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26.01.2026 – SAINTS DU JOUR

Sts Timothée et Tite

Saints Timothée et Tite

Évêques

Saint Timothée et saint Tite, compagnons de voyage et amis de saint Paul, furent choisis par l’Apôtre pour gouverner, l’un l’Église d’Éphèse et l’autre l’Église de Crète. Autrefois, le premier était fêté le 24 janvier et le second le 4 janvier.

Timothée, né à Lystres d’un père païen, fut, avec sa mère (Eunice) et sa grand-mère (Loïs), juives et croyantes, converti par saint Paul qui, sur la recommandation des prophètes de la communauté de Lystres, le prit comme compagnon de voyage. Saint Paul lui confia des missions près des communautés (Thessalonique, Macédoine, Corinthe) et l’utilisa comme secrétaire pour rédiger les épîtres. 

Après avoir partagé sa première captivité, il accompagna saint Paul jusqu’à ce que celui-ci lui demandât de rester à Éphèse dont il fut le premier évêque. Le corps de saint Timothée fut enterré près de celui de saint Jean, à Éphèse, où il resta jusqu’à ce qu’on le transportât à Constantinople (356).

Tite né dans le paganisme, aurait été, selon une ancienne tradition, de parents nobles, de la race royale de Minos, roi de Crète. Cette même tradition ajoute qu’il aurait fait de solides études en lettres profanes quand il aurait entendu une voix mystérieuse lui ordonnant de quitter son pays et de sauver son âme, ajoutant que la science profane des Grecs lui serait peu utile pour son salut. Il aurait attendu un an au bout duquel la même voix lui aurait dit de lire les Écritures des Hébreux. 

Son oncle, proconsul de Crète, ayant appris la naissance du Messie d’Israël, l’aurait envoyé à Jérusalem où il aurait connu le Seigneur qui l’aurait compté parmi ses soixante-douze disciples. Témoin de la vie publique de Jésus, de sa Passion, de sa Résurrection et de son Ascension, il aurait été consacré par les Apôtres et adjoint à saint Paul.

Plus probablement, on pense que Tite, né païen, fut converti par saint Paul qui, quatorze ans plus tard, l’ayant rencontré à Antioche, l’emmène jusqu’à Jérusalem où il assiste au fameux « concile » qui rejette la circoncision des païens. A partir de ce moment là, il accompagne saint Paul dans ses voyages et lui sert de messager, singulièrement vers les communautés de Corinthe et d’Éphèse. 

Après la première captivité de saint Paul, il aborda en Crète avec l’Apôtre qui l’y laissa jusqu’à ce qu’il l’envoie en Dalmatie. Après le martyre de saint Paul, Tite revint en Crète où, disent les byzantins, il mourut dans un âge très avancé (quatre-vingt-quatorze ans). Le corps de saint Tite resta dans la cathédrale de Gortyne jusqu’à ce que la cité fût détruite par les musulmans (823) ; on ne retrouva que la tête de Tite qui fut transportée à Venise où elle est vénérée à Saint Marc.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du pape Benoît XVI :

>>> Timothée et Tite

Sources principales : missel.free.fr ; vatican.va (« Rév. x gpm »).

Saints Timothée et Tite priez pour nous !

26.01.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9. 

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.


Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Benoît XVI

pape de 2005 à 2013

Audience générale du 13/12/2006 (trad. DC 2372, p. 61 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

