Le siècle de saint Louis fut un siècle marial

Saint Louis recevant les Saintes Reliques, Chroniques de Saint-Denis, vers 1332-1350.
© CC0/wikimedia
Saint Louis recevant les Saintes Reliques, Chroniques de Saint-Denis, vers 1332-1350. © CC0/wikimedia

Le siècle de saint Louis fut un siècle marial

Saint Louis (Louis IX de France) fut le fruit d’une longue prière adressée à la Vierge Marie. En effet, sa mère, la reine Blanche de Castille, affligée de n’avoir pas d’enfant, avait rencontré saint Dominique, venu la saluer à Paris. Celui-ci l’avait exhortée à prendre la Vierge Marie pour médiatrice, à réciter le chapelet et à le faire réciter aux personnes pieuses de la Cour. Il avait lui-même prié à cette intention. C’est ainsi que naquit, le 25 avril 1214, celui qui deviendra Louis IX à 12 ans, sous la forte régence de sa mère pendant sa minorité. La reine Blanche de Castille, à la fin de sa régence, laissa à son fils un royaume pacifié.

Saint Louis fut un si grand roi que le XIIIe siècle porte son nom : on l’appelle le siècle de saint Louis. En effet, c’est en quelque 40 années de règne (1234-1270) qu’il fit de la France le cœur de la Chrétienté et suscita le rayonnement de l’art médiéval, au point que l’on construisait par exemple ‘à la manière française’.

Il réalisa ainsi le rêve de sa mère, Blanche de Castille, qui avait longuement prié la Vierge Marie de lui donner un fils qui fût digne, par ses vertus, de porter la couronne du roi de France. Son père, Louis VIII dit « Le Lion », avait lui-même une grande dévotion à la Vierge Marie. Dans son testament, il avait en effet souhaité que l’on vendît sa couronne et ses bijoux pour construire un monastère dédié à la Vierge Marie, vœu qui fut accompli par son épouse.


Le siècle de saint Louis fut donc un siècle marial. La grande dévotion de saint Louis et de sa famille à la Vierge Marie, mais également l’influence des Dominicains et des Franciscains, qui conseillèrent Louis IX dans sa foi et firent évoluer l’image de la Vierge Marie et la mariologie: on vit ainsi grandir, dans cette société hiérarchisée, la place de Marie : on la place désormais avec le Christ, dans le ciel.

C’est pourquoi on célèbre davantage la gloire de la Vierge Marie, son couronnement, plus que son humilité : elle est ainsi honorée comme Reine plus que comme servante ; elle est également honorée comme Mère. La figure d’Ève s’efface devant celle de Marie, la Nouvelle Ève, la pesanteur de la faute s’allège dans l’espérance du salut, cette espérance se traduisant dans l’art gothique, dans l’architecture, comme dans l’ensemble des arts, et s’incarnant dans les représentations de la Vierge Marie.

Louis IX, qui fut canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII, fut un roi chevalier très pieux.

Adapté de : Isabelle Rolland

www.blog.gingko-editions.fr

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

25.08.2024 – SAINT DU JOUR

St Louis IX

St Louis IX

ROI DE FRANCE († 1270)

Saint Louis (Louis IX)
Roi de France
(1215-1270)

Louis a frappé ses contemporains par son sens de la justice, sa profonde piété et sa grande charité envers les pauvres ; sa vertu le faisait regarder comme l’arbitre des princes d’Europe.
Il fut baptisé à Poissy, et en conserva toujours religieusement le souvenir, car plus tard il signait ordinairement Louis de Poissy, marquant par là qu’il estimait la grâce du baptême comme son plus glorieux titre de noblesse. Sa mère, Blanche de Castille, voulut le nourrir elle-même. Tout le monde connaît la belle parole de cette grande reine : « Mon fils, je vous aime après Dieu plus que toutes choses ; cependant, sachez-le bien, j’aimerais mieux vous voir mort que coupable d’un seul péché mortel. »

Élevé à une telle école, le jeune Louis montra dès son enfance les grandes vertus qu’il devait faire éclater sur le trône, l’égalité d’âme, l’amour de la justice et une tendre piété. Comme on lui reprochait quelquefois de donner trop de temps aux pieux exercices : « Les hommes sont étranges, disait-il ; on me fait un crime de mon assiduité à la prière, et on ne dirait rien si j’employais des heures plus longues à jouer aux jeux de hasard, à courir les bêtes fauves, à chasser aux oiseaux. »

Devenu roi, il voulut établir avant tout le règne de Dieu, auquel sont indéfectiblement liés le Roi et la France. Il s’appliqua plus que jamais à faire de la France un royaume puissant et chrétien. On connaît sa loi condamnant les blasphémateurs à subir aux lèvres la marque d’un fer rougi au feu. 

Un des plus beaux jours de sa vie fut celui où il alla au-devant des religieux qui apportaient d’Orient la sainte Couronne d’épines, et la porta, pieds nus, dans sa capitale. Il fonde des hôpitaux et des monastères. Il réalise son grand projet : construire la Sainte-Chapelle comme une châsse de lumière et de vitraux destinée à recueillir les saintes reliques, surtout la Couronne d’épines. Il donne à sa sœur, la bienheureuse Isabelle de France, le terrain de Longchamp pour y fonder une abbaye de religieuses de Sainte-Claire. « Si je dépense beaucoup d’argent quelquefois, j’aime mieux le faire en aumônes faites pour l’amour de Dieu que pour frivolités et choses mondaines. Dieu m’a tout donné ce que j’ai. Ce que je dépense ainsi est bien dépensé. » (Saint Louis au sire de Joinville)

À vingt ans, il épouse Marguerite de Provence et leur amour sera tendre et fidèle. Saint Louis fut aussi un modèle du pur amour conjugal ; il avait fait graver sur son anneau cette devise : « Dieu, France et Marguerite. »

À la suite d’une maladie mortelle, guéri miraculeusement, il obéit à une inspiration du Ciel qui l’appelait aux Croisades. Il part pour délivrer la Terre Sainte en 1248. On le vit, dans ces luttes gigantesques, qui avaient pour but la libération des Lieux Saints, faire des actes de bravoure qui le mettaient au rang des plus illustres guerriers. On se tromperait en croyant que le bon et pieux roi n’eût pas toute la noble fierté qui convenait à son rang. Les Sarrasins, qui le retinrent longtemps captif, après une désastreuse campagne, eurent lieu d’admirer sa grandeur d’âme, sa foi et son courage. 

Une fois libéré et rentré dans son royaume, il y entreprend de grandes réformes en particulier l’interdiction du duel judiciaire.

Son royaume connaît une période de plein développement culturel, intellectuel et théologique. 

Saint Louis aime recevoir à sa table saint Bonaventure et saint Thomas d’Aquin. Avec Robert de Sorbon, il fonde la Sorbonne (1257). Il suit avec attention l’achèvement de la cathédrale Notre-Dame et surtout les grandes rosaces (1255) et les porches.

Son plus grand souci est de pacifier, de réconcilier les ennemis et d’éteindre les conflits, en particulier entre la France et l’Angleterre (1258). Mais il rêve de retourner en Terre Sainte et de convertir le sultan d’Égypte. Il n’ira pas plus loin que Carthage, l’actuelle Tunis. La maladie a raison de lui le 25 août 1270.

Saint Louis (Louis IX) priez pour nous !

25.08.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,60-69. 

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »
Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !…
C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.


Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.
Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner.
Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Benoît XVI

pape de 2005 à 2013

Homélie, Célébration eucharistique, 20ème Journée Mondiale de la Jeunesse, 21/08/05 (trad. DC 2343, p. 907)

« Tu as les paroles de la vie éternelle »

À la dernière Cène, la nouveauté qui s’est produite résidait dans la nouvelle profondeur que prenait l’ancienne prière de bénédiction d’Israël, qui devient alors la parole de la transformation et nous donne à nous de participer à l’heure du Christ (Jn 13,1). Jésus ne nous a pas donné la mission de répéter la Cène pascale, qui, du reste, en tant qu’anniversaire, ne peut pas se répéter à volonté. Il nous a donné la mission d’entrer dans son « heure ». Nous y entrons grâce à la parole qui vient du pouvoir sacré de la consécration : une transformation qui se réalise par la prière de louange, qui nous met en continuité avec Israël et avec toute l’histoire du salut, et qui, en même temps, nous donne la nouveauté vers laquelle cette prière tendait par sa nature la plus profonde. Cette prière, appelée par l’Église « prière eucharistique », constitue l’Eucharistie. Elle est parole de pouvoir, qui transforme les dons de la terre de façon tout à fait nouvelle en don de soi de Dieu et qui nous engage dans ce processus de transformation. C’est pourquoi nous appelons cet événement Eucharistie, traduction du mot hébraïque « beracha » : remerciement, louange, bénédiction, et ainsi transformation à partir du Seigneur, présence de son « heure ». L’heure de Jésus est l’heure où l’amour est vainqueur. En d’autres termes c’est Dieu qui a vaincu, parce qu’il est l’Amour. L’heure de Jésus veut devenir notre heure et elle le deviendra si nous-mêmes, par la célébration de l’Eucharistie, nous nous laissons entraîner dans ce processus de transformations que le Seigneur a en vue. L’Eucharistie doit devenir le centre de notre vie.

LECTURES :

Livre de Josué 24,1-2a.15-17.18b. 

En ces jours-là, Josué réunit toutes les tribus d’Israël à Sichem ; puis il appela les anciens d’Israël, avec les chefs, les juges et les scribes ; ils se présentèrent devant Dieu.
Josué dit alors à tout le peuple :
« S’il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l’Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. »
Le peuple répondit : « Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour servir d’autres dieux !
C’est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d’Égypte, cette maison d’esclavage ; c’est lui qui, sous nos yeux, a accompli tous ces signes et nous a protégés tout le long du chemin que nous avons parcouru, chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés.
Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu. »

Psaume 34(33),2-3.16-17.20-21.22-23. 

Je bénirai le Seigneur en tout temps, 
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur : 
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Le Seigneur regarde les justes, 
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants 
pour effacer de la terre leur mémoire.

Malheur sur malheur pour le juste, 
mais le Seigneur chaque fois le délivre.
Il veille sur chacun de ses os : 
pas un ne sera brisé.

Le mal tuera les méchants ; 
ils seront châtiés d’avoir haï le juste.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs : 
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,21-32. 

Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ;
les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ;
car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps.


Eh bien ! puisque l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari.
Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle,
afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ;
il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée.
C’est de la même façon que les maris doivent aimer leur femme : comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même.
Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C’est ce que fait le Christ pour l’Église,
parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture :
‘À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.’
Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église.

25.08.2024 – HOMÉLIE DU 21ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – JEAN 6, 60-69

Croire au mystère

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Aujourd’hui, se conclut notre lecture du chapitre 6 de l’Évangile de Jean, qui présente un long enseignement du Christ à propos de son corps et des mystères de l’Incarnation divine.

Au début, il y a quatre semaines, les foules étaient nombreuses. Ce fut alors l’épisode de la multiplication des pains. Le peuple s’était même mis à acclamer Jésus, voulant faire lui son roi. Tout au long de ce chapitre, Jésus ne cesse de demander à ses disciples de s’affranchir des signes et des guérisons qu’il accomplit pour croire véritablement au mystère de l’incarnation, au fait qu’il est lui l’incarnation de Dieu venue les sauver. Vient ensuite le discours sur le Pain de Vie où Jésus se compare à la manne venue du ciel, ce qui provoque l’indignation des Juifs : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jean 6, 52).

Aujourd’hui, le texte nous relate qu’à cause de cette affirmation – « celui qui me mange, vivra par moi » (6, 57) –, qui les scandalise, beaucoup de ceux qui jusqu’alors suivaient Jésus le quittent. A tel point qu’il pose aux apôtres cette question tragique : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » (6, 67). Clairement, le propos de ce chapitre est de nous interroger sur ceux qui abandonnent Dieu face à l’incompréhensible de la foi chrétienne, qui parfois scandalise leur intelligence.

Un jour, une jeune guide m’a relaté la conversation qu’elle avait eue avec une jeune musulmane. Celle-ci lui reprochait, si elle était logique avec sa religion, d’être cannibale. Et la jeune guide de me dire toute étonnée : « Je n’avais jamais pensé une seconde que manger le Corps et boire le Sang du Christ puissent être vus par quelqu’un comme des actes de cannibalisme ». C’est pourtant une accusation portée contre les chrétiens depuis les origines, notamment par le philosophe Porphyre au IIIe siècle.

Dans le même ordre d’idée, savez-vous que la première représentation de la Crucifixion dont on dispose est un graffiti découvert dans les ruines du palais impérial de Rome ? Il s’agit d’une caricature représentant un homme adorant un Christ à tête d’âne sur la croix. En dessous, il est inscrit : « Alexamenos adore son dieu ». Autre scandale qui rend notre religion incompréhensible : comment peut-on révérer comme Dieu, un criminel mis à mort par les Romains ? Comment espérer être sauvé par quelqu’un qui souffre et qui meurt ?

Graffiti d’Alexamenos, Palais impérial de Rome, IIe siècle.

La présence réelle de Dieu dans l’Eucharistie, la toute-puissance de la Crucifixion, la virginité de Marie : tant d’affirmations qui créent l’incompréhension et suscitent parfois moquerie et scandales tant et si bien que même certains chrétiens les rejettent : Comment croire encore à ces bêtises aujourd’hui ? Comment croire que le Corps du Christ soit monté directement au ciel ?

Vous le savez, les paradoxes sont mon domaine de recherche. Mon travail consiste à comparer les logiques avec lesquelles on raisonne. Et précisément, le reproche qui nous est fait ici, c’est de ne pas être logiques. Pour beaucoup de nos contemporains les affirmations de foi catholique sont un mépris de l’intelligence scientifique.

Je ne vais pas entrer dans de longs développements mais la science aussi raisonne sur l’incompréhensible, le mystère. C’est le cas notamment de la physique quantique – la physique des atomes et de l’infiniment petit – pour laquelle une même particule peut se trouver en même temps à plusieurs endroits. Non seulement, il y a une manière logique de raisonner à partir de paradoxes, mais on peut démonter que c’est inéluctable, qu’ils existent en tant que tels. Autant en science qu’en religion.

Quelle portée en effet le Christianisme aurait-il s’il n’englobait pas une part de mystère ? Comment pourrait-il pleinement rejoindre le mystère que je reste pour moi-même, le mystère de l’amour que nous éprouvons, le mystère qui nous pousse à vouloir transcender la mort, le mystère pour l’intelligence pratique que reste l’action concrète de Dieu dans nos vies ?

Comme la physique qui, depuis le début du XXe siècle, touche enfin au mystère intrinsèque de la matière, la religion doit pouvoir toucher à tous les mystères de la vie et ses affirmations doivent aussi refléter la part incompréhensible de Dieu. C’est une illusion de prétendre tout connaître, tout expliquer par la science, nous n’y arriverons pas. C’est même une supercherie de le laisser entendre ; le contraire a été prouvé en 1931 par Gödel : il y a des questions scientifiques qui resteront définitivement sans réponses. La science ne dévoilera jamais tous les mystères.

On pourra toujours se moquer des affirmations de la foi, comme de ceux qui croient aux miracles ou simplement à l’amour fou que Dieu éprouve pour l’Humanité. Et il y en aura toujours qui le feront, qui nous prétendront faibles ou sots de croire que le Christ, un jour, nous sauvera de la mort. Mais renoncer à aborder l’incompréhensible de l’incarnation de Dieu ferait du Christianisme non plus une religion mais une philosophie, un simple humanisme, désormais centré sur le seul mystère de l’homme. Il aurait alors perdu Dieu.

« Mais alors, Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 22 août 2024

25.08.2024 – HOMÉLIE DU 21ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – JEAN 6,60-69

Fidélité au Dieu de l’alliance

Homélie par le Père Jean Compazieu

 

Textes bibliques : lire

“Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.” (Jean 6, 58). Ces paroles de Pierre, nous sommes invités à les faire nôtres, sinon nous ne serions pas là aujourd’hui. Comme Pierre et comme le peuple d’Israël au temps de Josué, nous nous retrouvons face aux mêmes questions : “qui voulez-vous servir ? Les dieux païens ou le Seigneur ?” Et dans l’Évangile : “Voulez-vous partir vous aussi ?”

Ce qu’il ne faut jamais oublier c’est que notre Dieu est un Dieu sauveur : il a libéré son peuple de l’esclavage d’Égypte. Et son grand projet, c’est de le libérer de son péché. Il est le Dieu de l’alliance, un Dieu passionné d’amour pour l’humanité entière. Il fait sans cesse le premier pas vers nous. Les gens qui étaient rassemblés autour de Josué avaient bien compris que l’abandonner serait pire tue tout. Et pourtant, les générations suivantes ont fini par se détourner de lui. Elles se sont tournées vers les dieux païens. Et c’est encore ce qui se passe dans notre monde actuel.

La lettre de saint Paul (2ème lecture) a pu nous dérouter ou en tout cas nous faire sourire. Et pourtant, elle nous adresse un appel de la plus haute importance : quand l’apôtre Paul nous dit : “soyez soumis les uns aux autres”  ça ne veut pas dire “obéissez comme des esclaves” mais “soyez un soutien les uns pour les autres”. Cette qualité de relation prend sa source dans la manière dont Jésus est allé jusqu’au don total pour ses frères et sœurs en humanité. C’est auprès de lui que les couples trouvent la force d’aimer comme lui et avec lui. Cela ne sera possible que s’ils choisissent de le suivre et de s’attacher à ses paroles.

Paul présente l’Église comme “l’épouse du Christ”. Beaucoup se disent déçus par elle et finissent par la quitter l’Église c’est quitter le Christ. Notre monde a besoin de vrais témoins de l’amour qui est en Dieu. En voyant des chrétiens unis et généreux, les gens pourront dire : “C’est ça l’Église”.

L’Évangile vient nous rappeler que notre seule référence c’est le Christ. Tout au long de ces dernières semaines, nous avons écouté le discours sur le Pain de Vie. À travers ces paroles déroutantes, Jésus cherchait à conduire ses auditeurs plus loin et plus haut, vers le Royaume du Père. Mais beaucoup de ceux qui le suivaient l’ont abandonné. Nous l’avons entendu : “Le pain que je donnerai c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie… qui mange ma chair et boit mon sang a la Vie éternelle.” Cela, les gens ne l’ont pas accepté. Que Jésus leur parle de manger sa chair et de boire son sang était intolérable.

Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous y croyons ; c’est notre foi, sinon nous ne serions pas là. La foi des disciples et la nôtre est un don de Dieu : “Nul ne peut venir à moi si mon Père ne l’attire. Cela ne veut pas dire que certains sont choisis et d’autres pas. Dans son immense amour, Dieu nous appelle tous. C’est à tous qu’il fait le don de la foi. Ce don, nous l’avons tous reçu. Mais Dieu ne s’impose pas. Il attend de nous une réponse libre et personnelle.

Chaque dimanche, nous nous rassemblons en église pour célébrer ce don de Dieu et rendre grâce. Comme Pierre, nous pouvons dire : “Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la Vie éternelle.” Nous sommes loin des paroles accusatrices qui font mourir. Jésus vient nous révéler un Dieu qui ne cherche qu’à nous combler de son amour. Ses paroles sont une bonne nouvelle pour nous et pour notre monde. Lui seul donne un sens à notre vie. Même si sa façon de faire et ses paroles nous dépassent, nous nous en remettons à son amour. Nous voulons nous laisser guider par lui.

Les textes bibliques de ce dimanche sont un appel à la foi ; nous faisons confiance aux paroles de Jésus qui a dit : “Ceci est mon Corps livré pour vous.” Nous lui faisons confiance parce qu’il est “le chemin, la vérité et la vie.” Ce mystère dépasse notre raison mais il n’est pas absurde. La foi soutient et prolonge notre intelligence sans la nier. Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique. Ce dernier a été “livré aux mains des hommes”. À  Noël, c’était le corps fragile d’un petit bébé livré aux soins de Marie et Joseph. Au cours de la Passion le Vendredi Saint, c’est le corps blessé d’un condamné, livré à la cruauté des hommes pécheurs.

Aujourd’hui, c’est dans l’hostie consacrée que Jésus continue à se livrer pour nous. Il se donne à nous comme notre serviteur et notre nourriture par amour pour nous et pour le monde. Il aime chacun d’un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Il attend de nous que nous nous laissions bouleverser par lui, que nous lui rendions “amour pour amour.”

C’est de cela que nous avons à témoigner dans le monde : “Quand le prêtre dit à l’Assemblée “Allez dans la Paix du Christ”, il signifie que le temps de la mission est là. Les chrétiens sont envoyés en mission pour témoigner de la Bonne Nouvelle du Salut offert à tous.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, l 18 août 2024