Prière du pape François avec les réfugiés et départ de Malte

"Jean XXIII Peace Lab", 3 av. 2022 © Vatican Media

« Jean XXIII Peace Lab », 3 Av. 2022 © Vatican Media

Prière du pape François avec les réfugiés et départ de Malte

« Que chaque personne soit respectée dans son inviolable dignité »

« Que chaque personne soit respectée dans son inviolable dignité »: c’est la prière du pape François au terme de sa visite au centre « Jean XXIII Peace Lab », fondé en 1971 à Malte par par le p. Dionysius Mintoff, 91 ans, qui a accueilli le pape, ce dimanche 3 avril 2022.

Avant de prendre la parole, le pape François a écouté le témoignage de Daniel Oukeguale, et celui de Siriman Coulibaly.

Le pape a prononcé un discours qui est aussi comme une feuille de route pour l’accueil des migrants et des réfugiés en Eglise.

Il a ensuite allumé des cierges devant l’image de la Vierge Marie avec une famille de réfugiés. Puis il a béni des chapelets, signé le livre d’or et … dédicacé une calotte blanche, comme le matin à la Grotte de S. Paul.

Avant de partir, le pape offert au centre une céramique représentant une Vierge à l’Enfant. Il a aussi encore longuement écouté d’autres récits… si bien qu’il est arrivé à l’aéroport avec une heure de retard.

Mais l’A320neo de Malta Airline l’attendait, ainsi que le président George Vella – avec lequel il a eu un bref entretien – et sa femme Miriam , le Premier ministre Robert Abela, sa femme Margaret et leur fille, les délégations du gouvernement et de l’Eglise, mais aussi les militaires et la fanfare qui a joué les hymnes nationaux.

Dans l’avion, frappé du blason du pape, l’image de la Vierge de Bonaria – le sanctuaire de Cagliari, en Sardaigne, qui a donné, en Amérique Latine, le nom de Buenos Aires, dit-on – marquait la place du pape François, comme c’est la tradition. Le pape a touché l’icône et l’a embrassée avant de s’asseoir.

Mais il n’allait pas se reposer: il avait rendez-vous avec la presse dans l’avion.

Il est arrivé à l’aéroport de Rome Fiumicino à 20h30. Il devait faire encore une petite trentaine de kilomètres pour rejoindre le Vatican. Le Saint-Siège n’indique pas que le pape soit passé par Sainte-Marie-Majeure: il y passera probablement demain, lundi.

AB

Prière du pape François à la fin de la rencontre

Seigneur Dieu, créateur de l’univers
source de liberté et de paix
d’amour et de fraternité,
Tu nous as créés à ton image
et tu as insufflé en chacun de nous ton souffle de vie,
pour nous faire participer à ton être, dans la communion.
Même lorsque nous avons rompu ton alliance
Tu ne nous as pas abandonnés au pouvoir de la mort.
mais dans ton infinie miséricorde
tu nous as toujours appelés à revenir vers Toi
et à vivre comme tes enfants.
Répands en nous ton Esprit Saint
et donne-nous un cœur nouveau
capable d’écouter le cri, souvent silencieux,
de nos frères et soeurs qui ont perdu la
la chaleur de leur maison et de leur patrie.
Fais que nous puissions leur donner de l’espérance
avec des regards et des gestes d’humanité.
Fais de nous des instruments de paix
et d’amour fraternel concret.
Libère-nous des peurs et des préjugés,
afin que nous puissions faire nôtres leurs souffrances
et lutter ensemble contre l’injustice,
pour que grandisse un monde où chaque personne soit respectée dans son inviolable dignité,
celle que Tu as mise en nous, ô Père,
et que ton Fils a consacré pour toujours.
Amen.

Source: ZENIT.ORG, le 3 avril 2022

À Athènes, de jeunes chrétiens Syriens en quête d’un avenir de paix

Elias et Khegam, réfugiés syriens à Athènes.Elias et Khegam, réfugiés syriens à Athènes. 

À Athènes, de jeunes chrétiens Syriens en quête d’un avenir de paix

Le retour du Pape François à Lesbos marquera sans conteste l’acmé de son 35e voyage apostolique ; la question des migrants et réfugiés constitue de fait le fil rouge de ce déplacement en Méditerranée. Ils sont encore nombreux aujourd’hui dans les îles égéennes, mais également dans les grandes villes de la péninsule hellénique, dont la capitale, Athènes. Nous sommes allés à la rencontre de deux jeunes Syriens qui y sont accueillis dans un petit centre de l’Église arménienne catholique.

Manuella Affejee – envoyée spéciale à Athènes

Non loin du quartier pittoresque et touristique de Plaka qui se déploie au pied du majestueux Acropole, l’ordinariat arménien catholique de Grèce offre une atmosphère d’emblée familiale et chaleureuse à ses visiteurs. L’accueil, ici, n’est pas un vain mot mais fait véritablement partie de l’ADN de cette maison. Elle fut en effet fondée en 1921 pour être le refuge des Arméniens de Turquie ayant fui le génocide qui décima une grande partie d’entre eux.

Un point de chute pour les réfugiés syriens chrétiens

L’immigration arménienne s’étant tarie au fil des ans, l’ordinariat ralentit ses activités liées à l’accueil des réfugiés, pour se concentrer sur sa vie paroissiale. En 2015-2016, l’afflux de personnes migrantes venant essentiellement du Moyen-Orient, via la Turquie, permet à l’ordinariat de renouer avec sa vocation première. Son responsable, Mgr Joseph Bezezian, raconte avoir reçu un jour l’appel d’une ancienne paroissienne à Alep. Elle lui raconte que son fils a fui la Syrie et se retrouve en Grèce, seul et démuni. Le prêtre lui propose volontiers l’hospitalité ; un autre jeune se présente une semaine plus tard, puis un autre. C’est ainsi que le petit centre se verra héberger jusqu’à une quarantaine de personnes, toutes chrétiennes, malgré des moyens limités.

La plupart viennent de Syrie, à l’instar d’Elias et de Kegham, 22 ans chacun. Le premier est originaire de Hama, arrivé à Athènes depuis 2 ans après une odyssée de 22 semaines ; le second vient d’Idleb, après être passé par le Liban, la Turquie d’où il s’est embarqué à bord d’un canot pneumatique surchargé pour traverser la mer Égée. Il se trouve à Athènes depuis 2 semaines seulement.

L’impossibilité d’un avenir serein en Syrie

Leur histoire est celle de nombreux jeunes Syriens de leur âge. Depuis 11 ans, Elias et Kegham ne connaissent que le bruit des bombes, la destruction et les privations. Leurs familles sont restées au pays, eux se sont exilés pour fuir l’obligation du service militaire. Kegham pointe de son côté une pression de moins en moins tenable à Idleb : « Il y a du racisme envers les chrétiens, comme minorité, nous n’avons pas les mêmes droits… Cela devenait inutile que je reste en Syrie ». Le départ, pour lui et Elias, s’est imposé comme une douloureuse évidence. Leur sourire timide se teinte de tristesse lorsqu’ils évoquent leur pays et surtout leurs familles. « Nos parents, nos amis… Ce sont eux qui nous manquent le plus, même si on s’adapte à tout », avoue simplement Kegham.

Les deux jeunes Syriens, avec une dizaine d’autres, sont suivis par une équipe de 4 personnes, dont Mgr Bezezian ; l’ordinariat peut également compter sur un avocat qui pourvoit à une assistance légale ainsi que sur deux autres volontaires, en charge d’une aide médicale, le cas échéant. Pour faciliter leur intégration, des cours de grec et d’anglais leur sont proposés. Car certains pensent rester en Grèce, en dépit d’un contexte économique bien sombre. Elias, par exemple, suit actuellement une formation culinaire, en prévision de l’ouverture d’une boulangerie par l’ordinariat. Kegham aimerait plutôt aller en Allemagne, y travailler pour ensuite organiser la venue de sa famille en Europe et lui être ainsi réunie.

« Je ne me sens plus seul »

Les deux Syriens participeront à la rencontre du Pape avec les jeunes, lundi 6 décembre au matin ; plutôt réservés, ils ne sauraient trop expliquer ce qu’ils en attendent. Une chose est sûre : la venue de l’évêque de Rome -qu’ils n’ont jamais vu qu’en photo- ses paroles fortes sur les migrants et réfugiés les touchent au premier chef. « Notre réalité est mise en lumière », lâche Elias ; « je ne me sens plus seul, quelqu’un fait attention à moi, parle de moi », avoue pour sa part le jeune Kegham.

Cette attention manifestée par le Pape et l’Église universelle durant ces jours, est déjà vécue au quotidien par Elias et Kegham. La toute petite église arménienne catholique d’Athènes est devenue leur fragile point d’ancrage, et leur permet de se sentir, après tant d’épreuves, comme à la maison, comme en famille.

Source: VATICANNEWS, le 4 décembre 2021

François appelle au réveil des consciences face à la détresse des migrants

Le Pape saluant des migrants, en l'église de la Sainte-Croixà à Nicosie, le 3 décembre 2021.Le Pape saluant des migrants, en l’église de la Sainte-Croixà à Nicosie, le 3 décembre 2021.  (Vatican Media)

François appelle au réveil des consciences face à la détresse des migrants

Pour sa dernière prise de parole en territoire chypriote, le Pape François s’est rendu en l’église de la Sainte-Croix, près de la ligne de démarcation, pour une rencontre œcuménique avec des migrants. Il s’est une nouvelle fois dressé avec émotion et fermeté contre l’indifférence de certains face à la détresse des migrants.

Vatican News

Après avoir écouté les témoignages de quatre jeunes migrants, venus du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie, le Pape s’est dit très ému, en expliquant que son émotion «vient de la beauté de la vérité». Il a cité ces paroles de Jésus dans l’Évangile de Matthieu: «Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange: ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits».

L’évêque de Rome a ensuite cité la Lettre de saint Paul aux Éphésiens, «vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu» (Ep 2, 19). Cette parole exprime «la prophétie de l’Église, une communauté qui, avec toutes les limites humaines, incarne le rêve de Dieu», a expliqué le Pape.

La réaction de Mariamie Welo qui a témoigné devant le Pape

Désamorcer la haine en prenant la voie de la fraternité

«Dieu rêve aussi, comme toi, Mariamie, qui viens de la République Démocratique du Congo, et qui t’es définie comme “pleine de rêves”. Comme toi, Dieu rêve d’un monde de paix, dans lequel ses enfants vivent comme des frères et sœurs», a assuré François à une Congolaise qui venait de présenter son témoignage. «Nous ne sommes pas des numéros, des individus à cataloguer. Nous sommes “frères”, “amis”, “croyants”, “proches” les uns des autres», a insisté François, fils de migrants italiens venus tenter leur chance en Argentine dans les années 1920.

«Lorsque toi, Maccolins, qui viens du Cameroun, tu dis qu’au cours de ta vie tu as été “blessé par la haine”, tu nous rappelles que la haine a aussi pollué nos relations entre chrétiens», a remarqué le Pape. «Nous sommes sur le chemin du conflit à la communion. Sur ce long chemin fait de montées et de descentes, il ne faut pas avoir peur des différences entre nous, mais plutôt de nos fermetures et de nos préjugés, qui nous empêchent de nous rencontrer vraiment et de marcher ensemble.»

Dans une allusion à la blessure propre à l’île de Chypre et la barrière toute proche de cette église, François a redit que «les fermetures et les préjugés reconstruisent entre nous ce mur de séparation que le Christ a abattu, celui de l’inimiti黫Le Seigneur Jésus, vient à notre rencontre avec le visage du frère marginalisé et rejeté. Avec le visage du migrant méprisé, rejeté, en cage», mais aussi celui du migrant «qui voyage vers quelque chose, vers une espérance, vers une coexistence plus humaine», a expliqué le Pape, en dénonçant une nouvelle fois la «culture de l’indifférence» dans laquelle beaucoup se complaisent.

Le rêve d’un monde réconcilié

«Dieu nous parle à travers vos rêves. Il nous appelle, nous aussi, à ne pas nous résigner à un monde divisé, à une communauté chrétienne divisée, mais à cheminer dans l’histoire attirés par le rêve de Dieu: une humanité sans murs de séparation, libérée de l’inimitié, avec non plus des étrangers mais seulement des concitoyens. Différents, certes, et fiers de nos particularités, qui sont un don de Dieu, mais concitoyens réconciliés», a insisté l’évêque de Rome.

«Que cette île, marquée par une douloureuse division, devienne un laboratoire de fraternité», a demandé le Pape, rappelant que «la reconnaissance effective de la dignité de toute personne humaine» et «l’ouverture confiante à Dieu, le Père de tous» sont deux conditions complémentaires et indispensables à l’édification d’une société harmonieuse. «À ces conditions, il est possible que le rêve se transforme en un voyage quotidien, fait de pas concrets allant du conflit à la communion, de la haine à l’amour», a assuré François.

Le cri du Pape contre l’indifférence

Avec gravité, le Pape est ensuite sorti de son texte en évoquant la mémoire des nombreux migrants disparus en chemin, notamment ceux qui se sont noyés en Méditerranée, une mer devenue un «grand cimetière».

Évoquant une nouvelle fois les marchés aux esclaves dont des documentaires ont montré l’horreur, il a dressé un parallèle avec les personnes persécutées sous les régimes d’Hitler et de Staline. Il a aussi exprimé sa colère contre ceux qui dressent des fils barbelés aux frontières pour empêcher l’arrivée des réfugiés. Ces personnes fuient la haine mais se trouvent confrontés à d’autres formes de haine, a-t-il déclaré avec fermeté.

«Que le Seigneur réveille la conscience de nous tous ! Nous ne pouvons pas nous taire et regarder ailleurs!», a exhorté François. «La migration forcée n’est pas une habitude touristique», a martelé le Pape, dénonçant une nouvelle fois l’indifférence de l’Occident.

Il a aussi dénoncé un «esclavage universel» auquel beaucoup s’habituent. «Cette manière de s’habituer est une maladie très grave», a tonné le Pape, s’attristant aussi de l’humiliation vécue par ceux qui ont été expulsés au terme de voyages souvent ruineux.

Source: VATICANNEWS, le 3 décembre 2021

Une douzaine de réfugiés transférés de Chypre vers l’Italie

Des familles de migrants lors de la prière œcuménique dans l'église Sainte Croix de Nicosie, le 3 décembre. Des familles de migrants lors de la prière œcuménique dans l’église Sainte Croix de Nicosie, le 3 décembre.   (Vatican Media)

Une douzaine de réfugiés transférés de Chypre vers l’Italie

À l’initiative du Pape François, ces migrants doivent rejoindre l’Italie ces prochaines semaines fort d’un accord signé entre la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège et la communauté Sant’Egidio. Il s’agit d’un premier groupe. Au total, l’accord devrait permettre le transfert d’une cinquantaine de personnes. 

«En signe de la sollicitude du Saint-Père envers les familles et les personnes migrantes, le voyage apostolique à Chypre s’accompagnera dans les prochaines semaines d’un geste humanitaire consistant à accueillir une douzaine de réfugiés, dont certains ont été salués par le Pape ce soir à l’issue de la rencontre œcuménique de prière avec les migrants» explique un communiqué de la salle de presse du Saint-Siège, publié vendredi après-midi, peu après la rencontre entre le Saint-Père et des réfugiés dans l’église Sainte-Croix de Nicosie.

«Leur transfert et leur accueil seront rendus possibles grâce à un accord entre la Secrétairerie d’État, les autorités italiennes et chypriotes, et à la collaboration avec la Section migrants et réfugiés du Saint-Siège et la Communauté de Sant’Egidio» précise le même communiqué. 

Selon Giancarlo Penza, l’un des coordinateurs de ce couloir aérien au sein de la communauté Sant’Egidio, ce premier groupe d’une douzaine de personnes devrait arriver en Italie d’ici Noël, et trois ou quatre autres groupes suivront. Il confirme que c’est «la volonté du Saint-Père au début de ce voyage de faire ce geste d’accueil et d’hospitalité au nom du Saint-Siège pour ce groupe de réfugiés qui sont basés à Chypre». Parmi ces personnes figurent notamment quelques femmes seules avec des enfants. La relocalisation de ces personnes sera effectuée en Italie par Sant’Egidio avec l’assistance économique et financière du Saint-Siège, précise encore Giancarlo Penza. 

Pour le responsable de Sant’Egidio, comme cela l’a été par le passé avec l’organisation d’autres couloirs humanitaires, ce groupe de personnes migrantes devrait bénéficier du droit d’asile pendant un an, de quoi les rendre «autonomes et indépendantes» après leur accueil en Italie. 

Source: VATICANNEWS, le 3 décembre 2021