Une épée te transpercera l’âme

Représentation de Notre-Dame des Douleurs, chapelle du Golgotha © BiblePlaces
Représentation De Notre-Dame Des Douleurs, Chapelle Du Golgotha © BiblePlaces

Une épée te transpercera l’âme

Le 15 septembre nous célébrons la fête de Notre-Dame des Douleurs

Le 15 septembre, nous fêtons une étrangefête, celle de Notre Dame des Douleurs.Pourquoi faire mémoire des douleurs de laVierge? Quel est donc lesens de cette fêtesouvent méconnue? Il ne s’agitcertainement pas de faire l’éloge de lasouffrance, mais alors de quoi s’agit-il?

Devenue mère du Christ, « par la puissance de l’Esprit Saint », Marie a également été « associée à la Passion du Christ » (Préface de la messe du jour), ce qui lui a valu le titre de Notre Dame desDouleurs. Dieu a voulu que «la nouvelle Eve se tienne près de la croix du nouvel Adam ». 

Cette croix est plantée au sommet de la Montagne de Sion. 

« La Montagne de Sion, c’est le pôle du monde. » (Ps 48)

La Montagne de Sion, c’est le Golgotha. La Montagne, c’est le Christ en Croix,c’est le Crucifié. Tout pèlerinage conduit à ce « pôle du monde. »

Basilique du Saint Sépulcre © BiblePlaces
basilique du Saint Sépulcre © BiblePlaces

Le Rocher du Golgotha © BiblePlaces
Le Rocher du Golgotha © BiblePlaces

« Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : “Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doitêtre un signe en butte à la contradiction, – et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! – afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs.” » (Lc 2, 34‑35)

La prophétie de Syméon, rapporté en st Luc 2,34-35, est à la fois prophétie d’ombre et de lumière, puisque sont « annoncés la chute et le relèvement. » Déjà le prophète Isaïe avait annoncé : « Il sera un rocher qui fait tomber, une pierre d’achoppement pour les deux maisons d’Israël » (Is 8, 14). Dans la Lettre encyclique, « la Mère du Rédempteur », saint Jean-Paul II commente la prophétie du vieillard Syméon au numéro 16 : 

« Ce que dit Syméon apparaît comme une seconde annonce faiteàMarie, car il lui montre la dimension historique concrète dans laquelleson Fils accomplira sa mission : dans l’incompréhension et dans lasouffrance. »

L’épée est bien le glaive qui coupe Israël pour n’en laisser qu’un « reste », mais larupture produit un nouvel enfantement ; Israël est divisé, mais Marie, la fille de Sion, l’est plus encore. Cette épée préfigure le destin de tous ceux qui, avec Marie, accueilleront la Parole et la garderont : 

« Vivante, en effet, est la Parole de Dieu, efficace et plus tranchantequ’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point dedivision de l’âme et de l’esprit… elle peut juger les sentiments et lespensées du cœur. » (He 4, 12)

L’évangile de saint Jean en 19,25-27 nous livre la totalité du Mystère quis’accomplit à la Croix. 

« Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à LA mère : “Femme, voici ton fils.” Puis il dit AU disciple : “Voici ta mère.” Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit comme sienne. » (Jn 19, 25‑27)

Les versets qui précèdent ce passage nous ont présenté les soldats romains (des païens) se partageant les vêtements du Christ ; le deuxième volet de ce diptyque met ici en scène les saintes femmes, dont Marie, Mère de Jésus. C’est dire qu’au pied de la croix toute l’humanité est symboliquement présente à travers Juifs (les femmes) et païens (les soldats). Autre remarque d’importance : le texte grec précise qu’il s’agit – non de sa mère – mais de LA mère (v. 26), ce qui est le moyen d’indiquer en grec l’universalité du rôle de Marie au pied de la croix. Comme le proclamera le Pape Paul VI à la conclusion du Concile Vatican II, Marie est vraiment, de par la volonté de son Fils, la « Mère de l’Église ». Cette remarque grammaticale s’applique également au « disciple que Jésus aimait » : il est LE disciple (v. 27), celui qui nous désigne tous de toujours à toujours.

Moment d’une grande solennité puisque le Christ par sa mort nous réconcilietous avec le Père et puisque Marie révèle l’accomplissement de la fonctionféminine : participer à l’enfantement du monde nouveau.

Peut-on tenter d’entrer dans les sentiments de Marie ? Comme fille d’Israël, tout événement est médité à la lumière de l’Écriture. A la suite d’Israël, Marie sait queson Dieu, le Dieu de l’Alliance, est fidèle à ses promesses de salut : « J’espère le Seigneur de toute mon âme, je l’espère et j’attends sa parole… » (Ps 130,5). De plus, saint Luc nous dit que « Marie gardait toutes ces choses en son cœur. » (Lc2,51), et elle a conservé attentivement les oracles de souffrance et de mort annoncés par Jésus. On peut y ajouter la mémoire de la foi d’Abraham qui crut que « Dieu peut aller jusqu’à ressusciter les morts. » (He 11,19)

Et comment comprendre les lamentations de Notre-Dame au pied de la croix ? « Heureux ceux qui se lamentent, car ils seront consolés » (Mt 5,5). Dans l’Écriture, les « lamentations » ont un contenu très précis et elles sont motivées par la vision des péchés de l’humanité. Il faut relire Ézéchiel 9,1-6 où il est question d’« un homme vêtu de lin chargé de marquer d’une croix au front les hommes qui gémissent et qui se lamentent sur toutes les abominations. »

Au pied de la croix, la foi, la charité et l’espérance de Notre-Dame atteignent leur point d’incandescence : un cri a déchiré la nuit : « Tout est accompli », Marieest vraiment l’eser (ou aide en hébreu, Gn 2,18b), c’est-à-dire celle qui assure une« présence » jusqu’au bout, car elle sait que « Dieu peut aller jusqu’à ressusciter les morts ». (He 11,19)

Marie-Christophe Maillard

Source : ZENIT.ORG, le 14 septembre 2023

Message aux jeunes : « Être fidèles à la Croix du Christ »

Audience générale du 13 septembre 2023 © Vatican Media
Audience Générale Du 13 Septembre 2023 © Vatican Media

Message aux jeunes : « Être fidèles à la Croix du Christ »

La veille de la fête de l’Exaltation de la sainte Croix

Le pape François invite à « être fidèles à la Croix du Christ, signe d’amour et de salut ».

C’est ce qu’il a dit en s’adressant aux jeunes, aux malades, aux personnes âgées et aux jeunes mariés au terme de l’audience générale de ce mercredi 13 septembre 2023, Salle Paul VI : « Demain, l’Église célèbre la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. Ne nous lassons pas d’être fidèles à la Croix du Christ, signe d’amour et de salut. »

Dans son homélie en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix de l’année passée, 14 septembre 2022, au Kazakhstan, le pape François a souligné que « de la Croix du Christ, nous apprenons l’amour, et non la haine ; nous apprenons la compassion, et non l’indifférence ; nous apprenons le pardon, et non la vengeance ».

Dans « le grand combat spirituel qui anime l’histoire jusqu’à la fin de la vie », le pape a indiqué un chemin de « salut » et de « résurrection : « regarder Jésus Crucifié ». « De cette hauteur », a-t-il expliqué, « nous pouvons voir nos vies et l’histoire de nos peuples d’une manière nouvelle » parce que, sur la croix, le Christ « a pris sur Lui le poison du péché et de la mort et en a anéanti le pouvoir destructeur ».

Source : ZENIT.ORG, le 13 septembre 2023

Le cardinal Zuppi attendu à Pékin pour une nouvelle étape dans sa mission de dialogue

Le cardinal Zuppi le 6 juin dernier à Kiev, reçu par le président ukrainien Volodymyr Zelensky

Le cardinal Zuppi attendu à Pékin pour une nouvelle étape dans sa mission de dialogue

Après l’Ukraine, la Russie et les États-Unis, l’archevêque de Bologne, envoyé spécial du Pape François pour la paix en Ukraine sera en Chine les 13 et 14 septembre. «Un pas de plus dans la mission du Pape de soutenir les initiatives humanitaires et la recherche des voies qui peuvent mener à une paix juste» en Ukraine, précise le Saint-Siège. 

