10.09.2023 – ANGÉLUS À ROME

Angélus: la correction fraternelle avec amour et non les commérages 

«Lorsqu’un frère dans la foi commet une faute à ton égard, tu l’aides, sans rancune, en le corrigeant». Telle est l’exhortation faite par le Pape François lors de la prière de l’Angélus, devant de nombreux fidèles et pèlerins rassemblés sur la Place Saint-Pierre. Le Saint-Père s’est focalisé ce dimanche 10 septembre, sur la correction fraternelle, évoquée dans l’Évangile du livre du de Matthieu. 

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

La correction fraternelle (cf. Mt 18, 15-20), est l’une des expressions les plus élevées de l’amour, mais aussi l’une des plus exigeantes, a tout d’abord affirmé François. Cette correction se fait avec aide et sans rancune, a souligné le Saint-Père. Aujourd’hui, dans la société, dans les différentes communautés, ou encore dans la vie professionnelle, «malheureusement, la première chose qui se crée souvent autour de ceux qui font le mal, c’est le commérage, où tout le monde est au courant de la faute, avec tous les détails, sauf la personne concernée», constate le Saint-Père. «Ce n’est pas bien et cela ne plaît pas à Dieu», a-t-il lancé.

Les commérages, source de division 

Le Pape voit les commérages comme un «fléau pour la vie des personnes et des communautés», car «ils apportent la division, la souffrance et le scandale, et n’aident jamais à s’améliorer et à grandir». Et de rappeler ensuite cette pensée de saint Bernard de Clairvaux, qui disait que «la curiosité stérile et les paroles superficielles sont les premiers pas sur l’échelle de l’orgueil, qui ne conduit pas vers le haut, mais vers le bas, précipitant l’homme vers la perdition et la ruine».

Que dit Jésus?

«Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère» (v. 15). Jésus enseigne à se comporter ainsi, a rappelé le Souverain pontife ajoutant: «Parle-lui « seul à seul », loyalement, pour l’aider à voir son erreur. Fais-le pour son bien, en surmontant la honte et en trouvant le vrai courage, qui n’est pas de dire du mal, mais de lui dire les choses en face avec douceur et gentillesse», a-t-il conseillé.

Et si cela ne suffit pas, «il faut alors chercher de l’aide. Mais attention! a-t-il précisé, pas celle du petit groupe qui bavarde!» Jésus dit: «Prends une ou deux personnes avec toi», c’est-à-dire des personnes qui veulent vraiment aider ce frère ou cette sœur qui a mal agi, a affirmé le Successeur de Pierre, soulignant ensuite que s’il ne comprend toujours pas, l’idéal serait d’impliquer la communauté.

Unir les efforts pour aider 

 Mais, même ici, a-t-il précisé: «Il ne s’agit pas de mettre la personne au pilori, de lui faire honte publiquement, mais plutôt d’unir les efforts de tous pour l’aider à changer. Montrer les gens du doigt n’est pas une bonne chose, cela rend souvent plus difficile le fautif de reconnaître son erreur». Au contraire, a-t-il ajouté: «la communauté doit lui faire sentir que, tout en condamnant l’erreur, elle est proche par la prière et l’affection, toujours prête à offrir le pardon et à recommencer».

Poursuivant, François est également revenu sur la Parole de Jésus dans ce contexte soulignant que «si le frère n’écoute même pas la communauté, considère-le « comme un païen et un publicain »». Mais «nous savons que l’une des choses que les « bien-pensants » de l’époque ne lui pardonnaient pas était précisément d’être avec les païens et les publicains», a-t-il fait savoir. L’évangéliste Matthieu lui-même, qui écrit, le sait, parce qu’il a été l’un d’entre eux, appelé par Jésus alors qu’il était publicain, a dit le Pape.

Trouver le chemin du bien par l’intercession de Marie 

Au terme de son enseignement, le Saint-Père a invité les fidèles présents et les chrétiens à l’introspection: «Comment dois-je traiter ceux qui se trompent à mon égard? Est-ce que je garde cela en moi et accumule la rancune? Est-ce que j’en parle derrière leur dos? Ou bien est-ce que j’essaie de leur parler? Est-ce que je prie pour lui ou elle, est-ce que je demande de l’aide pour faire le bien?» Parlant des communautés, le Pape s’est ainsi nterrogé: «prennent-elles soin de ceux qui tombent, pour qu’ils puissent se relever et commencer une nouvelle vie? Pointent-elles du doigt ou ouvrent-elles les bras?»

«Que Marie, qui a continué à aimer alors qu’elle entendait les gens condamner son Fils, nous aide à toujours chercher le chemin du bien», a ainsi prié François.

Source : VATICANNEWS, le 10 septembre 2023

Lettre de liaison n° 153 (31 août 2023)

Lettre de liaison n° 153 (31 août 2023)

Le message du 13 juin 1917 (suite)

Après avoir appris que ses deux petits cousins, François et Jacinthe, iraient bientôt au Ciel et que, par conséquent, elle resterait seule sur terre, la pauvre Lucie eut un moment d’inquiétude bien compréhensible, et demanda : « Je vais rester ici toute seule ? » Elle dut aussi être effrayée de savoir qu’elle serait également seule pour accomplir la mission que Notre-Dame venait de lui confier : répandre dans le monde la dévotion à son Cœur Immaculé. Il y a effectivement de quoi être impressionné par cette demande. Les apôtres ont dû éprouver le même sentiment lorsque Notre-Seigneur leur dit : « Allez enseigner toutes les nations. » Comment eux, pauvres pécheurs du lac de Tibériade, pourront-ils parcourir les quatre coins du monde ? Toutes les nations ? Vraiment ? À onze ?

La Sainte Vierge, ne voulant pas cacher à Lucie le courage qu’il lui faudrait pour affronter cette solitude, lui répondit : « Non, ma fille. Tu souffres beaucoup ? Ne te décourage pas. Je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

« Je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur Immaculé sera ton refuge … »

Depuis que, sur la croix, le Christ a dit à sa Mère en désignant saint Jean : « Voici votre fils », la Sainte Vierge est notre Mère. Car, à travers saint Jean, c’est toute l’humanité qui est devenue enfant de Marie. Et c’est ce que Notre-Dame rappelle à Lucie : je suis ta Mère, donc « je ne t’abandonnerai jamais ». Car une vraie mère n’abandonne jamais ses enfants.