Timothée et Tite : deux collaborateurs de Paul

      Trois lettres traditionnellement attribuées à Paul sont adressées à ses deux collaborateurs les plus immédiats : Timothée et Tite. Timothée est un nom grec qui signifie « celui qui honore Dieu ». Tandis que Luc, dans les Actes des Apôtres, le mentionne six fois, Paul, dans ses lettres fait référence à lui par dix-sept fois (en plus on trouve son nom une fois dans la Lettre aux Hébreux). On en déduit qu’aux yeux de Paul il jouissait d’une grande considération…       Quant à la figure de Tite, dont le nom est d’origine latine, nous savons qu’il était grec de naissance, c’est-à-dire païen (cf Ga 2,3). Paul l’amena à Jérusalem pour ce que l’on appelle le Concile apostolique (Ac 15 ; Ga 2), au cours duquel fut solennellement acceptée la prédication de l’Évangile aux païens… Après le départ de Corinthe de Timothée, Paul envoya Tite avec la mission de ramener à l’obéissance cette communauté indocile.       Si nous considérons ensemble les deux figures de Timothée et de Tite, nous nous rendons compte de certaines données très importantes. Le plus important est que Paul a recouru à des collaborateurs dans le déroulement de ses missions. Il demeure certainement l’Apôtre par excellence, fondateur et pasteur de nombreuses Églises. Il est cependant clair qu’il ne faisait pas tout tout seul mais il s’appuyait sur des personnes de confiance qui partageaient ses travaux et ses responsabilités. Une autre observation concerne la disponibilité de ces collaborateurs. Les sources concernant Timothée et Tite mettent bien en lumière leur empressement à assumer des tâches variées, consistant souvent à représenter Paul même en des occasions non faciles. En un mot, ils nous apprennent à servir l’Évangile avec générosité, en sachant que cela comporte aussi un service de l’Église elle-même… Par notre engagement concret, nous devons et nous pouvons… être nous aussi riches en œuvres bonnes et ainsi ouvrir les portes du monde au Christ, notre Sauveur.

LECTURES :

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,1-8. 

Paul, Apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, selon la promesse de la vie que nous avons dans le Christ Jésus,
à Timothée, mon enfant bien-aimé. À toi, la grâce, la miséricorde et la paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Seigneur.
Je suis plein de gratitude envers Dieu, à qui je rends un culte avec une conscience pure, à la suite de mes ancêtres, je lui rends grâce en me souvenant continuellement de toi dans mes prières, nuit et jour.
Me rappelant tes larmes, j’ai un très vif désir de te revoir pour être rempli de joie.
J’ai souvenir de la foi sincère qui est en toi : c’était celle qui habitait d’abord Loïs, ta grand-mère, et celle d’Eunice, ta mère, et j’ai la conviction que c’est aussi la tienne.
Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains.
Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération.
N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile.

Psaume 96(95),1-2a.2b-3.7-8a.9-10a. 

R/ Ton amour et ta fidélité sont avec lui, Seigneur. (Ps 88, 25a)

Chantez au Seigneur un chant nouveau, 
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire, 
à toutes les nations ses merveilles !

Rendez au Seigneur, familles des peuples, 
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.

Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté : 
tremblez devant lui, terre entière.
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »

À Bethléem, la restauration de la grotte de la Nativité va débuter

À Bethléem, la restauration de la grotte de la Nativité va débuter

Après six siècles, la restauration du berceau du christianisme, le lieu où Jésus est né, est désormais imminente. Une initiative qui réunit le Patriarcat grec-orthodoxe, la Custodie de Terre Sainte avec la collaboration fraternelle du Patriarcat arménien orthodoxe. Le projet est mené sous le patronage de la présidence de l’État de Palestine.

Cecilia Seppia – Cité du Vatican

S’il existe un lieu qui échappe à la latitude et à la longitude, c’est bien la grotte de la Nativité. Là où l’Enfant qui a changé l’histoire et le temps est venu au monde. Nichée dans les profondeurs de la basilique, à Bethléem, la grotte se prépare à sa première restauration depuis 600 ans. L’annonce a été faite conjointement par le Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem et la Custodie de Terre Sainte, qui ont exprimé leur joie pour cette initiative qui bénéficie également de la coopération du Patriarcat apostolique arménien orthodoxe et se déroule sous les auspices de la présidence de l’État de Palestine.

Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas lui-même, en visite à Rome les 5 et 6 novembre derniers, lors de sa rencontre avec le Pape Léon XIV et ensuite lors de l’inauguration de l’exposition Bethlehem Reborn, accueillie dans le complexe de l’église romaine San Salvatore in Lauro, avait fait référence à la reprise des travaux là où est né le Prince de la paix, la qualifiant de «signe de grand espérance et de renaissance pour toute la Terre Sainte». Ainsi, conformément au décret présidentiel sur la restauration du site déjà promulgué en 2024 et au statu quo historique qui régit les Lieux saints, ce lieu vénéré dans toute la chrétienté comme le siège de l’Incarnation, aura enfin ce dont il a besoin.

