Avec Justin Welby à Jérusalem, l’appel à la paix des Églises chrétiennes

Les patriarches et chefs des Églises de Jérusalem avec l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, le 20 octobre 2023 devant la cathédrale anglicane de Jérusalem.

Avec Justin Welby à Jérusalem, l’appel à la paix des Églises chrétiennes

Arrivé à Jérusalem le 19 octobre, surlendemain de l’explosion de l’hôpital anglican Al-Ahli à Gaza, l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, est le premier responsable chrétien étranger à se rendre en Terre Sainte depuis l’attaque du 7 octobre. Les chefs des Églises chrétiennes ont prié avec lui vendredi soir 20 octobre après l’attaque de Saint-Porphyre à Gaza. Ils exhortent ce samedi à un cessez-le-feu et à désamorcer la violence avant toute considération diplomatique. 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Exprimer solidarité à l’Église anglicane locale et proximité avec les autres Églises chrétiennes de Jérusalem. Tel est le sens de la visite pastorale de l’archevêque de Canterbury dans la Ville trois fois sainte, du 19 au 22 octobre. Justin Welby a rencontré jeudi 20 octobre l’archevêque anglican de Jérusalem, Hosam Naoum, deux jours après l’explosion de l’hôpital. Le lendemain, il a rencontré le patriarche grec-orthodoxe Théophile III, se joignant à son chagrin après la frappe ayant touché des locaux de l’église grecque-orthodoxe Saint-Porphyre de Gaza.

Les chefs des Églises chrétiennes de Jérusalem prient à Saint-Georges 

Une semaine avant la prière pour la paix présidée par le Pape François place Saint-Pierre le 27 octobre prochain, la cathédrale anglicane de Jérusalem Saint-Georges-le-Martyr a accueilli tous les patriarches et chefs des Églises de Jérusalem vendredi soir 20 octobre. Justin Welby, le patriarche grec-orthodoxe Théophile III, l’exarque patriarcal syro-catholique Mar Yacoub Ephrem Semaan, le Custode de Terre Sainte père Francesco Patton, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin, ont élevé ensemble leurs prières vers Dieu pour implorer la paix.

Dans un communiqué, les chefs des Églises de Jérusalem se sont joints samedi 21 octobre à leur invité d’honneur anglican pour exprimer, «dans les termes les plus forts possibles, notre condamnation des frappes aériennes israéliennes qui ont explosé sans avertissement dans l’enceinte de l’église orthodoxe Saint-Porphyre à Gaza». Selon les responsables chrétiens, les explosions ont provoqué l’effondrement soudain et catastrophique de deux salles paroissiales, entourées de dizaines de réfugiés, dont des femmes et des enfants, qui dormaient à l’intérieur. Des dizaines de personnes se sont retrouvées instantanément écrasées sous les décombres. Beaucoup ont été blessés, certains grièvement. Au dernier décompte, dix-huit chrétiens sont morts, dont neuf enfants, soutiennent-ils. 

Désamorcer la violence avant toute considération diplomatique

Les patriarches de Jérusalem appellent la communauté internationale «à appliquer immédiatement des mesures de protection à Gaza pour des lieux de refuge qui devraient être sanctuarisés, tels que les hôpitaux, les écoles et les lieux de culte». Ils réclament un cessez-le-feu humanitaire immédiat afin que la nourriture, l’eau et le matériel médical vital puissent être livrés en toute sécurité aux secouristes qui s’occupent des centaines de milliers de civils déplacés à Gaza, ainsi qu’aux structures gérées par leurs propres Églises. Ils concluent en intimant toutes les parties belligérantes à désamorcer la violence, à cesser de cibler sans discernement les civils de tous bords et à agir dans le respect des règles internationales de la guerre. «Ce n’est qu’ainsi, pensons-nous, que les bases d’un éventuel examen diplomatique des griefs de longue date pourront être posées afin qu’une paix juste et durable puisse enfin être réalisée dans toute notre Terre Sainte bien-aimée, à la fois à notre époque et pour les générations à venir», affirment-ils.

