Saint Paul Lê bao Tinh Prêtre et martyr (*Trịnh Hà, Vietnam, 1793 – † Bay Mau, Viêt-Nam, 6 avril 1857)
Jeune catholique des missions du TonKin, Paul Lê bao Tinh, encore séminariste, fut jeté en prison et torturé à cause de sa foi. Libéré, il fut ordonné prêtre, dirigea le séminaire, publia des recueils d’homélies et de catéchèse. Finalement, il fut de nouveau arrêté et passa en jugement. Il fut condamné et décapité à Bay Mau, Viêt-Nam, le 6 avril 1857.
Paul Lê bao Tinh a été beatifié par Saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914), le 2 mai 1909et canonisé par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), le 19 juin 1988, parmi cent dix-sept martyrs du Viêt-Nam (Tonkin ou Annam), soit quatre-vingt-seize vietnamiens, onze Espagnols et dix missionnaires français.
On estime qu’entre 1857 et 1862 furent martyrisés cent quinze prêtres du Viêt-Nam, cent religieuses du pays, et plus de cinq mille fidèles. Des couvents, des églises et des écoles catholiques furent rasés, quelque quarante mille catholiques furent spoliés de leurs terres et exilés de leurs régions d’origine ; beaucoup moururent de faim dans le désert ou dans la jungle.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,9-15.
Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.
Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)
Canon en l’honneur de la croix et de la Résurrection, SC 486 (Sinaiticus graecus 864 ; trad. Sr Maxime Ajjoub, éd. du Cerf, 2004, p. 367-369)
Toi notre Vie, Tu es ressuscité des morts !
Tu es ressuscité des morts, toi la Vie de tous, et un ange de lumière criait aux femmes : « Cessez vos larmes, portez aux apôtres la bonne nouvelle, chantez l’hymne à pleine gorge : Il est ressuscité, le Christ Seigneur qui a bien voulu, étant Dieu, sauver la race humaine ! » J’ai ouï dire, Seigneur, le Mystère de ton Incarnation, j’ai considéré tes œuvres et j’ai glorifié ta divinité. Une engeance de rebelles t’a cloué à la croix, Christ notre Dieu, et par cette croix tu as sauvé, dans ta miséricorde, ceux qui glorifient ta résurrection. En me faisant manger du fruit de l’arbre, jadis, l’Ennemi m’avait banni de l’Éden : mais grâce à l’arbre de la croix, Très Bon, j’ai été rappelé à mon premier séjour. Par ta mort, ô Maître, la Mort a été capturée et mise à mort : car, étant la Vie subsistante, tu as dispensé la vie aux habitants des tombeaux. Ressuscité du tombeau, tu as fait ressusciter avec toi tous les morts couchés dans l’Hadès et, dans ta miséricorde, tu as illuminé ceux qui glorifient ta résurrection. Ce Dieu que tu as enfanté, Marie immaculée, supplie de donner à tes serviteurs le pardon de leurs fautes.
LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 4,13-21.
En ces jours-là, les chefs du peuple, les Anciens et les scribes constataient l’assurance de Pierre et de Jean et, se rendant compte que c’était des hommes sans culture et de simples particuliers, ils étaient surpris ; d’autre part, ils reconnaissaient en eux ceux qui étaient avec Jésus. Mais comme ils voyaient, debout avec eux, l’homme qui avait été guéri, ils ne trouvaient rien à redire. Après leur avoir ordonné de quitter la salle du Conseil suprême, ils se mirent à discuter entre eux. Ils disaient : « Qu’allons-nous faire de ces gens-là ? Il est notoire, en effet, qu’ils ont opéré un miracle ; cela fut manifeste pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons pas le nier. Mais pour en limiter la diffusion dans le peuple, nous allons les menacer afin qu’ils ne parlent plus à personne en ce nom-là. » Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus. Ceux-ci leur répliquèrent : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? À vous de juger. Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. » Après de nouvelles menaces, ils les relâchèrent, faute d’avoir trouvé le moyen de les punir : c’était à cause du peuple, car tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé.
Psaume 118(117),1.14-15ab.16-18.19-21.
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. Clameurs de joie et de victoire sous les tentes des justes.
« Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort ! » Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur. il m’a frappé, le Seigneur, il m’a frappé, mais sans me livrer à la mort.
Ouvrez-moi les portes de justice : j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur. « C’est ici la porte du Seigneur : qu’ils entrent, les justes ! » Je te rends grâce car tu m’as exaucé : tu es pour moi le salut.
Qu’est-ce qu’avoir la Foi ; qu’est-ce que croire ?
Dans l’Évangile, Thomas a besoin d’une preuve tangible de la Résurrection, que le Christ lui donne. Plus tôt, dans ce même chapitre de l’Évangile de Jean (20, 8), il est dit du disciple que Jésus aimait, alors qu’il entrait dans le tombeau vide : « Il vit et il crut ». Et ce qu’il voit, c’est une absence – l’absence de Jésus parmi les morts. Enfin, la lecture d’aujourd’hui se conclut par cette parole du Ressuscité : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».
Clairement les textes nous parlent d’une foi issue de l’expérience pour les uns, et fondée en dehors de tout constat pour les autres.
Remarquons que la science fonctionne aussi comme cela : il y a des choses que nous savons d’expérience – la gravitation universelle vous est sans doute apparue de manière percutante, dès votre première chute – et il y a des choses que nous croyons en dehors de toute expérience personnelle, sur base de témoignages auxquels nous donnons foi : nous n’avons rien vu du Big Bang, par exemple, sinon que certains nous disent en déceler les traces encore aujourd’hui.
Tout discours est un regard direct ou indirect sur des faits, auquel je donne foi ou pas. Il peut m’arriver de ne pas croire ce que je vois – il peut m’arriver de me tromper – ; il peut m’arriver de donner foi à un discours sur des faits dont je n’ai pas été témoin, de croire simplement ce qu’on me raconte. C’est le cas de nombreux disciples du Christ : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».
La foi chrétienne ne se mesure pas à l’expérience directe que l’on fait de la rencontre avec le Christ ressuscité – tout le monde ne vit pas une expérience tels les apôtres dans le passage que nous venons de lire ou Paul sur le chemin de Damas.
Dans la Première lettre de saint Jean, il est dit : « celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu » (1 Jn 5,1). A Nicodème, Jésus dira qu’il faut renaître de l’Esprit (Jn 3, 1-8). Ce terme de naissance contient en lui-même la notion d’incarnation. Naître c’est s’incarner. Jésus est le verbe incarné de Dieu.
Ainsi croire, c’est naître de Dieu et c’est incarner son amour. Vous savez que, dans la Bible, « connaître » revêt un caractère intime et charnel. Quand il est dit qu’Adam connut Eve, on parle bien d’un corps à corps intime au point de ne faire qu’un. Il ne s’agit en rien d’une connaissance par la seule pensée, ni même d’une philosophie de l’amour. Il s’agit de concrètement faire l’amour. C’est exactement cela que signifie, entre époux, se connaître.
Ainsi pour nous, il s’agit de croire que Jésus est le Christ, avec notre corps, avec nos tripes oserai-je dire. C’est cela que signifie être né de Dieu, c’est incarner dans sa chair la vie de l’Esprit. Sans doute savez-vous que le terme « miséricorde » en hébreux fait d’abord référence aux entrailles d’une mère qui sent vivre, en elle, son enfant. L’image est profonde, qui dit que Dieu nous aime avant tout avec ses entrailles, son ventre, sa matrice. Ainsi, croire c’est avoir, nous aussi, Dieu dans la peau. En effet, le texte poursuit : « Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. »
La foi n’est donc pas un énoncé – simplement accepter pour vraie l’idée que Dieu nous sauvera –, ni un pari positif portant sur l’espérance – simplement espérer que être sauvés. La foi c’est éprouver maintenant quelque chose de l’effectivité du salut ; c’est incarner l’espérance aujourd’hui ; c’est vivre quelque part déjà sauvé par l’amour de Dieu.
La foi c’est aimer Dieu. Il y a quelque chose de la légèreté amoureuse à croire en Dieu. Comme, il y a quelque chose de la crainte amoureuse de le perdre.
Ainsi, pour sonder sa foi, la seule question que le croyant doit se poser c’est : « Est-ce que j’aime Dieu ? » Et, à mesure que la réponse sera incarnée, il saura qu’elle est authentique.
Êtes-vous amoureux, amoureuses de Dieu ? L’aimez-vous avec vos entrailles, vos tripes ? Avez-vous Dieu dans la peau ?
Ce deuxième dimanche de Pâque est pour toute l’Église celui de la divine miséricorde. Cette fête a été instituée par le pape Jean Paul II le 30 avril 2000 à l’occasion de la canonisation de Sœur Faustine. Et conformément aux demandes du Seigneur, elle est célébrée tous les ans le premier dimanche après Pâques. Ce thème de la miséricorde est très présent dans chacune des lectures bibliques de ce jour.
Le texte du livre des Actes des Apôtres nous dit que les premiers chrétiens vivaient “d’un seul cœur” et “d’une seule âme”. Dans cette communauté, tout se partage. Les apôtres sont devenus de vrais témoins de la résurrection. Tout est devenu merveilleux. Si les choses sont ainsi, ce n’est pas à cause de leurs mérites, mais parce qu’au départ, le Seigneur leur a fait miséricorde. Voilà un message très important pour nous. Quand tout va bien et que nous sommes fiers de notre réussite, nous ne devons pas oublier que rien ne serait possible sans la miséricorde du Seigneur. D’ailleurs, la suite du livre des Actes des Apôtres nous dit que ce temps merveilleux n’a pas duré. Il y aura des rechutes. Les chrétiens auront toujours besoin de cette miséricorde du Christ.
Le psaume 117 nous invite précisément à rendre grâce au Seigneur pour cette miséricorde : “Rendrez grâce au Seigneur, il est bon ! Éternel est son amour.” Si Dieu s’est manifesté comme libérateur et sauveur, c’est parce qu’il nous aime. Il nous a tant aimés qu’il nous a donné son Fils unique. Jésus se présente à nous comme celui qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il veut que notre destin soit divin. C’est cette miséricorde du Seigneur que nous fêtons en ce temps de Pâques.
Nous avons ensuite la lettre de Saint Jean. En raison de sa grande miséricorde, le Christ nous a libérés de nos péchés ; il nous a fait entrer dans une vie nouvelle, la vie de Dieu. Nous sommes invités à donner notre foi au Christ ressuscité, vainqueur du monde par sa mort et sa résurrection. C’est un combat de tous les jours contre les forces du mal. Nous vivons dans un monde difficile. Mais le Seigneur ne nous abandonne pas. Saint Paul a écrit que rien ne peut nous séparer de son amour. C’est à cela que nous devons nous raccrocher chaque jour.
Avec l’évangile, nous sommes plus que jamais dans la miséricorde de Jésus. Rappelons-nous : quelques jours plus tôt, Judas l’a trahi ; Pierre l’a renié. Tous l’ont abandonné. Et maintenant, ils se cachent, ils s’enferment ; En effet, ils ont peur d’être recherchés par ceux qui ont condamné leur Maître. Or voilà que Jésus ressuscité les rejoint. Il aurait pu leur faire des reproches. Or c’est la paix qu’il leur apporte. Cette paix c’est le pardon, c’est la réconciliation. Avec Jésus ressuscité, le mal ne peut avoir le dernier mot. C’est la miséricorde qui triomphe. Voilà une bonne nouvelle très importante pour nous : quand nous nous sommes détournés du Seigneur, il est toujours là ; il ne cesse de nous rejoindre pour nous apporter sa paix.
Il reste le cas de l’apôtre Thomas. Nous avons l’habitude de le désigner comme “l’incrédule” ; ce n’est pas faux. Mais ce n’est pas tout à fait vrai non plus. Il avait demandé à voir et à toucher les plaies de Jésus. En fait, il n’en a pas eu besoin. Les autres disciples avaient vu le Seigneur. Thomas va plus loin : il a été le premier à reconnaître en lui “Mon Seigneur et mon Dieu.” La rencontre et la parole de Jésus vont provoquer la profession de foi de l’incrédule. Jésus lui a fait miséricorde pour son incrédulité. Nous aussi, nous nous reconnaissons dans ce disciple qui cherche des preuves. Mais le Seigneur nous redit les mêmes paroles : “Heureux ceux qui croient sans avoir vu.”
Quand nous lisons cet évangile, il y a un détail très important qui risque de passer inaperçu. Saint Jean nous dit que c’était après la mort de Jésus, le soir du “premier jour de la semaine”. C’est du dimanche qu’il s’agit. Thomas n’était pas présent ce soir-là. Il devra attendre huit jours plus tard, c’est-à-dire le dimanche suivant. C’est chaque dimanche que Jésus rejoint les communautés rassemblées en son nom. Il vient pour nous recréer, nous renouveler. Sa résurrection a été pour nous “une lumière radieuse” (Isaïe 60. 1). Elle vient changer le regard que nous portons sur notre vie et celle des autres. Avec Jésus ressuscité, nous apprenons, nous aussi à faire miséricorde.
En ce dimanche, nous te prions, Seigneur : rends-nous plus disponibles à la force de la foi. Sois avec nous pour que nous soyons plus courageux dans le témoignage. Garde-nous plus généreux dans la pratique de la charité fraternelle. “Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour”. Amen
Il y a quelques jours, nous vous avons fait part de l’initiative lancée par Salve Corda de faire une journée de réparation samedi, 1er samedi du mois d’avril, pour réparer l’offense faite à Dieu que constitue l’inscription dans la constitution française d’un prétendu droit des femmes à avorter. On ne se moque pas Dieu ; aussi est-il est à craindre que Dieu ne punisse un jour la fille aînée de l’Église pour un tel affront. Mais l’Écriture Sainte nous enseigne aussi que si Dieu est infiniment juste, il est également infiniment miséricordieux et se laisse toucher par notre repentir. Voilà pourquoi il est important, même si nous ne sommes pas directement responsables de cette modification de la constitution, de réparer cet affront fait à la bonté divine. Or un des moyens de réparer indiqué par Dieu Lui-même est la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et plus particulièrement la communion réparatrice du premier samedi du mois. C’est pourquoi, samedi, avec Salve Corda, nous vous proposons de faire un acte de réparation en faisant une fervente communion réparatrice et en ajoutant, dans la mesure du possible, la récitation de l’acte de réparation proposé par Cap Fatima. Salve Corda propose de méditer le mystère de la nativité (3e mystère joyeux) ; nous vous proposons de méditer avec eux sur le même mystère.
En poursuivant nos réflexions sur le message de Fatima, nous arrivons providentiellement à la communion réparatrice. En effet, dans la précédente lettre de liaison, nous avons réfléchi sur la vision de l’enfer que Notre-Dame montra aux petits voyants. Nous avons vu combien cette vision avait eu des conséquences dans leur vie quotidienne et nous terminions en disant que nous aborderions dans la lettre suivante les raisons qui conduisirent la Sainte Vierge à montrer les horreurs de l’enfer à de si jeunes enfants.
Juste après la vision, Notre-Dame reprit la parole et dit : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. » C’est le grand secret de Fatima, le point le plus important du message de la Sainte Vierge ; Dieu Lui-même nous donne un moyen pour éviter l’enfer : la dévotion au cœur de sa Mère. Ainsi tous ceux qui ont péché gravement, notamment en favorisant ou en pratiquant un avortement, peuvent être sauvés par la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Et comme la plupart ne connaissent pas cette dévotion, Dieu nous demande de la pratiquer pour eux.
Après cette révélation, déjà faite une première fois au cours de la précédente apparition, la Sainte Vierge annonça une nouvelle guerre (nous verrons ce point dans la prochaine lettre), puis donna un moyen pour éviter cette guerre. En effet, elle dit : «Pour l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. » Ainsi, après avoir dit que Dieu voulait établir dans le monde la dévotion à son Cœur Immaculé, Notre-Dame en précise deux pratiques : la communion réparatrice des premiers samedis du mois.
Voilà donc une des raisons pour lesquelles Notre-Dame a montré l’enfer aux petits voyants. Elle montre l’importance de prier pour les pécheurs, de réparer les fautes qu’ils commettent, fautes qui peuvent avoir pour conséquences la guerre ici-bas et pire encore l’enfer dans l’au-delà. Et Notre-Dame nous révèle que Dieu nous donne un moyen pour empêcher l’un comme l’autre : la dévotion au Cœur de sa Très Sainte Mère. Or, sans vouloir minimiser l’utilité des autres dévotions, il convient de prêter une attention particulière à celle que Dieu a si précisément demandée.
La dévotion au Cœur Immaculé de Marie comprend cinq pratiques. Les deux premières sont l’offrande des prières et des sacrifices de la vie quotidienne – dont l’Ange a parlé dans l’apparition de l’été 1916, ainsi que Notre-Dame juste avant la vision de l’enfer – et la récitation quotidienne du chapelet dont Notre-Dame a déjà parlé 3 fois. Ici Notre-Dame ajoute deux pratiques : la consécration à son Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. La cinquième pratique, le port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel, sera révélée à la fin des apparitions. Nous avons déjà parlé de ces différentes pratiques dans de précédentes lettres de liaison, mais tout le monde ne les a peut-être pas lues ou reçues et il n’est pas mauvais, surtout pour nous préparer à la journée de réparation de samedi, de rappeler en quoi elle consiste la communion réparatrice du premier samedi du mois.
La communion réparatrice des premiers samedis du mois
Dans l’apparition du 13 juillet, la Sainte Vierge parle des premiers samedis du mois de façon générale, sans en préciser le nombre. Et elle parle au futur : « Je viendrai demander la communion réparatrice des premiers samedis du mois ». C’est le 10 décembre 1925 à Pontevedra qu’elle en fera formellement la demande. Et en décembre 1927, sœur Lucie confia à son confesseur, le père Aparicio, ce que Notre-Dame lui avait dit ce jour-là :
Vois, ma fille, mon Cœur entouré des épines que les hommes m’enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, – pendant cinq mois, le premier samedi, – se confesseront, – recevront la sainte Communion, – réciteront un chapelet – et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire – en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme.
Les assouplissements de l’Enfant-Jésus
Deux mois plus tard, le 15 février 1926, l’Enfant Jésus apparut à sœur Lucie et assouplit les conditions posées par Notre-Dame. Voici un extrait du dialogue qui s’établit entre eux, propos qu’elle rapporta quelques jours plus tard à Mgr Pereira Lopès, un de ses confesseurs :
— Mon confesseur [Mgr Lopès] disait dans sa lettre que cette dévotion ne faisait pas défaut dans le monde, parce qu’il y avait déjà beaucoup d’âmes qui Vous recevaient chaque premier samedi, en l’honneur de Notre-Dame et des quinze mystères du Rosaire. — C’est vrai ma fille, que beaucoup d’âmes commencent, mais peu vont jusqu’au bout et celles qui persévèrent, le font pour recevoir les grâces qui y sont promises. Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel me plaisent davantage que celles qui en font quinze, tièdes et indifférents. — Mon Jésus ! Bien des âmes ont de la difficulté à se confesser le samedi. Permettriez-Vous que la confession dans les huit jours soit valide ? — Oui. Elle peut être faite même au-delà, pourvu que les âmes soient en état de grâce le premier samedi lorsqu’elles me recevront, et que, dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie. — Mon Jésus ! Et celles qui oublieront de formuler cette intention ? — Elles pourront la formuler à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’elles auront pour se confesser.
Les précisions de Notre-Seigneur
Quatre ans plus tard, le père Gonçalvès, qui avait remplacé le père Aparicio comme confesseur, demanda à sœur Lucie de répondre par écrit à plusieurs questions sur la dévotion des premiers samedis du mois. Voici ses réponses (lettre du 12 juin 1930 au père Gonzalès) :
1. Quand [cette dévotion a-t-elle été révélée] ? Le 10 décembre 1925. Comment ? Par une apparition de Notre-Seigneur et de la Très Sainte Vierge qui me montra son Cœur Immaculé entouré d’épines et demandant réparation. Où ? À Pontevedra (Passage Isabelle II). La première apparition (eut lieu) dans ma chambre, la seconde près du portail du jardin où je travaillais.
2. Les conditions requises ? Durant cinq mois, le premier samedi, recevoir la Sainte Communion, dire le chapelet, tenir compagnie quinze minutes à Notre-Dame en méditant les mystères du Rosaire, et se confesser avec la même intention. La confession peut se faire un autre jour, pourvu qu’on soit en état de grâce en recevant la Sainte Communion.
3. Avantages ou promesses. « Aux âmes qui chercheront à me faire réparation de cette manière (dit Notre-Dame), je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut. »
4. Pourquoi cinq samedis et non neuf, ou sept en l’honneur des douleurs de Notre-Dame ? Me trouvant dans la chapelle avec Notre-Seigneur une partie de la nuit du 29 au 30 de ce mois de mai 1930, et parlant à Notre-Seigneur des questions quatre et cinq, je me sentis soudain possédée plus intimement par la divine présence et, si je ne me trompe, voici ce qui m’a été révélé : « Ma fille, le motif en est simple. Il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie : – les blasphèmes contre l’Immaculée Conception, – les blasphèmes contre sa virginité, – les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes, – les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée, – les offenses de ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images. Voilà, ma fille, le motif pour lequel le Cœur Immaculé de Marie m’a inspiré de demander cette petite réparation, et, en considération de celle-ci, d’émouvoir ma miséricorde pour pardonner aux âmes qui ont eu le malheur de l’offenser. Quant à toi, cherche sans cesse, par tes prières et tes sacrifices, à émouvoir ma miséricorde à l’égard de ces pauvres âmes. »
5. Ceux qui ne pourront accomplir les conditions le samedi, ne peuvent-ils y satisfaire le dimanche ? « La pratique de cette dévotion sera également acceptée le dimanche qui suit le premier samedi, quand mes prêtres, pour de justes motifs, le permettront aux âmes. »
L’esprit de la dévotion
Pour bien comprendre le but des premiers samedis du mois, il est important de noter les points suivants. Dans la réponse à la quatrième question, Notre-Seigneur dit à sœur Lucie que c’est Lui qui demande cette dévotion : « … le Cœur Immaculé de Marie M’a inspiré de demander cette petite réparationet, en considération de celle-ci, d’émouvoir Ma miséricorde ». Si la possibilité de choisir un autre jour que le premier samedi pour la confession est laissé au libre choix de chacun, la possibilité de communier le lendemain ne peut être accordée que par un prêtre. Toutefois, il est clair que ce ne sont que des exceptions : la règle générale fixée par le Ciel est de se confesser et de communier le samedi. Pour pouvoir le faire un autre jour, il faut un empêchement réel.
Le point le plus important, celui duquel cette dévotion tire toute son efficacité, c’est la volonté de réparer les outrages subis par Notre-Dame de la part des pécheurs. C’est l’un des points essentiels du message de Fatima : réparer les offenses commises envers les saints cœurs de Jésus et Marie. Et l’inscription d’un droit à l’avortement dans la constitution française, en rejetant clairement une volonté divine de ne jamais attenter à la vie d’un innocent, est une véritable offense envers le divine Législateur. En octobre 1928, dans une lettre adressée à son évêque, Mgr da Silva, sœur Lucie écrivit :
Le bon Dieu, dans son infinie miséricorde, se plaint de ne pouvoir supporter plus longtemps les offenses qui se commettent contre l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge. Il dit qu’à cause de ce péché, un grand nombre d’âmes tombent en enfer, et il promet de les sauver, dans la mesure où l’on pratiquera la dévotion suivante [les premiers samedis du mois], avec l’intention de faire réparation au Cœur Immaculé de notre très Sainte Mère.
Sœur Lucie confia également au père Aparicio (lettre du 19 mars 1939) :
De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépendent pour le monde la paix ou la guerre.C’est pourquoi j’ai tant désiré sa propagation ; et puis, surtout parce que telle est la volonté de notre bon Dieu et de notre si chère Mère du Ciel.
Plus tard, sœur Lucie indiqua qu’il fallait pratiquer cette dévotion chaque premier samedi du mois, car à chaque fois, nous pouvions obtenir la conversion d’un plus grand nombre de pécheurs :
Voici ma façon de faire les méditations sur les mystères du rosaire, les premiers samedis. Premier mystère : l’annonciation de l’ange Gabriel à Notre-Dame. (…) [Ici, sœur Lucie donne sa méthode pour méditer sur un mystère.] Le deuxième mois, je fais la méditation du deuxième mystère joyeux. Le troisième, du troisième et ainsi de suite, en suivant la même méthode pour méditer. Quand j’ai fini ces cinq premiers samedis, j’en recommence cinq autres et je médite les mystères douloureux, ensuite les glorieux et, quand je les ai terminés, je recommence les joyeux.
Cette précision de sœur Lucie indique bien que le Ciel souhaite nous voir accomplir cette dévotion chaque premier samedi du mois et non pas uniquement cinq fois, car cette pratique est avant tout pour sauver des âmes. C’est d’ailleurs le sens de la première demande de Notre-Dame le 13 juillet 1917 : « Je viendrai demander (…) la communion réparatrice des premiers samedis du mois ». La Sainte Vierge n’a pas dit : « Je viendrai demander la communion réparatrice des cinq premiers samedis du mois ». La demande divine est la pratique de cette communion chaque premier samedi du mois. Et Dieu tient tant à cette dévotion qu’Il accorde une grâce particulière à tous ceux qui la pratiqueront cinq premiers samedis consécutifs : celle de l’assistance de Notre-Dame au moment de notre mort. Mais c’est une grâce supplémentaire, : la grâce principale obtenue pour chaque communion faite le premier samedi, c’est la conversion des pécheurs et la paix dans le monde. Il ne faut pas confondre la pratique générale et la grâce supplémentaire accordée à ceux qui la font cinq premiers samedis de suite. Cette dernière grâce, si extraordinaire pour nous, est avant tout la marque que le Ciel attache une très grande importance à cette dévotion.
Alors, samedi prochain, et si possible chaque premier samedi, communions en esprit de réparation sans omettre les demandes complémentaires : la confession, le chapelet et la méditation de 15 minutes sur les mystères du rosaire.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie Yves de Lassus
Réponse à quelques objections
Certains ont fait remarquer que nous n’avons pas à réparer pour des fautes que nous n’avons pas commises. C’est tout à fait exact. Mais le Ciel nous demande par contre de réparer pour les fautes des autres, surtout s’ils ne le font pas eux-mêmes. Cette demande est omniprésente dans les paroles de l’Ange ou de Notre-Dame : « Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas » ; « Offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé » ; « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ?» ; « Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice … ». On peut difficilement être plus clair : Dieu veut que nous réparions, non seulement pour les fautes que nous avons commises, mais aussi pour les fautes de notre prochain. C’est même un des plus beaux actes de charité envers notre prochain que nous puissions faire. Le Christ Lui-même nous en a donné l’exemple en mourant sur la croix.
Beaucoup ont des difficultés à pouvoir communier le samedi et demandent que faire dans ce cas. S’il y a un juste motif empêchant de communier le samedi, la communion peut être faite le lendemain dimanche, sous réserve d’en demander au préalable l’autorisation à un prêtre, comme cela vient d’être rappelé. Or, il est plus rare de ne pas pouvoir assister à la messe le dimanche. Et demander au prêtre avant la messe n’est pas très compliqué. Quant à ceux qui ne peuvent pas non plus communier le dimanche, cas des marins en mer par exemple, ils ne leur restent que la possibilité d’attendre le premier samedi suivant. Ils peuvent aussi faire une communion spirituelle le jour où ils sont empêchés, même si celle-ci ne peut remplacer une communion sacramentelle.
En union de prière par le Cœur Immaculé de Marie Yves de Lassus