Le projet confié à une entreprise italienne

La restauration sera à nouveau confiée à l’entreprise italienne de Prato qui, il y a seulement deux ans, avait «sauvé» la basilique de la Nativité grâce à d’importants travaux de réhabilitation minutieux. Ce choix repose sur la nécessité de garantir la continuité de la méthode, du savoir-faire artisanal et de la sensibilité artistique à l’égard d’un site à la valeur sacrée sans pareille. Les préparatifs préliminaires, comme on peut le lire sur le site de la Custodie, sont terminés et les travaux sont sur le point de commencer. «La restauration, explique Giammarco Piacentidirecteur de l’entreprise de Prato, débutera fin janvier et concernera toutes les surfaces de la grotte, c’est-à-dire la roche nue, les sols en marbre, les colonnes, les décorations, l’étoile d’argent qui indique l’endroit précis où Jésus est né, la mosaïque, l’autel. Entre six et huit personnes, dont certaines locales, se relayeront sur le chantier. Nous avons formé de nombreux ouvriers depuis 2013, date à laquelle nous avons commencé à travailler en Terre Sainte», ajoute-t-il.

Outre les interventions dans la grotte, le projet comprend des mesures de consolidation technique dans les sections adjacentes, reflétant à la fois l’unité architecturale du sanctuaire et l’esprit de coopération qui le préserve pour l’humanité tout entière. Il est indéniable que les travaux de restauration apporteront également un soutien à de nombreuses familles de travailleurs engagés dans cet important projet et, par conséquent, à l’économie de Bethléem, mise à genoux par le conflit entre Israël et le Hamas et par l’arrêt des pèlerinages qui, aujourd’hui, au début de la «phase 2» du plan de paix de Donald Trump, reprennent lentement.

Sous le signe de l’unité

Un signe de renaissance donc, mais aussi un événement à portée œcuménique, qui voit la collaboration entre les Grecs orthodoxes et les Franciscains, gardiens de la Grotte: «Ce projet incarne un engagement chrétien unitaire visant à préserver le patrimoine spirituel, historique et culturel de la Sainte Grotte pour les générations futures, et à protéger la dignité d’un lieu où l’annonce chrétienne a pris une forme visible et où, au cours des siècles, les fidèles de toutes les nations se sont rassemblés en pèlerinage», renseigne la note de la Custodie.

C’est ici, en effet, que le mystère de l’Incarnation est entré dans l’histoire et que la confession chrétienne a pris son essor terrestre. «Restaurer ce lieu saint signifie préserver la continuité de la foi, de la mémoire et de la dévotion sur la terre de la Nativité. Grâce à cet effort collectif, les Églises de Jérusalem protègent l’héritage évangélique qui leur a été confié et garantissent que les fidèles de toutes les traditions puissent continuer à vénérer avec respect le lieu de naissance du Christ. Depuis Bethléem, la lumière de la Nativité continue d’illuminer le monde, témoignant de la présence chrétienne permanente en Terre Sainte et de l’espérance qui rayonne depuis la grotte sacrée où le Sauveur est né».

Source : VATICANNEWS, le 25 janvier 2026

25.01.2026 – ANGÉLUS À ROME

Angélus: vivre l’Évangile en toutes circonstances et en tous milieux

Avant de réciter son dernier Angélus du premier mois de l’année, Léon XIV a exhorté les 20 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre «à risquer la confiance» en Dieu à tout moment, de même qu’«à vaincre la tentation de s’enfermer» dans sa propre terre pour annoncer l’Évangile à tous les milieux. 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Quand et où Jésus a-t-il commencé à prêcher auprès de ses premiers disciples? s’est interrogé le Pape dans sa méditation dominicale du 25 janvier livrée depuis la fenêtre des appartements pontificaux. D’abord, l’indication temporelle nous apprend que le moment choisi «ne semble pas être le meilleur». Jean le Baptiste vient d’être arrêté. «C’est un moment qui suggérerait la prudence, mais c’est précisément dans cette situation sombre que Jésus commence à apporter la lumière de la bonne nouvelle: ‘’Le royaume des cieux est proche’’», a relevé le Souverain pontife dressant un parallèle avec nos vies personnelle et ecclésiale.

L’Évangile demande de risquer la confiance

«Parfois à cause de résistances intérieures ou de circonstances que nous ne jugeons pas favorables, nous pensons que ce n’est pas le bon moment pour annoncer l’Évangile, pour prendre une décision, pour faire un choix, pour changer une situation», a-t-il noté, pointant «le risque de rester bloqué dans l’indécision ou prisonnier d’une prudence excessive». Or, l’Évangile nous demande le risque de la confiance, a déclaré l’évêque de Rome, soulignant que «Dieu est à l’œuvre à tout moment et chaque moment est bon pour le Seigneur, même si nous ne nous sentons pas prêts ou si la situation ne semble pas être la meilleure».

“Dieu est à l’œuvre à tout moment et chaque moment est bon pour le Seigneur, même si nous ne nous sentons pas prêts ou si la situation ne semble pas être la meilleure.”

Dépasser les frontières de sa propre terre pour annoncer Dieu

Quant au lieu géographique retenu par Jésus pour débuter sa mission publique -de Nazareth, il s’établit à Capharnaüm-, Léon XIV a mis en relief son caractère cosmopolite.Jésus demeure donc en Galilée, un territoire habité principalement par des païens, qui, en raison du commerce, est aussi une terre de passage et de rencontres. «Nous pourrions dire un territoire multiculturel traversé par des personnes d’origines et d’appartenances religieuses différentes», a précisé le Pape américano-péruvien.

«L’Évangile nous dit que le Messie vient d’Israël, mais qu’il dépasse les frontières de sa propre terre pour annoncer le Dieu qui se fait proche de tous, qui n’exclut personne, qui n’est pas venu seulement pour ceux qui sont purs, mais qui, au contraire, se mêle aux situations et aux relations humaines», en déduit le Souverain pontife, exhortant ainsi tout chrétien à vaincre la tentation de se fermer: «L’Évangile doit en effet être annoncé et vécu en toutes circonstances et dans tous les milieux, afin qu’il soit levain de fraternité et de paix entre les personnes, entre les cultures, les religions et les peuples

“L’Évangile doit en effet être annoncé et vécu en toutes circonstances et dans tous les milieux, afin qu’il soit levain de fraternité et de paix entre les personnes, entre les cultures, les religions et les peuples.”

Source : VATICANNEWS, le 25 janvier 2026

Face aux défis de l’IA, le manifeste de Léon XIV pour un sursaut de l’humain

«Préserver les voix et les visages humains» est le thème choisi par le Pape Léon XIV pour la 60e journée mondiale des communications sociales qui aura lieu au printemps 2026.  

Face aux défis de l’IA, le manifeste de Léon XIV pour un sursaut de l’humain

L’Église catholique enrichit ses orientations et précise sa pensée sur la révolution de l’IA. Dans un dense message pour la 60e journée mondiale des communications sociales, paru le 24 janvier, fête de saint François de Sales, patron des journalistes, Léon XIV a évoqué l’immense défi anthropologique soulevé par les systèmes d’intelligence artificielle. Le Pape plaide pour une alphabétisation numérique d’ampleur afin d’y faire face sans voir se consumer la civilisation humaine sous nos yeux.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Préserver les voix et les visages humains. C’est en partant de l’identité incarnée de la personne humaine, caractéristique singulière et «sacrée», que Léon XIV a développé les enjeux anthropologiques sous-jacents à la révolution récente de l’IA, scrutée depuis plusieurs années au Vatican. Après de nombreuses prises de parole sur la technologie numérique, le Pape américain, diplômé en mathématiques et en philosophie, alerte dans ce texte sur le risque d’une modification radicale de certains des piliers fondamentaux de la civilisation humaine, en commençant par le niveau «le plus profond de la communication» qu’est celui de la relation entre les êtres humains. Car «nous ne sommes pas une espèce faite d’algorithmes biochimiques prédéfinis».

L’effondrement cognitif

Léon XIV cible d’abord le système de récompense émotionnelle intrinsèque aux réseaux sociaux alimentés par les algorithmes. Les expressions humaines qui nécessitent plus de temps, comme l’effort de compréhension et la réflexion, en sortent pénalisées. «En enfermant des groupes de personnes dans des bulles de consensus facile et d’indignation facile, ces algorithmes affaiblissent la capacité d’écoute et de pensée critique et augmentent la polarisation sociale», regrette le Pape, vilipendant de surcroît «la confiance naïve et acritique» dans l’intelligence artificielle, lorsqu’elle est considérée comme une «amie» omnisciente, dispensatrice de toutes les informations, archive de toutes les mémoires, «oracle» de tous les conseils. «Tout cela peut encore affaiblir notre capacité à penser de manière analytique et créative, à comprendre les significations, à distinguer la syntaxe de la sémantique», a-t-il ajouté.

“Ces algorithmes affaiblissent la capacité d’écoute et de pensée critique et augmentent la polarisation sociale.”

Créativité et génie humain, la grande régression

Ainsi, en dépit des nombreuses tâches d’assistance fournie par l’outil IA, se soustraire à l’effort de réflexion, «en se contentant d’une compilation statistique artificielle», risque bien à long terme d’éroder nos capacités cognitives, émotionnelles et communicatives. Léon XIV cite pour preuve le risque de démantèlement des industries créatives par une IA ayant pris le contrôle de la production de textes, de musique et de vidéos. L’homme devenant un simple consommateur passif «de pensées non réfléchies, de produits anonymes, sans paternité, sans amour»; tandis que les chefs-d’œuvre du génie humain dans le domaine de la musique, de l’art et de la littérature sont réduits «à un simple terrain d’entraînement pour les machines». Pour Léon XIV, renoncer au processus créatif et céder nos fonctions mentales et notre imagination aux machines revient aussi à enterrer les talents reçus afin de grandir en tant que personnes dans notre relation avec Dieu et les autres, revient «à cacher notre visage et à faire taire notre voix».

Être ou faire semblant: simulation des relations et de la réalité

Outre ce péril d’affadissement intellectuel, l’évêque de Rome met en garde contre les anthropomorphisations trompeuses des machines, autre terrain de vigilance. Léon XIV vise les «bots» (robots) et autres «influenceurs virtuels» particulièrement efficaces «dans la persuasion occulte», grâce à une optimisation continue de l’interaction personnalisée. «Cette anthropomorphisation, qui peut même être amusante, est en même temps trompeuse, surtout pour les personnes les plus vulnérables», souligne-t-il. «Les chatbots rendus excessivement ‘’affectueux’’, en plus d’être toujours présents et disponibles, peuvent devenir les architectes cachés de nos états émotionnels et ainsi envahir et occuper la sphère intime des personnes.»

Un très illusoire monde de miroirs

Exploitant le besoin humain, la technologie peut aussi nuire au tissu social, culturel et politique des sociétés. Cela se produit lorsque nous remplaçons nos relations avec les autres par des relations avec des IA entraînées à cataloguer nos pensées et donc à construire autour de nous un monde de miroirs, où tout est fait «à notre image et à notre ressemblance», alerte Léon XIV, déplorant cette perte de l’acceptation de l’altérité, sans laquelle il ne peut y avoir ni relation ni amitié.

“Des IA entraînées construisent autour de nous un monde de miroirs, où tout est fait à notre image et à notre ressemblance.”

Un autre défi majeur posé par ces systèmes émergents est celui du biais (en anglais bias), qui conduit à acquérir et à transmettre une perception altérée de la réalité. Les modèles d’IA façonnés par la vision du monde de ceux qui les construisent peuvent à leur tour imposer des modes de pensée en reproduisant les stéréotypes et les préjugés présents dans les données qu’ils exploitent. «Le manque de transparence dans la conception des algorithmes, associé à une représentation sociale inadéquate des données, tend à nous piéger dans des réseaux qui manipulent nos pensées et perpétuent et aggravent les inégalités et les injustices sociales existantes», détaille le Pape, pointant un pouvoir de simulation tel, qu’il puisse fabriquer «des réalités parallèles» en s’appropriant nos visages et nos voix. «Une multidimensionnalité» où il devient de plus en plus difficile de distinguer la réalité de la fiction.

À cela s’ajoute le problème du manque de précision. «L’absence de vérification des sources, associée à la crise du journalisme de terrain qui implique un travail continu de collecte et de vérification des informations sur les lieux où les événements se produisent, peut favoriser un terrain encore plus fertile pour la désinformation, provoquant un sentiment croissant de méfiance, de désorientation et d’insécurité», a soulevé Léon XIV, par ailleurs préoccupé par «le contrôle oligopolistique» des systèmes algorithmiques et d’intelligence artificielle.