Vatican News

Le cardinal Matteo Zuppi est en route pour la Chine. Le Saint-Siège a communiqué ce mardi 12 septembre son voyage à Pékin qu’il doit effectuer du 13 au 15 septembre. L’archevêque de Bologne, par ailleurs président de la conférence des évêques italiens (CEI) poursuit sa mission de dialogue sur le dossier de la guerre en Ukraine. Le cardinal italien est accompagné d’un official de la Secrétarie d’État. Cette visite, à la demande de François est «un pas de plus dans la mission du Pape de soutenir les initiatives humanitaires et la recherche des voies qui peuvent mener à une paix juste» souligne un communiqué. 

Ces dernières semaines, le cardinal a effectué des missions à Kiev, Moscou et Washington. Avant de s’envoler pour la Chine, l’archevêque de Bologne a participé à la rencontre internationale pour la paix organisée par la Communauté Sant’ Egidio dont il est membre, et qui se tient cette année à Berlin. Il avait à ce titre répondu à notre consoeur de Vatican News – Radio Vatican, Francesca Sabatinelli. «Il y aura toujours une poussée vers une paix juste et sûre, a-t-ilexpliqué, avec l’engagement de ceux qui sont plus importants, comme la Chine». 

La paix doit être choisie par les Ukrainiens

«La paix, a-t-il ajouté fermement, requiert l’effort de tous, mais elle ne peut jamais être imposée par quiconque, elle doit être la paix choisie par les Ukrainiens avec les garanties, l’engagement et l’effort de tous». Avant sa première étape à Kiev début juin, cette mission voulue par le Saint-Père avait été présentée par le Saint-Siège avec pour objectif de «soutenir les initiatives dans le domaine humanitaire afin d’alléger les souffrances des personnes les plus touchées et les plus fragiles, en particulier les enfants».

Depuis Berlin, le président de la CEI était aussi revenu sur l’expression utilisée par le Pape François d’une «paix créative» pour expliquer également que les chemins de la paix elle-même sont parfois «imprévisibles et nécessitent l’engagement et l’implication de tous et une grande alliance pour la paix pour pousser dans la même direction», comme le fait le Pape avec le cardinal Aumônier Konrad Krajewski, «avec la charité, avec les nombreux soutiens, et aussi avec cette mission d’aider à pousser dans la seule direction qui nécessite l’implication de tous et qui est celle de la paix» a-t-il souligné.

Source : VATICANNEWS, le 12 septembre 2023

La croix glorieuse

La croix glorieuse

La croix est devenue un signe pour les chrétiens. Nous la retrouvons dans nos églises et nos maisons mais aussi aux carrefours de nos chemins ou encore sur les tombes de nos défunts. Dans bien des cas, elle fait partie des signes que les chrétiens des générations anciennes nous ont légués.

Oui, bien sûr, mais cette croix, c’est aussi celle qui marque douloureusement la vie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants : Nous pensons à celle qui s’appelle longue maladie, exclusion, accusation et condamnation injuste. Les médias nous parlent régulièrement des catastrophes et des accidents spectaculaires. On nous dit que telle personne a été transportée à l’hôpital, puis on n’en parle plus. Et pourtant, ils sont nombreux ceux et celles qui portent une lourde croix dans les Centres de rééducation, et ça dure des mois et des années.

Cette croix si douloureuse pour beaucoup, Jésus l’a portée avant nous. En voyant cet instrument de supplice, nous pensons à la souffrance morale, l’accusation injuste, la haine. Les évangiles nous décrivent le mépris des accusateurs qui voulaient la mort de Jésus ; mais la souffrance de Jésus c’était la trahison de Judas, le reniement de Pierre, l’abandon des disciples.

