Deir al Mubarraq, ce lieu où la Sainte Famille a vécu, en Haute Égypte

Vittore Carpaccio, La Fuite en Egypte, 1500, National Gallery of Art, Washington. CC0/wikimedia

Deir al Mubarraq, ce lieu où la Sainte Famille a vécu, en Haute Égypte

Le monastère d’Al-Mouharraq connu en Haute Egypte, aussi connu sous le nom de « monastère de la Vierge » ou encore « monastère de la montagne de Qosqam », aurait été fondé par saint Pacôme (†348), l’initiateur du cénobitisme, ou par ses disciples. Les coptes ont longtemps considéré Deir al-Mouharraq comme l’étape la plus méridionale du séjour de la Sainte Famille en Égypte.

La tradition copte considère que l’église du monastère fut, vers 390, la première en Égypte à avoir été dédiée à la Vierge Marie (l’anniversaire de cette consécration est célébré chaque année le 6 hâtour / 15 novembre par la liturgie copte). L’événement aurait été accompagné d’une apparition de Notre Dame à l’archevêque Théophile d’Alexandrie (345-412). Ce miracle est rapporté par un texte célèbre, la Vision de Théophile (à ne pas confondre avec le miracle de Théophile). Dans le cadre d’une tournée en Haute-Égypte où il avait été envoyé par l’empereur pour détruire des temples païens, Théophile se serait rendu au mont Qosqam pour la consécration du sanctuaire. S’étant retiré pour prier dans la chambre que la tradition disait avoir été celle de la Vierge, il eut une apparition :

« Une lumière m’inonda, si étincelante que le soleil lui-même semblait m’illuminer. Un trône de lumière m’apparut, sur lequel était assise la Reine de toutes les femmes, la Sainte Vierge, Notre-Dame Marie, la Mère de Dieu. Comme le soleil, son visage rayonnait une lumière qui émanait d’elle, et elle était couverte d’un éclat majestueux, tandis que des myriades d’anges l’entouraient (…) . Je vis Gabriel et Michel, et une grande multitude d’autres anges avec eux. Lorsque je les aperçus, je tombai la face sur le sol et devins comme un homme mort, mais Michel me releva et apaisa ma peur et mon angoisse. Alors, la Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, me parla ».

Marie raconta longuement à Théophile la fuite de la Sainte Famille et lui révéla que l’église du monastère, sur la « sainte montagne de Qosqam », avait été bâtie par les apôtres, transportés miraculeusement en ces lieux sur un nuage en compagnie du Christ ressuscité, de sa Mère, de Marie de Magdala et de Marie Salomé. Le Christ y aurait même célébré personnellement la première Eucharistie après Pâques, en souvenir des six mois de son enfance passés en ce lieu, avec Joseph, Marie et leur servante Salomé (une cousine de la Vierge), compagne de leur exil.

Le mont Qosqam vérifiait ainsi la prophétie d’Isaïe (19,19) : « Ce jour-là, il y aura un autel dédié au Seigneur au milieu du pays d’Égypte. »

La Vierge Marie promet à Théophile que tous ceux qui visiteraient cette église obtiendraient la rémission de leurs péchés et qu’elle les aiderait à persévérer dans la foi jusqu’à la fin de leur vie. L’apparition de Marie à Théophile et le passage de la Sainte Famille sont commémorés par de grands pèlerinages qui rassemblent annuellement des foules considérables de coptes orthodoxes au Deir al-Mouharraq (1).

Adapté de : Encyclopédie Mariale

Date des pèlerinages : deux principaux pèlerinages rassemblent annuellement des foules considérables de coptes orthodoxes au Deir al-Mouharraq :

Le 28 juin (21 Baûnah du calendrier copte), fête du monastère, qui coïncide avec la fête de la dédicace de l’autre église mariale dont on devrait la construction à des apôtres, en l’occurrence Paul et Barnabé, à Philippes, en Asie Mineure.

Du 7 au 22 août (jeûne et fête de l’Assomption de Marie).

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

15.11.2023 – SAINT DU JOUR

St Albert le Grand

DOCTEUR DE L’ÉGLISE († 1280)

Saint Albert Le Grand
Évêque et docteur de l’Église
(1193-1280)

 

Albert le Grand naît aux environs d’Augsbourg de parents riches. Dès son enfance, il montra dans ses études une rare perspicacité ; le goût des sciences lui fit abandonner les traditions chevaleresques de sa famille et le conduisit à l’université de Padoue où il sut tempérer son ardeur pour l’étude par une vive piété.