Transparence et responsabilité sociale du secteur de l’IA

En étant conscients du caractère ambivalent de l’innovation numérique, le Pape appelle à ne pas la freiner mais à la guider selon trois piliers: la responsabilité, la coopération et l’éducation. Pour ceux qui sont à la tête des plateformes en ligne, cela signifie faire preuve de transparence et de responsabilité sociale en ce qui concerne les principes de conception et les systèmes de modération qui sous-tendent leurs algorithmes et les modèles développés, afin de favoriser un consentement éclairé de la part des utilisateurs.

La même responsabilité incombe aux législateurs nationaux et aux régulateurs supranationaux, aux entreprises des médias et de la communication. Léon XIV plaide ainsi pour que les contenus générés ou manipulés par l’IA soient signalés et distingués des contenus créés par des personnes. «La paternité et la propriété souveraine du travail des journalistes et des autres créateurs de contenu doivent être protégées».Et le Pape américain de rappeler que l’information est un bien public: «Un service public constructif et significatif» repose sur «la transparence des sources, l’inclusion des parties prenantes et un niveau de qualité élevé».

Alphabétiser à l’IA

Toutes les parties prenantes –de l’industrie technologique aux législateurs, des entreprises créatives au monde universitaire, des artistes aux journalistes, en passant par les éducateurs– doivent donc être impliquées dans la construction et la mise en œuvre d’une citoyenneté numérique consciente et responsable. C’est l’objectif de l’éducation et pour cette raison le Successeur de Pierre plaide pour l’alphabétisation médiatique et dans le domaine de l’IA à tous les niveaux.

Alors que certaines institutions civiles encouragent déjà cette prise de conscience, Léon XIV interpelle les catholiques sur leur contribution afin que les personnes –en particulier les jeunes– acquièrent la capacité de penser de manière critique et grandissent dans la liberté de l’esprit, mais aussi les personnes âgées et les membres marginalisés de la société.

Protéger son visage et sa voix

Concrètement, il s’agit d’éduquer à utiliser l’IA de manière intentionnelle, et dans ce contexte, de protéger son image (photos et audio), son visage et sa voix, pour éviter fraude numérique, cyberharcèlement, deepfakes, souligne-t-il, livrant les pistes d’approfondissement suivantes: comprendre comment les algorithmes modèlent notre perception de la réalité, comment fonctionnent les préjugés de l’IA, quels sont les mécanismes qui déterminent l’apparition de certains contenus dans nos flux d’informations, quels sont et comment peuvent changer les hypothèses et les modèles économiques de l’économie de l’IA.

«Tout comme la révolution industrielle exigeait une alphabétisation de base pour permettre aux gens de réagir à la nouveauté, la révolution numérique exige également une alphabétisation numérique», assure Léon XIV. Sans oublier son essentiel corollaire, la formation humaniste et culturelle.

Source : VATICANNEWS, le 24 janvier 2026

Certains vous disent : vous ne pouvez pas prier la Vierge Marie…

Certains vous disent : vous ne pouvez pas prier la Vierge Marie…

Certains vous disent : vous ne pouvez pas prier la Vierge Marie, toute bienheureuse qu’elle soit, parce qu’elle est morte. Et ceux qui sont morts ne peuvent rien faire. Notez bien la contradiction. Dans la vie, vous admettez bien que l’on puisse prier les uns pour les autres. Mais après la mort terrestre, plus rien !

N’avez-vous pas lu que sur le Mont Thabor, Jésus transfiguré s’entretient avec Moïse et Elie ? Et ne lisez-vous pas dans l’évangile que Jésus dit au bon larron : « Ce soir même tu seras au paradis avec moi » ?

Alors, Moïse, et Elie et le bon Larron oui, mais pas Marie la « comblée de grâces » ? Celle que toutes les générations doivent proclamer bienheureuse ne serait pas au ciel de Dieu, mais seulement le bon larron ? Et dans l’Apocalypse, ne serait-elle pas dans le cortège de ceux qui suivent l’Agneau partout où il va ?

Hervé Marie Catta. La Vierge Marie et les Protestants

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie