L’Instrumentum laboris, boussole du synode entre mémoire et nouvelle vision

L’Instrumentum laboris, boussole du synode entre mémoire et nouvelle vision

Le rapporteur général du synode, le cardinal Jean-Claude Hollerich, a présenté le document de base des travaux synodaux. Il a ouvert le premier module de discussion « pour une Église synodale. Une expérience intégrale », invitant les participants à l’assemblée: réfléchissons et prions pour offrir une «parole méditée», non «une opinion improvisée sur le moment».

Michele Raviart – Cité du Vatican

Pour répondre à la question de savoir quels sont les signes caractéristiques d’une Église synodale, il faudra «exercer la faculté de mémoire dans son sens le plus profondément spirituel», afin de renouer avec les deux années de cheminement qui ont précédé le début de l’Assemblée générale. Il faut se préparer à ce que «notre travail soit fructueux» et à ce que «notre discernement commun progresse». C’est ce qu’a rappelé aux pères synodaux le cardinal Jean-Claude Hollerich, rapporteur général du Synode, à la fin de la première Congrégation générale, en introduisant le premier module de discussion sur l’instrumentum laboris « Pour une Église synodale. Une expérience intégrale ».

Retrouver la mémoire du chemin synodal

Indépendamment de l’implication personnelle jusqu’à présent -de ceux qui ont contribué à la rédaction des documents finaux après les étapes continentales à ceux qui ont écouté les comptes-rendus des équipes synodales nommées- le chemin synodal parcouru jusqu’à présent a laissé des traces. «Des pensées, émotions, sentiments, intuitions, doutes, peurs, enthousiasmes» que le cardinal Hollerich invite à retrouver tant à travers sa propre expérience qu’à l’écoute des religieux et des fidèles laïcs rencontrés jusqu’ici. «La mémoire avec laquelle entrer en contact, dit-il, est la mémoire collective du peuple de Dieu, non seulement la mémoire personnelle de chacun».

Libérer la vision d’ensemble du risque d’abstraction

L’objectif doit être de rendre fructueuse l’alternance entre les cercles mineurs et les Congrégations générales, en nourrissant une vision d’ensemble du Synode, «qui constitue la perspective de sens et évite la dispersion dans les détails». «En même temps, le caractère concret des questions que nous aborderons par la suite, souligne le cardinal, libère la vision d’ensemble du risque d’abstraction et de généralisation».

Se laisser guider par la conversation de l’Esprit

Dans les cercles mineurs qui débutent le 5 octobre et qui, pour ce premier module, se termineront samedi 7 au matin, les pères synodaux disposeront de quatre minutes «pour communiquer ce qui leur tient le plus à cœur». Se laissant guider par la méthode de la «conversation de l’Esprit» -discernement commun d’une parole méditée et nourrie par la prière- tous sont invités à centrer leur intervention sur «ce qui nous semble le plus important et le plus significatif, ce que nous sentons émerger le plus fortement de notre mémoire». Après une soirée – ou une matinée – de réflexion et de prière, souligne encore le cardinal Jean-Claude Hollerich, «laissons émerger les points sur lesquels nous sentons une grande clarté, mais ne négligeons pas ceux sur lesquels nous sentons qu’il y a encore du travail à faire, sur lesquels il y a un mélange d’ombre et de lumière, sans craindre de pointer les raisons de l’incertitude ou du doute».

Comme les disciples d’Emmaüs

Le rapporteur général suggère de s’inspirer de l’épisode des disciples d’Emmaüs, tiré de l’évangile de Luc. «Lorsque Jésus s’approche, sa présence et ses questions ouvrent un espace de parole et d’écoute»,explique la cardinal luxembourgeois. «Mais ensuite émergent aussi la désillusion, la frustration, la colère, la peur». «Je ne sais pas si nous vivrons beaucoup de moments de désolation au cours de notre cheminement commun», conclut-il, «mais j’ai confiance que, grâce à l’action de l’Esprit Saint, la consolation entrera dans nos cœurs, ce qui est la condition pour un bon discernement».

Les témoignages

Avant la clôture de la première Congrégation générale, deux témoignages ont été présentés par le cardinal polonais Grzegorz Ryś, archevêque de Łódź, et par Matthew Thomas, laïc. Ils ont rendu compte du chemin synodal parcouru pour préparer l’assemblée et de l’implication générée par le travail capillaire réalisé dans leurs régions respectives, en particulier parmi les dizaines de paroisses du territoire de l’archidiocèse polonais et des vicariats septentrional et méridional de l’Arabie.

Source : VATICANNEWS, le 5 octobre 2023

Synode: le Pape préconise l’écoute et le jeûne de la parole publique

Synode: le Pape préconise l’écoute et le jeûne de la parole publique

Le Pape a ouvert la 1ère congrégation générale du Synode sur la synodalité, en rappelant à tous les participants réunis dans la salle Paul VI que l’assemblée «n’est pas un parlement, ni une rencontre entre amis»: «si parmi nous il y a d’autres façons d’aller de l’avant au nom d’intérêts humains, personnels, idéologiques, ce ne sera pas un synode». François rappelle que «le protagoniste» est l’Esprit Saint; «ne l’attristons pas avec des paroles vides et des bavardages».

Vatican News

Assis à la table des représentants du Secrétariat général du Synode, le Pape a ouvert la première congrégation générale du Synode sur la synodalité et a indiqué aux plus de 460 participants le chemin à suivre au cours de ces quatre semaines de travail. Il faut faire une grande place à l’Esprit Saint, la prière, la réflexion – en particulier en se basant sur les textes de saint Basile – mais aussi à l’écoute, au jeûne de la parole publique. François souligne que le bavardage, la mondanité, les idéologies n’ont en revanche pas leur place.

Fort de ses expériences passées, le Souverain pontife a exhorté les journalistes, qui font un travail «très beau, très bon», à les aider à transmettre le message de ce temps de pause pour l’Eglise: la «priorité» est l’écoute, avant même la parole.

Le protagoniste du synode est l’Esprit Saint

Après avoir prié avec les cardinaux, les évêques, les religieux, les consacrés, et les laïcs, et chanté avec eux l’invocation à l’Esprit Saint, le Pape a prononcé un bref discours introductif, revenant sur le rôle de l’Esprit qui est le véritable «protagoniste» du Synode, et le garant de son succès. «Le protagoniste du Synode n’est pas nous, c’est l’Esprit Saint, et si nous laissons de la place à l’Esprit Saint, le Synode se déroulera bien» a d’emblée affirmé François.

Invitant les participants à prendre connaissance de quelques textes d’anthologie patristique, dont un «beau traité» de saint Basile sur l’Esprit Saint, mis à leur disposition dans différentes langues, le Pape a exhorté ses frères et sœurs synodaux «à se laisser confirmer par l’Esprit dans la foi», sans «l’attrister» en prononçant «des paroles vides, des paroles mondaines». François a une nouvelle fois mis en garde contre les bavardages, «une habitude humaine mais qui n’est pas bonne». Il note que c’est aussi une «maladie» «fréquente» parmi nous. Or «les commérages sont l’anti-Esprit», souligne-t-il. Et ainsi, insiste François, il faut laisser l’Esprit Saint nous guérir de ce mal, de la mondanité spirituelle. Le Pape demande à chacun de se dire les choses en face, mais surtout de s’écouter les uns les autres. L’écoute a la priorité sur la parole.

Les journalistes interpellés

«Lorsqu’il y a eu le Synode sur la famille, l’opinion publique, faite par les mondains parmi nous, a porté sur la communion aux divorcés, et ainsi nous sommes entrés dans le Synode. Quand il y a eu le Synode pour l’Amazonie, il s’agissait des viri probati, et ainsi nous sommes entrés dans le Synode». Evoquant la manière dont les controverses et une pression médiatique se sont superposées aux discussions en salle du synode lors des précédentes assemblées, allant même jusqu’à modifier les ordres du jour, François interpelle les journalistes et les «communicants», leur demandant «de bien faire leur travail, avec justice, afin que l’Église et les personnes de bonne volonté – les autres diront ce qu’ils veulent – comprennent que même dans l’Église, il y a la priorité de l’écoute. Transmettez cela: c’est très important».

François les appelle à une certaine «ascèse» et à faire comprendre le temps de «pause» et «de jeûne de la parole de l’Église», qui n’a rien à voir avec «la peur des évêques» à s’exprimer.

Comme il l’avait déjà fait lors de la messe d’ouverture du Synode mercredi matin, le Pape a rappelé que le Synode n’est ni un parlement, ni une réunion d’amis ou une rencontre pastorale pour résoudre tel ou tel problème. «Si parmi nous il y a d’autres façons d’aller de l’avant au nom d’intérêts humains, personnels, idéologiques, ce ne sera pas un synode», avertit François. «Le synode est un chemin que parcourt l’Esprit Saint».

Source : VATICANNEWS, le 5 octobre 2023

08.10.2023 – HOMÉLIE DU 27ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 21,33-43

Retrouver la proximité de Dieu

Vous l’avez compris, le propriétaire du domaine, c’est Dieu. Le domaine c’est son Royaume, les ouvriers de sa vigne sont ceux qui se sont engagés à faire sa volonté.

Jésus s’adresse ici aux grands prêtres et aux anciens. Ce sont eux les vignerons de la parabole. Dieu a confié sa vigne aux dirigeants d’Israël. Ensuite, il leur a envoyé des prophètes que Jésus présente ici comme des serviteurs venus recueillir les fruits de la vigne de Dieu. L’évangéliste Matthieu l’explique un peu plus loin, dans un verset très poétique : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! » (Mt 23, 37).

On comprend enfin que le fils du propriétaire c’est le Christ lui-même, que ceux-là mêmes auxquels il s’adresse finiront par vouloir tuer. Dès lors Jésus les prévient : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. » Et on comprend qu’il évoque ici un transfert de la présence réelle de Dieu, du Peuple d’Israël à l’Église.

Clairement, Jésus évoque ici la destruction du Temple de Jérusalem, qui était considéré par tout le peuple hébreu comme le lieu de la présence réelle de Dieu sur Terre – la Shekhinah – qui demeurait dans le Saint des Saints, la partie la plus sacrée du Temple, dans laquelle le grand-prêtre n’entrait, avec force précautions, qu’une fois par an, à l’occasion de la célébration du Grand Pardon – le Yom Kippour. Le Temple sera en effet détruit par les armées romaines de Titus en 70. Il n’en reste aujourd’hui, comme vestige, que les murs de soutènement de l’esplanade construite par Hérode – le mur occidental dit « des lamentations ».

On peut faire deux lectures de cet Évangile.

La première, littérale, est de considérer qu’avec cette parabole, Jésus prononce ici une prophétie, qu’il annonce la destruction à venir du Temple et la disparition de la présence réelle de Dieu du Saint des saints. C’était en effet alors une grande crainte que Dieu déserte son temple à force de dégoût du péché du peuple. D’où l’importance des rites des purification, à mesure que l’on s’approche du sacré. C’est une lecture que vous pouvez parfaitement faire : Jésus apparaît alors comme un prophète qui annonce le transfert de la présence réelle de Dieu à l’Église. Et il est certain que le Christ est prophète.

Mais une autre lecture est tout à fait possible : celle qui reconnaît derrière cet Évangile l’intention de son auteur. L’auteur de l’Évangile selon Matthieu produirait ici une actualisation, pour son époque, du message de Jésus. Il ne parlerait pas tant de faits passés – Jésus qui aurait prophétisé la destruction du Temple – que de son interprétation personnelle de cette destruction, mise rétrospectivement sur les lèvres de Jésus. On sait en effet qu’au moment où l’Évangile de Matthieu est écrit, dans les années 80, le Temple d’Israël est détruit et que son auteur s’adresse à un auditoire judéo-chrétien très sensible sur cette question. On sait en outre que c’est un procédé littéraire classique à l’époque, que d’attribuer ses propres réflexions à un personnage illustre pour leur donner du poids. C’est ainsi qu’on trouve dans les premiers temps de l’Église de nombreuses lettres faussement attribuées à Paul, dont on ignore tout des véritables auteurs sinon qu’ils sont de ses disciples (Épîtres aux Éphésiens, aux Colossiens, deuxième épître aux Thessaloniciens, première et deuxième épîtres à Timothée, épître à Tite).

Quelque soit la lecture que l’on fasse de ce passage de l’Évangile selon Matthieu, on peut en tirer le même enseignement, à savoir que ce qui fait fuir la présence divine, c’est notre volonté de souiller, de profaner, de tuer le divin.

L’Évangile poursuit (Mt 23, 38-39) : « Voici que votre temple vous est laissé : il est désert. En effet, je vous le déclare : vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Voilà la clé pour toucher désormais à la présence réelle de Dieu, bénir le Christ qui vient à nous sous deux espèces, l’Eucharistie et notre prochain.

Quelle que soit l’interprétation religieuse que l’on donne à la destruction du Temple de Jérusalem en 70, c’est un fait que le Judaïsme lui-même a dû alors se réinventer, cherchant plus intérieurement lui aussi, la présence de Dieu.

Le Christ est venu nous dire que cette présence réelle de Dieu s’est approchée tout près de nous ; que nos corps, nos esprits, nos âmes sont eux-mêmes des temples saints que Dieu veut habiter. Au fond, ce que proclame le Christ c’est l’extension du Saint des saints, le lieu le plus sacré de la Terre, à toute l’Humanité.

Si nous voulons faire de nos existences un paradis, un lieu divin, c’est possible. Le Christ est venu à notre rencontre, le Royaume de Dieu s’est effectivement approché tout près de nous puisqu’il nous a embrassés. Certes, le Temple de Jérusalem n’existe plus, mais Dieu, à l’image du Christ, peut encore régner dans nos cœurs.

A l’instar des Juifs qui craignaient que le péché fasse fuir Dieu de son temple, nous comprenons qu’il soit possible de souiller, de profaner un cœur au point de tuer en lui l’amour et ainsi le divin. C’est le même principe : le péché qui nous atteint finit par souiller notre capacité d’aimer, au point pour certains de se détourner de Dieu, ne croyant plus en l’idéal de l’amour.

La présence de Dieu dans le Saint des saint était une présence ténue, ineffable mais bien réelle, comme l’est en nous le sentiment d’amour divin, léger comme un souffle subtil que le moindre désamour risque d’étouffer.

Si ce n’est déjà fait, je vous souhaite de trouver à l’intérieur de vous-même ce souffle discret d’amour divin, léger comme la bise qui pourtant emporte tout. On le trouve en expulsant une à une toutes les contrariétés de son cœur. On a alors l’impression véritable de rayonner de l’intérieur. On sait alors que Dieu est là, en nous présent et qu’il procure la paix.

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCES.BE, le 3 octobre 2023

08.10.2023 – HOMÉLIE DU 27ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 21,33-43

Dieu neutralise le mal et le retourne en bien

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Cette semaine encore, la liturgie nous parle de la vigne. La vigne ce n’est pas seulement une récolte comme les autres. C’est surtout une passion. Le plus grand bonheur d’un viticulteur c’est de nous faire visiter sa vigne et sa cave ; sa plus grande peine c’est de voir une vigne abandonnée, livrée aux ronces, aux épines et aux sangliers.

Cette déception est d’autant plus grande que cette culture demande beaucoup de travail. Il faut s’en occuper toute l’année. Puis c’est l’attente impatiente de la vendange ; on a toujours peur que la grêle ne vienne tout ravager en quelques minutes. Les vignerons de chez nous en parleraient mieux que moi.

Le prophète Isaïe part de cette relation du vigneron et de sa vigne pour nous parler de Dieu et de son peuple. Pour le prophète cette vigne c’est le peuple d’Israël. Dieu nous est présenté comme un maître qui a tout fait pour elle. Mais cet amour passionné de Dieu est déçu. Il attendait de son peuple le droit et la justice. Or voilà qu’il se trouve pourri par le mensonge, la violence et la trahison. Les menaces dont il parle ne cherchent qu’à éviter le châtiment. Cette conversion n’a pas eu lieu et les menaces se sont réalisées.

Ce texte biblique nous rejoint aujourd’hui. Tout au long de notre vie nous sommes invités à reconnaître la tendresse de Dieu à notre égard. Dieu nous aime tous d’un amour passionné. Mais notre réponse n’est pas toujours à la mesure de cet amour. La violence, le mensonge, la trahison sont bien là. Cette l’attitude est un affront à celui qui nous a aimés jusqu’à mourir sur une croix. Mais cet amour du seigneur est bien plus fort que tous nos péchés. Il ne cesse de nous appeler à revenir vers lui de tout notre cœur. C’est à cette condition que notre vie pourra produire du fruit de bons fruits.

