Praedicate evangelium : une nouvelle Pentecôte pour l’Église

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Pascal Deloche I Godong

Marie et les apôtres lors de la Pentecôte. Vitrail de l’église Sainte-Clotilde, à Paris.

Praedicate evangelium : une nouvelle Pentecôte pour l’Église

Ce dimanche 5 juin, jour de la Pentecôte, la nouvelle constitution régissant l’organisation de la curie romaine entre en vigueur. Cette date dit beaucoup de l’élan que le pape François veut donner à l’Église avec ce texte essentiel du pontificat. Décryptage.

Attendue depuis l’élection du pape François en 2013, Praedicate evangelium, une constitution qui réforme l’organisation de la curie romaine, a déjà été publié à une date symbolique : le 19 mars dernier, par surprise et sans avoir même convoqué les journalistes. Le Saint-Père a ainsi mis sa réforme essentielle sous le patronage de saint Joseph, proclamé patron de l’Église universelle en 1889. Comme il a protégé la Sainte-Famille et la croissance de Jésus, ainsi veille-t-il sur l’épouse du Christ.

Plus importante encore est la date d’entrée en vigueur de la nouvelle constitution. Si le pape François a voulu que cette dernière s’applique le jour de la Pentecôte, c’est bien parce que l’élan qu’il veut donner à l’Église de 2022 est celui qu’elle a connu au jour de sa naissance, quand les disciples, ayant reçu l’Esprit-Saint symbolisé par des langues de feu au-dessus de leurs têtes, sont sortis du cénacle où ils se terraient, se sentant abandonnés par Jésus.

Dès ce moment, menés par Pierre qui déclame un discours que lui-même n’avait sûrement pas imaginé pouvoir prononcer un jour, les premiers disciples du Christ annoncent la résurrection, de sorte que tous ceux qui les voient entendent parler dans leurs langues des merveilles de Dieu (Ac 2,11).

Au service de l’évangélisation

Voilà sûrement ce que cherche le pape François en promulguant Praedicate evangelium. Que la curie, et l’Église en général, ne soit pas terrée dans les couloirs du Vatican mais au service de l’évangélisation. Que tous nos contemporains puissent connaître le nom de Jésus, seul nom qui sauve.

Dans la tradition juive, la Pentecôte, cinquante jours après la fête de la Pâque, est célébrée pour rappeler le don de la loi. Dieu, sur le mont Sinaï, confie à son peuple les jalons qui tracent la route du ciel. Dans le christianisme, l’Esprit-Saint est ainsi celui qui, dans les cœurs, inspire le chemin de la vie éternelle : loi loi n’est plus intérieure mais extérieure. Mettre en place la réforme au jour de la Pentecôte, n’est-ce donc pas aussi redire la nécessité que l’organisation institutionnelle, si nécessaire soit-elle, n’est qu’un des instruments pour marcher vers la sainteté ?

Source: ALETEIA.ORG, le 3 juin 2022

Pentecôte, le don du Consolateur, par Mgr Francesco Follo

Marie à la Pentecôte, par le p. Marko Ivan Rupnik SJ, Palais épiscopal de Tenerife, Espagne © centroaletti.it
Marie À La Pentecôte, Par Le P. Marko Ivan Rupnik SJ, Palais Épiscopal De Tenerife, Espagne © Centroaletti.it

Pentecôte, le don du Consolateur, par Mgr Francesco Follo

Un don mutuel

« L’homme, en tout temps et en tous lieux, désire une vie belle et pleine, juste et bonne, une vie qui ne soit pas menacée par la mort mais qui puisse mûrir et grandir jusqu’à sa plénitude. L’homme est comme un pèlerin qui traversant les déserts de la vie, a soif d’une eau vive, jaillissante et fraîche, capable de désaltérer en profondeur son désir profond de lumière, d’amour, de beauté et de paix. Nous sentons tous ce désir ! Et Jésus nous donne cette eau vive : c’est l’Esprit Saint qui procède du Père et que Jésus déverse en nos cœurs ».

C’est ce que rappelle Mgr Francesco Follo dans sa méditation des textes de la liturgie de dimanche prochain, 5 juin 2022, solennité de la Pentecôte.

« La célébration de la Pentecôte, explique Mgr Follo, n’est pas seulement un rite qui rappelle un événement passé, c’est un geste pour accueillir le don de l’Esprit qui renouvelle la terre et nos cœurs dans la joie, dans la paix ».

Voici le texte de la méditation de dimanche 5 juin.

Pentecôte. Le don du Consolateur

Année C – 5 juin 2022

Ac 2, 1-11 ; Ps 103 ; Rm 8, 8-17 ; Jn 14, 15-16.23-26

1) Ouverture et don de soi pour recevoir le Don.

La liturgie nous propose aujourd’hui pour la Solennité de la Pentecôte la lecture de l’Évangile de Saint Jean, chapitre 14, versets 15-16.23-26 qui sont extraits des discours d’adieu que Jésus fait dans l’Évangile de Saint Jean et qui vont du chapitre 13, verset 31 à tout le chapitre 17.

Le thème principal de ces discours magnifiques est l’Exode du Christ, c’est à dire « l’aller » de Jésus : « Je ne suis plus avec vous que pour peu de temps, là où je vais, vous ne pouvez venir. » (Jn 13, 33) ; « Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde ; tandis qu’à présent je quitte le monde et je vais au Père. » (Jn 16, 28) ; « Mais maintenant je vais à toi, Père. » (Jn 17, 13). L’exode, l’aller de Jésus vers le Père porte aussi en lui la signification de notre aller, de notre exode, qui est notre parcours existentiel et notre parcours de foi en ce monde. En suivant et en écoutant le Christ sur ce chemin, nous apprenons à vivre en Lui, pour Lui, avec Lui et comme Lui.

C’est dans ce contexte que sont insérés les quatre versets qui sont proposés aujourd’hui dans la lecture de l’Évangile et où Jésus nous parle de l’Esprit consolateur. Pour réconforter ses disciples d’alors et aussi ceux d’aujourd’hui qui sont dans un chemin de lumière qui passe par la Croix, le Christ promet l’Esprit Saint qui est le « Consolateur » ou si l’on utilise le terme grec, le « Paraclet » ce qui veut dire « l’avocat défenseur », parce qu’il défend de Satan qui est l’accusateur. Si nous traduisions à la lettre « Paraclet », nous devrions écrire « appelé auprès », c’est à dire appelé pour être à coté de chaque disciple pour qu’il garde fidèlement la mémoire du Maître et pour qu’il ait une compréhension profonde de sa Parole ainsi que le courage tenace d’en être le témoin.

Toujours dans les quatre versets de l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus nous dit quelles sont les conditions pour accueillir l’Esprit : l’aimer Lui, écouter sa parole et observer ses commandements. S’il manque ces trois conditions, il n’y a aucune ouverture à l’Esprit et à son action en nous.

Ces trois conditions peuvent être résumées en une seule : le don complet de soi. Mère Teresa de Calcutta dirait : abandon total. A l’exemple de cette sainte et surtout de la Vierge Marie qui devint mère en s’abandonnant à l’action de l’Esprit Saint quand elle dit « Voici la servante du Seigneur », nous disons : « Qu’il soit fait selon ta parole ». Comme la Sainte Vierge, donnons-nous complètement à Dieu. Se donner à Lui c’est se donner à l’Amour qui rend notre vie féconde et heureuse.

2) La logique du don.

Au don de nous-même que nous lui faisons, le Père répond en nous donnant le Consolateur.

Ce don est précédé de l’acte d’amour du Père qui sait que nous avons besoin de consolation : « Toi, Seigneur, tu m’as scruté et tu me connais, tu connais mon coucher et mon lever ; de loin tu discernes mes projets ; tu surveilles ma route et mon gîte, et tous mes chemins te sont familiers. » (Ps 139, 1-4) Lui a vu ma misère en terre étrangère et il a écouté mon cri, il connaît en effet mes souffrances et voit les oppressions qui me tourmentent (Cf Es 3, 7-9) ; rien n’échappe à son amour infini pour moi. Pour tout cela, Il nous donne le Consolateur. Le Père est le Donateur : tout nous vient de Lui et de personne d’autre.

