Méditation 28ème Dimanche B

Quaresima

Méditation 28ème Dimanche B

Le père Jésuite Martin Bahati nous propose une méditation avec les lectures du 28ème dimanche du Temps ordinaire B.

Mes frères et sœurs, les lectures de ce 28e dimanche du temps ordinaire, nous invitent à méditer sur les exigences requises pour devenir disciple de Jésus.

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, un drame nous est présenté qui donne chair à l’enseignement de Jésus. Un jeune-home riche s’approche de lui et demande ce qu’il doit faire pour avoir en héritage la vie éternelle. Il reçoit la réponse de base, à savoir, qu’il doit observer les commandements. Cependant, le jeune-home en tant que bon juif pratiquant, il observe déjà les commandements mais sent intérieurement que quelque chose manque encore dans sa vie. Jésus pressent sa faim et lui lance un défi radical : Il doit se débarrasser de son attachement à la richesse, où se trouvent sa sécurité et son statut social, et se confier entièrement à Dieu en le suivant. Le jeune-homme devient sombre et s’en alla tout triste.  

Dans les Evangiles, Jésus enseigne perpétuellement que la richesse peut devenir un obstacle pour entrer dans le Royaume des cieux. L’histoire du jeune homme riche, dans l’évangile d’aujourd’hui, en est une illustration : « Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste». Le jeune-homme riche a peur de sortir de sa zone de confort et de sécurité. Il a peur de perdre son statut social, les honneurs, la considération… Il refuse «de partir vers une terre inconnue », comme l’avait fait Abraham autrefois, dans sa vieillesse. Le jeune-homme riche de l’évangile pensait que le vrai trésor était dans la richesse, la sagesse de Jésus est que la richesse ne donne pas le bonheur final. Notre plus grand trésor est à l’intérieur de nous-mêmes : l’homme créé à l’image de Dieu, par amour et pour l’amour.

Le jeune homme riche est invité à partager les biens matériels qui le retiennent et l’empêchent d’être un disciple du Christ. Ainsi, Jésus nous invite tous et chacun au détachement et à la liberté à l’égard des biens matériels. Les détachements peuvent être dans divers domaines de la vie : Abraham a été appelé à quitter son pays, Pierre ses filets, Matthieu son bureau de douane, Élisée sa ferme, Nathanaël sa retraite. Dans un monde en pleine mutation dans lequel se vivent violences, exclusions, exploitations… le Christ nous invite à revoir nos attitudes et notre comportement personnel. Comme au jeune-homme riche, Jésus dit à chacun de nous dans l’aujourd’hui de notre histoire : « … va vends ce que tu as…puis suis-me ». Qu’avons-nous ? Diverses richesses positives et négatives : richesses matérielles, diverses sécurités, mais aussi égoïsmes, narcissismes, cupidités, convoitises, violences, etc… L’invitation de Jésus au dépassement, à la vente de ces attitudes culmine dans une libération intérieure. L’histoire du jeune homme riche nous rappelle qu’on ne peut pas se mettre à la suite du Seigneur en demeurant encombré de lourds fardeaux. Remarquez que Jésus ne met pas l’accent sur ce qu’on doit abandonner mais sur le bonheur que l’on découvre à le faire.

En ce 28e dimanche du temps ordinaire demandons au Seigneur de nous accorder sa grâce libératrice afin que nous considérions les choses matérielles qui nous attirent, nous encombrent et nous empêchent de le suivre comme des balayures. Que la Vierge Marie, nous obtienne cette grâce ! Amen !

Méditation 28è dim ord. P Bahati SJ

Source: VATICANNEWS, le 9 octobre 2021

Méditation du quatrième dimanche de Pâques :  » Jésus, le bon berger »

Croce, crocifissoCroce, crocifisso 

Méditation du quatrième dimanche de Pâques :  » Jésus, le bon berger »

Le Père jésuite Martin Bhati nous introduit à la méditation avec les lectures du quatrième dimanche de Pâques de l’année B.

Mes chers frères et sœurs, aujourd’hui l’Eglise nous propose de célébrer le quatrième dimanche de Pâques, année B. Les Actes des Apôtres présentent l’apôtre Saint Pierre devant le Sanhedrin. Il témoigne d’une guérison d’un infirme, au nom de Jésus. La première lettre de Saint Jean, dans la péricope lue, montre les rapports difficiles entre le monde et Dieu et tous ses serviteurs. Cette lecture souligne également notre marche d’amour vers la plénitude de la vie en Dieu.

Dans l’Evangile le Christ se présente comme le Bon Berger qui connait ses brebis et qui se sacrifie pour elles. Le langage du berger et des troupeaux fait historiquement partie intégrante de la compréhension que l’Eglise a d’elle-même. Le Bon Pasteur, c’est celui qui permet à ceux et à celles qui lui sont confiés de « vivre pleinement » : il dirige, guide, défend et protège son troupeau.

Le bon Berger connait ses brebis et ses brebis le connaissent. Il connaît chacune par son nom ; elles sont toutes uniques. S. Jean, met l’accent sur l’individualité de chacun et l’importance que nous avons pour Dieu. Qui que nous soyons, nous avons du prix à ses yeux. Chacun est un modèle unique devant Dieu.

Ensuite, Jésus dit que le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Il prend tous les risques possibles pour protéger ses brebis jusqu’au sacrifice suprême. Il ne les abandonne pas quand viennent les animaux sauvages, quand viennent les voleurs. Ils restent solidaires avec elles.

Enfin, le Bon Pasteur nous dit qu’il a d’autres brebis dans d’autres bergeries. Il s’en préoccupe ; il veut les rassembler toutes en un seul troupeau dans l’unité. Quand Jésus affirme cela, il ne pense pas seulement aux bons chrétiens ; il pense aussi à tous ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu, ceux et celles qui organisent leur vie sans lui et en dehors de lui ; il voit aussi ceux et celles qui combattent l’espérance chrétienne ou la tournent en dérision. Les uns et les autres sont connus et aimés de Dieu.

La question fondamentale que nous devons aborder d’aujourd’hui est donc celle de savoir comment nous devons considérer le ministère. Être chrétien, c’est être conscient des relations qui nous lient les uns aux autres malgré les différences.  Agir en tant que chrétien, c’est être conscient de la manière dont nous affectons les autres, et en retour, sommes affectés par eux, en bien ou en mal.

L’antipathie et la haine, détruisent l’individualité, et regroupent les gens en leur donnant une étiquette négative. On ne connaît plus le nom des personnes, ils n’ont plus de visage, nous ne savons plus qui ils sont… Il devient alors plus facile de lutter contre eux et de les éliminer… 

Dans l’évangile d’aujourd’hui, le Seigneur refuse cette négation de la personne. Il connaît ses brebis et il les appelle par leur nom. Le bon pasteur est le Dieu des Juifs, des Bouddhistes, des Musulmans, des Hindous, des Chrétiens. En ce dimanche du bon pasteur, nous sommes invités à marcher dans les traces du Seigneur, d’être de bons pasteurs pour les gens autour de nous. 

Méditation 4è dimanche de Paques de l’année liturgique B avec le Père Bahati, SJ

Source: VATICANNEWS, le 24 avril 2021

Méditation du IIe dimanche de Carême : «La montagne est le lieu où Dieu se révèle »

Quaresima

Méditation du IIe dimanche de Carême : «La montagne est le lieu où Dieu se révèle »

Le Père jésuite Martin Bahati nous introduit à la méditation avec les lectures du deuxième dimanche de Carême de l’année liturgique B.

Mes chers frères et sœurs, aujourd’hui l’Eglise nous propose de célébrer le deuxième dimanche du temps de carême année B. Le livre de la genèse, dans la péricope lue, nous présente l’histoire du sacrifice d’Abraham. Dans l’Evangile, Saint Marc, quant à lui, nous fait méditer sur le passage de la transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ, devant trois de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean.

La symbolique de la montagne dans les Écritures saintes est très importante et significative. La montagne est le lieu où Dieu se révèle, est rencontré et expérimenté. Nous pouvons nous souvnir de Moïse qui rencontre Dieu sur le mont Sinaï ; Jésus prêche les sermons sur la montagne et il a été crucifié sur le mont Calvaire. Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus est transfiguré sur la montagne.

“Jésus prêche les sermons sur la montagne et il a été crucifié sur le mont Calvaire.”

Dans les deux lectures, Genese et l’Evangile de Saint Marc) nous trouvons deux mouvements significatifs de toute vie spirituelle : la montée sur la montagne mais aussi la descente dans la plaine : monter sur la monter, c’est se mettre à l’écart, c’est être au-dessus, un lieu de théophanie, d’écoute et de prière. Monter sur la montagne, c’est élever son esprit, quitter un instant le monde purement matériel pour une rencontre immatérielle avec Dieu. Il s’agit de s’élever au-delà du créé pour contempler la gloire et la grandeur de Dieu. Le Seigneur nous invite souvent à l’écart pour converser avec lui dans la prière. Notre vie spirituelle a besoin de cette écoute de Dieu afin de vivre sa parole dans la routine sociale.

“Le Seigneur nous invite souvent à l’écart pour converser avec lui dans la prière.”

Ainsi donc, après avoir écouté le Seigneur et contempler sa gloire sur la montagne, il nous faut descendre dans la plaine rencontrer nos frères et sœurs. La vraie rencontre avec Dieu sur la montagne de la prière nous renvoie à l’action et cette action se réalise au sein de la communauté des frères et des sœurs.  « Nous sommes invités à retourner en bas, dans la plaine et à rejoindre le monde dans ce qu’il vit. Nous y trouverons tous ceux et celles qui sont accablés par le poids du fardeau, des maladies, des injustices, de l’ignorance, de la pauvreté matérielle et spirituelle ».

Nous sommes invités à retourner en bas, dans la plaine et à rejoindre le monde dans ce qu’il vit.

L’évangile de Saint Marc sur la transfiguration éclaire la vie de Jésus, mais aussi la vie chacune de nos vies. Face aux difficultés que nous rencontrons tous les jours, les moments de contact avec Dieu peuvent nous redonner le courage nécessaire pour descendre de la montagne et faire face aux problèmes de la vie quotidienne.

Il semble que Martin Luther King, au milieu des menaces de mort, s’est souvenu de ce passage biblique de la transfiguration et il a écrit dans son journal : « Je suis monté sur la montagne pour prier et j’ai entrevu la terre promise… Cette rencontre avec Dieu m’a permis de continuer à lutter pour la justice.»

Le dimanche de la Transfiguration est une invitation à prier mais aussi à travailler dans la société ; à être des contemplatifs dans l’action. La parole de Dieu que nous écoutons dans la prière et qui nous transforme intérieurement et extérieurement, nous ne pouvons la garder pour nous seuls. Si nous l’accueillons, ce n’est pas pour la mettre au frigo mais pour la partager avec nos frères et sœurs.

Le dimanche de la Transfiguration est une invitation à prier mais aussi à travailler dans la société

Prions afin que le Seigneur nous accorde la grâce de l’écouter et de le contempler dans sa gloire mais aussi la joie de le proclamer et de le partager au monde. Amen   

Méditation du IIe dimanche de Carême de l’année liturgique B avec le Père Martin Bahati, SJ

Source: VATICANNEWS, le 27 février 2021

Solennité de l’Epiphanie : le chercheur de Dieu

POLAND CHRISTMAS TRADITION

Solennité de l’Epiphanie : le chercheur de Dieu

Le Père jésuite Martin Bahati nous introduit à la méditation avec les lectures de la solennité de l’Epiphanie de l’année liturgique B.

Mes chers frères et sœurs, aujourd’hui l’Eglise nous propose de célébrer la fête de l’épiphanie qui est la manifestation de Dieu à tous les peuples du monde. Les lectures de ce dimanche peuvent être organisées autour du thème « le chercheur de Dieu ». Les rois mages cherchent Dieu comme nous aussi nous le cherchons dans le quotidien de nos vies sur des chemins non-tracés mais guidés par l’étoile de l’espérance de notre foi.   

Ce chemin non-tracé conduit les mages à Jérusalem où les croyants ne savaient plus lire les signes de temps. Le roi Hérode, informé par les païens de la naissance du messie, panique et tout Jérusalem avec lui. La marche des mages ne s’arrête pas dans l’inquiétude du peuple de Jérusalem. Ils doivent continuer leur recherche de Dieu car l’anxiété du roi Hérode et de son peuple n’apaise pas leur profond désir de Dieu.

Mes frères et sœurs, hier comme aujourd’hui, malgré un monde changeant, le chrétien continue à marcher et à chercher son Seigneur et Dieu, car il est un pèlerin sur terre. Il n’a pas fini avec Dieu, il n’est pas tranquille, intérieurement, tant qu’il n’a pas rencontré son Dieu. Et cette rencontre l’invite toujours et souvent à une adoration et une conversion.  Les mages quand ils arrivent devant le nouveau-né à Bethlehem ils lui offrent leurs présents : or car il est roi, l’encens car il est Dieu et la myrrhe car il est un vrai homme mortel. Comme les mages, nous sommes tous appelés à la crèche de Noël pour y rencontrer le Seigneur, nouvellement né en ce monde, et l’adorer.

L’Evangile d’aujourd’hui nous montre que c’est par un autre chemin que les mages sont retournés dans leurs pays. Une rencontre vraie avec le Seigneur ne nous laisse pas indifférents ! Elle nous change et nous transforme. Nous ne pouvons plus emprunter le même chemin. La rencontre avec le Seigneur change notre manière d’être et de faire. La rencontre avec Jésus-Christ nous transforme et change notre vision du monde et des choses. La rencontre avec le Seigneur nous conduit sur ses chemins à Lui.

Mes chers frères et sœurs, que la célébration de l’épiphanie dans le monde d’aujourd’hui en pleine crise sanitaire nous donne le courage de marcher sur le chemin de la foi. Puissions-nous être conduits à une vie pleine d’espoir et de joie en sachant que la puissance de Dieu a fait irruption dans le monde par le Christ notre Seigneur.

Amen

Méditation de la solennité de l’Epiphanie de l’année liturgique B avec Père jésuite Martin Bahati.

Source: VATICANNEWS, le 2 janvier 2021