30.05.2025 – SAINTE DU JOUR

Ste Jeanne d'Arc

Sainte Jeanne d’Arc
« La Pucelle d’Orléans »
Patronne secondaire de la France 

Sainte Jeanne d’Arc montre d’une manière particulièrement éclatante combien Dieu se plaît à choisir les plus faibles instruments pour l’accomplissement des plus grandes choses.

Jeanne d’Arc naît à Domrémy, dans la Lorraine actuelle, le 6 janvier 1412 ; ses parents, Jacques d’Arc et Isabelle Romée, étaient des cultivateurs faisant valoir leur petit bien. La première parole que lui apprit sa mère fut le nom de Jésus ; toute sa science se résuma dans le Pater, l’Ave, le Credo et les éléments essentiels de la religion. Elle se confessait et communiait très régulièrement ; tous les témoignages contemporains s’accordent à dire qu’elle était « une bonne fille, aimant et craignant Dieu », priant beaucoup Jésus et Marie. Son curé put dire d’elle : « Je n’ai jamais vu de meilleure chrétienne, et il n’y a pas sa pareille dans toute la paroisse. »

La France était alors à la merci des Anglais et des Bourguignons, leurs alliés ; la situation du roi Charles VII était désespérée. Jeanne avait treize ans quand l’Archange saint Michel lui apparut une première fois, vers midi, dans le jardin de son père et lui donna des conseils pour sa conduite. Il lui déclara que Dieu voulait sauver la France par elle. Les visions se multiplièrent ; l’Archange protecteur de la France était accompagné de sainte Catherine et de sainte Marguerite, que Dieu donnait à Jeanne comme conseillères et comme soutien.

Jusqu’ici la vie de Jeanne est celle d’une pieuse bergère ; elle va devenir celle d’une guerrière vaillante et inspirée ; elle avait seize ans quand le roi Charles VII, convaincu de sa mission par des signes miraculeux, lui remit la conduite de ses armées. Bientôt Orléans est délivrée, les Anglais tremblent et fuient devant une jeune fille. Quelques mois plus tard, le roi est sacré à Reims.

Jeanne fut trahie à Compiègne, vendue aux Anglais, et après un long emprisonnement, où elle subit de nombreux outrages, elle fut condamnée et brûlée à Rouen (30 mai 1431). 

Jeanne d’Arc a été béatifiée le 18 avril 1909, par saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914), et proclamée sainte le 16 mai 1920 par le pape Benoît XV (Giacomo della Chiesa, 1914-1922).

Sainte Jeanne d’Arc a été déclarée Patronne secondaire de la France par un Bref du pape Pie XI, le 2 mars 1922.

 Pour approfondir, lire la Catéchèse du pape Benoît XVI :
>>>  Sainte Jeanne d’Arc

Sources principales : Abbé L. Jaud (Vie des Saints…) ; vatican.va (« Rév. x gpm »).

Sainte Jeanne d’Arc priez pour nous !

Jeanne d’Arc : « Je suis venue de par Dieu et de par la Vierge Marie »

Jeanne d’Arc : « Je suis venue de par Dieu et de par la Vierge Marie »

– « Savez-vous être en la grâce de Dieu ? » demande-t-on à Jeanne (1) au cours de son procès. – « C’est grande chose, répliqua-t-elle, de répondre à telle demande ! » – « Oui, c’est grande chose,» dit un des assesseurs, le théologien Fabri ;« l’accusée n’est pas tenue de répondre. »

– « Vous feriez mieux de vous taire ! » cria alors Cauchon avec colère à Fabri. – « Savez-vous être en la grâce ? » répéta l’interrogateur. – « Si je n’y suis, Dieu m’y mette ! Et si j’y suis, Dieu m’y garde ! »

Ils restèrent tous muets et baissèrent la tête. Mais on continua à l’interroger : – « Dites-nous si vous vous en rapportez à la détermination de l’Église ? » – « Je m’en rapporte à Notre-Seigneur qui m’a envoyée, à Notre Dame et à tous les benoîts saints et saintes de Paradis. Et m’est avis que c’est tout un de Notre-Seigneur et de l’Église, et qu’on n’en doit point faire de difficulté. Pourquoi fait-on difficulté que ce soit tout un ? »

– « Il y a l’Église triomphante, où sont Dieu, les saints, les anges et les âmes sauvées. L’Église militante, c’est notre Saint-Père le pape, vicaire de Dieu en terre, les cardinaux, les prélats de l’Église et le clergé, et tous bons Chrétiens et catholiques. Laquelle Église bien assemblée ne peut errer et est gouvernée du Saint-Esprit. Voulez-vous vous en rapporter à l’Église militante, à savoir celle qui est ainsi déclarée ? »

– « Je suis venue au roi de France de par Dieu, de par la Vierge Marie et de tous les benoîts saints et saintes de paradis, et l’Église victorieuse de là-haut, et de leur commandement. Et à cette Église-là je soumets tous mes bons faits, et tout ce que j’ai fait ou à faire. »

– « Savez-vous si sainte Catherine et sainte Marguerite haïssent les Anglais ? » – « Elles aiment ce que Notre-Seigneur aime et haïssent ce que Dieu hait. » – « Dieu hait-il les Anglais ? » – « De l’amour ou haine que Dieu a pour les Anglais, ou de ce que Dieu fera à leurs âmes, je ne sais rien. Mais je sais qu’ils seront boutés hors de France, excepté ceux qui y mourront ; Et que Dieu enverra victoire aux Français, et contre les Anglais. »

Jeanne d’Arc

Procès (Tome I, p. 65; ibid. Tome III, p. 153,163,175, p. 162,166,174-176)

(1) Sainte jeanne d’Arc (vers 1412-1431)

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

30.05.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,20-23a. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.


Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Théodore le Studite (759-826)

moine à Constantinople

Catéchèse (Les Grandes Catéchèses, coll. Spiritualité orientale n° 79, trad. F. de Montleau, éd. Bellefontaine, 2002, p. 326-328 ; rev.)

« Votre peine se changera en joie » (Jn 16,20)

Vous le savez bien par vous-mêmes, les peines enfantent le repos et, assurément, aux afflictions succèdent les joies, les gémissements allaitent les plaisirs de l’âme et les étroits défilés donnent naissance aux libres espaces, la faim et les jeûnes, les gorges serrés produisent les chœurs éternels, la soif et les salives brûlantes font, comme dit le Seigneur, sourdre cette eau pour la vie éternelle (Jn 4,14). Et pour vous rapporter aussi les paroles du saint psalmiste David : « Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent dans l’allégresse » (Ps 125,5). « Puisque donc vous savez ces choses, bienheureux êtes-vous », selon qu’il est écrit, « si vous les mettez en pratique » (cf. Mt 7,24), mais « l’insensé ne les connaîtra pas et l’homme sans intelligence ne les comprendra pas » (Ps 91,7). (…) Oui, vous êtes prudents et sensés, sages et intelligents, capables de réfléchir et, à cause de cela, vous avez atteint certaines des vertus, pour les autres vous les atteignez, et, ajouterai-je, vous n’avez pas fini de les atteindre. Demeurons donc fermes dans le combat, mes frères, et continuons à épuiser les fosses de la persévérance. Et je le sais, nous porterons couronne, nous habiterons le ciel et nous serons plein de joie dans ce lieu qu’ont fui douleur, tristesse et gémissements (cf. Is 35,10 ; 51,11). Munissez-vous de force, munissez-vous de puissance et que la lampe de votre ardeur brille, nourrie de cette huile qu’est la force d’âme (cf. Mt 25, 8-12).

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 18,9-18. 

À Corinthe, une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence.
Je suis avec toi, et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter, car dans cette ville j’ai pour moi un peuple nombreux. »
Paul y séjourna un an et demi et il leur enseignait la parole de Dieu.
Sous le proconsulat de Gallion en Grèce, les Juifs, unanimes, se dressèrent contre Paul et l’amenèrent devant le tribunal,
en disant : « La manière dont cet individu incite les gens à adorer le Dieu unique est contraire à la loi. »
Au moment où Paul allait ouvrir la bouche, Gallion déclara aux Juifs : « S’il s’agissait d’un délit ou d’un méfait grave, je recevrais votre plainte à vous, Juifs, comme il se doit.
Mais s’il s’agit de débats sur des mots, sur des noms et sur la Loi qui vous est propre, cela vous regarde. Être juge en ces affaires, moi je m’y refuse. »
Et il les chassa du tribunal.
Tous alors se saisirent de Sosthène, chef de synagogue, et se mirent à le frapper devant le tribunal, tandis que Gallion restait complètement indifférent.
Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe. Puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et d’Aquila. À Cencrées, il s’était fait raser la tête, car le vœu qui le liait avait pris fin.

Psaume 47(46),2-3.4-5.6-7. 

R/ Dieu est le roi de toute la terre. (Ps 46, 8a)

Tous les peuples, battez des mains, 
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, 
le grand roi sur toute la terre.

Celui qui nous soumet des nations, 
qui tient des peuples sous nos pieds ;
il choisit pour nous l’héritage, 
fierté de Jacob, son bien-aimé.

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, 
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

01.06.2025 – HOMÉLIE DU 7ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 17,20-26

Présence invisible de l’amour

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Évangile selon saint Jean 17, 20-26

Dans d’autres pays, c’est aujourd’hui que l’on fête l’Ascension. En Belgique nous l’avons célébrée jeudi. Ce qui nous donne ce dimanche « entre deux », puisque dimanche prochain ce sera la Pentecôte. Un dimanche tellement « entre deux » qu’on peut se demander pourquoi soudainement ce coup de mou, de blues, ce grand retour en arrière au moment tragique de Pâques.

