Œcuménisme : l’Église se réjouit que des non-catholiques honorent Marie
La dévotion envers la Vierge Marie est un thème important du dialogue œcuménique. La doctrine mariale étant intimement liée au mystère du Christ et de l’Église, les différences ou divergences entre les différentes Églises ou confessions chrétiennes (1) se retrouvent évidemment dans la manière de parler de la Vierge Marie et de percevoir son rôle dans la foi et la prière.
La volonté commune de cheminer vers l’unité par un dialogue de conversion à l’écoute du Christ et de l’Esprit Saint est affirmée clairement par tous ceux qui se réclament du nom de Chrétiens. Il s’agit d’espérer retrouver l’Église indivise, dans le respect de chaque tradition. À vue humaine, si le chemin semble long et semé de difficultés, les chrétiens espèrent le secours du Ciel et recourent à un dialogue de vérité.
Le saint Pape Jean-Paul II affirmait au cours d’une audience générale (2) :
« Des Chrétiens non catholiques ont découvert la pensée de l’Église sur le rôle particulier de la Vierge dans l’histoire du salut, et l’exemple de vertus et de sainteté qu’elle donne à tous les disciples du Seigneur. Par ailleurs, les études sur les écrits de Luther ont contribué à créer une attention renouvelée des Protestants et des Anglicans sur différents thèmes de la doctrine mariale. Aussi l’Église se réjouit-elle que des non-catholiques honorent Marie, manifestant ainsi sa maternité universelle. Cela ne peut que nous rapprocher et mettre un terme aux divisions qui occasionnent tant de souffrances ».
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Vincent Ferrier (Vicente Ferrer) Missionnaire
Commémoration : Martyrologium Romanum le 05 avril (dies natalis). Ordo Fratrum Praedicatorum le 05 mai.
Vincent naît le 23 janvier 1350 à Valence, en Espagne. Sa mère, avant sa naissance, eut révélation de son avenir. Inquiète, elle consulta un saint personnage et en reçut l’assurance que cet enfant prédestiné serait un grand saint, dont l’éloquente parole ferait fuir les loups et ramènerait au bercail les brebis égarées.
Tout petit enfant, il réunissait ses camarades, leur parlait du bon Dieu et de la Sainte Vierge avec tant d’onction et d’amour, qu’ils en étaient touchés.
Après avoir édifié quelques années le couvent des Dominicains de Valence, il fit ses premiers essais dans la prédication, et l’on accourut bientôt de loin pour l’entendre. Il puisait son éloquence dans les plaies sacrées du Sauveur et dans les lumières de l’oraison. Un jour qu’il devait prêcher devant un grand seigneur, il se prépara, contre son ordinaire, plus par l’étude que par la prière ; son sermon fut remarquable. Mais le lendemain, prêchant devant le même seigneur, après une longue préparation aux pieds du crucifix, il parla avec beaucoup plus de chaleur et d’onction. Le prince lui en demanda la raison : « Monseigneur, dit le Saint, c’est Vincent qui a prêché hier, et c’est Jésus-Christ qui a prêché aujourd’hui. »
Vincent avait quarante ans quand il entra pleinement dans sa vocation de missionnaire, après avoir été guéri d’une grave maladie par Notre-Seigneur. Un bâton d’une main, un crucifix de l’autre, il parcourut à pied presque toutes les provinces de l’Espagne, de la France et de l’Italie, instruisant, édifiant, convertissant les foules ; il alla jusqu’en Angleterre, en Écosse et en Irlande, répandre la semence de la parole divine.
Les églises ne suffisant pas à contenir la foule de ses auditeurs, il prêchait ordinairement sur les places publiques et en pleine campagne. On compte que ce prédicateur tout divin convertit vingt-cinq mille juifs et autant de musulmans, et retira du vice plus de cent mille pécheurs. Dieu renouvela pour lui le miracle des premiers jours de l’Église : Vincent ne prêchait qu’en latin et en espagnol, et tous ses auditeurs, quels qu’ils fussent, le comprenaient dans leur langue.
Son triomphe était la prédication des fins dernières ; il fut l’apôtre du jugement dernier, et les foules frémissaient dès qu’il répétait les paroles du prophète : « Levez-vous, morts, et venez au jugement. »
Quand Vincent prêchait en quelque lieu, les marchands de disciplines, de cilices et autres instruments de mortification accouraient et ne pouvaient suffire à satisfaire les acheteurs. Tous les jours, après le sermon, son compagnon sonnait les miracles, et on apportait les malades en foule. Il mourut à Vannes (Bretagne) le 5 avril 1419.
Vicente Ferrer a été canonisé le 5 juin 1455, à Rome, par le pape Calixte III (Alonso de Borgia, 1455-1458).
Il est le saint patron des travailleurs de la construction en général, et plus particulièrement des constructeurs, fabricants de briques et de tuiles, poseurs de revêtements de sol.
Il est invoqué contre l’épilepsie et le mal de tête.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,1-14.
En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Maxime de Turin (?-v. 420)
évêque
CC Sermon 53, sur le Ps 117 Homélie sur le Ps 14 (trad. coll. Icthus, vol. 10, p. 256)
« Au lever du jour, Jésus était là sur le rivage »
Ce jour qu’a fait le Seigneur (Ps 117,24) pénètre tout ; il contient tout, il embrasse tout, ciel, terre et enfer ! … Et quel est ce jour du ciel sinon le Christ, dont parle le prophète : « Le jour au jour énonce le récit » (Ps 18,3). Oui, ce jour est le Fils à qui le Père, qui est aussi la lumière du jour, énonce le secret de sa divinité. C’est lui, ce jour qui dit par la voix du Sage : « J’ai créé un jour qui se lèvera à jamais dans le ciel » (Si 24,32)… Ainsi la lumière du Christ luit à jamais, elle rayonne, elle flamboie, et les ténèbres du péché ne peuvent l’étreindre. « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas retenue » (Jn 1,5). À la résurrection du Christ, tous les éléments sont glorifiés ; je suis sûr que le soleil a brillé ce jour-là d’un plus vif éclat. Ne devait-il pas entrer dans la joie de la résurrection, lui qui s’était attristé à la mort du Christ ? (Mt 27,45)… Comme un serviteur fidèle, il s’est obscurci pour accompagner le Christ dans la tombe ; aujourd’hui, il doit resplendir pour saluer la résurrection… Frères, réjouissons-nous en ce saint jour ; que nul, au souvenir de son péché, ne se dérobe à la joie commune ! Que personne ne désespère du pardon. Une faveur immense l’attend. Si le Seigneur, sur la croix, a eu pitié d’un bandit…, de quels bienfaits la gloire de sa résurrection ne nous comblera-t-elle pas ?
LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 4,1-12.
En ces jours-là, après la guérison de l’infirme, comme Pierre et Jean parlaient encore au peuple, les prêtres survinrent, avec le commandant du Temple et les sadducéens ; ils étaient excédés de les voir enseigner le peuple et annoncer, en la personne de Jésus, la résurrection d’entre les morts. Ils les firent arrêter et placer sous bonne garde jusqu’au lendemain, puisque c’était déjà le soir. Or, beaucoup de ceux qui avaient entendu la Parole devinrent croyants ; à ne compter que les hommes, il y en avait environ cinq mille. Le lendemain se réunirent à Jérusalem les chefs du peuple, les anciens et les scribes. Il y avait là Hanne le grand prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui appartenaient aux familles de grands prêtres. Ils firent amener Pierre et Jean au milieu d’eux et les questionnèrent : « Par quelle puissance, par le nom de qui, avez-vous fait cette guérison ? » Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »
Psaume 118(117),1-2.4.22-24.25-27a.
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour ! Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : Éternel est son amour !
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
Donne, Seigneur, donne le salut ! Donne, Seigneur, donne la victoire ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! De la maison du Seigneur, nous vous bénissons ! Dieu, le Seigneur, nous illumine.
Francisco et sa sœur ont été canonisés par le pape François le 13 mai 2017
Jacinta de Jesus Marto, la plus jeune enfant des apparitions de Notre-Dame de Fatima, en 1917, avec son frère Francisco Marto et leur cousine Lúcia dos Santos, est née le 11 mars 1910 à Aljustrel au Portugal. Francisco Marto naît à Aljustrel lui aussi, le 11 juin 1908. Ils sont les enfants de Manuel Pedro Marto et de Olímpia de Jesus, frère de Jacinta Marto (1910-1920) et cousins de Lúcia de Jesus (1907-2005).
C’est à eux trois qu’est apparu un Ange, au printemps, en été et à l’automne 1916, à la Loca do Cabeço et sur le Puits de la Maison de Lúcia et Notre-Dame du Rosaire les 13 mai, juin, juillet, septembre et octobre 1917, aux Valinhos.
Francisco est tombé malade le 23 décembre 1918 avec une grippe/pneumonie et est décédé le 4 avril 1919, après s’être confessé et avoir communié. Il fut enterré dans le cimetière paroissial de Fátima le 5 avril. Son procès de béatification a débuté le 30 avril de la même année 1952, conjointement avec celui de sa sœur Jacinta, mais envoyé à la Congrégation pour la Cause des Saints, seulement le 3 août 1979 ; il fut ouvert le 20 décembre.
En avril 1981 un avis positif a été donné sur la possibilité de reconnaître la pratique de vertus héroïques de la part des enfants. Pour cela, ils peuvent être béatifiés et canonisés en tant qu’enfants non martyres. Le décret sur les vertus héroïques des deux pastoureaux a été signé par saint Jean Paul II, le 13 mai 1989, leur accordant le titre de vénérables.
Le 28 juin 1999, fut promulgué, en présence du Pape, le décret de la Congrégation pour la Cause des Saints sur le miracle attribué à Francisco et Jacinta en faveur de Maria Emilia Santos.
Saint Jean-Paul II (pape 1978-2005), à Fátima le 13 mai 2000, a béatifié les pastoureaux Francisco et Jacinthe Marto et a choisi la date pour fêter leur béatification : le 20 février (jour du décès de Jacinthe). Leur canonisation est célébrée le 13 mai 2017 à Fátima au cours du voyage du pape François pour le centenaire des apparitions mariales de Fátima.
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Isidore Évêque et docteur de l’Église (* v. 560 – † 636)
L’Espagne s’honore d’avoir donné le jour à une famille de saints avec les frères Léandre, Fulgence, Isidore et leur sœur Florentine. Léandre l’aîné, qui devint évêque de Séville (vers 580), éleva son jeune frère Isidore, né entre 560 et 570.
A la mort de Léandre (601), Isidore lui succéda et il continua avec éclat l’organisation de l’Église d’Espagne dans le royaume wisigothique, que son frère avait entreprise. Léandre avait tenu à Tolède un important concile en 586 ; Isidore prolongea son action en de nombreux synodes et spécialement dans le célèbre IVe Concile de Tolède (633).
Durant un épiscopat de trente-cinq années, il s’adonna à la formation du peuple chrétien non seulement par la prédication, mais par l’instruction des jeunes. Il fonda pour eux un collège dans lequel il voulut enseigner lui-même. C’était là une préoccupation tout à fait en avance sur son temps. Elle est en partie à l’origine de la production littéraire d’Isidore, qui est une sorte d’inventaire de l’ensemble des connaissances humaines, auquel l’auteur fournit un apport original.
Isidore meurt à Séville en 636.
Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :