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10.04.2025 – VÊPRES À NOTRE-DAME DE PARIS
10.04.2025 – CHAPELET À LOURDES
13.04.2025 – HOMÉLIE DU DIMANCHE DES RAMEAUX – LUC 22,14-71.23,1-56

D’acclamations en abandons
Évangile selon saint Luc 19, 28-40
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot
Il y a un dicton qui dit : c’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses amis, qui souligne la superficialité de certaines de nos relations. Peut-être avez-vous déjà pu vérifier qu’à mesure que s’accumulent les problèmes, on est de moins en moins soutenu, de plus en plus délaissé. Quand le malheur s’abat sur quelqu’un, il se trouve dans son entourage des gens pour lui tourner le dos, ou se défiler quand il sollicite de l’aide.
Ce que nous célébrons aujourd’hui n’est pas seulement le dimanche des Rameaux – l’acclamation triomphale du Christ à son entrée à Jérusalem – c’est le dimanche des Rameaux et de la Passion. Notre célébration est plus tragique que joyeuse : elle va de la joyeuse entrée de Jésus à sa mort, abandonné de presque tous. Il y a un terrible contraste entre les deux Évangiles que nous venons de lire.
Luc nous présente ici un récit très construit. Si on en fait l’exégèse, on constate qu’il est abondamment truffé de citations de l’Ancien Testament. Le propos est ici de dire que l’histoire de Jésus correspond en tous points à celle du Messie annoncé : à la fois roi triomphal et serviteur souffrant. Voilà pour la théologie derrière les textes.
Quant au contexte, vous le savez, il est particulièrement tendu. La terre de Judée est sujette à de fréquentes révoltes que les Romains redoutent plus que tout. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à écraser dans le sang le moindre soulèvement de foule, comme lors de la révolte de Judas le Galiléen, à Séphoris, la ville proche de Nazareth, alors que Jésus était adolescent, où deux mille révoltés ont été crucifiés par les Romains. Jésus et ses contemporains ont vu l’horreur, la violence extrême de l’occupant. Les temps sont apocalyptiques et messianiques. Tous les textes de l’époque montrent un désespoir profond et l’attente d’un libérateur. Les fêtes religieuses juives – comme ici la Pâque – sont pour Rome des rassemblements très sensibles. Le procurateur – Ponce Pilate – monte alors de Césarée, au bord de la mer où il réside habituellement, et vient en personne superviser le maintient de l’ordre à Jérusalem. C’est dire la fébrilité des troupes. Qu’à cette occasion, un Juif entre dans la ville, acclamé par une foule comme un roi, on comprend qu’il se fasse immédiatement arrêter. Pilate ne peut pas courir le risque d’une sédition. C’est d’ailleurs le chef d’accusation qu’il fera inscrire sur la croix : le fait que le Christ ait été acclamé comme roi des Juifs. Du point de vue romain, l’entrée triomphale de Jésus sous l’acclamation des rameaux signe d’emblée son arrêt de mort.
Dès lors, c’est le malheur et l’opprobre qui s’abattent sur Jésus et la peur qui s’installe parmi ses disciples. Les foules se retournent : elles ne crient plus « Hosanna ! » mais « Crucifie-le ! ». Presque tous ses proches l’abandonnent. Beaucoup s’enfuient. Pierre le renie vigoureusement. Au pied de la croix, il ne reste plus que sa mère, un tout jeune disciple et quelques femmes.
Le malheur, et a fortiori la mort, font fuir les gens. Tous ceux qui ont vu un jour leur vie s’effondrer ont vu aussi leur univers social se réduire, souvent drastiquement. La solitude de la personne souffrante est quelque chose de réel. Quand, pour les autres, nous ne représentons plus l’espérance, alors ils sont nombreux à nous délaisser. Et, au moment de la mort, ne restent bien souvent à nos côtés que ceux qui nous aiment d’un amour emprunt d’éternité. Voilà la base du dicton : « C’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses amis » : quand, dans la souffrance, la déchéance et même la mort, il ne reste plus auprès de nous que ceux dont l’amour est indéfectible.
