Les voeux du Pape pour la journée internationale de l’alphabétisation

Une école au Pakistan (photo d’illustration) (ANSA

Les voeux du Pape pour la journée internationale de l’alphabétisation

À l’occasion de cette journée promue par l’Onu et célébrée cette année ce vendredi 8 septembre, le Souverain Pontife a envoyé un message à la directrice-générale de l’Unesco. « L’enseignement et l’apprentissage de l’alphabétisation ont un rôle central et primordial dans le développement de chaque personne » rappelle t-il, soulignant le rôle de l’alphabétisation dans l’établissement d’une culture de la paix et de sensibilisation à l’écologie intégrale. 

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

Ce vendredi 8 septembre est la Journée internationale de l’alphabétisation promue par les Nations unies, une journée qui a pour thème cette année: «Promouvoir l’alphabétisation pour un monde en transition: bâtir les fondations de sociétés durables et pacifiques». À cette occasion, le Pape François, dans un message signé par le cardinal Pietro Parolin, a envoyé un message à Audrey Azoulay, directrice-générale de l’Unesco, pour apporter son soutien à cette initiative et rappeler les défis que consiste l’apprentissage de la lecture ou du calcul dans le développement humain.

«Le Saint-Siège estime tout particulièrement l’action de l’UNESCO en faveur d’une alphabétisation qui, tout en répondant à des besoins économiques et pratiques, vise fondamentalement à la promotion et à l’épanouissement de l’homme au niveau de sa vocation personnelle, sociale et spirituelle» peut-on lire au début du message du Pape qui regrette des estimations concernant l’analphabétisme qui «restent toujours alarmantes». Selon l’ONU, en 2020, environ 763 millions de jeunes et d’adultes, dont une majorité de femmes, n’ont toujours pas acquis les compétences de base en lecture, en écriture et en calcul. 

Trois défis contemporains majeurs

Dans ce message, François dresse trois défis majeurs pour mieux répondre aux défis actuels. Le premier d’entre eux est celui de l’alphabétisation à la paix. «Dans un monde déchiré par des conflits et des tensions, il est fondamental de ne pas s’habituer au vocabulaire de la guerre et de la discorde» écrit-t-il. «Apprendre le lexique de la paix signifie redonner la valeur au dialogue, à la pratique de la gentillesse et du respect de l’autre» poursuit-il. La paix, explique encore le Souverain pontife, «est ce que l’UNESCO elle-même s’est fixé de promouvoir dans les esprits et dans les cœurs des hommes, par l’éducation, la science, la culture et la communication».

Le deuxième défi est celui de l’alphabétisation digitale. Un grand fossé persiste entre ceux qui ont accès aux technologies de la communication et de l’information et ceux qui restent aux marges, constate le Pape. Et de mettre en garde contre l’utilisation d’une technologie «mal gérée, hors contrôle et même nuisible pour la personne». François plaide ainsi pour que «les politiques et les lois destinées à favoriser l’acquisition des compétences digitales ne négligent pas la plus vaste réflexion éthique sur l’usage des algorithmes, en orientant l’utilisation des nouvelles technologies vers un parcours responsable et humain».

Troisième défi enfin relevé par le Pape, celui de l’alphabétisation à l’écologie intégrale. «Étant donné que la dégradation de la nature est étroitement liée à la “culture du rejet” qui modèle la coexistence humaine d’aujourd’hui, il s’agira de promouvoir avec patience et ténacité l’apprentissage de comportements plus sobres et solidaires» souligne t-il dans son message, des comportements qui «en plus d’avoir un impact direct sur le soin du prochain et de la création, peuvent inspirer à long terme une politique et une économie authentiquement durables pour la qualité de la vie, en faveur de tous les peuples de la terre et surtout de ceux qui se trouvent dans les situations les plus défavorisées et qui sont à risque».

Source : VATICANNEWS, le 8 septembre 2023

Béatification en Pologne: la famille Ulma, un exemple d’héroïsme

Ulma et ses enfants dans l’objectif de Józef, époux et père.

Béatification en Pologne: la famille Ulma, un exemple d’héroïsme

Dimanche 10 septembre en Pologne, une famille entière sera, pour la première fois, béatifiée et collectivement reconnue comme martyre. Les parents Ulma et leurs sept enfants, fusillés en 1944, incarnent l’aide offerte par les Polonais aux juifs pendant la Seconde Guerre.

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Ils sont déjà reconnus comme «Justes parmi les Nations» en Israël. Les membres de la famille Ulma seront béatifiés ce dimanche à Markowa, en Pologne. Józef, Wiktoria et leurs 7 enfants – dont un à naître- ont été fusillés par les nazis le 24 mars 1944. Ils ont été exécutés avec les huit membres de la famille juive qu’ils hébergeaient depuis un an et demi. Les Ulma savaient qu’ils risquaient leur vie mais ont décidé d’agir. Ils représentent aujourd’hui en Pologne tous ceux qui ont aidé les juifs pendant la Seconde Guerre mais aussi, pour l’Église, l’incarnation d’un héroïsme chrétien comme nous l’explique le père Bogdan Brzys, le recteur de la mission catholique polonaise de France.

