14.04.2024 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – LUC 24,35-48

Touchez-moi, regardez

Par le Fr. Laurent Mathelot

A l’instar de Marie-Madeleine, nous pouvons voir la Résurrection comme le Christ nous appelant par notre prénom, assis sur la margelle de nos tombeaux vides. Il est là qui nous appelle au creux de tous nos deuils – deuils de nos proches, deuils de nous-mêmes – au creux de toutes les déchirures, souffrances et humiliations qui nous ont changés. La Résurrection ne se comprend intimement qu’à travers toutes nos résurrections. De quelles morts ai-je, comme le Christ, à force d’amour, déjà ressuscité ?

Nos corps dépérissent à force de chagrins ; ils se retissent à force d’amour. Les peines, les douleurs et même les maladies se surmontent plus facilement dans un corps pétri d’amour. Il y a toujours une joie d’aimer qui peut l’emporter sur la tristesse de dépérir. C’est par ce biais là – de l’amour qui déjà nous ressuscite – que nous pouvons mieux aborder la Résurrection du Christ et finalement, au-delà de la mort, la nôtre.

Le Christ ressuscité se présente à ses disciples comme une réalité concrète, en ce monde. Dans le passage que nous venons de lire de l’Évangile, il insiste sur sa présence réelle. Il n’est pas un esprit ; il mange. Il est là, en chair et en os, dit le texte, vivant parmi eux, avec son Corps crucifié.

« Voyez mes mains et mes pieds. Touchez-moi, regardez. »

On a souvent la vision de ce passage comme l’a représenté le Caravage dans le tableau intitulé L’incrédulité de saint Thomas, qui montre l’apôtre mettant physiquement son doigt dans la plaie latérale du Christ. Il y a quelque chose de l’auscultation médicale représentée dans cette œuvre. Mais il y a plus : la main crucifiée du Christ se saisit littéralement de la main de Thomas pour l’enfoncer dans la plaie de son flanc. « Touche mes plaies », concrètement, physiquement.

Ainsi, pour voir la résurrection de près, il s’agit de mettre le doigt sur la souffrance, guidé par la main du Christ. J’ose dire, de manière un peu forte, appuyer avec lui là où ça fait mal.

Nous sommes l’Église ; nous disons que nous sommes le corps du Christ. C’est nous qui, avec lui, ressuscitons. Comment mieux toucher ses plaies autrement qu’en touchant nos propres plaies, puisqu’il a dit porter nos souffrances ? C’est au creux de nos propres blessures que nous pouvons le mieux nous rendre compte de ce qu’est la Résurrection. Le Christ nous dit tes plaies sont mes plaies ; ta crucifixion est ma crucifixion ; touche en toi mes plaies.

C’est spirituellement difficile – ce n’est jamais agréable de se pencher sur ses souffrances – mais c’est inéluctable. Le Christianisme n’est pas une religion qui nous permet d’échapper à la souffrance, qui pourrait nous anesthésier la douleur – on retrouverait-là la notion d’opium du peuple. Le Christianisme nous permet de transcender la souffrance, de la vivre et d’aller au-delà, pas d’y échapper.

Au contraire, il s’agit de toucher ses propres plaies, d’y faire face au lieu de s’en détourner et d’y voir les plaies du Christ : tu es désespéré : le Christ a eu l’âme triste à en mourir ; tu es méprisé : le Christ a été humilié ; tu es crucifié par la douleur : le Christ a enduré la croix. Toutes nos souffrances trouvent un écho dans celles du Christ. Et ce n’est qu’en touchant nos plaies comme ses propres plaies, en y trouvant malgré la douleur encore la force d’aimer, que nous verrons en effet surgir la Résurrection.

C’est dans ce difficile exercice spirituel qui consiste à raviver nos souffrances pour mieux saisir la puissance de l’amour qui les a portées, à les toucher à nouveau pour en mesurer la guérison alors que nous voudrions plutôt les fuir ou les enfouir, c’est dans la relecture – j’ose dire presqu’à vif – de toutes nos épreuves que nous mesurons la puissance vitale de l’amour qui nous traverse, que nous trouvons la force de faire face à nos douleurs actuelles et que nous puisons l’espérance de pouvoir endurer toutes les morts à venir.

Le Christ dit : Touche en moi tes plaies. Tes plaies sont mes plaies. Tes chagrins sont mes chagrins. Ta douleur est ma douleur. Ton humiliation est mon humiliation. Touche mes plaies en touchant tes plaies. Alors tu verras combien, depuis toujours, c’est ensemble et par amour, que nous ressuscitons.

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 10 avril 2024

14.04.2024 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – LUC 24,35-48

Appelés pour témoigner

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Ce dimanche pourrait être appelé le “dimanche du témoignage”. Le livre des Actes des apôtres (1ère lecture) nous rapporte le discours de Pierre : il y témoigne de ce qu’il a vu. Il vient de guérir un homme paralysé qui mendiait à la porte du temple. Il s’adresse à la foule stupéfaite à cause de ce qui vient de se passer. Il leur explique que ce n’est pas par ses propres forces qu’il a pu opérer cette guérison. C’est Jésus mort et ressuscité qui en est le principal acteur. Ce Jésus qu’ils ont renié est ressuscité. Pierre et ses amis en sont témoins. La première urgence c’est que chacun se convertisse et se tourne vers Dieu.

C’est aussi cet appel que nous adresse saint Jean dans la 2ème lecture : “Je vous écris pour que vous évitiez le péché.” C’est donc un appel à ne pas nous détourner de l’amour de Dieu et de nos frères. “Mais si l’un de vous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père, Jésus le Juste.” Dans son Évangile, saint Jean rappelle que Jésus avait promis à ses apôtres de leur envoyer “un autre défenseur” (Jn 14, 16). Pourquoi un autre défenseur ? Parce que Jésus est notre premier défenseur auprès du Père, notre premier avocat ; l’Esprit Saint est notre défenseur parce qu’il nous conduit à plénitude d’une telle vérité. Voilà une bonne nouvelle de la plus haute importance. Il nous faut tout faire pour qu’elle soit proclamée partout dans le monde. Le Christ ressuscité n’a jamais cessé de vouloir ramener tous les hommes à Dieu.

L’Évangile nous montre comment Jésus rejoint les siens au moment où ils parlent de lui. C’est ce qui s’est passé avec les disciples d’Emmaüs. Saint Luc nous dit qu’après l’avoir reconnu à la fraction du pain, ils sont repartis à Jérusalem pour annoncer la bonne nouvelle aux disciples : c’est là que Jésus les rejoint ; il est là au milieu d’eux. Il se fait reconnaître. Non ce n’est pas un esprit. Il est celui-là même qui a subit la Passion. Ses mains et ses pieds en gardent la trace. C’est bien le Crucifié qui est revenu à la vie. Il leur fait constater qu’il est vraiment ressuscité. Il est avec eux pour toujours.

Cette rencontre extraordinaire a été un bouleversement pour les apôtres. Avec amour et patience, Jésus leur explique tout ce qui était écrit dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes. Et c’est ce qu’il continue à faire le dimanche : quand nous nous rassemblons à l’église, il est là bien présent au milieu de nous. Il vient raviver notre foi ; il nous nourrit de sa Parole et de son Corps. Puis il nous envoie en mission pour témoigner de la foi qui nous anime. Ce qui nous est demandé, ce n’est pas de rester entre chrétiens à l’intérieur de l’Église. Notre témoignage doit rejoindre tous les hommes, en particulier ceux qui sont dans les “périphéries”, ceux qui ne connaissent pas le Christ, ceux qui n’ont pas célébré Pâques.

Annoncer l’Évangile, ce n’est pas seulement proclamer des formules. Nous ne pouvons pas nous contenter de belles paroles. Jésus ne nous a pas envoyés pour cela. Le plus important c’est de tout faire pour que ces paroles se traduisent en actes dans nos vies. Il faut que nous soyons de plus en plus ajustés à cet amour qui est en Dieu. En y regardant de près, nous reconnaissons que nous sommes loin du compte. Mais le Seigneur n’a jamais cessé de nous aimer. S’il nous offre don pardon, c’est pour que nous puissions devenir de vrais témoins de la foi.

Pour être de vrais messagers du Christ, nous avons besoin d’être complètement imprégnés et habités par sa présence. C’est SA lumière, SON amour que nous avons à communiquer au monde d’aujourd’hui. Si nous ne prenons pas le temps de l’accueillir dans notre vie, rien ne se passera. Nous serons comme le sel affadi qui n’est plus bon à rien. L’Évangile de ce dimanche nous rappelle que les disciples d’Emmaüs ont vécu deux moments importants : l’accueil de la Parole (Moïse et les prophètes), puis la Fraction du Pain (C’est le nom qui était donné à l’Eucharistie). C’est là que nous sommes invités à puiser en vue de la mission que le Seigneur nous confie.