Si ensuite nous regardons la seconde lecture de la messe qui nous offre un extrait de la lettre de Saint Paul aux Romains (8, 8-17), nous comprenons que le don de Dieu est l’Esprit de liberté, parce qu’il nous libère de l’esclavage de la chair, c’est à dire de l’égoïsme. L’Esprit transforme le désir de l’homme : non plus les désirs de l’égoïsme, mais ceux de la charité, du don ému de soi-même. Quand nous restons enfermés dans notre égoïsme (la chair) nous percevons la loi de l’amour (la loi de Dieu) comme un poids et un esclavage. L’Esprit Saint rend saint le « désir » de l’être humain, alors la loi de la charité devient ce qu’il désire, ce à quoi il tend : la vie, la vérité et l’amour. L’Esprit Saint nous libère en nous transformant de l’intérieur, à tel point qu’il renouvelle même le rapport à Dieu : non plus esclave, mais fils. Et cela aussi est une grande liberté. Quand Saint Paul parle de fils « adoptifs », ce n’est pas pour diminuer notre filiation en la réduisant à quelque chose d’extérieur et de juridique mais pour en rappeler la gratuité. Dieu est « un abîme de paternité » (Origène), qui s’exprime en un amour intense, infini, rempli de sollicitude et de délicatesse, de tendresse et de miséricorde. Et quand le fils se rebelle contre cette paternité en cherchant à la nier, à la supprimer en s’éloignant de la maison paternelle et en gaspillant les richesses reçues comme avance sur l’héritage, la réaction du Père céleste non seulement n’est pas une réaction de colère mais témoigne d’un cœur qui s’attendrit. Dieu est un Père bon qui accueille et embrasse le fils perdu et repenti (Cf Luc 15, 11…), il donne gratuitement à ceux qui demandent (Cf Mat 18, 19 ; Mc 11, 24 ; Jn 16, 23) et il offre le pain du ciel et l’eau vive qui font vivre pour l’éternité (Cf Jn 6, 32.51.58). La paternité de Dieu est amour infini.

3) Le don de l’Esprit Consolateur.

Avec l’Ascension, le Christ ne nous a pas laissé seuls ni orphelins. Avec la Pentecôte, nous célébrons aujourd’hui le fait qu’il maintient la promesse de nous envoyer son Esprit qui nous permet d’aimer comme il aime lui. Si auparavant, il était avec nous et près de nous, désormais il sera en nous. Celui qui est aimé est la demeure de celui qui l’aime : il le porte dans son cœur, comme sa vie. Nous sommes depuis toujours en Dieu qui nous aime d’un amour éternel et paternel. Si nous l’aimons, il demeure en nous comme nous sommes en Lui. En effet Jésus dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le consolateur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jn 14, 23-26)

Il est juste et beau de traduire le mot d’origine grec « Paraclet » par le mot « Consolateur » (du latin cum-solo = avec le seul, parce qu’il indique l’Esprit comme celui qui « sera avec nous pour toujours » cf Jn 14, 16). L’Esprit Saint est donc consolateur parce qu’il ne nous laisse jamais seul. Qui aime et est aimé n’est jamais seul, il est avec l’autre qui l’aime.

Après nous avoir dit que ce Consolateur est toujours avec nous et pour toujours, il nous en dit le nom : Esprit de Vérité. Esprit de Vérité veut dire Esprit vrai, la vraie vie. Qu’est-ce que la vraie vie ? C’est la vie de Dieu. Qu’est-ce que la vie de Dieu ? C’est l’Amour entre le Père et le Fils.

Ce Consolateur qui nous est donné est la vraie vie de Dieu. Et la vie de Dieu est l’Amour entre le Père et le Fils qui est toujours avec nous.