« il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime». Comme toujours, on se réfère aux paroles du Christ et c’est à l’image du Christ que Józef, Wiktoria et leurs sept enfants ont donné leurs vies pour leurs voisins juifs polonais. Et comme donner sa vie n’est pas un commandement, je pense que l’importance de cette béatification est de rappeler qu’il existe des personnes de foi et d’humanité qui, parfois, dans des circonstances dramatiques vont au-delà du commandement. Et par leur courage et par leur attitude, ils sauvent l’humain dans l’être humain, ils tirent l’humanité vers le haut surtout dans des temps de barbarie. Je pense qu’il est important de nous rappeler de temps en temps de l’attitude de ces personnes qui font qu’aujourd’hui nous ne sommes pas les mêmes.

Qu’est-ce que cette famille nous dit de la sainteté ? Quelle était la vie de foi des Ulma ?

Certainement d’autres personnes ont manifesté un courage exemplaire mais dans ce cas précis nous avons peut-être plus accès à leur vie de foi, grâce surtout à Józef qui eut plusieurs passions pour la photographie, notamment, mais il était également engagé dans diverses associations dans son village de Markowa. Et ce qui a accéléré leur procès en béatification, c’est le fait que leur attitude était en ligne directe avec l’Évangile. Il n’y avait pas d’autres motivations que justement la motivation fondée sur le Christ et leur foi. La vie de cette famille extraordinaire était imprégnée par les valeurs évangéliques.

Certains des enfants Ulma.

Certains des enfants Ulma.

Ce martyre est aussi celui des saints Innocents 

Certainement, il faut rappeler qu’à ce moment-là, le 24 mars 1944, Józef et Wiktoria avaient déjà six enfants et elle était enceinte de son septième enfant, dans son sixième mois de grossesse. Et on vient d’apprendre que ce septième enfant serait également béatifié. On a vraiment cette image d’une famille nombreuse ce qui peut impressionner aujourd’hui. Et le fait qu’ils aient su transmettre leurs valeurs à leurs enfants est certainement un modèle c’est sûr.

On parle d’un martyr judéo-chrétien pourquoi ?

On peut dire que c’est un martyr commun. En même temps que la mort et l’exécution de toute cette famille Ulma, huit juifs polonais qui étaient cachés par la famille Ulma ont perdu la vie. Et dans ce village, il y eu d’autres maisons où les juifs ont été cachés.

Comment ce martyre de la famille Ulma est-il perçu en Pologne ?

Ce qui est sûr c’est que, surtout après la fin du communisme en Pologne, ressurgit de temps en temps un débat, une discussion, sur l’attitude des Polonais vis-à-vis de leurs voisins juifs pendant la Seconde Guerre. On trouve parfois des chercheurs -ou soi-disant chercheurs- qui tentent de prouver que presque toute la nation polonaise était complaisante à la Shoah, ce qui est bien évidemment faux et infondé. Il existe également des personnes qui, peut-être dans un réflexe d’autodéfense, tendent à minimiser ou nier le fait qu’il y a eu des collaborateurs. Mais on sait bien que dans chaque société lorsqu’il n’y a plus de barrière sociétale imposée par un ordre social, comme c’est le cas pendant la guerre, certaines personnes se comportent de manière inhumaine. C’est cela le côté obscur de la nature humaine. Donc il est vrai qu’il y a eu des cas de collaboration. Mais je pense que l’exemple mis en valeur par cette béatification va redonner une autre image dans ce débat, qui risque peut-être d’être instrumentalisée.

Les Goldmann, cachés par les Ulma, coupant du bois.

Les Goldmann, cachés par les Ulma, coupant du bois.

Sur un plan historique, que dit cette reconnaissance aussi du sacrifice et du martyre polonais pendant l’occupation allemande ?

Il faut juste se rappeler que la Pologne était à l’époque de la Seconde Guerre mondiale le seul pays où il n’y n’avait pas de gouvernement de collaboration et c’était aussi le seul pays où, pour avoir caché des juifs, la punition imaginée par l’occupant était la mort, celle des juifs et celle de ceux qui les protégeaient. Tout le monde sait qu’au mémorial Yad Vashem qui honore les Justes parmi les nations en Israël, la nation qui a le plus de titres de Justes est la Pologne. Je suis persuadé que la communauté juive va participer à cette commémoration, pas sur le plan religieux mais sur celui de la mémoire de ces centaines de milliers de Polonais qui au péril de leur vie ont tenté de venir en aide à cette population juive condamnée à mort.