Les exemples montrant que jamais Marie n’abandonne ses enfants sont légion. Saint Alphonse de Liguori en rapporte plusieurs dans son livre : Les gloires de Marie. Voici un autre exemple tiré d’un sermon du saint curé d’Ars pour la fête de l’Assomption.

Il est rapporté dans l’histoire qu’un jeune libertin se livrait, sans aucun remords, à tous les vices de son cœur. Une maladie l’arrêta au milieu de ses désordres ; tout libertin qu’il était, il n’avait pourtant jamais manqué de dire tous les jours un Ave Maria ; c’était la seule prière qu’il faisait, et encore la faisait-il bien mal : ce n’était pas autre chose qu’une simple habitude. Dès que l’on sut que sa maladie était sans espérance de guérison, on alla chercher le prêtre de la paroisse qui vint le visiter et l’exhorta à se confesser. Mais le malade lui répondit que s’il avait à mourir, il voulait mourir comme il avait vécu et que, s’il venait à en échapper, il ne voulait pas vivre autrement que jusqu’alors. Ce fut la réponse qu’il fit à tous ceux qui voulurent lui parler de confession. On était dans une grande consternation ; personne n’osait plus lui en parler, dans la crainte de lui donner occasion de vomir les mêmes blasphèmes et les mêmes impiétés. Sur ces entrefaites, un de ses camarades, mais plus sage que lui, qui souvent l’avait repris de ses désordres, alla le trouver. Après lui avoir parlé de différentes choses, il lui dit sans détour : « Tu devrais bien, mon camarade, penser à te convertir. » – « Mon ami, répliqua le malade, je suis un trop grand pécheur ; tu sais bien la vie que j’ai menée. » – « Eh bien ! prie la sainte Vierge qui est le refuge des pécheurs. » – « Ah ! j’ai bien dit tous les jours un Ave Maria ; mais voilà toutes les prières que j’ai faites. Crois-tu que cela me serve de quelque chose ? » – « Comment ! répliqua l’autre, cela te servira de tout. Ne lui as-tu pas demandé de prier pour toi à l’heure de la mort ? C’est donc à présent qu’elle va prier pour toi. » – « Puisque tu penses que la Sainte Vierge prie pour moi, va chercher M. le curé pour me confesser tout de bon. » En prononçant ces paroles, il se mit à verser des torrents de larmes. « Pourquoi pleurer ? » lui dit son ami. – « Ah ! pourrais-je jamais assez pleurer, après avoir mené une vie si criminelle, après avoir offensé un Dieu si bon, qui veut encore me pardonner ! Je voudrais pouvoir pleurer des larmes de sang pour montrer au bon Dieu combien je suis lâche de l’avoir tant offensé ; mais, mon sang est trop impur pour être offert à Jésus-Christ en expiation de mes péchés. Ce qui me console, c’est que Jésus-Christ mon Sauveur a offert le sien à son Père pour moi ; c’est en lui que j’espère. » Son ami entendant ce discours et voyant couler ses larmes, se mit à pleurer de joie avec lui. Ce changement était si extraordinaire qu’il l’attribua à la protection de la Sainte Vierge. Dans ce moment, le curé revint et, fort étonné de les voir pleurer tous deux, il leur demanda ce qui était arrivé. – « Ah ! Monsieur, répondit le malade, je pleure mes péchés ! Hélas ! je commence bien tard à les pleurer ! Mais je sais que les mérites de Jésus-Christ sont infinis et que sa miséricorde est sans bornes ; j’ai encore espoir que le bon Dieu aura pitié de moi. » Le prêtre, étonné, lui demanda qui avait fait en lui un pareil changement. « La Sainte Vierge, dit le malade, a prié pour moi, c’est ce qui m’a fait ouvrir les yeux sur mon misérable état. » – « Vous voulez bien vous confesser ? » – « Oh ! oui, Monsieur, je veux me confesser, et même tout haut ; puisque j’ai scandalisé par ma mauvaise vie, je veux que l’on soit témoin de mon repentir. » Le prêtre lui dit que cette mesure n’était pas nécessaire, qu’il suffisait, pour réparer les scandales, de savoir qu’il avait été administré. Il se confessa avec tant de douleur et de larmes que le prêtre fut obligé plusieurs fois de s’arrêter pour le laisser pleurer. Il reçut les sacrements avec de si grandes marques de repentir qu’on aurait cru qu’il allait en mourir.

Cet exemple nous montre que la Sainte Vierge n’abandonne jamais ses enfants, … même lorsqu’ils se conduisent plutôt mal ! Car elle est le refuge des pécheurs. C’est ce qu’elle rappelle à Lucie en lui disant : « Mon Cœur Immaculé sera ton refuge. » Et dans les litanies en son honneur, non seulement Notre-Dame est invoquée comme « refuge des pécheurs », mais aussi comme « salut des infirmes, consolatrice des affligés, secours des chrétiens ». On pourrait ajouter qu’elle est tout autant la mère des boiteux, des mendiants, des éclopés, … Et personne, pas même Dieu, ne pourra lui ôter ses enfants. Toutefois, il faut pour être son enfant se tourner vers elle, comme l’a montré l’histoire précédente.

« … et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

La Sainte Vierge ne fait pas que consoler Lucie : elle lui indique également un moyen pour aller au Ciel. « Mon Cœur Immaculé sera le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. » Elle confirme ainsi ce qu’elle lui a dit juste avant : « Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut. » C’est l’essentiel du message de Fatima. Dieu a fait du Cœur Immaculé de sa Sainte Mère un moyen sûr pour aller à Lui.

Que Marie soit un chemin sûr pour aller à Dieu est un enseignement constant de l’Église. Depuis toujours, elle enseigne que la dévotion à la Sainte Vierge est moralement nécessaire au chrétien pour qu’il ait part au salut. L’amour envers la Sainte Vierge est un signe de prédestination, une garantie pour le ciel. Il n’est pratiquement aucun auteur spirituel qui ne l’ait dit d’une façon ou d’une autre. Qu’on en juge par les quelques citations qui suivent.

Saint Bernard : « Telle est la volonté de Dieu qui a voulu que nous ayons tout par Marie : si donc nous avons quelque espérance, quelque grâce, quelque don salutaire, sachons que cela découle de ses mains. » (De Aqueductu, n° 6)

Saint Bonaventure : « Quiconque est marqué par la dévotion à Marie sera inscrit dans le livre de vie ». Il en donne les raisons suivantes : « De même que c’est par Marie que Dieu est descendu jusqu’à nous, ainsi il est nécessaire que ce soit par elle que nous montions jusqu’à Dieu » ; et : « Personne ne peut entrer au paradis si ce n’est en passant par Marie qui en est la porte ».

Saint Bernardin de Sienne : « Tous les dons, les vertus et les grâces de l’Esprit-Saint sont distribués par les mains de Marie à qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et autant qu’elle veut. » (Sermo in Nativ. B. V., art 1, cap 3)

Saint Charles Borromée faisait mettre l’image de Marie sur la porte des églises, car il voulait faire comprendre aux chrétiens qu’on ne peut pas entrer au Paradis sans passer par Marie « Porte du Ciel ».

Saint Alphonse de Liguori affirme : « Celui qui aime Marie peut être aussi certain d’aller en Paradis que s’il s’y trouvait déjà.» C’est sans doute la raison pour laquelle saint Gabriel de l’Addolorata confia un jour à son père spirituel : « Père, je suis certain d’aller au Paradis ». « Et comment fais-tu pour le savoir ? » lui demanda le Père. « Parce que j’y suis déjà. J’aime la Sainte Vierge, donc je suis déjà en Paradis ! »

Saint Léonard de Port Maurice : « Celui qui n’a pas de dévotion envers Marie ne peut être sauvé. »

Dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, saint Louis-Marie Grignion de Montfort reprit mot pour mot les paroles de saint Bernardin de Sienne. Au n° 25, il écrit :

Dieu le Saint-Esprit a communiqué à Marie, sa fidèle Épouse, ses dons ineffables, et il l’a choisie pour la dispensatrice de tout ce qu’il possède : en sorte qu’elle distribue à qui elle veut, autant qu’elle veut, comme elle veut et quand elle veut, tous ses dons et ses grâces, et il ne se donne aucun don céleste aux hommes qu’il ne passe par ses mains virginales.

Et au n° 140, il ajoute :

Le Père n’a donné et ne donne son Fils que par elle, ne se fait des enfants que par elle, et ne communique ses grâces que par elle ; Dieu le Fils n’a été formé pour tout le monde en général que par elle, n’est formé tous les jours et engendré que par elledans l’union au Saint-Esprit, et ne communique ses mérites que par elle ; le Saint-Esprit n’a formé Jésus-Christ que par elle, ne forme les membres de son Corps mystique que par elle, et ne dispense ses dons et faveurs que par elle.

En disant « Mon Cœur Immaculé sera le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu », Notre-Dame n’a donc fait que confirmer un enseignement constant de la Tradition. Et cet enseignement fut plusieurs fois confirmé par les papes. Dans l’encycliqueOctobri Mense (22 septembre 1891), Léon XIII déclare :

Il est permis d’affirmer que rien, d’après la volonté de Dieu, ne nous est donné sans passer par Marie, de telle sorte que, comme personne ne peut s’approcher du Père tout-puissant sinon par son Fils, ainsi personne, pour ainsi dire, ne peut s’approcher du Christ que par sa mère.

Dans l’encyclique Ad Diem Illum Laetissimum (2 février 1904), saint Pie X confirme l’enseignement de Léon XIII :

Par la communion des douleurs et de volonté entre le Christ et Marie, cette dernière a mérité de devenir la dispensatrice de tous les bienfaits que Jésus nous a acquis par son sang. (…)
Personne au monde, autant que Marie, n’a connu à fond Jésus : personne n’est meilleur maître et meilleur guide pour faire connaître le Christ… En conséquence, personne n’est plus efficace que la Sainte Vierge pour unir les hommes à Jésus.

Dans la conclusion de l’encyclique Miserentissimus Redemptor (8 mai 1928), Pie XI dit :

Par sa mystérieuse union avec le Christ et par une grâce particulière reçue de Lui, [la Vierge Marie] fut aussi réparatrice et est pieusement appelée de ce nom. (…) [Le Christ], seul Médiateur entre Dieu et les hommes, a voulu cependant s’associer sa Mère comme avocate des pécheurs et comme dispensatrice et médiatrice de ses grâces.

Pour la fête du Cœur Immaculé de Marie qu’il institua en 1944, Pie XII choisit de faire lire le passage suivant à l’épître de la messe :

Je suis la mère du bel amour, de la crainte de Dieu, de la connaissance et de la sainte espérance. En moi est toute grâce de doctrine et de vérité ; en moi est tout espoir de vie et de force. (Eccl., XXIV, 17).

Dans Marialis Cultus (n° 56), Paul VI affirme : « La piété de l’Église envers la Vierge Marie est un élément intrinsèque du culte chrétien ». Et juste après (n° 57), il ajoute que la Sainte Vierge a mission d’unir à Jésus pour « reproduire dans ses fils, les traits spirituels du Fils premier né ».

La dévotion envers la Sainte Vierge n’est donc pas secondaire pour la vie chrétienne ; ce n’est absolument pas un ornement superflu dont on pourrait spirituellement se passer sans dommage. En effet, Dieu nous a « prédestinés à devenir semblables à son Fils » (Rom. 8, 29). Or, Jésus a été formé par la sainte Vierge. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort dit qu’elle a été la “matrice” qui a formé Jésus et qui continue à former Jésus en tous ceux qui se confient à elle. Il faut donc nous laisser façonner par elle. Illustrons-le par un exemple concret. Il y a deux façons de reproduire une statue : soit de faire appel à un sculpteur, ce qui exige un travail long et délicat ; soit de se servir d’un moule, ce qui est beaucoup plus simple. Le moule pour nous conformer à Jésus, c’est la Sainte Vierge. Elle nous rend semblable à son Fils, ce qui est précisément la volonté de Dieu. C’est donc un moyen particulièrement sûr pour aller au Ciel.

C’est pourquoi la Sainte Vierge doit avoir une place de choix dans notre cœur. Aimons beaucoup la Sainte Vierge. Cet amour pour notre Mère du Ciel devrait être naturel, car l’amour de la mère est inscrit dans le cœur même de l’homme, comme en témoigne l’histoire suivante. Une maman enseignait à son enfant comment faire le signe de la croix. Elle prit la petite main et la guida vers le front : « Au nom du Père… du Fils… et du Saint Esprit ». Mais l’enfant restait pensif. «Allons, répète avec moi : Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit... » Alors, l’enfant l’interrompit : « Et la maman, où est-elle ? ». Émouvante intuition de l’enfant !

La Sainte Vierge nous a promis le salut si nous l’aimons et ne nous abandonnera pas si nous nous réfugions dans son Cœur Immaculé, quelles que soient les difficultés que nous rencontrerons. Et si nous n’avons pas cette dévotion, demandons-la de toutes nos forces. Si nous la demandons, Dieu ne pourra que nous l’accorder. Saint Jean Damascène disait : « Dieu fait la grâce de la dévotion à Marie à ceux qu’il veut sauver ». Au contraire, « Jésus s’obscurcit quand Marie est dans l’ombre », dit le père Faber. Sans la dévotion à la Sainte Vierge, l’amour envers Jésus diminue. C’est tout cela que Notre-Dame a voulu dire à Fatima en révélant à Lucie : « Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. » Alors, comme Lucie, réfugions-nous dans le Cœur de la Sainte Vierge et suivons docilement le chemin qu’il nous indique, car c’est le chemin le plus sûr pour aller à Dieu.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

Source : FATIMA100, le 31 août 2023

Le Pape salue le charisme conjugal comme une prophétie pour le rêve de Dieu

Le Pape François. (AFP or licensors)

Le Pape salue le charisme conjugal comme une prophétie pour le rêve de Dieu

Ce samedi 9 septembre, le Pape François a reçu au Vatican l’Association pour la promotion de la famille, « Rencontre matrimoniale », à l’occasion de son 45e anniversaire. Inspirés par le commandement d’amour de Jésus «vous vous êtes engagés dans la redécouverte du sacrement du mariage et du sacrement de l’ordre, a souligné François, en cherchant non seulement à en approfondir la richesse de manière distincte, mais aussi à mettre en évidence la relation entre ces deux importantes vocations». 

S’appuyant sur le thème choisi « Nous sommes le rêve de Dieu », choisi par les membres de l’Association « Rencontre Matrimoniale », le Saint-Père a signifié dans son discours que «votre charisme conjugal est une prophétie pour la réalisation du rêve de Dieu». Un rêve qui invite à «nous unir dans son amour, dans sa communion, pour nous faire découvrir la beauté de la filiation divine et de la fraternité entre nous». C’est pour cela que Jésus a prié avec ferveur, a rappelé François. Et «il nous envoie sur les routes du monde pour annoncer que la manière de générer une nouvelle humanité est basée sur la fraternité, fruit de la charité, et non sur la prévarication et l’égoïsme».

Un service précieux pour réaliser le rêve de Dieu 

Le service que l’association offre à l’Église, mais aussi à la société, dans l’accompagnement des époux et des prêtres, est selon l’évêque de Rome, une pièce précieuse qui contribue à la réalisation du rêve de Dieu. Les membres, a-t-il fait remarquer, «ne le font pas avec beaucoup de mots ou de théories abstraites, mais avec amour» en entrant dans la réalité de la vie concrète des personnes. Tel un «charisme qui nous rappelle que la foi est avant tout une expérience de relation et de rencontre». C’est une histoire d’amour avec Dieu, avec des frères et des sœurs, a-t-il ajouté.

L’art de la relation et de la communion 

L’Association « Rencontre Matrimoniale », dans sa mission, porte aussi un regard attentif au dialogue parfois difficile entre les époux. Sans omettre les  situations parfois complexes que les prêtres sont appelés à affronter, en encourageant un échange fructueux, pour apprendre ensemble l’art de la relation, l’art de la communion. À travers cette mission, «vous portez ainsi le rêve de Dieu, un rêve de communion entre les époux, à une époque qui préfère parfois emprunter les chemins marécageux de l’individualisme plutôt que de s’aventurer vers les hauteurs splendides de l’amour», a déclaré le Saint-Père.

Époux et pasteurs 

Poursuivant son discours, le Pape n’a pas manqué de rappeler que les membres de cette association sont «aussi un signe pour la vie de l’Église, qui est appelée à parcourir le chemin d’une réciprocité toujours plus grande entre les dons, les charismes et les ministères». Pour François, l’échange entre époux et pasteurs favorise l’action évangélisatrice «dont nous avons besoin aujourd’hui. En effet, c’est à travers les relations, et surtout en témoignant de la beauté des relations, que nous pouvons annoncer la richesse de l’Évangile et montrer l’amour que Dieu a pour toute créature».

Les sacrements du mariage et de l’ordre 

Abordant la question du mariage et l’ordre, le Pape a expliqué qu’ils sont intimement, et manifestent tous deux l’amour de Dieu, en construisant le Corps mystique de l’Église. Ce sont deux sacrements différents mais complémentaires, qui parlent du caractère sponsal: d’une part le don total, unique et indissoluble des époux, d’autre part l’offrande de la vie du prêtre pour l’Église, sont des signes de l’amour sponsal de Dieu pour nous.

Sous la conduite de l’Esprit Saint, pour le rêve de Dieu 

Au terme de son intervention, le Souverain pontife a encouragé les membres de l’association familiale, à poursuivre leur engagement avec générosité et passion; à partager les expériences des époux, des prêtres et des religieux; à ouvrir les portes du chemin aux jeunes et aux fiancés; à ne pas avoir peur d’emprunter de nouvelles voies qui aident les communautés chrétiennes à réaliser de mieux en mieux la convergence entre les époux et leurs pasteurs.

Pour François, il importe de surtout, de « se laisser guider par l’Esprit Saint, qui est l’amour de Dieu et sans lequel nos activités sont stériles et vaines. C’est l’Esprit qui ouvre les cœurs et les esprits, qui nous rend protagonistes du rêve de Dieu! Merci pour votre précieux service. Allez de l’avant avec joie», a souhaité le Pape.

Source : VATICANNEWS, le 9 septembre 2023

Rome : Colloque international « Ecclésiologie du père de Lubac »

Image de l’affiche du colloque international « Ecclésiologie du père de Lubac »
Image De L’affiche Du Colloque International « Ecclésiologie Du Père De Lubac »

Rome : Colloque international « Ecclésiologie du père de Lubac »

Organisé par le Centre Saint-Louis et l’Université pontificale grégorienne

Un colloque international sur l’« Ecclésiologie du père de Lubac » se déroulera les 29 et 30 septembre 2023 à Rome : il est organisé à l’occasion de l’assemblée du synode sur la synodalité et du rassemblement Together par l’Institut français-Centre Saint-Louis et l’Université pontificale grégorienne, indique un communiqué de l’ambassade de France près le Saint-Siège.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, prendra la parole pour conclure les travaux du forum, samedi 30 septembre, à 12h.

Dans l’esprit du Prix Henri de Lubac, créé par l’Institut français-Centre Saint-Louis, des colloques sur trois ans sont organisés « autour de cette personnalité majeure du XXe siècle ». En octobre dernier, les organisateurs ont évoqué la fondation de la collection Sources chrétiennes (à l’occasion des 80 ans de la collection).