Le Pape François résume ainsi cela d’une façon profonde et existentielle : « L’Esprit Saint est la source inépuisable de la vie de Dieu en nous. » L’homme, en tout temps et en tous lieux, désire une vie belle et pleine, juste et bonne, une vie qui ne soit pas menacée par la mort mais qui puisse mûrir et grandir jusqu’à sa plénitude. L’homme est comme un pèlerin qui traversant les déserts de la vie, a soif d’une eau vive, jaillissante et fraîche, capable de désaltérer en profondeur son désir profond de lumière, d’amour, de beauté et de paix. Nous sentons tous ce désir ! Et Jésus nous donne cette eau vive : c’est l’Esprit Saint qui procède du Père et que Jésus déverse en nos cœurs.

« Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10, 10)

En écho à cet enseignement, je propose la prière de Mère Térésa de Calcutta : « Seigneur, tu es la vie que je veux vivre, la lumière que je veux refléter, le chemin qui conduit au Père, l’amour que je veux aimer, la joie que je veux partager, la joie que je veux semer autour de moi. Jésus, tu es tout pour moi, sans toi je ne peux rien. Tu es le Pain de vie que l’Église me donne. C’est par Toi, en Toi, avec Toi que je peux vivre. »

4) Le don de l’Esprit et les vierges consacrées dans le monde.

C’est un don de l’Esprit Saint que le don virginal des vierges consacrées qui, dans la puissance de l’amour, ont su garder leur cœur tout entier pour le Christ. Il est vrai que depuis la Pentecôte, le mode de vie du Christ continue à être présent dans le mode de vie des Apôtres comme le livre des Actes nous le montre. Ce mode de vie ne disparaît même pas avec la mort des derniers apôtres : «  Tout au long des siècles, les personnes dociles à l’appel du Père et aux motions de l’Esprit Saint n’ont jamais manqué. Elles ont choisi ce chemin particulier à la suite du Christ pour se dédier à Lui d’un cœur sans partage. » (Cf 1Cor 7, 34) Elles aussi ont tout abandonné comme les apôtres pour être avec Lui et se mettre comme Lui au service de Dieu et de leurs frères. » (Vie Consacrée (VC) 1 ; cf. 14 ; 22)

Les femmes consacrées, en effet, sont appelées à vivre comme les vierges qui, à l’exemple de Marie vierge et mère, portent le Christ sur les routes du monde : elles deviennent christoformes (VC 19), c’est à dire qu’elles deviennent une icône sainte et pure. Et cela n’est possible seulement que par la force d’un don particulier de l’Esprit. (Ibid. 14).

Pour cela la personne appelée à la vie consacrée « doit ouvrir l’espace de sa propre vie à l’action de l’Esprit Saint. » (VC65)

Grâce à la puissance de l’Esprit de la Pentecôte, la personne consacrée devient profondément missionnaire, annonçant l’Évangile par une vie qui, grâce à la puissance de l’Esprit Saint, est progressivement configurée au Christ. (cf VC19)

Elles sont missionnaires de l’amour parce que la consécration les rend capable d’aimer avec le cœur du Christ (cf VC 75) et de se mettre comme lui au service des hommes.

Comme il est affirmé dans le Préambule au Rite de la Consécration des vierges : « Les vierges dans l’Église sont des femmes qui sous l’inspiration de l’Esprit Saint, font vœu de chasteté afin d’aimer plus ardemment le Christ et de servir leurs frères avec un dévouement plus libre. » (n2) Avec leur virginité consacrée, elles sont les témoins de la réalité concrète du monde invisible et spirituel et elles rappellent à nous tous la réalité du Royaume des cieux.

Lecture Patristique

Saint Léon le Grand (390 – 461)

Sermon 15, 1-3

CCL 138 A, 465-467

La solennité de ce jour, mes bien-aimés, doit être vénérée parmi les fêtes principales, tous les coeurs catholiques le savent. Nous devons assurément le plus grand respect à ce jour que l’Esprit Saint a consacré par le prodige suprême du don de lui-même.

Ce jour est en effet le dixième après celui où le Seigneur a dépassé toute la hauteur des cieux pour s’asseoir à la droite de Dieu son Père. Il est le cinquantième jour à briller pour nous depuis sa résurrection, en Jésus par qui le jour a commencé. Ce jour contient en lui-même de grands mystères, ceux de l’économie ancienne et ceux de la nouvelle. Il y est en effet clairement montré que la grâce avait été annoncée d’avance par la Loi, et que la Loi a été accomplie par la grâce.

En effet, c’est cinquante jours après l’immolation de l’agneau que jadis le peuple hébreu, libéré des Égyptiens, reçut la Loi sur la montagne du Sinaï. De même, le cinquantième jour après la passion du Christ, qui fut l’immolation du véritable agneau de Dieu, cinquante jours après sa résurrection, l’Esprit Saint fondit sur les Apôtres et sur le peuple des croyants. Le chrétien attentif reconnaîtra donc facilement que les débuts de l’Ancien Testament étaient au service des débuts de l’Évangile, et que la seconde alliance fut constituée par le même Esprit qui avait fondé la première.

Car, au témoignage de l’histoire apostolique, quand arriva la Pentecôte, ils se trouvaient tous réunis ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent: toute la maison où ils se trouvaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint. Ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit (Ac 2,1-4).

Comme elle est rapide, cette parole de sagesse, et lorsque Dieu est le maître, comme on apprend vite ce qu’il enseigne! On n’a pas eu besoin de traduction pour comprendre, d’exercice pour pratiquer, ni de temps pour étudier. Mais, l’Esprit de vérité soufflant où il veut (Jn 3,8), les mots qui étaient propres à chacune des nations devinrent communs à tous dans la bouche de l’Église.

A partir de ce jour, la trompette de la prédication évangélique se mit à retentir. Dès ce moment, les ondées de charismes, les flots de bénédictions arrosèrent tout désert et toute terre aride parce que, pour renouveler la face de la terre (Ps 103,30), l’Esprit de Dieu était porté sur les eaux (Gn 1,2). Pour chasser les anciennes ténèbres, une lumière nouvelle jetait des éclairs. De l’éclat des lampes étincelantes naissaient et le Verbe du Seigneur qui illumine, et la parole enflammée qui, pour créer l’intelligence et consumer le péché, a le pouvoir d’illuminer et la force de brûler.

Source: ZENIT.ORG, le 3 juin 2022

Veillée de Pentecôte: le pape François invoque la « consolation de l’Esprit » sur le monde (traduction complète)


Veillée de Pentecôte, message à Charis, capture @ Vatican Media
Veillée De Pentecôte, Message À Charis, Capture @ Vatican Media

Veillée de Pentecôte: le pape François invoque la « consolation de l’Esprit » sur le monde (traduction complète)

Une vigile mondiale dans l’unité des chrétiens promue par « Charis »

Le pape François a invoqué la « consolation de l’Esprit Saint » sur le monde dans un message vidéo en espagnol, diffusé lors de la veillée de prière de Pentecôte, ce samedi 30 mai 2020: une veillée mondiale dans l’unité des chrétiens promue par « Charis » depuis et dans les 5 continents grâce à Zoom et à YouTube.

Il a invité les membres du Renouveau charismatique à travailler à un monde meilleur de l’après-pandémie, notamment en travaillant à éradiquer la pauvreté:  » Si nous ne travaillons pas pour en finir avec la pandémie de la pauvreté dans le monde, avec la pandémie de la pauvreté dans le pays de chacun de nous, dans la ville où chacun de nous habite, ce temps aura été en vain. »

Après l’allocution du pape François, traduit en direct en différentes langues, les participants du monde entier ont invoqué dans leurs langues la venue de l’Esprit Saint, conscients de vivre un « moment historique » alors que la pandémie continue de répandre le deuil et la souffrance.

« L’Esprit promis par Jésus vient renouveler, convertir, guérir chacun de nous », a dit le pape.

Il a exprimé son voeu de Pentecôte: « Je vous souhaite à tous dans cette veillée la consolation de l’Esprit Saint. Et la force de l’Esprit Saint pour sortir de ce moment de douleur, de tristesse et d’épreuve qu’est la pandémie; pour en sortir meilleurs. »

Il a évoqué la « leçon apprise » de la pandémie: « Nous sommes une seule humanité ». Et il a invité « à construire une nouvelle réalité », avant d’ajouter: « Le Seigneur le fera; nous, nous pouvons y collaborer ».

Le pape a averti du changement imposé par l’expérience de la pandémie, qui consiste à supprimer aussi « la pandémie de la pauvreté »: « Lorsque nous sortirons de cette pandémie, nous ne pourrons plus continuer à faire ce que nous faisions et de la façon dont nous le faisions. Non, tout sera différent. Toute la souffrance aura été inutile si nous ne construisons pas ensemble une société plus juste, plus équitable, plus chrétienne, pas de nom,
mais en réalité, une réalité qui nous conduit à une conduite chrétienne. Si nous ne travaillons pas pour en finir avec la pandémie de la pauvreté dans le monde, avec la pandémie de la pauvreté dans le pays de chacun de nous, dans la ville où chacun de nous habite, ce temps aura été en vain. »

Le pape a rappelé la jauge du jugement dernier en Matthieu 25: donner à manger à l’affamé, visiter le prisonnier, accueillir l’étranger.

Il a souligné la responsabilité des membres du Renouveau charismatique en citant le troisième document de Malines qui va dans cette direction: « Soyez fidèles à cet appel de l’Esprit Saint! »

Charis donne rendez-vous lundi soir, à 20h30, heure française, sur son canal YouTube pour une dernière veillée avec Mgr David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France en Martinique (Caraïbes Françaises). La Pentecôte avait été préparée auparavant par une veillée sur 5 lundis.

Voici notre traduction, rapide, de travail, depuis l’espagnol.

Message du pape François

Lorsque la fête de la Pentecôte fut arrivée, tous les croyants étaient réunis en un seul lieu. C’est ainsi que commence le deuxième chapitre du livre des Actes des Apôtresque nous venons d’entendre. Aujourd’hui encore, grâce aux progrès techniques, nous sommes réunis, des croyants de différentes parties du monde, à la veille de la Pentecôte.

Le récit continue: « Soudain, un grand bruit qui venait du ciel, comme un vent fort, résonna dans toute la maison où ils étaient. Et ils leur apparurent comme des langues de feu, réparties sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint » (vv. 2-4).

L’Esprit se pose sur chacun des disciples, sur chacun de nous. L’Esprit
promis par Jésus vient renouveler, convertir, guérir chacun de nous. Il vient pour guérir les peurs – combien de peurs nous avons! -, les insécurités; il vient guérir nos blessures, les blessures que nous nous faisons aussi les uns aux autres; et il vient pour faire de nous des disciples, des disciples missionnaires, témoins pleins du courage, de l’audace apostolique, nécessaires à la prédication de l’Évangile de Jésus, comme nous lisons qu’il est arrivé aux disciples dans les versets suivants.

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin que le Père nous envoie le l’Esprit Saint. Dans le premier chapitre des Actes des Apôtres, Jésus dit à ses disciples: « Attendez l’accomplissement de la promesse que mon Père vous a faites et dont je vous ai parlé. Il est vrai que Jean a baptisé avec l’eau, mais
dans quelques jours, vous serez baptisé dans l’Esprit Saint » (v. 4). Et, au verset 8, il leur dit: « Quand l’Esprit viendra sur vous, vous recevrez de la puissance et vous sortirez pour rendre témoignage de moi en Jérusalem, dans toute la région de Judée et en Samarie et même dans les parties les plus éloignées de la Terre ».

Témoignage de Jésus. C’est à ce témoignage que le Saint-Esprit nous conduit.Aujourd’hui, le monde souffre, il est blessé; nous vivons dans un monde très blessé et qui souffre, en particulier dans les plus pauvres, qui sont mis à l’écart, alors que toutes nos sécurités humaines ont disparu, le monde a besoin que nous lui donnions Jésus. Il a besoin de notre témoignage de l’Évangile, l’Évangile de Jésus. Ce témoignage nous ne pouvons le donner qu’avec la force de l’Esprit Saint.

Nous avons besoin de l’Esprit pour nous donner des yeux nouveaux, ouvrir notre esprit et notre cœur pour affronter ce moment et l’avenir avec la leçon apprise: nous sommes une seule humanité. Ne nous nous sauvons pas seuls. Personne ne se sauve tout seul. Personne. Saint Paul dit dans l’épître aux Galates: « Peu importe d’être juif ou grec, esclave ou libre, homme ou femme, car tous unis au Christ, nous sommes un, un seul corps » (cf. 3, 28), rassemblés par la force de l’Esprit Saint. Par ce baptême dans l’Esprit Saint que Jésus annonce. Nous le savons, nous le savions, mais cette pandémie que nous vivons nous en a fait faire l’expérience d’une manière beaucoup plus dramatique.

Nous avons devant nous le devoir de construire une nouvelle réalité. Le Seigneur le fera; nous, nous pouvons y collaborer: « Je fais toutes choses nouvelles », dit-il (Ap21,5).

Lorsque nous sortirons de cette pandémie, nous ne pourrons plus continuer à faire ce que nous faisions ni de la façon dont nous le faisions. Non, tout sera différent. Toute la souffrance aura été inutile si nous ne construisons pas ensemble une société plus juste, plus équitable, plus chrétienne, pas de nom,
mais en réalité, une réalité qui nous conduise à une conduite chrétienne. Si nous ne travaillons pas pour en finir avec la pandémie de la pauvreté dans le monde, avec la pandémie de la pauvreté dans le pays de chacun de nous, dans la ville où chacun de nous habite, ce temps aura été en vain.

On sort des grandes épreuves de l’humanité, dont la pandémie, meilleur ou pire. On n’en sort pas pareil.

Je vous le demande: « Comment voulez-vous en sortir? Meilleurs ou pires? Et c’est pourquoi aujourd’hui nous nous ouvrons à l’Esprit Saint pour que ce soit Lui qui change nos cœurs et nous aide à en sortir meilleurs.

Si nous ne vivons pas pour être jugés selon ce que Jésus nous dit – « Parce que j’avais faim et ils m’ont donné à manger, j’ai été prisonnier et ils m’ont rendu visite, étranger et ils m’ont accueilli » (cf. Mt 25, 35-36) -, nous n’en sortirons  pas meilleurs.

Et c’est la tâche de tous, de nous tous. Et aussi de vous, de CHARIS, qui êtes les charismatiques unis.

Le troisième document de Malines, écrit dans les années 1970 par le cardinal Suenens et Dom Helder Camara, qui s’appelle: « Renouveau charismatique et service de l’homme », indique ce chemin à ce courant de grâce. Soyez fidèles à cet appel de l’Esprit Saint!Me reviennent maintenant en mémoire ces paroles prophétiques de Jean XXIII quand il annonce le concile Vatican II et que le Renouveau charismatique chérit spécialement: « Que l’Esprit divin daigne écouter de la manière la plus consolante la prière qui monte vers Lui de tous les coins de la Terre: Renouvelle en notre époque, comme en une nouvelle Pentecôte, tes merveilles, et accorde à ton Eglise, d’être, d’une même coeur, assidue à la prière avec Marie, Mère de Jésus, et sous la conduite dePierre, de faire grandir le royaume du Divin Sauveur, royaume de vérité et de justice, royaume d’amour et de paix ».Je vous souhaite à tous dans cette veillée la consolation de l’Esprit Saint. Et la force de l’Esprit Saint pour sortir de ce moment de douleur, de tristesse et d’épreuve qu’est la pandémie pour en sortir meilleursQue le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Mère prenne soin de vous.

Trad. Anit Bourdin

Source: ZENIT.ORG, le 30 mai 2020, par Anita Bourdin