Quel est l’écho en Pologne de cette béatification ? Quelle dimension revêt-elle dans la société et le paysage de foi actuel ?

Cette béatification a un écho considérable. Il existe déjà dans le village de Markowa un musée dédié à la famille Ulma et d’ailleurs à d’autres exemples de ce que les Polonais ont fait pour aider les juifs, mais je suis sûr qu’après la béatification, il y aura encore plus d’intérêt: de pèlerinage dans ce village et l’organisation d’événements autour de cet exemple magnifique de courage et d’héroïsme.

Le cimetière où est enterré la famille Ulma

Le cimetière où est enterré la famille Ulma

Source : VATICANNEWS, le 8 septembre 2023

La Croix en fleur ou la mystérieuse pierre de l’abbaye de Saint-Maurice

Détail de la pierre de l’Abbaye de Saint Maurice © E. Pastore
Détail De La Pierre De L’Abbaye De Saint Maurice © E. Pastore

La Croix en fleur ou la mystérieuse pierre de l’abbaye de Saint-Maurice

Une étonnante découverte. Mais comment ce motif est-il arrivé là?

Il faut commencer par le début. L’abbaye de Saint Maurice est vieille de 15 siècles ! La plus ancienne abbaye d’Europe qui a été habitée sans interruption par des moines depuis le 6ème siècle jusqu’à nos jours ! C’est au roi des Burgondes, saint Sigismond, qu’on doit la fondation du monastère vers 515. Il voulait en faire le centre politique et religieux de son royaume, afin de mieux asseoir son autorité. Religion et politique faisaient bon ménage à l’époque. Si Sigismond a été proclamé saint, c’est sans doute en raison de sa mort violente qui a fait de lui un martyre. En réalité, sa vie est loin d’avoir été exemplaire. N’a-t-il pas tué son propre fils et n’était-il pas arien avant de se rallier à l’orthodoxie catholique ? Comme toutes les existences humaines (et en cela il y a quelque chose d’exemplaire qui peut interpeller chacun), voilà une destinée ni très blanche et claire, ni très noire et repoussante. Toujours est-il que c’est à son initiative que l’on doit la louange incessante qui est célébrée dans ce lieu depuis 515.

L’abbatiale actuelle a été construite de 1614 à 1624. Le clocher roman date du 12ème siècle. Une visite du trésor permet même de découvrir des objets remontant au 1er siècle avant Jésus-Christ. Mais revenons à la pierre qui nous intéresse. Située à droite du chœur, elle sert désormais d’ambon ou de pupitre d’où est proclamée la Parole. Elle date du 9ème siècle, de l’époque carolingienne. Elle mesure environ 1,80m de haut et est entièrement décorée sur la face extérieure.

La pierre sculptée représente une croix glorieuse entourée de végétaux. On voit en effet un arbre – en fait une vigne – à la base de la croix. Comment ne pas penser à la parabole de la vigne si chère à l’évangile de saint Jean ?

01 Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. 02 Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. 03 Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. 04 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. 05 Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. (Jn 15,1-5)

Au centre de la croix trône une fleur à six branches, la même que celle qu’on trouve si abondamment sur les monuments juifs du 1er siècle, du temps de Jésus, en Israël. Comment ce motif est-il parvenu ici ? On peut d’ailleurs l’observer sur de nombreux monuments religieux (ou pas) dans le canton du Valais (Suisse).

Ici, cette fleur figure le crucifié, signifiant ainsi la fécondité de sa mort en croix. Elle rappelle que la mort et la résurrection du Christ demeurent source de vie éternelle.

Il est intéressant de constater que ce motif, pourtant si simple, voyage à travers le temps et à travers l’espace au moins depuis le 1er siècle. Sur la pierre de Magdala(Israël) figure la même fleur. Elle pourrait représenter le rideau séparant le Saint du Saint des saints dans le temple de Jérusalem. Dans l’évangile, ce même rideau est divisé en deux à la mort de Jésus (Lc 23,44-45), signe du salut qui fait tomber toute distance entre Dieu et l’homme pécheur en Christ. Sur cette pierre du 9ème siècle, la même fleur prend la place de Jésus comme pour dire, d’une manière imagée, que c’est lui qui désormais nous ouvre l’accès au Père.

L’emploi de la pierre comme ambon de la Parole dans cette abbatiale est également significatif : la bonne nouvelle (=évangile en grec) du salut donné en Christ à tous les hommes se reçoit en premier lieu par l’écoute des Écritures bibliques qui sont proclamées là, lors de chaque célébration.

Source : ZENIT.ORG, le 7 septembre 2023

NIGERIA – Un séminariste brûlé vif, un autre kidnappé dans l’Etat de Kaduna

Un séminariste du nom de Na’aman Danlami a été brûlé vif lorsque des bandits ont attaqué et détruit la paroisse Saint-Raphaël de Fadan Kamantan, dans le diocèse de Kafanchan, dans l’État de Kaduna, au nord du Nigéria.


Les bandits ont pris pour cible la maison paroissiale dans la nuit du jeudi 7 septembre et y ont mis le feu.
Certains prêtres ont réussi à s’échapper, mais Na’aman Danlami, 25 ans, qui était séminariste à l’église, n’a pas pu échapper aux flammes.


À Kaduna, hier 7 septembre également, un autre séminariste, Ezequiel Nuhu, a été enlevé.

Source : Agence Fides, le 8 septembre 2023

Une Croix, un chapelet et un livre de prières des Rédemptoristes ukrainiens emprisonnés en Russie offerts au Pape

Vatican média

Une Croix, un chapelet et un livre de prières des Rédemptoristes ukrainiens emprisonnés en Russie offerts au Pape

Une croix missionnaire, un livre de prières et un chapelet. Tels sont les objets que l’archevêque majeur Sviatoslav Shevchuk a remis au Pape François à l’issue de la rencontre du Souverain Pontife avec le synode des évêques de l’Église gréco-catholique ukrainienne, qui s’est déroulée au Vatican dans la matinée du mercredi 6 septembre. Les objets remis au Pape appartiennent aux deux prêtres rédemptoristes, le Père Ivan Levytskyi et le Père Bohdan Heleta, arrêtés le 16 novembre dernier à Berdyansk par les services de sécurité russes et toujours incarcérés en Russie. « Comme un trésor inestimable », a déclaré Mgr Shevchuk au Pape, « nous vous les remettons dans l’espoir qu’une paix juste s’installe bientôt en Ukraine ». Au cours de l’audience, a rapporté le bureau de presse du secrétariat du synode de l’Église gréco-catholique d’Ukraine, les évêques ont « demandé au souverain pontife et au Saint-Siège de poursuivre leurs efforts pour libérer les prisonniers de guerre, et ont mentionné en particulier les prêtres de l’Église orthodoxe ukrainienne ».

Des sources de la Congrégation du Très Saint Rédempteur (Rédemptoristes) ont indiqué à l’Agence Fides qu’il n’y avait pas eu de nouvelles définitives depuis Noël sur le sort et la condition des deux prêtres missionnaires.

Au moment de leur arrestation, le père Ivan et le père Bohdan étaient curé et vicaire de l’église gréco-catholique de la Nativité de la Vierge Marie à Berdyank, une ville portuaire du sud-est de l’Ukraine, dans la région de Zaporižžja, qui est passée sous contrôle russe.
Les 23 et 24 novembre, la chaîne de télévision russe « Zviezda » a diffusé un extrait de l’interrogatoire d’Ivan Levytskyy. Sur les images diffusées, des « signes visibles de fatigue physique et mentale » apparaissent sur le visage du prêtre.
Au début de la guerre (24 février 2022) et plus tard, lorsque Berdyank est passée sous le contrôle des forces russes, les prêtres ont décidé de rester dans la ville afin de continuer à servir la population, tout en apportant un soutien spirituel et humanitaire aux réfugiés et aux personnes en détresse à cause de la guerre.
L’accusation portée contre les deux prêtres au moment de leur arrestation, rapportée par certains médias russes, était qu’ils avaient caché des explosifs et des armes dans les locaux de l’église et dans le sous-sol de leur résidence.

Source : Agence Fides, le 7 septembre 2023

Le film d’une « Mère Teresa » hondurienne arrive sur Apple TV et d’autres plateformes

Affiche du film « Con esta luz »
Affiche Du Film « Con Esta Luz »

Le film d’une « Mère Teresa » hondurienne arrive sur Apple TV et d’autres plateformes

Avec une bande originale de Carla Morrison

Le docu-film s’intéresse à la vie difficile de deux jeunes filles que la religieuse protège et à la façon dont elles entrent dans la famille de sœur Maria Rosa.

L’ambassade du Honduras auprès du Saint-Siège et l’édition espagnole de L’Osservatore Romano ont organisé une projection privée du documentaire « Con esta luz » (Sous cette lumière, ndlr) à Rome en avril dernier. Le film raconte la vie et l’œuvre de sœur Maria Rosa Leggol.

La religieuse est née le 21 novembre 1926 à Puerto Cortés, au Honduras. Son père, un Canadien français, a quitté la famille quelques mois après sa naissance et sa mère l’a placée dans un orphelinat, où elle a grandi. À l’âge de six ans, elle a rencontré deux religieuses des Sœurs de Saint-François et, à neuf ans, elle a revu deux d’entre elles à l’école Saint-François, venues d’Allemagne pour servir au Honduras. Elle a essayé à plusieurs reprises d’entrer dans la congrégation, ce qu’elle a finalement réussi en 1949.

Elle a commencé à travailler comme infirmière à la polyclinique de Comayagüela (Honduras) dans l’équipe de nuit. « J’avais deux amies à l’école, elles aussi orphelines, mais elles souffraient, elles étaient maltraitées. J’ai dit à Predongogu lors d’une interview en 2016 : Mon Dieu, un jour je construirai une petite maison pour accueillir ces filles. »

Le documentaire, en espagnol, pour l’instant sous-titré en anglais, présente sa vie. Il a été projeté à New York, Los Angeles et Chicago le 11 août dernier et est disponible sur Apple TV+, Vudu, Google Play, YouTube TVOD et iTunes depuis le 15 août. La chanson, thème du film, est celle de la célèbre chanteuse Carla Morrison (présente au Vatican en juin 2023 avec le pape François lors d’un événement artistique avec le Saint-Père).

Le documentaire s’ouvre sur sœur Maria Rosa invitant les enfants à écrire leur passé sur un morceau de papier et à le jeter au feu : « Nous devons oublier l’ancienne vie ».

Il s’agit d’un docu-film qui présente les activités de sœur Maria Rosa et de certains des jeunes dont elle s’occupait. Son travail était spécialisé dans la prise en charge des orphelins et des enfants de parents emprisonnés. Elle a fondé le premier orphelinat en 1964 et a déclaré l’institution sous le nom deSociedad Amigos de los Niños(SAN) en 1966.

Sa robe brune, son voile, ses bas et ses pantoufles encadrent le visage souriant de la religieuse. Avec un crucifix sur la poitrine et des lunettes, elle s’est occupée de 87 000 enfants pauvres au Honduras, leur construisant un avenir avec une vision simple : « Maintenant, nous allons commencer à vivre une nouvelle vie. Une vie pleine de lumière ».

« Le but de ma vie est de soulager les autres », dit-elle dans une scène. « Au Honduras, plus de 67 % de la population vivent dans la pauvreté et plus de 260 000 enfants sont devenus orphelins à cause de la violence ».

Le scénario de la production évoque son enfance à l’orphelinat et la façon dont les orphelins y étaient traités, une expérience qui l’a incitée à faire construire des maisons pour abriter les enfants sans abri. Elle a d’abord construit dix maisons familiales.

Dans une scène, sœur Maria Rosa chante : « Je suis tombée amoureuse du fils de Marie et je lui ai donné mon amour pour toujours », le crucifix à la main. Elle souligne que Jésus-Christ est le Sauveur de tous, en embrassant le crucifix. Elle a traduit cet amour pour le Fils de Dieu en actes, comme l’amour de Jésus pour les enfants.

« Femme au grand cœur, elle a fait ce qu’aucun président de ce pays n’a jamais fait : élever plus de 50 000 enfants (…). Elle a aidé les familles, les handicapés, les malades mentaux, elle ne disait jamais non à personne », a déclaré Sonia Erazo, directrice du foyer Pedro Atala, à ACI Prensa.

Sœur Maria Rosa a ensuite ouvert une école pour filles, des logements pour étudiants universitaires et des dizaines de cliniques médicales dans les régions montagneuses du Honduras, en plus de 500 foyers d’accueil.

Le docu-film se penche sur la vie difficile de deux jeunes filles que la religieuse en lutte protège et sur la façon dont elles entrent dans le foyer familial de sœur Maria Rosa, ce qui conduit à leur développement intégral en tant que femmes et en tant que personnes.

Elle exprime à plusieurs reprises l’esprit de son travail : « La volonté de Dieu me pousse. Je n’ai peur de rien, pas même des balles. Elles tuent le corps, pas l’âme ».

Les Contras, une armée contre-révolutionnaire financée par la CIA, l’ont recherchée pour la faire disparaître en raison de son travail humanitaire, mais ils ne l’ont pas trouvée, bien qu’ils aient abattu son assistant, un prêtre canadien. « C’est un martyr que personne ne reconnaît, mais moi, je le reconnais », a-t-elle déclaré. « J’ai demandé à Dieu la force, la foi et la confiance nécessaires pour surmonter tout cela et continuer à vivre ».

Sœur Maria Rosa est décédée du COVID-19 le 16 octobre 2020 à l’âge de 93 ans. Elle a décrit son travail en déclarant que Dieu lui avait demandé de le faire. À propos du soutien apporté à tant de personnes dont elle s’occupait, elle a déclaré : « Elles ne me doivent rien. Ce qu’elles doivent faire, c’est étendre cette miséricorde à tous ceux qu’elles rencontrent, où qu’elles aillent ».

Source : ZENIT.ORG, le 7 septembre 2023

François et l' »indietrisme » : un concept destructeur

François et l' »indietrisme » : un concept destructeur

D’Aldo Maria Valli sur son blog :

François et l’indietrisme. Un concept destructeur

6 septembre 2022

Parmi les nombreux néologismes qu’il a inventés, il en est un que le pape François affectionne particulièrement : l’indiétrisme. Il l’utilise souvent et il l’a également fait lors de sa conversation avec les jésuites du Portugal à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse.

Interrogé par un confrère sur les critiques croissantes à l’encontre de François parmi les catholiques des États-Unis, le pape a répondu : « Vous avez vérifié qu’aux États-Unis, la situation n’est pas facile : il y a une attitude réactionnaire très forte, organisée… Je veux rappeler à ces gens que l’indiétrisme ne sert à rien ». Et plus loin : « Certains se disent en dehors, ils vont à reculons, ils sont ce que j’appelle des indietristes ».

Lorsque François parle à bâtons rompus (ce qu’il fait souvent, même en laissant de côté le texte écrit préparé à l’avance), il n’est pas toujours facile de comprendre ce qu’il entend par certains des termes utilisés. Contrairement à Benoît XVI qui, en bon pédagogue, ne laissait jamais une déclaration sans explication, François semble penser que certains mots ont une force en soi qui n’a pas besoin d’être argumentée. L’indietrisme est l’un d’entre eux.

Il l’a également utilisé, par exemple, lors de sa réunion avec la Commission théologique internationale en novembre 2022, lorsque, soutenant que « le traditionalisme est la foi morte des vivants », il a déclaré : « Aujourd’hui, il y a un grand danger, qui est d’aller dans une autre direction : l’indietrisme. Cette dimension horizontale, nous l’avons vu, a poussé certains mouvements, des mouvements ecclésiaux, à rester figés dans un temps, dans un passé. Ce sont les indietristes… L’indietrisme vous conduit à dire que « cela a toujours été fait ainsi, il vaut mieux continuer ainsi », et ne vous permet pas de grandir. Sur ce point, vous, les théologiens, réfléchissez un peu à la manière d’aider ».

Apparemment, François adopte donc une perspective historiciste. La réalité est une succession d’expériences infinies de l’esprit et la vérité n’est pas statique, mais elle a une nature historique et progressive, elle est le fruit d’un processus (un autre mot que François aime bien), d’un développement. Être indietriste, c’est ne pas reconnaître ce développement et prétendre s’ancrer dans quelque chose d’immuable. Mais, s’il en est ainsi, une question devient légitime : la vision du pape est-elle catholique ?

En 1966, dans une lettre « concernant certains jugements et erreurs découlant de l’interprétation des décrets du Concile Vatican II », le cardinal Alfredo Ottaviani dénonçait : « En ce qui concerne la doctrine de la foi, on affirme que les formules dogmatiques sont soumises à l’évolution historique au point que même leur sens objectif est susceptible de mutation… Certains ne reconnaissent presque pas de vérité objective absolue, stable et immuable, et soumettent tout à un certain relativisme, sous prétexte que toute vérité suit nécessairement le rythme évolutif de la conscience et de l’histoire. »

Il semble étrange de citer aujourd’hui Ottaviani, dont la devise était, et ce n’est pas un hasard, Semper idem (Toujours le même), mais c’est au fond là que se situe toute la question. La perspective historiciste entraîne nécessairement le relativisme. Le christianisme devient un humanisme, le Christ lui-même est réduit à la seule dimension humaine, le catholicisme cesse d’être la vraie foi, et l’idée qu’en dehors de l’Eglise il n’y a pas de salut tombe. Après cela, est-on vraiment sûr que les indietristes, avec leurs inquiétudes, sont à côté de la plaque ?

Source : D’Aldo Maria Valli sur son blog, le 6 septembre 2023

Les couvents et monastères catholiques de Rome ont abrité des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale

Photo non datée du pape Pie XII

Les couvents et monastères catholiques de Rome ont abrité des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale

Des recherches catholiques-juives indiquent que des couvents catholiques ont abrité des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale

7 septembre 2023S

Des chercheurs ont découvert de nouveaux documents qui corroborent les rapports selon lesquels des couvents et des monastères catholiques de Rome ont abrité des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, fournissant les noms d’au moins 3 200 juifs dont l’identité a été corroborée par la communauté juive de la ville, ont déclaré des responsables le 7 septembre.

Des chercheurs de l’Institut biblique pontifical, de l’institut israélien de recherche sur l’Holocauste Yad Vashem et de la communauté juive de Rome ont présenté leurs conclusions lors d’un atelier académique organisé le 7 septembre au Musée de la Shoah, qui fait partie de la principale synagogue de Rome.

La documentation ne semble pas jeter un nouvel éclairage sur le rôle du pape Pie XII pendant l’occupation nazie de Rome. Les historiens ont longtemps débattu de l’héritage de Pie XII, ses partisans insistant sur le fait qu’il a usé d’une diplomatie discrète pour sauver des vies juives et ses détracteurs affirmant qu’il est resté silencieux alors que l’Holocauste faisait rage en Europe, et même lorsque les Juifs romains ont été rassemblés et déportés de l’arrière-cour du Vatican en 1943.

