Le cardinal Krajewski envoyé par le Pape en Terre Sainte pour Noël

L’enceinte de l’église grecque-orthodoxe Saint-Porphyre de Gaza endommagée par des frappes, le 20 octobre 2023. (ANSA)

Le cardinal Krajewski envoyé par le Pape en Terre Sainte pour Noël

L’aumônier apostolique est arrivé en Terre Sainte pour prier pour la paix en cette période de Noël, en compagnie du patriarche Pizzaballa et de l’Église locale.

Benedetta Capelli – Cité du Vatican

«La paix» est le don que le Pape, surtout en cette période de Noël, a invoqué à plusieurs reprises dans les nombreux appels qu’il a lancés pour mettre fin au conflit entre Israël et le Hamas, mais aussi pour l’Ukraine martyrisée qui souffre depuis près de deux ans. Dans cette troisième guerre mondiale en morceaux, la prière devient action et se transforme en mission à travers le cardinal Konrad Krajewski, que François a envoyé en Terre sainte, «comme un signe concret de sa participation à la souffrance de ceux qui font personnellement l’expérience des conséquences de la guerre», lit-on dans un communiqué du dicastère pour le Service de la charité.

«En effet, le Saint-Père souhaite que ce voyage soit accompagné de prières pour obtenir le don de la paix dans les territoires où résonne encore le bruit des armes». Une paix qui sera invoquée dans une grande prière que l’aumônier apostolique fera avec le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, et toute l’Église locale, «pour célébrer la naissance de Jésus, Prince de la paix et unique espérance du monde».

Missions de prière, d’aide et de paix

Pour le cardinal Krajewski, ce sera à nouveau un Noël loin de Rome. L’an dernier, il s’était rendu en Ukraine pour apporter à la population des chemises thermiques, données par des milliers de personnes également par le biais d’une souscription en ligne, mais aussi pour livrer des générateurs d’électricité. L’aide matérielle et l’aide spirituelle sont les deux voies sur lesquelles l’aumônier remplit son mandat. Même à Pâques, autre temps fort de l’Église, la proximité du Pape avec la population ukrainienne s’était fait sentir, avec des images touchantes de sa prière devant les charniers de Borodjanka, l’une des zones les plus dévastées par le conflit. En Terre Sainte, le cardinal est arrivé avec une prière dans le cœur, celle-là même que le Pape avait récitée le 8 juin 2014 dans les jardins du Vatican en présence du président israélien Shimon Peres et du président palestinien Mahmoud Abbas. Une prière rappelée dans le communiqué de l’Aumônerie apostolique et toujours d’actualité.

«Seigneur, Dieu de la paix, écoute notre supplication! Donne-nous la paix, enseigne-nous la paix, conduis-nous à la paix. Ouvre nos yeux et nos cœurs et donne-nous le courage de dire: « plus jamais la guerre »; « avec la guerre, tout est détruit ». Donne-nous le courage de faire des gestes concrets pour construire la paix. Et que ces mots soient bannis du cœur de chaque homme: division, haine, guerre! Seigneur, désarme les langues et les mains, renouvelle les cœurs et les esprits, pour que le mot qui nous rassemble soit toujours « frère », et que le style de nos vies devienne: shalom, paix, salam!»

Source : VATICANNEWS, le 22 décembre 2023

Cardinal Parolin: face à l’escalade au Moyen-Orient, il faut penser aux enfants

Dessin de Benzi Brofman sur un mur de Haifa, pour demander le retour des otages.

Cardinal Parolin: face à l’escalade au Moyen-Orient, il faut penser aux enfants

En marge d’une rencontre dans les salons de la mairie de Rome, le cardinal secrétaire d’État réitère la position du Saint-Siège: «Deux peuples, deux États, seule solution pour un avenir pacifique»; et que des efforts sont en cours en vue d’une éventuelle rencontre entre le Pape et les familles des otages israéliens. Il assure aussi la poursuite de l’action humanitaire du Saint-Siège en faveur de l’Ukraine.