« Cette année, écrivent-ils, nous souhaitons nous attacher à l’ecclésiologie du cardinal Henri de Lubac. Sa pensée est toujours d’actualité et la relecture de son œuvre manifeste une foi attentive aux problèmes de son temps. Avec Les églises particulières dans l’Église universelle, il est l’un des principaux théologiens qui ont réfléchi sur les ‘composantes de la structure essentielle de l’Église’. »

Le programme du colloque est composé de trois sessions : Institution et mystère de l’Église, Les églises particulières dans l’Église universelle, Imaginer l’Église dans le monde contemporain.

Parmi les intervenants : P. Nicolas Steeves (professeur de théologie fondamentale à l’Université pontificale grégorienne), P. Michel Fédou (professeur émérite au Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris), P. Jean-François Chiron (professeur à l’Université catholique de Lyon), Don Angelo Maffeis (professeur à la Faculté théologique de l’Italie septentrionale, Don Vincenzo Arborea (maître de conférences à l’Université pontificale de la Sainte-Croix).

M. Michel Stavrou, professeur à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, interviendra sur « Les Églises particulières dans l’Église universelle : regard d’un théologien orthodoxe ».

Rappelons que les évêques de France ont voté en faveur de l’ouverture de la cause, en vue d’une éventuelle béatification, du cardinal Henri de Lubac (1896 – 1991), jésuite et théologien français, dont les écrits ont joué un rôle clé à Vatican II. Les évêques ont annoncé cette décision, le 31 mars 2023, au dernier jour de leur assemblée plénière de Lourdes (30-31 mars).

Source : ZENIT.ORG, le 8 septembre 2023

Jubilé 2025 : Pélerins d’espérance, sur le chemin de la paix

Logo de l'Année de la vie consacrée en 2015 © Vie consacrée dans l'Eglise d'aulourd'hui 
Logo De L’Année De La Vie Consacrée En 2015 © Vie Consacrée Dans L’Eglise D’aulourd’hui

Jubilé 2025 : Pélerins d’espérance, sur le chemin de la paix

La vie consacrée vers le Jubilé 2025

En janvier dernier, le pape François a annoncé un jubilé ordinaire en 2025. La tradition d’un jubilé organisé tous les vingt-cinq ans remonte à 700 ans. Le dernier date de l’année 2000, où saint Jean-Paul II avait proclamé le grand Jubilé de l’An 2000. Entre temps, il y a eu le Jubilé extraordinaire de la miséricorde (du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016), pour commémorer la clôture du Concile œcuménique Vatican II.

Au mois de mai dernier, le Vatican a annoncé toutes les dates des grands moments ecclésiaux, catégorie par catégorie pour le Jubilé 2025.

Le Jubilé de la vie consacrée se tiendra les 8 et le 9 octobre 2025. Le Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrement a publié le 29 juin dernier une lettre aux consacrées et consacrés du monde pour les inviter à préparer dès maintenant ce Jubilé. Nous publions ci-dessous le texte complet de cette lettre rendue publique le 22 juillet 2023.

Cité du Vatican, 29 juin 2023

Solennité des saints apôtres Pierre et Paul

Aux consacrées et aux consacrés,

Nous vous présentons un bref résumé du chemin qui nous attend pour préparer le Jubilé de la vie consacrée qui se tiendra les 8 et 9 octobre 2025 à Rome.

La lettre que le pape François a adressée à S.E. Mgr Rino Fisichella, Pro-préfet du Dicastère de l’évangélisation, le 11 février 20221, a été source d’inspiration de ce parcours.

Le Jubilé est l’année de la réconciliation, de la conversion et de la pénitence sacramentelle et, par conséquent, de la solidarité, de l’espérance, de la justice et de l’engagement au service de Dieu dans la joie et la paix avec nos frères et sœurs. Elle est appelée « Année Sainte », non seulement parce qu’elle commence, se déroule et se termine par des rites sacrés solennels, mais aussi parce qu’elle est destinée à promouvoir la sainteté de vie. En effet, elle a été instituée pour consolider la foi, favoriser les œuvres de solidarité et de communion fraternelle au sein de l’Église et de la société, et pour appeler et stimuler les croyants à une profession de foi plus sincère et plus cohérente dans le Christ, l’unique Sauveur. Dans cette lettre, le pape nous aide à comprendre la devise qu’il a choisie pour le prochain jubilé, à savoir : « Pèlerins de l’espérance », et nous invite à faire de 2024 une grande « symphonie de la prière ».

Voulant répondre aux desiderata du pape, nous avons pensé à une proposition pour les personnes consacrées qui combinerait le mot « espérance » avec le mot « paix », avec trois paradigmes comme toile de fond :

  • Engagement envers les « derniers » – écouter le cri des pauvres
  • Le soin et la sauvegarde de la création – protection de l’environnement
  • Fraternité universelle – solidarité

Le titre de Jubilé de la vie consacrée sera « Pèlerins de l’espérance, sur le chemin de la paix », précisément parce qu’il nous semble que l’urgence la plus forte de notre temps est la paix.

Parallèlement à cela, nous avons envisagé un parcours qui allie la dimension universelle et la dimension locale, avec les étapes suivantes :

  • PHASE PRÉPARATOIRE DANS LES PAYS. La soif de réconciliation

Pour lire la soif de réconciliation qui habite le monde, nous avons invité les Conférences présentes dans les réunions en ligne à identifier dans leur propre pays :

  • Soit les domaines où le besoin de réconciliation est le plus fort
  • Soit les petits pas ou les graines de réconciliation qui existent déjà.

Nous avons suggéré que ce travail préparatoire de recueil des réponses aux besoins et aux semences de réconciliation soit effectué par un petit groupe dans lequel les différentes formes de vie consacrée sont présentes, afin d’avoir une interprétation qui parte de l’expérience des personnes consacrées et non d’une étude sociologique.

  • PHASE PRÉPARATOIRE À ROME. Le mandat

Du 1er au 4 février 2024, un certain nombre de représentants des différentes formes de vie consacrée de chaque pays (éventuellement un religieux, un membre d’un institut séculier et une femme appartenant à l’Ordo virginum) sont convoqués ici à Rome. De l’échange d’expériences naîtra un mandat pour retourner dans leurs pays respectifs comme signes de réconciliation entre les hommes.