Selon une déclaration commune de l’Institut biblique pontifical, de Yad Vashem et de la communauté juive de Rome, la nouvelle documentation fournit plutôt les noms et les adresses des Romains qui ont été hébergés dans des institutions catholiques pendant la guerre, ce qui n’avait été rapporté auparavant qu’en termes vagues et en chiffres par le principal historien italien de la période, Renzo de Felice, dans un livre publié en 1961.

La documentation a été découverte dans les archives de l’Institut biblique, qui est affilié à l’Université pontificale grégorienne, dirigée par les jésuites. Elle répertorie plus de 4 300 personnes qui ont été hébergées dans les propriétés de 100 ordres religieux catholiques féminins et de 55 ordres religieux masculins. Parmi elles, 3 600 sont identifiées par leur nom, et des recherches dans les archives de la communauté juive de Rome « indiquent que 3 200 d’entre elles étaient certainement juives », précise le communiqué.

« Pour ces derniers, on sait où ils ont été cachés et, dans certaines circonstances, où ils vivaient avant la persécution. La documentation augmente ainsi de manière significative les informations sur l’histoire du sauvetage des Juifs dans le contexte des institutions catholiques de Rome », précise le communiqué.

Les noms ne sont pas divulgués afin de protéger la vie privée des personnes concernées et de leurs descendants.

On ne sait pas si l’un des juifs cités a été baptisé. Les archives du Vatican récemment ouvertes sur la papauté de Pie suggèrent que le Vatican s’est efforcé de sauver les Juifs qui s’étaient convertis au catholicisme ou qui étaient les enfants de mariages mixtes catholiques-juifs, selon le livre « The Pope at War », de l’anthropologue David Kertzer, de l’université de Brown.

Claudio Procaccia, responsable du département culturel de la communauté juive de Rome, a déclaré que les documents ne permettaient pas de savoir si les Juifs identifiés avaient été baptisés. Il a toutefois souligné que ces listes constituaient un « nouvel élément important pour comprendre qualitativement et quantitativement » les personnes hébergées et leurs origines.

« C’est une étape très importante », a-t-il déclaré lors d’une interview après l’atelier, ajoutant que des recherches supplémentaires étaient nécessaires pour corroborer davantage les noms énumérés et leur histoire, y compris avec d’autres listes dans d’autres archives. Il a ajouté que des divergences risquaient d’apparaître au fil du temps, car on sait que certaines personnes ont prétendu avoir un nom de famille juif pour trouver refuge dans des couvents catholiques, même si elles n’étaient pas nécessairement juives.

M. Procaccia a fait remarquer que la communauté juive a publié en 2013 ses propres recherches sur le sort des Juifs pendant l’occupation nazie de Rome, intitulées « Après le 16 octobre », date à laquelle, en 1943, plus d’un millier de Juifs de Rome ont été rassemblés et, deux jours plus tard, déportés à Auschwitz.

Le père Dominik Markl, de l’Institut biblique pontifical et de l’université d’Innsbruck, qui a participé à la coordination des recherches, s’est dit ému par le destin des personnes nommées dans les documents, « celles qui étaient menacées d’être assassinées en raison des persécutions du régime nazi, et les nombreux prêtres et religieuses anonymes qui ont risqué leur propre sécurité pour les aider à survivre ».

Dans une déclaration à l’Associated Press, M. Markl a souligné l’importance de la recherche conjointe entre les universitaires catholiques et juifs sur une question délicate qui a longtemps divisé les universitaires et souvent tendu les relations entre la communauté juive de Rome et le Saint-Siège.

« Nous sommes extrêmement reconnaissants de la collaboration avec la communauté juive de Rome et Yad Vashem, qui promet d’aboutir à une compréhension plus profonde de l’histoire de la Shoah à Rome et au-delà », a-t-il déclaré.

Source : The National Catholic Reporter , le 7 septembre 2023

« Vois comme je chéris particulièrement ta chère patrie » dit Marie (2)

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« Vois comme je chéris particulièrement ta chère patrie » dit Marie (2)

Visiblement, le 8 septembre 1914 n’était pas un jour comme les autres… Au même moment où Marie apparaissait à Marcelle Lanchon (1), à 100 km de Versailles, Mgr Emmanuel Marbeau, évêque de Meaux, promettait d’ériger une statue à Notre-Dame si sa ville était épargnée par la Bataille de la Marne qui faisait rage dans les environs.

On ne découvrira que plus tard que la Vierge était apparue plusieurs fois entre les 5 et 8 septembre 1914 à Barcy près de Meaux (région île-de-France), indiquant aux soldats allemands de ne pas aller plus loin en direction de Paris (un récit analogue à ceux de Pontmain en 1871 ou du « miracle sur la Vistule » en Pologne en 1920 qui arrêta l’avancée de l’armée bolchevique).

Quelques témoignages racontés par des prisonniers de guerre allemands soignés dans des hôpitaux français indiquent que ces apparitions auraient été vues par des dizaines de milliers d’hommes mais qu’on leur avait interdit d’en parler sous peine de mort. La Vierge était habillée comme à Lourdes en 1858, avec une ceinture bleue : certains blessés allemands ne l’identifièrent que lorsqu’ils virent une statue de Notre-Dame de Lourdes plus tard. Mme Bongard, épouse d’un ancien maire de Barcy et bénévole dans les hôpitaux, dit à sa fille :

«Les blessés allemands, par centaines, disaient tous la même chose : c’est incompréhensible… C’est la Sainte Vierge qui nous a repoussés.Nous l’avons vraiment vue et pourtant nous étions les plus forts. Nous étions en train d’écraser les lignes françaises, nous allions arriver à Paris et brusquement, ce fut la débâcle ! Nous l’avons vue, elle, la Sainte Vierge. Était-ce une apparition, un délire ? De la main elle nous repoussait et devant cette force surnaturelle, nous avons fui… On ne pouvait plus avancer ! »(2) (3)

Source : www.prophetiespournotretemps.com

(1) Cf Une minute avec Marie d’hier 8 septembre 2023

(2) www.mariereine.com

(3) A propos du « Miracle de la Marne », Mgr Marbeau meurt en 1921 avant de pouvoir accomplir son vœu du 8 septembre 1914, mais une statue de Notre-Dame de la Marne avec l’Enfant-Jésus est inaugurée en 1924 devant 4000 personnes. Elle porte l’inscription, choisie par Mgr Marbeau : « Tu n’iras pas plus loin ».

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

09.09.2023 – SAINT DU JOUR

St Pierre Claver

St Pierre Claver

PRÊTRE S.J. († 1654)

Saint Pierre Claver s.j.
Apôtre des esclaves d’Amérique
(1581-1654)

Pierre (Pedro) Claver Corberó naît à Verdú (Catalogne) le 25 juin 1581; sa naissance fut le fruit des prières de ses parents. À vingt ans, il entra au noviciat des jésuites. Il se lia avec le saint vieillard Alphonse Rodriguez, jésuite comme lui, et qui fut canonisé le même jour que lui, le 8 janvier 1888. Alphonse avait compris, d’après une vision, que Pierre Claver devait être un apôtre de l’Amérique ; il lui en souffla au cœur le désir, et le jeune religieux obtint, en effet, de ses supérieurs, de s’embarquer pour les missions du nouveau monde.

À son arrivée en Amérique, en 1610, il baisa la terre qu’il allait arroser de ses sueurs. Il se dévoua corps et âme au salut des esclaves, pénétra dans les magasins où on les entassait, les accueillit avec tendresse, pansa leurs plaies, leur rendit les plus dégoûtants services et s’imposa tous les sacrifices pour alléger les chaînes de leur captivité. Il en convertit, par ces moyens héroïques, une multitude incalculable. Quand fut venu le moment de ses vœux, Pierre Claver obtint d’y ajouter celui de servir les esclaves jusqu’à sa mort ; il signa ainsi sa formule de profession : « Pierre, esclave des nègres pour toujours ». Il fut ordonné prêtre en 1616.

Les milliers d’esclaves de Carthagène étaient tous ses enfants ; il passait ses jours à les édifier, à les confesser, à les soigner. Il ne vivait que pour eux. Aux hommes qui lui demandaient à se confesser, il disait : « Vous trouverez des confesseurs dans la ville ; moi, je suis le confesseur des esclaves. » Il disait aux dames : « Mon confessionnal est trop étroit pour vos grandes robes ; c’est le confessionnal des pauvres négresses. » 

Le soir, épuisé de fatigues, asphyxié par les odeurs fétides, il ne pouvait plus se soutenir ; cependant un morceau de pain et quelques pommes de terre grillées faisaient son souper; la visite au Saint-Sacrement, la prière, les disciplines sanglantes, occupaient une grande partie de ses nuits. Que de pécheurs il a convertis en leur disant, par exemple : « Dieu compte tes péchés ; le premier que tu commettras sera peut-être le dernier ! »

Pierre Claver multipliait les miracles avec ses actes sublimes de charité. En quarante-quatre ans d’apostolat, il avait baptisé plus de trois cent mille esclaves. 

À l’âge de 73 ans, le 8 septembre 1654, c’est pour lui l’heure de la Rencontre avec Celui auquel il a donné toute sa vie !

Pierre Claver a été béatifié le 16 juillet 1850 par le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878) et canonisé, le 15 janvier 1888, par Léon XIII (Gioacchino Pecci, 1878-1903) qui, en 1896, l’a déclaré patron des missions.

St Pierre Claver priez pour nous !