Sanctuaire Notre-Dame-du-Rosaire de Pompéi. iStock/Getty Images Plus/GISTEL Cezary Wojtkowski
Le Bienheureux Bartolo Longo consacra toute sa vie à la dévotion mariale
« Le bienheureux Bartolo Longo eut un charisme spécial, celui de véritable apôtre du Rosaire… il s’est senti appelé à construire à Pompéi un sanctuaire dédié à la Vierge du Saint Rosaire près des ruines de l’antique cité tout juste pénétrée par l’annonce évangélique avant d’être ensevelie en 79 par l’éruption du Vésuve et de renaître de ses cendres des siècles plus tard, comme témoignage des lumières et des ombres de la civilisation classique. Par son œuvre entière, en particulier par les ‘Quinze Samedis’, Bartolo Longo développa l’âme christologique et contemplative du Rosaire; il trouva pour cela un encouragement particulier et un soutien chez Léon XIII, le ‘Pape du Rosaire’ » (Jean-Paul II – lettre apostolique du 16 octobre 2002 – sur les pas des témoins)
Né en Apulie, en 1841, Barthélemy Longo étudia le droit civil à Naples. Là, il assista à des séances de spiritisme et perdit la foi. Grâce au frère Radente, il recouvra la grâce divine et embrassa la règle du tiers-ordre dominicain en 1871, sous le nom de frère Rosaire, qui fut pour lui un présage.
Il consacra en effet toute sa vie à la dévotion mariale, construisant un sanctuaire à Notre Dame du Rosaire fondant une congrégation de sœurs dominicaines sous le même vocable. Il édita des livres à la louange de la Vierge et de l’Ordre ; il publia des ouvrages dans le but d’accroître la foi et la justice sociale. Il épousa une veuve, Marie-Anne Farnararo, son émule en œuvres charitables.
Le 5 octobre 1926, il reposa dans la paix du Seigneur et en 1980 il fut inscrit au nombre des bienheureux par Jean Paul II.
Je vous salue Marie, pleine de grâce ; Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, Priez pour nous pauvres pécheurs, Maintenant et à l’heure de notre mort.
Sainte Faustine Kowalska « Apôtre de la Miséricorde Divine »
Faustine Kowalska, apôtre de la Miséricorde Divine, compte aujourd’hui parmi les Saints les plus célèbres de l’Église. Par son intermédiaire, le Seigneur Jésus transmet au monde entier Son grand message de la Miséricorde Divine et montre un modèle de perfection chrétienne fondée sur la confiance en Dieu et sur une attitude miséricordieuse envers le prochain.
Faustine naît le 25 août 1905, troisième des dix enfants de Marianna et Stanisław Kowalski, agriculteurs dans le village de Głogowiec. Au baptême, dans l’église paroissiale de Świnice Warckie, elle reçoit le prénom d’Hélène. Depuis son enfance, elle se distingua par l’amour de la prière, l’assiduité, l’obéissance et par une grande sensibilité à la misère des hommes.
À neuf ans, elle fait sa Première Communion qu’elle a profondément vécue, consciente de la présence de l’Hôte Divin dans son âme. Elle fréquente l’école pendant moins de trois ans. Adolescente, elle quitte la maison familiale pour gagner sa vie et pour aider ses parents comme servante dans des familles aisées à Aleksandrów, Łódź et Ostrówek.
Elle a senti la vocation dans son âme dès l’âge de sept ans, mais ses parents n’étant pas d’accord pour qu’elle entre dans les ordres, elle a essayé d’étouffer cette voix intérieure. Cependant, exhortée par la vision du Christ souffrant, elle est partie pour Varsovie où, le 1er août 1925, elle a rejoint la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de la Miséricorde.
Devenue sœur Marie-Faustine, elle a passé au couvent treize ans, en remplissant les fonctions de cuisinière, de jardinière et de sœur portière dans plusieurs maisons de la Congrégation, le plus souvent à Płock, Wilno et Cracovie.
Rien ne trahissait à l’extérieur sa vie mystique d’une extrême richesse. C’est avec zèle qu’elle remplissait toutes ses tâches, elle observait fidèlement les règles, recueillie et silencieuse, mais en même temps naturelle, pleine d’un amour bienveillant et désintéressé. Sa vie, très ordinaire, monotone et grise en apparence, cachait la profondeur extraordinaire de l’union à Dieu.
Sa spiritualité reposait sur la Miséricorde Divine à laquelle elle réfléchissait et qu’elle contemplait dans la parole de Dieu et dans l’aspect quotidien de sa vie. La connaissance et la contemplation du mystère de la Miséricorde Divine développaient chez elle une attitude de confiance d’enfant face à Dieu et de miséricorde envers les autres.
« Ô mon Jésus, chacun de Tes saints reflète en sa personne l’une de tes vertus, moi, je désire refléter Ton Cœur compatissant et plein de miséricorde, je veux le glorifier. Que Ta miséricorde, ô Jésus, soit imprimée dans mon cœur et dans mon âme, tel un sceau, ce sera là mon emblème en cette vie et en l’autre » (P.J. 1242). Sœur Marie Faustine était une fidèle fille de l’Église qu’elle aimait comme une Mère et comme le Corps Mystique de Jésus Christ. Consciente de son rôle au sein de cette l’Église, elle a collaboré avec la Miséricorde Divine dans l’œuvre du salut des âmes égarées. Sur le souhait et en suivant l’exemple du Seigneur Jésus, elle a sacrifié sa vie en holocauste. Dans sa vie spirituelle, elle se distinguait aussi par son amour de l’Eucharistie et par sa dévotion profonde pour Notre Dame de la Miséricorde.
Les années passées au couvent abondaient en grâces extraordinaires : révélations, visions, stigmates cachés, participation à la Passion du Seigneur, don de bilocation, de pénétrer le cœur des autres, de la prophétie, ou bien le don rarissime de fiançailles et d’épousailles mystiques. Le vif contact avec Dieu, Notre Dame, les anges, les saints, les âmes au purgatoire – tout cet univers surnaturel – lui apparaissait comme étant non moins réel et vrai que celui qu’elle percevait par ses sens. Malgré cette abondance de grâces extraordinaires accordées, elle savait que celles-ci ne décidaient pas de l’essence de la sainteté. « Ce ne sont ni les grâces, ni les apparitions, ni les ravissements, ni aucun don accordé qui la rendent parfaite, mais l’union intérieure de mon âme avec Dieu. Ces dons ne sont que des ornements de l’âme, mais ils ne constituent ni le contenu, ni la perfection. Ma sainteté et ma perfection consistent en une étroite union de ma volonté avec celle de Dieu » (P.J. 1107).
Sœur Marie-Faustine a été élue par le Seigneur Jésus secrétaire et apôtre de sa Miséricorde pour transmettre au monde entier son grand message. « Dans l’Ancien Testament, lui dit-Il, j’ai envoyé à mon peuple des prophètes et avec eux la foudre. Aujourd’hui, je t’envoie vers toute l’humanité avec ma miséricorde. Je ne veux pas punir l’humanité endolorie, mais je désire la guérir en l’étreignant sur mon cœur miséricordieux » (P.J. 1588).
La mission de sœur Marie Faustine consistait en trois tâches :
1) rendre proche et annoncer au monde entier la vérité révélée dans les Écritures Saintes sur l’amour miséricordieux de Dieu envers tout homme.
2) implorer la Miséricorde Divine pour le monde entier, en particulier pour les pécheurs, notamment par la pratique des formes nouvelles, annoncées par le Seigneur Jésus, du culte de la Miséricorde Divine, qui sont les suivantes :
> le tableau du Christ avec l’inscription Jésus, j’ai confiance en Toi,
> la Fête de la Miséricorde Divine le premier dimanche après Pâques,
Le Seigneur Jésus liait à ces formes du culte, ainsi qu’à la propagation de la dévotion à la Miséricorde, de grandes promesses à condition de se fier à Dieu et de pratiquer un amour actif envers le prochain.
3) la troisième tâche que comportait la mission de sœur Marie-Faustine consistait à inspirer le mouvement apostolique de la Miséricorde, qui est chargé de propager et d’obtenir par la prière la Miséricorde Divine pour le monde et qui tend à la perfection sur le chemin montré par sœur Faustine. Ce chemin est celui d’une confiance d’enfant en Dieu, laquelle s’exprime dans l’accomplissement de Sa volonté et dans une attitude de miséricorde envers les autres. À l’heure actuelle, ce mouvement au sein de l’Église concerne des millions de personnes à travers le monde, à savoir : des congrégations, des instituts laïques, des prêtres, des confréries, des associations, différentes communautés d’apôtres de la Miséricorde Divine et des particuliers qui se chargent, à titre individuel, des tâches transmises par le Seigneur Jésus par l’intermédiaire de sœur Marie-Faustine.
Le message de sœur Faustine a été noté dans son Petit Journal(>>> « Petit Journal » de Sœur Faustine en PDF) qu’elle rédigea par la volonté du Seigneur Jésus et de ses confesseurs. Elle y a fidèlement noté tous les souhaits de Jésus, de même qu’elle a décrit l’union intime de son âme avec Dieu. « Secrétaire de mon plus profond mystère,disait le Seigneur Jésus à sœur Faustine, ton devoir est d’écrire tout ce que je te fais connaître à propos de ma miséricorde au profit des âmes qui en lisant ces écrits seront consolés et auront le courage de s’approcher de moi (P.J. 1693). Cet ouvrage nous rend proche d’une manière extraordinaire le mystère de la Miséricorde Divine. Il enchante non seulement les gens simples, mais aussi les scientifiques qui y découvrent une source supplémentaire de recherche théologique. Le Petit Journal a été traduit en plusieurs langues, entre autres en anglais, allemand, italien, espagnol, français, portugais, russe, hongrois, tchèque et slovaque.
Ravagée par la maladie et par de nombreuses souffrances qu’elle a supportées en tant que sacrifice bénévole pour les pécheurs, entièrement épanouie spirituellement et unie à Dieu, sœur Marie-Faustine est morte à Cracovie le 5 octobre 1938, âgée à peine de 33 ans. La gloire de la sainteté de sa vie a crû rapidement avec la propagation de la dévotion pour la Miséricorde Divine et au fur et à mesure des grâces obtenues par son intercession. De 1965 à 1967, à Cracovie s’est déroulé le procès diocésain sur sa vie et ses vertus et en 1968, à Rome, a été ouvert le procès de béatification, clos en décembre 1992.
Marie-Faustine Kowalska a été béatifiée le 18 avril 1993 et canonisée le 30 avril 2000, sur la place Saint-Pierre de Rome, par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) qui institua, au cours de la célébration, la Fête de la Miséricorde Divine (le premier dimanche après Pâques).
Les reliques de sainte Faustine reposent au sanctuaire de la Miséricorde Divine de Cracovie-Łagiewniki ; une partie est dispersée dans le monde entier.
En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” » Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)
missionnaire des gens des rues
Spiritualité du vélo (La joie de croire, éd. du Seuil, 1968, p. 80-81; rev.)
« Allez ! Voici que je vous envoie » (Lc 10, 3)
« Allez… » nous dites-vous à tous les tournants de l’Évangile. Pour être dans votre sens, il faut aller, même quand notre paresse nous supplie de demeurer. Vous nous avez choisis pour être dans un équilibre étrange. Un équilibre qui ne peut s’établir et tenir que dans un mouvement que dans un élan. Un peu comme un vélo qui ne tient pas debout sans rouler, un vélo qui reste penché contre un mur tant qu’on ne l’a pas enfourché, pour le faire filer bon train sur la route. La condition qui nous est donnée c’est une insécurité universelle, vertigineuse. Dès que nous nous prenons à la regarder, notre vie penche, se dérobe. Nous ne pouvons tenir debout que pour marcher, que pour foncer, dans un élan de charité. (…) Vous vous refusez à nous fournir une carte routière. Notre cheminement se fait la nuit. Chaque acte à faire à tour de rôle s’illumine comme des relais de signaux. Souvent la seule chose garantie c’est cette fatigue régulière du même travail chaque jour à faire, du même ménage à recommencer, des mêmes défauts à corriger, des mêmes bêtises à ne pas faire. Mais en dehors de cette garantie, tout le reste est laissé à votre fantaisie qui s’en donne à l’aise avec nous.
LECTURES :
Livre de Néhémie 8,1-4a.5-6.7b-12.
En ces jours-là, tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la porte des Eaux. On demanda au scribe Esdras d’apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait prescrite à Israël. Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois. Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi. Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès. Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre. Les lévites, expliquaient la Loi au peuple, pendant que le peuple demeurait debout sur place. Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre. Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! » Les lévites calmaient tout le peuple en disant : « Cessez de pleurer, car ce jour est saint. Ne vous affligez pas ! » Puis tout le peuple se dispersa pour aller manger, boire, envoyer des parts à ceux qui n’avaient rien de prêt, et se livrer à de grandes réjouissances ; en effet, ils avaient compris les paroles qu’on leur avait fait entendre.
Psaume 19(18),8.9.10.11.
La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples.
Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard.
La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours ; les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables :
plus désirables que l’or, qu’une masse d’or fin, plus savoureuses que le miel qui coule des rayons.
Le mot « synode » vient du grec sunodos, « chemin parcouru ensemble ». Ce rassemblement réunit des évêques « pour discuter d’une question précise » et « se termine par l’adoption d’un rapport dont le pape peut reprendre les conclusions pour les publier dans une ‘exhortation apostolique post-synodale’ ».
À la messe de l’ouverture de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques (4-29 octobre), ce mercredi 4 octobre 2023, le pape François a déclaré : « Nous sommes ici pour marcher ensemble sous le regard de Jésus, qui bénit le Père et accueille tous ceux qui sont fatigués et opprimés. Partons donc du regard de Jésus, un regard qui bénit et qui accueille. »
La synodalité
La synodalité « désigne le style particulier qui qualifie la vie et la mission de l’Église, en exprimant sa nature de Peuple de Dieu qui chemine et se rassemble, convoqué par le Seigneur Jésus dans la puissance de l’Esprit Saint pour proclamer l’Évangile », lit-on dans le Manuel officiel pour l’écoute et le discernement dans les Églises locales Vademecum pour le Synode sur la Synodalité. La synodalité « doit s’exprimer dans la manière ordinaire de vivre et de travailler de l’Église ».
La Commission théologique internationale (CTI) décrit le « Synode » comme « une parole antique et vénérable de la Tradition de l’Église, dont le sens fait appel aux contenus les plus profonds de la Révélation. …Elle indique le chemin que parcourent ensemble les membres du Peuple de Dieu. Elle renvoie également au Seigneur Jésus qui se présente lui-même comme « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6) ».
Comment se passe un synode ?
Un synode est « une assemblée consultative convoquée par le pape » et « a pour but d’informer et de conseiller le pape ». « Le Saint-Père peut aussi lui donner un rôle délibératif, sous réserve que les décisions soient ratifiées par ses soins », indique le site Synod.va
Un secrétariat permanent du synode existe au sein de la Curie romaine. Il est dirigé par un secrétaire général qui assure la préparation et le suivi des sessions.
Le secrétaire général collabore avec le rapporteur général, chargé de rédiger le « rapport introductif au débat », un document destiné à lancer les discussions. C’est aussi lui qui rédige les conclusions des travaux.
À la fin du synode, les évêques adoptent un rapport remis au pape, et rédigent souvent un message au monde.
Le pape peut reprendre « dans un document paraissant sous sa responsabilité propre les éléments du rapport qui lui a été remis ». Ce document est, généralement, une exhortation apostolique post-synodale.
Synode sur la synodalité : 2021-2024
Annoncé le 7 mars 2021, le Synode sur la synodalité a été lancé par le pape François le 9 octobre de la même année. « Un des objectifs est de parvenir à une meilleure participation des laïcs dans la vie de l’Église », lit-on sur le site de TV KTO.
Après deux ans de réflexion au niveau des Églises locales, les discussions « seront portées durant un mois par plusieurs centaines de participants du monde entier ».
Une première synthèse doit être votée le 28 octobre prochain, à l’issue de la première session générale. Une seconde session générale aura lieu dans un an, en octobre 2024.
Durant presque un mois, 464 participants – dont 365 membres avec droit de vote – parmi lesquelles 82 femmes, réfléchiront sur « une Église synodale », sur la « communion, participation et mission ».
Synode: le Pape préconise l’écoute et le jeûne de la parole publique
Le Pape a ouvert la 1ère congrégation générale du Synode sur la synodalité, en rappelant à tous les participants réunis dans la salle Paul VI que l’assemblée «n’est pas un parlement, ni une rencontre entre amis»: «si parmi nous il y a d’autres façons d’aller de l’avant au nom d’intérêts humains, personnels, idéologiques, ce ne sera pas un synode». François rappelle que «le protagoniste» est l’Esprit Saint; «ne l’attristons pas avec des paroles vides et des bavardages».
Vatican News
Assis à la table des représentants du Secrétariat général du Synode, le Pape a ouvert la première congrégation générale du Synode sur la synodalité et a indiqué aux plus de 460 participants le chemin à suivre au cours de ces quatre semaines de travail. Il faut faire une grande place à l’Esprit Saint, la prière, la réflexion – en particulier en se basant sur les textes de saint Basile – mais aussi à l’écoute, au jeûne de la parole publique. François souligne que le bavardage, la mondanité, les idéologies n’ont en revanche pas leur place.
Fort de ses expériences passées, le Souverain pontife a exhorté les journalistes, qui font un travail «très beau, très bon», à les aider à transmettre le message de ce temps de pause pour l’Eglise: la «priorité» est l’écoute, avant même la parole.
Le protagoniste du synode est l’Esprit Saint
Après avoir prié avec les cardinaux, les évêques, les religieux, les consacrés, et les laïcs, et chanté avec eux l’invocation à l’Esprit Saint, le Pape a prononcé un bref discours introductif, revenant sur le rôle de l’Esprit qui est le véritable «protagoniste» du Synode, et le garant de son succès. «Le protagoniste du Synode n’est pas nous, c’est l’Esprit Saint, et si nous laissons de la place à l’Esprit Saint, le Synode se déroulera bien» a d’emblée affirmé François.
Invitant les participants à prendre connaissance de quelques textes d’anthologie patristique, dont un «beau traité» de saint Basile sur l’Esprit Saint, mis à leur disposition dans différentes langues, le Pape a exhorté ses frères et sœurs synodaux «à se laisser confirmer par l’Esprit dans la foi», sans «l’attrister» en prononçant «des paroles vides, des paroles mondaines». François a une nouvelle fois mis en garde contre les bavardages, «une habitude humaine mais qui n’est pas bonne». Il note que c’est aussi une «maladie» «fréquente» parmi nous. Or «les commérages sont l’anti-Esprit», souligne-t-il. Et ainsi, insiste François, il faut laisser l’Esprit Saint nous guérir de ce mal, de la mondanité spirituelle. Le Pape demande à chacun de se dire les choses en face, mais surtout de s’écouter les uns les autres. L’écoute a la priorité sur la parole.
Les journalistes interpelés
«Lorsqu’il y a eu le Synode sur la famille, l’opinion publique, faite par les mondains parmi nous, a porté sur la communion aux divorcés, et ainsi nous sommes entrés dans le Synode. Quand il y a eu le Synode pour l’Amazonie, il s’agissait des viri probati, et ainsi nous sommes entrés dans le Synode». Evoquant la manière dont les controverses et une pression médiatique se sont superposées aux discussions en salle du synode lors des précédentes assemblées, allant même jusqu’à modifier les ordres du jour, François interpelle les journalistes et les «communicants», leur demandant «de bien faire leur travail, avec justice, afin que l’Église et les personnes de bonne volonté – les autres diront ce qu’ils veulent – comprennent que même dans l’Église, il y a la priorité de l’écoute. Transmettez cela: c’est très important».
François les appelle à une certaine «ascèse» et à faire comprendre le temps de «pause» et «de jeûne de la parole de l’Église», qui n’a rien à voir avec «la peur des évêques» à s’exprimer.
Comme il l’avait déjà fait lors de la messe d’ouverture du Synode ce mercredi matin, le Pape a de nouveau rappelé que le Synode n’est ni un parlement, ni une réunion d’amis ou une rencontre pastorale pour résoudre tel ou tel problème, c’est autre chose. «Si parmi nous il y a d’autres façons d’aller de l’avant au nom d’intérêts humains, personnels, idéologiques, ce ne sera pas un synode», avertit François. «Le synode est un chemin que parcourt l’Esprit Saint».
Laudate Deum, le cri du Pape pour une réponse à la crise climatique
L’exhortation apostolique qui précise et complète l’encyclique Laudato si’ de 2015 est parue mercredi 4 octobre, en la fête de saint François d’Assise. «Nous ne réagissons pas assez, nous sommes proches du point de rupture. Critique des négationnistes: origine humaine indubitable du réchauffement climatique». L’engagement à prendre soin de la Maison commune découle de la foi chrétienne, y assure le Pape.
« Louez Dieu » est le nom de ce document du magistère «parce qu’un être humain qui prétend prendre la place de Dieu devient le pire danger pour lui-même». C’est par ces mots que se conclut l’exhortation apostolique du Pape François, publiée ce mercredi 4 octobre, en la fête de saint François d’Assise. Le texte s’inscrit dans la continuité de la plus ample encyclique Laudato si’ de 2015. En six chapitres et 73 paragraphes, le successeur de Pierre précise et complète ce qui a déjà été affirmé dans le texte précédent sur l’écologie intégrale, tout en lançant un cri d’alarme et un appel à la coresponsabilité face à l’urgence climatique. L’exhortation se réfère à la COP28 de Dubaï à la fin du mois de novembre 2023. «Je me rends compte au fil du temps que nos réactions sont insuffisantes alors que le monde qui nous accueille s’effrite et s’approche peut-être d’un point de rupture», «il ne fait aucun doute que l’impact du changement climatique sera de plus en plus préjudiciable à la vie et aux familles de nombreuses personnes», y note le Successeur de Pierre. Il s’agit de l’un des «principaux défis auxquels la société et la communauté mondiale sont confrontées»;«les effets du changement climatique sont supportés par les personnes les plus vulnérables, que ce soit chez elles ou dans le monde entier».
Les signes du changement climatique toujours plus évidents
Le premier chapitre est consacré à la crise climatique mondiale. «Nous avons beau essayer de les nier, de les cacher, de les dissimuler ou de les relativiser, les signes du changement climatique sont là, toujours plus évidents», explique le Pape. Il note que «nous avons assisté ces dernières années à des phénomènes extrêmes, à de fréquentes périodes de chaleur inhabituelle, à des sécheresses et à d’autres gémissements de la terre»,une «maladie silencieuse qui nous affecte tous». En outre, François affirme qu’«il est vérifiable que certains changements climatiques provoqués par l’humanité augmentent considérablement la probabilité d’événements extrêmes de plus en plus fréquents et intenses». Le Souverain pontife, après avoir rappelé que si l’augmentation de deux degrés de la température est dépassée, «les couches de glace du Groenland fondront complètement et une bonne partie de celles de l’Antarctique,[1] ce qui aura des conséquences énormes et très graves pour tous» (5). À ceux qui minimisent le changement climatique, le Pape répond: «Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est une accélération inhabituelle du réchauffement, à une vitesse telle qu’il suffit d’une génération -et non des siècles ou des millénaires- pour le constater». «Il est probable que dans quelques années de nombreuses populations devront déplacer leurs habitations à cause de ces événements» (6).