  • CÉLÉRATION DU JUBILÉ DANS LEURS PAYS – 2 février 2025

Ce sont les personnes consacrées du pays qui penseront et organiseront un cheminement qui culminera dans la célébration du jubilé national des personnes consacrées le 2 février 2025 (Journée mondiale de la vie consacrée). Le souhait est que ce parcours serve à offrir un témoignage prophétique au monde à travers des chemins et des initiatives, des actions et des choix qui parlent à tous et qui n’impliquent pas seulement les personnes consacrées.

  • JUBILÉ DE LA VIE CONSACRÉE – 8 au 12 octobre 2025

La célébration du Jubilé pour tous les consacrés est indiquée dans le calendrier jubilaire pour les 8 et 9 octobre 2025 à travers la visite et la prière sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul, le passage de la Porte Sainte et, nous l’espérons, la rencontre avec le Saint-Père. Les jours suivants, jusqu’à l’Angélus du dimanche 12 octobre, nous ferons l’expérience de la joie de la joie de la communion : nous aurons le temps de partage pour les différentes formes de vie consacrée, et des temps pour vivre tous ensemble, pour partager et témoigner au monde de la beauté de notre vocation.

Confiant ce parcours au Seigneur pour qu’il porte du fruit, nous vous saluons fraternellement dans le Seigneur.

José Rodríguez Carballo, O.F.MJoão Braz Card. De Aviz

        Archevêque secrétaire     Préfet

1 Lettre que vous pouvez consulter dans les différentes langues en cliquant ICI

Source : ZENIT.ORG, le 8 septembre 2023

Corriger dans l’amour et prier dans la concorde, par Mgr Follo

Benoît XVI et François en prière © L'Osservatore Romano
Benoît XVI Et François En Prière © L’Osservatore Romano

Corriger dans l’amour et prier dans la concorde, par Mgr Follo

Dieu écoute les voix « accordées »

Rite Romain

Ez 33,1.7-9 ; Ps 94 ; Rm 13,8-10 ; Mt 18,15-20

  1. Corriger en pardonnant

  L’Évangile d’aujourd’hui nous offre deux enseignements du Christ sur la vie de l’Église en tant que communauté de frères, parce que nous sommes fils dans le Fils de Dieu.

Le premier enseignement concerne la correction fraternelle ; il explique comment procéder en cas de conflit entre les membres de la communauté (Mt 18, 15-18). Le récit évangélique d’aujourd’hui est consacré à la vie de la communauté chrétienne et nous enseigne que l’amour fraternel implique également un sens de responsabilité réciproque selon lequel, si l’un de nos frères commet un péché contre nous, nous devons faire preuve de charité envers lui en allant lui parler en privé pour lui faire comprendre l’erreur qu’il a commise envers nous.

Cette manière de faire s’appelle correction fraternelle. Elle ne doit pas être une réaction à une offense subie, mais elle doit être faite par amour pour le frère, comme saint Augustin le dit bien : « Celui qui t’a offensé, en te faisant une offense, il s’est fait à lui-même une blessure grave, et vous ne vous souciez pas de la blessure de votre frère ? … tu dois oublier l’offense que tu as reçue, pas la blessure de ton frère » (Discours 82, 7).

Le deuxième enseignement concerne « la toute-puissante prière d’intercession » (omnipotentia supplex) de la prière de la communauté, même si elle est très petite, « parce que là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 20). Donc, le Seigneur est présent dans l’assemblée liturgique qui prie et loue, dans les sacrements qui communiquent sa vie et dans sa Parole : « C’est lui qui parle quand l’Église lit les Écritures » (Conc. Vat II, Constitution sur la Liturgie sacrée, Sacrosanctum Concilium, 7). Bien sûr, la prière personnelle est indispensable, mais le Seigneur assure sa présence dans la communauté qui est unie et en accord parce qu’elle reflète la réalité même de Dieu Un et Trine, parfaite communion d’amour.

Continuons notre réflexion en approfondissant brièvement le premier enseignement que le Christ nous offre aujourd’hui : le devoir de charité de la correction.

Pendant la messe dans l’église de Sancta Martha, le pape François a dit dans un sermon : « Celui qui juge un frère a tort et finira par être jugé de la même manière. Dieu est le seul juge et celui qui est jugé pourra toujours compter sur la défense de Jésus, son premier défenseur et sur le Saint-Esprit … Si nous voulons aller sur la route de Jésus, plus que des accusateurs, nous devons être des défenseurs des autres devant Père et leur parler avec charité. » En disant cela, le Saint-Père a également réitéré l’exhortation d’aujourd’hui : « Frères, n’ayez aucune dette envers personne si ce n’est de vous aimer les uns les autres… L’amour ne fait de mal à personne : l’amour est plein accomplissement de la loi » (Rm 13, 8-10). Sur la base de l’enseignement du Christ, le pape François enseigne que la correction est l’expression d’un amour humble et doux, car le frère ne doit pas être victime du mal et doit connaître la joie du bien.

La correction fraternelle est un pur fruit de l’amour, peut-être son incarnation la plus difficile, car, pour corriger, il faut aimer l’autre au point de vouloir porter avec lui le poids de ses péchés. En fait, « corriger » signifie « régir ensemble » pour marcher ensemble sur le droit chemin.

Afin que la correction soit fraternelle, elle doit être basée sur la prière unanime des frères. Lorsque la prière de la communauté est unanime, le Christ est présent et apporte la pitié du Père au rassemblement concorde de l’Église.

Quand nous vivons dans la prière la relation avec les « frères pécheurs » et les aimons dans le Christ, nous ne les jugeons pas, mais nous frémissons de compassion et de miséricorde, nous les regardons avec les yeux du cœur et ne les laissons s’en aller sans les pardonner : c’est la correction selon le cœur du Christ. La prière unanime c’est-à-dire faite avec notre cœur uni à ceux de nos frères et celui du Christ, est une prière juste, pure, humble et confiante qui nous met dans la lumière de la communion avec Dieu-Trinité. La prière est chrétienne lorsqu’elle est communion avec le Christ et qu’elle s’élargit dans l’Église qui est son corps. Ses dimensions sont celles de l’amour du Christ, présent dans la communauté qui est le lieu du pardon et de la fête pour le pécheur repentant, corrigé par le pardon.

  1. Prière unanime

A cet enseignement sur la correction fraternelle, le Christ unit celui sur l’importance de la toute-puissante prière d’intercession, surtout quand elle est faite en communauté. La prière unanime, même s’elle est faite par deux ou trois personnes seulement, rend Dieu présent en elle.

