La vie est « attente » et « pèlerinage », par Mgr Francesco Follo

Les Vierges Folles Séduites Par Le Tentateur (Cathédrale De Strasbourg)

La vie est « attente » et « pèlerinage », par Mgr Francesco Follo

Êtres prêts pour la rencontre

Avec le souhait de comprendre qu’un cœur pur est toujours prêt même quand le corps dort

Rite Romain

XXXII Dimanche du Temps ordinaire – Année A – 12 Novembre 2023

Sag 6,12-16; Ps 62; 1 Ts 4,13-18 [4,13-14]; Mt 25,1-13

1) La vraie vigilance est prudente.

C’est être réaliste que de reconnaitre que notre vie sur terre est fragile. Comment ne ne pas nous reconnaître dans e bref poème du poète italien « On est là comme sur les arbres les feuilles d’automne ». Si nous avons la grâce de croire, nous vivons cette caducité non comme une frustration à éviter en cherchant à savourer l’instant présent. Pour le chrétien, la vie, aussi fragile soit-elle, est « vigilance », attente d’une rencontre et un pèlerinage vers la vraie Vie, la Vie éternelle. Sans la perspective d’une rencontre pleine de sens et porteuse d’éternité, le sens de la vie est bouleversé : il cède à la frénésie pour cacher le désespoir. 

               Pour nous aider à vivre cette vigilance qui se fait pèlerinage, l’évangile d’aujourd’hui nous propose la parabole des dix vierges. Parabole qui illustre bien  le dicton de Mt 24,42 : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient ».

Si d’un côté, l’accent est mis sur la nécessité d’être prêts pour ne pas être exclus de la fête nuptiale, de l’autre il est rappelé que l’attente vigilante et prudente concerne la venue du Christ glorieux, appliquant sur lui l’image de l’Epoux que l’Ancien Testament utilise pour Dieu.

En divisant le groupe des dix vierges en deux catégories, cinq prévoyantes et cinq insouciantes, comme ces personnes qui construisent sur la roche ou sur le sable (cf. Mt 25, 1-13), Saint Matthieu décrit la façon dont se passaient les noces entre Juifs à l’époque de Jésus. Celles-ci impliquaient aussi un cortège de jeunes filles (c’est le sens donné au mot « vierge »), qui accompagnait les époux, généralement vers le soir (d’où l’utilisation des lampes).

L’époux se rendait dans la maison paternelle de la future épouse pour l’amener dans la sienne, mais il devait d’abord conclure des accords avec le père, un contrat nuptial. Il pouvait arriver qu’ils doivent encore à discuter et que les choses s’étirent à la longue. Les cinq vierges prévoyantes montrent qu’elles sont prêtes à toute éventualité, portant avec elles de l’huile pour alimenter leurs lampes, au cas où l’attente devenait plus longue que prévue.

Ce qui distingue les deux groupes de jeunes filles n’est pas la vigilance, mais la prudence face à l’imprévu : en effet le passage de l’évangile nous raconte qu’elles s’assoupirent toutes et s’endormirent, quand l’éventualité du retard se vérifia.

Pourquoi certaines furent prudentes et d’autres pas ? Ce n’était pas seulement une question de bon sens, mais d’amour.

L’amour est la vertu avec laquelle on vit l’attente vigilante et prudente. Si on attend intensément, ardemment, celui qu’on aime, on se prépare à tout et on prend toutes les précautions nécessaires, on pense à tous les détails qui permettront à cette attente de se dérouler le mieux possible et à la rencontre avec l’Epoux de se réaliser.

A l’image de ces vierges prudentes et prévoyantes qui attendent l’époux avec les lampes allumées, après avoir pris la précaution de se faire une réserve d’huile. Contrairement aux cinq jeunes filles insouciantes, celles-ci ont été prévoyantes, car éprises de l’époux qu’elles attendent. Même si le sommeil les surprend, elles ont eu la prudence d’acheter de l’huile pour ne pas risquer de ne pas rencontrer l’Epoux, ajoutant leur lumière à celle du Christ et marchant avec lui vers la fête nuptiale. Sans l’amour pour les motiver elles n’auraient pas pensé à devoir se fournir en huile et seraient restées sans la lumière de l’amour. Seul l’amour pour le Christ, l’Epoux qui vient pour nous faire entrer dans son Royaume nous motive à attendre avec prudence, de manière active et assidue, sans crainte, car même si le corps est endormi, le cœur veille.

2) L’huile de la lampe est l’amour.

Il est à noter que l’Epoux est le premier à aimer, l’attente n’est pas la cause de la rencontre mais celle-ci ne se réalise pas sans l’attente entretenue par le cœur vigilant. Sachons également présenter cette attente en priant : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. Je t’ai contemplé au sanctuaire, j’ai vu ta force et ta gloire. Ton amour vaut mieux que la vie : tu seras la louange de mes lèvres ! Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. Comme par un festin je serai rassasié ; la joie sur les lèvres, je dirai ta louange. Dans la nuit, je me souviens de toi et je reste des heures à te parler. Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes » (Ps 62 – Psaume responsorial de la Messe d’aujourd’hui)

Mais pourquoi le cœur des jeunes filles prudentes, pourtant si ouvert dans l’attente de l’Epoux, est-il fermé au partage de l’huile avec les autres jeunes filles, qui le leur demande avec insistance et préoccupation ? 

Je vous propose une interprétation spirituelle : « La lampe appartient à toutes les vierges, l’huile que les unes refondent est un don qu’elles ont reçu de Celui qui l’accroît. Chaque jeune fille doit alimenter amoureusement sa relation avec celui qui vient, avant que l’huile ne commence à manquer. C’est pourquoi il ne peut pas passer de l’une à l’autre, ne peut être reçu que de celui qui peut le donner à tous. L’huile de la relation d’amour ne peut être acheté et vécu par personne interposée. L’Epoux qui est sa réserve le donne et le verse dans de petites bocaux. L’important n’est pas d’en avoir beaucoup, mais veiller à ce qu’il n’en manque pas et que la lampe reste allumée jusqu’ l’arrivée de l’époux » (D. Mongillo, Per lo Spirito in Cristo al Padre, Bose, Ed. Qiqajon, 2005 pag. 16-19).

Naturellement la phrase de l’Evangile d’aujourd’hui : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient », ne s’adresse pas qu’aux personnes appelées à la virginité. Elle vaut pour tous les chrétiens et pour tous les temps. La vigilance doit être comprise comme une attitude vitale générale faite de désir et d’attention, d’amour actif et d’espérance.

Les vierges sages sont ces personnes qui ont saisi le moment favorable de leur permanence sur Terre pour faire de bonnes actions, et se sont préparées à la venue du Seigneur. Les vierges insouciantes sont ces personnes, inattentives et obtuses qui ne se préoccupent que des choses présentes et oublient les promesses de Dieu, n’entretiennent pas la flamme de l’espérance de la résurrection. 

Un exemple de comment vivre l’existence quotidienne, chez soi ou au travail, nous vient des vierges consacrées.

En se donnant totalement au Christ-Epoux, ces femmes montrent que l’on peut vivre la vie comme une attente, en faisant de la journée, du travail, des occupations, un pas vers l’infini, c’est-à-dire avec le corps sur terre mais l’âme au ciel. Ces consacrées témoignent que l’on peut ne se « préoccuper » que du Christ, et leur unique « préoccupation » est d’être des femmes de prière qui regardent en Haut, là où règne la joie. 

  C’est le propre de leur vocation comme le rappelle la prière de l’évêque le jour de leur consécration : « Ecoute Seigneur ton Eglise en prière : dans ton amour, prends pitié de celle que tu as appelée ; conduis-la dans la voie du salut et pour qu’elle désire ce qui te plaît et soit toujours vigilante pour l’accomplir. Par Jésus, le Christ notre Seigneur » (Rituel de consécration des Vierges, n 34) 

Lecture Patristique

Saint Grégoire de Nazianze (320 – 389)
Discours 40, 46

PG 36, 425

Aussitôt après ton baptême, tu te tiendras debout devant le grand sanctuaire, pour signifier la gloire du monde à venir. Le chant des psaumes qui t’accueillera est le prélude des louanges célestes. Les lampes que tu allumeras préfigurent ce cortège des lumières qui conduira au-devant de l’Époux nos âmes resplendissantes et vierges, munies des lampes étincelantes de la foi.

Prenons garde à ne pas nous abandonner au sommeil, par insouciance, de peur que celui que nous attendons ne se présente à l’improviste, sans que nous l’ayons vu venir. Ne restons pas sans provision d’huile et de bonnes oeuvres, de crainte d’être exclus de la salle des noces.

Je vois, en effet, ce que sera ce malheur si affligeant. L’Époux arrivera. Une voix puissante nous appellera à nous présenter devant lui. Toutes les âmes prudentes iront à sa rencontre avec leur lampe allumée et une réserve d’huile très abondante. Les autres, pleines d’inquiétude, chercheront bien tardivement à en obtenir auprès de celles qui en seront pourvues.

L’Époux fera son entrée en grande hâte. Les premières entreront avec lui. Les autres, tout occupées à préparer leurs lampes, ne trouveront pas le temps d’entrer et seront laissées d ehors au milieu des lamentations. Elles se rendront compte trop tard de ce qu’elles auront perdu par leur insouciance. Alors, malgré toutes leurs supplications, elles ne pourront plus pénétrer dans la salle des noces dont elles se seront exclues par leur propre faute.

Elles ressembleront aussi à des invités aux noces qu’un noble père célèbre en l’honneur d’un noble époux, et qui s’abstiennent d’y prendre part. L’un, parce qu’il vient de prendre femme; un autre, parce qu’il vient d’acheter un champ; un troisième, parce qu’il a acquis une paire de boeufs (cf. Lc 14,18-20). Ce qu’ils ont obtenu ainsi leur a été bien dommageable, puisqu’ils se sont privés d’un excellent profit pour des avantages médiocres.

Car il n’y a pas de place dans le ciel pour l’orgueilleux et l’insouciant, pour l’homme sans habit convenable, qui ne porte pas le vêtement de noce (cf. Mt 22,11), même s’il s’est cru, sur terre, digne de la splendeur céleste, et s’est introduit furtivement dans le groupe des fidèles en se berçant de faux espoirs.

Qu’adviendra-t-il ensuite? L’Époux connaît ce qu’il nous enseignera quand nous serons au ciel, et il sait quelles relations il entretiendra avec les âmes qui y seront entrées avec lui. Je crois qu’il vivra en leur compagnie, et qu’il leur enseignera les mystères les plus parfaits et les plus purs.

Nous qui vous donnons cet enseignement et vous qui nous écoutez, puissions-nous y avoir part dans le Christ notre Seigneur, à qui soient la gloire et la puissance dans les siècles. Amen.

Source : ZENIT.ORG, le 9 novembre 2023

Argentine: le cardinal Pironio bientôt béatifié au sanctuaire de Luján

Cardinal Edoardo Francesco Pironio, futur bienheureux.

Argentine: le cardinal Pironio bientôt béatifié au sanctuaire de Luján

C’est dans un message vidéo que l’archevêque de Mercedes-Luján, Mgr Jorge Scheinig, annonce la béatification le 16 décembre prochain, soulignant que la cérémonie représente une «joie immense» pour toute l’Argentine et son Église. La célébration sera présidée par le cardinal Vérgez Alzaga, secrétaire personnel pendant 23 ans du futur bienheureux.

Vatican News

Le 16 décembre prochain, le cardinal Eduardo Pironio sera élevé aux honneurs des autels, dans le lieu où il fut baptisé, a reçu l’ordination épiscopale, et où sa dépouille repose depuis 1998. Le cardinal argentin d’origine italienne – dont le miracle attribué à son intercession a été reconnu par le Pape mercredi 8 novembre dernier -, sera béatifié au sanctuaire argentin de Notre-Dame de Luján, la sainte patronne du pays.

Une immense joie pour l’Église argentine

La nouvelle a été rendue publique par l’archevêque de Mercedes-Lujá, dans un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux de l’archidiocèse. Dans cette vidéo, Mgr Jorge Scheinig affirme que la béatification du cardinal Pironio, dont beaucoup se souviennent pour son soutien dans la réalisation des JMJ, représente une «immense joie pour toute l’Église en marche en Argentine et pour tout le pays».

« Notre frère vit les béatitudes avec le Seigneur», a poursuivi Mgr Scheinig, rappelant que toute la vie du cardinal «a été marquée par la présence de María de Luján, qu’il aimait tendrement».

Cérémonie présidée par le cardinal Vérgez

La cérémonie aura lieu, comme indiqué, le 16 décembre à 11 heures. Elle sera présidée par le cardinal Fernando Vérgez Alzaga, président du gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican et secrétaire personnel du futur bienheureux pendant 23 ans.

Source : VATICANNEWS, le 11 novembre 2023

Le Pape exhorte à privilégier l’adoration dans les sanctuaires

Les participants à la IIème Rencontre internationale des recteurs et collaborateurs de sanctuaires reçus le 11 novembre 2023 par le Pape François. (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Le Pape exhorte à privilégier l’adoration dans les sanctuaires

Accueillant samedi 11 novembre au Vatican les participants à la IIème Rencontre internationale des recteurs et collaborateurs de sanctuaires, le Saint-Père s’est focalisé dans son discours sur l’adoration dans les sanctuaires, lieux de consolation et d’espérance pour tous les pèlerins qui s’y rendent, en particulier lorsqu’ils traversent des moments difficiles dans leur vie. 

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

Dans l’histoire de chaque sanctuaire, il est facile de toucher du doigt la foi du peuple, qui est maintenue vivante et nourrie par la prière, en premier lieu par le Rosaire qui aide à prier en méditant les mystères de la vie de Jésus et de la Vierge Marie. C’est ce qu’a fait remarquer le Pape François aux participants de la IIème Rencontre internationale des recteurs et collaborateurs de sanctuaires, intitulée: « Le Sanctuaire: maison de prière » , et qui se termine samedi 11 novembre.

«Entrer spirituellement dans ces mystères, se sentir partie prenante de ce qui constitue l’histoire de notre salut, est un engagement doux qui donne une saveur évangélique à la vie quotidienne». Il est important d’accorder une attention particulière à l’adoration dans les sanctuaires, souligne ainsi le Pape.

L’adoration

C’est bien évidemment à cette occasion que l’on reçoit le «don de l’amour de Dieu», pour «pouvoir en témoigner dans la charité fraternelle». L’adoration est un «espace pour donner du sens à tout». François estime qu’il faut encourager les pèlerins à faire l’expérience du silence contemplatif et adorateur, ce qui les aide à fixer leur regard sur l’essentiel de la foi. «Peut-être devrions-nous noter que l’ambiance et l’atmosphère de nos églises n’invitent pas toujours les gens à se rassembler et à adorer», fait remarquer le Pape.

Les sanctuaires, lieux de consolation et d’espérance

Affectés parfois par la douleur, la maladie, la perte d’un proche et tant de situations pénibles de la vie, des fidèles, croyants ou encore des pèlerins, se rendent dans les différents sanctuaires non seulement «pour être consolés», mais aussi pour «regarder l’avenir avec plus de confiance».

Des participants à la IIème Rencontre internationale des recteurs et collaborateurs de sanctuaires.
Des participants à la IIème Rencontre internationale des recteurs et collaborateurs de sanctuaires.

«Le service de la consolation ne peut manquer dans nos sanctuaires», car la consolation n’est pas une idée abstraite, elle n’est pas d’abord faite de mots, mais d’une proximité compatissante et tendre qui comprend la douleur et la souffrance, explique le Souverain pontife, tout en précisant que «consoler, c’est rendre tangible la miséricorde de Dieu», souhaitant ensuite par l’intercession de la Vierge Marie: «Que la consolation et la miséricorde abondent dans nos sanctuaires!»

Le pèlerin a aussi besoin d’espérance. Il la recherche dans l’acte même du pèlerinage: il se met en route à la recherche d’une destination sûre à atteindre, poursuit François. «Il demande l’espérance dans sa prière, parce qu’il sait que seule une foi simple et humble peut obtenir la grâce dont il a besoin. Il est ensuite important que, de retour chez lui, il se sente exaucé et qu’il soit rempli de sérénité parce qu’il a placé sa confiance en Dieu». Dans nos sanctuaires, «une grande attention est accordée à l’hospitalité. En même temps, une attention pastorale tout aussi grande doit être accordée au moment où le pèlerin quitte le sanctuaire pour retourner à sa vie ordinaire: qu’il reçoive des paroles et des signes d’espérance, afin que le pèlerinage qu’il a effectué prenne tout son sens».

Bien choisir les prêtres pour les confessions

Dans les sanctuaires, on y va avant tout pour prier, précise François, qui dit reconnaitre avec quel soin la Sainte Eucharistie y est célébrée et combien d’efforts sont consacrés au sacrement de la réconciliation. L’occasion de recommander également un bon discernement dans le choix des prêtres pour les confessions, afin que ceux qui se présentent au confessionnal, attirés par la miséricorde du Père, vivent une vraie et pleine réconciliation.

Ainsi, en préparation du Jubilé de 2025, le Pape souhaite que l’an prochain soit entièrement consacré à la prière, annonçant la publication prochaine de supports pouvant aider à redécouvrir la centralité de la prière. «Retroussons nos manches et renouvelons chaque jour la joie et l’engagement d’être des hommes et des femmes de prière. Vous, dans les sanctuaires, vous le ferez à travers la spiritualité typique qui les caractérise», conclu François.

Source : VATICANNEWS, le 11 novembre 2023

12.11.2023 – SAINT DU JOUR

St Jean Kuncewicz

St Jean Kuncewicz

ÉVÊQUE ET MARTYR († 1623)

Saint Josaphat (Jean) Kuncewicz
Archevêque de Polotsk et martyr 
(1580-1623)

 

Josaphat naquit à Wladimir, ville de Pologne, d’une famille modeste. Il reçut le nom de Jean au baptême. Il entra à vingt ans dans l’ordre des Basiliens-Unis de Pologne où il prit le nom de Josaphat.

Secrètement passé au schisme, le Supérieur de la communauté tenta vainement de convaincre Josaphat à se révolter contre le Saint Père, mais au grand mécontentement des schismatiques qui accablèrent le Saint d’injures et de sarcasmes, Josaphat dénonça l’archimandrite au métropolitain. Ce dernier déposa le Supérieur de sa charge.

Quoique simple diacre, Josaphat fit preuve d’un zèle ardent pour la conversion des non-unis et en ramena un bon nombre dans le giron de l’Église. Ordonné prêtre, le saint basilien se fit l’apôtre de la contrée, s’appliqua au ministère de la prédication et de la confession tout en pratiquant une exacte observance de ses Règles. Dieu avait doté saint Josaphat d’un talent particulier pour assister les condamnés à mort. Il visitait aussi les malades pauvres, lavait leurs pieds et tâchait de procurer des remèdes et de la nourriture aux miséreux.

Nommé archimandrite du couvent de la Trinité, qui se composait surtout de jeunes religieux, il les forma à la vie monastique avec une vigilance toute paternelle. À l’âge de trente-huit ans, Josaphat Kuncewicz fut sacré archevêque de Polotsk à Vilna (Vilnius). Pendant que l’archevêque se trouvait à la diète de Varsovie où plusieurs évêques avaient été convoqués, un évêque schismatique s’empara de son siège à l’improviste. 

Josaphat s’empressa de revenir vers son troupeau pour rappeler les brebis rebelles à l’obéissance. Au moment où il voulut prendre la parole, la foule excitée par les schismatiques se rua impétueusement sur lui. Il aurait été impitoyablement massacré si la force armée n’était intervenue pour le dégager.