Mais saint Jean nous invite à regarder au-delà. Il nous montre Jésus élevé sur la croix. Cette élévation n’est pas seulement physique. Ici, c’est de son exaltation et de sa glorification qu’il s’agit. Nous regardons la croix non pour y voir l’horreur subie par le condamné mais la glorification du Messie.

Pour nous aider à comprendre cela, l’évangile un événement très connu de l’Ancien Testament. Au cours de leur traversée du désert, les Hébreux se sont plusieurs fois révoltés contre Dieu. Or voilà qu’ils se sont trouvés dans une région infestée par des serpents venimeux. Il y eut de nombreux morts. Alors le peuple pense que la colère de Dieu s’est abattue contre eux et qu’ils sont punis à cause de leur péché. Ils demandent alors à Moïse d’intervenir en leur faveur auprès de lui.

Moïse leur propose de la part de Dieu un geste symbolique : Faites-vous un serpent de bronze que vous mettrez au bout d’un étendard ; celui qui aura été mordu et le regardera avec foi sera sauvé. Entendons-nous bien : Ce n’est pas l’objet qui les sauvait mais Dieu vers qui ils se tournaient. Ils étaient invités à laisser de côté leur révolte et à renouveler leur confiance en Dieu sauveur et libérateur.

Cet évangile nous rejoint aujourd’hui. Nous  pouvons être guéris et sauvés en nous tournant vers la croix du Christ. Bien sûr, ce n’est pas un geste magique mais une démarche de foi et de confiance envers le Christ Vainqueur. Désormais, rien ne peut nous séparer de son amour. Avec lui, il n’y a pas de situation sans issue.

Il arrive que, parfois, nous sommes désespérés ; nous n’avons plus la force ni l’envie de prier. C’est alors que nous pouvons nous arrêter bien simplement devant la croix du Christ et la regarder en silence. Et nous découvrons alors qu’elle nous rééduque spirituellement.

Nous découvrons que Dieu  nous aime d’un amour passionné et il veut nous combler bien au-delà de ce que nous pourrions imaginer. Il attend de nous une réponse libre, accueillante et aimante. Il nous attire à lui par le rayonnement de son amour, mais il respecte notre liberté. La décision nous appartient et personne ne peut la prendre à notre place. En regardant cette croix, nous apprenons à imiter le Christ. Lui-même nous a aimés jusqu’au don total de sa vie. C’est sur ce chemin du don de soi que nous sommes invités à le suivre jusqu’au bout. C’est à cette condition que nous pourrons prendre part à son exaltation et à sa glorification. 

Quand nous traversons un désert de souffrances, de peurs et de doutes, arrêtons-nous devant croix du Christ. A travers elle, c’est Dieu qui nous fait signe et nous invite à la confiance. En fêtant la Croix glorieuse, nous fêtons la résurrection de Celui qui s’y trouve suspendu. Cet instrument de torture et d’horreur est devenu Arbre de Vie.

Source : PUISERALASOURCE

« J’ai vu la Princesse réciter les mystères du Rosaire »

CC BY-SA 3.0 nl/Hans Peter Le prince Albert et sa mère Grace Kelly en septembre 1972.

« J’ai vu la Princesse réciter les mystères du Rosaire »

Le 14 septembre 1982, la Princesse Grace de Monaco perdait la vie dans un accident de voiture. Le monde entier a vibré à cette mort tragique d’une personne qui était une « grande Dame » par le cœur et l’âme, avant de l’être par le rang social.

En 1956, quand la « princesse d’Hollywood » épousa le Prince Rainier de Monaco, elle interrompit sa brillante carrière cinématographique, pour se consacrer à son mari, et plus tard à ses enfants. Après son mariage, en effet, Grace refusa de revenir à son art. Elle fit cependant une exception, en faveur du chapelet, peu avant de mourir.