Exhortation apostolique Laudate Deum
Les pauvres ne sont pas responsables
«Dans une tentative de simplifier la réalité, écrit François, certains attribuent la responsabilité aux pauvres parce qu’ils ont beaucoup d’enfants, et ils cherchent même à résoudre le problème en mutilant les femmes des pays les moins développés. Comme toujours, il semblerait que ce soit la faute des pauvres. Mais la réalité est qu’un faible pourcentage des plus riches de la planète pollue plus que les 50% plus pauvres de la population mondiale, et que les émissions par habitant des pays les plus riches sont très supérieures à celles des pays les plus pauvres.[2] Comment oublier que l’Afrique, qui abrite plus de la moitié des personnes les plus pauvres de la planète, n’est responsable que d’une infime partie des émissions historiques?» (9).
Le Pape conteste également la position de ceux qui affirment que les efforts visant à atténuer le changement climatique en réduisant l’utilisation des combustibles fossiles «entraîneront une réduction des emplois». En réalité, «des millions de personnes perdent leur travail en raison des diverses conséquences du changement climatique: tant l’élévation du niveau de la mer que les sécheresses, et bien d’autres phénomènes affectant la planète, ont laissé nombre de personnes à la dérive». Alors que «la transition vers des formes d’énergies renouvelables bien gérées» peut «créer d’innombrables emplois dans différents secteurs. Cela exige que les hommes politiques et les hommes d’affaires s’en occupent dès maintenant» (10).
Une cause humaine indiscutable
L’origine humaine «anthropique» du changement climatique ne peut plus être mise en doute, soutient François. «La concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, […] est restée stable jusqu’au XIXème siècle, en dessous de 300 ppm en volume. Mais, au milieu de ce siècle […], au cours des cinquante dernières années, l’augmentation s’est nettement accélérée» (11). Parallèlement, la température «a augmenté à une vitesse jamais vue au cours des deux derniers millénaires. Pendant cette période, la tendance a été d’un réchauffement de 0,15 °C par décennie, le double de ce qui s’est passé au cours des 150 dernières années. […] À ce rythme, il est possible que nous atteindrons dans dix ans la limite supérieure recommandée de 1,5 °C»(12), avec pour conséquence l’acidification des mers et la fonte des glaces. La coïncidence entre ces événements et l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre ne peut être dissimulée. «Cette corrélation est défendue par une écrasante majorité de spécialistes du climat, seul un infime pourcentage d’entre eux tente de nier cette évidence». Malheureusement, constate amèrement le Souverain pontife, «la crise climatique n’est pas un sujet d’intérêt pour les grandes puissances économiques, soucieuses du plus grand profit au moindre coût et dans les plus brefs délais possibles» (13).
Les diagnostics apocalyptiques, insuffisamment fondés
«Je suis obligé, poursuit François, d’apporter ces précisions, qui peuvent sembler évidentes, à cause de certaines opinions méprisantes et déraisonnables que je rencontre même au sein de l’Église catholique. Mais nous ne pouvons plus douter que la cause de la rapidité inhabituelle de ces changements dangereux est un fait indéniable: les énormes changements liés à l’intervention effrénée de l’homme sur la nature» (14). Malheureusement, certaines manifestations de cette crise climatique sont déjà irréversibles pour au moins des centaines d’années, tandis que «la fonte des pôles ne pourra être inversée avant des centaines d’années» (16). Nous sommes donc juste à temps pour éviter des dommages encore plus dramatiques. Le Pape écrit que «certains diagnostics apocalyptiques semblent souvent peu rationnels ou insuffisamment fondés», mais «nous ne pouvons pas affirmer avec certitude» ce qui arrivera (17). Une «vision plus large» est donc urgente à adopter. «Il ne nous est rien demandé de plus qu’une certaine responsabilité face à l’héritage que nous laisserons de notre passage en ce monde» (18). Rappelant l’expérience de la pandémie de Covid-19, François répète que «tout est lié et personne ne se sauve tout seul» (19).
Exhorttion apostolique Laudate Deum
Le paradigme technocratique: l’idée d’un être humain sans limites
Dans le deuxième chapitre, François parle du paradigme technocratique qui «consiste à penser “comme si la réalité, le bien et la vérité surgissaient spontanément du pouvoir technologique et économique”» (20) et «s’alimente ainsi lui-même de façon monstrueuse» (21), en s’appuyant sur l’idée d’un être humain sans limites. «Jamais l’humanité n’a eu autant de pouvoir sur elle-même et rien ne garantit qu’elle s’en servira bien, surtout si l’on considère la manière dont elle est en train de l’utiliser […].Il est terriblement risqué qu’il réside en une petite partie de l’humanité» (23). Malheureusement, comme l’enseigne aussi la bombe atomique, «l’immense progrès technologique n’a pas été accompagné d’un développement de l’être humain en responsabilité, en valeurs, en conscience» (24). L’évêque de Rome rappelle que «le monde qui nous entoure n’est pas un objet d’exploitation, d’utilisation débridée, d’ambitions illimitées»(25). Il rappelle également que nous sommes inclus dans la nature et que «cela exclut l’idée que l’être humain serait un étranger, un facteur externe capable seulement de nuire à l’environnement. Il doit être considéré comme faisant partie de la nature» (26); «les groupes humains ont très souvent « créé » l’environnement» (27).
Décadence éthique du pouvoir, entre marketing et désinformation
Nous avons fait «des progrès technologiques impressionnants et stupéfiants, et nous ne nous rendons pas compte que, dans le même temps, nous sommes devenus extrêmement dangereux, capables de mettre en danger la vie de beaucoup d’êtres ainsi que notre propre survie» (28). «La décadence éthique du pouvoir réel est déguisée par le marketing et les fausses informations, qui sont des mécanismes utiles aux mains de ceux qui disposent de plus de ressources afin d’influencer l’opinion publique. Grâce à ces mécanismes, lorsqu’il est prévu de lancer un projet à fort impact environnemental et aux effets polluants importants, on illusionne les habitants de la région en leur parlant du progrès local qui pourra être généré, ou des opportunités économiques en matière d’emploi et de promotion humaine que cela signifiera pour leurs enfants. Mais en réalité, on ne semble pas s’intéresser vraiment à l’avenir de ces personnes, car on ne leur dit pas clairement qu’à la suite de tel projet», ils se retrouveront avec «une terre dévastée» (29) et des conditions de vie bien plus mauvaises. «La logique du profit maximum au moindre coût, déguisée en rationalité, en progrès et en promesses illusoires, rend impossible tout souci sincère de la Maison commune et toute préoccupation pour la promotion des laissés-pour-compte de la société. Nous avons constaté ces dernières années que, étourdis et enchantés par les promesses de si nombreux faux prophètes, les pauvres eux-mêmes tombent parfois dans la tromperie d’un monde qui ne se construit pas pour eux» (31). Il y a «une domination de ceux qui sont nés dans de meilleures conditions de développement» (32). François les invite à se demander, «face au visage des enfants qui paieront les dégâts de leurs actions», quel est le sens de leur vie (33).
Une politique internationale faible
Dans le chapitre suivant de l’exhortation, le Pape aborde le thème de la faiblesse de la politique internationale, insistant sur la nécessité de favoriser les «accords multilatéraux entre les États» (34). Il explique que «lorsqu’on parle de la possibilité d’une forme d’autorité mondiale régulée par le droit, il ne faut pas nécessairement penser à une autorité personnelle», mais à «des organisations mondiales plus efficaces, dotées d’autorité pour assurer le bien commun mondial, l’éradication de la faim et de la misère ainsi qu’une réelle défense des droits humains fondamentaux».Lesquelles doivent être dotées «d’une véritable autorité pour “assurer” la réalisation de certains objectifs auxquels on ne peut renoncer» (35). François déplore que «les crises mondiales soient perdues alors qu’elles seraient l’occasion d’apporter des changements salutaires.[3] C’est ce qui s’est passé lors de la crise financière de 2007-2008, et qui s’est reproduit lors de la crise de la Covid-19», qui a apporté «plus d’individualisme, plus de désintégration, plus de liberté pour les vrais puissants qui trouvent toujours la manière de s’en sortir indemnes» (36). «Plutôt que de sauver l’ancien multilatéralisme, il semble que le défi consiste aujourd’hui à le reconfigurer et à le recréer à la lumière de la nouvelle situation mondiale» (37), reconnaissant que de nombreux regroupements et organisations de la société civile aident à compenser les faiblesses de la communauté internationale. Le Pape cite le processus d’Ottawa sur les mines antipersonnel qui montrent comment la société civile crée des dynamiques efficaces que les Nations unies n’atteignent pas.
L’inutilité d’institutions qui préservent les plus forts
François propose «un multilatéralisme “d’en bas” et pas seulement décidé par les élites du pouvoir… On peut espérer qu’il en sera ainsi concernant la crise climatique. C’est pourquoi je répète que « si les citoyens ne contrôlent pas le pouvoir politique –national, régional et municipal– un contrôle des dommages sur l’environnement n’est pas possible non plus» (38). Après avoir réaffirmé la primauté de la personne humaine et la défense de sa dignité en toutes circonstances, François explique qu’«il ne s’agit pas de remplacer la politique, car, […] les puissances émergentes deviennent de plus en plus importantes». «Le fait que les réponses aux problèmes peuvent venir de n’importe quel pays, aussi petit soit-il, finit par faire reconnaître le multilatéralisme comme une voie inévitable» (40). Un «cadre différent pour une coopération efficace est nécessaire. Il ne suffit pas de penser aux rapports de force, mais aussi à la nécessité de répondre aux nouveaux défis, et de réagir avec des mécanismes mondiaux». Nous avons besoin de «règles globales et efficaces» (42). «Tout cela suppose l’initiation d’un nouveau processus de prise de décisions» ; nous avons besoin d’«espaces de conversation, de consultation, d’arbitrage, de résolution des conflits et de supervision sont nécessaires, bref, une sorte de plus grande “démocratisation” dans la sphère mondiale pour exprimer et intégrer les différentes situations. Il n’est pas utile de soutenir des institutions dans le but préserver les droits des plus forts sans se préoccuper des droits de tous» (43).
Conférences sur le climat
François en arrive aux considérations à propos des différentes conférences sur le climat qui se sont tenues jusqu’à présent. Il rappelle celle de Paris, dont l’accord est entré en vigueur en novembre 2016, mais «bien qu’il s’agisse d’un accord contraignant, toutes les exigences ne sont pas des obligations au sens strict et certaines d’entre elles laissent une grande marge de manœuvre» (47), il n’y a pas de sanctions en cas de non-respect et il n’y a pas d’outils efficaces pour faire respecter les engagements. Et «on travaille encore à renforcer les procédures concrètes de suivi, et à fournir des critères généraux pour comparer les objectifs des différents pays» (48). Le Pape mentionne la déception de la COP de Madrid et rappelle que la COP de Glasgow a relancé les objectifs de Paris, avec de nombreuses «exhortations», mais «les propositions visant à assurer une transition rapide et efficace vers des énergies alternatives et moins polluantes n’ont pas pu progresser»(49). La COP27 organisée en Égypte en 2022 «a été un nouvel exemple de la difficulté des négociations» et bien qu’elle ait produit «au moins permis d’avancer dans le renforcement du système de financement des “pertes et dommages” dans les pays les plus touchés par les catastrophes climatiques» (51), même sur ce point, de nombreux points sont restés «imprécis». Les négociations internationales «avancer de manière significative en raison de la position des pays qui mettent leurs intérêts nationaux au-dessus du bien commun général. Ceux qui souffriront des conséquences que nous tentons de dissimuler rappelleront ce manque de conscience et de responsabilité»(52).
Qu’attendre de la COP à Dubaï?
Concernant la COP28, François écrit que «dire qu’il n’y a rien à espérer serait un acte suicidaire qui conduirait à exposer toute l’humanité, en particulier les plus pauvres, aux pires impacts du changement climatique» (53). «Nous ne pouvons renoncer à rêver que cette COP28 conduira à une accélération marquée de la transition énergétique, avec des engagements effectifs et susceptibles d’un suivi permanent. Cette Conférence peut être un tournant» (54). Le Pape note que «la transition nécessaire vers les énergies propres comme les énergies éolienne et solaire, en abandonnant les combustibles fossiles, ne vas pas assez vite. Par conséquent, ce qui est fait risque d’être interprété comme un simple jeu de diversion» (55). On ne peut pas se contenter de chercher un remède technique aux problèmes, «nous courons le risque de rester enfermés dans la logique du colmatage, […] alors qu’un processus de détérioration que nous continuons à alimenter se déroule par-dessous» (57).
Cesser de ridiculiser la question environnementale
François appelle à mettre fin aux «moqueries irresponsables qui présentent ce sujet comme étant uniquement environnemental, “vert”, romantique, souvent ridiculisé par des intérêts économiques. Acceptons enfin qu’il s’agit d’un problème humain et social aux multiples aspects. C’est pourquoi le soutien de tous est nécessaire». En ce qui concerne les protestations des groupes radicalisés, le Saint-Père déclare qu’«ils comblent un vide de la société dans son ensemble qui devrait exercer une saine “pression”; car toute famille doit penser que l’avenir de ses enfants est en jeu»(58). Le Souverain pontife espère que de la COP28 émergeront des «contraignantes de transition énergétique» efficaces, «contraignantes et facilement contrôlables» (59). «Espérons que ceux qui interviendront seront des stratèges capables de penser au bien commun et à l’avenir de leurs enfants, plutôt qu’aux intérêts circonstanciels de certains pays ou entreprises. Puissent-ils montrer ainsi la noblesse de la politique et non sa honte. Aux puissants, j’ose répéter cette question: «Pourquoi veut-on préserver aujourd’hui un pouvoir qui laissera le souvenir de son incapacité à intervenir lorsqu’il était urgent et nécessaire de le faire?» (60).
Un engagement qui découle de la foi chrétienne
Le Pape rappelle que les motivations de cet engagement découlent de la foi chrétienne, encourageant «les frères et sœurs des autres religions à faire de même» (61). «La vision judéo-chrétienne du cosmos défend la valeur particulière et centrale de l’être humain au milieu du concert merveilleux de tous les êtres». «Nous et tous les êtres de l’univers, sommes unis par des liens invisibles, et formons une sorte de famille universelle, une communion sublime qui nous pousse à un respect sacré, tendre et humble»(67). Cette communion «n’est pas le produit de notre volonté, cela a une autre origine qui est à la racine de notre être, car Dieu nous a unis si étroitement au monde qui nous entoure» (68). Ce qui est important, écrit François, c’est de se rappeler «qu’il n’y a pas de changement durable sans changement culturel, sans maturation du mode de vie et des convictions des sociétés, et il n’y a pas de changement culturel sans changement chez les personnes»(70). «L’effort des ménages pour polluer moins, réduire les déchets, consommer avec retenue, crée une nouvelle culture. Ce seul fait de modifier les habitudes personnelles, familiales et communautaires»contribue à «de grands processus de transformation qui opèrent depuis les profondeurs de la société» (71). Le Souverain pontife conclut son exhortation en rappelant que «les émissions par habitant aux États-Unis sont environ le double de celles d’un habitant de la Chine, et environ sept fois supérieures à la moyenne des pays les plus pauvres». Le Saint-Père affirme «qu’un changement généralisé du mode de vie irresponsable du modèle occidental auraient un impact significatif à long terme. De la sorte, avec les décisions politiques indispensables, nous serions sur la voie de l’attention mutuelle» (72).
« Salut, Marie, Dame sainte, Reine, Sainte mère de Dieu, vous êtes la Vierge devenue Eglise ; choisie par le très saint Père du ciel, consacrée par lui comme un temple avec son Fils bien-aimé et l’Esprit Paraclet ; vous en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et Celui qui est tout bien. Salut, Palais de Dieu ! Salut, Tabernacle de Dieu ! Salut, Maison de Dieu ! Salut, Vêtement de Dieu ! Salut, Servante de Dieu ! Salut, Mère de Dieu ! Et salut à vous toutes, saintes Vertus, qui, par la grâce et l’illumination de l’Esprit-Saint, êtes versées dans le cœur des fidèles, vous qui, d’infidèles que nous sommes, nous rendez fidèles à Dieu ! Amen. »
« Sainte Mère de Dieu, douce et belle, prie pour nous le Roi livré à la mort, ton Fils très doux, notre Seigneur Jésus-Christ, de nous accorder, par sa bonté et par la vertu de sa très sainte incarnation et de sa mort très amère, le pardon de nos péchés. Amen. »
« Je vous salue, ô sainte dame, reine très sainte, Marie, Mère de Dieu, toujours Vierge, choisie du haut du ciel par le Père très saint, consacrée par lui et par son très saint Fils bien-aimé et par l’Esprit consolateur, vous en qui ont été et sont toute plénitude de la grâce et tout bien. Je vous salue, ô palais de Dieu. Je vous salue, son tabernacle. Je vous salue, sa demeure. Je vous salue, son vêtement. Je vous salue, sa servante. Je vous salue, sa mère, et vous toutes, ô saintes vertus, qui, par la grâce et l’illumination du Saint-Esprit, êtes répandues dans les cœurs des fidèles, pour, d’infidèles qu’ils sont, les rendre fidèles à Dieu. Ainsi soit-il. »
« Salut, ô sainte Dame, Reine très sainte, Mère de Dieu, Marie, Vous la Vierge perpétuelle, choisie du haut du Ciel par le Père très saint, consacrée par Lui et par Son très saint cher Fils et l’Esprit consolateur, Vous en qui se sont trouvés unis et résident la plénitude de la Grâce et le Bien universel. Salut, Palais de Dieu ! Salut, Tabernacle de Dieu ! Salut, Maison du Seigneur ! Salut, Vêtement du Seigneur ! Salut, Servante du Seigneur ! Salut, Mère de Dieu ! Salut, ô Vous toutes, saintes Vertus qui, par la grâce et l’illumination du Saint-Esprit, vous infusez dans le cœur des fidèles et faites des infidèles les disciples de Dieu. Ainsi soit-il ».
Saint François d’Assise (1182-1226)
Le Cantique en l’honneur de la pauvreté de St. François d’Assise « Ô notre Dame la Pauvreté, Reine de toutes les vertus, pouvoir rien posséder en propre sous le Ciel » :
« Ô mon Seigneur, ô compatissant Jésus-Christ, ayez pitié de moi et de notre Dame la Pauvreté ; car son amour me met hors de moi, et sans elle je ne puis goûter le repos. Vous le savez bien, Vous, mon Seigneur, puisque c’est Vous qui avez blessé mon cœur de cet amour. Or, la Pauvreté demeure plongée dans la tristesse, elle est repoussée de tous les hommes. Elle, la Reine de l’univers, la voilà devenue semblable à une veuve délaissée ; elle apparaît vile, digne de mépris, alors qu’elle est la Reine de toutes les vertus. Assise dans la fange, elle se plaint d’avoir vu ses amis la mépriser et se transformer en ennemis. Depuis longtemps ils lui ont prouvé qu’ils sont des adultères et non pas des époux. Ô Seigneur Jésus, si la Pauvreté est la Reine des vertus, c’est que Vous-même, quittant le séjour des Anges, Vous êtes descendu sur la terre pour Vous la fiancer par un amour à jamais durable, et afin de former en elle, d’elle et par elle tous ceux qui sont des enfants de perfection. De son côté, elle s’est attachée à Vous avec une inviolable fidélité. Elle a commencé à Vous donner ses soins empressés dès le sein de Votre Mère, alors que Vous revêtant d’un corps animé, Vous l’avez pris si misérable. Au sortir du sein de Marie, elle Vous reçut dans la sainte crèche et dans l’étable, et, tandis que Vous demeuriez dans le monde, elle Vous a retranché toutes choses jusqu’à ne pas Vous laisser où reposer Votre tête. Compagne d’une fidélité à toute épreuve, lorsque Vous engageâtes le combat de notre rédemption, elle Vous accompagna résolument, et, comme un écuyer inséparable, elle se tint à Vos côtés dans la lutte de votre Passion. Vos disciples se retiraient, ils reniaient Votre nom ; mais elle ne Vous abandonna pas, et elle Vous entoura fidèlement du long cortège dont elle marche environnée. Votre Mère Elle-même, qui cependant Vous honora avec tant de constance et s’unit à Vos angoisses avec un sentiment si profond de douleur, Votre Mère, dis-je, et une telle Mère ! Ne pouvait arriver jusqu’à Vous à cause de la Croix ; mais notre Dame la Pauvreté s’en vint avec toute sa suite de souffrances, comme avec autant de serviteurs ; elle s’attacha à Vous plus étroitement que jamais, elle s’y unit plus intimement par la douleur. Elle ne prit pas le temps de polir votre Croix, ni même d’y donner une façon grossière ; elle ne forgea pas, comme on le croit, les clous en nombre suffisant pour Vos blessures, elle n’en aiguisa pas la pointe, elle n’en fit pas disparaître les aspérités ; mais elle en prépara seulement trois, grossiers, rudes et obtus, très propres à aider Votre supplice. Tandis que Vous étiez consumé par l’ardeur de la soif, cette épouse fidèle Vous assista avec une vive sollicitude, pour empêcher qu’il Vous fut possible d’avoir au moins un peu d’eau, et, par les mains des satellites impies elle Vous composa un breuvage d’une telle amertume, qu’il Vous devint plus facile d’y goûter que de le boire. Vous avez donc rendu l’esprit au milieu des embrassements étroits de cette épouse. Mais alors même, toujours persévérante, elle présida aux dispositions de Votre sépulture, et ne Vous permit pas d’avoir un tombeau, des parfums et un linceul, autrement qu’à titre d’emprunt. Cette épouse très sainte fut également présente à votre Résurrection ; elle jouissait de Vos embrassements ; lorsque Vous sortîtes glorieux du tombeau ; car Vous laissiez là ce que Vous aviez emprunté et ce qu’on Vous avait donné. Vous l’avez conduite avec Vous au ciel ; puis Vous avez remis à notre Dame la Pauvreté le sceau du Royaume des Cieux, pour en marquer les élus qui désirent s’avancer dans le chemin de la perfection. Oh ! Qui donc n’aimera pas notre Dame la Pauvreté de préférence à tout le reste ? Je Vous demande d’être marqué d’un tel sceau, je désire être enrichi d’un tel trésor. Que mon partage et celui des miens, ô très pauvre Jésus, soit de ne pouvoir rien posséder en propre sous le Ciel, à cause de votre Nom. »
Ainsi soit-il.
Saint François d’Assise (1182-1226) – Commentaire du XIII Sermon (Traduction de M. Berthaumier)
L’Antienne Mariale de Saint François d’Assise « Sainte Vierge Marie, aucune n’est semblable à Toi parmi les femmes de ce monde » :
« Vierge sainte Marie, aucune autre femme née en ce monde ne T’es comparable : Tu es la Fille et la Servante du TRES-HAUT et souverain Roi, le Père qui est aux cieux ; Tu es la Mère du très saint, Notre-Seigneur Jésus-Christ ; Tu es l’épouse de l’Esprit-Saint ! Par Ta prière, entourée de l’archange saint Michel, et de tous les anges des cieux, et de tous les saints, avive nos prières, Toi qui es près de ton saint et bien-aimé Fils, le Seigneur et le Maître. Gloire au Père, et au Fils et à l’Esprit-Saint, comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »