01.06.2025 – HOMÉLIE DU 7ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 17,20-26

Présence invisible de l’amour

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Évangile selon saint Jean 17, 20-26

Dans d’autres pays, c’est aujourd’hui que l’on fête l’Ascension. En Belgique nous l’avons célébrée jeudi. Ce qui nous donne ce dimanche « entre deux », puisque dimanche prochain ce sera la Pentecôte. Un dimanche tellement « entre deux » qu’on peut se demander pourquoi soudainement ce coup de mou, de blues, ce grand retour en arrière au moment tragique de Pâques.

En effet, je ne sais si vous l’avez remarqué mais l’Évangile que nous venons de lire nous revoie à l’instant de la Passion : on est après le lavement des pieds et Judas vient de sortir pour trahir. Jésus sait qu’il mourra bientôt de cette trahison. Nous avons lu ce texte, il y a quelques semaines déjà, pour célébrer le Jeudi saint. C’est un extrait de ce merveilleux discours que l’on appelle la Prière sacerdotale de Jésus, (Jean 17) qui confie ses disciples à son Père, d’une manière particulièrement touchante, avant de consentir au sacrifice de la croix.

Cet Évangile, c’est presque le testament du Christ avant sa mort. Un simple prière d’abandon qui demande au Père de veiller sur ceux qui auront la foi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi » rapporte le texte.

On est au point où l’incarnation de Dieu se trouve impuissante, au seuil de la Passion. Non seulement il ne reste que la foi mais, à ce moment précis, il ne reste que la foi du Christ ! C’est lui qui supplie Dieu. Les disciples, eux, sont endormis.

Si l’Évangile que nous venons de lire évoque le point où l’incarnation de Dieu devient impuissante – la Passion, donc –, l’Ascension c’est le point où l’incarnation de Dieu devient invisible.

L’Ascension, c’est certes le Christ qui accomplit la voie vers Dieu, qui arrive pour nous aux cieux, qui nous montre le chemin. Mais l’Ascension signifie aussi l’ultime impuissance de l’incarnation : la présence de Dieu disparaît définitivement du regard des disciples. Et l’Esprit Saint – qui est une autre présence – ne leur a pas encore été donné. Il ne le reste plus que la foi.

Pour le dire autrement, entre Ascension et Pentecôte, la présence incarnée du Christ passe totalement dans l’ordre du souvenir. Il y a comme un flottement de l’incarnation de l’Esprit de Dieu sur Terre, une suspension …

Dans quel état seriez-vous – dans quel état sont les gens – quand leur plus grand amour n’est plus qu’un souvenir ? Qu’il est désormais perdu de vue …

Il y a en effet quelque chose du tragique de la passion qui se rejoue aujourd’hui, entre Ascension et Pentecôte : le Christ, cette présence incarnée de l’amour divin, s’est évanoui dans le ciel, il échappe désormais à notre regard. L’amour divin se dissipe, nous sommes à cet instant où nous ne le voyons plus et ce n’est pourtant pas tragique.

En effet, nous ne sommes pas tristes ; les disciples ne sont pas tristes, effondrés par cette « disparition définitive du Christ visible », leur ami, leur maître … parce ce qu’il y a eu des apparitions du Ressuscité. La puissance résurrectionnelle, cet élan qui nous pousse à toujours en confiance nous relever, au fur et à mesure que nous la voyons à l’œuvre, porte notre foi.

Il y a comme une prise en étau de la liturgie de Pâques entre le Jeudi saint et aujourd’hui, que symbolise cette reprise de la Prière sacerdotale de Jésus. On est passé, entre deux, de l’espoir qui s’effondre en présence du Christ – la Passion – à l’espoir qui se maintient en son absence – l’Ascension.

Un autre moment particulier des lectures de ce dimanche, et qui n’est pas sans lien avec ce moment de l’Évangile, est la présence du jeune Paul, qui s’appelait alors encore Saul, au martyre d’Étienne.

Clairement, Étienne – le premier martyr chrétien – est ici présenté comme un autre Christ. Remplacez « Étienne » par « Jésus » et « lapidation » par « crucifixion » et vous avez un nouveau récit de la Passion. « Seigneur, reçois mon esprit » ; « Seigneur, ne leur compte pas ce péché » : ce sont des répliques des paroles du Christ en croix. Et là, devant ce premier chrétien qu’on martyrise comme le Christ, il y a ce jeune homme, Saul, qui recevra bientôt la plénitude de l’Esprit-Saint.

Encore une fois, ce que nous présente ce récit est tragique sans l’être totalement. Du fait, précisément, que nous connaissons la conversion de Paul. Pour Étienne qui meurt, il ne reste que la foi : il ne sait pas que celui qui le regarde mourir deviendra apôtre, un champion de l’amour de Dieu. Pour Étienne, il ne reste que le tragique de la foi seule.

Mais, pour nous, la présence de Saul, indique en creux, cette folle espérance du don de l’Esprit-Saint, celle du retour en Paul de l’amour divin incarné qui était précisément la foi d’Étienne et le propos de sa prière. La présence du futur Paul au martyre d’Étienne signifie clairement pour nous la présence d’un invisible espoir – précisément, ce qu’est la foi seule. On retrouve la tonalité du jour, ce tragique de l’absence que recouvre une espérance invisible qui l’atténue radicalement.

Pour nous, c’est essentiel. C’est penser qu’au delà de toute souffrance, au-delà du sentiment de manquer d’amour, voire au-delà du sentiment ultime d’abandon, il reste une plénitude d’amour à l’œuvre, qu’on ne voit pas et qui va s’incarner dans le vide que l’on perçoit. On retrouve ici toute la mécanique du deuil.

La foi, c’est maintenir au plus profond de son absence visible, la présence invisible de l’amour.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RÉSURGENCE.BE, le 28 mai 2025

01.06.2025 – HOMÉLIE DU 7ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 17,20-26

Unis dans la prière

Homélie par le Père Jean Compazieu

Textes biblique : lire


Entre l’Ascension et la Pentecôte, les textes bibliques nous invitent à la prière. C’est la seule attitude qui convient à des disciples qui attendent la venue de l’Esprit Saint. L’Évangile nous montre Jésus lui-même qui va prier pour nous. Nous nous tournons vers lui en ouvrant nos mains et nos cœurs. Le but de la prière c’est de nous mettre en état de réceptivité au don que Dieu veut nous faire.

La première lecture est tirée du livre des actes des apôtres ; elle nous montre la prière d’Étienne, le premier martyr. Il a suivi Jésus jusqu’au bout sans renoncer à sa foi, même devant la menace. Il n’a pas renié le Christ glorifié. Sa prière est pour nous un modèle de confiance. Il meurt en contemplant la gloire du Christ au ciel. En écoutant ce témoignage, nous pensons aux très nombreux martyrs d’aujourd’hui. Leur vie et leur mort nous interpellent : qu’avons-nous fait de notre baptême ? Le Seigneur nous rejoint pour nous combler de son amour ; mais trop souvent, nous sommes ailleurs.

Avec la deuxième lecture, nous avons une deuxième prière. C’est celle de toute l’Église au Christ vainqueur de la mort du péché. Nous avons là un message d’espérance adressé à des chrétiens persécutés. Quoi qu’il arrive, rien ni personne ne peut empêcher le Christ de vouloir nous associer à sa victoire. Avec lui, c’est un monde nouveau qui est en train de naître, un monde rempli de l’amour qui est un Dieu. Il faut que cette bonne nouvelle nous remplisse de joie et de confiance malgré les épreuves de la vie. Jésus est à jamais vivant. Nous le supplions : “viens”. Cette prière est déjà exaucée. Mais elle ne le sera pleinement que dans la gloire du Royaume.

Avec l’Évangile, nous avons une troisième prière. C’est une prière qui nous fait entrer dans l’intimité de Jésus avec son Père. Tout au long des Évangiles, nous voyons que le Christ a régulièrement éprouvé ce besoin de se retirer pour prier, pour être avec le Père. Il y passait de longues heures, surtout au moment des décisions les plus importantes.

Mais sa prière d’aujourd’hui à une intensité particulière. Jésus prie pour tous les hommes qu’il est venu sauver. Il est presque parvenu au terme de sa mission. Dans quelques heures il entrera dans sa Passion. Il sera arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Sa prière d’aujourd’hui vient ressaisir tout ce qu’il a fait pour le remettre entre les mains du Père. C’est tous les hommes du monde entier qu’il porte dans ses mains pour les offrir au Père. À travers ses paroles, on sent que Jésus veut prendre soin, encore, de l’humanité. Il veut qu’elle soit unie dans l’amour qu’il est venu inaugurer.

Jésus confie d’abord au Père ses apôtres. Sa Passion sera pour eux une difficile épreuve, un difficile combat de la fidélité. Il prie pour eux et pour ceux qui recevront leur témoignage : “qu’il soit UN en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.” Des communautés divisées sont un contre témoignage qui dit le contraire de Dieu. La prière de Jésus est une prière vraiment universelle parce qu’elle englobe tous les hommes de tous les temps. Elle est aussi universelle que sa mission de sauveur, mission qu’il a confiée à ses disciples et à nous aujourd’hui.

Cette insistance de Jésus sur l’unité entre les hommes qu’il aime est très importante pour nous aujourd’hui. C’est un appel à faire grandir la fraternité, le partage, la solidarité. Nous sommes tous des enfants de Dieu. Toute atteinte à la communion blesse ce salut qui nous a offert. Ceux qui ne partagent pas notre foi nous regardent vivre. Comment témoigner d’un Dieu amour s’il n’y a pas cet amour dans notre vie ? Nos divisions entre chrétiens nous apparaissent encore plus intolérables lorsque nous entendons cette parole du Christ.

Tout au long de ces derniers jours qui nous préparent à la Pentecôte, l’heure est donc à la prière. Le Christ nous veut tous avec lui. Il compte sur nous pour adhérer à son désir qui est aussi celui du Père. Viens Seigneur Jésus ! Envoie-nous ton Esprit Saint ! Qu’il vienne affermir notre foi notre espérance et notre charité. Qu’il vienne nous faire vivre de l’amour du Père.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN. ORG, le 25 mai 2025

Seigneur, l’Ascension de ton Fils est notre propre élévation ! Prière du Père Ludovic Lécuru

Seigneur, l’Ascension de ton Fils est notre propre élévation !

Seigneur, l’Ascension de ton Fils est notre propre élévation. Notre nature humaine participe réellement à ta Vie divine. 

Notre vie terrestre a son prolongement au ciel où nous sommes attendus par les saints et les anges. C’est là où nous vivons en espérance. 

 Seigneur, Tu disparais à nos regards sans que nous cessions d’acclamer ton Nom élevé au-dessus de tout nom. Comme les disciples, nous sommes remplis d’une grande joie car Tu ne nous laisses jamais seuls : Tu nous promets l’Esprit Saint, force d’en haut qui nous enseignera tout. Jésus, affermis la foi de notre famille comme Tu as affermis celle des apôtres pendant quarante jours. 

 Avant de passer de ce monde à ton Père, Tu leur as annoncé la venue de l’Esprit promis, afin qu’ils annoncent l’Évangile : fortifie notre témoignage de foi, d’espérance et de charité. 

Jésus ressuscité, Tu nous envoies témoigner de ta Présence dans le monde.
Nous voici pour mettre nos pas dans tous ceux qui nous ont précédés dans la foi. 

Notre vie, nous la vivons en marchant avec confiance. 
Dissipe nos doutes, éteins notre ignorance. 

En nous rendant attentifs aux plus petits, en nous laissant guider par l’Esprit Saint, 
accorde à notre famille d’être un signe de Ta présence dans le monde. 

Ainsi soit-il. Amen

Père Ludovic Lécuru est depuis 1988, il avait alors 25 ans, Moine Bénédictin à l’Abbaye Saint-Wandrille, près de Rouen et exerçait la charge d’hôtelier à l’Abbaye. Depuis 2010, il est vicaire à Larchmont, près de New York, après avoir été vicaire de la paroisse de Sanary-sur-Mer dans le Var (83).

Les 5 premiers samedis du mois en réparation des 5 blasphèmes contre Marie

Les 5 premiers samedis du mois en réparation des 5 blasphèmes contre Marie

Jeudi 29 mai 1930 au soir, à la chapelle de Couvent de Tuy (1), Sœur Lucie de Fatima (2), faisait comme à l’accoutumée l’heure sainte, de 23 heures à minuit, selon les demandes du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial. Une présence divine lui révéla qu’il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :

Les blasphèmes contre l’Immaculé Conception ; les blasphèmes contre sa virginité ; les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes ; les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de notre Mère Immaculée ; et les offenses de ceux qui l’outragent directement dans les saintes images.

Voilà pourquoi, en réparation de ces cinq blasphèmes contre sa Très Sainte Mère, Notre Seigneur Jésus-Christ nous demande la dévotion réparatrice les cinq premiers samedis du mois, réclamée par le Seigneur et sa Mère en 1925. « Ils veulent donner la grâce du pardon aux âmes qui ont eu le malheur d’offenser le Cœur Immaculé de Marie, au moyen de cette petite dévotion », explique Sœur Lucie.

« La Très Sainte Vierge promet aux âmes qui chercheront à lui faire réparation de cette manière, de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour se sauver. La dévotion consiste à recevoir la sainte communion le premier samedi durant cinq mois consécutifs, à dire un chapelet et à tenir compagnie à Notre Dame durant quinze minutes, en méditant les Mystères du Rosaire, et à se confesser, avec la même intention. La confession pourra être faite un autre jour ».

L’équipe de Marie de Nazareth

(1) Petite localité espagnol

(2) Portugal

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

29.05.2025 – SAINT DU JOUR

St Paul VI

St Paul VI
Pape (262e) de 1963 à 1978

Giovanni Battista Enrico Antonio Maria Montini, naît le 26 septembre 1897 à Concesio, près de Brescia en Italie ; il est baptisé le 30 septembre. Issu d’une famille catholique, Giovanni Battista est le fils de Giorgio Montini et de Giuditta Alghisi. 
Giorgio Montini prend la direction du journal catholique de la ville de Brescia, ‘Il Cittadino di Brescia’. Représentant, dans sa province, du Mouvement catholique (Movimento cattolico), il fonde des ‘cuisines économiques’, un dortoir Saint-Vincent pour accueillir les déshérités, et un « Secrétariat du peuple » destiné à donner des conseils juridiques et administratifs aux paysans et aux ouvriers.
Giuditta Alghisi est originaire de Verolavecchia, un village situé au sud de Brescia. Ayant perdu ses parents très jeune, elle est placée sous l’autorité d’un tuteur et envoyée dans un pensionnat religieux à Milan. Elle épouse Giorgio Montini, le 1er août 1895, quinze jours à peine après sa majorité. Elle meurt en mai 1943 quelques mois après son mari (janvier 1943).

Giovanni Battista a deux frères : l’aîné, Lodovico, devint sénateur, et Francesco, médecin.
Comme le veut la coutume pour les familles bourgeoises de Brescia, il est confié à une nourrice. C’est Clorinda Zanotti, une mère de quatre enfants vivant à Sacca di Nave (près de Concesio), qui s’occupe de lui pendant quatorze mois.
En 1902 il commence sa scolarité au collège Cesare Arici de Brescia, tenu par des jésuites. Il fréquente également en parallèle la congrégation ‘Santa Maria della pace’, inspirée par Philippe Néri.
De santé fragile, il est contraint de suspendre sa scolarité au bout de deux ans. Sa mère le fait alors étudier à la maison. L’année suivante (en 1905) il reprend l’école. Ses études, quoique décousues, sont assez brillantes, si bien que ses camarades le surnomment ‘le bûcheur’. 
Il doit suspendre à nouveau ses études en 1910, toujours pour des raisons de santé. Ses parents décident alors de le retirer définitivement du collège et de lui faire donner des cours particuliers, afin qu’il puisse présenter l’examen de fin d’études secondaires en candidat libre.
Dès le collège, il rejoint l’association Manzoni, du nom de l’auteur italien Alessandro Manzoni, qui rassemblait des élèves et des étudiants catholiques. En 1913, il présente un examen d’études secondaires au lycée d’État de Chiari puis passe son bac en juin 1916. Il entre au séminaire à la rentrée suivante.

Après une retraite spirituelle qu’il doit interrompre à cause de la chaleur, Montini est ordonné prêtre le 29 mai 1920. Une dérogation avait dû lui être accordée du fait de son âge, le Code de droit canonique disposant alors que le candidat devait avoir vingt-quatre ans révolus.
Il célèbre sa première messe le lendemain dans le sanctuaire de Santa Maria delle Grazie.
L’état de santé de Don Montini ne lui permettant pas de lui voir confier la charge d’une paroisse, son évêque Mgr Gaggia décide de l’envoyer à Rome, où il arrive le 10 novembre 1920, pour compléter ses études. Il y étudie dans deux universités : à la Grégorienne (chez les jésuites) et à la Sapienza (Université d’État, laïque). 

Dès 1921 il fait ses premiers pas au Vatican où il fait une carrière ecclésiastique brillante et rapide. Montini se lie d’amitié avec les grandes personnalités intellectuelles du temps : Jean Guitton, Maurice Zundel, Jacques Maritain… Par ailleurs il affiche des positions antifascistes au moment de la signature des accords du Latran. Au moment de la guerre, Montini condamne nazisme et fascisme et protège les juifs et les réfugiés. Après la guerre, il fait preuve d’audace en politique intérieure italienne comme au niveau de l’Église. Le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958), classique, l’éloigne de Rome en le faisant archevêque de Milan. À la mort de Pie XII, saint Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli, 1958-1963) est élu pape. Il crée aussitôt Montini cardinal et ouvre le concile Vatican II. 

L’élection de Montini, le 21 juin 1963, est marquée du sceau de l’évidence : les cardinaux savent qu’il poursuivra le concile, il connaît les rouages romains et possède une expérience pastorale… Celui qui choisit le nom de Paul – l’apôtre des païens – est surtout le premier pape « moderne » qui ne s’arc-boute pas contre le progrès, la diversité des cultures et des religions, la mondialisation qui ne dit pas encore son nom. Ce pape s’adresse non seulement aux catholiques, mais plus largement encore aux chrétiens, aux croyants, aux hommes de bonne volonté.
Il donne quatre priorités qui définissent tout le sens de son pontificat : 
définir la nature de l’Église et le rôle des évêques ;
rénover l’Église ;
favoriser l’unité des chrétiens par l’échange et le pardon ;
relancer le dialogue avec le monde contemporain.

Pendant et après le Concile, Paul VI multiplie des voyages à grande portée symbolique et pastorale. Il se rend en pèlerinage à Jérusalem, où il rencontre de nombreuses personnalités, dont le patriarche Athénagoras qu’il verra à plusieurs reprises. Aux États-Unis, il prononce à l’ONU son fameux « plus jamais la guerre ». En Amérique latine, il encourage l’Église à prendre position en faveur des plus pauvres. Son encyclique ‘Populorum progressio’ paraît à ce moment.
Enfin, dans le domaine interreligieux, Paul VI noue des contacts avec des responsables comme le Dalai Lama et d’autres personnalités du monde bouddhiste et musulman. Il sait aussi garder une ligne intransigeante : celui du célibat des prêtres et celui de la régulation des naissances avec l’encyclique ‘Humanae vitae’ pour le respect de la vie humaine (1968). 
En 1969 il se rend au Conseil œcuménique des Églises, en Suisse. Enfin il écrit l’exhortation apostolique ‘Evangelii nuntiandi’ qui annonce déjà le style propre de saint Jean-Paul II. 

Âgé de 80 ans et souffrant d’arthrose, Paul VI vit ses derniers jours presque toujours allongé.
Il est victime d’une crise cardiaque en fin d’après-midi le 6 août 1978 dans la résidence d’été de Castel Gandolfo et meurt quatre heures plus tard, à 21h00, le jour de la Transfiguration du Christ.
Il est inhumé le 12 août 1978 et enterré, selon ses souhaits, dans les grottes du Vatican après une cérémonie d’un extrême dépouillement, qui a lieu sur le parvis de la Basilique Saint-Pierre.

Paul VI a été béatifié dans la matinée du 19 octobre 2014, à l’occasion de la messe solennelle de clôture du ‘Synode extraordinaire sur la famille’. La cérémonie a été présidée par le pape François (Jorge Mario Bergoglio), en présence du pape émérite Benoît XVI (Joseph Aloisius Ratzinger, 2005-2013) et de nombreux cardinaux et évêques, présents à l’occasion du Synode. 
La béatification a été célébrée devant 70 000 fidèles venus des cinq continents. Au cours de la cérémonie, est présentée aux fidèles une relique de Paul VI : un vêtement taché de sang lorsque le pontife échappa à une tentative d’assassinat en 1970.

Il a été canonisé le 14 octobre 2018 par le pape François.
La commémoration liturgique de saint Paul VI a été fixée au 29 mai, date de son ordination sacerdotale, au calendrier romain général (décret du 6 février 2019).

Pour approfondissements :
>>> Angelus/Regina Cœli, Audiences, Biographie, Constitutions Apostoliques, Discours, Encycliques, Exhortations Apostoliques, Homélies, Lettres, Lettres Apostoliques, Messages, Motu Proprio, Voyages

Sources principales : croire.com/ ; jesuismort.com/ ; pelerin.com/ (« Rév. x gpm »).

Saint Paul VI priez pour nous !

29.05.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,46-53. 

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »
Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »
Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.
Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.
Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.
Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

carme, fondateur de Notre Dame de Vie

Le mystère de l’Église (Je veux voir Dieu, éd. du Carmel, 1949 ; p. 661-662)

Entraînés dans le mouvement d’amour du Christ

La plénitude du Christ descend sur chacun d’entre nous. Nous recevons sa grâce qui nous fait participer à sa filiation divine et à tous ses privilèges. Nous sommes fils et héritiers du Père comme lui ; nous sommes prêtres et rois avec lui. (…) Notre participation au Christ n’est pas seulement réceptive, mais elle est active. Le Christ montant au Père a envoyé l’Église dans le monde, comme son Père l’avait envoyé, pour prêcher, baptiser et sauver. La vie qu’il répand est amour. Cet amour, parce que bien diffusif de soi, est toujours en marche pour de nouvelles conquêtes. Ceux qu’il a envahis sont entraînés aussi dans son mouvement et deviennent des instruments de son action, des canaux de la vie qu’il répand. Telle est l’Église dont le Christ est la tête : « C’est par lui que le corps entier, joint et uni par tous les liens qui le desservent, chaque membre gardant d’ailleurs son opération propre, réalise sa croissance organique et monte comme un édifice dans la charité. » (Ep 4,16 Vg) Telle est la pensée de Dieu qui se réalise progressivement, mais sûrement, malgré tous les obstacles, à travers les siècles. C’est la grande réalité, le fait qui domine l’histoire des peuples et du monde. Elle est la fin et la raison de toutes choses. Aussi, lorsque le Christ total sera parvenu « à l’état d’homme parfait, à la mesure de la taille qui convient au complément du Christ » (Ep 4,13 Vg), la figure de ce monde passera et la réalité apparaîtra : celle du Christ « en qui Dieu a déployé la force de son bras lorsqu’il l’a ressuscité d’entre les morts et fait asseoir à sa droite, au-dessus de toute principauté, de toute puissance, de toute autorité », en qui il a réalisé son dessein en le donnant « comme tête à l’Église qui est son corps », et en assurant « l’achèvement de celui qui n’est totalement parfait qu’avec ses membres » (Ep 1,20-23 Vg).

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 1,1-11. 

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença,
jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis.
C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.
Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche :
alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.
Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs,
qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Psaume 47(46),2-3.6-7.8-9. 

R/ Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor (Ps 46, 6)

Tous les peuples, battez des mains, 
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, 
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, 
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre : 
que vos musiques l’annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens, 
Dieu est assis sur son trône sacré.

Lettre aux Hébreux 9,24-28.10,19-23. 

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu.
Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ;
car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice.
Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés,
ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.
Frères, c’est avec assurance que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire grâce au sang de Jésus :
nous avons là un chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ; or, ce rideau est sa chair.
Et nous avons le prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu.
Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure.
Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis.

Prière au matin de l’Ascension du Cardinal Godfried Danneels

Le PéruginPolyptyque de San Pietro, 1496–1500

Prière au matin de l’Ascension du Cardinal Godfried Danneels

« Seigneur Jésus, quand Tu es monté au ciel, les anges disaient aux Onze :

« Ne restez pas là à regarder vers le ciel ! ».

Mais quinze jours auparavant,

Près du tombeau, ces mêmes anges n’avaient-ils pas dit aux femmes :

« Ne regardez pas vers le bas ! Il n’est pas ici. Il est ressuscité » ?

Les anges seraient-ils capricieux qu’ils changent aussi vite d’idée ?

Que faire Seigneur Jésus : regarder en bas vers la terre, ou en haut, vers le ciel ?

Vers les deux, nous dis-Tu :

«  Je suis au ciel, regardez donc en haut, vers moi, et priez.

Mais je suis aussi sur terre dans tous les pauvres, les petits, les malades et les pécheurs.

Il vous reste tant à faire en bas, pour eux et pour moi.

Provisoirement du moins ».

Seigneur Jésus, fais nous regarder vers le ciel, sans oublier la terre, et inversement.

Car tout ce que nous faisons sur terre à ceux qui sont tiens c’est à toi que nous le faisons. »