D’abortiste à convertie : quand la foi déplace les montagnes

Amaia Martinez Lopez est devenue Maria de Himalaya après sa rencontre avec le Christ, parce que la foi peut déplacer des montagnes, même celles qui pèsent sur nos cœurs. Voici son histoire extraordinaire.

Amaia Martinez Lopez est devenue Maria de Himalaya après sa rencontre avec le Christ, parce que la foi peut déplacer des montagnes, même celles qui pèsent sur nos cœurs. On peut trouver sur le web plusieurs de ses discours où elle raconte sa conversion. Nous en avons choisi un, datant d’avril dernier.

Née en 1973 dans une famille non croyante, à l’adolescence elle fait de sa liberté – selon sa propre expression – « une apostasie de Dieu ». Elle devient infirmière et rejoint les rangs des féministes : elle partage avec elles l’idée que les femmes doivent avoir la maîtrise absolue de leur corps, sans se soucier des conséquences de ce choix.

Elle est ensuite employée dans une clinique privée pratiquant l’avortement à Bilbao, en Espagne. Devenue kinésithérapeute, elle ouvre elle-même une clinique privée et connaît un succès professionnel considérable qui, comme elle l’avoue, ne donne pas de sens à son existence.

Maria de Himalaya, marquée par son rôle actif en procurant des avortements, a réalisé plus tard, une fois convertie, que le monde d’aujourd’hui est un grand camp d’extermination d’enfants et de femmes parce que, si on enlève la maternité aux femmes, on leur enlève la vie. C’est un camp d’extermination parce qu’ils exterminent la liberté de penser, d’avoir une opinion, de contredire. Mère Teresa de Calcutta a dit un jour qu’il n’y a pas de pays plus pauvre que celui qui a légalisé le meurtre d’innocents par peur et par égoïsme. Un camp de concentration sans barbelés parce que les gens sont esclaves de la pensée unique, même s’ils se sentent libres. Ceux qui se rendent compte de l’existence de cet esclavage sont persécutés.

Maria poursuit en révélant que d’infirmière, elle est devenue sadique et que les médecins avec lesquels elle travaillait sont devenus des bourreaux. Elle s’est mariée, mais le vide intérieur ne lui a laissé aucun répit. En chacun de nous, dit-elle, il y a une blessure : celle de ne pas se sentir aimé. Elle a cherché l’amour dans sa profession, parmi ses amis, auprès de son mari, mais ne l’a pas trouvé.

Martinez Lopez est une athlète qui parcourt des distances allant jusqu’à 160 km en montagne et qui a remporté de nombreuses compétitions. Elle admet qu’elle s’est adonnée au sport pour combler le vide de ne pas se sentir aimée et de ne pas pouvoir aimer. Et elle précise : le symptôme le plus singulier d’une avorteuse est l’incapacité d’aimer et de se laisser aimer. La course à pied était une façon de cacher ce qu’elle avait fait. Elle a couru parce qu’elle pensait que la course lui rendait une certaine dignité. Mais c’était une illusion. Une semaine après les courses, le non-sens revenait en elle et alors, comme une droguée, elle s’inscrivait à des courses encore plus éprouvantes. Mais cela ne sert à rien : ses compagnons de route s’appellent désormais anorexie, boulimie, crises de panique, automutilations.

Le 11 janvier 2017, après 28 ans de relation, son mari l’abandonne. Et tout s’écroule sur elle : la carrière réussie de superwoman, riche, talentueuse dans le sport s’efface d’un seul coup. Tout s’est écroulé parce que tout était construit sur de la boue. La nuit qui a suivi le départ de son mari, elle a clairement entendu une voix intérieure, qui, comme Maria a tenu à le préciser, se manifeste lorsque nous sommes prostrés par le chagrin, une voix démoniaque. Cette voix lui murmurait : « Personne ne t’aime et c’est pour cela que tu es seule. Tu es mauvaise. Et il n’y aura personne pour t’aider ».  Réponse de Marie : « Et je l’ai crue. J’ai alors demandé à cette voix ce qu’il fallait faire. Elle m’a dit : ‘Prends ta vie. Là, tu trouveras la paix, alors tu résoudras tout' ».

Un certain temps s’est écoulé jusqu’à ce que Maria décide d’en finir. Un jour, elle prit les clés de sa voiture avec l’intention de sortir et de se suicider. Les clés en main, elle s’est allongée un moment dans son lit et l’un des deux chiens qu’elle possédait lui a sauté sur les jambes. Elle ne pesait que 40 kilos, car l’un des moyens qu’elle avait imaginés pour mettre fin à ses jours était d’arrêter de manger. Elle ne mangeait qu’un bol de lait et d’avoine par jour. Maria raconte qu’elle ne pouvait pas bouger avec ce gros chien sur elle. Elle a essayé de le faire bouger, mais rien n’y a fait. Finalement, épuisée, elle s’est endormie. Elle a été réveillée par un appel téléphonique d’un ami népalais qu’elle avait rencontré il y a quelque temps lors d’une compétition au Népal. L’ami lui a dit qu’il y avait eu un tremblement de terre et que, pour atteindre certains villages, on avait besoin d’agents sanitaires de montagne expérimentés, comme elle l’était. Après un tremblement de terre en montagne, raconte toujours Maria, il est dangereux de marcher car le sol et les rochers sont tous instables. Il est très facile de glisser et de mourir. Et elle s’est dit : « Parfait !

Elle est partie le 8 mai 2017 au Népal avec l’idée d’y mourir. Un jour, bloquée par une mousson, elle voit apparaître deux Missionnaires de la Charité de Mère Teresa. Maria confie : « Je détestais beaucoup de choses, y compris l’Église catholique. Mais par-dessus tout, je détestais Jean-Paul II et Mère Teresa de Calcutta ». L’une des sœurs s’est approchée d’elle, souriante et rayonnante, et lui a pris le bras avec force, lui demandant de se rendre à un certain endroit. Elle lui a répondu de ne pas la toucher et qu’elle n’allait nulle part. Les deux sœurs sont parties en prenant un bus. Quelque temps plus tard, la religieuse lui révéla que depuis un an, les sœurs suppliaient Mère Teresa de leur fournir un kinésithérapeute bénévole, car la communauté en avait besoin.

Cette nuit-là, Maria n’a pas pu dormir car elle entendait constamment une voix lui dire qu’elle devait se rendre à l’endroit indiqué par la religieuse. Le lendemain matin, elle se rend à cet endroit, frappe à une porte et la même religieuse que la veille vient lui ouvrir. Elle n’a pas beaucoup ouvert la porte parce qu’elle avait peur d’elle. Comme la religieuse l’a raconté plus tard, elle avait vu l’enfer dans les yeux de Maria la veille. La sœur lui a demandé de revenir le lendemain pour assister à la Sainte Messe. Entendre cette demande lui donna presque de l’urticaire. Mais elle y est allée.

Maria a dit que les neuf sœurs présentes dans la chapelle rayonnaient de lumière, de paix et de bonheur. Comme il n’y avait pas de chaises, elle s’est accroupie contre un mur. Lorsque la messe a commencé, Maria a entendu une voix masculine très aimante et miséricordieuse. Son souffle est devenu court et son cœur s’est mis à battre à tout rompre. La voix lui dit : « Bienvenue à la maison ». Elle a ouvert les yeux et s’est dit : « Ce n’est qu’un cirque chrétien. On verra quand ils mourront et qu’ils se rendront compte qu’il n’y a rien de ce qu’ils avaient cru ». Elle ferma à nouveau les yeux et sa voix revint : « Bienvenue à la maison. Combien de temps as-tu mis à m’aimer ? ».

Elle ouvrit les yeux et la chapelle fut remplie d’une lumière si intense que les silhouettes des autres personnes étaient comme phagocytées par cette même lumière. Marie dit alors qu’elle a vu Jésus descendre de la croix, qui lui a souri et l’a regardée avec une profondeur infinie. « J’ai vu l’amour ». Marie a répondu à Jésus qu’elle n’avait pas foi en lui. Jésus lui sourit encore plus. Elle tombe alors de sa position accroupie sur le sol. Devant ses yeux, toutes les images de son existence ont commencé à défiler et elle a réalisé que c’était peut-être le dernier jour de sa vie.

Elle s’est mise à pleurer et à demander pardon. « J’étais enfin libre ».  En ouvrant les yeux, elle se rend compte que les neuf sœurs prient autour d’elle, croyant qu’elle est sur le point de mourir, tant son corps est froid.

Maria a ensuite révélé que, dans le passé, chaque fois qu’elle regardait ses mains, elle les voyait tellement barbouillées de sang qu’elle devait les laver compulsivement, un sang qui n’était visible que pour elle. C’était le sang des bébés avortés. Aujourd’hui, elle voit ses mains encore barbouillées de sang mais réalise que c’est le sang de l’Agneau de Dieu.

La véracité des locutions intérieures et des visions sera examinée par l’Église si nécessaire. Mais ce qui est certain, c’est que « mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il a été retrouvé » (Lc 15,24).

Source : De Tommaso Scandroglio sur la Nuova Bussola Quotidiana, le 23 octobre 2023

Le pape François et les limites de la synodalité

Le changement de dernière minute du calendrier de l’assemblée du Synode a montré un avantage et une limite de la synodalité. L’avantage est que l’écoute conduit aussi à modifier les décisions et à redéfinir ce qui était prévu. La limite est que, de cette manière, il ne semble pas y avoir, ni ne peut y avoir, de projets à long terme. Tout reste provisoire, instantané, indéfini, et seule une personne d’une hiérarchie supérieure peut véritablement remettre de l’ordre. Ainsi, alors que tout le monde s’écoute, c’est le pape, et lui seul, qui peut prendre des décisions, en ramenant tout à lui.

C’est d’ailleurs ce que le pape François a toujours fait jusqu’à présent. Le Conseil des cardinaux s’est souvent réuni, mais le pape a pris des décisions de réforme avant les réunions, où il les a présentées après coup, ou même soudainement, comme lorsqu’il a publié à la surprise générale le texte de la constitution apostolique Praedicate Evangelium.

C’est d’ailleurs un style de gouvernement qui a été testé lors du Consistoire de 2022. Pour la première fois depuis le début du pontificat, le pape François a voulu que les cardinaux se réunissent pour discuter entre eux, et la discussion a porté sur la réforme de la Curie. Mais les cardinaux ne pouvaient pas s’exprimer en assemblée générale. Ils ont été divisés en groupes linguistiques. Certains ont été contraints de remettre leur discours.

La méthodologie de ce synode est similaire. Les pères synodaux sont immédiatement divisés en cercles plus petits, en groupes de 11 ou 12 personnes. Chaque cercle ne discute cependant que d’un seul des « sous-thèmes » des modules dans lesquels la discussion a été divisée scolairement, et lorsqu’il passe au module suivant, il ne discute que d’un seul module, et ainsi de suite. En fait, personne n’a vraiment une vision globale du débat, mais chacun a une vision d’une partie particulière du débat qui a eu lieu dans son cercle.

Bien sûr, le Pape est toujours au centre, mais le point est précisément celui-ci : le Pape ne doit pas faire partie du processus synodal, mais il est appelé à garantir l’unité. L’unité est réalisée lorsque chacun a une vision complète, et non partielle, des débats.

Cette situation permet, d’une certaine manière, la formation de lobbies de communication organisés qui tendent à manipuler les situations à leur avantage. La campagne pour l’inclusion des LGBT a bénéficié de la nouvelle selon laquelle le Pape a rencontré le cofondateur et le personnel de New Ways Ministry, la campagne pour une « structure plus synodale de l’Église » a été menée par des journalistes progressistes allemands et latino-américains qui soutiennent une réforme de l’Église également en termes de démocratisation, et ainsi de suite. Tout le monde peut dire quelque chose sur le Synode parce que le Synode sur la communion, la mission et la participation est né sans direction, mais avec l’intention claire de faire parler tout le monde.

Non, ce n’est pas un talk-show, ni un Parlement – le préfet de la communication Ruffini le répète toujours – mais l’impression que l’on a est précisément celle d’un lieu où l’on discute sans décider. En effet, le Synode n’aura pas de pouvoir décisionnel, mais seulement consultatif.

Que veut donc le pape ? Réunir un grand Parlement et prendre ensuite ses propres décisions, tout en donnant l’impression que tout a changé ?

La question est légitime, si l’on considère que le pape François lui-même a dit que la « synodalité » (ou la « vie de l’Église », comme le Secrétariat général du Synode préfère l’appeler) n’était que le deuxième thème choisi pour le Synode, le premier étant la question du sacerdoce.

Pourquoi donc le pape François a-t-il choisi de parler de synodalité ? Cette question est également légitime. L’ouverture présumée de cette réunion synodale, qui comprend toutefois une élite sélectionnée de l’Église, donne à beaucoup l’impression de pouvoir participer pour la première fois aux décisions de l’Église. Mais cet aspect, sur lequel on insiste beaucoup, pose déjà quelques problèmes.

L’Église, en effet, n’est pas une structure démocratique, où chacun doit avoir une voix et où ceux qui ont une voix doivent se sentir satisfaits. Ce n’est pas un lieu où l’on pense à obtenir des parcelles de pouvoir et de responsabilité. Il s’agit plutôt d’une assemblée où l’on sert, et où l’on sert en fonction de ses compétences, sans distinction de sexe, de race et de sexualité.

La crise sous-jacente à ce Synode est une crise de la foi, qui entraîne une crise culturelle. Dans la pratique, le débat au Synode a atteint le paradoxe positiviste : tout est analysé partie par partie, mais on perd la vision d’ensemble et on risque de faire des dégâts. Avant, l’idée était de faire une analyse globale et ensuite d’aller dans les détails.

Avec le Concile Vatican II, on a essayé de partir du particulier pour arriver à l’universel, et les constitutions conciliaires sont un vrai joyau en ce sens. Mais c’est un joyau parce que le particulier est invariablement devenu universel, et non l’inverse, et qu’il l’est devenu avec le soutien d’un projet culturel qui semble aujourd’hui manquer.

Que fait-on, en effet, quand on a plus d’opinions que d’idées ? On choisit des thèmes populaires et populistes, comme l’accueil des migrants, la question de la communion pour les divorcés-remariés, l’idée d’un changement de doctrine, même si ce changement n’arrive jamais.

La culture, quant à elle, permet un sens commun dans le débat, ainsi qu’une compréhension contextualisée des faits. Elle n’évite pas les divisions, mais permet aux divisions de s’absorber et de se comprendre. La culture est synodale.

C’est une crise de la foi qui naît du fait que la foi catholique n’est connue que par la tradition ou les préjugés. C’est une crise de foi qui affecte les prêtres et, par conséquent, les évêques. C’est une crise de la foi qui est enregistrée dans les chiffres de la participation à la messe – de plus en plus bas, ce qui est également un signe de mauvais soins liturgiques.

La synodalité, cependant, ne se donne pas le temps de la construction culturelle. Obsédé par la réponse à l’ici et maintenant, le Synode se retrouve à discuter de divers sujets et à devoir inclure tout le monde, tout en changeant le calendrier pour donner plus de discernement aux pères synodaux. Ou bien le Secrétariat général du Synode a-t-il besoin de discernement ?

La synodalité est une limite, et pratiquée de cette manière, elle a une limite encore plus grande. Il y a une forte fragmentation, et cela peut vraiment conduire à une Église qui se replie sur elle-même et sur quelques grands thèmes, en perdant de vue le débat commun.

Pourtant, le moment est venu de reconstruire. Pas à partir du Synode, sans doute, car celle du Synode risque de devenir une dictature de la majorité. Mais il faut reconstruire. D’autre part, l’Apocalypse demandait : « Quand le Fils de l’homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur cette terre ? »

Source : D’Andrea Gagliarducci sur le Monday Vatican, le 23 octobre 2023

Mgr Charles Maung Bo: Le synode, une longue marche vers l’espérance

Cardinal Charles Maung Bp, archevêque de Rangoun, Birmanie, et président de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie.

Mgr Charles Maung Bo: Le synode, une longue marche vers l’espérance

La messe ouvrant les travaux du synode dans la matinée de ce lundi 23 octobre a été célébrée par le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Yangon, Myanmar, et président de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie, en la basilique Saint-Pierre. Dans son homélie, l’archevêque a appelé l’Eglise à être juste et à incarner un voyage synodal dans la foi, avec la conviction que Dieu ne faillit jamais à ses promesses.

Christian Losambe, SJ – Cité du Vatican

Depuis la création, l’humanité poursuit une quête spirituelle incessante, une odyssée marquée par une recherche inébranlable de sens. Présent dans l’histoire de cette humanité brisée, tel que nous pouvons le voir dans les Saintes Ecritures, «Dieu n’abandonne jamais son peuple», a souligné le Cardinal Charles Maung Bo au cours de sa prédication, appelant l’Eglise à être juste et à incarner un voyage synodal dans la foi, à l’instar d’Abraham.

S’aventurer dans l’inconnu, guidés par notre foi

Malgré l’incertitude des voyages que nous entreprenons dans la vie et dans la foi, «nous sommes pourtant appelés à nous aventurer dans l’inconnu, guidés par notre foi inébranlable», a affirmé Mgr Charles Maung Bo. À travers les moments les plus sombres et les plus tumultueux de la vie, l’archevêque de Rangoun a expliqué que c’est la foi qui éclaire notre chemin en nous permet de voir la grâce de Dieu. Sur ce, l’Eglise est appelée à être juste, à incarner un voyage synodal dans la foi avec la conviction que Dieu ne faillit jamais.

En outre, le président de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie a spécifié que même si l’Eglise n’atteint pas la destination prévue, la participation au voyage est une bénédiction en soi. «Nous comprenons que ce voyage synodal est intergénérationnel, initié par l’Église et inaugurant une longue marche d’espérance pour toute l’humanité, même au milieu des bouleversements mondiaux, comme en témoignent les événements récents en Asie occidentale et dans d’autres régions du monde», a-t-il dit.

Un voyage synodal de guérison et de réconciliation dans la paix et la justice

La parabole du riche propriétaire terrien que nous présente l’évangile du jour «sert de métaphore au monde d’aujourd’hui, où les guerres et l’industrie de l’armement amassent de grandes richesses aux dépens de la souffrance de millions de personnes», a affirmé le cardinal Charles Maung Bo.  Il a rappelé que Dieu a un plan pour chacun d’entre nous et pour l’Eglise, en nous invitant à aligner nos voyages et nos projets sur sa volonté. Nous sommes appelés à croire en «un Dieu qui désire un voyage humain d’espérance et de guérison, en ajustant nos rêves au plan de Dieu pour nous», a poursuivi l’archévêque.

S’adossant sur la parabole du propriétaire terrien, le cardinal  a déploré les profondes blessures infligées à notre planète et qui dépouillent des millions de personnes de leur dignité, comme l’a souligné le Pape François dans ses récents  documents qui appellent à une triple réconciliation pour sauver l’humanité et la planète: la réconciliation avec Dieu (Evangelii Gaudium), la réconciliation avec la nature (Laudato Si) et la réconciliation avec les autres (Fratelli Tutti). «Notre voyage synodal a pour but de guérir et de réconcilier le monde dans la justice et la paix. La seule façon de sauver l’humanité et de créer un monde d’espérance, de justice et de paix, passe par la synodalité mondiale de tous les peuples», a attesté le président de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie.

La nature, un héritage à préserver

Mgr Charles Maung Bo a affirmé que l’une des grandes préoccupations au cœur du synode reste l’héritage à laisser aux générations futures: un monde plus pacifique avec une création intacte qui est en péril. Au regard de la crise écologique, le président de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie a souligné que les évêques d’Asie étaient parfaitement conscients des dommages environnementaux infligés à leur région en raison des catastrophes climatiques. «Nous avons une population importante de communautés chrétiennes autochtones, en particulier dans le sud de la mer de Chine, au centre de l’Inde, au Vietnam et au Myanmar».

Alors que la Fédération des conférences épiscopales d’Asie célèbre ses cinquante ans, elle attire, par ailleurs, l’attention du monde sur la destruction de vastes étendues de forêts, poumons de notre planète dans ces régions, ainsi que sur l’augmentation de la violence à l’encontre de ces peuples autochtones. L’Église d’Asie été confrontée à divers défis tout au long de l’histoire, mais reste dynamique et jeune. «Notre cheminement de foi en Asie n’est pas sans difficultés, mais ce rassemblement synodal nous donne l’énergie de revenir aux grands jours de l’évangélisation par les apôtres. Nous accueillons avec optimisme l’appel lancé à l’Asie pour que, inspirée par le voyage synodal de l’Église mondiale, elle devienne le 21e siècle du Christ», a souligné le cardinal Charles Maung Bo dans son homélie.

Au terme de sa prédication, l’archevêque de Rangoun a mentionné que nulle part en Asie, le cheminement de la foi chrétienne n’est autant mis à l’épreuve qu’en Birmanie. La population est actuellement dispersée en raison de catastrophes naturelles et de crises provoquées par l’homme, générant des crises multidimensionnelles ainsi que d’immenses souffrances. «Notre peuple est en exode. Des maisons ont disparu, des églises ont subi le poids de la cruauté et le chemin de croix est une réalité douloureuse dans de nombreuses régions d’Asie», a-t-il conclu.

Source : VATICANNEWS, le 23 octobre 2023

Appel téléphonique entre le Pape et Joe Biden

Appel téléphonique entre le Pape et Joe Biden

Le Pape François a téléphoné dimanche après-midi au président américain Joe Biden pour lui parler des différents conflits en cours et de la nécessité d’identifier des parcours de paix.

Vatican News

Le Pape François s’est entretenu par téléphone avec le président des États-Unis, Joe Biden, dans l’après-midi de ce dimanche 22 octobre. Selon la Salle de Presse du Saint-Siège, la conversation a duré environ 20 minutes. Le Souverain pontife et le président ont parlé des «situations de conflit dans le monde et de la nécessité d’identifier des parcours de paix». Un entretien réalisé à la demande du Pape François. 

Nouvel appel à la paix à l’Angélus

A la fin de la prière de l’Angélus, ce dimanche le Saint-Père a adressé un nouvel appel à la paix affirmant que la guerre était «la destruction de la fraternité humaine», demandant la poursuite de l’acheminement de l’aide humanitaire et la libération des otages.

Une aide limitée à Gaza

Le mercredi 18 octobre, le président Joe Biden s’est rendu brièvement à Tel-Aviv pour tenter d’obtenir un accord autorisant l’entrée à Gaza d’une partie de l’aide humanitaire en provenance d’Égypte.


Ce week-end, à deux reprises, des camions remplis de vivres, d’eau et de médicaments ont pu entrer dans la bande de Gaza par le terminal de Rafah. Samedi 20 camions ont été autorisés à passer la frontière entre l’Égypte et Gaza. Ce dimanche 17 autres camions avec cette fois aussi du carburant ont pu suivre. L’aide reste cependant bien en deçà du nécessaire pour subvenir aux besoins les plus urgents de la population déplacée dans le sud de la bande de Gaza. Pour les Nations unies cette aide ne représente encore qu’une «goutte d’eau dans l’océan des immenses besoins» des Gazaouis.

Source : VATICANNEWS, le 22 octobre 2023

« Chers jeunes, Dieu a un projet d’amour pour chacun de vous »

iStock/Getty Image Plus/doidam10

« Chers jeunes, Dieu a un projet d’amour pour chacun de vous »

Voici un nouvel extrait du message envoyé par le Pape François aux participants du Festival annuel des jeunes, qui a eu lieu à Medjugorje, en Bosnie- Herzégovine, du 26 au 30 juillet 2023, sur le thème « Voici ma mère et mes frères » (Mt 12, 49) :

« Chers jeunes, Dieu a un projet d’amour pour chacun de vous. N’ayez pas peur de sa volonté, mais placez toute votre confiance dans sa grâce. Pour Lui, vous êtes précieux et importants, parce que vous êtes l’œuvre de ses mains (cf. Exhort. ap. Post-syn. Christus vivit, n. 115). Lui seul connaît votre cœur et vos désirs les plus profonds. Lui seul, qui vous aime d’un amour absolu, est capable de combler vos aspirations. Personne d’autre que Dieu ne pourra vous donner le vrai bonheur.

En suivant l’exemple de Marie, sachez Lui dire votre «oui» inconditionnel. Qu’il n’y ait pas de place dans votre vie pour l’égoïsme, ni pour la paresse. Profitez de votre jeunesse pour jeter, avec le Seigneur, les bases de votre existence, car votre avenir personnel, professionnel et social dépendra des choix que vous ferez au cours de ces années.

Très chers jeunes, que sur ce chemin, la Très Sainte Vierge Marie vous accompagne et vous enseigne à discerner et accueillir la volonté du Père céleste dans votre vie. Soyez des missionnaires enthousiastes de la nouvelle évangélisation! Apportez à ceux qui souffrent, à ceux qui sont en recherche, la joie que Jésus veut donner. Apportez-la dans vos familles, dans vos écoles et universités, dans vos lieux de travail et dans vos groupes d’amis, partout où vous vivez.

Si vous laissez opérer en vous la grâce de Dieu, si vous êtes généreux et persévérants dans votre engagement quotidien, vous ferez de ce monde un lieu meilleur pour tous. Je vous bénis de tout cœur. Et je vous demande s’il vous plaît de prier pour moi. »

Pape François

Rome, le 29 juin 2023,

www.osservatoreromano.va

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

23.10.2023 – SAINT DU JOUR

St Jean de Capistran

St Jean de Capistran

PRÊTRE O.F.M. († 1456)

Saint Jean de Capistran
Prêtre o.f.m.
Patron des aumôniers militaires

Jean, né à Capestrano, dans les Abruzzes (région de l’Italie centrale), le 24 juin 1386, était fils d’un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d’Anjou, devenu roi de ce pays. Après ses humanités, il fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. On le pourvut d’une place de judicature, et un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui donna sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s’évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Sur ces entrefaites sa femme étant morte, il résolut de ne plus servir que Dieu. 

Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. Le gardien, craignant que cette vocation ne fût l’effet d’un dépit passager plutôt que d’un mouvement de la grâce, voulut l’éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d’un mauvais habit et la tête coiffée d’un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus. 

On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d’un enfant. Il fut traité par lui avec dureté : « Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m’avoir donné un tel guide ; s’il n’eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n’aurais pu acquérir l’humilité et la patience. »

Jean fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l’indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l’aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession. 

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d’amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle : le Crucifix, le Tabernacle, l’image de Marie, le jetaient dans l’extase : « Dieu, disait-il, m’a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l’ami de Jésus. »

Ordonné prêtre, Jean fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l’Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l’envoya comme nonce en Sicile ; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre ; il l’aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient. 

Nicolas V l’envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l’Allemagne, la Bohème et la Pologne. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l’Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de juifs et de musulmans.

À cette époque, Mahomet II menaçait l’Occident d’une complète invasion, tenait Belgrade assiégée, il se promettait d’arborer le croissant dans l’enceinte même de Rome. Le pape Calixte III chargea saint Jean de Capistran de prêcher une croisade : à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de 40 000 hommes se leva ; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu’il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu’une flèche partie d’en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, Jean lut ces mots écrits en lettres d’or sur le bois de la flèche : « Par le secours de Jésus, Jean de Capistran remportera la victoire. » Au fort de la mêlée, il tenait en main l’étendard de la Croix et criait : “Victoire, Jésus, victoire !” Belgrade fut sauvée. C’était le 23 octobre 1456. 

Trois mois après, Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis : « C’est maintenant, Seigneur, que vous laisserez mourir en paix votre serviteur » expira en disant une dernière fois : « Jésus ». Il avait soixante et onze ans.

Jean de Capistran a été canonisé le 16 octobre 1690 par le pape Alexandre VIII (Pietro Vito Ottoboni, 1689-1691).

Saint Jean de Capistran priez pour nous !