Dans la seconde lecture, nous avons le témoignage de Paul. Nous le voyons souvent porter un regard sévère sur le comportement des païens. Mais il sait aussi reconnaître leurs qualités. Il y a chez eux, des gestes d’accueil, de partage et de solidarité. Le premier devoir d’un missionnaire c’est de reconnaître tout ce qu’il y a de beau et de grand chez les hommes à qui il annonce Jésus-Christ. Il découvrira alors avec émerveillement que l’Esprit Saint l’a précédé dans le cœur de ceux et celles qu’il a mis sur sa route. Ce changement de regard nous rendra plus humbles. Il nous aidera à porter les fruits que Dieu attend de nous.

L’Évangile nous parle aussi de la vigne. Mais il y a une différence. Le problème ne vient pas de la récolte mais des vignerons. Ils ont oublié qu’ils ne sont que de simples gérants. Or voilà qu’ils se comportent comme des propriétaires. Ils gardent pour eux toute la récolte du vignoble.

Cet Évangile est aussi pour chacun de nous. Le Seigneur nous a confié les biens du Royaume. Il nous a confié la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Nous sommes envoyés pour en être les messagers. Mais nous ne devons pas oublier que nous ne sommes pas à notre compte. La mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Seigneur. Nous vivons dans un monde qui cherche à le mettre dehors. Mais son amour crucifié sera plus fort que tout. C’est avec lui que notre vie portera du fruit.

Pour répondre à cet appel, nous avons besoin de l’aide du Seigneur. Dans nos vies, il y a toujours le péché qui nous détourne de lui. Mais à partir d’un mal, Dieu peut toujours faire surgir un bien. Il a retourné le triple reniement de Pierre pour en faire l’occasion d’une triple déclaration d’amour. Et c’est ainsi qu’il a pu donner à Pierre une confiance encore plus grande. Le même Christ est capable de retourner les pires criminels pour en faire des saints. Il est également capable de faire de nous ses amis.

C’est ainsi que le Seigneur nous renouvelle sa confiance. Il nous appartient de nous en montrer digne. Depuis le concile Vatican II, les baptisés redécouvrent précisément cette dignité de membres du peuple de Dieu. Cela vaut la peine de lire les textes qui parlent du sacerdoce commun des baptisés. Il importe que chacun de nous se montre digne de la confiance que Jésus nous fait. C’est à nous qu’il confie la gérance de sa vigne. En ce jour, nous te prions, Seigneur : Donne-nous d’être de bons serviteurs de ton Royaume. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 1er octobre 2023

Ce sera pour la fête de Notre Dame du Rosaire.

Notre Dame de Fatima honorée par la communauté portugaise de Digoin (Charolais

En préparation de la fête de Notre Dame du Saint Rosaire de samedi prochain, le titre reprend la phrase prononcée par Notre Dame le 19 aout 1917 aux Valinhos en parlant des 2 brancards de procession que devront porter les petits voyants de Fatima. 

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      L’image de Notre Dame de Fatima est inhabituelle pour une procession : c’est sa représentation soulignant le Cœur Immaculé de Marie : Cette représentation orne la façade de la basilique du Saint Rosaire à la Cova da Iria et l’intérieur de la chapelle du carmel de Coïmbra. Elle se montra ainsi la première fois le 13 juin 1917 puis le 10 décembre 1925 à Pontevedra. 

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I Vendredi 6 octobre : Premier vendredi du mois 

        Si nous le pouvons, honorons, en ce mois du très saint Rosaire, ce jour consacré au Sacré-Cœur de Jésus, en assistant à la messe et en y communiant. Comme l’a dit Notre Seigneur à sainte Marguerite Marie, cette communion réparera nos fautes passées et si nous communions 9 premiers vendredis du mois de suite, Notre Seigneur sera notre asile à l’heure de notre mort. Rappelons aussi que le Cœur Immaculé de Marie a été promis comme refuge et chemin vers Dieu à la petite Lucie le 13 juin 1917. Elle découvrait que ses cousins iraient bientôt au ciel et confiait tristement à Notre Dame : ‘’ Je vais rester ici toute seule ? ‘’ qui lui répondit : ‘’ Non ma fille. Tu souffres beaucoup ? Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

      Si nous ne pouvons pas aller à la messe ce jour, méditons le second mystère douloureux à l’aide du lien https://salve-corda.org/meditations/meditation-1er-samedi-doctobre-2023/

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   II Samedi 7 octobre : premier samedi du mois.  

            Le mois du Rosaire est déjà bien commencé lorsqu’arrive ce jour si spécial pour nous qui honorons Notre Dame à travers la dévotion à son Cœur Immaculé. L’Ange du Portugal avait à 2 reprises parlé des Cœurs de Jésus et de Marie et avait terminé son message la dernière fois, en invoquant le Cœur Immaculé de Marie comme moyen de conversion des pécheurs. C’était comme un rappel de la communication de Notre Dame le 8 décembre 1840 à Justine Bisqueyburu dans le cadre de la puissance du scapulaire vert et de la prière que Notre Dame y avait associé : ‘’Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort ‘’

       La dévotion particulière en ce premier samedi d’octobre a d’abord été la promesse du salut pour ceux qui pratiqueraient cette dévotion. Mais nous avons vu que la référence au Cœur Immaculé de Marie était le canal à utiliser pour demander et obtenir le salut d’une âme à sauver en demandant à Notre Dame de lui appliquer les fruits de cette dévotion, (après l’avoir obtenu pour nous-même).

          Alors, ne manquons pas de poursuivre nos efforts pour continuer cette dévotion, pour nous d’abord, si c’est la première fois, puis pour l’âme que nous avons désignée à Notre Dame car cette personne a tous les aspects extérieurs de quelqu’un en grand danger de se perdre.  La charité chrétienne nous recommande de nous intéresser à ‘’notre proche ‘’ le plus proche, notre parenté ascendante puis descendante, et ainsi de suite, nos amis, ou encore quelqu’un qui nous veut du mal ! Comment choisir ? En demandant à notre ange gardien, ou à Notre Dame. Suivant notre âge, le choix est plus ou moins facile. Nous ne pouvons sauver qu’une personne tous les 5 mois ! Et combien de mois nous reste-il en étant encore capable de le faire ?   Mais quelle joie Dieu nous donne lorsque nous apprenons qu’une personne pour laquelle nous avions offert le fruit de cette dévotion est décédée en manifestant peu avant sa mort un changement d’attitude vis-à-vis de Dieu ! A moins que cette transformation soudaine nous soit cachée, comme ayant lieu pendant le temps s’écoulant ‘’ entre le pont et l’eau » pour l’époux de la femme que rassurait le Curé d’Ars sur le salut de son mari qui venait de se suicider en se jetant d’un pont. Ce dernier offrait des fleurs à son épouse pour orner un petit oratoire ou cette dernière priait inlassablement pour sa conversion.

       Le plus dur, c’est la confession, si possible une semaine avant le premier samedi ou une semaine après. Il y a aussi la communion, le chapelet, la méditation sur un des mystères du rosaire. Bien sûr il faut faire ces actes en esprit de réparation aux outrages envers de Cœur Immaculé de Marie. Ce mois ci, nous réparerons les offenses de ceux qui outragent la Très Sainte Vierge Marie directement dans ses saintes images.

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III Samedi 7 octobre : Fête de Notre Dame du Saint Rosaire 

            A Fatima, c’est le 13 juillet 1917 que Notre Dame parla pour la première fois de Notre Dame du Rosaire que l’église fête ce jour en mémoire de la victoire de Lépante obtenue par la récitation du rosaire demandée à toute la chrétienté par le pape Pie V qui institua cette fête en remerciement de cette victoire navale contre les forces Turques. (Pour les détails de cette bataille, suivre le lien

https://hozana.org/publication/39773-7-octobre-fete-de-notre-dame-du-tres-saint-rosaire )

Au tout début de l’apparition du 13 juillet, à laquelle Lucie n’était venue que grâce à la prière de François qui avait prié dans cette intention toute la nuit précédente, Notre Dame avait en quelque sorte rappelé sa demande initiale, comme en prévision de leur impossibilité d’être présent le mois suivant :

‘‘ Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’Elle seule pourra vous secourir. »

L’humilité de Notre Dame fait qu’Elle ne se nommera que 3 mois plus tard, mais rappellera à 2 autres reprises, le 19 aout et le 13 septembre que Notre Dame du Rosaire devra être  honorée, en plus du chapelet tous les jours, ce jour particulier, par une procession avec des brancards.

       Le contexte était le suivant : Suite à la question de Lucie à propos de l’argent déposé le 13 aout précédent aux pieds du portique, argent que conservait Maria Careira (dite ‘’ Maria de la Capelhina ‘’ ) et dont personne ne voulait, Lucie demanda le 19 aout : 

– Que voulez-vous que l’on fasse de l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ? Réponse de Notre Dame :

            ‘’ Que l’on fasse deux brancards de procession. Tu porteras l’un avec Jacinthe et deux autres petites filles habillées de blanc ; l’autre que François le porte avec trois autres garçons comme lui, vêtus d’une aube blanche. Ce sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire.

Ce qui restera sera pour aider à construire une chapelle que l’on fera faire.

       Le mois suivant, le 13 septembre, Notre Dame reviendra sur la fête de Notre Dame du Rosaire et sera plus précise sur l’affectation de l’argent que les gens continuaient à laisser à la Cova da Iria.

 » Avec la moitié de l’argent reçu jusqu’à ce jour, que l’on fasse les brancards de procession et qu’on les porte à la fête de Notre-Dame du Rosaire ; que l’autre moitié soit pour aider à la chapelle.

          Il restait 3 semaines avant la fête. Les paroles de Notre Dame semblent laisser supposer que les brancards n’étaient pas encore réalisés, et qu’il n’était pas habituel de magnifier cette fête à cette époque. Maintenant on savait quel prix il fallait y mettre et la somme initiale avait dû augmenter pour que Notre Dame précise le 13 septembre ‘’ jusqu’à ce jour ». La petite Lucie avait dû rappeler une seconde fois à sa mère que Notre Dame voulait que sa fille soit à l’honneur ce jour-là en portant un des brancards ; Pour ses cousins, cela avait dû être plus facile à admettre par leurs parents, et c’était aussi une sorte de reconnaissance des privilèges accordés par Notre Dame. Le curé de Fatima avait dû se poser beaucoup de questions en apprenant la volonté de Notre Dame manifestée à 2 reprises. 

        Rappelons les doubles précisions rappelées pour cette procession, l’une sur l’habillement des porteurs, l’autre sur la séparation des garçons et des filles.  Dans nos paroisses, rappelons ces paroles de Notre Dame aux Valhinos et essayons de les faire respecter pour le port de brancards dans les processions.  La photo illustrant cette publication montre que la communauté portugaise de Digoin respectait la recommandation de Notre Dame quant à l’identité des porteurs.

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Prière à la Bienheureuse Vierge Marie, pour bien réciter le chapelet


      Aux trois petits bergers de Fatima qui vous demandaient qui vous étiez, vous avez répondu lors de votre dernière apparition à la Cova da Iria : « Je suis Notre-Dame du Rosaire », confirmant ainsi la demande répétée six fois, à chacune de vos six apparitions : « Récitez le chapelet tous les jours ».
Veuillez accepter l’hommage que je dois à votre sollicitude pour toutes les grâces que vous m’avez obtenues de la part de votre divin Fils.
Que mes pensées, mes prières, mes intentions, mes actions, mes propos vous soient consacrés malgré leurs imperfections, leur pauvreté.
Apprenez-moi, Notre-Dame du Saint Rosaire :

– à bien prier le chapelet,
– à bien méditer chacun de ses mystères,
– à en pénétrer profondément le sens,
– à en nourrir mon âme,
– à le faire connaître à ceux qui en ignorent la beauté et la puissance,
– à le faire aimer et à y être fidèle,
– à en faire un bouclier contre les assauts et les tentations de Satan,
– à en faire une arme offensive pour l’honneur de Notre Seigneur.

-Soyez à mes côtés lorsque j’en égrène un à un les Pater et les Ave. Ajoutez à mes prières ce qui leur manque. Donnez-leur la ferveur que les distractions leur enlèvent. Faites que chaque mot soit l’expression de ma reconnaissance et de ma gratitude à votre égard et à l’égard de votre divin fils Notre Seigneur dont vous seule pouvez obtenir miséricorde.
Ainsi soit-il.

Source: HOZANA