Durant sa visite, l’archevêque de Canterbury espère également rencontrer certains responsables religieux juifs et «renouveler un appel à la libération des otages», relate dans un communiqué Lambeth Palace, siège londonien de l’archevêque.

«Les souffrances de civils doivent cesser»

Le 18 octobre, le primat de l’Église d’Angleterre a qualifié «les attaques terroristes malveillantes et odieuses du Hamas contre des personnes en Israël» de «crimes contre Dieu et contre l’humanité», précisant qu’Israël a «le droit et le devoir légitimes de se défendre et d’apporter une réponse proportionnée et discriminée pour assurer sa sécurité». Le chef spirituel de la Communion anglicane a dans le même temps dénoncé la frappe d’hôpitaux, d’écoles et de camps de réfugiés: «L’effusion de sang, les massacres et les souffrances des innocents de tous les côtés doivent cesser», a-t-il enjoint.

Le diocèse épiscopalien de Jérusalem compte environ 7 000 anglicans et plus de trente institutions, dont des hôpitaux, des écoles, des cliniques, des centres de rééducation, des pensions et des maisons de retraite, répartis sur les cinq territoires du diocèse -Jordanie, Palestine, Liban, Syrie, Israël-.

Source : VATICANNEWS, le 21 octobre 2023

Le Pape invite à vivre la mission comme les disciples d’Emmaüs

Vue depuis le monastère trappiste d’Azeir, en Syrie.

Le Pape invite à vivre la mission comme les disciples d’Emmaüs

Le message du Pape François pour la 97e Journée mondiale des missions, célébrée dimanche 22 octobre, est paru. Le Saint-Père propose une méditation autour du récit des disciples d’Emmaüs, invitant les missionnaires à partir eux aussi «avec des cœurs brûlants, les yeux ouverts, les pieds en marche» pour annoncer l’Évangile du Christ. 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

«Des cœurs brûlants, des pieds en marche» (cf. Lc 24, 13-35), tel est le thème de ce message où François dessine l’itinéraire des disciples missionnaires. En trois étapes, le récit de l’Évangile de Luc permet de «renouveler notre zèle pour l’évangélisation dans le monde d’aujourd’hui», explique le Pape.

Connaître l’Écriture Sainte

D’abord, les deux disciples ont un cœur brûlant «tandis qu’il nous expliquait les Écritures». «La Parole de Dieu éclaire et transforme le cœur dans la mission», rappelle le Souverain Pontife.

Ce passage évangélique montre aussi qu’en tout temps «le Seigneur ressuscité est proche de ses disciples missionnaires, et il marche à leurs côtés, surtout lorsqu’ils se sentent perdus, découragés, effrayés face au mystère d’iniquité qui les entoure et qui veut les étouffer».

Le Pape exprime lui aussi sa «proximité dans le Christ à tous les missionnaires du monde, en particulier à ceux qui traversent une période difficile: chers amis, le Seigneur ressuscité est toujours avec vous et il voit votre générosité et vos sacrifices pour la mission d’évangélisation dans les lieux les plus reculés», écrit-il, avant d’ajouter: «les jours de la vie ne sont pas tous ensoleillés, mais souvenons-nous toujours des paroles du Seigneur Jésus à ses amis avant sa passion: «Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde» (Jn 16, 33)».

Après ces encouragements, François revient à la Parole de Dieu en soulignant que «la connaissance de l’Écriture est importante pour la vie du chrétien, et plus encore pour l’annonce du Christ et de son Évangile. Sinon, que transmet-on aux autres si ce n’est ses propres idées et projets? Et un cœur froid, pourra-t-il jamais faire brûler celui des autres ?», prévient-il.

L’Eucharistie, «source et sommet de la mission»

Dans un second temps, éclairés par cette Parole qui donne de la sagesse, les yeux des disciples d’Emmaüs s’ouvrent et ils reconnaissent le Seigneur à la fraction du pain. «Jésus dans l’Eucharistie est le sommet et la source de la mission», explique le Pape.

Tout disciple missionnaire, poursuit-il «est appelé à devenir, comme Jésus et en Lui, grâce à l’action de l’Esprit Saint, celui-qui-rompt-le pain et celui-qui-est-pain-rompu pour le monde».

Partager son pain «avec les affamés au nom du Christ est déjà un acte missionnaire chrétien. À plus forte raison, la fraction du Pain eucharistique qui est le Christ Lui-même est l’action missionnaire par excellence, car l’Eucharistie est la source et le sommet de la vie et de la mission de l’Église», ajoute François en faisant référence à son prédécesseur Benoît XVI.

Le Saint-Père invite à demeurer unis au Christ, en particulier grâce à «l’adoration, en restant en silence en présence du Seigneur qui reste avec nous dans l’Eucharistie. En cultivant avec amour cette communion avec le Christ, le disciple missionnaire peut devenir un mystique en action», assure-t-il.

Témoigner de la vie éternelle

Les disciples d’Emmaüs repartent enfin de cette rencontre inattendue «les pieds en marche, avec la joie de raconter le Christ ressuscité». Et François de décrire «la jeunesse éternelle d’une Église toujours en sortie», qui trouve sa source dans l’amour du Seigneur. À l’instar des disciples, «ceux qui ont reconnu le Christ ressuscité dans les Écritures et dans l’Eucharistie, et qui portent son feu dans le cœur et sa lumière dans les yeux, sont la première et la principale ressource de la mission». Avec une force: «ils peuvent témoigner de la vie qui ne meurt jamais, même dans les situations les plus difficiles et les moments les plus sombres».

Le Saint-Père réaffirme aussi l’urgence de l’évangélisation dans le contexte actuel. «Aujourd’hui plus que jamais, l’humanité blessée par tant d’injustices, de divisions et de guerres, a besoin de la Bonne Nouvelle de la paix et du salut dans le Christ. Je saisis donc cette occasion pour réaffirmer que ‘tous ont le droit de recevoir l’Évangile’»,écrit François.

Le rôle des Œuvres Pontificales Missionnaires

La mission nécessite concrètement «une coopération missionnaire toujours plus étroite de tous ses membres à tous les niveaux», rappelle le Souverain Pontife. «C’est un objectif essentiel du parcours synodal que l’Église est en train d’accomplir avec les mots-clés communion, participation, mission».Cela passe aussi par les Œuvres Pontificales Missionnaires – nées en France au XIXe siècle et désormais rattachées au dicastère pour l’Évangélisation -, «instrument privilégié pour favoriser cette coopération missionnaire sur le plan spirituel et matériel». «C’est pourquoi la collecte des offrandes de la Journée mondiale des missions est dédiée à l’Œuvre Pontificale de la Propagation de la Foi», fait remarquer François en vue du 22 octobre.

Le Saint-Père termine son message en souhaitant que le témoignage de tout missionnaire soit «un joyeux récit du Christ Seigneur, de sa vie, de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, des merveilles que son amour a accomplies dans notre vie».

«Repartons avec des cœurs brûlants,conclut-il, les yeux ouverts, les pieds en marche, pour enflammer d’autres cœurs avec la Parole de Dieu, ouvrir d’autres yeux à Jésus Eucharistie, et inviter tout le monde à marcher ensemble sur le chemin de la paix et du salut que Dieu, dans le Christ, a donnés à l’humanité».

Source : VATICANNEWS, le 25 janvier 2023

Marie est notre mère par ce « lien supérieur aux liens du sang les plus étroits »

Pèlerins à Medjugorje, en Bosnie-Herzégovine – iStock/Getty Image Plus/nightman1965

Marie est notre mère par ce « lien supérieur aux liens du sang les plus étroits »

Voici un extrait du message envoyé par le Pape François aux participants du Festival annuel des jeunes, qui a eu lieu à Medjugorje, en Bosnie-Herzégovine, du 26 au 30 juillet 2023, sur le thème « Voici ma mère et mes frères » (Mt 12, 49) :

C’est avec joie que je m’adresse à vous qui participez au Festival de la jeunesse à Medjugorje, une occasion de célébrer et de renouveler votre foi.

« Voici ma mère, voici mes frères » (Mt 12, 49). L’évangéliste Matthieu raconte que, pendant que Jésus parle à la foule, quelqu’un lui dit que sa mère et ses frères sont dehors et le cherchent. Jésus répond par une question : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » (Mt 12, 48). Et, désignant ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères; car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là m’est un frère, et une sœur et une mère » (Mt 12, 49-50).

Le geste et les paroles de Jésus nous frappent beaucoup parce que, à première vue, ils semblent manquer de respect envers sa Mère et ses proches. En réalité, à travers cette expression, Il a voulu nous indiquer que c’est l’adhésion à la volonté du Père qui nous établit dans l’union avec Lui, un lien supérieur aux liens du sang les plus étroits. Chers jeunes, la volonté de Dieu est un trésor inestimable! C’est pourquoi la Vierge Marie établit un lien de parenté avec Jésus avant même de Lui donner naissance. Elle devient disciple et mère de son Fils au moment où elle accueille les paroles de l’Ange en répondant: « Voici la servante du Seigneur: qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38). A partir de ce moment, toute sa vie a été un accomplissement constant de la volonté de Dieu.

Et pourtant, nous sommes souvent en contradiction avec cette volonté, parfois nous avons du mal à la comprendre et à l’accueillir, nous voudrions une vie différente, sans défis, sans souffrances, nous voudrions nous-mêmes être différents, peut-être plus intelligents, plus riches de talents ou de dispositions naturelles. Pourtant, il n’y a pas pour nous de meilleure volonté que celle du Père, qui est le projet d’amour pour nous en vue de son royaume et de notre bonheur total.

Pape François

Rome, le 29 juin 2023,

www.osservatoreromano.va

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

22.10.2023 – SAINT DU JOUR

St Jean-Paul II

St Jean-Paul II

PAPE (264E) DE 1978 À 2005

Saint Jean-Paul II
« Le Géant de Dieu »
Pape (263e) de 1978 à 2005

 « Au vu de la dimension extraordinaire avec laquelle ces Souverains Pontifes ont offert au clergé et aux fidèles un modèle singulier de vertu et ont promu la vie dans le Christ, tenant compte des innombrables requêtes partout dans le monde, le Saint-Père François, faisant siens les désirs unanimes du peuple de Dieu, a disposé que les célébrations de saint Jean XXIII, Pape, et de saint Jean-Paul II, Pape, soient inscrites dans le Calendrier Romain général, la première le 11, la deuxième le 22 octobre, avec le degré de mémoire facultative. […] »

De la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 29 mai 2014, solennité de l’Ascension du Seigneur.

« Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière !N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! 

Ces paroles mémorables, prononcées le 22 octobre 1978 dans l’homélie du début du pontificat (>>> Vidéo Extraits du discours du Pape) restent, désormais, sculptées dans les cœurs de tous les chrétiens et des hommes de bonne volonté du monde entier.

Ce que le Pape demandait à tous, lui même l’a fait en premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant, avec la force d’un géant qui venait de Dieu, une tendance qui pouvait sembler irréversible. 

K

arol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d’octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d’Émilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932 ; leur père, ancien sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant la naissance de Karol.

Il fut baptisé le 20 juin 1920, dans l’église paroissiale de Wadowice, par le prêtre François Żak, fit sa Première Communion à neuf ans et reçut la Confirmation à dix-huit ans. Ses études secondaires près l’École Marcin Wadowita de Wadowice achevées, il s’inscrit en 1938 à l’Université Jagellon de Cracovie et à un cours de théâtre. L’Université ayant été fermée en 1939 par l’occupant nazi, le jeune Karol dut travailler sur un chantier de l’usine chimique Solvay afin de gagner sa vie et d’échapper à la déportation en Allemagne.

À compter de 1942, ressentant l’appel au sacerdoce, il suivit les cours de formation du Séminaire clandestin de Cracovie. Il fut à la même époque l’un des promoteurs du Théâtre Rapsodique, lui aussi clandestin.

Après la Seconde Guerre mondiale, il poursuivit ses études au Grand Séminaire de Cracovie à peine rouvert, et également à la Faculté de théologie de l’Université Jagellon, jusqu’à son ordination sacerdotale à Cracovie le 1er novembre 1946 des mains du cardinal Adam Stefan Sapieha. Il fut ensuite envoyé à Rome par le cardinal Sapieha et poursuivit ses études doctorales sous la direction du dominicain français, le P. Garrigou-Lagrange. Il soutint en 1948 sa thèse en théologie consacrée à la Foi dans l’œuvre de saint Jean-de-la-Croix (Doctrina de fide apud Sanctum Ioannem a Cruce). Durant ce séjour romain, il occupa son temps libre pour exercer son ministère pastoral auprès des émigrés polonais de France, de Belgique et des Pays-Bas.

Il rentra en 1948 en Pologne pour être vicaire en diverses paroisses de Cracovie et aumônier des étudiants jusqu’en 1951 où il reprit ses études philosophiques et théologiques. 

En 1953, il soutint à l’Université catholique de Lublin une thèse intitulée « Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler ». Il accéda ensuite à l’enseignement professoral de la théologie morale et d’éthique sociale au Grand Séminaire de Cracovie et à la Faculté de théologie de Lublin.

Le 4 juillet 1958, le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) le nomma Évêque titulaire d’Ombi et auxiliaire de Cracovie et, le 28 septembre suivant, il reçut la consécration épiscopale des mains de l’Archevêque Eugeniusz Baziak, en la cathédrale du Wawel (Cracovie).

Le 13 janvier 1964, il fut nommé Archevêque de Cracovie par  saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) qui, le 26 juin 1967, l’éleva au cardinalat, du titre de S. Cesareo in Palatio, une diaconie élevée au rang presbytéral pro illa vice (pour l’occasion). Après avoir participé au Concile Vatican II (1962-1965), où il offrit notamment une importante contribution à l’élaboration de la constitution Gaudium et Spes, le Cardinal Wojtyła prit part à toutes les assemblées du Synode des Évêques.

Au cours du second Conclave de 1978, il fut élu Pape par les Cardinaux le 16 octobre et prit le nom de Jean-Paul II. Le 22 octobre, Jour du Seigneur, il entamait solennellement son ministère de 263e successeur de l’Apôtre Pierre. Son pontificat de près de 27 années allait être l’un des plus longs de l’histoire de l’Église. 

Jean-Paul II a exercé son ministère pétrinien avec un inlassable esprit missionnaire, prodiguant toutes ses énergies, poussé par la sollicitude pastorale envers toutes les Églises et par la charité ouverte à l’humanité tout entière. En vingt-six années de pontificat, le pape Jean-Paul II a accompli 104 voyages apostoliques hors d’Italie et 146 visites dans ce pays. Comme Évêque de Rome, il a visité 317 des 333 paroisses de son diocèse.

Plus qu’aucun de ses prédécesseurs, il a rencontré le Peuple de Dieu et les Responsables des nations : aux 1166 audiences générales du mercredi ont participé plus de 17 600 000 pèlerins, sans compter toutes les autres audiences spéciales et les cérémonies religieuses [plus de 8 millions de pèlerins seulement au cours du Grand Jubilé de l’An 2000] ; outre les millions de fidèles qu’il a rencontrés au cours de ses visites pastorales en Italie et dans le monde. Nombreuses sont les personnalités gouvernementales reçues en audience : il suffit de rappeler les 38 visites officielles et les 738 audiences ou rencontres de chefs d’État, ainsi que les 246 audiences et rencontres de premiers ministres.

Son amour pour les jeunes l’a poussé à lancer en 1985 les Journées mondiales de la Jeunesse, et les dix-neuf JMJ de son pontificat ont rassemblé des millions de jeunes dans diverses parties du monde. D’autre part, son attention à la famille s’est exprimée par la tenue de Rencontres mondiales des Familles entreprises à son initiative en 1994.

Il a promu avec succès le dialogue avec les juifs et avec les représentants des autres religions, les invitant parfois à des rencontres de prière pour la paix, en particulier à Assise.

Sous sa direction l’Église s’est approchée du troisième millénaire et a célébré le grand Jubilé de l’An 2000, selon les orientations indiquées dans la Lettre apostolique Tertio Millennio Adveniente. Celle-ci s’est ensuite ouverte à la nouvelle époque, en recevant ses indications dans la Lettre apostolique Novo Millennio Ineunte, dans laquelle il montrait aux fidèles le chemin de l’avenir. 

Avec l’Année de la Rédemption, l’Année mariale et l’Année de l’Eucharistie il a promu le renouveau spirituel de l’Église. 

Il a donné une impulsion extraordinaire aux canonisations et aux béatifications, pour montrer d’innombrables exemples de la sainteté d’aujourd’hui, qui soient un encouragement pour les hommes de notre temps. Jean-Paul II a procédé à 147 cérémonies de béatification (1338 bienheureux) et à 51 de canonisation (482 saints). Il a proclamé Docteur de l’Église sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Il a considérablement élargi le Collège des Cardinaux, en en créant 231 en neuf Consistoires, plus un in pectore, dont le nom n’a jamais été révélé. Il a également présidé six réunions plénières du Sacré Collège.

Jean-Paul II a présidé quinze Synodes des Évêques : six Assemblées ordinaires (1980, 1983, 1987, 1990, 1994 et 2001), une générale extraordinaire (1985), huit spéciales (1980, 1991, 1994, 1995, 1997, 1998 [2] et 1999).

Il a prononcé 20 351 discours pendant son seul pontificat dont 3438 hors d’Italie. Au nombre de ses documents majeurs, on compte quatorze encycliques, quinze exhortations apostoliques, onze constitutions apostoliques et quarante-cinq lettres apostoliques. 

À titre privé, en tant que Docteur, a également publié cinq livres : Entrer dans l’espérance (octobre 1994) ; Don et Mystère  en ce 50ème anniversaire de mon ordination sacerdotale (novembre 1996) ; Triptyque romain – Méditations poétiques (mars 2003) ; Levez-vous et allons ! (mai 2004) et Mémoire et Identité(février 2005).

Les seuls écrits officiels représentent plus de 80 000 pages ; à cela il faut ajouter des publications à titre personnel et sans doute des milliers de lettres et documents privés divers.

Il a promulgué le Catéchisme de l’Église catholique, à la lumière de la Tradition, interprétée avec autorité par le Concile Vatican II. Il a également réformé les Codes de droit canonique latin et oriental, a créé de nouvelles institutions et réorganisé la Curie romaine.

Jean-Paul II est décédé au Vatican le 2 avril 2005 à 21 h 37, tandis qu’on entrait déjà dans le Jour du Seigneur, Octave de Pâques et Dimanche de la Divine Miséricorde.

Les funérailles se sont déroulées le >>> 08/04/05 alors que, depuis son décès, plus de trois millions de fidèles étaient venus à Rome saluer sa dépouille, attendant jusqu’à 24 heures avant d’entrer dans la basilique Saint-Pierre.

Le 28 avril, le nouveau pape Benoît XVI a accordé la dispense des cinq années après la mort pour l’ouverture de la Cause en béatification-canonisation de Jean-Paul II. La procédure canonique a été ouverte le 28 juin suivant par le card. Camillo Ruini, Vicaire général pour le diocèse de Rome.

Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła) a été officiellement élevé aux honneurs des autels le dimanche 1er mai 2011, au cours de la messe de béatification, sur la place Saint-Pierre de Rome, présidée par le pape Benoît XVI  (>>> Homélie).

Le  27 avril 2014 sa Sainteté le pape Francesco a proclamé Saints ses prédécesseurs Jean XXIII et Jean-Paul II. Un moment de joie et de prière pour les 800 000 et plus fidèles qui, du monde entier, ont conflué dans la place Saint-Pierre, mais aussi le début d’un voyage éternel dans la gloire de l’Église catholique.

Pour un approfondissement :
>>> Canonisation des bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II

Saint Jean-Paul II priez pour nous !

22.10.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,15-21.

Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »
Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

franciscain, docteur de l’Église

Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints (trad. P. Bayart; Eds. franciscaines 1944, p. 249)

« Fais lever sur nous la lumière de ta face » (Ps 4,7)

De même que cette pièce d’argent porte l’image de César, ainsi notre âme est à l’image de la Sainte Trinité, selon ce qui est dit dans un psaume : « La lumière de ta face est empreinte en nous, Seigneur » (4,7 Vulg). (…) Seigneur, la lumière de ta face, c’est-à-dire la lumière de ta grâce qui établit en nous ton image et nous rend semblables à toi, est empreinte en nous, c’est-à-dire imprimée dans notre raison, qui est la plus haute puissance de notre âme et qui reçoit cette lumière comme la cire reçoit la marque d’un sceau. La face de Dieu, c’est notre raison ; car de même qu’on connaît quelqu’un à son visage, ainsi Dieu nous est connu par le miroir de la raison. Mais cette raison a été déformée par le péché de l’homme, car le péché rend l’homme opposé à Dieu. La grâce du Christ a réparé notre raison. C’est pourquoi l’apôtre Paul dit aux Éphésiens : « Renouvelez votre esprit » (4,23). La lumière dont il est question dans ce psaume c’est donc la grâce, qui restaure l’image de Dieu empreinte en notre nature. (…) Toute la Trinité a marqué l’homme à sa ressemblance. Par la mémoire, il ressemble au Père ; par l’intelligence, il ressemble au Fils ; par l’amour, il ressemble au Saint-Esprit. (…) Lors de la création, l’homme a été fait « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1,26). Image dans la connaissance de la vérité ; ressemblance dans l’amour de la vertu. La lumière de la face de Dieu c’est donc la grâce qui nous justifie et qui révèle de nouveau l’image créée. Cette lumière constitue tout le bien de l’homme, son vrai bien ; elle le marque, comme l’image de l’empereur marque la pièce d’argent. C’est pourquoi le Seigneur ajoute : « Rendez à César ce qui est à César. » Comme s’il disait : De même que vous rendez à César son image, ainsi rendez à Dieu votre âme, ornée et marquée de la lumière de sa face.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 45,1.4-6.

Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus, qu’il a pris par la main pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée :
À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas.
Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas,
pour que l’on sache, de l’orient à l’occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre :

Psaume 96(95),1a.3.4-5b.7-8a.9a.10ac.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
racontez à tous les peuples sa gloire,

à toutes les nations ses merveilles !
Il est grand, le Seigneur, hautement loué,
redoutable au-dessus de tous les dieux :

Lui, le Seigneur, a fait les cieux :
Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,

rendez au Seigneur la gloire de son nom.
Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté.
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »

Il gouverne les peuples avec droiture.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1,1-5b.

Paul, Silvain et Timothée, à l’Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ. À vous, la grâce et la paix.
À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières. Sans cesse,
nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père.
Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui.
En effet, notre annonce de l’Évangile n’a pas été, chez vous, simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude : vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien.