Un survivant du séisme au Venezuela : « La médaille miraculeuse m’a sauvé » (2)

Un survivant du séisme au Venezuela : « La médaille miraculeuse m’a sauvé » (2)

Coincé sous les décombres de son appartement suite au tremblement de terre du 24 juin 2026 au Vénézuela, Kamar Galíndez a descendu seul les décombres du bâtiment effondré. En prenant conscience de l’ampleur de la tragédie, qui a coûté la vie à des milliers de personnes en une fraction de seconde, il est convaincu que le fait d’en être sorti pratiquement indemne est un miracle, qu’il attribue à Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, à laquelle il a toujours été dévoué.

« Je portais une petite chaîne avec un crucifix et une minuscule médaille de la Vierge Miraculeuse. Parmi les objets que j’ai perdus, la chaîne s’est cassée, même si, bien sûr, je ne m’en étais pas rendu compte sur le moment », se souvient-il.

En arrivant chez lui , il a découvert que sa maison était  complètement détruite. Deux jeunes gens lui ont prodigué les premiers soins. Pendant qu’ils s’occupaient de lui, il a constaté  l’un de ces petits miracles qui revêtent une signification profonde pour quelqu’un animé d’une foi sincère. Il a demandé aux jeunes de l’aider à ranger sa montre dans l’une des poches de son short, car il avait dû l’enlever pour immobiliser son bras fracturé. Et c’est alors que l’inexplicable s’est produit :

« Je portais un short avec une petite poche à fermeture éclair, et quand j’ai regardé — ne me demandez pas d’où, ne me demandez pas comment — un morceau de la chaîne et la Médaille miraculeuse s’étaient coincés à l’intérieur. » « Bien sûr, j’ai dit au garçon : “S’il te plaît, range aussi cette petite médaille pour moi, car c’est elle qui m’a sauvé” », a-t-il raconté. « Je n’ai pas le moindre doute là-dessus. »

Beaucoup de gens n’ont pas réussi à sortir des décombres de l’hôtel. Pour Kamar Galíndez, le fait d’avoir survécu est l’œuvre de la miséricorde de Dieu, qui a écouté ses supplications à chaque instant et a exaucé sa demande pour une raison qu’il ignore encore.

« Dans la plus grande adversité, on commence à voir les choses en termes de ce qui est le plus élémentaire, car ce qui est le plus élémentaire devient impossible. Quand l’essentiel devient impossible et que l’on parvient malgré tout à y parvenir, on se dit : “Seul Dieu peut faire cela” », dit-il.

« Il y a un Dieu qui veille sur vous à ce moment-là, attentif à ce que vous lui demandez et à ce dont vous avez besoin. Que ce soit en vous libérant un bras ou en vous rappelant sa présence en laissant une petite médaille pendue à votre short », a-t-il expliqué.

Andrés Henríquez, le 9 juillet 2026

www.ncregister.com

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

18.09.2026 – SAINT DU JOUR

St Joseph de Copertino

Saint Joseph de Copertino
Prêtre o.f.m. conventuel 
(1603-1663)

Giuseppe, au baptême Giuseppe Maria, naît, de Felice Desa et Franceschina Panaca, à Copertino, petite ville des environs de Salente, diocèse de Nardo, le 17 juin 1603. Son surnom vient de sa ville d’origine. Il passa son enfance et sa jeunesse dans une grande simplicité et innocence de mœurs. 

Délivré d’une cruelle maladie, par sa bonne Mère du ciel, Joseph s’appliqua avec une nouvelle ardeur aux œuvres de la piété et à la pratique des vertus. Après bien des difficultés, il parvint enfin à la réalisation de ses désirs et entra chez les Pères Capucins, où, vu son ignorance des lettres humaines, il fut d’abord reçu parmi les Frères-lais. Toujours ravi en Dieu, il mettait un temps si considérable à exécuter des travaux de peu d’importance que les supérieurs, le jugeant incapable de rendre le moindre service à la communauté, le renvoyèrent dans le siècle.