Le matin du 12 novembre 1623, alors qu’il priait dans la chapelle du palais épiscopal de Vitebsk, une foule en furie envahit la sainte demeure. Josaphat accourut promptement au bruit de l’émeute : « Si vous en voulez à ma personne, dit-il aux assassins, me voici. » Deux hommes s’avancèrent alors vers lui ; l’un d’eux le frappa au front avec une perche et l’autre lui asséna un coup de hallebarde qui lui fendit la tête. Enfin, deux coups de fusil lui percèrent le crâne.

Béatifié par le pape Urbain VIII (Maffeo Barberini, 1623-1644), le 16 mai 1643, et canonisé par le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878), le 29 juin 1867, saint Josaphat est le premier saint des Églises uniates à être canonisé à Rome.

Ses reliques se trouvent sous l’autel Saint-Basile dans la basilique Saint-Pierre du Vatican.

St Jean Kuncewicz priez pour nous !

12.11.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.


Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

moniale bénédictine

Les Exercices, n°5 ; SC 127 (Œuvres spirituelles; trad. J. Hourlier et A. Schmitt; Éd. du Cerf, 1967; p. 175-179; rev.)

« Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre »

Mon Dieu, mon très doux Soir, lorsque pour moi sera venu le soir de cette vie, fais-moi m’endormir doucement en toi, et expérimenter cet heureux repos que tu as préparé en toi à ceux qui te sont chers. Que le regard si paisible et gracieux de ta belle dilection, ordonne et dispose avec bonté les préparatifs de mes noces. Par l’opulence de ta bonté, couvre (…) la pauvreté de ma vie indigne ; dans les délices de ta charité que mon âme habite avec une extrême confiance. Ô amour, toi-même sois alors pour moi un soir si beau, que par toi mon âme avec joie et allégresse dise à mon corps un doux adieu et que mon esprit, retournant au Seigneur qui l’a donné, sous ton ombre suavement repose en paix. Alors tu me diras clairement (…) : « Voici venir l’Époux : sors maintenant et unis-toi à lui plus intimement, afin qu’il te réjouisse par la gloire de son visage. » (…) Oh ! quand, quand te montreras-tu à moi, afin que je te voie et que je puise avec délices à cette source vive que tu es, ô Dieu ? (Is 12,3) Alors je boirai, je m’enivrerai dans l’abondance de la douceur de cette source vive, qui sourd des délices de la face (…) de celui que désire mon âme (Ps 41,3). Ô douce face, quand me combleras-tu de toi ? Alors j’entrerai dans le sanctuaire admirable, jusqu’à la vue de Dieu (Ps 41,5) ; je ne suis qu’à l’entrée, et mon cœur gémit de la longueur de mon exil. Quand me combleras-tu de joie par ta douce face ? (Ps 15,11) Alors je contemplerai et embrasserai le véritable Époux de mon âme, mon Jésus. (…) Là je connaîtrai comme je suis connue (1Co 13,12), j’aimerai comme je suis aimée ; ainsi je te verrai, mon Dieu, tel que tu es (1Jn 3,2), en ta vision, ta jouissance et ta possession bienheureuse à jamais.

LECTURES :

Livre de la Sagesse 6,12-16.

La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas. Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première.
Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte.
Penser à elle est la perfection du discernement, et celui qui veille à cause d’elle sera bientôt délivré du souci.
Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre.

Psaume 63(62),2.3-4.5-6.7-8.

Dieu, tu es mon Dieu,
je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,

terre aride, altérée, sans eau.
Je t’ai contemplé au sanctuaire,
j’ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie :

tu seras la louange de mes lèvres !
Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serai rassasié ;

la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.
Dans la nuit, je me souviens de toi et je reste des heures à te parler.
Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 4,13-18.

Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui.
Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci : nous les vivants, nous qui sommes encore là pour la venue du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis.
Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord.
Ensuite, nous les vivants, nous qui sommes encore là, nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu’eux, à la rencontre du Seigneur. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur.
Réconfortez-vous donc les uns les autres avec ce que je viens de dire.