Vatican News

Deux peuples, deux États. Telle a toujours été et continue d’être la position du Saint-Siège à l’égard d’Israël et de la Palestine, ainsi que «la seule solution viable qui puisse assurer un avenir de paix et de proximité sereine, à travers un dialogue direct entre les deux parties». C’est ce qu’a affirmé le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, qui a demandé au monde de se tourner avant tout vers les enfants victimes de ce nouveau conflit: «Nous pensons aux enfants qui ont été hapés par le Hamas, mais aussi aux nombreux enfants qui meurent sous les bombes à Gaza. L’appel est surtout pour eux, pour prendre en compte leur innocence, leur avenir».

Le cardinal s’est exprimé vendredi 27 octobre en marge d’une rencontre dédiée au cardinal Achille Silvestrini au Capitole, la mairie de Rome. Interrogé par les journalistes, le secrétaire d’État a réitéré la pleine volonté du Saint-Siège de contribuer à une solution pacifique pour le Moyen-Orient, marqué par les tensions et la violence: «Nous ferons tout ce qui peut être fait, le Pape est très disponible à cet égard», a-t-il affirmé. Devant les micros et les caméras, il relance ensuite l’appel réitéré à plusieurs reprises par le Saint-Père en ces temps de guerre: «L’appel pour que les raisons de la paix l’emportent sur la violence et la guerre», mais «aussi l’appel pour la libération des otages et ensuite pour la crise humanitaire à Gaza». «Ce sont les deux axes sur lesquels se concentre l’action du Saint-Siège», a souligné Pietro Parolin, expliquant qu’à l’heure actuelle, il n’y a «pas beaucoup d’espace» pour une médiation du Saint-Siège. «Il y a cependant la possibilité sur le terrain – avec la présence de l’Église locale, à travers le Patriarcat latin de Jérusalem – qu’il y ait un certain dialogue et un échange de messages. C’est plutôt de ce côté que l’on tente quelque chose».

Le Saint-Siège contraire à l’intervention terrestre

Quant à l’éventuelle invasion terrestre dans la bande de Gaza, le cardinal exprime l’espoir qu’il n’y aura pas d’aggravation de la situation et qu’elle pourra être résolue autrement. «Je crois, ajoute-t-il, que cela est très lié à la question de la libération des otages. Si le problème des otages pouvait être résolu, il serait probablement moins urgent d’entreprendre une action terrestre». Au sujet des otages, le cardinal Parolin – en réponse à la question sur une rencontre du Pape avec les familles des personnes enlevées par le Hamas – explique: «Nous y pensons, nous avons vu qu’ils sont ici et qu’ils ont été reçus au niveau des institutions en Italie, une décision définitive n’a pas encore été prise pour nous, mais je crois que d’ici la fin de la journée, ce sera fait». 

Le cardinal n’a pas fait de déclaration sur l’appel téléphonique d’hier du président turc Erdogān au Pape («Je ne suis pas au courant du contenu»); tandis que sur la conversation téléphonique du 22 octobre entre François et le président américain Joe Biden, il dit: «Nous pensons que les États-Unis peuvent également jouer un rôle important dans cette affaire. Le Pape a répété quelle était la position du Saint-Siège à l’égard de Joe Biden, et il a été écouté parce que le président Biden lui-même – d’après ce que j’ai entendu – est préoccupé par une éventuelle escalade et espère que les choses ne s’aggraveront pas». D’autres contacts avec d’autres dirigeants internationaux ne sont pas exclus: «Nous évaluerons au jour le jour en fonction de l’évolution de la situation».

Ne pas oublier l’Ukraine

Enfin, le cardinal Parolin n’oublie pas l’Ukraine et «la tragédie» de la population qui est en guerre depuis environ deux ans. «Aujourd’hui, l’Ukraine est un peu passée au second plan, mais nous continuons certainement à travailler sur ce sujet également», assure-t-il. «Nous continuons à travailler en particulier sur l’aspect humanitaire. Une réunion des conseillers politiques sur la plate-forme de paix du président Zelensky se tiendra à Malte les 28 et 29 octobre Le nonce y participera. J’ai fait une vidéo hier pour dire que nous continuons à prêter attention à la tragédie de l’Ukraine et à la nécessité d’impliquer tout le monde pour trouver une solution».

