Ce long cheminement de trente-cinq années sous la douce étoile de Marie

Louis-François Budenz en 1947 – CC0/wikimedia

Ce long cheminement de trente-cinq années sous la douce étoile de Marie

Louis-François Budenz, l’un des principaux chefs du communisme en Amérique, était né dans un foyer chrétien très fervent de l’État d’Indiana (États-Unis). A vingt ans, il quitte la maison, car il aime une femme divorcée. Puis, voici que la question sociale l’empoigne, le passionne. Tribun de toutes les revendications prolétariennes et stratège de toutes les guerres ouvrières, plus de vingt fois il est arrêté et emprisonné. De 1935 à 1945, il mène le combat comme rédacteur au Daily Worker, le grand journal rouge de New York, et comme membre du Comité national du Parti communiste aux États-Unis.

Tel jour de 1936, il se retrouve en tête-à-tête avec Mgr Fulton Sheen (1), dans un bar de New York. La politique de la main tendue n’est-elle pas la victoire assurée ? Mais soudain, le prêtre coupe les tirades du fameux débatteur : « Et maintenant parlons un peu de la Vierge ! » Cette longue heure de contemplation « de Marie » rend un instant à Louis-François Budenz sa paix intime de premier communiant, mais le retour du prodigue allait durer neuf ans, harcelé par la Vierge du Rosaire.

En réalité, le mot du prêtre n’avait fait qu’établir le contact d’une mystérieuse télépathie de l’État d’Indiana à New York. Dans la chère maison natale, tous les soirs, tout le long de ces trente années, sa famille, à genoux, face à l’Ecce Homo, avait redit plus de cinquante fois le « priez pour nous pauvres pécheurs ». Depuis, le journaliste converti a écrit : « Voici mon histoire » pour témoigner comment cette histoire est un long cheminement de trente-cinq années sous la douce étoile de Marie. Le livre est dédié à l’Immaculée Conception.

www.par-le-saint-esprit.lebonforum.com

Mgr Fulton Sheen (1895–1979) est un prélat catholique américain, évêque auxiliaire de New York en 1951 et promu archevêque in partibus en 1969. Il est surtout connu pour ses dons d’orateur et sa remarquable présence dans les médias. Le magazine Time, qui a forgé le terme de télévangéliste, lui a décerné le titre de « premier télévangéliste ».

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

« C’est un miracle, Dieu est grand, accrochez-vous à Lui »

iStock/Getty Image Plus/kieferpix

« C’est un miracle, Dieu est grand, accrochez-vous à Lui »

Seigneur Jésus, un milliard de mots ne saurait être suffisant pour exprimer ma gratitude pour la grâce que Tu m’as accordée. En effet chers amis, ça va faire 9 ans que je demandais au Seigneur avec foi de guérir miraculeusement ma sœur qui souffrait d’une maladie incurable. 

J’ai tellement prié, sollicité l’aide des saints (sainte Thérèse, sainte Rita, saint Jude, saint Michel Archange, saint Gabriel, saint Raphaël…) et sans oublier notre Maman la Sainte Vierge à travers le chapelet et la neuvaine à ‘Marie qui défait les nœuds’, de me venir en aide afin que Dieu réponde positivement à mon appel pour ma sœur ! 

Et il y a trois mois, après un autre examen de contrôle, il se trouve que la maladie a complètement disparu : ma sœur est guérie et en parfaite santé ! 

C’est un miracle, Dieu est grand, accrochez-vous à Lui. J’ai des larmes de joie aux yeux, le souffle coupé tellement c’est grand. C’est maintenant que je témoigne comme promis, Seigneur, ton Amour est tellement grandiose. Merci infiniment Dieu, merci Maman Marie ainsi que tous les Saints.

Christelle

www.spiritualité-chretienne.com

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

24.10.2023 – SAINT DU JOUR

St Antoine-Marie Claret

ÉVÊQUE († 1870)

Saint Antoine-Marie Claret
Évêque et fondateur de la :
Famille clarétaine dont
« Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie »

Antoine cinquième des onze enfants du tisserand Jean Claret et de Joséphine Clará, naît le 23 décembre 1807, à Sallent, en Catalogne. En même temps qu’il s’initiait au métier de tisserand, il étudiait le latin avec le curé de sa paroisse qui lui donna une solide formation religieuse et une tendre dévotion à la Sainte Vierge.

À dix-sept ans, son père l’envoya se perfectionner dans une entreprise de Barcelone où, aux cours du soir, il apprit, sans abandonner le latin, le français et l’imprimerie. Après une terrible crise spirituelle où il fut au bord du suicide, il avait songé à se faire chartreux mais, sur les conseils de son directeur de conscience, il choisit d’entrer au séminaire de Vich (29 septembre 1829). 

Tonsuré le 2 février 1832, minoré le 21 décembre 1833, il reçut le sous-diaconat le 24 mai 1834 ; fut ordonné diacre le 20 décembre 1834 et prêtre le 13 juin 1835. Il acheva ses études de théologie en exerçant le ministère de vicaire puis d’économe de sa ville natale.

Désireux de partir en mission, il se rendit à Rome pour se mettre à la disposition de la Congrégation Propaganda Fide. Le cardinal préfet étant absent, Antoine suivit les Exercices de saint Ignace chez les Jésuites qui lui proposèrent d’entrer dans leur compagnie. Il commença son noviciat (2 novembre 1839) qu’une plaie à la jambe l’obligea à quitter (3 mars 1840).

Revenu en Espagne, il fut curé de Viladrau où, à peine arrivé, pour le 15 août, il prêcha une mission qui eut tant de succès qu’on le demanda ailleurs et l’évêque le déchargea de sa cure pour qu’il se consacrât aux missions intérieures (mai 1843) ; il prêcha et confessa dans toute la Catalogne et soutint ses prédications par plus de cent cinquante livres et brochures. 

Sa vie étant menacée, l’évêque l’envoya aux îles Canaries (février 1848 à mars 1849) où il continua son ministère missionnaire. Avec cinq prêtres du séminaire de Vich, il fondait la congrégation des « Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie » (16 juillet 1849).

À la demande de la reine Isabelle II d’Espagne, le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878) le nomma archevêque de Santiago de Cuba dont le siège était vacant depuis quatorze ans ; il fut sacré le 6 octobre 1850 et ajouta le nom de Marie à son prénom ; il s’embarqua, le 28 décembre 1850, à Barcelone, et arriva dans son diocèse le 16 février 1851. Il s’efforça d’abord d’instruire le peu de prêtres de son diocèse (vingt-cinq pour quarante paroisses) et de leur assurer un revenu suffisant ; il fit venir des religieux ; il visita son diocèse et y prêcha pendant deux ans où il distribua 97.217 livres et brochures, 83.500 images, 20.665 chapelets et 8.397 médailles ; en six ans, il visita trois fois et demi son diocèse où il prononça 11.000 sermons, régularisa 30.000 mariages et confirma 300.000 personnes. 

Il prédit un tremblement de terre, une épidémie de choléra et même la perte de Cuba par l’Espagne ; il fonda une maison de bienfaisance pour les enfants et les vieillards pauvres où il attacha un centre d’expérimentation agricole ; il créa 53 paroisses et ordonna 36 prêtres. Les esclavagistes lui reprochaient d’être révolutionnaire, les autonomistes lui reprochaient d’être espagnol et les pouvoirs publics lui reprochaient d’être trop indépendant : il n’y eut pas moins de quinze attentats contre lui et l’on pensa que le dernier, un coup de couteau qui le blessa à la joue, lui serait fatal (1er février 1856).

Le 18 mars 1857, l’archevêque fut mandé en Espagne par la reine Isabelle qui le voulait pour confesseur et il fut nommé archevêque titulaire (in partibus) de Trajanopolis sans pour autant cesser d’assurer de Madrid l’administration de Cuba. Confesseur de la Reine, il eut assez d’influence pour faire nommer de bons évêques, pour organiser un centre d’études ecclésiastiques à l’Escurial et pour imposer la morale à la cour. Voyageant avec la Reine à travers l’Espagne, il continua de prêcher et ne manqua pas de s’attirer la haine des nombreux ennemis du régime. Quand Isabelle II fut chassée de son trône (novembre 1868), Mgr. Claret suivit sa souveraine en France. Pendant ce temps, la congrégation des « Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie »  se développait lentement : elle avait reçu l’approbation civile (9 juillet 1859) et ses constitutions avaient été approuvées par Rome (decretum laudis du 21 novembre 1860) et définitivement reconnues le 27 février 1866 ; l’approbation perpétuelle, donnée le 11 février 1870, fut confirmée le 2 mai 1870. D’abord établie au séminaire de Vich, puis installée dans l’ancien couvent des Carmes, la congrégation, dirigée depuis 1858 par le P. Xifré, fonde à Barcelone (1860) et dans d’autres villes espagnoles avant d’ouvrir des maisons à l’étranger : en France (1869), au Chili (1870), à Cuba (1880), en Italie (1884), au Mexique (1884), au Brésil (1895), au Portugal (1898), en Argentine (1901), aux États-Unis (1902), en Uruguay (1908), en Colombie (1909), au Pérou (1909), en Autriche (1911), en Angleterre (1912), en Bolivie (1919), au Venezuela (1923), à Saint-Domingue (1923), au Panama (1923), en Allemagne (1924), en Afrique portugaise (1927), en Chine (1933), à Porto-Rico (1946), aux Philippines (1947), en Belgique (1949). 

Après la révolution de 1868 où un prêtre de la congrégation fut assassiné, le nouveau gouvernement ferma les six maisons espagnoles et les missionnaires s’exilèrent en France (Prades).

Mgr. Antoine-Marie Claret, bien que sa santé fut de plus en plus mauvaise, s’occupa de la colonie espagnole de Paris ; le 30 mars 1869, il partit pour Rome, afin de participer aux travaux du premier concile du Vatican, mais il y tomba si malade qu’il dut se retirer à Prades où il arriva le 23 juillet 1870. Il parut pour la dernière fois en public à la distribution des prix au petit séminaire où il fit un discours en Catalan (27 juillet 1870). L’ambassadeur d’Espagne demanda son internement mais le gouvernement français fit en sorte que l’évêque de Perpignan l’avertît et, lorsqu’on vint l’arrêter (6 août 1870), il était réfugié chez les Cisterciens de Fontfroide où il mourut le 24 octobre 1870.

Antonio María Claret y Clará a été béatifié le 25 février 1934 par Pie XI (Achille Ratti, 1922-1939) et proclamé saint, le 8 mai 1950, par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958). 

Pour un approfondissement :
>>> Missionnaires Clarétains

Saint Antoine-Marie Claret priez pour nous !

24.10.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,35-38.

Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées.
Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.


Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir.
S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils !

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Claude la Colombière (1641-1682)

jésuite

Journal spirituel (Écrits spirituels, coll. Christus n° 9; éd. DDB, 1982, p. 131-132; rev.)

Le grand bonheur d’être tout à Dieu

J’ai compris que c’est un grand bonheur d’être tout à Dieu, vu sa grandeur infinie. Dieu nous honore bien de nous appeler à la sainteté. J’ai compris cela par la comparaison d’un roi qui choisit un de ses sujets pour être uniquement à lui, et qui ne veut pas qu’il rende aucun service à qui que ce soit, si ce n’est à sa propre personne, qui veut avoir toute son amitié ; surtout si le prince est d’un grand mérite. On aime le roi, quoiqu’on ne l’ait jamais vu, qu’on ne le doive jamais voir, quoiqu’il ne nous aime point, qu’il ignore nos sentiments, qu’il ne nous connaisse pas et que, quand il nous connaîtrait, il ne dût faire nul état de nous. Et Dieu, que nous ne voyons pas, à la vérité, mais que nous verrons éternellement, qui nous voit, qui nous aime, qui nous fait du bien, qui est témoin de toutes nos pensées, nous ne pouvons pas l’aimer ! ‒ C’est que le roi est notre maître. ‒ Et Dieu ne l’est-il pas, et, de plus, notre Créateur, et notre Père, etc. ? Si Dieu règne en nous, tout lui obéira, tout s’y fera au moindre de ses commandements, rien ne s’y fera que par ses ordres. De plus, on tâchera de lui plaire en toutes choses, on étudiera ses inclinations, on ira au-devant de ses désirs, on fera, toujours et en tout, ce qu’on croira devoir lui plaire davantage ; car ce sont les deux choses qu’on a à l’égard des rois : une soumission aveugle et une extrême complaisance, faire ce qui plaît à Dieu et ce qui lui plaît davantage.

LECTURES :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,12.15b.17-19.20b-21.

Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché.
Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.
Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes.
Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie.
En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste.


Quant à la loi de Moïse, elle est intervenue pour que se multiplie la faute ; mais là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé.
Ainsi donc, de même que le péché a établi son règne de mort, de même la grâce doit établir son règne en rendant juste pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur.

Psaume 40(39),7-8a.8b-9.10.17.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j’ai dit : « Voici, je viens.

« Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
ta loi me tient aux entrailles. »

J’annonce la justice
dans la grande assemblée ;
vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.

Mais tu seras l’allégresse et la joie
de tous ceux qui te cherchent ;
toujours ils rediront : « Le Seigneur est grand ! »
ceux qui aiment ton salut.

« Il y a un leader à Jérusalem », Pizzaballa, un cardinal dans la guerre

GIL COHEN-MAGEN | AFP – le Patriarche latin de Jérusalem Pierbattista Pizzaballa dirige une messe le dimanche de Pâques à l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem le 9 avril 2023

En proposant de se substituer aux enfants israéliens otages du Hamas, le patriarche latin de Jérusalem Pierbattista Pizzaballa a marqué les consciences et pris une nouvelle dimension. Dans un climat de terreur et de haine, le tout nouveau cardinal s’efforce de porter la voie étroite d’une sortie de crise.

« Il y a un leader à Jérusalem ». Le commentaire posté en hébreu sur le réseau X (anciennement twitter) par un journaliste de l’influent quotidien national israélien Haaretz est éloquent. Sous son sobre commentaire se trouve l’article relatant la déclaration du cardinal Pierbattista Pizzaballa, le patriarche latin de Jérusalem, l’homme qui s’est proposé en échange des enfants israéliens retenus en otage par le Hamas dans la bande de Gaza. 

Interpellé lundi dernier par un média lors d’une visioconférence, le jeune cardinal avait en effet répondu spontanément : « Si je suis prêt à un échange ? [Je ferai] n’importe quoi, si cela peut conduire à leur libération et au retour de ces enfants à la maison, sans aucun problème. Ma disponibilité est absolue ». 

En quelques heures, la déclaration du patriarche a fait le tour du monde. « Ce n’était pas une sortie médiatique qu’il avait mûrie ou que son équipe de communication avait préparée », confie Noga Tarnopolsky, une journaliste de nationalité israélienne notamment, qui côtoie le franciscain depuis une douzaine d’années. Elle reconnaît dans cette réponse le caractère « authentique » et « spontané » du cardinal italien. Une autre source vivant à Jérusalem abonde « Ce n’était pas préparé et ce n’était pas feint : ceux qui le connaissent savent bien que si on lui demande de mourir pour sauver tout le monde, alors il se sacrifie dans l’instant. Il n’y a pas l’ombre d’un doute ». 

Son cardinalat est une marque de reconnaissance du Pape pour quelqu’un qui a accepté de faire le boulot que personne ne voulait faire.

À 58 ans, ce franciscain né à Bergame, au nord de l’Italie, se retrouve plongé au cœur d’une actualité tragique depuis que les terroristes du Hamas ont lancé une attaque sanglante le 7 octobre contre Israël. Tout juste créé cardinal par le pape François, il a dû rentrer en catastrophe à Jérusalem où il a trouvé « un pays effrayé », a-t-il raconté aux médias du Vatican. Sur les épaules de cet homme rigoureux et travailleur repose aujourd’hui la voix du Saint-Siège dans une crise d’une ampleur inédite depuis la guerre du Kippour, en 1973. À la question de savoir si le pape enverrait un émissaire en Terre Sainte comme il a pu le faire récemment pour l’Ukraine, un responsable de la Curie romaine répond d’emblée : « Il y a déjà le cardinal Pizzaballa ». 

Il faut dire que l’homme qui a la confiance du Pape connaît parfaitement cette terre et sa complexité. Ce professeur d’hébreu biblique a été à la tête de la Custodie de Terre Sainte de 2004 à 2016. Puis le pape François lui a confié les rênes du patriarcat latin de Jérusalem, une institution alors en pleine déroute financière. « Son cardinalat est une marque de reconnaissance du Pape pour quelqu’un qui a accepté de faire le boulot que personne ne voulait faire », estime une source romaine, qui souligne les qualités de bon gestionnaire de l’Italien. 

Une parole singulière et délicate

Dans le drame qui se joue actuellement en Terre Sainte, Pierbattista Pizzaballa fait désormais face à des enjeux diplomatiques où il est question de vie et de mort. Sur cette terre où la haine entre Israéliens et Palestiniens atteint son paroxysme et les pulsions de vengeances des sommets, la moindre prise de parole du patriarche est susceptible de déclencher une avalanche de condamnations. Ainsi, des déclarations des patriarches et chefs des Églises chrétiennes de Jérusalem – signées notamment par le cardinal – ont provoqué l’ire de responsables israéliens, ces derniers accusant les chrétiens de ne pas nommer clairement les responsables de ce désastre. 

« La réalité de la chrétienté en Terre Sainte est si petite qu’elle ne peut apparaître désunie », explique un bon connaisseur de la région, qui relève que ces chefs d’Église sont surtout des responsables arabes poussés par la douleur de leur peuple. Soucieux de préserver cet œcuménisme fragile, le cardinal Pizzaballa est poussé à mettre de l’eau dans son vin. Ce qui ne l’empêche pas d’afficher personnellement son malaise, déclarant par exemple à la presse qui l’interrogeait sur l’irritation des Israéliens face à la teneur des communiqués des responsables chrétiens: « Moi aussi, je suis irrité. Par respect pour les autres Églises, je ne veux rien ajouter ». Et d’assurer ensuite : « Pour être clair, le Hamas a commis des actes de barbarie en Israël ».

Cette communauté de Gaza, le cardinal Pizzaballa la porte tout spécialement dans son cœur.

Voix du Saint-Siège en Terre-Sainte, le cardinal Pizzaballa doit jouer les diplomates avec Israël, alors que les soldats de Tsahal pourraient envahir la bande de Gaza bombardée depuis des jours. Le patriarche, qui parle parfaitement hébreu, dispose d’une marge de manœuvre étroite. Le choc provoqué par l’attaque du Hamas a exacerbé le désir de vengeance et le nombre d’interlocuteurs capables d’entendre le message du Saint-Siège est limité. « Aujourd’hui il y a un grand vide au niveau des dirigeants. Pizzaballa est une des rares personnes à incarner ce que signifie vraiment ‘être responsable d’un peuple’ », constate Noga Tarnopolsky.

L’amour du patriarche pour les chrétiens de Gaza

La journaliste relève que son cardinalat « qui aurait dû être fêté par la communauté chrétienne » débute par « une tragédie ». Celui qui a revêtu la pourpre cardinalice le 30 septembre, ce rouge symbole du sang des martyrs, porte aujourd’hui le sang de milliers de civils tués ces derniers jours. 

À Gaza, où se trouvent quelques centaines de chrétiens, au moins 16 d’entre eux sont morts jeudi soir dans l’effondrement d’un bâtiment dans l’enceinte de l’église orthodoxe grecque. Les chrétiens gazaouis n’ont pour la plupart pas suivi les ordres de l’armée israélienne de se réfugier au sud de l’enclave de 42 kilomètres sur 12 et dans laquelle vivent plus de 2 millions de Palestiniens. Cette communauté de Gaza, le cardinal Pizzaballa la porte tout spécialement dans son cœur, lui qui y vient d’ordinaire chaque année avant Noëlpour une visite pastorale. Le proche du patriarche confie : « Je l’ai déjà entendu dire que c’était sa communauté préférée : la plus petite, la plus pauvre mais celle qui ne se plaint jamais ».

Source : ALETEIA, le 23 octobre 2023