En effet, je ne sais si vous l’avez remarqué mais l’Évangile que nous venons de lire nous revoie à l’instant de la Passion : on est après le lavement des pieds et Judas vient de sortir pour trahir. Jésus sait qu’il mourra bientôt de cette trahison. Nous avons lu ce texte, il y a quelques semaines déjà, pour célébrer le Jeudi saint. C’est un extrait de ce merveilleux discours que l’on appelle la Prière sacerdotale de Jésus, (Jean 17) qui confie ses disciples à son Père, d’une manière particulièrement touchante, avant de consentir au sacrifice de la croix.

Cet Évangile, c’est presque le testament du Christ avant sa mort. Un simple prière d’abandon qui demande au Père de veiller sur ceux qui auront la foi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi » rapporte le texte.

On est au point où l’incarnation de Dieu se trouve impuissante, au seuil de la Passion. Non seulement il ne reste que la foi mais, à ce moment précis, il ne reste que la foi du Christ ! C’est lui qui supplie Dieu. Les disciples, eux, sont endormis.

Si l’Évangile que nous venons de lire évoque le point où l’incarnation de Dieu devient impuissante – la Passion, donc –, l’Ascension c’est le point où l’incarnation de Dieu devient invisible.

L’Ascension, c’est certes le Christ qui accomplit la voie vers Dieu, qui arrive pour nous aux cieux, qui nous montre le chemin. Mais l’Ascension signifie aussi l’ultime impuissance de l’incarnation : la présence de Dieu disparaît définitivement du regard des disciples. Et l’Esprit Saint – qui est une autre présence – ne leur a pas encore été donné. Il ne le reste plus que la foi.

Pour le dire autrement, entre Ascension et Pentecôte, la présence incarnée du Christ passe totalement dans l’ordre du souvenir. Il y a comme un flottement de l’incarnation de l’Esprit de Dieu sur Terre, une suspension …

Dans quel état seriez-vous – dans quel état sont les gens – quand leur plus grand amour n’est plus qu’un souvenir ? Qu’il est désormais perdu de vue …

Il y a en effet quelque chose du tragique de la passion qui se rejoue aujourd’hui, entre Ascension et Pentecôte : le Christ, cette présence incarnée de l’amour divin, s’est évanoui dans le ciel, il échappe désormais à notre regard. L’amour divin se dissipe, nous sommes à cet instant où nous ne le voyons plus et ce n’est pourtant pas tragique.

En effet, nous ne sommes pas tristes ; les disciples ne sont pas tristes, effondrés par cette « disparition définitive du Christ visible », leur ami, leur maître … parce ce qu’il y a eu des apparitions du Ressuscité. La puissance résurrectionnelle, cet élan qui nous pousse à toujours en confiance nous relever, au fur et à mesure que nous la voyons à l’œuvre, porte notre foi.

Il y a comme une prise en étau de la liturgie de Pâques entre le Jeudi saint et aujourd’hui, que symbolise cette reprise de la Prière sacerdotale de Jésus. On est passé, entre deux, de l’espoir qui s’effondre en présence du Christ – la Passion – à l’espoir qui se maintient en son absence – l’Ascension.

Un autre moment particulier des lectures de ce dimanche, et qui n’est pas sans lien avec ce moment de l’Évangile, est la présence du jeune Paul, qui s’appelait alors encore Saul, au martyre d’Étienne.

Clairement, Étienne – le premier martyr chrétien – est ici présenté comme un autre Christ. Remplacez « Étienne » par « Jésus » et « lapidation » par « crucifixion » et vous avez un nouveau récit de la Passion. « Seigneur, reçois mon esprit » ; « Seigneur, ne leur compte pas ce péché » : ce sont des répliques des paroles du Christ en croix. Et là, devant ce premier chrétien qu’on martyrise comme le Christ, il y a ce jeune homme, Saul, qui recevra bientôt la plénitude de l’Esprit-Saint.

Encore une fois, ce que nous présente ce récit est tragique sans l’être totalement. Du fait, précisément, que nous connaissons la conversion de Paul. Pour Étienne qui meurt, il ne reste que la foi : il ne sait pas que celui qui le regarde mourir deviendra apôtre, un champion de l’amour de Dieu. Pour Étienne, il ne reste que le tragique de la foi seule.

Mais, pour nous, la présence de Saul, indique en creux, cette folle espérance du don de l’Esprit-Saint, celle du retour en Paul de l’amour divin incarné qui était précisément la foi d’Étienne et le propos de sa prière. La présence du futur Paul au martyre d’Étienne signifie clairement pour nous la présence d’un invisible espoir – précisément, ce qu’est la foi seule. On retrouve la tonalité du jour, ce tragique de l’absence que recouvre une espérance invisible qui l’atténue radicalement.

Pour nous, c’est essentiel. C’est penser qu’au delà de toute souffrance, au-delà du sentiment de manquer d’amour, voire au-delà du sentiment ultime d’abandon, il reste une plénitude d’amour à l’œuvre, qu’on ne voit pas et qui va s’incarner dans le vide que l’on perçoit. On retrouve ici toute la mécanique du deuil.

La foi, c’est maintenir au plus profond de son absence visible, la présence invisible de l’amour.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RÉSURGENCE.BE, le 28 mai 2025