Source : VATICANNEWS, le 27 octobre 2023

Les appels du Pape, voix de la paix sur le front d’une guerre mondiale en morceaux

Des chrétiens palestiniens en prière en l’église Saint Jacob de Jérusalem (AFP or licensors)

Les appels du Pape, voix de la paix sur le front d’une guerre mondiale en morceaux

En ce 27 octobre 2023, jour où le Souverain pontife invite à consacrer à l’invocation de la réconciliation au Moyen-Orient, réévoquons les circonstances dans lesquelles le Successeur de Pierre a mobilisé spirituellement catholiques et non-catholiques pour demander le don de la fraternité. De la Syrie au Sud Soudan et au Congo, du Liban à l’Afghanistan, l’appel du Pape est de dire non à la violence, qui est toujours une défaite pour l’humanité.

Antonella Palermo – Cité du Vatican

Le Pape François s’est attaché à marteler sans cesse au cours des dix années de son pontificat, que la fraternité est la seule voie possible pour aboutir à la paix, et n’a jamais manqué une occasion pour inviter croyants et non-croyants à vivre des journées de jeûne et de prière, précisément pour invoquer ce don précieux.

Jeûne et prière: un binôme dans lequel l’un nourrit l’autre, réciproquement, en créant un espace de discontinuité par rapport aux rythmes quotidiens et une posture ouverte à l’accueil. Vivre un état de faiblesse est une forme de désarmement, une prise de conscience de la souffrance d’autrui qui stimule l’empathie et la fraternité, un sentiment de privation qui chasse l’égocentrisme et invite à se sentir en lien, et non en conflit, avec l’autre.

7 septembre 2013: paix en Syrie, que s’arrête le bruit des armes

En 2012, la guerre civile en Syrie se radicalise. Les trois quarts des rebelles contre le régime en place ont une composante salafiste extrémiste, le conflit se régionalise. Le 7 septembre, le Pape François a appelé à ce que nous rappelons aujourd’hui comme la première journée de prière et de jeûne pour la paix «dans la nation bien-aimée de la Syrie, au Moyen-Orient, dans le monde entier». Lors de la veillée sur le parvis de la place Saint-Pierre, des milliers de personnes se sont rassemblées pour concentrer leur regard intérieur sur cette région qui souffre encore aujourd’hui des conséquences de la destruction, de la douleur et de la mort. «Le monde de Dieu est un monde dans lequel chacun se sent responsable de l’autre, du bien de l’autre», a rappelé le Pape. «Lorsque l’harmonie est rompue, une métamorphose se produit: le frère à garder et à aimer devient l’adversaire à combattre, à supprimer». S’en suivent la dénonciation du fait que «nous avons perfectionné nos armes, notre conscience s’est endormie, nous avons rendu plus subtiles nos raisons de nous justifier», et le cri: «La violence, la guerre n’apportent que la mort, elles parlent de la mort ! […] la guerre est toujours une défaite de l’humanité».

23 février 2018: Soudan du Sud et RDCongo, dire non à la violence

C’était le premier vendredi de carême. Le Pape et la Curie romaine concluent les Exercices spirituels sur une journée spéciale de jeûne et de prière pour les peuples du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo. La préoccupation du Souverain pontife pour ces deux pays, où seulement cinq ans plus tard se déroulerait un voyage apostolique tant désiré, s’exprimait encore dans l’invitation à semer des graines de paix là où la guerre civile et l’instabilité politique sèment au contraire la mort, l’insécurité, la terreur. Le 23 novembre 2017 déjà, le successeur de Pierre avait participé dans la basilique vaticane à l’initiative de prière pour ces nations, demandant également aux non-catholiques et aux non-chrétiens de trouver des moyens appropriés pour «dire concrètement « non » à la violence».Car, rappelait le Pape, «les victoires obtenues par la violence sont de fausses victoires, tandis que travailler pour la paix est bon pour tout le monde». Sa pensée, à cette occasion, allait en particulier aux femmes victimes de la violence dans les zones de guerre, aux «enfants qui souffrent à cause de conflits auxquels ils sont étrangers, mais qui leur volent leur enfance et parfois même leur vie». Il s’agit de bannir toute forme d’hypocrisie dans le silence ou le déni des massacres de femmes et d’enfants. Dans ces pays, la guerre montre son visage le plus horrible. Il lance un appel aux gouvernants pour qu’ils soient animés d’un esprit noble, droit, ferme et courageux dans la recherche de la paix, «par le dialogue et la négociation».

4 septembre 2020: reconstruire le Liban, pour le bien commun

Un mois après la tragédie qui a frappé le Liban, avec l’explosion dans le port de Beyrouth, le Pape François a appelé, lors de l’audience générale du 2 septembre 2020, à ce qu’une journée universelle de jeûne et de prière soit consacrée en solidarité, le 4 septembre, au Pays du Cèdre. Car, comme le répétait saint Jean-Paul II en 1989, «le Liban ne peut être abandonné dans sa solitude». En l’occurrence, bien qu’il n’y ait pas eu de conflit, la stabilité politique, économique et sociale du pays était menacée. Considérant que la tolérance, le respect, la coexistence et le pluralisme ont façonné la société libanaise, la rendant un cas unique dans la région, «pour le bien du pays, mais aussi du monde», a déclaré François, ajoutant que «nous ne pouvons pas permettre que cet héritage soit dispersé». Le message d’encouragement était de ne pas perdre l’espérance et de trouver la force nécessaire pour redémarrer. La demande adressée aux responsables politiques et religieux était de «s’engager avec sincérité et transparence dans le travail de reconstruction, en laissant de côté les intérêts partisans et en regardant le bien commun et l’avenir de la nation». Le Souverain pontife exhorte la communauté internationale à soutenir le Liban pour l’aider à sortir de la crise. Le 4 septembre, c’est le cardinal Pietro Parolin qui représentera le Pape au pays du cèdre et apportera le message du Saint-Père pour que le Liban «réalise sa vocation de fraternité».

29 août 2021: appel pour le peuple afghan «tant éprouvé» 

«Intensifiez la prière et pratiquez le jeûne; la prière et le jeûne, la prière et la pénitence, c’est le moment de le faire». C’est ce qu’a déclaré François lors de l’Angélus du dernier dimanche d’août 2021 au plus fort de la crise en Afghanistan. Au pays asiatique, qui vivait des semaines terribles avec le retour violent des talibans au pouvoir, le Souverain pontife a recommandé de demander au Seigneur la miséricorde et le pardon. «Je le fais sérieusement»,précisait-il à cette occasion, convaincu que la prière et le jeûne sont efficaces s’ils sont observés avec une foi sincère et qu’ils ne doivent pas être pris à la légère. Aucune date particulière n’a été annoncée pour ce rassemblement, mais le peuple de Dieu a été mobilisé pour ne pas se désintéresser d’une population «éprouvée». Et là encore, la préoccupation du Pape allait surtout aux femmes et aux enfants, pour lesquels il demandait d’envoyer de l’aide et de s’ouvrir à l’accueil. La Communauté de Sant’ Egidio a répondu avec une sollicitude particulière à l’invitation du Pape et s’est réunie le 15 septembre à Rome, selon les intentions du Successeur de Pierre, sachant que le jeûne et la prière ne sont pas des expériences anachroniques ou spiritualistes.

2 mars 2022: paix en Ukraine, Dieu veut que nous soyons frères et non ennemis

«Que la Reine de la Paix préserve le monde de la folie de la guerre»: ce sont les mots prononcés par François lors de l’audience générale du 23 février dernier, alors que le scénario en Ukraine semblait compromis. L’intention du Pape était de vivre le mercredi des Cendres, le 2 mars, sous le signe de la prière et du jeûne pour la paix dans le pays. Des paroles tragiquement prophétiques: le lendemain de l’appel, l’armée russe envahissait la nation ukrainienne. «Que tous ceux qui ont des responsabilités politiques fassent un sérieux examen de conscience devant Dieu, qui est le Dieu de la paix et non de la guerre, le Père de tous et non seulement de certains, qui veut que nous soyons frères et non ennemis. Je prie toutes les parties concernées», a déclaré l’évêque de Rome, poursuivant, toujours à l’intention des dirigeants politiques: «Qu’ils s’abstiennent de toute action qui cause encore plus de souffrances aux populations, déstabilise la coexistence entre les nations et discrédite le droit international». De nombreux autres appels déchirants, des dizaines et des dizaines, allaient suivre. Et le peuple de Dieu ne se lasse pas de veiller et d’implorer, sans cesse, la miséricorde, la conversion et la réconciliation.

Source : VATICANNEWS, le 27 octobre 2023

Terre Sainte : prière pour la paix à Nazareth

Nazareth, basilique de l'Annonciation © David Shankbone wikimedia commons
Nazareth, Basilique De L’Annonciation © David Shankbone Wikimedia Commons

Terre Sainte : prière pour la paix à Nazareth

Journée de prière et de jeûne pour la paix au Moyen Orient

En cette Journée de prière et de jeûne pour la paix au Moyen Orient, mardi 17 octobre 2023, les célébrations et les recueillements des fidèles ont eu lieu dans la Basilique de l’Annonciation de Nazareth, qui abrite la grotte de l’Annonciation, indique l’agence vaticane Fides.

Au terme de l’angélus du dimanche 15 octobre, le pape François a invité les fidèles à prier pour la paix en Terre Sainte. Il a en effet dit : « La prière est la force douce et sainte qui s’oppose à la force diabolique de la haine, du terrorisme et de la guerre. J’invite tous les croyants à se joindre à l’Église en Terre Sainte et à consacrer le mardi 17 octobre prochain à la prière et au jeûne. »

Hier soir, le 16 octobre, les Sœurs ont organisé une veillée de prière dans la grotte de l’Annonciation. La messe a été célébrée ce mardi matin à 8h devant la grotte, suivie de l’exposition solennelle du Saint-Sacrement tout au long de la journée. La récitation du Rosaire à 11h et la récitation de l’Angélus à 12h ont eu lieu en présence des Sœurs franciscaines du Cœur Immaculé de Marie, des Sœurs salésiennes de Nazareth et d’autres communautés de femmes consacrées. Ce soir, Mgr Rafic Nahra, vicaire patriarcal pour Israël du Patriarcat latin de Jérusalem célébrera une messe en arabe dans la Basilique de l’Annonciation, suivie du Rosaire de saint Joseph, qui fait partie des saints qui seront invoqués pour demander à Dieu le don de la paix.

« Aujourd’hui, toute notre communauté est immergée dans le silence, le jeûne et la prière au Très-Haut. La prière la plus profonde est de demander à Dieu d’accorder la paix au cœur des hommes », explique le vicaire.

Mgr Nahra souligne qu’il est « nécessaire de rompre le cercle vicieux de l’inhumanité, de la violence, de la vengeance ». « Nous voyons avec une extrême souffrance, dit-il, qu’il y a de la colère dans le cœur de chacun et qu’il est même difficile de dire un mot. La seule façon de briser ce cercle est d’accomplir des actes concrets de proximité et de miséricorde pour dissoudre la haine, qui est la racine de tout mal, de toute violence et de toute cruauté. » « Seule la miséricorde de Dieu peut ouvrir un chemin de réconciliation, ajoute-t-il. C’est pourquoi nous nous arrêtons dans la prière et le jeûne. »

Source : ZENIT.ORG, le 17 octobre 2023

Mgr Pizzaballa prêt à échanger sa vie contre celle des otages

HAZEM BADER | AFP
Le patriarche Pierbattista Pizzaballa.

Mgr Pizzaballa prêt à échanger sa vie contre celle des otages

Le cardinal de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa, s’est dit prêt à se porter otage en échange de la libération d’enfants israéliens détenus par le Hamas.

Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche de Jérusalem, s’est dit prêt à échanger sa vie contre celle d’enfants israéliens retenus en otage par le Hamas. « Je suis prêt à un échange, à n’importe quoi, si cela peut conduire à leur liberté, pour ramener ces enfants à la maison » a ainsi déclaré le patriarche dans une interview accordée à plusieurs journalistes italiens en visioconférence, lundi 16 octobre.

« La première chose à faire est d’essayer d’obtenir la libération des otages, sinon il n’y aura aucun moyen d’empêcher une escalade. Nous sommes prêts à aider, même moi personnellement », a-t-il encore déclaré avant de souligner qu’il n’avait pour le moment pas eu de contact direct le Hamas. « C’est très difficile parce que, pour permettre une médiation, il faut avoir des interlocuteurs. Et en ce moment, il n’est pas possible de parler au Hamas », a-t-il reconnu. D’après les chiffres donnés par l’armée israélienne, entre 150 et 200 personnes, dont de nombreux enfants, ont été enlevées par le Hamas depuis la vaste offensive lancée par ce dernier contre Israël, samedi 7 octobre. 

