcs, quelque 1 900 prêtres incardinés dans différents diocèses du monde entier appartiennent à la Société sacerdotale de la Sainte-Croix, une association de clercs intrinsèquement unie à la prélature de l’Opus Dei.

Source : National Catholic Register, le 8 août 2023

13.08.2023 – HOMÉLIE DU 19ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MATHIEU 14, 22-33

Évangile de Matthieu 14, 22-33

Par le Fr. Laurent Mathelot

Marcher sur ses peurs

La première question qu’il me semble convenir de se poser face à un récit tel celui que nous venons d’entendre où Jésus marche sur l’eau, c’est celle de la réalité des faits : Jésus a-t-il effectivement marché sur l’eau ?

Examinons les deux possibilités : est-ce un récit imagé – une parabole – qui nous parle de Jésus ou, véritablement, les événements se sont-ils déroulés comme le présente le récit ?

Si Jésus a effectivement « marché sur l’eau » et si Pierre a pu pendant un temps le faire aussi, alors le récit nous dit que notre foi, si elle est suffisante, nous permet de marcher sur l’eau. Une lecture littérale de ce récit est à rapprocher d’une lecture littérale d’un autre passage de l’Évangile de Matthieu (21, 21) : « Si vous avez la foi et si vous ne doutez pas, […] vous pourrez dire à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, et cela se produira. ».

Pensez-vous que votre foi vous permettra un jour d’espérer qu’une montagne se jette dans la mer ? Pensez-vous pouvoir un jour marcher sur l’eau ?

Une lecture littérale de ces textes ne dit pas grand-chose, sinon qu’elle nous parle d’une foi surhumaine, inimaginable et inaccessible. Une lecture littérale ne nous parle plus de nous, d’un Dieu qui vient nous rejoindre. Au contraire, elle nous présente la véritable foi comme quelque chose d’impossible. S’il faut attendre de voir des montagnes se jeter dans la mer ou de pouvoir marcher sur l’eau pour être sauvés, alors l’Évangile n’est plus une Bonne Nouvelle.

Examinons dès lors l’autre hypothèse : celle d’un récit qui nous parle en images des réalités spirituelles qui nous traversent.

Dans la Bible, la mer est le symbole de la peur et de la mort ; contrairement à la source qui est un symbole d’espérance et de vie. On se souvient bien sûr du récit du Déluge où Dieu se repent d’avoir fait l’homme puisqu’il est plein de malice. On se souvient aussi du récit de l’Exode, où Dieu fend la mer en deux parts pour que le peuple échappe à pied sec à l’emprise du Pharaon. Dans d’autres passages, la mer est le repère des monstres marins : Léviathan ou la baleine qui avale Jonas. Et dans le Nouveau Testament, il est fait mention des naufrages de Paul.

Il faut bien se rendre compte que, jusqu’à une époque très récente, peu de gens savaient nager. La noyade était une des principales causes de mortalité par accident. Tous avaient un peur immense des eaux profondes. Et même la navigation se faisait par cabotage, s’éloignant rarement des côtes.

On comprend dès lors que le récit nous enseigne que la foi triomphe de la peur. Jésus qui marche sur l’eau, c’est l’image du Christ qui surmonte toute peur. D’ailleurs lorsque Pierre se mit à le suivre sur l’eau, le texte nous dit que « voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! ».

Il me semble que cette deuxième lecture, nous parle infiniment plus de la puissance de Dieu que la lecture littérale. C’est parce que la foi nous délivre de toute peur que Jésus apparaît véritablement comme un sauveur en toute circonstance ; et pas seulement comme un maître-nageur qui viendrait nous secourir alors que l’on se noie.

L’Évangile n’est pas tant un manuel de natation mais bien un écrit spirituel qui nous parle de délivrance universelle. La peur nous fait nous enfoncer dans la mort et la foi nous permet de surmonter toutes les circonstances tragiques de la vie. Voilà le véritable enseignement de ce récit.

« Non habbiate paura ! » s’était écrié le pape Jean-Paul II dans l’homélie inaugurant son pontificat. « N’ayez pas peur ! ». Ces mots s’adressaient aux chrétiens au-delà du rideau de fer, et ils ont été prophétiques : le mur de Berlin est finalement tombé. « N’ayez pas peur ! » ; ayez foi dans la salut que vous propose le Christ.

Les chrétiens de Pologne étaient terrassés par la peur de l’empire soviétique et ils avaient certainement de véritables raisons d’avoir peur. « N’ayez pas peur ! » leur rappela le pape ; croyez en la force de votre foi ; croyez en la puissance de Dieu qui passe à travers vous. Et de fait, nous savons aujourd’hui que les chrétiens de Pologne qui ont entendu ce message ont pris leur destin en main ; ont fini par renverser des montagnes ; qu’ils ont obtenu l’impossible.

La peur est le moteur qui nous conduit en Enfer. Car l’Enfer c’est d’être enfermé et rien n’enferme mieux que la peur. C’est la peur qui maintenait les populations de l’est en prison ; c’est la peur qui encore aujourd’hui nous fait nous barricader et c’est encore la peur qui nous fait envisager d’ériger des remparts et des murs, là où la foi et l’Évangile nous commandent pourtant de bâtir des ponts.

Quelles sont mes barricades, mes remparts de protections ? Quelles sont en moi les peurs que le Christ doit encore rejoindre ? Les peurs qui m’enferment ; desquelles j’ai besoin d’être délivré, sauvé ? Voilà des questions pour aujourd’hui.

« Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : ‘Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur !’ »

Fr. Laurent Mathelot, dominicain

Source : RÉSURGENCES.BE, le 8 août 2023

13.08.2023 – HOMÉLIE DU 19ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MATHIEU 14, 22-33

Confiance, n’ayez plus peur !

Pistes pour l’homélie

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


Les textes bibliques que nous venons d’écouter nous invitent à faire un pas de plus sur le chemin de la conversion. C’est ce qui apparaît pour Élie dans le Livre des Rois. Il vient de combattre l’idolâtrie avec beaucoup d’ardeur ; Alors sa vie se trouve en danger. Après 40 jours et 40 nuits de marche, il arrive sur la montagne de l’Horeb (le Sinaï). Il lui a fallu toute cette longue marche pour s’apercevoir qu’il n’était pas sur le bon chemin et que, peut-être, il s’était trompé de Dieu. Comme ses adversaires, il s’imaginait un Dieu de puissance.

Mais Dieu ne l’abandonne pas : il l’invite à se tenir là et à attendre son passage ; il y eut un ouragan, un tremblement de terre, puis un feu. Mais le Seigneur n’était ni dans l’un ni dans l’autre. Après cela, ce fut le “murmure d’une brise légère”. Elie comprend alors que le vrai Dieu n’est pas celui de la violence. Ce n’est pas en massacrant les “infidèles” qu’on sauvera l’honneur du vrai Dieu. Plus tard, Jésus nous révèlera un Dieu qui n’est qu’amour et miséricorde. Il ne sait pas être autre chose. C’est en aimant que nous dirons quelque chose du vrai Dieu.

L’apôtre Paul s’était lui aussi trompé sur Dieu. Dans un premier temps, il a violemment persécuté les chrétiens. Lui aussi croyait défendre l’honneur de Dieu. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Pour lui, cela a été le point de départ d’une véritable conversion. Dans un premier temps, il rappelle aux chrétiens ce qu’ils doivent aux juifs qui leur ont donné Jésus : “C’est de leur race que le Christ est né. Les juifs appartiennent au projet divin”. Paul nous fait part de sa douleur face à l’incrédulité de ses frères de sang. La majorité des juifs suivent les pharisiens. Ils n’acceptent pas que le privilège du peuple élu soit étendu à tous les païens qui ont mis leur foi au Christ.

L’évangile qui vient d’être lu fait suite au récit de la multiplication des pains. Jésus vient de nourrir une foule affamée. Le soir venu, il se retire sur la montagne pour prier. Il veut échapper à tous ces gens qui cherchent à faire de lui leur roi. Plus tard, il précisera que sa royauté n’est pas de ce monde. Sa mission première est de révéler aux hommes les secrets du Père. Nous pouvons imaginer sa déception et sa lassitude devant tous ces gens si lents à croire.

Pendant qu’il est sur la montagne en cœur à cœur avec le Père, les disciples sont sur la barque. Ils avancent péniblement vers “l’autre rive”. Cette barque de Pierre est devenue le symbole de l’Église. Les vagues et les vents contraires évoquent le monde. Quand saint Matthieu écrit son Évangile, il s’adresse à des chrétiens persécutés. C’est encore plus vrai aujourd’hui. En Afrique et ailleurs, les chrétiens persécutés sont bien plus nombreux qu’aux premiers siècles. On veut les obliger à renier leur foi et leur imposer une religion qui n’est pas celle du Christ.

Et puis, il y a bien d’autres tempêtes que nous affrontons un jour ou l’autre : celle des événements difficiles et des horizons bouchés, celle de la maladie, celle de la précarité et de l’exclusion. Nous vivons dans un monde qui souffre de la guerre, de la violence et de l’exclusion. Les pauvres y deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. Si nous voulons rester fidèles à l’Évangile du Christ, il nous faut lutter régulièrement contre les vents contraires.

Mais voilà qu’en ce jour, nous entendons une bonne nouvelle : l’Évangile nous montre le Christ qui marche sur les eaux. La mer déchainée est le symbole des puissances du mal. Jésus qui marche sur l’eau nous montre que ce mal n’a pas de prise sur lui. Avant même qu’on l’appelle, il s’avance vers les siens. Son empressement à sauver ceux qu’il aime mérite d’être souligné. Il est “Emmanuel”, Dieu avec nous. Il nous assure de sa présence “tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Au cours de cette traversée, les disciples ne reconnaissent pas Jésus. Pour le reconnaître, il faut le regard de la foi. Le plus important c’est que le Christ vient à nous, même si nous n’implorons pas sa venue. Quand la tempête fait rage, il se fait proche. Il reste présent même quand nous nous éloignons ou quand nous l’oublions.

En lisant cet Évangile, comment ne pas penser à la Vierge Marie ? Elle en a connu des tempêtes. Dès le début, elle a dû fuir en Égypte pour protéger son enfant. Elle a beaucoup souffert de l’incompréhension de son peuple qui refusait le message de Jésus. Elle a suivi son fils jusqu’au pied de la croix. Aujourd’hui, elle est toujours là pour nous renvoyer au Christ. Comme à Cana, elle nous invite à faire tout ce qu’il nous dira. C’est ainsi qu’elle nous montre le chemin de la sainteté.

Avec Marie, nous nous tournons vers le Christ. Quand tout va mal, n’hésitons pas à crier : “Seigneur, sauve-moi.” Et le Christ est toujours là pour tendre la main à celui qui l’implore avec confiance. Il est toujours disposé à sauver du naufrage celui qui l’implore. Conscients de notre fragilité et de nos faiblesses, nous le supplions : “Je crois, Seigneur, mais augmente ma foi”. (Luc 17, 5)

Abbé Jean Compazieu

Source : PUISERALASOURCE.FR, le 8 août 2023