Il se trouva alors dans une bien triste position. Aucun de ses parents ne voulait lui donner asile, tous le considérant comme un paresseux et un insensé. Enfin, sur les instances de sa mère, les Frères Mineurs Conventuels consentirent à lui donner l’habit de saint François, en le chargeant de soigner la mule du couvent.

Dans cet humble emploi, il se distingua tellement par la sainteté de sa vie que ses supérieurs s’aperçurent bientôt de la valeur de cette âme. Ils conçurent pour lui la plus haute estime, et le reçurent enfin dans la communauté sous le nom de Frère Joseph.

Mais notre Saint n’était pas encore satisfait. Il ne lui suffisait pas d’être religieux, il aspirait au sacerdoce. Ambition selon toute apparence présomptueuse ! De toute l’Écriture, il ne put jamais expliquer qu’un texte : « heureuses entrailles qui vous ont porté ». 

Marie cependant, contente de l’amour de son serviteur, le seconda dans ses desseins. Par une disposition de la Providence, dans tous ses examens, il ne fut jamais interrogé que sur cet évangile, qu’il avait si bien approfondi.

Ordonné prêtre, au mois de mars 1628, Joseph se sépara complètement du monde. Il recherchait les emplois les plus humbles du couvent, il pratiquait des austérités inouïes, ne mangeait que tous les trois ou quatre jours, et cela avec tant de modération, qu’il était facile de voir que son corps même vivait d’une nourriture cachée, que les hommes ne connaissaient pas. Son corps, aussi bien que son âme, était soutenu par la sainte Eucharistie; qu’il célébrait tous les jours, avec une grande dévotion.

Comme à saint François, les animaux lui obéissaient, les éléments étaient dociles à sa voix ; à son attouchement, les malades étaient guéris. En un mot, la nature semblait n’avoir plus de lois en présence des désirs de Joseph.

Le centre qui l’attirait, ce n’était pas la terre, mais le ciel. Aussi était-il souvent élevé, à la vue de ses frères, à une distance considérable au sol, et là, il demeurait en contemplation, tout absorbé en Dieu. Chaque fois qu’on récitait en sa présence les Litanies de la Sainte Vierge, il s’élevait en l’air et allait embrasser l’image de la Mère de Dieu.

Ces transports aériens, ces vols dans l’espace furent si habituels à notre Saint que les actes du procès de canonisation en rapportent plus de soixante-dix survenus dans le seul territoire de Cupertin.

Le 18 septembre 1663, à Osimo, à l’âge de 60 ans, il quitte sa demeure terrestre pour la rencontre avec Dieu.

Giuseppe de Copertino a été béatifié le 24 février 1753 par le pape Benoît XIV (Prospero Lorenzo Lambertini, 1740-1758) et canonisé le 16 juillet 1767, par le pape Clément XIII (Carlo Rezzonico, 1758-1769).

Saint Joseph de Copertino priez pour nous !

18.09.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,1-3. 

En ce temps-là, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient,
ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons,

Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

moniale bénédictine

Le Héraut, Livre III, SC 143 (Œuvres spirituelles, trad. P. Doyère, éd. du Cerf, 1968, p. 155, 163, rev.)

Le Cœur divin attiré par notre misère

Un jour, sa méditation lui fit prendre conscience [à Gertrude] de sa misère intérieure, ce qui lui causa un tel mépris d’elle-même que, anxieuse et troublée, elle se demandait comment il lui serait possible de plaire à Dieu qui voyait en elle toutes ses souillures, car là où elle ne découvrait qu’une tache, le divin et pénétrant regard en apercevait une infinité. La consolation lui fut donnée de cette réponse divine : « L’amour rend l’aimé aimable. » Elle comprit par là que, si sur terre, parmi les hommes, l’amour a tant de force que la laideur elle-même plaît à l’amant à cause de l’amour qu’il lui porte, et parfois jusqu’à lui faire désirer, par amour, de ressembler à l’aimé, comment douter que celui qui est Dieu-Charité, ne puisse, par la vertu de son amour, rendre aimable ceux qu’il aime ? (…) Une autre fois, le souvenir de ses fautes passées la jetait dans une telle confusion qu’elle ne cherchait qu’à se cacher à jamais et voilà que le Seigneur s’inclinait vers elle avec tant de révérence que toute la cour céleste, comme prise d’étonnement, s’appliquait à le retenir. À quoi le Seigneur répondit : « Je ne puis absolument pas m’empêcher de rejoindre celle qui, par les cordes solides de l’humilité, tire jusqu’à elle mon Cœur divin. »

LECTURES :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,12-20. 

Frères, nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ?
S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité.
Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu ;
et nous faisons figure de faux témoins de Dieu, pour avoir affirmé, en témoignant au sujet de Dieu, qu’il a ressuscité le Christ, alors qu’il ne l’a pas ressuscité si vraiment les morts ne ressuscitent pas.
Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité.
Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l’emprise de vos péchés ;
et donc, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus.
Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.
Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.

Psaume 17(16),1.6-7.8.15. 

R/ Au réveil, je me rassasierai de ton visage, Seigneur. (Ps 16, 15b)

Seigneur, écoute la justice ! 
Entends ma plainte, accueille ma prière :
mes lèvres ne mentent pas.

Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond : 
écoute-moi, entends ce que je dis.
Montre les merveilles de ta grâce, 
toi qui libères de l’agresseur 
ceux qui se réfugient sous ta droite.

Garde-moi comme la prunelle de l’œil ; 
à l’ombre de tes ailes, cache-moi,
Et moi, par ta justice, je verrai ta face : 
au réveil, je me rassasierai de ton visage

20.09.2026 – HOMÉLIE DU 25ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 20, 1-16a

Se lever tôt

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Lectures : MATTHIEU 20, 1-16a

A quoi bon être une personne intègre, si Dieu récompense pareillement ceux qui se convertissent à la dernière minute ? A quoi bon mener une vie droite, faire l’effort de toujours pardonner si le premier à entrer au paradis – le bon larron – est un criminel qui se repend à l’instant de mourir ? A quoi bon s’imposer la difficile morale de l’Église, prendre soin de son âme, s’il suffit de professer finalement sa foi pour être sauvé ? Pourquoi être un catholique intègre alors que le Christ proclame que les voleurs et les prostituées nous précéderont dans le royaume des cieux (Mt 21, 31-32) ? Voilà les questions qu’aborde la parabole des ouvriers de la dernière heure que nous venons de lire.

Paradoxalement, ce que j’aime dans la religion catholique, c’est qu’elle est à mon sens la plus exigeante personnellement. Nous sommes la religion de l’incarnation, ce qui nous oblige à incarner le message que nous professons. Oui, notre vie spirituelle, au-delà des joies qu’elle procure, est un constant travail d’ébouage de notre âme, une lutte permanente contre nos mauvais penchants, un travail incessant de purification de nos pensées. Et c’est, pour ma part, exaltant. La spiritualité est un sport de combat, avec ses triomphes, avec ses blessures, avec son hygiène de vie et son difficile entraînement. Nous sommes appelés à être des pratiquants de la foi et à en devenir champions.

Mais si on laisse tomber l’orgueil qui nous donnerait à penser que nous serions meilleurs que les autres, que reste-t-il ? Pourquoi nous obliger à boire la honte que nous avons de certains de nos comportements ou pensées ? Pourquoi désirer être une personne intègre dans un monde qui promeut si souvent la transgression, tout en décriant les valeurs chrétiennes ? Pourquoi les ouvriers de la première heure ont-il trimé, si ceux de la dernière heure reçoivent le même salaire ? Car la parabole dit vrai : à la fin, tous ceux qui professeront la foi hériteront du même royaume des cieux. Avez-vous la réponse ?

La réponse est : pour recevoir Dieu maintenant. Nous voulons être des champions de la foi, mais nous ne battons pas seulement pour des lauriers, des podiums, des victoires finales. Nous nous entraînons à trouver Dieu. Les ouvriers de la première heure avaient déjà gagné bien plus que la récompense promise pour leur journée : ils avaient trouvé Dieu et eu le privilège d’être engagés par lui ! Certes le paradis, le salaire final d’une vie qui touche à la vraie foi, est une merveille. Comment penser autrement l’éternité avec Dieu ? Mais le rencontrer ici sur terre, avoir le privilège de collaborer à son œuvre, est tout aussi merveilleux. L’incarnation est là pour nous dire que Dieu n’est pas moins présent dans notre monde qu’au ciel.

Voilà donc la raison pour laquelle nous consentons à des efforts parfois coûteux. Il faut en effet de la volonté et du courage pour affronter les ténèbres de son âme. Il faut être une personne tenace pour ne pas renoncer face aux blessures, s’avouer vaincu par le découragement. Il faut être une personne humble pour admettre ses faiblesses et vouloir progresser. Mais c’est la pédagogie des champions. C’est, par excellence, la voie radicale pour trouver Dieu sur terre ; goûter déjà de cette plénitude qui nous est promise au ciel ; vivre déjà ici-bas des relations d’amour pur.

Frères et sœurs, quand le Christ dit que le royaume des cieux s’est approché, par lui, tout près de nous (Mt 4, 17), il signifie qu’il nous est possible, dès ici-bas, de vivre en parfaite communion avec Dieu comme nous le vivrons au ciel. Et puisque désormais c’est par l’Esprit-Saint qu’il nous est donné de vivre cette proximité avec le Christ, il s’agit en effet de constamment purifier notre esprit de ce qui l’obscurcit pour que surgisse, en nos vies, sa lumière divine qui est l’amour parfait.

Soyons des athlètes spirituels qui n’ont peur ni des efforts, ni du travail difficile sur soi, ni même d’entreprendre tôt, de grandes choses semblant hors d’atteinte. La parabole des ouvriers de la première heure développe une pédagogie de l’effort spirituel et du dépassement de soi pour Dieu lui-même, et non pour la simple perspective d’un bonheur final, d’une récompense ultérieure. Le bonheur divin est à cueillir dès maintenant, dans l’action quotidienne pour un monde meilleur, à commencer par notre monde intérieur.

Le paradis que nous espérons dans l’au-delà – être pour toujours en présence de Dieu – est accessible dès ici-bas, dès la première heure avec le Christ. C’est ce que son incarnation révèle : le ciel touche la terre.

Frères et sœurs, nous ne nous battons pas tant pour une auréole finale, que pour notre rayonnement présent. Le bonheur divin est accessible dès ici-bas, dès la première heure où nous œuvrons pour Dieu. Amen.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 16 septembre 2026

20.09.2026 – HOMÉLIE DU 25ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 20,1-16a

« C’est pas juste »

Homélie de l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : lire


Ces textes bibliques que nous venons d’écouter sont porteurs d’espérance. Ils nous disent l’amour gratuit de Dieu qui nous est offert à tous, sans mérite de notre part. Même quand tout va mal, il est là. C’est ce qui est annoncé par le prophète Isaïe dans la première lecture. Il s’adresse à un peuple très éprouvé par de longues années d’exil. Dieu l’invite à se nourrir de sa Parole dans un festin où tout est donné gratuitement.

Le Seigneur se veut proche de tous. Mais il faut le chercher, l’invoquer et le désirer. Il appelle les pécheurs que nous sommes à convertir leur pensée et leur conduite. Nous sommes tous invités à revenir vers Dieu qui est riche en pardon et en miséricorde. Sa sainteté et sa transcendance le placent à une immense distance entre le ciel et la terre. C’est le péché qui a creusé cet écart entre l’homme et le Dieu trois fois saint. Mais Dieu ne cesse de faire le premier pas vers nous. Son amour nous est toujours offert. Il nous rapproche ainsi de ses pensées et de ses chemins.

L’apôtre Paul a lui aussi bénéficié de cette miséricorde du Seigneur. Depuis qu’il a été saisi par le ressuscité sur le chemin de Damas, sa vie n’a d’autre horizon que de diffuser la bonne nouvelle. Par sa vie, il rend gloire au Christ en le servant. Au moment où il écrit sa lettre, Paul est en prison. Il sait qu’il va être condamné à mort. Il affirme que pour lui, ce serait un bien, car il serait pour toujours avec le Seigneur. Mais si, en restant dans ce monde, il peut se rendre utile aux communautés chrétiennes, il est prêt à travailler pour elles. Il nous apprend à renoncer à notre manière de penser pour nous ajuster à celle de Dieu.

Dans l’Évangile, nous lisons la parabole des ouvriers de la 11ème heure. Il y aura toujours quelqu’un pour dire : « Je ne suis pas d’accord ; il n’est pas normal que les ouvriers de la 11èmeheure soient payés comme ceux de la première ». C’est vrai, mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans l’Évangile de ce jour. Le vrai message est ailleurs.

On nous a appris qu’il faut faire beaucoup d’efforts pour chercher Dieu, le rencontrer, le « mériter » et ainsi pouvoir accéder à son Royaume. Aujourd’hui, l’évangile voudrait nous aider à corriger notre manière de voir les choses. Ici, c’est le Maître du domaine c’est-à-dire Dieu qui fait le premier pas vers l’homme. Lui-même sort cinq fois pour embaucher des ouvriers pour sa vigne. C’est Dieu qui, le premier, se met à la recherche de l’homme. Il le fait inlassablement sans jamais se décourager.

L’important c’est d’entendre cet appel que le Seigneur nous adresse inlassablement tout au long des jours et des années : « Allez, vous aussi, à ma vigne. » Cette vigne, c’est un symbole très fort que nous retrouvons tout au long de la Bible. Pour l’Évangile, c’est le Royaume de Dieu. Jésus en est le cep et nous sommes les sarments. Il faut absolument que cette vigne produise du fruit. C’est en vue de cette mission que Dieu appelle des ouvriers. Travailler à la vigne du Seigneur c’est témoigner de l’espérance qui nous anime. Nous sommes envoyés vers ceux et celles qui nous entourent, en particulier vers ceux qui sont blessés par les épreuves de la vie, la violence, la maladie, les catastrophes naturelles.

Travailler à la vigne du Seigneur, c’est tout faire pour redonner joie et espérance à ceux qui en manquent, c’est être artisan de paix, d’unité et de réconciliation, c’est tout faire pour que nos communautés deviennent plus vivantes et plus fraternelles. 
À travers notre accueil, nos paroles et nos actes, ceux qui nous entourent doivent pouvoir découvrir quelque chose de la bonté de Dieu. Ils sont nombreux ceux et celles qui doutent et qui cherchent un sens à leur vie. Ils ont besoin de rencontrer sur leur route de vrais témoins de la foi.

En réponse à cet engagement, le Christ nous promet « ce qui est juste. » Dans notre esprit, il s’agit d’un salaire proportionnel au travail accompli. Celui qui travaille plus doit gagner plus. Mais la justice de Dieu n’a rien à voir avec cette conception distributive. Elle est fondée sur l’amour, un amour sans limite qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Le salaire qu’il promet, c’est d’être avec Jésus dans son Royaume. De ce fait, il est forcément le même pour tous. Il ne faudrait pas croire qu’en raison de nos mérites, nous avons des droits sur Dieu. Dieu ne nous donne pas en fonction de nos mérites mais en fonction de son amour qui sans limite.

En célébrant l’Eucharistie, nous demandons au Seigneur de nous ajuster à cet amour qu’il ne cesse de nous porter. Qu’il nous apprenne à regarder les autres comme des frères et des sœurs. Il n’y a pas de premiers ou de derniers. Nous sommes tous appelés à la même table de famille, tous enfants du même Père. Amen.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 13 septembre 2026