C’est la présence du Christ qui rend efficace la prière commune de ceux qui sont rassemblés en son nom. Quand nous nous réunissons pour prier, c’est Jésus lui-même qui est au milieu de nous. Nous sommes un avec Lui qui est le seul médiateur entre Dieu et les hommes, lorsque nous sommes réconciliés avec lui par son pardon que nous devons partager avec nos frères et sœurs.

Il est vraiment réconfortant de savoir que, si nous sommes unis dans la prière, le Christ est parmi nous. Mais le Christ n’insiste pas seulement sur l’unité, il dit que nous devons nous rassembler en son nom. Il y a beaucoup de raisons pour rester ensemble : pour travailler, pour s’amuser, pour rester en famille, pour manger, pour faire des manifestations, etc., etc. Mais il y a une manière d’être ensemble qui est la garantie de la Présence de Jésus parmi nous : si nous sommes unis en son Nom.

Qu’est-ce que signifie d’être réuni en son Nom ? Cela signifie :

– prier par le Christ : par lui, par ses mérites, par la force de son commandement, par son autorité ;

– prier avec le Christ : unis à Lui, notre frère.

– prier en le Christ : demander en étant unis indissolublement à Lui dans son esprit, dans son cœur, dans ses pensées, dans ses sentiments, dans ses idéaux, dans ses désirs : en tout.

Si, d’un côté la prière unanime est la condition pour qu’elle soit exaucée, la présence du Christ dans cette concorde est, d’un autre côté, la garantie pour que cette prière soit exaucée parce qu’elle est adressée à notre Père, par nous ses fils dans le Fils. C’est l’enseignement que le Christ nous donne aujourd’hui en disant : «si deux d’entre vous s’accordent pour demander quelque chose, mon Père céleste l’accordera. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ». (Mt 18, 19-20).

Si nous consultons un dictionnaire, on peut trouver que le mot « accord » a plusieurs significations : concordance des sentiments ; conformité d’idées ; être en parfaite concordance, c’est-à-dire avoir le même cœur ; rencontre de plusieurs volontés.

Si, de plus, nous cherchons le verbe « accorder », nous pouvons trouver ces significations : Mettre d’accord ; Concilier ; Disposer ; Combiner quelque chose d’une manière harmonieuse, agréable et pratique ; Harmoniser les instruments et les voix entre elles.

Donc, la phrase : « Si deux se mettent d’accord » fait penser aux instruments musicaux qui s’accordent pour pouvoir jouer une symphonie. Aucun Maestro ne donne le signal à son orchestre de commencer à jouer, si les instruments ne sont pas accordés préalablement. Aucun directeur de chœur ne commencera à faire chanter, s’il n’a pas accordé les voix préalablement.

Nous pouvons donc dire que, comme dans la musique, l’accord produit la beauté harmonieuse de deux instruments ou de deux voix, ainsi l’accord de deux personnes dans la communauté produit la beauté de deux cœurs et deux volontés qui s’unissent jusqu’à être une seule « Chose » : Jésus présent entre eux, en eux. C’est lui qui devient la prière que le Père ne peut manquer d’entendre, d’accueillir, d’exaucer.

L’évangile de ce dimanche nous révèle une vérité merveilleuse : Dieu écoute les voix « accordées », la prière unanime, exprimée par un cœur qui vibre à l’unisson avec l’autre, la volonté qui cherche le bien dans l’accord avec l’autre, parce que le Fils bien-aimé est présent en ce priant. Avant d’adresser notre demande à Dieu le Père, nous devons nous mettre d’accord avec l’autre, non pas parce que nous descendons à des compromis, mais parce que nous unissons nos cœurs à ceux d’autres frères et sœurs et parce que nous les accordons au cœur du Christ.

Un exemple de cette prière « unanime » est celui des vierges consacrées qui reçoivent le Livre de la Liturgie des Heures pendant le Rite de consécration et sont invitées à une prière assidue pour l’Eglise.

La prière constante et unanime est un instrument précieux qui permet à ces femmes d’exercer un service d’intercession efficace. Leur être profondément uni à Dieu par le don total d’elles-mêmes leur permet d’être profondément unies aux autres.

En se consacrant à Dieu, elles témoignent qu’il vaut la peine de s’abandonner pleinement à Dieu. Cette totale confiance s’exprime avec une prière assidue, unanime, solidaire avec les autres, pleinement confiant en Dieu qui nous connaît dans la profondeur de notre cœur et qui prend soin de nous au point tel que – Jésus dit – « même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Donc, n’ayez pas peur » (Mt 10, 30-31).

Enfin, avec la Liturgie des Heures, ces femmes consacrées soulignent que « notre prière est publique et commune : et quand nous prions, nous ne prions pas pour un seul mais pour tout le peuple de Dieu : et ceci, parce que nous, avec tout le peuple, nous sommes un » (Saint-Cyprien, De oratione dominica, 8). De cette manière, elles pratiquent l’enseignement d’unité que le Christ, le Prince de la paix et le fondement de la concorde demande à chacun de nous ses frères et sœurs de prier pour tout le monde comme il l’a fait pour nous tous. Pour mémoire, l’Église célèbre une année sainte en 2025 – le Grand Jubilé 2025 – où est prévue une rencontre pour la vie consacrée (voir détails sur le lien ICI).

Lecture patristique
Saint Jean Chrysostome (344/354 – 407)
Catéchèses baptismales, 6, 18-20

SC 50, 224-225.

Écoute cette exhortation de l’Apôtre : Tout ce que vous faites : manger, boire ou n’importe quoi d’autre, faites-le pour la gloire de Dieu (1Co 10,31). Oui vraiment, tout ce que tu feras servira à la gloire de Dieu, si tu t’emploies, dès que tu auras quitté ce lieu, au salut de tes frères. Tu leur adresseras non seulement des reproches et des blâmes, mais aussi des conseils et des encouragements, pour les avertir du tort que leur causent les divertissements profanes, et tu leur montreras le profit et l’utilité qu’ils peuvent retirer de notre enseignement. Tu te ménageras ainsi un double salaire, en travaillant d’une part très efficacement à ton propre salut, et en cherchant d’autre part à guérir celui qui est avec toi membre du Corps du Christ. La fierté de l’Église, le commandement du Sauveur, c’est que tu ne penses pas uniquement à toi, mais aussi à ton prochain.

Considère à quel point celui qui se préoccupe du salut de son frère mérite d’être honoré. En faisant cela, il imite Dieu autant qu’il est au pouvoir de l’homme. Écoute donc ce que le Seigneur dit par son prophète : Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est méprisable, tu seras comme ma propre bouche (Jr 15,19), ce qui revient à dire : « Celui qui s’efforce de sauver son frère négligent et de l’arracher à la dent du diable, m’imite moi-même, autant qu’il est au pouvoir de l’homme. » Qu’est-ce qui pourrait bien égaler une pareille action ? C’est la plus grande de toutes les bonnes œuvres

 et le couronnement de toute vie vertueuse.

C’est aussi ce qu’il te convient vraiment de faire, puisque le Christ a versé son sang pour notre salut. Quand Paul parle des fauteurs de scandales, qui blessent la conscience de ceux qui les voient faire, il s’écrie : La connaissance que tu as va faire périr le faible, ce frère pour qui le Christ est mort (1Co 8,11). Ton Maître a donc versé son sang pour cet homme. Aussi bien, ceux qui, par leur mollesse, sont tombés dans les filets du diable, peuvent à juste titre attendre de chaque chrétien qu’il leur apporte au moins l’encouragement de sa parole et leur tende une main secourable.

Vous le ferez, j’en suis sûr, à cause de la grande affection que vous éprouvez pour ceux qui sont avec vous membres du Corps du Christ, et vous n’épargnerez aucun effort pour ramener vos frères à notre mère commune, car vous êtes capables, avec la grâce de Dieu, de donner aux autres des avertissements pleins de sagesse.

Source : ZENIT.ORG, le 8 septembre 2023

Pourquoi prier le rosaire, et pourquoi maintenant ? (I)

iStock/Getty Images Plus/Andrzej Rostek

Pourquoi prier le rosaire, et pourquoi maintenant ? (I)

Certains catholiques ne prêtent guère attention au chapelet. On l’offre en souvenir, on le porte sur soi ou on l’exhibe, mais on tend à oublier la puissance immense qu’il peut avoir lorsqu’il est prié. Ce qui est vraiment dommage, car la prière du rosaire peut apporter une solution à tant de problèmes dans notre monde du XXIe siècle.

Notre société est aujourd’hui confrontée à un laïcisme croissant et à la disparition de la foi dans le domaine public. Notre monde est submergé par le mal, le terrorisme, la guerre et la violence. Nous sommes entourés de familles brisées, d’innombrables distractions et d’une indifférence générale envers la sainteté.

Le rosaire peut nous aider! Nous le savons parce que la Sainte Vierge nous l’a affirmé il y a 100 ans à Fátima, au Portugal, lorsqu’elle est apparue six fois à trois jeunes bergers entre mai et octobre 1917. Marie leur a répété : « Récitez le rosaire tous les jours pour obtenir la paix dans le monde et la fin de la guerre ». Sœur Lucie dos Santos, l’aînée des trois voyants, que l’Église vient de déclarer « vénérable », a insisté tout au long de sa vie sur le message de Marie, qui s’est présentée aux enfants sous le nom de « Notre Dame du Rosaire »

Nous connaissons également la grande valeur du rosaire parce qu’il a manifesté sa puissance à de nombreuses reprises dans la vie d’hommes et de femmes de foi tout au long de l’histoire. Bien entendu, le rosaire n’a rien de magique. Il est puissant parce qu’il nous amène à Jésus. Comme l’a dit feu le cardinal Francis E. George, archevêque de Chicago, à la fin de l’Année du Rosaire en 2003 : Le rosaire « nous amène au cœur de l’Évangile ».

Gretchen R. Crowe

30 juin 2023

Adapté de : www.thecatholicspirit.com

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

10.09.2023 – SAINT DU JOUR

St Nicolas de Tolentino

St Nicolas de Tolentino

O.S.A. († 1305)

Saint Nicolas de Tolentino
Prêtre o.s.a.
(1245-1305)

La mère de ce saint dut sa naissance à un pèlerinage qu’elle fit à Saint-Nicolas-de-Myre. L’enfant reçut au baptême, en reconnaissance, le nom de Nicolas. Son patron continua de le protéger, et bientôt le petit Nicolas devint son émule dans la sainteté, jeûnant, dès l’âge de sept ans, trois fois la semaine, et aimant les pauvres d’une affection incroyable.

À onze ans, il fut reçu dans l’ordre des ermites de Saint-Augustin, où il se fit admirer de tous par la modestie de son maintien, sa parfaite obéissance, son humeur douce et toujours égale, surtout sa chasteté, gardée par d’effrayantes mortifications. À quinze ans, il usait des chaînes, des ceintures de fer et des cilices ; il jeûnait quatre fois la semaine, mangeait peu et des mets les plus grossiers, ne couchait que par terre ou sur une paillasse.

On raconte plusieurs visions d’âmes du purgatoire qui lui devaient leur délivrance. Après avoir édifié successivement plusieurs couvents, le fervent religieux est envoyé à Tolentino, où il passe les trente dernières années de sa vie. Là il s’occupe à catéchiser les ignorants, à prêcher la parole de Dieu, à confesser les pécheurs ; les cœurs les plus rebelles se rendent à ses exhortations, il embrase les plus indifférents du feu de l’amour divin, il ébranle les plus obstinés, sa douceur ramène les plus désespérés dans la voie du salut. Le salut des autres ne lui fait pas négliger le sien. On ne saurait dire quand il terminait son oraison; on le trouvait toujours absorbé en Dieu ; il aimait surtout à méditer les souffrances de Jésus-Christ.

Nicolas était la terreur du démon, qui venait souvent troubler son oraison en imitant devant lui le cri de tous les animaux, en ébranlant la charpente de la maison, en faisant trembler sa cellule. Un jour l’esprit de ténèbres entra près de lui sous la forme d’un oiseau énorme, qui éteignit, renversa et brisa la lampe par un mouvement de ses ailes ; Nicolas ramassa les morceaux et les rejoignit si merveilleusement, qu’il ne parut pas trace de l’accident. Le démon alla jusqu’à le frapper et à le laisser pour mort ; le saint demeura boiteux toute sa vie des coups qu’il avait reçus. Il partageait avec les pauvres le pain qu’on lui donnait à ses repas, et, un jour, son supérieur lui demandant ce qu’il portait : « Ce sont des fleurs » dit-il, et il montra le pain changé en roses. Pendant les six derniers mois de sa vie, les anges descendaient toutes les nuits dans sa chambre et le réjouissaient de leurs chants.

Le 10 septembre 1305, dans le couvent de Saint-Augustin de Tolentino, Nicolas quitte sa demeure terrestre pour la rencontre avec Dieu.

Saint Nicolas de Tolentino priez pour nous !