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Le martyre de la Vierge

Le martyre de la Vierge
Le martyre de la Vierge nous est transmis tant dans la prophétie de Siméon que dans le récit de la Passion du Seigneur. « Cet enfant est là”, dit de l’enfant Jésus le saint vieillard”, comme un signe de contradiction, et toi-même – il parle maintenant à Marie- un glaive transpercera ton âme. »
Mère bénie, il est bien vrai qu’un glaive a transpercé ton âme. D’ailleurs ce n’était qu’en la transperçant qu’il a pu pénétrer dans la chair de ton Fils. Après que ton Jésus eut rendu l’esprit, la cruelle lance qui lui a ouvert le côté n’a évidemment pas pu atteindre son âme ; mais la tienne, elle l’a bien transpercée. Son âme en effet n’était plus là, mais la tienne ne pouvait pas s’en arracher.
Ne soyez pas étonnés, frères, si on dit que Marie est martyre en son âme. Celui qui s’en étonne oublie – il l’a entendu – que Paul compte parmi les plus grands crimes des païens le manque d’affection. Ce fut loin d’en être ainsi pour le cœur de Marie. Que ce soit loin d’en être ainsi pour ses petits serviteurs.
Sermon de l’abbé saint Bernard
(dom. As., 14-15)
Prions :
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen
Source : une minute avec Marie
15.09.2023 – SAINTE DU JOUR
Ste Catherine de Gênes
VEUVE ET MYSTIQUE († 1510)
Sainte Catherine de Gênes
Veuve
Patronne de Gênes
Commémorée le 15 septembre (dies natalis) par le Martyrologe Romain et le 12 septembre par le Diocèse de Gênes et par l’Église locale.
Caterina Fieschi, fille d’un vice-roi de Naples, naît à Gênes le 5 avril 1447. Sa famille, féconde en grands hommes, avait donné à l’Église deux papes, neuf cardinaux et deux archevêques. Dès l’âge de huit ans, conduite par l’Esprit de Dieu, elle se mit à pratiquer de rudes mortifications ; elle dormait sur une paillasse, avec un morceau de bois pour oreiller ; mais elle avait soin de cacher ses pénitences. Elle pleurait toutes les fois qu’elle levait les yeux sur une image de Marie tenant Jésus mort dans ses bras.
Malgré son vif désir du cloître, elle se vit obligée d’entrer dans l’état du mariage, où Dieu allait la préparer par de terribles épreuves à une vie d’une incroyable sainteté. Après cinq ans d’abandon, de mépris et de froideur de la part de son mari, après cinq ans de peines intérieures sans consolation, elle fut tout à coup éclairée de manière définitive sur la vanité du monde et sur les joies ineffables de l’amour divin : « Plus de monde, plus de péché » s’écria-t-elle. Jésus lui apparut alors chargé de sa croix, et couvert de sang de la tête aux pieds : « Vois, ma fille, lui dit-il, tout ce sang a été répandu au calvaire pour l’amour de toi, en expiation de tes fautes ! » La vue de cet excès d’amour alluma en Catherine une haine profonde contre elle-même : « Ô amour ! Je ne pécherai plus » s’écria-t-elle.
Trois jours après, elle fit sa confession générale avec larmes, et désormais elle communia tous les jours. L’Eucharistie devint la nourriture de son corps et de son âme, et pendant vingt-trois ans il lui fut impossible de prendre autre chose que la Sainte Communion ; elle buvait seulement chaque jour un verre d’eau mêlée de vinaigre et de sel, pour modérer le feu qui la dévorait, et, malgré cette abstinence, elle jouissait d’une forte santé.
À l’abstinence continuelle se joignaient de grandes mortifications ; jamais de paroles inutiles, peu de sommeil ; tous les jours six à sept heures de prière à genoux ; jamais Catherine ne se départit de ces règles ; elle était surtout si détachée d’elle-même, qu’elle en vint à n’avoir plus de désir et à se trouver dans une parfaite indifférence pour ce qui n’était pas Dieu.
Ses trois maximes principales étaient de ne jamais dire : Je veux, je ne veux pas, mien, tien, de ne jamais s’excuser, de se diriger en tout par ces mots : Que la Volonté de Dieu soit faite ! Elle eut la consolation de voir son époux revenir à Dieu, dans les derniers jours de sa vie, et de l’assister à sa mort. À partir de ce moment, Catherine se donna tout entière au soin des malades, et y pratiqua les actes les plus héroïques jusqu’au jour de son départ pour les demeures éternelles : le 15 septembre 1510 à Gênes.
Catherine de Gênes a été béatifiée le 6 avril 1675 par le pape Clément X (Emilio Altieri, 1670-1676) et canonisée le 23 avril 1737, par le pape Clément XII (Lorenzo Corsini, 1730-1740).
Pour approfondir, lire la Catéchèse du pape Benoît XVI :
>>> Catherine de Gênes
Sainte Catherine de Gênes priez pour nous !

15.09.2023 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 19,25-27.

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Saint Amédée de Lausanne (1108-1159)
moine cistercien, puis évêque
Homélie mariale V, SC 72 (Huit homélies mariales, trad. Dom A. Dumas, Éd. du Cerf, 1960, pp. 139-143, rev.)
« Près de La Croix de Jésus se tenaient sa mère » (Jn 19,25)
Il y a deux espèces de martyre : l’un manifeste, l’autre secret ; l’un visible, l’autre caché ; l’un dans la chair, l’autre dans le cœur. (…) Le martyre du cœur dépasse les tourments de la chair. Aussi la glorieuse Vierge a-t-elle triomphé dans ce genre de souffrance, d’autant plus glorieuse qu’elle était plus proche quand, attachée à la croix adorable de la passion du Seigneur, elle puisa au calice, elle but la passion et, abreuvée au torrent de douleurs, elle put endurer une douleur à jamais sans pareille. Elle court à la suite de Jésus non seulement à l’odeur de ses parfums, mais dans l’abondance de ses douleurs ; non seulement dans la joie des consolations, mais aussi dans le débordement des souffrances. Mère, elle voyait son Fils, le véritable Salomon, avec le diadème dont elle l’avait couronné et, elle-même couronnée d’une couronne d’affliction, elle allait à sa suite. Elle se tenait debout auprès de la croix (Jn 19,25) pour considérer (…) la tête très douce de son Fils, ointe d’huile de préférence à ses compagnons, frappée avec un roseau et couronnée d’épines. Elle voyait le plus beau des enfants des hommes qui n’avait plus ni éclat ni beauté. Elle voyait méprisé et ravalé au dernier rang celui qui est exalté au-dessus de tous les peuples. Elle voyait le Saint des saints crucifié avec les scélérats et les impies. Elle voyait les yeux de cet homme sublime s’abaisser, et la tête de celui qui soutient l’univers se pencher, inclinée sur ses épaules, la très sereine face de Dieu se flétrir, et s’évanouir la beauté de son visage.

LECTURES :
Lettre aux Hébreux 5,7-9.

Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect.
Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance
et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

Psaume 31(30),2-3a.3bc-4.5-6.15-16.20.

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ;
garde-moi d’être humilié pour toujours.
Dans ta justice, libère-moi ;
écoute, et viens me délivrer.
Sois le rocher qui m’abrite,
la maison fortifiée qui me sauve.
Ma forteresse et mon roc, c’est toi :
pour l’honneur de ton nom, tu me guides et me conduis.
Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ;
oui, c’est toi mon abri.
En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s’acharnent.
Qu’ils sont grands, tes bienfaits !
Tu les réserves à ceux qui te craignent.
Tu combles, à la face du monde,
ceux qui ont en toi leur refuge.

FÊTE DE NOTRE-DAME DES DOULEURS

La dévotion à Notre-Dame des Douleurs, très répandue notamment dans les pays méditerranéens, s’est développée à partir de la fin du XIe siècle. Ce n’est qu’en 1814 que le pape Pie VII l’introduisit dans le calendrier liturgique romain, en la fixant au 15 septembre, lendemain de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. La preuve de cette dévotion est le Stabat Mater, attribué à Jacopone da Todi (1230-1306), dans lequel il a composé les « Laudi ». Au XVe siècle, nous trouvons les premières célébrations liturgiques de Marie Notre-Dame des Douleurs « debout » au pied de la Croix. Il ne faut pas oublier qu’en 1233 fut fondé l’Ordre des Frères « Serviteurs de Marie », qui contribua beaucoup à la diffusion du culte de Notre-Dame des Douleurs, à tel point qu’en 1668, ils furent autorisés à célébrer la messe votive des Sept Douleurs de Marie. En 1692, le pape Innocent XII autorisa la célébration le troisième dimanche de septembre, mais ce ne fut qu’un pis-aller car le 18 août 1714, la célébration est déplacée au vendredi précédant le dimanche des Rameaux. Le 18 septembre 1814, Pie VII étendit la fête liturgique à toute l’Église, la ramenant au troisième dimanche de septembre. Pie X (+1914) la fixa au 15 septembre, le lendemain de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, non plus sous le titre de « Sept Douleurs » mais de « Notre-Dame des Douleurs ».

Source : VATICANNEWS
14.09.2023 – MESSE À SAINT GERMAIN L’AUXERROIS
14.09.2023 – CHAPELET À LOURDES
17.09.2023 – HOMÉLIE DU 24ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MATTHIEU 18, 21-35

Évangile de Matthieu 18, 21-35
Du fond du cœur
Je ne sais pas si, en dehors du christianisme, il est une seule culture humaine où le pardon soit vraiment valorisé. Le pardon, en général, n’est-il pas perçu comme une faiblesse, une démission, une fuite, voire même un déshonneur ? Si vous pensez cela, essayez donc un peu de pardonner pour voir si vous en êtes capable !
Rien n’est aussi difficile que pardonner. Il est plus facile de partir à zéro, de commencer une relation nouvelle, que de recommencer après une blessure, des injustices, des injures, des trahisons. Comment redonner sa confiance, comment se rendre à nouveau vulnérable, comment reprendre la relation ? Il reste toujours une cicatrice, un endroit sensible, où l’on se cogne chaque fois plus douloureusement. Il est plus facile de créer du neuf, que de recréer à partir de ce qui a été détruit.
Rien n’est aussi difficile que pardonner et plus encore s’il s’agit de pardonner, non pas seulement une erreur ponctuelle, une distraction, mais des offenses répétées, jusqu’à septante fois sept fois. Rien n’est aussi difficile que pardonner, surtout s’il s’agit de pardonner « du fond du cœur », ce qui suppose une guérison intérieure. Il y a là quelque chose qui dépasse la mesure, qui est plus que de l’héroïsme, qui dépasse la nature humaine.
« Dieu seul peut pardonner » disent les ennemis de Jésus. Ils ont raison, mais pour d’autres motifs que ce qu’ils pensent : ce n’est pas une simple question d’autorisation. Dieu seul peut pardonner, parce que pardonner est impossible. Or Dieu est le maître de l’impossible, l’acteur d’une libération au cœur d’un génocide, l’auteur de la vie au fond-même d’un tombeau. Dieu seul peut pardonner parce que Dieu seul est capablede pardonner, de ressusciter. Dieu seul peut ouvrir un avenir là où il n’y a pas de futur. Il peut créer du nouveau là où tout est fini. Il pardonne à Pierre et lui redonne sa confiance en toute lucidité. Il pardonne à Paul qui persécute les chrétiens et lui donne mission d’évangéliser les païens. Quand des êtres ou des peuples se réconcilient, le Dieu vivant est là : l’histoire peut se poursuivre à nouveau.
Mais attention, nous dit Jésus, Dieu peut-il remédier au refus d’entrer dans le pardon ? Peut-il sauver du refus délibéré de participer à la dynamique du pardon ? Peut-il pardonner le blocage têtu de se laisser entraîner dans le Souffle de la réconciliation ? Peut-il contraindre à la parole redonnée, à la relation retrouvée, à la vie ? Peut-il obliger à la liberté ?
Pardonner, comme le mot l’indique bien, c’est donner à nouveau. S’il s’agit d’une dette, je vous remets votre dette. Je transforme en don ce qui était un prêt. Cela je peux le faire à l’infini, si je suis d’une richesse infinie. Mais s’il s’agit de plus qu’un don ? S’il s’agit du don de donner ? S’il s’agit du don d’aimer ? Dieu peut-il donner le don de donner à qui refuse de donner ? Dieu peut-il donner l’amour à qui refuse d’aimer ? Dieu peut-il donner la liberté à qui refuse de libérer ?

Fr. Michel Van Aerde OP
Source : RÉSURGENCES.BE, le 12 septembre 2023
17.09.2023 – HOMÉLIE DU 24ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MATTHIEU 18,21-35

Ne gardons pas rancune envers notre prochain
Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Ces trois dernières semaines les textes bibliques nous ont parlé de la vie fraternelle et communautaire. En ce dimanche, ils insistent sur la nécessité du pardon. Pardonner à ceux qui nous ont fait du mal, c’est contraire à la mentalité du monde. Nous le constatons tous les jours : “Une fois, ça passe ; deux fois ça lasse ; trois fois ça casse.” C’est ce qui se dit très souvent mais c’est absolument contraire au message de la Bible.
Bien avant la venue de Jésus, Ben Sirac écrivait : “Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur s’obstine”. Ce texte de l’Ancien Testament nous appelle à dépasser le cercle vicieux de la haine et à entrer dans la spirale montante du pardon et de l’amour mutuel. Ces paroles nous rejoignent dans une société qui pratique la vengeance contre eux qui nous ont fait du mal. Oui, bien sûr, il y avait la loi du Talion : “œil pour œil, dent pour dent” ; mais c’était déjà un progrès car cette loi limitait la vengeance. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de la limiter mais de la refuser jusqu’au bout.
C’est ce que nous découvrons avec l’Évangile de ce jour ; Pierre pensait être généreux en pardonnant jusqu’à sept fois. Sept est un chiffre qui symbolise la totalité. Mais dans son propos, Pierre reste encore dans la logique comptable. Jésus va bien plus loin : il multiplie à l’infini le devoir de pardonner : pardonner jusqu’à “70 fois sept fois” veut dire pardonner encore et toujours pour chacune des offenses ; ce que Jésus nous demande, il l’a vécu jusqu’au bout : livré aux mains des hommes, il a été bafoué, torturé et mis à mort sur une croix. Mais il a pardonné. Lui seul peut nous donner le courage d’aller jusqu’au bout.
Ils sont nombreux ceux et celles qui l’ont suivi sur ce chemin : je pense à cet homme qui écrivait : “Il nous faut pardonner ; c’est la seule attitude qui convienne à des chrétiens.” Il parlait de celui qui l’avait dénoncé pour aller en camp de concentration. Malgré les horreurs qu’il y a vécues, il a eu le courage de pardonner. En agissant ainsi, il a suivi l’exemple du Christ.
Pour mieux se faire comprendre, Jésus nous raconte une parabole. Il compare Dieu à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. On lui en amène un qui devait dix mille talents (soixante millions de pièces d’argent). C’est une somme énorme, absolument impossible à rembourser ; en nous racontant cette parabole, Jésus veut nous faire comprendre où nous en sommes vis à vis de Dieu : la démesure de cette dette n’est qu’une image de ce qui se passe entre lui et nous. Devant lui, nous sommes des débiteurs incapables de rembourser.
Et pourtant, quand nous les supplions, Dieu ne se contente pas de nous accorder un délai. Il va jusqu’à nous faire grâce, tout cela au nom de l’amour qu’il nous porte. L’Évangile nous dit qu’il est “saisi de pitié”. C’est une expression que nous rencontrons souvent, par exemple quand Jésus se trouve devant un malade, un lépreux, un paralysé ; c’est le cœur qui parle. Le pardon est donné pour permettre un avenir à celui qui n’en a pas d’autres possibles.
Si le Seigneur se comporte ainsi à l’égard des hommes, c’est pour nous apprendre à suivre son exemple à l’égard de ceux qui nous ont fait souffrir. C’est vrai que l’offense d’un frère nous fait mal. Mais elle est bien peu de choses par rapport à tous nos manques envers Dieu. Cent euros, c’est insignifiant par rapport aux soixante millions que je dois. Imiter Jésus, c’est abandonner sa rancune même justifiée, pour qu’elle ne se transforme pas en rancœur, de peur que notre cœur ne devienne “rance”
Aujourd’hui, Jésus nous invite à tendre la main à l’offenseur pour l’aider à se relever. Pardonner, c’est aimer, c’est repartir ensemble sur des nouvelles bases. Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Son grand désir, c’est que ses enfants restent unis et solidaires. C’est pour cela qu’il nous a laissé son grand commandement : “Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés” (autant que je vous ai aimés, jusqu’au pardon).
En parlant du pardon, nous n’oublions pas que Jésus nous a donné un sacrement pour l’accueillir. Chaque fois que nous nous adressons au prêtre pour le demander, c’est Jésus qui est là pour nous tendre la main. Il ne demande qu’à nous décharger de nos fautes pour nous rapprocher de Dieu. Il vient renouveler en nous la grâce du baptême. C’est ainsi que nous retrouvons notre place d’enfants de Dieu.
Dans la seconde lecture, saint Paul nous dit que ” nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes”. Nous vivons et nous mourrons pour le Seigneur. Avec lui, tout est cadeau : sa miséricorde est source de joie et de paix. Elle nous ouvre à l’espérance d’être aimés pour toujours malgré nos limites et nos péchés. Pour toutes ces merveilles, nous rendons grâce : « Gloire à Dieu, paix aux hommes, joie du ciel sur la terre ». Amen
Source : PUISERALASOURCE
17.09.2023 – HOMÉLIE DU 24ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MATTHIEU 18,21-35