Lire les Écritures, prier les psaumes, prendre le temps d’approfondir sa foi, c’est entrer dans le plan de Dieu. C’est se préparer à recevoir le Christ. Dans certains pays, les chrétiens sont obligés de se cacher pour lire la Bible. À travers l’histoire, certains ont voulu la détruire en la brûlant, d’autres entraient dans les maisons pour la confisquer et la détruire. Mais dans sa fidélité Dieu veillait sur sa Parole de sorte que nous l’avons encore aujourd’hui ! Profitons de cette chance qui nous est offerte ; le pape François nous dit que “La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours.”

Nous te prions, Seigneur, ouvre-nous à cette joie de l’Évangile. Que ta Parole soit notre nourriture et notre trésor chaque jour. A qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la Vie éternelle.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 7 avril 2024

Le Linceul sauvé des flammes

Le reliquaire qui garde le Saint-Suaire, cathédrale de Turin. © Shutterstock/Mltz

Le Linceul sauvé des flammes

Personne ne sait encore comment ce 11 avril 1997, un gigantesque incendie partit de 4 ou 5 foyers, tous localisés dans une chapelle de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin (Italie) qui abritait le Saint-Suaire. Mais le précieux coffre d’argent renfermant le Linceul, qui aurait dû se trouver au cœur de l’incendie, dans cette chapelle qui l’abrite depuis plus de trois siècles avait été transféré jusqu’au maître-autel à cause de récents travaux de restauration.

L’incendie était cependant très puissant et il anéantira la chapelle Guarino Guarini, le dôme baroque du XVIIe siècle, ainsi que la galerie de bois qui unissait la cathédrale et le palais royal de la Maison de Savoie. Lorsqu’il semblait que tout était perdu, un pompier nommé Mario Trematore s’est élancé au péril de sa vie parmi les flammes, une masse à la main, alors même qu’autour de lui tout s’écroulait, éclatait et brûlait, pour briser le coffre-fort constitué par 8 épaisseurs de verre ultra résistant qui protégeaient le Saint-Suaire :

« Je sentais dans mon bras la puissance des deux milliards de chrétiens qui vénèrent le Linceul. J’ai frappé cent coups peut-être, et Dieu m’a donné la force de rompre ces vitres à l’épreuve des balles. J’ai réussi à les briser quand même. C’est quasiment un miracle […] Enfin quand toutes les plaques de verre ont cédé, et pendant que les poutres tombaient d’en haut, j’ai réussi à saisir des deux mains la châsse contenant le Saint-Suaire et à la porter à l’extérieur en toute hâte. Quelques prêtres se sont approchés de moi. Et presque tous pleuraient ».

www.fr.aleteia.org

Voir aussi : l’Encyclopédie Mariale

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

Le cardinal Parolin aux évêques brésiliens: «Marie peut faire des miracles»

L’Assemblée générale des évêques brésiliens en 2023.  

Le cardinal Parolin aux évêques brésiliens: «Marie peut faire des miracles» 

Le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin est au Brésil les 10 et 11 avril à l’occasion de la 61e Assemblée générale de la conférence épiscopale brésilienne (CNBB). Les quelques 480 évêques brésiliens sont réunis jusqu’au 19 avril dans le plus grand sanctuaire marial du monde, à Aparecida, pour réfléchir sur l’évangélisation et surtout la manière dont l’Église doit se laisser évangéliser. 

Vatican News

Il s’agit de la plus grande conférence épiscopale au monde: 480 évêques brésiliens sont réunis du 10 au 14 avril pour leur 61e Assemblée générale. Le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin a fait le déplacement au Brésil pour la retraite en ouverture de ce rassemblement.

Dans le sanctuaire d’Aparecida, au sud-ouest du pays, le programme de la Conférence épiscopale brésilienne (CNBB) s’intéresse à «la réalité de l’Église au Brésil et la mise à jour de ses orientations générales pour l’action évangélisatrice». Le cardinal Parolin rappelle ainsi que «nous devons participer à l’annonce de l’Évangile, nous-mêmes d’abord, parce que comme le rappelle Evangelii nuntiandi, avant d’évangéliser, l’Église doit se laisser évangéliser».