Le patriarche de Jérusalem a par ailleurs évoqué sa préoccupation quant à la crise humanitaire qui se profile suite aux représailles israéliennes sur la bande de Gaza; ainsi que sa crainte de voir le conflit se répandre dans d’autres pays du Moyen-Orient, le transformant en conflit régional « impliquant non seulement Gaza mais éventuellement la Cisjordanie ou le Liban ». Mgr Pizzaballa s’est par ailleurs affranchi de la position tenue jusqu’ici par le pape François, en désignant nommément le Hamas : « Pour être clair, le Hamas a commis des actes de barbarie en Israël », a-t-il reconnu. 

Israël – Vatican : des relations délicates

Le Saint-Siège reconnait l’État d’Israël depuis seulement 1993. Une reconnaissance intervenue 45 ans après la proclamation de l’indépendance de l’État hébreu par David Ben Gourion. Dès les débuts du sionisme, le Vatican avait en effet manifesté sa ferme opposition à la création d’un foyer juif en Palestine. Depuis, les relations diplomatiques entre les deux parties s’écrivent en pointillés. Car si le Vatican a normalisé ses relations avec Israël, il soutient toujours, au moins depuis le pontificat de Jean-Paul II, la solution de la création d’un État palestinien, cherchant avant toute chose à maintenir la paix dans cette région qui abrite les lieux saints de la chrétienté.

En 2013, l’Église catholique a ainsi officiellement reconnu les Territoires palestiniens comme un État souverain, et en 2019, le Saint-Siège réitérait sa position « concernant la solution prévoyant la création de deux États pour deux peuples comme le seul moyen de parvenir à une solution définitive à ce conflit de longue durée ». Quelques semaines avant l’attaque du Hamas en Israël, Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États au Saint-Siège, réclamait de nouveau devant l’ONU un plan de paix permettant de répondre aux aspirations des Palestiniens, tout en fustigeant une « attitude de plus en plus autoritaire et militairement invasive de l’État d’Israël ».

Source : ALETEIA, le 16 octobre 2023

La paix en Terre Sainte et au Moyen-Orient au coeur de la prière du synode

La paix en Terre Sainte et au Moyen-Orient au coeur de la prière du synode

Lors de la prière d’ouverture des travaux du Synode jeudi 12 octobre, dans la Salle Paul VI au Vatican, sa Béatitude le Cardinal Louis Raphaël Sako, Patriarche de Babylone des Chaldéens, a prié spécialement pour la paix dans le monde, en particulier en Terre Sainte, mais aussi en Ukraine, sans oublier les violences en Irak, en Iran et au Liban. 

Vatican News

La journée de travail de ce jeudi 12 octobre du synode des évêques s’est ouverte par une prière dite par Sa Béatitude le cardinal Louis Raphael I Sako, Patriarche de Babylone des Chaldéens. Dans la salle Paul VI, le chef du synode de l’Église chaldéenne a prié pour la paix, à la lumière des tragiques événements de ces derniers jours entre Israël et la bande de Gaza. 

Le Cardinal Sako prie pour la paix dans le monde

Le Patriarche de Babylone des Chaldéens invite ce jeudi à prier pour la paix dans le monde, en particulier en Terre Sainte, mais aussi en Ukraine, sans oublier les violences en Irak, en Iran et au Lyban. «Les gens attendent avec beaucoup d’espoir de vivre dans la dignité et la fraternité, et pas toujours dans la peur et l’inquietude. La solidarité, c’est aussi la solidarité avec tous ceux qui ont peur et qui souffrent», a-t-il souligné, priant pour l’avènement d’un monde uni dans la paix et la concorde à cause du Seigneur Jésus-Christ.

Les intentions de prière de la présidente du Mouvement des Focolari, Margaret Karram, ont convergé vers le drame vécu actuellement par les peuples d’Israël et de Palestine, en proie à une violence inouïe, en particulier les enfants, les blessés, les otages, les disparus et leurs familles. «Aide-nous, Seigneur, à nous engager dans la construction d’un monde fraternel pour que ces peuples et tous ceux qui vivent les mêmes conditions de conflit, d’instabilité et de violence puissent trouver le chemin du respect des droits de l’homme où la justice, le dialogue et la réconciliation sont les outils indispensables à la construction de la paix», a-t-elle conclu.

Pour la paix en Arménie et en Artsakh

Samedi 7 octobre, l’archevêque Khajag Barsamian, représentant de l’Eglise arménienne auprès du Saint-Siège, avait aussi prié pour la paix et la justice dans le monde, avec une attention particulière pour l’Arménie et la région du Haut Karabakh, qui souffrent actuellement de la guerre, de l’injustice, de la douleur et de la violence. À genoux en signe d’adoration, l’assemblée avait prié pour que le Seigneur accorde au monde entier la stabilité et la paix, et qu’il garde son Église Sainte inébranlable.

Source : VATICANNEWS, le 12 octobre 2023

Margaret Karram : de la Terre Sainte au Mouvement des Focolari

Margaret Karram, President of the Focolare Movement (photo credit: focolare.org)

Margaret Karram, President of the Focolare Movement (photo credit: focolare.org)

Margaret Karram : de la Terre Sainte au Mouvement des Focolari

Avec plus des deux tiers des voix exprimées par les participants à l’Assemblée générale du Mouvement, composée de 359 représentants du monde entier, Margaret Karram, arabe chrétienne catholique de Terre Sainte, est la nouvelle Présidente du Mouvement des Focolari, élue le 31 janvier 2021 et confirmée le 1er février par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, conformément aux statuts généraux des Focolari.

Née à Haïfa, Karram a fréquenté l’école catholique des Carmélites de la ville, où elle a commencé à étudier l’anglais et l’italien, en plus de l’arabe et de l’hébreu.

« À l’âge de 14 ans, elle a découvert la spiritualité des Focolari », selon la notice biographique publiée sur le site Internet du Mouvement des Focolari, « qu’elle a accueillie comme une réponse de Dieu : elle a compris toute la force de vivre les paroles de l’Évangile, instant après instant et en toute circonstance, consciente de la puissance d’une révolution engendrée par un amour vrai, désintéressé et sans limite». C’est à partir de ces paroles qu’elle a commencé son engagement en faveur du dialogue entre les religions monothéistes, qui la mènera à un diplôme en Judaïsme à l’Université hébraïque de Los Angeles (USA).

Margaret Karram a occupé divers postes de responsabilité pour les Focolari à Los Angeles et à Jérusalem, travaillant dans différentes commissions et organisations pour la promotion et le dialogue interreligieux. A Jérusalem en particulier, elle a participé à la Commission épiscopale pour le dialogue interreligieux de l’Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte et à l’Interreligious Coordinating Council in Israel (ICCI), accompagnant son engagement en faveur du dialogue interreligieux par un travail au Consulat général d’Italie à Jérusalem.

Bien connue du Mouvement, elle travaille depuis 2014 au Centre international des Focolari en tant que conseillère pour l’Italie et l’Albanie et coresponsable du dialogue entre les mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés catholiques.

Elle est également connue dans les couloirs du Studium Theologicum Jerosolimitanum, l’Institut de Théologie des franciscains de la Custodie dont le siège se trouve au couvent Saint-Sauveur de Jérusalem, et où Margaret Karram a suivi plusieurs cours en tant qu’étudiante extraordinaire à partir du début des années 2000.

« C’est avec joie que j’ai appris votre nomination comme Présidente du Mouvement des Focolari, succédant ainsi à la fondatrice Chiara Lubich et à Maria Voce », lit-on dans la lettre envoyée par le Custode de Terre Sainte, fr. Francesco Patton, à la Présidente nouvellement élue. « Je tiens à exprimer de ma part et au nom des frères de la Custodie de Terre Sainte les plus sincères félicitations pour ce nouvel appel au service de Notre Seigneur et de son Église, selon le charisme de l’unité ».

« Que le Seigneur éclaire votre esprit et votre cœur, afin que vous puissiez toujours écouter la voix de l’Esprit, et qu’Il vous soutienne dans l’accomplissement de votre mandat, pour lequel notre prière vous est acquise, ici en Terre Sainte, qui est la terre de Jésus, de Marie et de Joseph, la terre des Apôtres et aussi votre terre », conclut Fr. Patton.

Source: CUSTODIE.ORG, le 2 février 2021

La coordination Terre Sainte appelle à une paix juste entre Israéliens et Palestiniens

Vue sur la Vieille ville de Jérusalem. Au premier plan, le Dôme du Rocher; en arrière-plan, l'Abbaye de la DormitionVue sur la Vieille ville de Jérusalem. Au premier plan, le Dôme du Rocher; en arrière-plan, l’Abbaye de la Dormition  (AFP or licensors)

La coordination Terre Sainte appelle à une paix juste entre Israéliens et Palestiniens

La coordination Terre Sainte a clos sa rencontre annuelle, tenue du 16 au 21 janvier en ligne, pour cause de pandémie. Les évêques qui la composent soulignent l’importance de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens et demandent à leurs gouvernements de soutenir ce dialogue entre les deux parties.

C’est une première pour les onze évêques européens, américains, canadiens et sud-africains de la coordination: leur réunion annuelle s’est tenue en ligne. Chaque année depuis vingt ans, le groupe, soutenu par le Saint-Siège, se rend en Terre Sainte pour y manifester la proximité de l’Église universelle et connaître de plus près les réalités sociales, politiques et ecclésiales des communautés qui l’habitent.

«La communauté internationale, peut-on lire dans le communiqué final, doit tenir Israël pour responsable de son devoir moral, juridique et humanitaire de rendre les vaccins contre le Covid-19 accessibles aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, et encourager la coopération de la part de l’Autorité palestinienne, en tenant compte du message du Pape François selon lequel “face à un défi qui ne connaît pas de frontières, nous ne pouvons pas ériger de murs”».

Appel à la reprise de négociations directes

La coordination réitère son engagement «résolu» à soutenir «les sœurs et les frères dans la patrie du Christ» et exprime sa sympathie pour «leur mission, leur résilience et leur témoignage» offerts «dans ces circonstances sans précédent».

Aujourd’hui, en effet, les raisons d’être optimistes sont moins nombreuses que jamais, constatent avec douleur les évêques. En Terre Sainte, la crise sanitaire se voit exacerbée par le conflit, tandis que «l’absence de pèlerins du monde a accru les difficultés économiques, augmenté les niveaux de chômage et poussé beaucoup plus de familles dans la pauvreté». La coordination épiscopale déplore également «l’absence de progrès politique» qui, «avec l’expansion inexorable des colonies et l’impact de la loi sur l’État-nation d’Israël», qui définit Israël comme un État juif, continue à «éroder toute perspective de solution pacifique à deux États».

De là, un appel aux dirigeants israéliens et palestiniens à «s’engager à nouveau dans des négociations directes. Nous appelons nos gouvernements et nos dirigeants politiques à renouveler d’urgence leur participation active à la recherche d’une paix juste, en soutenant le dialogue entre toutes les parties, en protégeant le droit international et en réaffirmant la pluralité de Jérusalem, compte tenu de sa signification unique pour les juifs, les chrétiens et les musulmans».

 Responsabilité vis-à-vis des chrétiens de Terre Sainte

La coordination exhorte vivement à renforcer «la solidarité avec le peuple de Terre Sainte», tout en précisant que cette solidarité ne doit pas être «un vague sentiment, mais une détermination ferme et persévérante à s’engager pour le bien commun». «Nous avons une profonde responsabilité de soutenir les chrétiens en Terre Sainte», car les écoles, les cliniques, les hôpitaux et les autres projets sociaux de l’Eglise, y compris le travail de Caritas, «bien que soumis à une grande pression, sont des modèles de charité, de justice et de paix». Ces institutions chrétiennes sont «vitales» pour rassembler des personnes «d’origines diverses» et pour servir le «bien commun de tous».

La communauté chrétienne de Terre Sainte, «même petite, est un important garant de la cohésion sociale et un porteur d’espoir pour un avenir meilleur», soulignent les évêques qui espèrent pouvoir bientôt retourner en pèlerinage dans la région. «D’ici là, nous encourageons nos communautés à fournir toute l’aide possible et à se souvenir dans la prière de tous les peuples de la région», concluent-ils.

Source: VATICANNEWS, le 21 janvier 2021