Pour le Christ pourtant, ce dicton n’est pas vrai. Il continue à considérer comme amis ceux qui l’on rejeté, renié, abandonné ; ceux qui ont appelé à sa crucifixion et ceux qui l’ont effectivement tué. Alors qu’il agonise et malgré leur trahison, il continue à les aimer, à les considérer comme ses amis, à prier pour eux. Il n’abandonne pas ceux qui l’abandonnent, au contraire il maintient éternel l’amour qu’il éprouve pour eux.
Méditons un instant sur cette attitude de Jésus qui, s’avançant vers une mort certaine, voit même ses plus fidèles amis l’abandonner, la profonde tristesse qui s’ajoute à l’angoisse qu’il ressent, le terrible sentiment de solitude de celui qu’ils acclamaient tous, il y a quelques jours encore, comme un roi libérateur. Pourtant son amour n’a pas changé.
Dans sa Passion selon saint Matthieu, Jean-Sébastien Bach a ajouté une scène qui ne se trouve pas dans les Évangiles où, après l’avoir renié, Pierre croise le regard de Jésus que l’on emmène en prison. Peut-être connaissez-vous ce superbe aria intitulé « Erbarme dich, mein Gott » où Pierre supplie le Christ de lui pardonner son reniement : « Seigneur prends pitié, vois mes larmes ! Vois mon cœur et mes yeux qui pleurent amèrement devant toi. » Bach ne présente pas la réponse de Jésus. Tout son art consiste à la laisser deviner dans les larmes de Pierre.
A la maison, quand nous glisserons nos brins de rameaux derrière nos crucifix, pensons au sens profond du geste que nous accomplissons, qui signifie : je veux être de ceux qui amènent leur brin d’espérance au pied de toutes les croix, de celles qui en amour veulent rester fidèles jusqu’à la fin, qui n’abonnent pas un ami qui souffre, fut-il rejeté de tous.
Ce n’est pas tant la présence de rameaux bénis qui protège nos maisons que l’intention dont ces branches témoignent. Poser un brin de buis sur un crucifix c’est dire : Seigneur, en amour, je veux t’être fidèle jusqu’au bout.

Source : RÉSURGENCE.BE, le 9 avril 2025
13.04.2025 – HOMÉLIE DU DIMANCHE DES RAMEAUX – LUC 22,14-71.23,1-56

Ensemble,
acclamons le Christ qui se donne
Homélie par l’Abbé Jean Compazieu
Textes bibliques : Lire
L’évangile des Rameaux proclamé avant la procession d’entrée nous a rapporté des paroles qui donnent à réfléchir : “Quelques pharisiens qui se trouvaient dans la foule dirent à Jésus : “Maître, arrête tes disciples !” Mais Jésus leur répondit : “Je vous le déclare, s’ils se taisent, les pierres crieront.” Voilà donc cette foule à laquelle nous nous joignons pour acclamer le Christ. Mais aujourd’hui, nous voyons qu’elle n’est pas unanime. Il y en a toujours quelques uns pour récriminer.
Cette foule rassemblée autour du Seigneur rend grâce pour tous les miracles qu’elle a vus. Elle reconnaît en Jésus “celui qui vient au nom du Seigneur.” Mais certains estiment que c’est trop et ils lui demandent d’arrêter ses disciples. Aujourd’hui, nous pouvons nous poser la question : Est-il possible d’en faire trop pour le Seigneur ? Si nous lisons les évangiles et l’histoire de l’Église, nous remarquons que ce reproche revient régulièrement : Marie verse un parfum précieux sur les pieds de Jésus. Alors Judas fait remarquer qu’avec l’argent correspondant, on aurait pu servir les pauvres. Le curé d’Ars qui vivait très pauvrement se procurera les ornements et les objets sacrés les plus beaux pour le culte. Ce ne sont là que quelques exemples parmi bien d’autres.
Rien n’est trop beau pour Dieu. Nous n’avons pas à nous retenir quand il s’agit de lui rendre grâce pour les merveilles qu’il accomplit. Nous n’en ferons jamais trop pour lui. Quelquefois, on entend parler de “programme minimum” pour la télévision ou les services publics et nous savons combien cela peut être décevant. Dans notre relation avec le Seigneur, cela ne doit pas exister car lui-même s’est donné totalement, jusqu’au sacrifice de sa vie sur une croix.
Aujourd’hui, nous entrons dans la grande semaine sainte. Nous allons suivre jusqu’à son sacrifice sur la croix. Comprenons bien : C’est notre vie qui est clouée à la croix avec lui ? Notre vie avec ses peines, ses souffrances et ses péchés que le Christ a pris sur lui. “C’était nos péchés qu’il portait dans son corps sur le bois”. Un jour il a dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. C’est ce don total du Christ que nous allons célébrer tout au long de cette semaine Sainte.
Alors n’ayons pas peur d’en faire trop pour Celui qui n’a pas mesuré son amour pour nous. Ne nous retenons pas pour chanter les louanges du Seigneur. Nous sommes tous attendus pour les célébrations du Jeudi Saint, Vendredi Saint, veillée pascale et dimanche de Pâques. Rejoignons tous les vivants qui tombent à genoux et qui proclament : « Jésus Christ est Seigneur pour la gloire de Dieu le Père. » Et que notre liturgie vécue tout au long de cette semaine nous affermisse dans la foi.
Seigneur, nous voulons être là avec la foule pour te louer et pour te glorifier. Nous ne voulons pas être seulement des spectateurs. Tu es vraiment le Roi qui vient au nom du Seigneur ! Tu mérites notre louange pour toutes les grandes choses que tu as faites et que tu fais encore. Tu mérites notre reconnaissance éternelle pour tout ce que tu as fait pour nous. Accorde-nous ta grâce, que nous chantions sans cesse tes louanges non seulement par des mots mais également par nos actions.

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 6 avril 2025
10.04.2025 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE
10.04.2025 – MESSE À LOURDES
Redevenir comme un enfant devant Jésus et Marie

Redevenir comme un enfant devant Jésus et Marie
Il faut d’abord rappeler, souligne Dom Ludovic Lécuru (1), que la sainteté est la vocation de tous les baptisés, puisque nous recevons au baptême l’Esprit Saint qui nous rend saints.
Dès lors, les enfants sont appelés à la sainteté autant que les adultes. Il y a chez eux un sens du surnaturel plus instinctif que chez les grandes personnes. Cette capacité de l’enfant à voir le surnaturel est quelque chose que l’adulte perd à mesure qu’il grandit, qu’il se met à voir les choses de façon pragmatique, matérielle… Ce n’est pas pour rien que Jésus dit : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux » (Mt 18, 3). Les paroles du Christ sont claires ! Avoir le sens de l’invisible est une caractéristique de la sainteté. Je me souviens d’un petit garçon de 3 ans qui, téléphonant à sa grand-mère, avait embrassé le portable pour lui dire au revoir. Voilà qui prouve que, pour les enfants, tout est dans l’instant présent.
- Comment, en tant qu’éducateur, guider les enfants vers la sainteté ?
En étant persuadé que là où il y a plus de sainteté, il y a plus d’humanité. L’enfant, de façon mystérieuse, sait ce qui est important dans une église. Si vous montrez une statue de la Vierge Marie en lui disant : « C’est la Vierge Marie », il comprend et le croit. Réalise-t-on à quel point il est fondateur pour un enfant de reconnaître à 2 ans qui est Jésus, la Sainte Vierge, saint Joseph ? L’éveil spirituel n’a pas de limites, mais il a un début : n’attendons pas que l’enfant soit au catéchisme, ne mettons pas non plus de conditions…
Quand une maman tient son enfant dans les bras dans une église, lui montre le tabernacle et la lumière qui indique que Jésus est là, quelle incidence sur l’âme de chacun ! Ici encore, c’est l’évidence du surnaturel chez les enfants qui les prédispose à comprendre les choses saintes. Un autre exemple : le signe de croix. Un enfant n’a pas de problème à le faire, alors qu’un adulte, très rationnel, n’osera pas vraiment, surtout s’il y a du monde.
L’enfant a besoin d’apprendre. Or, ses parents sont pour lui ceux qui l’aiment, le protègent, ceux dont il dépend entièrement. Ils sont comme Dieu. « Dans la paternité et la maternité responsables, Dieu est présent », disait Jean-Paul II. L’éducation à la sainteté commence à la maison, entre papa et maman.
Dom Ludovic Lécuru
Extrait d’une entrevue avec l’hebdomadaire France catholique
Dom Lécuru est moine bénédictin à l’abbaye de Saint-Wandrille
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
10.04.2025 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
10.04.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Michel des Saints (+ 1624)
Trinitaire déchaussé
Miguel de los Santos naît à Vich, en Catalogne (Espagne), le 29 septembre 1591. Cet enfant de bénédiction méprisa le monde avant de le connaître et dès sa plus tendre jeunesse, il fait le vœu de chasteté perpétuelle.
À l’âge de six ans, pressé du désir de marcher sur les traces des Saints, il courut se cacher dans une caverne. Il s’y livrait à de pieuses méditations sur les souffrances de Notre-Seigneur, lorsqu’il fut découvert et obligé à revenir chez lui. En rentrant sous le toit paternel, Michel ne diminua en rien la sévérité du genre de vie qu’il s’était proposé de suivre. Il jeûnait trois fois la semaine, couchait sur des sarments, n’avait qu’une pierre pour oreiller et prenait fréquemment la discipline. Ses mortifications étaient si rigoureuses qu’on a peine à comprendre comment un âge aussi tendre a pu les supporter.
Michel n’avait que douze ans lorsqu’il prit la ferme résolution d’embrasser l’état religieux. Il se rendit à Barcelone et se présenta chez les Trinitaires qui l’admirent au noviciat. Dès qu’il eut atteint l’âge fixé par les canons de l’Église, il fit ses vœux, le 30 septembre 1607.
Peu de mois après, il apprit que le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception venait d’entreprendre la réforme de l’Ordre de la Sainte Trinité. Il se hâta d’aller se joindre aux fervents religieux qui secondaient le zélé réformateur. Il se distingua bientôt par son ardeur à pratiquer la Règle primitive de l’institut que les réformés observaient dans toute sa rigueur.
Sa fidélité aux moindres observances était si grande que jamais on ne put le trouver en défaut sur aucun point de la Règle. Il ne possédait qu’une seule tunique, ne buvait jamais de vin et passait quelquefois une semaine entière sans prendre aucune nourriture. Il donnait très peu de temps au sommeil, et passait le reste de la nuit dans la contemplation des choses célestes.
On a écrit qu’il passait des heures et des heures agenouillé devant le Saint-Sacrement à la chapelle et qu’il fut souvent favorisé d’extases et de visions célestes pendant qu’il célébrait les saints mystères. Mais quelles que soient les consolations célestes que saint Michel des Saints goûta dans les exercices de piété, il savait s’en arracher pour remplir les devoirs imposés par la charité. Il passait un temps considérable au confessionnal, dévoué tout entier au service des âmes.
Aux yeux de tous, de son vivant même, il a paru être un véritable Saint. On l’appelait : « la fleur des Saints », d’où provient sans doute le nom de Michel des Saints que lui connaît la postérité. Son mérite le fit choisir par deux fois pour gouverner des maisons de son Ordre.
Il est mort âgé de trente-trois ans, le 10 avril 1625.
Miguel de los Santos a été canonisé le 8 juin 1862 par le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878).
Saint Michel des Saints priez pour nous !