Ne gardons pas rancune envers notre prochain
Par l’Abbé Jean Compazieu
Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Ces trois dernières semaines les textes bibliques nous ont parlé de la vie fraternelle et communautaire. En ce dimanche, ils insistent sur la nécessité du pardon. Pardonner à ceux qui nous ont fait du mal, c’est contraire à la mentalité du monde. Nous le constatons tous les jours : “Une fois, ça passe ; deux fois ça lasse ; trois fois ça casse.” C’est ce qui se dit très souvent mais c’est absolument contraire au message de la Bible.
Bien avant la venue de Jésus, Ben Sirac écrivait : “Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur s’obstine”. Ce texte de l’Ancien Testament nous appelle à dépasser le cercle vicieux de la haine et à entrer dans la spirale montante du pardon et de l’amour mutuel. Ces paroles nous rejoignent dans une société qui pratique la vengeance contre eux qui nous ont fait du mal. Oui, bien sûr, il y avait la loi du Talion : “œil pour œil, dent pour dent” ; mais c’était déjà un progrès car cette loi limitait la vengeance. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de la limiter mais de la refuser jusqu’au bout.
C’est ce que nous découvrons avec l’Évangile de ce jour ; Pierre pensait être généreux en pardonnant jusqu’à sept fois. Sept est un chiffre qui symbolise la totalité. Mais dans son propos, Pierre reste encore dans la logique comptable. Jésus va bien plus loin : il multiplie à l’infini le devoir de pardonner : pardonner jusqu’à “70 fois sept fois” veut dire pardonner encore et toujours pour chacune des offenses ; ce que Jésus nous demande, il l’a vécu jusqu’au bout : livré aux mains des hommes, il a été bafoué, torturé et mis à mort sur une croix. Mais il a pardonné. Lui seul peut nous donner le courage d’aller jusqu’au bout.
Ils sont nombreux ceux et celles qui l’ont suivi sur ce chemin : je pense à cet homme qui écrivait : “Il nous faut pardonner ; c’est la seule attitude qui convienne à des chrétiens.” Il parlait de celui qui l’avait dénoncé pour aller en camp de concentration. Malgré les horreurs qu’il y a vécues, il a eu le courage de pardonner. En agissant ainsi, il a suivi l’exemple du Christ.
Pour mieux se faire comprendre, Jésus nous raconte une parabole. Il compare Dieu à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. On lui en amène un qui devait dix mille talents (soixante millions de pièces d’argent). C’est une somme énorme, absolument impossible à rembourser ; en nous racontant cette parabole, Jésus veut nous faire comprendre où nous en sommes vis à vis de Dieu : la démesure de cette dette n’est qu’une image de ce qui se passe entre lui et nous. Devant lui, nous sommes des débiteurs incapables de rembourser.
Et pourtant, quand nous les supplions, Dieu ne se contente pas de nous accorder un délai. Il va jusqu’à nous faire grâce, tout cela au nom de l’amour qu’il nous porte. L’Évangile nous dit qu’il est “saisi de pitié”. C’est une expression que nous rencontrons souvent, par exemple quand Jésus se trouve devant un malade, un lépreux, un paralysé ; c’est le cœur qui parle. Le pardon est donné pour permettre un avenir à celui qui n’en a pas d’autres possibles.
Si le Seigneur se comporte ainsi à l’égard des hommes, c’est pour nous apprendre à suivre son exemple à l’égard de ceux qui nous ont fait souffrir. C’est vrai que l’offense d’un frère nous fait mal. Mais elle est bien peu de choses par rapport à tous nos manques envers Dieu. Cent euros, c’est insignifiant par rapport aux soixante millions que je dois. Imiter Jésus, c’est abandonner sa rancune même justifiée, pour qu’elle ne se transforme pas en rancœur, de peur que notre cœur ne devienne “rance”
Aujourd’hui, Jésus nous invite à tendre la main à l’offenseur pour l’aider à se relever. Pardonner, c’est aimer, c’est repartir ensemble sur des nouvelles bases. Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Son grand désir, c’est que ses enfants restent unis et solidaires. C’est pour cela qu’il nous a laissé son grand commandement : “Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés” (autant que je vous ai aimés, jusqu’au pardon).
En parlant du pardon, nous n’oublions pas que Jésus nous a donné un sacrement pour l’accueillir. Chaque fois que nous nous adressons au prêtre pour le demander, c’est Jésus qui est là pour nous tendre la main. Il ne demande qu’à nous décharger de nos fautes pour nous rapprocher de Dieu. Il vient renouveler en nous la grâce du baptême. C’est ainsi que nous retrouvons notre place d’enfants de Dieu.
Dans la seconde lecture, saint Paul nous dit que ” nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes”. Nous vivons et nous mourrons pour le Seigneur. Avec lui, tout est cadeau : sa miséricorde est source de joie et de paix. Elle nous ouvre à l’espérance d’être aimés pour toujours malgré nos limites et nos péchés. Pour toutes ces merveilles, nous rendons grâce : « Gloire à Dieu, paix aux hommes, joie du ciel sur la terre ». Amen

Source : DIMANCHEPROCHAIN. ORG, le 13 septembre 2023