Fervente catholique, la Princesse ne sut pas résister à la pressante invitation du Père Peyton, l’apôtre du chapelet en famille, qu’elle avait bien connu et qui désirait tourner un nouveau film, à Saint-Pierre à Rome, pour remettre en valeur la récitation du chapelet : « Votre Altesse, c’est un pauvre prêtre irlandais qui demande à Grace de « faire cette grâce » à la Reine du Rosaire… »

Grace ne put pas dire non à son vieil ami et après plus de 25 ans d’absence, elle revint devant la caméra. Mario Tursi, le seul Italien de la troupe, fut touché : « Ce fut vraiment un événement exceptionnel. J’ai vu la Princesse réciter les mystères du Rosaire avec un enthousiasme et une ferveur extraordinaires. Je revois son regard inspiré, l’intonation parfaite de sa voix, le style impeccable avec lequel elle scandait les versets de l’Évangile. Grace posait avec foi, ayant pour décor suggestif la Basilique Saint-Pierre. Cet acte de foi n’est-il pas son testament spirituel ? »

Adapté de :

L’Appel du Coeur, Douloureux et Immaculé de Marie, N° 101

Cité dans le Recueil marial 1986 du Frère Albert Pfleger, mariste

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

14.09.2023 – SAINT DU JOUR

St Cyprien de Carthage

ÉVÊQUE ET MARTYR († 258)

Saint Cyprien de Carthage
Évêque et martyr
(v. 200-258)

Cyprien, né à Carthage vers 200, dans le paganisme, était fils d’un sénateur. Son éducation, digne de son rang, fit briller l’heureux génie dont il était doué. Il était tout entier aux idées de gloire et de plaisir, quand un prêtre chrétien, homme de haute distinction, nommé Cécilius, rechercha sa compagnie, dans le but d’attacher à la foi chrétienne un jeune homme de si grand mérite.

Cyprien eut vite l’esprit convaincu par les sages raisonnements de Cécilius ; mais son cœur frémissait à la pensée du détachement exigé par l’Évangile. Comment lui, Cyprien, élevé dans les honneurs, objet de l’admiration universelle, lui libre d’aspirer à toutes les jouissances et à tous les triomphes, pourrait-il rompre ses chaînes et subjuguer ses passions ?… Le combat était rude en son âme ; sa conscience lui criait sans cesse : « Courage, Cyprien ! Quoi qu’il en coûte, allons à Dieu ! » Il obéit enfin à cette voix, et reçut le baptême.

Dès lors Cyprien devint un autre homme ; la grâce lui rendit tout facile, et l’accomplissement de l’Évangile lui parut clairement être la vraie sagesse. Il vendit ses vastes et belles propriétés et en donna le prix aux pauvres ; son mérite l’éleva en peu de temps au sacerdoce et à l’épiscopat. 

La population chrétienne de Carthage tressaillit de joie en apprenant l’élévation de Cyprien au siège épiscopal de cette ville ; elle comprit qu’au moment où la persécution allait s’élever, menaçante et terrible, le nouvel évêque serait un modèle et un guide. Le saint pontife employa tout son zèle à fortifier son troupeau pour les saints combats, il glorifia les martyrs et montra une juste sévérité vis-à-vis des apostats.

Les païens, voyant de quelle importance serait pour eux la prise de celui qui était l’âme de la résistance chrétienne, recherchèrent le pasteur pour désorganiser plus facilement le troupeau ; mais Cyprien, voyant combien sa vie était utile aux âmes confiées à ses soins, trouva une retraite sûre, d’où il remplit admirablement son devoir apostolique par ses lettres, ses exhortations, l’administration des sacrements. 

Enfin, après plusieurs années, il eut révélation de son prochain martyre et s’y prépara par un redoublement de zèle et de charité. Cyprien fut condamné à avoir la tête tranchée : « Je Vous rends grâces, Seigneur », s’écria-t-il. Comme le bourreau tremblait, le martyr l’encouragea avec bonté et lui fit remettre vingt-cinq pièces d’or ; puis il se banda lui-même les yeux et présenta sa tête, qui roula bientôt sur le sol baigné de sang. 

Saint Cyprien a écrit en latin de nombreux traités ainsi que des lettres qui l’égalent aux Pères et aux Docteurs de l’Église. 

Il a laissé de très nombreux écrits parmi lesquels :

Ad Donatum / A Donat : sur la décadence morale de son époque ;
Ad Quirinum / A Quirinus : sur les rapports et les oppositions entre judaïsme et christianisme ;
De habitu virginum / Les habits des vierges : sur la façon de se vêtir des vierges, laquelle doit être simple et modeste ;
De Catholicae Ecclesiae unitate / De l’unité de l’Église catholique : contre ceux qui cherchent à créer la division dans l’Église ;
De dominica oratione / La prière du Seigneur : commentaire du Notre Père ;
De mortalitate / La condition mortelle de l’homme : sur la maladie ;
De opere et eleemosynis / L’activité pratique et les aumônes : sur les bonnes œuvres, la perfection et le martyre ;
Ad Demetrianum / A Démétrien : réponse contre les attaques païennes ;
De lapsis / Des tombés : on nommait ainsi ceux qui avaient fléchi pendant la persécution de Dèce ;
De bono patientiae / La bonté de la patience : sur la vertu de patience…. 

Pour on savoir plus : 
>>> Œuvres de Saint Cyprien

Pour un approfondissement biographique,
lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Saint Cyprien

St Cyprien de Carthage priez pour nous !

14.09.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,13-17.

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :
« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme.


De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.


Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.


Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

évêque de Jérusalem et docteur de l’Église

Catéchèse baptismale n°4,10.14 (Les catéchèses, coll. Les pères dans la foi n° 53-54 ; trad. J. Bouvet ; éd. Migne 1993 ; p. 68.70)

Ne rougissons pas de la croix du Christ !

Celui-ci a été crucifié pour nos fautes – réellement –. Que si tu veux le nier, ce lieu illustre te confond, ce bienheureux Golgotha où justement nous voici rassemblés en raison de celui qui y fut crucifié. Ajoute que du bois de la croix divisé en fragments, toute la terre est désormais remplie. Or il a été crucifié non pas pour des fautes personnelles, mais afin que nous soyons délivrés, nous, de nos fautes à nous. Et il a été alors méprisé par les hommes, et, en tant qu’homme, souffleté ; mais il a été, en tant que Dieu, reconnu par la création : car le soleil, à la vue de son Maître outragé, s’éclipsa en tremblant, incapable de supporter ce spectacle. (…) Ne rougissons pas de la croix du Christ ; même si un autre la cache, toi marque-la apparemment sur ton front afin que les démons à la vue de ce signe royal s’enfuient au loin, terrifiés. Trace ce signe au moment de manger et de boire, de t’asseoir, de te lever, de parler, de marcher, bref en toute action. Car celui qui a été crucifié ici, est en haut dans les cieux. Si en effet, après sa crucifixion et son ensevelissement, il est resté dans la tombe, nous aurions à rougir ; bien au contraire, crucifié sur notre Golgotha, il s’est, de la montagne du Levant, du mont des Oliviers, élevé dans le ciel. En effet, descendu de notre terre aux enfers et remonté ensuite vers nous, il est monté encore de chez nous dans le ciel, tandis que le Père l’acclamait en disant : « Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis un escabeau sous tes pieds » (Ps 109,1).

LECTURES :

Livre des Nombres 21,4b-9.

En ces jours-là, en chemin à travers le désert, le peuple perdit courage.
Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël.
Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple,
et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! »
Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

Psaume 78(77),3-4ac.34-35.36-37.38ab.39.

Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
nous le redirons à l’âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur.

Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient,
ils revenaient et se tournaient vers lui :
ils se souvenaient que Dieu est leur rocher,
et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.

Mais de leur bouche ils le trompaient,
de leur langue ils lui mentaient.
Leur cœur n’était pas constant envers lui ;
ils n’étaient pas fidèles à son alliance.

Et lui, miséricordieux,
au lieu de détruire, il pardonnait.
Il se rappelait : ils ne sont que chair,
un souffle qui s’en va sans retour.