Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21.
En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
Puis, s’adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.” Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.” Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390)
moine
Chap. 148 (Paraphrase de Syméon le Métaphraste sur les Discours de saint Macaire l’Égyptien; Philocalie des Pères neptiques, tome II; trad. J. Touraille; éd. DDB-Lattès, 1995; p. 226)
L’âme, plus précieuse que le monde entier
Mille ans de ce monde-ci comparés à l’éternité du monde incorruptible sont comme un grain de sable qu’on prend dans la mer. Considère cela, je te prie : suppose que tu puisses devenir le seul roi de toute la terre, que tu sois le seul maître de tous les trésors du monde entier. (…) Si on te laissait le choix, l’échangerais-tu contre le Royaume véritable et certain qui n’a absolument rien en lui qui passe et se dissout ? Non, je puis le dire, si ton jugement est sain et si tu es avisé en tout ce qui te regarde. « Quel gain pour l’homme, est-il dit, si pour gagner le monde entier il a perdu son âme » (Mt 16, 26), cette âme dont nous avons appris qu’elle ne peut être échangée contre rien ? Car seule cette âme ‒ sans parler du Royaume des cieux ‒ est par elle-même beaucoup plus précieuse que le monde entier et que le royaume de ce monde. L’âme, nous l’avons dit, est plus précieuse en ceci : à aucun autre des êtres créés il n’a plus à Dieu d’accorder l’union et la communion avec sa propre nature, celle de l’Esprit, ni au ciel, ni au soleil, ni à la lune, ni aux étoiles, ni à la mer, ni à la terre, ni à aucune créature du monde visible, mais à l’homme seul, qui l’aime plus que tout. Si donc ces grandes choses du monde, je veux dire la richesse et le royaume de la terre entière, nous ne les avons pas, dans la droiture de notre jugement, échangées contre le Royaume éternel, quelle est la folie de la plupart des hommes qui estiment celui-ci comparable à des choses viles et communes, telles qu’une certaine convoitise, une gloriole, un profit médiocre, et les choses semblables ?
LECTURES :
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4,20-25.
Devant la promesse de Dieu, il n’hésita pas, il ne manqua pas de foi, mais il trouva sa force dans la foi et rendit gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis. Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste. En disant que cela lui fut accordé, l’Écriture ne s’intéresse pas seulement à lui, mais aussi à nous, car cela nous sera accordé puisque nous croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.
Le Pape François a téléphoné dimanche après-midi au président américain Joe Biden pour lui parler des différents conflits en cours et de la nécessité d’identifier des parcours de paix.
Vatican News
Le Pape François s’est entretenu par téléphone avec le président des États-Unis, Joe Biden, dans l’après-midi de ce dimanche 22 octobre. Selon la Salle de Presse du Saint-Siège, la conversation a duré environ 20 minutes. Le Souverain pontife et le président ont parlé des «situations de conflit dans le monde et de la nécessité d’identifier des parcours de paix».
Nouvel appel à la paix à l’Angélus
A la fin de la prière de l’Angélus, ce dimanche le Saint-Père a adressé un nouvel appel à la paix affirmant que la guerre était «la destruction de la fraternité humaine», demandant la poursuite de l’acheminement de l’aide humanitaire et la libération des otages.
Une aide limitée à Gaza
Le mercredi 18 octobre, le président Joe Biden s’est rendu brièvement à Tel-Aviv pour tenter d’obtenir un accord autorisant l’entrée à Gaza d’une partie de l’aide humanitaire en provenance d’Égypte. Ce week-end, à deux reprises, des camions remplis de vivres, d’eau et de médicaments ont pu entrer dans la bande de Gaza par le terminal de Rafah. Samedi 20 camions ont été autorisés à passer la frontière entre l’Égypte et Gaza. Ce dimanche 17 autres camions avec cette fois aussi du carburant ont pu suivre. L’aide reste cependant bien en deçà du nécessaire pour subvenir aux besoins les plus urgents de la population déplacée dans le sud de la bande de Gaza. Pour les Nations unies cette aide ne représente encore qu’une «goutte d’eau dans l’océan des immenses besoins» des gazaouis.
François: «La guerre est une destruction de la fraternité humaine»
A l’issue de l’angélus de ce dimanche 22 octobre place Saint-Pierre, le Souverain pontife a de nouveau lancé un appel à la paix au Proche-Orient, alors qu’Israël a annoncé la veille intensifier ses frappes sur la bande de Gaza, assiégée depuis le 9 octobre. Il a également eu une pensée pour l’Ukraine, toujours visée par des frappes russes.
Vatican news
«Une fois encore, mes pensées se tournent vers ce qui se passe en Israël et en Palestine». Au seizième jour de conflit entre Israël et le Hamas, le Pape François lance un nouvel appel à la paix au Proche-Orient. Depuis l’attaque menée en Israël par le mouvement islamiste palestinien le 7 octobre, le gouvernement hébreu s’est juré «d’anéantir» le Hamas à Gaza, où près de 200 israéliens sont toujours tenus en otage. Une intensification des frappes sur la bande de Gaza a été annoncée samedi 21 octobre, alors qu’Israël se tient toujours prête à mener une offensive terrestre sur l’enclave palestinienne.
«Je suis très préoccupé, affligé, je prie et je suis proche de tous ceux qui souffrent, les otages, les blessés, les victimes et leurs familles» a déploré le Souverain pontife. «Je pense à la grave situation humanitaire à Gaza et je suis attristé que l’hôpital anglican et la paroisse grecque orthodoxe aient également été touchés ces derniers jours. Je renouvelle mon appel pour que des espaces soient ouverts, que l’on continue à faire arriver l’aide humanitaire et pour que les otages soient libérés».
Vingt camions d’aide humanitaire sont arrivés ce samedi à Gaza via le poste-frontière de Rafah en Égypte, soit le premier convoi depuis le début du blocus imposé par Israël le 9 octobre. Selon le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), ces vingt camions n’équivalent qu’à 4% des importations quotidiennes de Gaza avant le début de la guerre et au moins 100 camions par jour seraient nécessaires.
«La guerre est toujours une défaite» rappelle François, «une destruction de la fraternité humaine. Frères, arrêtez-vous ! Arrêtez-vous !».
Le Saint-Père a également eu une pensée pour «l’Ukraine martyrisée», toujours la cible de bombardements de la Russie voisine. Selon des responsables locaux, au moins six personnes ont été tuées et quatorze blessés samedi par des tirs de missiles russes sur un dépôt postal de la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine.
À la fin de son appel, le Saint-Père a rappelé son invitation à une journée de prière, de jeûne et de pénitence, vendredi 27 octobre, et à partager un temps de prière pour implorer la paix dans le monde à 18h00 place Saint-Pierre.
Bienvenue dans l’Église du changement perpétuel et de la confusion
J’étais récemment en déplacement et je suis allé à la messe dans une paroisse (dans un autre État) où je n’étais jamais allé auparavant. La petite église était très belle, la liturgie très révérencieuse, et l’homélie assez horrible.
Il y avait plusieurs raisons à cela, mais la plus importante était l’étrange description de la prochaine réunion synodale (à l’époque) à Rome. En résumé : l’événement d’un mois à Rome concernait le « changement », a déclaré le prêtre. À savoir : l’Église pourrait-elle modifier ses enseignements sur les femmes prêtres ? Et l’Église changerait-elle sa façon de voir et de comprendre les personnes LGBT+ ?
Le prêtre a posé ces questions, mais sans aucun contexte. Et il n’a certainement pas mentionné que le pape François a déjà, avec une clarté assez rare, rejeté catégoriquement la possibilité pour les femmes d’être prêtres, ainsi que la possibilité d’un « mariage gay » dans l’Église.
Deux mots me sont venus à l’esprit : « changement » et « confusion ».
On pourrait dire que le « changement » a été le maître-mot du Synode 2021-2024 jusqu’à présent. On parle constamment de changements structurels, de processus qui aboutiront à des changements et de changements nécessaires (même s’ils sont presque toujours flous) qui auront lieu, qui devraient avoir lieu et qui doivent avoir lieu.
La fixation sur le changement a donné lieu à des moments humoristiques, comme lorsqu’un rédacteur d’une publication « catholique » a expliqué, il y a quelques mois, comment le « changement de lieu, de sièges (et de toilettes) » lors de la réunion d’octobre sur les réunions à Rome pourrait éventuellement suggérer comment « les changements symboliques conduisent maintenant aussi à des changements substantiels ».
De manière plus substantielle, certains des dirigeants du Synode ont indiqué leur soutien à un changement dans l’enseignement de l’Église (surprise !) sur les questions morales et sexuelles. Le cardinal Jean-Claude Hollerich, du Luxembourg, a déclaré au début de l’année 2022 qu’il pensait que le pape François pourrait modifier l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité : « Je pense qu’il est temps de procéder à une révision fondamentale de la doctrine ». Puis, en août 2002, il a modifié son appel au changement, déclarant que l’Église devait changer d' »attitude », et non de doctrine. Peut-être devrait-il changer son nom en Cardinal Jean-Claude Change ? Si ce sont ces personnes qui dirigent le changement, tous les paris sont ouverts.
Vous voyez ce que je veux dire à propos du changement et de la confusion ?
Pas plus tard que cette semaine, il a été rapporté que « la prochaine étape du Synode du Vatican sur la synodalité s’est ouverte mercredi avec un appel à se concentrer sur l’autorité, la décentralisation, la coresponsabilité des laïcs et des changements concrets dans l’Église institutionnelle ». Que pensez-vous d’un non-changement ?
Et, au milieu de tout cela, le pape François a donné une longue interview dans laquelle il a déclaré avec emphase :
Depuis le Concile Vatican II, Jean XXIII avait une perception très claire : l’Église doit changer. Paul VI était d’accord, tout comme les papes qui lui ont succédé. Il ne s’agit pas seulement d’un changement de méthode, mais d’un changement de croissance, en faveur de la dignité des personnes. C’est la progression théologique, de la théologie morale et de toutes les sciences ecclésiastiques, même dans l’interprétation des Écritures qui ont progressé selon les sentiments de l’Église.
Cette interview a été publiée le jour même où le pape François a eu une rencontre de près d’une heure avec la très controversée – c’est-à-dire censurée et réprimandée à plusieurs reprises par Rome et l’USSCB – sœur Jeannine Gramick du New Ways Ministry. Gramick, dont le mépris pour l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité (ainsi que pour les papes Jean-Paul II et Benoît XVI) est bien documenté, a déclaré : « Je pense que le pape François essaie de nous faire aller de l’avant, d’ouvrir les yeux et de regarder vers l’avenir et les changements dans le monde… »
Voilà encore ce mot. Avec la confusion qui s’ensuit : De quoi a-t-on discuté ? Pourquoi François a-t-il rencontré si longtemps quelqu’un qui s’oppose à l’enseignement de l’Église ? Pourquoi le propagandiste pro-LGBT+ et gourou de l’homosexualité James Martin, SJ, était-il de la partie ?
Oui, c’est une question idiote : nous savons tous que Martin a ouvertement appelé l’Église à – attendez-le – changer ce que le Catéchisme dit des tendances homosexuelles (« objectivement désordonnées », CCC 2256) et des actes homosexuels (« actes de dépravation grave », CCC 2257). Et cela après s’être pâmé devant le « changement révolutionnaire » dans le langage utilisé lors du Synode de 2014 à propos des « personnes homosexuelles ».
Encore une fois, plus de « changement » – et plus de confusion.
Pour être clair : je ne suis pas contre le changement. Le changement peut être bon. Il peut être mauvais. Il peut être neutre. En revanche, je suis pour « expliquer en termes clairs ce que vous voulez changer et pourquoi ». Lorsque j’entends des politiciens, des stars de cinéma, des théologiens et des journalistes sportifs appeler au « changement », je demande toujours : « Pouvez-vous être précis ? Et changer dans quel but ? »
Hélas, les spécificités et les objectifs ultimes n’ont pas été le point fort de tout ce processus synodal, à moins que vous ne pensiez que le « processus synodal » est spécifique et que le « processus synodal » est l’objectif. Dans ce cas, vous pouvez simplement marmonner : « Le processus synodal a pour but le changement, la mise en place d’autres processus synodaux ».
Et, au fond, n’est-ce pas là le but clé de tant de synodalités ? Créer un état de flux qui remet en question ce qui est clair et établi depuis des millénaires, tout en essayant de concrétiser des « processus » qui sont aussi ambigus qu’absolus ?
On nous dit que l’un des objectifs de la synodalité est la « mission ». Mais n’est-il pas plus qu’étrange de constater que tant de synodaux se tortillent et crient « prosélytisme! » à presque toute tentative d’expliquer, de promouvoir ou de défendre l’enseignement de l’Église ? Et n’ont ensuite aucun scrupule à imposer des changements de fond en comble au nom de la synodalité ?
C’est presque comme s’ils étaient beaucoup plus intéressés à changer l’aspect extérieur de l’Église qu’à voir des vies transformées et des âmes sauvées.
Ou, comme je l’ai dit dans un tweet récent : « Montrez-moi quelqu’un qui parle sans cesse du Synode comme d’un ‘changement d’Église’ et je vous montrerai quelqu’un qui se fiche de la métanoïa. »
Tout ce que j’ai lu ces deux dernières semaines sur les discussions et les présentations à Rome concernait le changement des structures, des institutions, des processus, des rapports de force, des perceptions, des positions, etc.
Pour être clair, je pense que ces choses – en général – peuvent être bonnes ou mauvaises, en fonction d’une variété de facteurs. Mais elles ne sont pas essentielles à la mission, elles ne sont pas essentielles à l’identité de l’Église, elles ne sont pas essentielles pour être un disciple du Christ.
Mais la repentance l’est. Pour chacun d’entre nous. « Repentez-vous », a déclaré Jésus au début de son ministère public, « car le royaume des cieux est proche » (Mt 4,17).
Le mot grec pour « Repentez-vous » est Μετανοεῖτε. La métanoïa, a écrit le cardinal Joseph Ratzinger dans Credo for Today (Ignatius Press, 2009), est « la donnée fondamentale de l’existence chrétienne ». Le Dr John Grondelski, dans un récent essai de la CWR, a décomposé cette vérité vitale de la manière suivante :
Le catholicisme prend la personne humaine telle qu’elle est : brisée par le péché et ayant besoin de rédemption. L’Église l’accueille véritablement en l’appelant à la guérison, ce qui exige une conversion. La conversion implique tout d’abord la repentance, car le problème fondamental de l’homme est son asservissement au péché et au mal. Le mot utilisé dans le Nouveau Testament pour « conversion » et « repentance » est metanoiete (d’où l’anglicisme « metanoia »). Metanoiete signifie littéralement « changer d’avis », « changer sa façon de penser ».
L’appel biblique à la conversion n’est donc pas une célébration de la « pensée différente ». Saint Paul n’a pas demandé aux premiers chrétiens de Philippes de « penser différemment ». Il leur a demandé de revêtir l’esprit du Christ (Ph 2,5). C’est à cette façon de penser que nous devons nous « convertir ». Comme l’a dit saint Paul aux chrétiens de Rome : « Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, afin de découvrir quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Rm 12,2).
Changement ! Et conversion. Mais pas de confusion.
Entre-temps, le Synode (ou du moins cette partie du Synode) se poursuit. Les processus abondent. Il faut s’attendre à ce que l’on parle encore beaucoup de changement – et moins d’une conversion authentique au Christ et à ses enseignements.
Carl E. Olson est rédacteur en chef de Catholic World Report et Ignatius Insight. Il est l’auteur de Did Jesus Really Rise from the Dead, Will Catholics Be « Left Behind », co-rédacteur/contributeur de Called To Be the Children of God, co-auteur de Da Vinci Hoax (Ignatius), et auteur des guides d’étude « Catholicism » et « Priest Prophet King » pour l’évêque Robert Barron/Word on Fire. Ses livres récents sur le Carême et l’Avent – Prier le Notre Père en Carême (2021) et Préparer le chemin du Seigneur (2021) – sont publiés par la Catholic Truth Society. Il collabore également au journal « Our Sunday Visitor », au magazine « The Catholic Answer », à « The Imaginative Conservative », à « The Catholic Herald », à « National Catholic Register », à « Chronicles » et à d’autres publications. Suivez-le sur Twitter @carleolson.
Photo : IMAGO/Evandro Inetti (www.imago-images.de) | La fermeté avec laquelle le pape s’exprime sur le changement climatique est également remarquable, car sur d’autres sujets importants, il prend soin de ne pas trop s’engager.
« Laudate Deum » : loin d’être une compétence de base
Avec « Laudate Deum », le pape François s’aventure loin dans le domaine politique. Mais les questions en jeu ne peuvent pas recevoir de réponse en passant. Une contribution au débat
Le pape met tout le poids de son autorité dans la balance pour convaincre les sceptiques à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église. À propos de quoi? À propos du changement climatique provoqué par l’homme. L’augmentation des températures moyennes mondiales – de 1,1 degré au cours des 150 dernières années – est indéniablement liée à l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère – de 300 par million de parties en volume au 19e siècle à 423 par million de parties en volume aujourd’hui, écrit Le pape François dans son exhortation apostolique « Laudate Deum ». « Une écrasante majorité des climatologues soutiennent cette corrélation et seul un infime pourcentage d’entre eux cherche à contester cette preuve », a déclaré le pape. Il se sent obligé d’apporter « ces précisions, qui peuvent paraître évidentes, en raison de certaines opinions désobligeantes et déraisonnables que je me retrouve au sein de l’Église catholique », poursuit François. Huit ans après l’encyclique « Laudato Si », le chef de l’Église catholique s’exprime une nouvelle fois pour encourager la communauté mondiale à prendre des mesures contre le réchauffement climatique. Le Pape écrit qu’il espère que la prochaine conférence sur le climat COP 28 à Dubaï conduira à une « accélération significative de la transition énergétique ».
Un géant politique mondial
La papauté est une force politique mondiale. Le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques avec 183 États. Un réseau de diocèses catholiques, tous redevables au Pape, s’étend sur toute la planète. Les innombrables communautés religieuses actives au niveau international relèvent également de lui. À cela s’ajoute le soft power avec lequel le pape, en tant que personnalité médiatique, est capable d’influencer bien au-delà des frontières de l’Église catholique. Il utilise désormais son capital symbolique pour intervenir dans un débat mondial en soulignant la grande plausibilité d’une hypothèse scientifique.
Le problème est urgent et revêt une grande importance politique. Et pourtant, il est problématique que le Pape commente cela de cette manière. Car l’autorité de la papauté est essentiellement une autorité religieuse. Mais le changement climatique n’est pas une question religieuse. La tâche du magistère ecclésial est de proclamer la foi catholique et de prendre position sur les questions de foi et de morale. Mais le Magistère n’a pas besoin de clarifier la question de savoir si le changement climatique est dû à l’homme, tout comme il n’a pas besoin de clarifier la question de savoir si les planètes tournent autour du soleil ou si la création de l’univers peut être attribuée à un Big Bang. Le physicien et prêtre catholique Georges Lemaître, fondateur de la théorie du Big Bang, aurait été attristé par le pape Pie XII. dans un discours à l’Académie pontificale des sciences en 1951, il adopta la théorie et suggéra qu’il s’agissait d’une confirmation de la doctrine chrétienne de la création. Quelques années plus tard, en 1965, le Concile Vatican II soulignait la « légitime autonomie de la science » dans sa constitution pastorale « Gaudium et Spes ».
Contention requise
Les autorités ecclésiastiques ont tout intérêt à s’exprimer sur les questions pour lesquelles elles sont responsables et compétentes selon l’image que les catholiques ont d’elles-mêmes. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont rien à dire sur la question climatique. Bien entendu, les membres de l’Église peuvent et doivent parler du fait que la nature est la création de Dieu et que les humains ont la responsabilité de la préserver. Ils peuvent également prendre position sur les questions morales et socio-éthiques urgentes liées au changement climatique, en s’appuyant sur l’enseignement de l’Église.
L’Église catholique a développé sa propre doctrine sociale depuis le XIXe siècle et a formulé à maintes reprises des commentaires sur les questions sociales et politiques sur cette base. Mais ici aussi, une certaine retenue s’impose. Parce que l’enseignement social catholique n’est pas un programme de parti. L’Église n’a pas fait de recommandations électorales depuis longtemps. Il formule des principes, mais ne projette pas de lois.
Critique de la croissance
Lorsque le pape François argumente dans « Laudate Deum » sur les « faiblesses de la politique internationale » et appelle à de nouvelles procédures de prise de décision mondiale et lorsque, comme dans « Laudato Si », il critique « l’idée d’une croissance infinie et sans limites, » alors il ose loin dans le domaine de la politique. Une « économie post-croissance » est-elle nécessaire en raison du changement climatique ? Est-ce possible et souhaitable ? Ou peut-on dissocier la croissance économique et la consommation de ressources matérielles ? Ce sont des questions auxquelles la science et la politique doivent répondre, mais pas des questions auxquelles le chef de l’Église catholique pourrait, pour ainsi dire, répondre en passant.
La détermination du pape sur le changement climatique est également remarquable parce qu’il prend soin de ne pas trop s’engager sur d’autres questions importantes. Il évite toujours de désigner clairement la Russie comme l’agresseur dans la guerre contre l’Ukraine. Et à propos des récents événements en Terre Sainte, il parle d’un « conflit entre Israéliens et Palestiniens » et dit : « Les guerres sont toujours une défaite. » Mais il ne s’agit pas d’un conflit ou d’une guerre, mais d’une attaque barbare de la part de Islamistes Les terroristes attaquent des civils israéliens sans défense – des personnes âgées, des femmes et des enfants – c’est quelque chose que le Pape ne peut pas dire. Ce devrait en fait être l’une des compétences fondamentales d’un dirigeant d’église de qualifier le mal de mal. Il y a peut-être des raisons stratégiques pour lesquelles le Pape communique de cette manière. Mais cela nuit quand même à sa crédibilité.
L’Église n’est pas une ONG
L’une des principales compétences papales est également de prendre les décisions finales sur les conflits religieux. Mais dans ce domaine en particulier, le pape préfère s’exprimer de manière hésitante, floue et évasive. Il ne voulait pas répondre par oui ou par non à la plupart des récents « dubia » d’un groupe de cardinaux. La révélation divine est-elle immuable ? Non. Les bénédictions des couples de même sexe sont-elles autorisées ? Non. L’enseignement selon lequel seuls les hommes peuvent être ordonnés prêtres est -il contraignant ? Non. Le repentir est-il nécessaire à la validité du sacrement de confession ? Non.
François appelle quiconque pose la question de la vérité en matière dogmatique, canonique ou morale à penser en termes de processus, à distinguer idéal et réalité, à considérer les cas individuels de manière différenciée – et en général : à être ouvert au « surprises de l’esprit ». Il ne veut absolument pas jouer le rôle qui lui est assigné de plus haut gardien de la foi (un rôle par définition conservateur, préservateur). Mais avec le changement climatique, elle devient soudainement intransigeante. Il ne peut y avoir aucun compromis pour lui ici. Il agit comme un communicateur politique qui exerce une pression sur l’opinion publique mondiale pour garantir le succès de la prochaine conférence sur le climat. François avait prêché à plusieurs reprises que l’Église ne devait pas devenir une ONG (organisation non gouvernementale) profane.
Dévaluation de l’autorité officielle
« Laudate Deum » n’a jusqu’à présent rencontré que peu de réponses. Ce n’est pas parce que le changement climatique ne constitue pas un problème pour l’opinion publique mondiale. Mais le pape a peu de choses véritablement religieuses à dire à ce sujet. Le dernier chapitre sur les « motivations spirituelles » semble clos. En dehors de cela, Francis ressemble dans la lettre à un secrétaire général des Nations Unies. Ce n’est évidemment pas ce qu’on attend d’un pape et ce qui serait reçu avec intérêt. De cette façon, François dévalorise l’autorité de la fonction en l’étendant trop loin. Quoi qu’il en soit, son avertissement ne parviendra pas à ceux qui nient le lien entre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. L’idée selon laquelle la protection du climat est une religion de remplacement moderne s’est répandue depuis longtemps dans ces milieux. Si un dirigeant d’église déclare maintenant cette question comme un dogme, il se sentira seulement confirmé.
Mgr Pablo Virgilio David, de Kalookan, Philippines (à g.), Card. Leonardo Steiner, Arch. de Manaus, Brésil (centre), et Arch. Zbigņev Stankevičs de Riga en Lettonie (à d.), tous répondant à la conférence de presse du synode du 18.10.2023. | Credit: Daniel Ibáñez
En réponse à une question sur la bénédiction des unions entre personnes de même sexe, un archevêque letton présent au Synode sur la synodalité a averti que le fait de dire à une personne vivant dans le péché que « tout va bien » la mettait en grand danger spirituel.
S’exprimant lors d’une conférence de presse synodale le 18 octobre, l’archevêque Zbigņev Stankevičs de Riga, en Lettonie, a déclaré que l’Église enseigne que les personnes ayant une attirance pour le même sexe devraient être acceptées avec respect, citant le pape François selon lequel il y a de la place pour tout le monde dans l’Église.
« Nous accueillons avec amour et respect, mais le véritable amour ne peut être séparé de la vérité, car si l’amour est séparé de la vérité, ce n’est plus de l’amour », a déclaré Stankevičs.
« S’il y a une personne qui vit dans le péché et que nous disons à cette personne : ‘Tout va bien pour toi, c’est OK, vas-y’, nous faisons du mal parce que cette personne est en danger. Lorsqu’elle mourra, elle sera en grand danger », a-t-il ajouté.
L’archevêque a également parlé de la complémentarité des hommes et des femmes et en faveur de donner aux femmes « plus de place dans l’Église, mais sans changer ce qui est dans l’Évangile et ce qui est dans la tradition de l’Église. »
Stankevičs, archevêque de Riga depuis 2010, a souligné qu’en réponse aux questions de la participation des femmes dans l’Église et de la bénédiction des personnes de même sexe, « nous devons être fidèles aux saintes Écritures, et à ce que l’Église depuis 2 000 ans a découvert en interprétant les Écritures. »
« Mais si nous parlons de bénédiction, je dirais que si un homosexuel vient en tant que personne individuelle et dit ‘je voudrais vivre dans la grâce de Dieu’, je ne vois aucune contre-indication à prier pour lui et à l’aider », a-t-il déclaré.
« Si deux personnes viennent et disent ‘nous voulons vivre dans la chasteté… et nous sommes tentés’, vous pouvez prier pour elles et les bénir pour les aider à vivre dans la chasteté ».
« Mais si deux personnes viennent et disent ‘nous vivons ensemble comme un mari et une femme et voulons obtenir une bénédiction’, je vois un gros problème ici parce que de cette façon, nous bénissons la vie dans le péché », a-t-il ajouté.
Il s’est référé au Catéchisme de l’Église catholique, qui enseigne au paragraphe 2358 que les personnes ayant des attirances envers le même sexe « doivent être acceptées avec respect, compassion et sensibilité » et que « tout signe de discrimination injuste à leur égard doit être évité ».
L’archevêque, âgé de 68 ans, a déclaré qu’il avait personnellement subi « une conversion pastorale » sur cette question et qu’il avait appris à être plus sensible dans ses interactions.
« Jésus dit que nous devons aimer notre prochain… les homosexuels sont aussi nos voisins et je dois les aimer – aimer en vérité… et non pas un amour qui permet tout », a-t-il ajouté.
Au cours de la conférence de presse, le cardinal Leonardo Steiner, archevêque de Manaus, au Brésil, a été interrogé sur ses déclarations antérieures en faveur des unions homosexuelles et sur le fait de savoir s’il pensait que le synode sur la synodalité pourrait présenter des « étapes concrètes » pour que l’enseignement de l’Église évolue sur cette question.
En réponse, M. Steiner a déclaré que l’assemblée synodale de ce mois-ci n’avait pas pour but de « conduire à des déterminations ou à des conclusions ».
« Le Saint-Père souhaite que la session qui aura lieu l’année prochaine se penche sur [des questions concrètes] », a-t-il déclaré, ajoutant que c’est « une très bonne chose que ce débat ait eu lieu » sur ces sujets.
« Mais en ce qui concerne les questions concrètes, elles devront être abordées lors de la session de l’année prochaine.
Courtney Mares est correspondante à Rome pour l’Agence de presse catholique. Diplômée de l’université de Harvard, elle a réalisé des reportages depuis des bureaux de presse sur trois continents et a reçu la bourse Gardner pour son travail avec les réfugiés nord-coréens.
Source : De Courtney Mares sur CNA, le 18 octobre 2023
Dans sa lettre au cardinal Duka, le cardinal Müller enseigne aussi comment remédier aux ambigüités du Pape François.
Le bien-fondé du recours aux « dubia » pour protéger la foi des simples, mise en lumière dans l’article précédent, se trouve aujourd’hui confirmé dans ce génial commentaire de la lettre du cardinal Gerhard Ludwig Müller à son confrère Dominik Duka publiée le 13 octobre par Settimo Cielo.
L’auteur de ce commentaire est le professeur Leonardo Lugaresi, le célèbre chercheur spécialisé dans les premiers siècles du christianisme et des Pères de l’Église.
Selon lui, la lettre de Müller à Duka a également le mérite d’indiquer la voie à suivre pour échapper aux ambiguïtés intentionnelles et systématiques du Pape François sur certains points de la doctrine que lui-même, le Pape, déclare comme étant inchangés mais qu’il traite en même temps comme s’ils étaient à l’état fluide.
Et il existe une issue simple et sûre. Si en effet la doctrine est donnée comme étant inchangée, et qu’elle nous est parvenue sous une forme claire, c’est sur cette dernière que nous devons nous appuyer au cas où les paroles et les actes du pape régnant seraient ambigus et imprécis.
Laissons la parole au professeur Lugaresi
*
Cher M. Magister,
Je crois que la lettre dans laquelle le cardinal Gerhard Ludwig Müller a fait connaître son avis sur la réponse que le Dicastère pour la Doctrine de la foi a fournie aux « dubia » présentés par le cardinal Dominik Duka, au nom des évêques de la République Tchèque, concernant l’interprétation d’« Amoris laetitia », soit un document de grande importance.
Elle l’est non seulement par la grande qualité de son contenu théologique mais également et surtout parce qu’elle contient l’indication d’une méthode précieuse pour aider de nombreux bons catholiques à sortir de la condition d’aporie dans laquelle ils se trouvent actuellement, tiraillés entre le désir sincère de continuer à obéir au pape et le profond malaise, pour ne pas dire la souffrance, que certains aspects de son magistère provoquent à leur conscience, à cause de ce qui leur apparaît comme une discontinuité nette, quand il ne s’agit pas purement et simplement d’une contradiction, par rapport au magistère précédent de l’Église.
Dans un certain sens, le texte du cardinal Müller constitue en effet un tournant dans la dynamique de ce processus de formulation de questions, les « dubia », à travers lequel un petit – mais pas insignifiant pour autant – groupe de cardinaux a cherché, ces dernières années, à remédier à ce que beaucoup considèrent comme un défaut singulier de l’enseignement du Pape François, c’est-à-dire son ambiguïté.
Affirmer que l’enseignement du Pape est souvent ambigu ne signifie pas lui être hostile ni lui manquer de respect : je dirais qu’il s’agit davantage de la constatation d’un fait évident. Comme vous l’avez-vous-même, monsieur Magister, rappelé dans votre introduction à la lettre du cardinal Müller, on ne compte désormais plus les cas dans lequel le pape a lancé des affirmations équivoques (au sens où elles se prêtent à des interprétations opposées) voire contradictoires entre elles parce qu’elles divergent les unes des autres, et chaque fois qu’on lui a demandé d’en préciser le sens de manière univoque, il a soit évité de répondre, ou bien il l’a fait, toujours de manière indirecte, de manière tout aussi ambigüe et fuyante.
Devant un tel « modus operandi », l’ambigüité semble donc être non pas accidentelle mais bien essentielle, étant donné qu’elle correspond à une idée fluide de la vérité abhorrant toute forme de définition conceptuelle et la considérant comme une rigidité qui prive le message chrétien de sa vitalité. L’axiome selon lequel « la réalité est supérieure à l’idée », auquel le Pape Jorge Mario Bergoglio s’en remet souvent, est en effet utilisé de manière à abolir le principe de non-contradiction, et le principe qui en découle en vertu duquel on ne peut pas à la fois affirmer une idée et son contraire.
La nouveauté de la prise de position du cardinal Müller, consiste à mon sens dans le fait qu’il a répondu lui-même aux questions adressées par ses confrères évêques au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la foi (et donc en définitive au Pape qui l’a nommé), et qu’il l’a fait comme son successeur actuel à ce poste aurait dû le faire, c’est-à-dire de manière claire, rationnellement argumentée et conformément aux données de la Révélation telles que la Tradition sacrée et les Saintes Écritures nous les ont transmises.
Mais cela ne revient-il pas à usurper une fonction qui ne lui revient pas et à saper l’autorité du Pape ? Pour répondre à cette question, il faut garder à l’esprit que, dans toute la fluidité magmatique du « nouveau magistère », il y a cependant un point ferme, en permanence réaffirmé et jamais nié par le Pape et par tous ses collaborateurs sans exception aucune, et c’est celui de la prétendue totale continuité entre l’enseignement de François et celui de ses prédécesseurs, en particulier de Benoît XVI et de Jean-Paul II. « La doctrine ne change pas », a-t-on répété à l’envi, comme un mantra, aux catholiques perplexes et alarmés.
Et c’est précisément là que l’argument de Müller intervient, avec la simplicité désarmante d’un nouvel « œuf de Colomb », en nous indiquant une voie : si concernant un problème donné, le magistère de Jean-Paul II et de Benoît XVI est clair et univoque et qu’au contraire, celui de François semble ambigu et susceptible d’être interprété dans un sens contraire à celui-ci, il découle du principe de continuité que, quand nous autres fidèles nous ne comprenons pas (et que le Pape ne nous explique pas), nous pouvons tranquillement nous reposer sur ses prédécesseurs et suivre leur enseignement comme si c’était le sien, puisqu’il nous garantit lui-même qu’il n’y a pas de discontinuité. L’assentiment religieux de l’intelligence et de la volonté ne peut porter en effet que sur ce que nous comprenons correctement : nous ne pouvons consentir à une affirmation dont le sens n’est pas clair.
En substance, l’intervention du cardinal Müller nous pointe la direction vers laquelle tourner notre regard : nous catholiques possédons un très riche patrimoine qui nous vient de vingt siècles de développement de la doctrine chrétienne, et qui ces dernières années a été bien approfondi, articulé et appliqué aux situations et aux problèmes de l’époque contemporaine, surtout grâce au travail de grands papes tels que ceux que nous avons cités. C’est là que nous trouverons les réponses dont nous avons besoin. Suivons-les et nous ne nous tromperons pas.
Ce qui persiste à rester ambigu aujourd’hui reste également négligeable pour la conscience, du fait de son caractère équivoque par rapport à ce qui a été défini avec clarté par le passé. Pour ainsi dire, le principe de continuité le tient en l’état. Ce n’est que si d’aventure le Pape déclarait, sans ambiguïté, qu’il ne faudrait plus prêter attention au magistère de ses prédécesseurs parce qu’il est abrogé par le sien, que ce statu quo tomberait. Mais dans ce cas, bien d’autre choses tomberaient également. Et nous pouvons être assurés que ça n’arrivera pas.