Comment Marie protégea l’Église copte par la foi de saint Samaan (II)

Peinture murale à la Vierge Marie dans le monastère de Saint Samaan, Le Caire, Egypte. Shutterstock/Halit Sadik

Comment Marie protégea l’Église copte par la foi de saint Samaan (II)

Saint Samaan, tanneur et cordonnier borgne, vivait dans le vieux Caire à la fin du Xème siècle. Humble d’apparence, travailleur, pur de cœur, il fut celui que Dieu choisit pour accomplir un grand miracle, le déplacement de la colline de Mokattam en Egypte, et ainsi sauver son Église et porter haut la croix du Christ. Il serait resté inconnu de tous hormis de Dieu si un événement n’était survenu pour qu’il soit l’instrument de Sa volonté.

En ce temps-là, le gouverneur Al-Mu’iz Li-Din Illah passionné de débats littéraires s’intéressait beaucoup aux controverses religieuses. Il avait l’habitude de rassembler régulièrement les chefs religieux des communautés musulmanes, chrétiennes, et juives pour qu’ils débattent en sa présence. Un membre de l’entourage d’Al-Mu’iz provoqua pour des raisons personnelles une controverse entre des représentants des communautés chrétiennes et juives. A cette occasion il fut suggéré au calife de mettre à l’épreuve les chrétiens sur un verset de l’évangile de Saint Matthieu (17 : 20) « …Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible. »

Le calife Al-Mu’iz fit venir Amba Abram le chef religieux des  chrétiens et lui dit de prouver que les paroles du Christ étaient vraies et la religion chrétienne juste en déplaçant la colline du Mokattam vers l’est ce qui permettrait l’extension de la nouvelle ville du Caire. En cas de refus ou d’incapacité à réaliser cet exploit la communauté chrétienne aurait à choisir l’une des alternatives suivantes : se convertir à l’islam ou quitter l’Égypte.

Le patriarche atterré demanda et obtint du calife un délai de trois jours avant de lui donner sa réponse. Il pria Dieu de l’inspirer et appela le peuple copte et toute l’Église d’Égypte à jeûner avec lui les trois jours du lever au coucher du soleil et à prier avec ferveur pour écarter cette épreuve. Le troisième jour à l’aube, la Vierge Marie apparut à Amba Abram en songe et lui dit :

« N’aie pas peur, fidèle berger, …les larmes que tu as versées dans cette église, les jeûnes et les prières que toi et ton peuple avez offerts ne l’auront pas été en vain. Lève-toi et va à la porte de fer qui donne accès à la place du marché. Tu y trouveras un homme borgne portant une jarre d’eau. C’est par lui que le miracle aura lieu. » Cet homme n’était autre que le tanneur borgne du vieux Caire que la piété populaire canonisa : saint Samaan.

D’après « La biographie de Saint Samaan le cordonnier » publiée par L’église Saint Samaan, Mokattam, Le Caire

Extrait d’un article de Mohamed Salmawy paru dans AL-AHRAM Hebdo

Semaine du 8 au 14 mars 2000

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

17.11.2023 – SAINTE DU JOUR

Ste Élisabeth de Hongrie

VEUVE, TERTIAIRE FR. († 1231)

Sainte Élisabeth de Hongrie
Veuve, tertiaire de saint François
(1207-1231)

Élisabeth, fille d’André II, roi de Hongrie, connut toutes les joies et toutes les grandeurs, mais aussi toutes les épreuves de la vie, et Dieu a donné en elle un modèle accompli aux enfants, aux jeunes filles, aux épouses, aux mères, aux veuves et aux religieuses, aux riches et aux pauvres. Après une enfance tout angélique, elle fut fiancée au jeune prince Louis de Thuringe. Dès lors Élisabeth donnait tout ce qu’elle avait aux pauvres. Sa piété, son amour de Dieu la poussait au sacrifice.

Les deux jeunes époux, unis par la foi encore plus que par la tendresse, eurent toujours Dieu comme lien de leur affection. Louis était un prince éminent par ses vertus et sa sagesse. La dévotion d’Élisabeth n’était ni triste, ni exagérée ; on ne la voyait jamais qu’avec un visage doux et aimable.

