« Tâchez d’imiter cette vertu, imitez sa modestie »
Le jour où les disciples se disputaient entre eux la première place, Marie, elle, s’abaissait, non seulement en tout, mais plus que tous, d’autant qu’elle était plus grande que tous. C’est justice donc que, du dernier rang, soit placée au premier celle qui, première de tous, se faisait la dernière ; c’est justice que soit devenue souveraine de tous celle qui se montrait la servante de tous ; c’est justice enfin qu’ait été exaltée au-dessus des anges celle qu’une ineffable bonté abaissait au-dessous des veuves et des repenties, au-dessous de celle dont sept démons avaient été expulsés. Je vous en supplie, mes petits-enfants, si vous avez un peu d’amour pour Marie, si vous cherchez à lui plaire, tâchez d’imiter cette vertu, imitez sa modestie. Rien du reste ne convient mieux à un homme, rien n’est plus recommandé à un chrétien, rien surtout ne sied tant à un moine.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) Dans Sermon des douze étoiles
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
« J’ai perçu comme un voile qui se déchirait dans ma tête »
En 1978, la naissance de notre quatrième enfant, une fille, après trois garçons et sept ans d’attente, nous comblait de joie. Pourtant, sans raison apparente, Jo, mon mari, s’enfonça alors dans une profonde dépression. Malgré le réconfort de la prière de communautés amies et du groupe de prière du Renouveau charismatique, les années passaient, sans amélioration de son état. Famille, religion, travail… : il n’avait goût à rien. Devant ses nombreuses tentatives de suicide, le psychiatre en est venu à me demander d’accoutumer les enfants à la possibilité d’une issue fatale, car pour lui, la guérison était inenvisageable. Je ne l’ai pas fait.
C’est alors qu’un jour de mars 1983, une amie m’a invitée à participer au pélé-polios de Lourdes, car on manquait d’infirmières. Que faire ? Rester à la maison et veiller sur mon mari et nos enfants, ou partir, avec le sentiment d’abandonner ma famille ? Après avoir prié, j’ai proposé un pacte à la Vierge Marie : « J’ai besoin de souffler, je vais m’occuper de tes enfants malades, pendant que toi, tu veilleras sur Jo et nos enfants. »
Fin septembre, à Lourdes, tout allait bien. J’avais confiance en Marie, mais tous les soirs, au téléphone, j’avais droit au « bonjour tristesse » de la maison ! Le vendredi, cependant, la voix de Jo avait changé. J’ai pensé : « Il en a marre des enfants, il est content de me voir revenir. » Le samedi matin, de retour chez moi, je retrouvai un mari souriant ! Une première depuis cinq ans. Il m’a dit : « Vendredi après-midi, j’ai perçu comme un voile qui se déchirait dans ma tête, une grande lumière a balayé les idées de tristesse et de mort et m’a enveloppé de paix. Je me suis senti vivre. J’avais envie de louer le Seigneur ! » Et moi, qu’avais-je fait ce vendredi après-midi ? Surmontant mon horreur de l’eau froide, j’étais allée aux piscines, y emmenant en pensée Jo et les enfants. Le pacte avec Marie m’est revenu en mémoire.
Mais cette amélioration allait-elle durer ? Nous restions discrets, tandis que Jo revenait à une foi vivante. Un peu plus tard, le père Christian, moine de Bellefontaine, a confirmé notre expérience : « Vous bénéficiez d’une guérison-conversion, c’est pour aider les autres. » Par la suite, il nous envoyait de nombreuses personnes mal dans leur peau. Qu’avions-nous à leur apporter sinon notre écoute ?
Finalement, à l’Ascension 2006, Jo a été ordonné diacre permanent.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Un chapelet pendant la chimiothérapie et un « oui » à Jésus
Jamie n’avait jamais été catholique – et ne connaissait même aucun Catholique – jusqu’à ce qu’un diagnostic la stoppe net dans son élan. Appelant l’émission The Inner Life (une émission de radio consacrée à l’accompagnement spirituel individuel), elle a raconté à l’interviewer / l’animateur ? et à son invité, le père Richard Simon, qu’il y a trois ans, elle avait été confrontée à un cancer du sein avancé, se sentant « très perdue, très effrayée ».
En attendant le début de la chimiothérapie, Jamie s’est mis à chercher Dieu et à essayer de découvrir qui était Jésus. Une vidéo YouTube lui a fait découvrir le rosaire. Elle en a commandé un et a appris toute seule à le prier, le gardant avec elle pendant la chimiothérapie et les scanners.
Après l’opération, ses médecins ont annoncé ce qu’ils ont appelé une « réponse pathologique complète », ce qui signifie que le cancer avait disparu. La réaction ponse de Jamie fut simple et immédiate n’était pas compliquée : « Je suis votre enfant, Seigneur » Elle est entrée au catéchuménat et, trois ans plus tard, s’est engagée à servir sa paroisse en tant que lectrice.
Le Père Simon de l’émission lui a gentiment conseillé de ne pas réduire la vie catholique à « une réunion » ou à « un comité ». « Tout cela est très bien. Mais il s’agit du pouvoir du Christ dans notre vie, et vous en avez fait l’expérience », a-t-il déclaré. Il a ajouté que la répétition du Je vous salue Marie nous rappelle que « le corps humain est sacré, en particulier le corps de la femme ».
L’histoire de Jamie est une simple invitation à continuer à prier, à continuer à faire confiance et à continuer à témoigner de ce que Dieu a fait.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Vatican II : « un témoignage éclatant de la piété de l’Église envers la Vierge »
Nous avons exposé en détail, vénérables Frères, un point qui est partie intégrante du culte chrétien : la vénération envers la Mère du Seigneur. Nous y avons été amené par la nature de cette question, objet d’étude, de réexamen et même parfois de quelque perplexité ces dernières années.
Nous éprouvons du réconfort à penser que le travail accompli selon les normes du Concile par le Siège Apostolique et par vous-mêmes – et tout particulièrement la réforme liturgique – est un gage authentique pour un culte toujours plus vivant et aimant rendu à Dieu, Père, Fils et Esprit, et pour la croissance de la vie chrétienne chez les fidèles ; nous trouvons un motif de confiance à constater que la liturgie romaine rénovée constitue également dans son ensemble un témoignage éclatant de la piété de l’Église envers la Vierge.
Nous sommes soutenu par l’espérance que les directives données pour rendre cette piété toujours plus limpide et vigoureuse seront sincèrement appliquées.
Enfin, l’occasion que nous a fournie le Seigneur de proposer quelques thèmes de réflexion destinés à renouveler et confirmer l’estime pour la pratique du Rosaire nous remplit d’allégresse. Réconfort, confiance, espérance, joie : tels sont les sentiments que, en unissant notre voix à la voix de la Vierge – comme le dit la liturgie romaine –, nous voudrions traduire en louange fervente et en remerciement au Seigneur.
Pape Saint Paul VI, Exhortation Marialis Cultus sur le culte de la Vierge Marie § 58, le 2 février 1974
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
L’enfant de Marie est tous les enfants qui sont morts trop tôt
Tatiana Schlossberg, la deuxième fille de Caroline Kennedy, a publié dans le New Yorker un récit émouvant sur son diagnostic de cancer en phase terminale. Elle a 35 ans et est mère de deux jeunes enfants, qui sont encore des bébés.
Caroline et moi sommes toutes deux grands-mères aujourd’hui. Nous avons eu des enfants à peu près à la même époque, et nous avons maintenant des petits-enfants du même âge. Si j’ai lu l’histoire de Tatiana avec une empathie particulière, c’est parce que j’aide ma fille, qui a deux jeunes enfants, encore bébés, et qui a été frappée de manière inattendue par une maladie débilitante, mais qui ne met pas sa vie en danger.
Ma visite d’une semaine pour Halloween s’est transformée en un séjour d’un mois dans les tranchées de la garde d’enfants et des tâches ménagères, tandis que ma fille enchaînait les rendez-vous chez le médecin… « Je ne veux pas que maman aille chez le médecin », pleure ma petite-fille de 3 ans. Leur vie est bouleversée, et je pense aux enfants de Tatiana, eux aussi trop jeunes pour comprendre. Nous, les grands-mères, ne sommes qu’un maigre substitut à leurs mères.
Je pense surtout à Caroline, qui doit faire face à la perte de son enfant. Quand on devient mère, on comprend l’amour désintéressé. On comprend l’amour inconditionnel. C’est peut-être ce qui se rapproche le plus de l’amour infini et insondable que Dieu nous porte. Une mère accepterait volontiers de prendre à sa charge toute maladie, toute douleur ou tout diagnostic à la place de son enfant.
J’ai souvent pensé à Marie au pied de la croix, alors que son fils Jésus souffrait et mourait, et à ce qu’elle a dû ressentir. Soudain, mon imagination de la douleur de Marie est devenue beaucoup plus profonde et plus personnelle que jamais. Quelle que soit la manière dont une mère perd son enfant, le deuil ne peut être qu’un abîme. L’enfant de Marie est tous les enfants qui sont morts trop tôt.
Marie est restée inébranlable face à sa tragédie, mais je pense que je serais davantage poussée à la colère contre Dieu. Mon sentiment actuel d’impuissance me donne déjà envie de lutter contre la volonté de Dieu. Je ne sais pas si ma foi est suffisamment forte ou durable pour endurer le pire scénario. Je ne veux pas chercher à le savoir.
Je ne connais pas Caroline Kennedy personnellement, mais je prie pour que notre mère Marie la soutienne dans cette période éprouvante.
Valerie Schultz, 23 décembre 2025 America Magazine (Adapté)
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Les origines de la dévotion à Notre Dame d’Arabie remontent au milieu du XXe siècle, lorsque les Pères Carmes Déchaussés, originaires d’Irak, sont arrivés au Koweït à la fin des années 1940 pour venir en aide à la communauté catholique grandissante. Parmi leurs priorités pastorales figurait la nourriture spirituelle d’un troupeau hétérogène : des travailleurs, des familles et des migrants qui aspiraient ardemment à un sentiment d’appartenance et à la protection divine dans un pays loin du leur.
C’est dans ce contexte que les Carmes ont introduit une image mariale, connue par la suite sous le nom de Notre-Dame d’Arabie, afin qu’elle serve de présence maternelle unificatrice pour les catholiques dispersés dans le Golfe.
L’image actuelle provient d’une statue de 1919 de Notre-Dame du Mont Carmel provenant de la basilique du monastère Stella Maris à Haïfa, en Israël.
Le premier grand triomphe de cette dévotion eut lieu en 1960, à l’occasion du dixième anniversaire de l’arrivée de la statue au Koweït. En signe de gratitude pour les innombrables faveurs reçues par l’intercession de Marie, le Vicaire Apostolique du Koweït invita les fidèles à contribuer tout au long de l’année 1959 à la création de précieuses couronnes en or. Réalisées avec le plus grand soin dans les moindres détails, les couronnes furent envoyées à Rome et présentées au pape Saint Jean XXIII le 17 mars 1960.
Le pape délégua le cardinal Valerian Gracias, archevêque de Bombay, pour couronner la statue en son nom. Après une messe pontificale solennelle, le cardinal posa les couronnes d’or sur la tête de l’Enfant Jésus et de la Vierge Marie, scellant ainsi l’un des plus beaux chapitres de l’histoire initiale de cette dévotion. Le 5 janvier 2011, le pape Benoît XVI a approuvé le patronage de Notre Dame d’Arabie en tant que patronne principale du golfe Arabique.
La cathédrale Notre-Dame d’Arabie à Bahreïn a été consacrée en 2021 par le cardinal Luis Antonio Tagle, alors Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples.
Mgr Berardi, vicaire apostolique d’Arabie septentrionale, a réaffirmé la signification durable de cette présence mariale. En 2025, il a supervisé l’élévation du sanctuaire d’Ahmadi, où se trouve la statue originale vénérée, au rang de basilique mineure. Mgr Aldo fait remarquer que la présence ininterrompue d’une statue mariale pendant plus de 75 ans au cœur de la péninsule arabique est extraordinaire, compte tenu du contexte culturel et religieux de la région, où les images sacrées sont généralement limitées.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Pour l’Incarnation, le « oui » de Marie n’a pas été sans le « oui » de Joseph
Quand de son autorité d’époux et de chef, et comme ayant, au titre d’époux, droit incontestable sur la Vierge, il gardait le vœu de virginité de Marie, Joseph ne voyait pas d’une manière explicite que cela équivalait d’une certaine façon à l’introduction du Fils de Dieu dans ce monde. Il ne faisait que poser dans l’être une condition de l’Incarnation, en abandonnant entièrement son épouse à l’action très sainte de Dieu pour l’œuvre de Dieu comme Dieu voudrait la réaliser en elle, en donnant ainsi d’autorité Marie à tout le mystère divin comme Dieu voudrait l’accomplir.
Mais ce faisant, Joseph acquérait justement une autorité de Père, de chef, sur ce qui naîtrait de la Vierge pour l’accomplissement du mystère divin. Par un acte tout à fait positif et par un acte de sa souveraine autorité de chef de famille, il a consacré la Vierge dans la condition qui était nécessaire pour l’accomplissement de l’Incarnation. Voilà le principe, l’origine de son autorité paternelle sur l’Enfant Jésus.
Pour l’Incarnation, à Marie et à Joseph, Dieu a demandé leur consentement ; à chacun d’eux d’une manière différente cependant. Marie devait donner le concours de son être ; aussi devait-elle répondre explicitement : « Qu’il me soit fait selon votre parole ». Joseph, lui, devait donner le concours de son autorité : il suffisait qu’il laissât à Dieu toute liberté de réaliser son œuvre divine ; or, cette liberté pour l’initiative divine, Joseph l’avait accordée, dans le fidèle respect des droits de Dieu, en acceptant la consécration virginale de Marie, en acceptant que sa fiancée fût le domaine réservé de Dieu.
Nous voyons et c’est l’aspect qui est le plus habituellement considéré, que Dieu a demandé le consentement de la Vierge pour l’incarnation. Oui mais la Vierge était à Joseph, l’Évangile le marque avec insistance ; et par conséquent la Vierge ne pouvait donner cette réponse à la vocation divine que parce qu’elle savait que Joseph à qui elle appartenait la réservait entièrement au bon plaisir de Dieu, que parce qu’elle savait que Joseph la voulait entièrement consacrée à Dieu.
Chanoine D.-J. Lallement, Mystère de la paternité de saint Joseph, Téqui 1986 p. 34-35
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Au XVIe siècle, ce message de Marie en Corse : « Miséricorde »
Le 18 mars et le 8 avril 1536, sur un rocher escarpé dominant un torrent non loin d’Ajaccio, en Corse (France), la « Vierge couronnée d’or, vêtue de blanc, apparaît » à un travailleur agricole, Tonio Botta. « Miséricorde », lui dit-Elle.
Le 18 mars 1660, Mgr Grégoire Ardizzone, évêque d’Ajaccio, décrète Notre Dame de la Miséricorde « patronne et protectrice de la ville ». Une statue est réalisée peu après, puis installée dans une chapelle de marbre blanc à l’intérieur de la cathédrale en 1752. Une procession en son honneur est organisée chaque 18 mars.
Catherine Turchini-Zuccarelli, Les Merveilleuses Apparitions de Notre-Dame, Paris 1977
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Lors de la persécution des Chrétiens, au Japon, en 1595, vingt-cinq d’entre eux furent crucifiés. Leur mort héroïque entraîna d’innombrables conversions de sorte que, en 1613, l’Église nippone comptait 300.000 fidèles. L’année suivante, la persécution reprend, implacable. En 1639, c’est l’édit de clôture du pays lequel reste fermé au monde extérieur pendant plus de deux cents ans.
En 1865, deux missionnaires français peuvent construire une église à Nagasaki, église destinée aux étrangers. Mais il leur est interdit de prêcher la foi chrétienne. Un matin, le 17 mars 1865, l’un des deux prêtres aperçoit devant l’église encore fermée, un groupe de Japonais qui semble vouloir entrer. Le Père leur ouvre la porte et va s’agenouiller devant l’autel. Une vieille femme, la main sur le cœur, se penche vers lui et murmure :
– Notre cœur est semblable au vôtre.
– Comment cela ? fait le Père. D’où êtes-vous?
– Nous sommes d’Ourakami. Et là, presque tous ont le même cœur que nous. Et la femme ajoute : – Où est l’image de santa Maria ? Il la montre du doigt. Alors tout le groupe se précipite.
– C’est elle ! C’est bien elle ! Regardez : elle porte dans ses bras Sama Yesus, le Seigneur Jésus.
Plus de doute pour le Père : ce sont des descendants des « Vieux chrétiens ». Eux-mêmes expliquent qu’ils sont baptisés, qu’ils prient la Vierge et que le vingt-cinquième jour des gelées blanches ils ont fêté la naissance de Jésus.
A leur tour ils questionnent le Père :
– Reconnaissez-vous le grand Souverain du royaume de Dieu ?
– C’est le pape Pie IX lui-même qui m’a envoyé.
– Avez-vous des enfants ?
– Vous êtes les seuls enfants que Dieu m’ait donnés, car les prêtres ne se marient pas.
– Dieu soit loué ! Il est vierge. C’est vraiment un prêtre.
Nos pères nous ont appris ce qu’ils tenaient de leurs pères : vous reconnaîtrez les ministres du vrai Dieu au signe des quatre blancheurs : celle de l’Eucharistie et de la Vierge, celle du pape blanc de Rome et celle du célibat des prêtres.
Ainsi s’acheva cet épisode de l’Histoire de l’Église. Coupés de l’extérieur pendant deux siècles, sans prêtres, sans églises, traqués par la police, ces Japonais ont su entretenir la flamme sacrée. Leurs communautés clandestines avaient un chef de la prière, un baptiseur, des catéchistes… Pour dépister les espions, ils vénéraient la Vierge sous les traits de Kannon, déesse bouddhique de la miséricorde…
(d’après le Bulletin Dimanche, juillet 1975. 59460, Jeumont) Recueil marial 1977
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Saint Jean-Baptiste était chargé d’annoncer la venue immédiate du Messie. On peut dire dès lors qu’il fut le plus grand précurseur de Jésus dans l’Ancien Testament. C’est ainsi que saint Thomas entend la parole de Jésus en saint Matthieu, XI, 11 : « En vérité, je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste. »
Mais Notre-Seigneur ajoute aussitôt : « Cependant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. » Le royaume des cieux, c’est l’Église de la terre et du Ciel : c’est le Nouveau Testament, plus parfait comme état que l’Ancien, quoique certains justes de l’Ancien aient été plus saints que beaucoup du Nouveau. Et qui dans l’Église est le plus petit ?
Paroles mystérieuses, qui ont été diversement interprétées. Elles font penser à celles-ci prononcées plus tard par Jésus : « Celui d’entre vous qui est le plus petit, c’est celui-là qui est le plus grand » (Luc., IX, 48). Le plus petit, c’est-à-dire le plus humble, le serviteur de tous c’est, de par la connexion et la proportion des vertus, celui qui a la plus haute charité. Et qui dans l’Église est le plus humble ? Celui qui ne fut ni Apôtre, ni Évangéliste, ni martyr extérieurement du moins, ni pontife, ni prêtre, ni docteur, mais qui connut et aima le Christ Jésus non moins certes que les apôtres, que les évangélistes, que les martyrs, que les pontifes et les docteurs : l’humble artisan de Nazareth, l’humble Joseph.
Les Apôtres étaient appelés à faire connaître aux hommes le Sauveur, à leur prêcher l’Évangile pour les sauver. Leur mission, comme celle de saint Jean-Baptiste, est de l’ordre de la grâce nécessaire à tous pour le salut. Mais il y a un ordre supérieur encore à celui de la grâce.
C’est celui constitué par le mystère même de l’Incarnation, l’ordre de l’union hypostatique ou personnelle de l’Humanité de Jésus au Verbe même de Dieu. A cet ordre supérieur confine la mission unique de Marie, la maternité divine, et aussi, en un sens, la mission cachée de Joseph.
Père Réginald Garrigou-Lagrange (1877-1964), La Prééminence de saint Joseph sur tout autre saint ; La Vie Spirituelle, t. 19, pp. 662-683
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.