À l’âge de trente ans, encore incertain de son avenir, mais inspiré par la grâce, il alla se jeter aux pieds de la très Sainte Vierge, et crut entendre la céleste Mère lui dire : « Quitte le monde et entre dans l’ordre de Saint Dominique. » Dès lors, Albert n’hésita plus, et malgré les résistances de sa famille, il entra au noviciat des Dominicains. Tels furent bientôt ses progrès dans la science et la sainteté, qu’il dépassa ses maîtres eux-mêmes.

Muni du titre de docteur en théologie, il fut envoyé à Cologne, où sa réputation lui attira pendant longtemps de nombreux et illustres disciples. Mais un seul suffirait à sa gloire, c’est saint Thomas d’Aquin. 

Ce jeune religieux, déjà tout plongé dans les plus hautes études théologiques, était silencieux parmi les autres au point d’être appelé par ses condisciples : « le Bœuf muet de Sicile ». Mais Albert les fit taire en disant : « Les mugissements de ce bœuf retentiront dans le monde entier. »

De Cologne, Albert fut appelé à l’Université de Paris avec son cher disciple. C’est là que son génie parut dans tout son éclat et qu’il composa un grand nombre de ses ouvrages. Plus tard l’obéissance le ramène en Allemagne comme provincial de son Ordre ; il dit adieu, à sa cellule, à ses livres, à ses nombreux disciples, et voyage sans argent, toujours à pied, à travers un immense territoire pour visiter les nombreux monastères soumis à sa juridiction. Il était âgé de soixante-sept ans quand il dut se soumettre à l’ordre formel du pape et accepter, en des circonstances difficiles, le siège épiscopal de Ratisbonne ; là, son zèle infatigable ne fut récompensé que par de dures épreuves où se perfectionna sa vertu.

Rendu à la paix dans un couvent de son Ordre, il lui fallut bientôt, à l’âge de soixante-dix ans, reprendre ses courses apostoliques. Enfin il put rentrer définitivement dans la retraite pour se préparer à la mort. On s’étonne que, parmi tant de travaux, de voyages et d’œuvres de zèle, Albert ait pu trouver le temps d’écrire sur les sciences, la philosophie et la théologie des ouvrages qui ne forment pas moins de vingt et un volumes in-folio, et on peut se demander ce qui a le plus excellé en lui du savant, du saint ou de l’apôtre.

Il mourut âgé de quatre-vingt-sept ans, le 15 novembre 1280 ; son corps fut enterré à Cologne dans l’église des dominicains. Il lui a fallu attendre jusqu’au 16 décembre 1931 les honneurs de la canonisation et l’extension de son culte à l’Église universelle. En proclamant sa sainteté, le pape Pie XI y ajouta le titre si glorieux et si bien mérité de docteur de l’Église.

 Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :

>>>  Saint Albert le Grand

Saint Albert Le Grand priez pour nous !

15.11.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,11-19.

Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent: « Jésus, maître, prends pitié de nous. » | © Flickr/Ted/CC BY-NC 2.0)

En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance
et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés.
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain.


Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe

Lettre 46 aux seigneurs Bannerets, n° 196 (Lettres, tome 1; trad. Cartier; Éd. P. Téqui, 1976; p. 386-390; rev.)

Soyez reconnaissants !

Très chers Frères et Seigneurs de la terre dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir reconnaissants de tous les bienfaits que vous avez reçus de Dieu, afin qu’ils augmentent et nourrissent en vous la source de l’amour divin dans vos âmes. La reconnaissance est très agréable à Dieu, et nous est très utile ; mais l’ingratitude lui déplaît beaucoup et nous fait grand tort : elle tarit la source de la piété, et nous invitons Dieu à ne plus augmenter ses grâces et à nous priver de celles qu’il nous a faites. Il faut donc s’appliquer avec un grand zèle à voir les bienfaits de Dieu, car en les voyant nous les reconnaîtrons et en les reconnaissant nous rendrons gloire et louange à son nom. Et comment montrerons-nous notre reconnaissance et notre ingratitude ? Je vais vous le dire : nous montrerons notre ingratitude en offensant la bonté de Dieu et notre prochain, en les offensant de mille manières et par mille injustices, en ne leur rendant pas ce que nous sommes obligés de leur rendre, c’est-à-dire, en n’aimant pas Dieu par-dessus toutes choses, et le prochain comme nous-mêmes. (…) Tout le contraire arrive pour l’homme fidèle et reconnaissant à l’égard de son Créateur il lui rend justice en lui rendant ce qui est dû, c’est-à-dire la louange et l’honneur que Dieu demande ; il le fait en l’aimant par-dessus toutes choses, et en aimant le prochain comme lui-même. Il contemple l’humilité de Dieu pour abaisser son orgueil (…) ; il élargit son cœur dans la charité, et il se purifie de toute souillure dans la pureté du Christ, dans l’abondance de son sang précieux. (…) Je veux donc, mes très chers Frères, que vous soyez reconnaissants des grâces que vous a faites et que vous fait notre Créateur, pour qu’elles augmentent.

LECTURES :

Livre de la Sagesse 6,2-11.

(Illustration: Jugement dernier, de Michel Ange, à Chapelle Sixtine, Vatican)

Soyez attentifs, vous qui dominez les foules, qui vous vantez de la multitude de vos peuples.
Car la domination vous a été donnée par le Seigneur, et le pouvoir, par le Très-Haut, lui qui examinera votre conduite et scrutera vos intentions.
En effet, vous êtes les ministres de sa royauté ; si donc vous n’avez pas rendu la justice avec droiture, ni observé la Loi, ni vécu selon les intentions de Dieu,
il fondra sur vous, terrifiant et rapide, car un jugement implacable s’exerce sur les grands ;
au petit, par pitié, on pardonne, mais les puissants seront jugés avec puissance.
Le Maître de l’univers ne reculera devant personne, la grandeur ne lui en impose pas ; car les petits comme les grands, c’est lui qui les a faits : il prend soin de tous pareillement.
Les puissants seront soumis à une enquête rigoureuse.
C’est donc pour vous, souverains, que je parle, afin que vous appreniez la sagesse et que vous évitiez la chute,
car ceux qui observent saintement les lois saintes seront reconnus saints, et ceux qui s’en instruisent y trouveront leur défense.
Recherchez mes paroles, désirez-les ; elles feront votre éducation.

Vitrail de la sagesse de Salomon, 1531, Jean Chastellain, église saint Gervais saint Protais, Paris, musée du Louvre

Psaume 82(81),3-4.6-7.

« Rendez justice au faible, à l’orphelin ; faites droit à l’indigent, au malheureux.
« Libérez le faible et le pauvre, arrachez-le aux mains des impies. »
« Je l’ai dit : Vous êtes des dieux, des fils du Très-Haut, vous tous !
« Pourtant, vous mourrez comme des hommes, comme les princes, tous, vous tomberez ! »

Père Francesco Patton, custode de Terre Sainte (image d’archive). (AFP or licensors)

Père Patton: arrêtez de bombarder les civils à Gaza, la vie humaine est sacrée

Depuis Rome, à l’occasion de la Journée des associations de Terre Sainte, le custode de Terre Sainte lance un appel à ne pas alimenter «les idéologies antihumaines et terroristes». Père Francesco Patton confie au micro de Radio Vatican-Vatican News son inquiétude pour les chrétiens de Gaza. 

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

«Tout le monde doit coopérer pour arrêter le bombardement de la population civile à Gaza». C’est l’appel que le custode de Terre Sainte, le père Francesco Patton, présent à Rome ce 11 novembre à l’occasion de la 16ème Journée des Associations de Terre Sainte, lance au micro de Radio Vatican – Vatican News. «Il faut revenir au respect de la personne humaine, indépendamment de l’ethnie, de la religion et de la situation personnelle de chacun, il faut à nouveau considérer la personne humaine comme sacrée», affirme le prêtre franciscain qui met en garde contre les «idéologies antihumaines et terroristes». Dans cet entretien, père Francesco Patton décrit avec tristesse les difficultés rencontrées par la communauté chrétienne dans la bande de Gaza.

Quelles sont les dernières nouvelles de Gaza concernant la communauté chrétienne?

La communauté chrétienne de Gaza est aujourd’hui très réduite. Les fidèles grecs-orthodoxes et latins sont mélangés dans les deux paroisses. Il y a les sœurs de Mère Teresa qui s’occupent des personnes vivant avec handicap et les sœurs du Verbe Incarné, il y a également les sœurs du Rosaire, qui s’occupaient d’une grande école ouverte à tous. Actuellement, les chrétiens vivent tous dans l’église, c’est le seul endroit où ils se sentent en sécurité, non pas parce que les murs sont plus épais, mais parce qu’à l’église, ils perçoivent davantage la présence de Dieu… Ils perçoivent l’église comme leur maison et la présence de Jésus-Christ comme leur Sauveur. Ils le disent explicitement! Ils font deux messes par jour, ils récitent le chapelet, ils vivent une vie de prière jour et nuit, précisément pour invoquer le salut pour eux-mêmes, pour leurs frères et sœurs. Voyons comment les choses se passeront dans les prochains jours, espérons qu’au moins le lieu de culte sera respecté et que les chrétiens pourront surmonter cette phase vraiment difficile de leur existence.

Comment voyez-vous l’avenir des chrétiens en Terre Sainte?

Je crains qu’une fois la guerre terminée, il y ait une nouvelle émigration de chrétiens de Terre Sainte vers les États-Unis, le Canada, l’Europe. Même avant de venir à Rome, j’ai senti que beaucoup ne se sentaient plus en sécurité, surtout ceux qui ont des familles et qui ne veulent pas que leurs enfants grandissent dans un environnement de haine, où il n’y a pas d’acceptation mutuelle entre les personnes d’ethnies et de religions différentes.

e peut-on faire pour que les chrétiens continuent à être présents en Terre Sainte?

L’élément fondamental pour que les chrétiens restent est d’ordre spirituel. En d’autres termes, les chrétiens doivent être profondément convaincus qu’être chrétiens en Terre Sainte, ainsi que dans tout le Moyen-Orient, est un appel spécial, une sorte de vocation et non une malédiction. Dans cette période historique, nombreux sont ceux qui pensent que naître au Moyen-Orient est une sorte de malédiction, car ils savent ce qui s’est passé en Irak, en Syrie, au Liban et ce qui se passe actuellement en Israël, en Palestine et à Gaza.

Vous vivez à Jérusalem, à plus de 70 kilomètres de Gaza, quel est le climat actuel?

Le climat à Jérusalem est assez lourd, parce qu’il y a de la peur et de la méfiance réciproque entre ceux qui appartiennent à la communauté israélo-arabe et ceux qui appartiennent à la communauté israélo-juive. Cependant, il y a des signes positifs: certaines personnes continuent d’essayer de maintenir en vie le dialogue et la communication. Les chrétiens jouent un rôle important dans cette situation, car ils ne sont pas perçus comme dangereux par l’un ou l’autre. Par conséquent, s’ils restent, ils pourront contribuer à recoller les morceaux; s’ils partent, l’espace de coexistence sera encore plus réduit.

Quelle est la situation à Jérusalem?

Dans la Vieille ville, la plupart des boutiques de souvenirs et des magasins religieux sont fermés en ce moment parce qu’il n’y a pas de pèlerins. À Bethléem, la situation est encore plus difficile car les chrétiens vivent exclusivement de l’industrie du pèlerinage, or les hôtels et les magasins sont fermés. Je le répète, notre présence continue d’être une présence religieuse, comme elle l’a été au cours de ces huit derniers siècles. Nous sommes toujours restés, même lorsqu’il n’y avait pas de pèlerins, et nous savons qu’il est important de rester dans ces lieux et d’y prier, parce que ces lieux rappellent le mystère de notre rédemption. La rédemption est un fait dramatique, ce n’est pas une promenade de santé, c’est quelque chose qui a coûté la vie à notre Seigneur Jésus-Christ. Par conséquent, nous sommes appelés à le suivre en tant que disciples, même au milieu des difficultés.

Face à la situation actuelle en Terre Sainte, souhaitez-vous lancer un appel?

J’appelle à la coopération de tous pour arrêter les bombardements de la population civile, pour qu’il y ait un retour au respect de la personne humaine, indépendamment de l’ethnie, de la religion et de la situation personnelle. Nous devons recommencer à considérer la personne humaine comme sacrée. Dans l’Antiquité, ce qui était sacré était inviolable. Ici, nous devons recommencer à considérer la personne humaine comme sacrée. En Terre Sainte vivent des croyants de trois religions: juifs, chrétiens et musulmans. Pour les juifs et les chrétiens, l’homme est l’image et la ressemblance de Dieu; pour les musulmans, selon le Coran, l’homme est le calife de Dieu sur cette terre, c’est-à-dire le représentant de Dieu sur cette terre. Les croyants de ces trois religions ont donc une très haute idée de la valeur et de la dignité de la personne humaine. Nous devons tous recommencer à considérer la valeur et la dignité de la personne humaine. Ceci afin d’éviter d’alimenter les idéologies antihumaines et terroristes.

Source : VATICANNEWS, le 12 novembre 2023

14.11.2023 – SAINT DU JOUR

Sts Nicolas Tavelic et comp.

PRÊTRES OFM, MARTYRS († 1391)

Saints Nicolas Tavelic
et ses compagnons
Martyrs († 1391)

En 1383, des Franciscains arrivèrent d’Europe pour grossir les rangs des Franciscains dans leur couvent du Mont Sion, en Terre Sainte. L’Ordre des Frères Mineurs est en effet le gardien des Lieux Saints ; et depuis le Moyen Age jusqu’à nos jours il est organisé en Custodie.

Pendant huit ans, ces nouveaux Frères, Nicolas Tavelic, Adéodat Aribert de Rodez, Etienne de Coni et Pierre de Narbonne, vécurent selon la règle de saint François, s’occupant des Chrétiens confiés à leur protection, et s’efforçant de réaliser un apostolat, pratiquement infructueux, au sein des Musulmans.

Le 11 novembre 1391, ils furent convoqués devant le Cadi de Jérusalem pour exposer leur Foi. Ils firent une lecture publique d’un exposé théologique qu’ils avaient préparé avec grand soin. Après une audition attentive de leur présentation, les autorités leur intimèrent de se rétracter. Les Franciscains refusèrent et furent aussitôt condamnés à mort. Enfermés pendant trois jours, ils furent exposés à de cruels sévices.

Le 14 novembre, on leur demanda d’abjurer. Ils refusèrent à nouveau. Ils furent battus à mort, écartelés et brûlés. Leur martyre fut décrit par le Père Gérald Calveti dans une lettre envoyée à son Ordre. Il devait lui-aussi mourir peu de temps après. Ceux-ci furent toujours honorés chez les Frères Mineurs. 

En 1889, le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903) confirma la mémoire liturgique du bienheureux Nicolas Tavelic qui était spécialement vénéré en Yougoslavie.
En 1966, saint Paul VI confirma la mémoire liturgique des trois autres Franciscains, fixant leur fête au 17 novembre, alors que la mémoire de ces martyrs était fixée au 14 novembre au sein de l’Ordre. Finalement le 21 juin 1970, saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) canonisa les quatre Franciscains, fixant leur fête au 14 novembre. Ils sont les premiers saints martyrs de la Custodie de Terre Sainte.

Nicolas Tavelic, Croate, était originaire de Dalmatie, où il naquit vers 1340. Il entra adolescent chez les Franciscains, et devenu prêtre, évangélisa la Bosnie et prêcha avec le Père Adéodat de Rodez contre la secte des Bogomiles qui niait la nature divine du Christ, et avait une vision manichéenne de l’existence, en définissant un esprit du mal égal à l’esprit du bien. Les Bogomiles (appelés au Moyen Age, les Bougres) niaient aussi la Trinité, et refusaient le baptême ainsi que le sacrement de mariage.
Adéodat de Rodez prêcha à partir de 1372 avec le Père Nicolas, avant de se rendre en Palestine avec lui.
Pierre de Narbonne fut envoyé en 1368 en Ombrie par le bienheureux Paul de Foligno (1309-1391) où il vécut dans la prière et la méditation. En 1381, il partit en mission pour la Palestine.
Etienne de Coni avait vécu à Gênes, puis avait été envoyé par ses supérieurs en Corse. De Corse, il partit en mission pour la Terre Sainte en 1383.

Saints Nicolas Tavelic priez pour nous !