Le bienheureux Marcellin Champagnat appelait Marie « notre ressource ordinaire »

Le bienheureux Marcellin Champagnat appelait Marie « notre ressource ordinaire »

Le Bienheureux Marcellin Champagnat, fondateur des Frères Maristes, avait une confiance sans borne en Marie qu’il appelait « Notre Ressource Ordinaire. » Le fait suivant le prouve.

C’était au retour d’une visite à un malade, entreprise à travers un ouragan de neige, qui avait fait disparaître tous les sentiers. Il était nuit noire, et le pauvre prêtre, accompagné d’un Frère, cheminait depuis deux heures, le visage cinglé par la bise, et la neige dans les yeux, lorsque les deux voyageurs, ayant perdu toute notion des lieux, furent contraints d’errer à l’aventure, sans autre guide que la Providence.

Après quelques minutes, le Frère est si visiblement exténué, que l’abbé Champagnat est obligé de le soutenir ; mais raidi par le froid et presque étouffé par la neige, celui-ci se sent lui-même défaillir et s’arrête : « Mon ami, dit-il, nous sommes perdus si la Sainte Vierge ne vient à notre aide. Invoquons-la, et remettons notre vie entre ses mains. »

Pendant qu’il parlait, le Frère s’était laissé choir comme une masse inerte. Alors Marcellin Champagnat s’agenouille près de lui dans la neige, et récite le « Souvenez-vous ». Il essaye ensuite de relever son compagnon, et, péniblement, ils avancent de quelques pas. Tout-à-coup une lumière apparaît dans la nuit, à une faible distance. Ils se traînent dans la direction de cette lueur, qui leur présage le salut. C’était une cabane de bûcheron ; on les y reçoit pour la nuit ; ils étaient sauvés.

Marcellin Champagnat : Prêtre Mariste, Fondateur de l’Institut des Petits-Frères de Marie (1789-1840) par Mgr Laveille, p. 363.

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

06.06.2025 – SAINT DU JOUR

St Norbert

Saint Norbert
Archevêque, Fondateur de l’Ordre des Prémontrés 
(1080-1134)

Norbert, né en 1080, près de Cologne, fut engagé dès son jeune âge dans la cléricature ; mais il fréquentait plus la cour que l’Église et reculait devant les Ordres sacrés, afin de suivre la voie des plaisirs.

Il avait déjà trente-trois ans, quand, traversant à cheval une belle prairie, accompagné d’un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela car Norbert entendit une voix céleste lui dire : « Pourquoi me fuis-tu ? Je te destinais à édifier mon Église, et tu scandalises mon peuple. » En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à Dieu : « Seigneur, que demandez-vous de moi ? » Et la réponse à sa question lui fit comprendre qu’il devait quitter le monde et vivre dans la pénitence.

La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l’on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe.

Norbert obtint du Pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses œuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication : il marchait nu-pieds, même en plein hiver, au milieu de la neige, n’avait pour vêtement qu’un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent ; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement : on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités.

Cependant Dieu réservait à Norbert la gloire de fonder l’Ordre des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l’établir (Prémontré, près de Laon). Saint Augustin lui ayant apparu, une Règle d’or à la main, il comprit qu’il devait adopter pour son Ordre la règle de ce grand docteur. Il fut lui-même la règle vivante de ses frères.

En 1126, se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance : Norbert fut obligé d’accepter l’archevêché de Magdebourg, et il eut désormais, outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d’abondants fruits de salut. Rien, du reste, n’avait changé dans sa vie, et jusqu’à sa mort il mena dans son palais la vie d’un moine dans sa cellule.

Quelques abbayes de Prémontrés :
– Abbaye Notre-Dame de Leffe
– Abbaye Saint-Michel de Frigolet
– Abbaye Saint-Martin de Mondaye
– Abbaye de Pont-à-Mousson

Sources principales : Abbé L. Jaud (Vie des Saints…) ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).

Saint Norbert priez pour nous !

08.06.2025 – HOMÉLIE DU DIMANCHE DE LA PENTECÔTE – JEAN 14,15-16.23b-26

La maîtrise du feu

Évangile selon saint Jean 14, 15-16.23b-26

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Il y a des mots qui tuent et il y a des mots qui vivifient. Il y a des mots qui crucifient et il y a des mots qui ressuscitent. Il y a des mots qui blessent et il y a des mots qui guérissent. Il y a des mots poisons et il y a des mots remèdes.

J’ai rencontré des personnes détruites par des mots méprisants, par le manque de considération d’un proche, d’un parent – détruites d’avoir été rabaissées, voire humiliées par des paroles. A l’inverse, nous mesurons tous combien les encouragements, les mots bienveillants, les gestes tendres et les regards aimants nous portent. Il y des gens qu’un regard dévalorisant d’un proche a brisés. Il y a des gens auxquels un « je t’aime » a rendu la vie.

Dieu ne fait que ça : dire « Je t’aime ». « Tu as du prix à mes yeux, tu comptes beaucoup pour moi et je t’aime » nous dit-il dans le Livre du prophète Isaïe (43, 4). Vivre de la plénitude de l’Esprit Saint, c’est vivre embrasé de cet amour divin. Vous le savez, la culture juive aime évoquer des images concrètes pour décrire les réalités spirituelles. Les langues de feu dont nous parle le Livre des actes (2, 3) sont cette image concrète de ce qui se passe effectivement en eux : ils ont le cœur, le corps et l’esprit embrasés d’amour pour Dieu comme le sont les amoureux qui brûlent d’amour l’un pour l’autre.

Au-delà du coté passionnel de l’amour divin – et j’encourage tout le monde à ne jamais fermer la porte à la possibilité personnelle d’élans mystiques – au-delà du coté ‟cœur embrasé pour Dieu”, notre amour est aussi un amour raisonné et Paul nous le rappelle.

Sans doute s’en trouvera-t-il pour lever les yeux au ciel, lassés de l’entendre nous redire que « ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu » et que « si vous vivez selon la chair, vous allez mourir » … Et il faut reconnaître que, sur ces mots de Paul, l’Église a trop longtemps opposé le corps et l’esprit, dans un dualisme qui n’est finalement pas chrétien. C’est en effet corps et âme que nous serons sauvés !

Il reste que nous sommes appelés à la liberté et non à être esclaves de nos passions, ni de nos sentiments. Le chrétien, du fait précisément que sa religion est celle de l’amour, est celui qui gouverne ses passions, qui maîtrise spirituellement ses sentiments. La liberté est à ce prix. Si mon corps est là pour m’informer des désirs qui me traversent, c’est mon esprit qui décide. Ce ne sont pas mes sentiments qui me gouvernent. C’est moi qui, avec l’aide de l’Esprit Saint, veille à gouverner mes sentiments jusqu’au plus intime de mes passions. Avant d’être le moraliste que certains déplorent, Paul est ici avant tout l’ardent défenseur de notre liberté la plus intime.

Quand enfin, dans l’Évangile, le Christ nous dit que « l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout », c’est exactement ce qu’il signifie : depuis la Pentecôte, nous sommes munis de son Esprit, le seul capable de gouverner jusqu’au bout les passions. Il faut en effet une force d’esprit considérable pour ne pas se laisser emporter par la peur et la haine de ceux qui vous crucifient. C’est à mesure que nous nous laissons gagner par cet Esprit Saint qui maintient divinement l’amour en toutes circonstances, que nous réaliserons en nous l’incarnation divine, que nous comprendrons intimement, personnellement – dans la chair – qui est le Christ.

La Pentecôte c’est la célébration de la totale liberté d’esprit sur les sentiments, les désirs et les passions qui nous traversent. Non pas la négation ou le refoulement de ces désirs, mais leur maîtrise spirituelle. Cette totale liberté d’esprit s’obtient à mesure que nous laissons l’Esprit Saint, Esprit d’amour entre le Fils et le Père, s’incarner en nous.

La très belle séquence que nous venons de chanter – le Veni Sancte Spiritus – est la prière par excellence pour cet accomplissement : Viens Esprit Saint rejoindre mes peurs, mes colères, mes désirs désordonnés, mes troublantes envies, les divisions de mon cœur. Viens Esprit Saint quand je désespère, quand je sombre, quand je me laisse aller à ce qui m’enferme et m’emprisonne. Viens Esprit Saint rejoindre tous mes sentiments blessés, tout mon amour meurtri.

Viens Esprit Saint me rendre comme le Christ, toujours libre d’aimer, même au plus fort de la passion.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RÉSURGENCE.BE, le 4 juin 2025

08.06.2025 – HOMÉLIE DU DIMANCHE DE LA PENTECÔTE – JEAN 14,15-16.23b-26

Le don de l’Esprit Saint

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques (messe du jour) : Lire

Nous venons d’écouter le récit de la Pentecôte tel qu’il nous est rapporté par saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres. Il nous parle d’abord d’un violent coup de vent. Il fallait bien ce souffle pour secouer les esprits affligés et délier les langues muettes. Une pluie de feu était également nécessaire pour embraser les disciples glacés par la peur. Seul l’Esprit Saint pouvait faire sortir ces hommes traqués de leur refuge.

Avec l’Esprit Saint, nous avons tout le contraire d’une Église enfermée, repliée sur elle-même. Le pape François nous le disait à sa manière : “Une Église enfermée sent le renfermé.” Nous sommes donc poussés à sortir “sur les places et sur les parvis” y chercher tous les amis de Dieu. C’est important : tous les hommes sont des amis de Dieu. Il veut que tous soient sauvés. C’est pour eux que Jésus est mort sur une croix. Notre mission n’est pas de “faire croire” mais de témoigner de cette bonne nouvelle. Beaucoup le font jusqu’au martyre.

Ce qui est merveilleux en ce jour de Pentecôte c’est de voir toute cette foule rassemblée autour des apôtres. Chacun les entend dans sa langue maternelle. L’Évangile est pour tous les peuples ; il est offert aux adolescents comme aux scientifiques, aux banlieusards, aux ouvriers et aux paysans. Il est une bonne nouvelle qui les rejoint tous dans ce qu’ils vivent. Il s’adresse à eux avec le langage de l’amour. L’Esprit de Dieu c’est l’amour personnifié. Saint Jean nous le dit souvent dans ses lettres: “Dieu est amour”. C’est de cela que nous avons à témoigner. Dieu aime passionnément ce monde et il veut le sauver. L’année de la miséricorde voulue par le pape François nous invite à avoir ce regard miséricordieux de Dieu “sur nous et sur le monde entier”.

Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse aux chrétiens de Rome mais aussi à chacun de nous. Dans un premier temps, il évoque le sort pathétique de l’homme pécheur. Mais avec la présence de l’Esprit Saint en nous, tout est changé. Si nous nous laissons conduire par l’Esprit de Dieu, nous sommes vraiment des fils de Dieu. Ce n’est pas un Esprit qui fait de nous des esclaves et nous ramène vers la peur, mais un Esprit qui fait de nous des fils, des héritiers de Dieu, des héritiers avec le Christ. Bien sûr, il y aura des obstacles et des échecs. “Nous sommes tous esclaves de nos tendances mauvaises. Mais l’Esprit nous en libère et nous aide à pratiquer le bien. C’est ainsi que nous devenons véritablement libres.”

Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu les paroles de Jésus au soir du Jeudi Saint. Il annonce à ses disciples qu’il ne les laissera pas orphelins. Il leur enverra l’Esprit Saint. Mais avant toute chose, il leur demande de l’aimer et de garder ses commandements. Quand il parle de “commandements”, il ne s’agit pas de contraintes mais de paroles qui sont celles “de la vie éternelle”. L’Évangile de saint Jean distingue deux étapes de la révélation chrétienne : le temps de Jésus et le temps de l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint envoyé par le Père au nom de Jésus va tenir son rôle auprès de ceux qui l’aiment. Son rôle c’est “d’enseigner” toute chose. Il vient nous rappeler tout ce que le Christ a dit et fait. Mais ce n’est pas seulement un “aide-mémoire”. Le plus important c’est de prendre conscience de la portée des paroles et des gestes de Jésus pour notre monde d’aujourd’hui.

C’est important pour nous qui sommes envoyés pour annoncer l’Évangile. Il n’est pas question de répéter un message appris par cœur. Nous vivons dans un monde qui a beaucoup changé. L’Esprit Saint est la pour nous tous inviter à le rejoindre dans ce qu’il vit. Il vient nous rappeler que ce qui est premier ce n’est pas la recherche du confort, ni l’argent mais la personne. Dans un monde de meurtri par les guerres et les violences, il vient faire de nous des artisans de paix, de réconciliation et de communion fraternelle.

La Pentecôte nous invite à nous ouvrir à cet Esprit qui nous fait devenir des témoins et des messagers du Christ et de son message d’unité et de paix. C’est ce que nous dit la séquence de la fête d’aujourd’hui : « viens, Esprit Saint en nos cœurs… Assoupli ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid. Rends droit ce qui est faussé. »

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 1er juin 2025