Elle aimait à porter aux pauvres de l’argent et des provisions. Un jour qu’elle portait dans son manteau du pain, de la viande, des œufs et autres mets destinés aux malheureux, elle se trouva tout à coup en face de son mari : « Voyons ce que vous portez » dit-il ; et en même temps il ouvre le manteau ; mais il n’y avait plus que des roses blanches et rouges, bien qu’on ne fût pas à la saison des fleurs.

Quelle douleur pour Élisabeth, quand son mari partit pour la croisade ! Elle souffrit avec courage cette séparation qui devait être définitive. Élisabeth restait veuve avec trois enfants. Alors commença sa vie d’épreuves. Chassée du château, réduite à la pauvreté la plus entière, méprisée, elle sut se complaire en ses souffrances.

Elle meurt à Marbourg le 17 novembre 1231, à l’âge de 24 ans, sous l’habit du tiers ordre de saint François.

Élisabeth de Hongrie a été canonisée à Péruse le 27 mai 1235 par le pape Gregorio IX (Ugolino dei Conti di Segni, 1227-1241) ; la mémoire liturgique, fixée, à l’origine, au 19 novembre, fut déplacée, en 1969, au 17 novembre, son  “dies natalis”. Mais en Hongrie sa fête est toujours célébrée le 19 novembre.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :

>>>  Sainte Elisabeth de Hongrie

Sainte Élisabeth de Hongrie priez pour nous !

La Prière à Sainte Élisabeth de Hongrie « Sainte Élisabeth de Hongrie, apprends aux Époux à se recevoir comme un don de Dieu l’un pour l’autre » :

Sainte Elisabeth de Hongrie, Mère des pauvres et des petits, Épouse fidèle, sois Lumière du Christ, nous t’en prions. Reine, tu as déposé ta couronne aux pieds du Seigneur livré pour nos péchés, renonçant à l’orgueil du monde pour être toute à Dieu et au service de toute misère. De Celui qui s’est fait notre Bon Samaritain, tu as reçu cette recommandation : « Va, et toi aussi fais de même » (Luc 10,37), et tu as su trouver les gestes tout simples du lavement des pieds (Jn. 13,15). Par ton intercession, que notre Seigneur et notre Maître renouvelle en nous ses dons précieux de présence et d’attention aux autres et de dépassement de soi dans la petitesse de nos gestes humains. Apprends aux époux à se recevoir comme un don de Dieu l’un pour l’autre, comme tu as su en témoigner avec ton mari jusqu’au pardon. Donne-leur de vivre une fidélité conjugale au-delà de toute espérance, toi qui as porté l’épreuve d’un couple brisé par la mort. La charité que tu pratiquais comme en offrant des roses, demandes-la pour nous à notre Dieu : que les enfants, les jeunes, les humbles et les blessés de la vie trouvent dans l’Eglise le geste simple qui construit et guérit. Maintiens en nous le brûlant désir de changer tout ce qui, en nous et par nous, défigure dans l’Eglise le vrai visage du Seigneur. Amen 

17.11.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,26-37.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme.
On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr.
Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ;
mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ;
cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera.
En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière.
Rappelez-vous la femme de Loth.
Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera.


Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée.
Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. »


[…]
Prenant alors la parole, les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

évêque de Jérusalem et docteur de l’Église

Catéchèse baptismale n°15,22-23 (Les catéchèses, coll. Les pères dans la foi n° 53-54; trad. J. Bouvet; éd. Migne 1993; p. 247-248)

Aie confiance aux jours du Fils de l’homme, car rien de toi ne périra

Il ne dédaignera pas ses propres serviteurs, ce glorieux roi qu’entoure la garde des anges et qui siège sur le même trône que le Père. Car pour que les élus ne soient pas confondus avec les ennemis : « Il enverra ses anges avec la grande trompette, et des quatre vents ils rassembleront les élus » (Mt 24,31). Il n’a pas dédaigné Lot et son isolement : comment donc dédaignerait-il la foule des justes ? « Venez les bénis de mon Père » (Mt 25,34), dira-t-il à ceux qui seront transportés sur les chars des nuées et que les anges auront rassemblés. Mais, dira un assistant : « Je suis pauvre ; au surplus peut-être alors serai-je surpris sans force sur mon lit (Lc 17,34) ; ou « je suis une pauvre femme et je serai prise à la meule. Ne serons-nous donc pas dédaignés ? » Aie confiance, homme, le juge ne fait pas acception de personnes. « Il ne jugera pas selon la gloire ni ne condamnera sur une simple parole » (Is 11,3). Il ne met pas les gens instruits avant les simples, ni les riches avant les pauvres. Même si tu es aux champs, les anges te prendront. Ne crois pas qu’il prend ceux qui possèdent la terre et laisse ceux qui travaillent. Même si tu es esclave, même si tu es pauvre, ne t’inquiète nullement. Celui qui a pris la forme de l’esclave ne méprise pas les esclaves. Même si tu gis malade sur un lit, il est écrit : « Alors, de deux personnes qui se trouveront dans un même lit, l’une sera prise et l’autre laissée » (Lc 17,34). (…) Aie seulement confiance, œuvre seulement, combats seulement avec courage ; car rien de toi ne périra.

LECTURES :

Livre de la Sagesse 13,1-9.

De nature, ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan.
Mais c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux.
S’ils les ont pris pour des dieux, sous le charme de leur beauté, ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur.
Et si c’est leur puissance et leur efficacité qui les ont frappés, ils doivent comprendre, à partir de ces choses, combien est plus puissant Celui qui les a faites.
Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur.
Et pourtant, ces hommes ne méritent qu’un blâme léger ; car c’est peut-être en cherchant Dieu et voulant le trouver, qu’ils se sont égarés :
plongés au milieu de ses œuvres, ils poursuivent leur recherche et se laissent prendre aux apparences : ce qui s’offre à leurs yeux est si beau !
Encore une fois, ils n’ont pas d’excuse.
S’ils ont poussé la science à un degré tel qu’ils sont capables d’avoir une idée sur le cours éternel des choses, comment n’ont-ils pas découvert plus vite Celui qui en est le Maître ?

Psaume 19(18),2-3.4-5.

Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l’ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Pas de paroles dans ce récit,
pas de voix qui s’entende;
mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.

Là, se trouve la demeure du soleil :

19.11.2023 – HOMÉLIE DU 33ÉME DIMANCHE ORDINAIRE – MATTHIEU 25,14-30

Trésor enfoui

Évangile de Matthieu Mt 25, 14-30

Si aujourd’hui le mot « talent » ne signifie plus qu’une aptitude ou une qualité personnels – un don –, cette acception actuelle vient précisément de la parabole que nous venons de lire. Au temps de Jésus, le talent est une mesure de poids et de monnaie. Un talent équivaut approximativement au salaire d’une vie d’un serviteur, cinq talents à ce que gagnera au long de l’existence un ouvrier très qualifié.

Qu’as-tu fais du salaire de ta vie ; qu’as-tu fais, ta vie durant, des dons que Dieu t’a donnés ?

La parabole des talents nous parle une fois de plus, juste avant que Matthieu n’entame les récits de la passion, du jugement dernier : « qu’as-tu fais du don que tu as reçu de Dieu ? ».

On s’imagine – encore trop souvent à tort, je crois – qu’à l’issue de notre vie nous comparaîtrons devant Dieu comme au tribunal. Dieu ne nous jugera pas comme jugent les hommes ; il se contentera d’observer la part de vérité en nous. Et il fera mourir tout ce qui dépasse. Ainsi ceux qui ont tout à craindre de la mort sont les hypocrites de l’amour, ceux qui « disent et ne font pas », dont la part essentielle est fausse, qui trichent en prétendant aimer.

Si on imagine encore trop souvent le jugement de Dieu comme un tribunal, il a fort à penser que c’est parce que c’est comme cela, qu’au crépuscule de notre vie, nous-mêmes réagirons. Il se peut en effet fort bien qu’au soir de l’existence, nous nous posions cette seule question : « qu’ai-je donc fait de ma vie ? » Et il se pourrait tout aussi bien qu’alors, le juge le plus implacable, ce soit nous.

Il y a des enquêtes qui ont été menées à ce propos. Et ceux qui accompagnent les mourants le savent : à la fin, ce que chacun se reproche, ce sont ses manques d’amour – de n’avoir pas assez, ou pas assez bien, aimé ses proches. « Qu’ai-je donc fait de ma vie ? » « Que n’ai-je pas passé plus de temps à aimer, à vivre l’essentiel au lieu de me disperser, de me distraire ou de m’enfouir ? »

Dans la parabole, ils sont trois à avoir reçu du maître des talents : l’un richement doté ; l’autre un peu moins et le troisième assez peu. Mais tous trois ont reçu une part de la richesse de Dieu, une vie dotée de la capacité d’aimer, ce talent qu’il nous demande à tous de faire fructifier.

Le premier est submergé d’amour et il a fait croître d’autant cette richesse. Le deuxième en a reçu beaucoup lui aussi et il en a également rendu d’avantage. Mais le troisième a eu peur de perdre le peu d’amour qu’il avait reçu et il a enfoui son talent d’aimer. Ce que la parabole nous dit c’est que nous avons tous reçu ce talent. Et lorsqu’il s’agira d’entrer finalement dans la joie de Dieu, nous savons pertinemment que la question se posera : « qu’avons-nous donc fait de notre talent d’aimer ? ». L’ayant enfoui, suffira-t-il de dire à Dieu « Le voici. Tu as ce qui t’appartient » ?

Nous enfouissons notre talent divin chaque fois que nous avons peur de témoigner de l’amour ou chaque fois que nous refusons de le faire. Longtemps, moi-même, j’ai eu peur de dire « Je t’aime » à ceux que j’aimais … jusqu’à ce que je n’en puisse plus d’une vie « de pleurs et de grincements de dents ».

Dimanche prochain, nous terminerons cette catéchèse matthéenne sur le jugement de Dieu. L’Évangile nous expliquera ce qu’il entend par la fructification des talents : venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire » ; j’étais un étranger, j’étais nu, j’étais malade, j’étais en prison, et vous êtes venus témoigner de votre talent d’aimer (cf. Mt 25, 34-36).

Alors, penchons-nous dès aujourd’hui sur notre propre jugement dernier. Pas celui de Dieu, celui que nous nous poserons. Laissons à Dieu le soin de la fin des temps. Penchons-nous sur le regard que nous porterons nous-même sur notre propre vie à son terme ? Qu’en ai-je fait ? Qu’ai-je finalement fait de mon talent d’aimer ?

Et si ce regard sur nous-mêmes nous inquiète quelque peu déjà ; si maintenant déjà nous percevons quelqu’enfouissement de votre capacité d’aimer : tournons-nous dès à présent vers nos proches qui sont peut-être là assis, à coté de nous ; téléphonons à ceux auxquels nous manquons ; allons dire à ceux que nous aimons que nous les aimons. Et s’il nous reste encore du talent, allons nourrir l’affamé, vêtir le dévêtu, guérir le malade, réconforter le prisonnier, accueillir l’étranger.

Ne perdons pas de temps ; allons-y maintenant. Débordons de générosité ; témoignons des élans de notre cœur. N’ayons plus jamais peur de dire « Je t’aime » à nos proches, à nos amis, à ceux qui nous entourent et aux autres, même s’ils nous sont étrangers. De grâce, cessons la pudeur amoureuse !

Car viendra le jour de notre propre jugement sur nous-mêmes ; le jour où nous regrettons toutes les fois où nous avons enfoui notre capacité d’aimer ; le jour où il sera trop tard pour commencer à dire « Je t’aime ».

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 14 novembre 2023

19.11.2023 – HOMÉLIE DU 33ÉME DIMANCHE ORDINAIRE – MATTHIEU 25,14-30

Dieu nous fait confiance, n’ayons pas peur

Pistes pour l’homélie


Testes bibliques : Lire


Les textes bibliques de ce dimanche nous disent que nous avons tous une mission à remplir. Cette mission nous a été confiée par le Seigneur. Un jour, il reviendra et nous aurons à lui rendre des comptes. C’est chaque jour que nous avons à nous préparer à cette grande rencontre. Pour cela, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur lui-même est là au cœur de nos vies pour nous conduire sur le chemin de la sainteté.

Le livre des Proverbes (1ère lecture) nous parle de la femme vaillante, très appréciée pour ses qualités d’épouse et de mère ; elle fait le bonheur de son mari et de ses enfants. Elle montre également ses qualités de cœur devant Dieu et devant le pauvre. Bien avant Jésus Christ, elle nous rappelle que nous avons à répondre à notre vocation présente. C’est Dieu lui-même qui nous confie cette responsabilité. Les bonnes œuvres dont nous parle cette lecture, c’est notre amour pour Dieu et notre engagement au service des autres. La journée du Secours catholique est là pour nous le rappeler.

Dans sa lettre aux Thessaloniciens, saint Paul nous recommande de rester éveillés dans l’espérance du Royaume de Dieu. Il s’adresse à des chrétiens qui spéculent beaucoup sur la date du retour du Christ ; il refuse d’entrer dans ce jeu : ce qui importe c’est de vivre continuellement en présence de Dieu, c’est d’être prêt à le recevoir à tout instant. Le chrétien doit être par excellence un homme éveillé et disponible. Au jour de notre baptême, nous sommes devenus des fils de lumière. Il faut que cela se voie dans notre vie.

La parabole des talents nous montre le chemin à suivre. Elle nous raconte l’histoire d’un homme qui se prépare à partir. Il appelle ses serviteurs et leur confie tous ses biens. En son absence, ils doivent les faire fructifier. Les deux premiers serviteurs doublent le capital de départ. Tous deux reçoivent les louanges de leur maître. Quant au troisième, il se contente de restituer l’argent reçu ; il est réprimandé et puni.

La signification de cette parabole est claire : l’homme qui part en voyage c’est Jésus ; les serviteurs c’est nous. Les talents c’est le patrimoine que le Seigneur nous confie, c’est sa Parole, son Eucharistie, c’est la foi en Dieu notre Père, c’est son pardon, c’est encore des frères et des sœurs à aimer. C’est ainsi que le Seigneur nous confie ses biens les plus précieux. Il ne nous demande pas de les conserver précieusement dans un coffre-fort mais de les faire fructifier. Il veut que nous les utilisions pour le bien des autres.

Tous ces biens que nous avons reçus c’est pour les donner aux autres. C’est ainsi qu’ils fructifient. Si le Seigneur nous donne sa miséricorde, tendresse, son pardon, c’est pour que nous en fassions un bon usage. Le pape François nous dit que c’est comme une contamination qui doit se propager partout dans le monde. Chacun peut se poser ces questions : Combien de personnes avons-nous encouragées par notre espérance ? Combien d’amour avons-nous partagé avec notre prochain ? Le témoignage que le Seigneur attend de nous doit être ouvert à tous, même à ceux et celles qui sont loin de lui.

Cette parabole des talents nous pousse donc à ne pas cacher notre foi, notre appartenance au Christ. Nous ne pouvons pas enterrer la Parole de l’Évangile. La Parole de Dieu doit circuler dans notre vie, dans nos relations, dans les situations concrètes. C’est comme une force qui interpelle, qui purifie et qui renouvelle. Le sacrement du pardon que nous avons reçu doit déployer sa force. Il doit faire tomber les murs que note égoïsme a édifiés. Il doit nous amener à faire le premier pas là où il n’y a plus de communication.

La journée du Secours catholique nous donne l’occasion de répondre à cet appel du Seigneur. Depuis 1946, cette structure s’efforce de rayonner la charité. Dans chrétiens s’organisent pour faire reculer tout ce qui déshumanise. Malheureusement, les pauvres sont trop souvent victimes de préjugés. Nous vivons dans un monde dur et violent. Un jour, la question nous sera posée : “Qu’as-tu fait de ton frère ?” N’oublions pas, ce qui donne de la valeur à notre vie, c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent.

En ce jour, nous pouvons reprendre l’oraison du missel : “Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité car c’est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tous biens. Amen.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 12 novembre 2023