Le Pape encourage des évêques dans leur engagement pour l’unité

Rencontre entre Pape François et les évêques amis des Focolari Rencontre entre Pape François et les évêques amis des Focolari

Le Pape encourage des évêques dans leur engagement pour l’unité

François a rencontré ce samedi matin un groupe d’évêques proches du mouvement des Focolari, fondé en Italie par Chiara Lubich. Il leur a rappelé l’importance d’être «au service de la communion» au sein de l’Église, afin de réaliser le «rêve» de Dieu. 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

À ces quelques évêques proches des Focolari, le Pape a d’abord rappelé le charisme reçu par sa fondatrice Chiara Lubich à Trente au début des années 1940, alors que l’Europe est déchirée par la guerre: «le service de l’unité», «unité dans l’Église, unité entre tous les croyants, unité dans le monde entier, « en cercles concentriques »». Et cela, en étant sûrs que l’amour tout-puissant de Dieu «crée l’unité sans annuler la diversité, au contraire, en la valorisant et en l’harmonisant».

Avoir «l’audace d’être un»

Le Saint-Père a relevé la «parenté» entre ce charisme et le ministère des évêques. Ces derniers sont donnés au Peuple de Dieu «afin qu’il soit édifié dans l’unité de la foi, de l’espérance et de la charité. Dans le cœur de l’évêque, l’Esprit Saint imprime la volonté du Seigneur Jésus : que tous les chrétiens soient un (…)», a poursuivi François en se référant à l’évangile selon saint Jean.

Cette unité à laquelle œuvre le Pape et les évêques n’est pas «extérieure», elle n’est pas «uniformité» mais «mystère de communion» dans le Christ et l’Esprit Saint, qui témoigne dans le monde. Le Saint-Père a rappelé à cet égard l’une des définitions de l’Église que donne la constitution dogmatique Lumen gentium«le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain» (LG 1,1).

Réconcilier et «harmoniser toutes et tous en Christ», tel est «le rêve de Dieu», a résumé François. Il s’agit aussi d’un rêve de «fraternité», spécialement dans un contexte marqué par les inégalités. «L’Esprit nous appelle à « avoir l’audace – la parrhésie – d’être un »», a déclaré le Souverain Pontife.

Un chemin de sainteté

Ce sont bien souvent les saints qui ont le «courage de l’unité», a-t-il poursuivi, citant saint Cyprien et sa définition de l’Église comme «un peuple rassemblé dans l’unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit» (De Orat. Dom. 23 : PL 4, 553). Mais le Saint-Père a aussi mentionné les «témoins de notre temps, pasteurs et laïcs, qui ont eu « l’audace de l’unité », payant de leur personne un prix parfois très élevé».

L’unité que donne le Christ, a-t-il précisé, est en effet exigeante. Il ne s’agit pas «être d’accord à tout prix». «Elle obéit à un critère fondamental, qui est le respect de la personne, le respect du visage de l’autre, surtout du pauvre, du petit, de l’exclu».

Le Successeur de Pierre a conclu son discours en encourageant les évêques à poursuivre leur engagement sur «ce chemin d’amitié – je vous recommande qu’il soit toujours ouvert, jamais exclusif – afin de grandir au service de la communion»… tout en gardant «le sourire, qui fait partie de votre charisme».

Source: VATICANNEWS, le 25 septembre 2021

Margaret Karram : de la Terre Sainte au Mouvement des Focolari

Margaret Karram, President of the Focolare Movement (photo credit: focolare.org)

Margaret Karram, President of the Focolare Movement (photo credit: focolare.org)

Margaret Karram : de la Terre Sainte au Mouvement des Focolari

Avec plus des deux tiers des voix exprimées par les participants à l’Assemblée générale du Mouvement, composée de 359 représentants du monde entier, Margaret Karram, arabe chrétienne catholique de Terre Sainte, est la nouvelle Présidente du Mouvement des Focolari, élue le 31 janvier 2021 et confirmée le 1er février par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, conformément aux statuts généraux des Focolari.

Née à Haïfa, Karram a fréquenté l’école catholique des Carmélites de la ville, où elle a commencé à étudier l’anglais et l’italien, en plus de l’arabe et de l’hébreu.

« À l’âge de 14 ans, elle a découvert la spiritualité des Focolari », selon la notice biographique publiée sur le site Internet du Mouvement des Focolari, « qu’elle a accueillie comme une réponse de Dieu : elle a compris toute la force de vivre les paroles de l’Évangile, instant après instant et en toute circonstance, consciente de la puissance d’une révolution engendrée par un amour vrai, désintéressé et sans limite». C’est à partir de ces paroles qu’elle a commencé son engagement en faveur du dialogue entre les religions monothéistes, qui la mènera à un diplôme en Judaïsme à l’Université hébraïque de Los Angeles (USA).

Margaret Karram a occupé divers postes de responsabilité pour les Focolari à Los Angeles et à Jérusalem, travaillant dans différentes commissions et organisations pour la promotion et le dialogue interreligieux. A Jérusalem en particulier, elle a participé à la Commission épiscopale pour le dialogue interreligieux de l’Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte et à l’Interreligious Coordinating Council in Israel (ICCI), accompagnant son engagement en faveur du dialogue interreligieux par un travail au Consulat général d’Italie à Jérusalem.

Bien connue du Mouvement, elle travaille depuis 2014 au Centre international des Focolari en tant que conseillère pour l’Italie et l’Albanie et coresponsable du dialogue entre les mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés catholiques.

Elle est également connue dans les couloirs du Studium Theologicum Jerosolimitanum, l’Institut de Théologie des franciscains de la Custodie dont le siège se trouve au couvent Saint-Sauveur de Jérusalem, et où Margaret Karram a suivi plusieurs cours en tant qu’étudiante extraordinaire à partir du début des années 2000.

« C’est avec joie que j’ai appris votre nomination comme Présidente du Mouvement des Focolari, succédant ainsi à la fondatrice Chiara Lubich et à Maria Voce », lit-on dans la lettre envoyée par le Custode de Terre Sainte, fr. Francesco Patton, à la Présidente nouvellement élue. « Je tiens à exprimer de ma part et au nom des frères de la Custodie de Terre Sainte les plus sincères félicitations pour ce nouvel appel au service de Notre Seigneur et de son Église, selon le charisme de l’unité ».

« Que le Seigneur éclaire votre esprit et votre cœur, afin que vous puissiez toujours écouter la voix de l’Esprit, et qu’Il vous soutienne dans l’accomplissement de votre mandat, pour lequel notre prière vous est acquise, ici en Terre Sainte, qui est la terre de Jésus, de Marie et de Joseph, la terre des Apôtres et aussi votre terre », conclut Fr. Patton.

Source: CUSTODIE.ORG, le 2 février 2021

Le Pape François rencontre le mouvement des Focolari

Le Pape François salue Margaret Karram (au centre) et Maria Voce (à droite), lors de l'audience avec les Focolari, le 6 février 2021 au Vatican. Le Pape François salue Margaret Karram (au centre) et Maria Voce (à droite), lors de l’audience avec les Focolari, le 6 février 2021 au Vatican.  

Le Pape François rencontre le mouvement des Focolari 

Le Saint-Père a rencontré ce samedi 6 février les participants à l’assemblée générale des Focolari, qui vient d’élire sa nouvelle présidente, Margaret Karram. Il a offert à ce mouvement ecclésial fondé en 1943 quelques points de réflexion pour une croissance harmonieuse, à envisager sans autoréférentialité et dans un esprit synodal. 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Dans la vaste salle Paul VI, 150 membres du mouvement des Focolari étaient présents en fin de matinée pour rencontrer le Saint-Père, dont la présidente sortante Maria Voce, et la nouvelle présidente élue pour six ans dimanche dernier, Margaret Karram. Toutes deux ont prononcé quelques mots destinés au Souverain Pontife avant que celui-ci ne prenne à son tour la parole. Il faut «porter dans le cœur la Terre Sainte, toujours» a déclaré François en s’adressant à Margaret Karram, native d’Haïfa, en Israël.

Avancer avec créativité

Le Pape a ensuite articulé son discours en trois points: «l’après-fondatrice; l’importance des crises; vivre la spiritualité avec cohérence et réalisme».

Douze ans après la mort de leur fondatrice, la servante de Dieu Chiara Lubich, le mouvement des Focolari doit faire face au défi de la baisse du nombre de ses effectifs, et à celui de maintenir vivant le charisme initial. Cela demande «une fidélité dynamique, capable d’interpréter les signes et les besoins des temps», a souligné le Pape. «Chaque charisme est créatif, ce n’est pas une statue de musée». Quelques ingrédients sont indispensables pour vivre ce passage: «créativité, sagesse, sensibilité envers tous et fidélité à  l’Église». «Votre spiritualité, caractérisée par le dialogue et l’ouverture aux différents contextes culturels, sociaux et religieux, peut certainement favoriser ce processus», a ajouté François.

Ne pas «se regarder dans le miroir»

Les Focolari ont été mis en garde contre toute forme d’autoréférentialité, «qui ne vient jamais d’un bon esprit». «C’est toujours un péché, c’est une tentation de se regarder dans le miroir», a lancé François. Il faut éviter ce repli sur soi «qui porte à défendre toujours l’institution au détriment des personnes, et qui peut porter aussi à justifier ou à couvrir des formes d’abus»«Avec tant de douleur nous l’avons vécu, nous l’avons découvert ces derniers années», a reconnu le Successeur de Pierre.

Le Saint-Père a alors exhorté à affronter avec «vérité les problèmes, en suivant toujours les indications de l’Église, qui est une Mère, et en répondant aux exigences de la justice et de la charité». «L’autocélébration ne rend pas un bon service au charisme», a-t-il rappelé, invitant les Focolari à vivre leur idéal dans un esprit marial, «avec foi, humilité et courage».

Le 31 janvier prochain, le mouvement des Focolari va élire sa nouvelle présidente pour six ans, une femme par statut. Elle succèdera à Maria Voce, qui a dirigé le mouvement des …

Conseils pour traverser la crise

Dans un second temps, le Pape François a souligné que chaque crise est «une opportunité pour grandir, (…), un appel à une nouvelle maturit黫Les crises sont une bénédiction, (…) y compris dans la vie des institutions». Il s’agit d’y répondre «sans se décourager devant la  complexité humaine et ses contradictions», et en faisant preuve de résilience. Le Souverain Pontife a bien fait la distinction entre les «crises communautaires et organisationnelles» que doivent résoudre d’une manière constructive des personnes endossant une responsabilité, et les «crises spirituelles des personnes», auxquelles doivent faire face prudemment «ceux qui n’ont pas de charge de gouvernement». Rappelant donc la distinction entre for externe et for interne, le Pape a estimé qu’il s’agit d’une «bonne règle de l’Église depuis toujours», qui vaut en général pour tout chemin spirituel. La confusion entre deux niveaux, celui du gouvernement et celui de  la conscience, «donne lieu à des abus de pouvoir et aux autres abus dont nous avons été témoins, lorsqu’a été découverte la marmite de ces graves problèmes», a-t-il ajouté.

Le sourire et la main tendue

Le Saint-Père a enfin invité ses hôtes à vivre leur spiritualité, fondée sur l’unité, «avec cohérence et réalisme», tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du mouvement des Focolari.

À l’extérieur, cela consiste à faire le choix de la fraternité, en dépassant toutes les barrières qui séparent les hommes. «N’oubliez pas que (…) la proximité a été le langage le plus authentique de Dieu», a insisté François. À l’intérieur, cela revient à s’engager sur le chemin de la synodalité, pour que tous les membres «soit corresponsables et participants» du même charisme. Il s’agit de «mettre au service des autres ses propres dons, ses propres opinions, dans la vérité et la liberté».

En conclusion de son discours, le Souverain Pontife a invité les membres des Focolari, qui sont actuellement plus de deux millions dans 12 pays, a continuer de suivre l’exemple de leur fondatrice Chiara Lubich, «à l’écoute d’abandon du Christ en croix», et par «un joyeux témoignage», en gardant toujours le sourire. Et le Pape de conclure par cette petite histoire qu’on lui avait un jour racontée: «Il y a quatre choses que Dieu ne pas connaître (…). Ce que pensent les jésuites, combien d’argent ont les salésiens, combien y a-t-il de congrégations de sœurs, et de quoi sourient les membres des Focolari».  

Source: VATICANNEWS, le 6 février 2021