La présence du cardinal Parolin pour la 61e Assemblée générale de la CNBB

Du mercredi 10 au jeudi 11 avril, le cardinal Pietro Parolin présidera la retraite en guise d’introduction à cette Assemblée générale pour les évêques du plus grand pays catholique du monde. «En plus de souligner la taille de cette conférence épiscopale -parce qu’évidemment le Brésil, est énorme, c’est un continent, comme on dit- il faut aussi souligner l’engagement de tous les évêques pour l’évangélisation et l’animation chrétienne de la société -une société qui a ses propres problèmes- afin qu’elle réponde de mieux en mieux à l’Évangile», a-t-il partagé au cours d’un entretien accordé à Vatican News.

Le cardinal s’est réjoui de sa visite au sanctuaire d’Aparecida, où des millions de fidèles se pressent tous les ans. Le sanctuaire, dédié à Notre-Dame, patronne du pays, accueille une statuette de la Vierge Marie réputée pour obtenir des grâces divines. «Je sais qu’Aparecida est connue pour de nombreux miracles, surtout après la découverte de la petite statue dans la rivière: nous croyons toujours que la Madone peut faire des miracles», a expliqué le cardinal secrétaire d’État.

“C’est merveilleux parce que nous ressentons vraiment comme faisant partie de notre foi catholique cet attachement à Marie qui nous aide, comme c’est le cas dans l’Évangile, à adhérer de manière toujours plus ferme et cohérente à Jésus-Christ. Ainsi, Marie est la Mère qui nous conduit à son Fils et c’est sa mission auprès des chrétiens de tous les temps.”

Les thèmes de la 61eAssemblée générale

Trois thèmes prioritaires ont été retenus: le Synode des évêques 2021-2024, le Jubilé 2025, et la question de la jeunesse brésilienne. D’autres thématiques moins prioritaires comme les élections municipales d’octobre 2024, ou encore la COP 30, qui se tiendra au Brésil en novembre 2025, seront également passés en revue.

Comme lors de la première Assemblée du synode sur la synodalité en octobre 2023 au Vatican, les évêques brésiliens expérimenteront le «dialogue dans l’Esprit», aussi appelé la «conversation spirituelle» avec l’organisation de tables synodales.

Le cardinal Parolin a rencontré le président Lula.

Le cardinal Parolin a rencontré le président Lula. 

Rencontre avec le président Lula

Avant d’atterrir à Aparecida pour la retraite avec les évêques brésiliens, le secrétaire d’État a salué le président Luiz Inácio Lula da Silva. En présence du nonce apostolique à Brasilia, Mgr Giambattista Diquattro, et de Mgr Jaime Spengler, président de la conférence nationale des évêques brésiliens (CNBB), le cardinal Parolin a évoqué avec le président Lula «les grands problèmes, à la fois internes -le thème de la pauvreté, le thème de l’inégalité, le thème de la faim, le thème de la justice- et puis aussi un peu les problèmes du monde d’aujourd’hui et [parmi ceux-ci] surtout le thème de la paix», selon ses propres mots.

Le Pape François avait rencontré le président Lula en juin 2023, après les élections de novembre 2022. Il avait honoré de son premier voyage apostolique le Brésil du 22 au 29 juillet 2013, à l’occasion des Journées mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro.

Source : VATICANNEWS, le 10 avril 3024

Le Pape réitère son appel à la paix pour l’Ukraine, la Terre Sainte et la Birmanie 

Fumée après un bombardement sur Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza  (AFP or licensors)

Le Pape réitère son appel à la paix pour l’Ukraine, la Terre Sainte et la Birmanie 

Au terme de l’audience générale place Saint-Pierre, François a tourné ses pensées vers les «frères et sœurs» qui «souffrent beaucoup» à cause des conflits. Évoquant l’Ukraine, la Palestine, et Israël, le Saint-Père a également exprimé sa sympathie pour le peuple du Kazakhstan touché par une inondation massive ayant dévasté des villes entières et forcé plus de 96 000 personnes à évacuer.

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Comme à chaque audience générale, le Souverain pontife a exprimé sa douleur pour les territoires blessés par la férocité des conflits et leur lot de morts et de violences. «La guerre est partout… Que le Seigneur nous donne la paix», a-t-il imploré. Au moment des salutations en italien, s’adressant aux milliers de fidèles sur la place Saint-Pierre, le Pape a déclaré: «Mes pensées vont à l’Ukraine tourmentée, à la Palestine et à Israël».

L’appel du Souverain pontife intervient alors que les attaques de drones se poursuivent en Ukraine et que le nombre de civils et de soldats morts augmente. De même à Gaza, où quelques heures avant le discours du Saint-Père, une attaque aérienne israélienne frappait une maison dans le centre de la bande, dans la ville de Zawaida, tuant au moins 11 personnes, sept femmes et quatre enfants.

N’oubliez pas la Birmanie

François a également invité à ne pas oublier la Birmanie, ce pays asiatique qu’il a visité en novembre 2017 et qu’il inclut souvent dans ses prières et ses appels, avec une référence particulière à la population rohingya, minorité musulmane discriminée et marginalisée. Les dernières informations, relayées par l’agence Fides, parlent d’un recrutement forcé de rohingyas par l’armée birmane qui, décimée par les pertes sur le terrain, les a envoyés sur la ligne de front dans la bataille avec l’armée Arakan, dans l’État de Rakhine. Environ un millier de jeunes, principalement des déplacés, ont été enlevés dans des villages, des marchés, des camps et emmenés dans des bases de l’armée pour y suivre un entraînement militaire. 

Le Pape a invité à «demander la paix au Seigneur», et à ne «pas oubliernos frères et sœurs qui souffrent tant dans ces lieux de guerre». «Prions ensemble et toujours pour la paix», a-t-il insisté.

Sympathie pour les populations sinistrées du Kazakhstan

Il a ensuite attiré l’attention du monde sur le Kazakhstan, frappé par une violente inondation -la pire depuis 70 ans-, provoquée par la fonte rapide des neiges remplissant d’énormes rivières au-delà de leurs limites. 96 000 personnes ont été forcées d’évacuer leurs maisons. À la fin de l’audience générale, le Pape a de nouveau exprimé sa «proximité spirituelle» avec le peuple kazakh et a invité «tout le monde à prier pour tous ceux qui souffrent des effets de cette catastrophe naturelle».

“«Même dans les moments difficiles, rappelons-nous la joie du Christ ressuscité et invoquons sur nous et nos familles l’amour miséricordieux de Dieu notre Père».”

Les inondations dans ce pays d’Asie centrale ont été causées par les fortes pluies de ces derniers jours, et par des températures supérieures à la moyenne, qui ont accéléré la fonte de la neige et de la glace. Les inondations ont particulièrement touché les régions de l’ouest, du nord, du centre et de l’est, où plus de 96 000 personnes ont été évacuées, selon le ministère kazakh des situations d’urgence.

Une dame âgée est aidée pour sortir de chez elle.

Une dame âgée est aidée pour sortir de chez elle. 

Le déluge d’eau a balayé des dizaines d’agglomérations dans les montagnes de l’Oural, en Sibérie, et dans les régions du Kazakhstan proches de fleuves tels que l’Oural (le troisième plus long fleuve d’Europe) et le Tobol qui, selon les autorités locales, sont montés de plusieurs mètres en quelques heures, atteignant ainsi les niveaux les plus élevés jamais enregistrés. Les barrages et les digues ont entre-temps été renforcés.

Source : VATICANNEWS, le 10 avril 2024

11.04.2024 – SAINT DU JOUR

St Stanislas

St Stanislas

ÉVÊQUE ET MARTYR (+ 1079)

Saint Stanislas
Évêque de Cracovie, martyr 
(1030-1079)

Stanislas (Stanisław en polonais) naît à Cracovie en 1030 de parents fort avancés en âge, mariés depuis trente ans et encore sans postérité. Dieu, qui avait des vues élevées sur cet enfant, lui inspira dès son bas âge de grandes vertus, surtout la charité pour les pauvres, et une mortification qui le portait à jeûner souvent et à coucher sur la terre nue, même par les plus grands froids. 

Après de brillantes études, il n’aspirait qu’au cloître ; à la mort de ses parents, il vendit leurs vastes propriétés et en donna le prix aux pauvres. Stanislas dut se soumettre à son évêque, qui l’ordonna prêtre et le fit chanoine de Cracovie. 

Il fallut avoir recours au Pape pour lui faire accepter, en 1072, le siège de Cracovie, devenu vacant. Ses vertus ne firent que grandir avec sa dignité et ses obligations ; il se revêtit d’un cilice, qu’il porta jusqu’à sa mort ; il se fit remettre une liste exacte de tous les pauvres de la ville et donna l’ordre à ses gens de ne jamais rien refuser à personne. 

La plus belle partie de la vie de Stanislas est celle où il fut en butte à la persécution du roi de Pologne, Boleslas II. Ce prince menait une conduite publiquement scandaleuse. Seul l’évêque osa comparaître devant ce monstre d’iniquité, et d’une voix douce et ferme, condamner sa conduite et l’exhorter à la pénitence. Le roi, furieux, attendit l’heure de se venger. 

Stanislas avait acheté pour son évêché, devant témoins, et il avait payé une terre dont le vendeur était mort peu après. Le roi, ayant appris qu’il n’y avait pas d’acte écrit et signé, gagna les témoins par promesses et par menaces, et accusa Stanislas d’avoir usurpé ce terrain. L’évêque lui dit : « Au bout de ces trois jours, je vous amènerai comme témoin le vendeur lui-même, bien qu’il soit mort depuis trois ans. » 

Le jour venu, le saint se rendit au tombeau du défunt ; en présence d’un nombreux cortège, il fit ouvrir la tombe, où on ne trouva que des ossements. Stanislas, devant cette tombe ouverte, se met en prière, puis touche de la main le cadavre : « Pierre, dit-il, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, viens rendre témoignage à la vérité outragée. » 

À ces mots, Pierre se lève, prend la main de l’évêque devant le peuple épouvanté, et l’accompagne au tribunal du roi. Le ressuscité convainc de calomnie le roi et les témoins, et de nouveau accompagne l’évêque jusqu’au tombeau, qu’on referme sur son corps, redevenu cadavre. Loin de se convertir, le roi impie jura la mort de Stanislas, et bientôt l’assassina lui-même, en 1079, pendant qu’il offrait le saint sacrifice.

Saint Stanislas priez pour nous !

11.04.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,31-36. 

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,
il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.
Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai.
En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure.
Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main.


Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Confessions XI, 2.3

« Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu car il donne l’Esprit sans mesure »

Ô Seigneur mon Dieu, lumière des aveugles et force des faibles, mais en même temps lumière des voyants et force des forts, sois attentif à mon âme, entends-la crier du fond de l’abîme (Ps 129,1). Car si tu n’es pas à l’écoute même dans l’abîme, où irons-nous ? Où adresserons-nous nos cris ? « À toi est le jour, à toi aussi la nuit » (Ps 73,16). Un signe de toi et les instants s’envolent. Donne désormais largement à nos pensées le temps de fouiller les retraites cachées de ta loi et n’en ferme pas la porte à ceux qui y frappent (Mt 7,7). Ce n’est pas sans raison que tu as voulu faire écrire tant de pages pleines d’ombre et de mystère. Ces belles forêts n’ont-elles pas leurs cerfs (Ps 28,9) qui viennent là se réfugier et se ressaisir, se promener et pâturer, se coucher et ruminer ? Ô Seigneur, conduis-moi au terme et révèle-moi leurs secrets. Ta parole est toute ma joie, ta parole plus douce qu’un torrent de voluptés. Donne-moi ce que j’aime, car j’aime et cet amour est un don de toi. N’abandonne pas tes dons, ne dédaigne pas ton brin d’herbe assoiffé. Que je proclame tout ce que je découvrirai dans tes livres ; fais que « j’entende la voix de ta louange » (Ps 25,7). Puissé-je boire ta parole et considérer les merveilles de ta loi (Ps 118,18) depuis le premier instant où tu as créé le ciel et la terre jusqu’au règne éternel avec toi dans la sainte cité.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 5,27-33. 

En ces jours-là, le commandant du Temple et son escorte, ayant amené les Apôtres, les présentèrent au Conseil suprême, et le grand prêtre les interrogea :
« Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! »
En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.
C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés.
Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Ceux qui les avaient entendus étaient exaspérés et projetaient de les supprimer.

Psaume 34(33),2.9.17-18.19-20. 

Je bénirai le Seigneur en tout temps, 
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! 
Heureux qui trouve en lui son refuge !

Le Seigneur affronte les méchants 
pour effacer de la terre leur mémoire.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent : 
de toutes leurs angoisses, il les délivre.

Il est proche du cœur brisé, 
il sauve l’esprit abattu.
Malheur sur malheur pour le juste, 
mais le Seigneur chaque fois le délivre.