06.06.2026 – Veillée de prière avec les jeunes sur la Plaza de Lima à Madrid

Léon XIV exhorte les jeunes espagnols à être «l’étincelle d’une humanité nouvelle»

Devant 600 000 jeunes réunis au cœur de Madrid pour une veillée de prière, le Pape a répondu à plusieurs questions posées par six jeunes sur sa vocation, ses sources d’inspiration, et sur la manière dont vivre en chrétien dans la société d’aujourd’hui. Après ce moment de partage, ce fut l’adoration eucharistique avant la bénédiction du Souverain pontife.

Madrid a retrouvé des accents des JMJ de 2011, quand Benoît XVI se rendit dans la capitale espagnole pour y rencontrer la jeunesse du monde. Cette fois, ce sont les jeunes espagnols à qui Léon XIV s’est adressé. «Esta es la juventud del Papa» («Voici la jeunesse du Pape»)ont-ils scandé par centaines de milliers le long du Paseo de la Castellana, cette grande artère de la ville qui mène du centre historique jusqu’au stade du Real Madrid, que le Pape a remontée en papamobile jusqu’à la place de Lima où la scène l’accueillant a été montée.

Dans le soleil couchant de ce soir de printemps, après un spectacle de musique, de danse et de chant, Léon XIV a dialogué avec cette jeunesse «enthousiaste» comme il l’a relevé. Six jeunes, âgés de 15 à 30 ans, ont posé leurs questions au Pape, deux par deux. À celle qui lui demandait quelles sont ses figures de référence outre saint Augustin, Léon XIV a cité trois saints. Tout d’abord saint Jean Chrysostome, Père de l’Église du IVe siècle qui l’impressionna «par ses catéchèses, ses sermons, ses homélies, ses écrits qui allient l’amour de la vérité et la droiture de sa vie». L’occasion d’exhorter les jeunes à ne pas avoir peur de penser à une vocation sacerdotale, à une vie religieuse ou à d’autres services au sein de l’Église ou à se marier et à fonder une famille.

Le témoignage de foi des Péruviens malgré les difficultés

Puis saint Thomas de Villanueva, un augustin espagnol du XVIe siècle qui exhortait ses frères «à la persévérance dans la prière, la chasteté et l’obéissance. Sa charité ardente m’a encouragé dans les moments d’épreuve et de service», a confié l’évêque de Rome qui cita enfin saint Toribio de Mogrovejo, un autre Espagnol du XVIe siècle, missionnaire au Pérou qui «sut allier une vie intense de prière à un engagement en faveur de la justice, en particulier face aux abus et à la corruption de son époque»«Il est pour moi un modèle de dévouement envers le peuple, en particulier les plus pauvres, au nom du Christ».

Concernant ses années au Pérou, le Pape péruvien se souvient surtout «du témoignage de foi des gens, marqués par de nombreuses difficultés, mais pleins d’espérance. C’est précisément la rencontre avec les souffrances et les joies du peuple qui m’a fait grandir sur le chemin à la suite de Jésus»«J’ai vu comment la Parole de Dieu peut convertir le conflit en paix, comment elle peut être source de réconciliation, de paix et de justice».

Veillée de prière du Pape à Madrid avec les jeunes
Veillée de prière du Pape à Madrid avec les jeunes   (@Vatican Media)

Le silence, la prière, l’écoute

Autre paire de questions, sur la manière de reconnaitre la voix de Dieu parmi tant d’autres et sur la façon dont les jeunes peuvent accompagner les autres vers la foi. Là aussi, Léon XIV a répondu en trois temps, invitant avant tout au silence, remarquant que très souvent on se déplace avec des écouteurs sur les oreilles, sans savoir rester en silence, or «très souvent c’est précisément dans cette expérience du silence que Dieu peut nous parler ou que nous pouvons discerner sa voix»«En nous libérant du vacarme de mille voix, nous reconnaissons que certaines trompent nos désirs, d’autres nous achètent sans nous nourrir, d’autres encore parlent par intérêt. Dans le silence, nous comprenons que les idéologies passent, tandis que la vérité demeure», a-t-il conseillé, insistant sur l’importance de chercher la Vérité alors que «beaucoup de choses sur les réseaux nous trompent ou nous racontent des mensonges».

Le Saint-Père a ensuite rassuré son auditoire, affirmant que Dieu écoute et répond. D’où cette invitation à exprimer ce que l’on ressent dans son cœur et qui se transforme en prière, «voix libre précisément parce qu’elle ne s’exprime pas pour rendre des comptes, pour prouver que nous sommes prêts ou pour nous donner de l’importance. Lorsque nous nous faisons nous-mêmes prière, le Seigneur nous répond par son Verbe, qui s’est fait homme pour nous, en affirmant qu’Il nous aime de tout son être», a-t-il affirmé.

Le Pape et les jeunes qui lui ont posé les questions
Le Pape et les jeunes qui lui ont posé les questions   (@Vatican Media)

Enfin, Léon XIV a recommandé d’écouter la Parole vivante de Dieu, c’est-à-dire le Christ, «dont la voix continue de résonner dans l’Église qui est son Corps». L’adoration eucharistique est «le lieu idéal pour garder le silence, libérer notre cœur et “être” nous-mêmes devant le Seigneur, en dialoguant avec Lui».

Afin d’accompagner les autres à découvrir la beauté de la foi, le Pape a recommandé de partager son cheminement spirituel et d’en témoigner par la cohérence de sa vie. «La volonté de suivre Jésus vous renouvellera constamment, surtout dans les moments de lassitude. En cela, il est important de voir que personne n’est seul quand il croit en Jésus. Regardez combien vous êtes ici!» a-t-il lancé à la foule. «Si vous priez avec amour, les jeunes apprécieront l’importance de la prière. Si vous brûlez de foi, vous transmettrez son feu vivant. Cherchez tous dans vos cœurs ce feu de l’amour de Dieu! Car c’est là que réside la présence de Jésus, et cette présence proche de Jésus se fait sentir même dans les moments où nous trébuchons, car Jésus ne nous abandonne pas. C’est aussi lorsque nous devenons une main tendue, une étreinte fraternelle, lorsque nous cherchons des occasions de servir les autres, d’accomplir des œuvres de charité, de chercher comment toucher la vie de l’autre avec ses blessures, dans sa tristesse, dans ses difficultés. C’est là que la foi en Jésus-Christ prend vie, et c’est là que Jésus nous aidera à nous soutenir tous mutuellement sur le chemin», a-t-il affirmé, sortant de son texte.

Libres en Christ

Les jeunes ont également partagé leur interrogation sur la nature de leur engagement au sein de la société, et quelle était la nature de la mission que le Pape leur confiait. À la première question, Léon XIV a rappelé que «les disciples de Jésus sont toujours contemporains, mais jamais prisonniers du temps qui passe. Nous sommes libres en Christ!» s’est-il exclamé. Le Christ nous a libérés par son amour, a-t-il ajouté, expliquant que «grâce à cet amour, nous sommes toujours libres face à toute contrainte et à toute tromperie. Nous sommes libres des modes, car nous sommes disciples de la vérité; nous sommes ouverts à l’avenir, car nous savons que la mort ne nous attend pas».

Pour le Successeur de Pierre, les jeunes sont appelés «à donner une nouvelle orientation à la société, en devenant les acteurs du changement à partir de vos liens quotidiens, de ce que vous vivez en famille, à l’université et au travail»«Je me réjouis de penser à votre capacité à témoigner du Christ dans le monde, y compris dans la réalité numérique, pour communiquer les valeurs et la beauté de l’Évangile» a-t-il confié.

Adoration eucharistique
Adoration eucharistique   (@Vatican Media)

Rechercher la justice

Les 600 000 jeunes présents ont donc été invités par Léon XIV «à être ensemble le sel de la terre et la lumière du monde». Pour cela, «il faut avant tout comprendre la société actuelle, en vivant avec sagesse, afin de pouvoir ensuite la transformer en tant que témoins de l’Évangile. Le jeune chrétien, en effet, rayonne tant dans la joie que dans l’épreuve, donnant du goût à la réalité parce qu’il l’habite comme une personne qui savoure la vie en son for intérieur, sans attendre que la richesse, le plaisir ou le pouvoir lui en donnent la saveur», a-t-il explicité. «Face au vide de l’indifférence et du conformisme, face à la violence de la guerre et du mensonge, soyez vous-mêmes l’étincelle d’une humanité nouvelle», a-t-il conseillé.

Quant à la mission qu’il assigne à la jeunesse, c’est celle d’être humains comme l’est le Christ, «des hommes et des femmes de chair et d’os. Pas des apparences mais des visages fiables. Des personnes qui recherchent la justice parce qu’elles en ont faim, comme du pain quotidien. Des personnes qui désirent une vie honnête et droite, parce qu’elles font volontiers aux autres ce qu’elles voudraient que les autres leur fassent.»

Pour les aider, les jeunes peuvent regarder vers les Apôtres et suivre leur exemple, être des missionnaires de l’Évangile «face aux pauvretés matérielles et spirituelles de notre temps, sachant bien que notre foi est un style de vie qui s’accomplit dans la charit黫Telle est, chers jeunes, la vertu qui change l’histoire plus que toute autre», a conclu le Pape. «Vous pouvez changer l’histoire».  

Source : VATICANNEWS, le 6 juin 2026

En 2002, saint Jean Paul II ajoute les mystères lumineux au Rosaire

En 2002, saint Jean Paul II ajoute les mystères lumineux au Rosaire

En octobre 2002, le saint pape Jean-Paul II a proclamé une « Année du Rosaire ». Il en fait mention dans la lettre apostolique qu’il a écrite sur ce sujet, intitulée Rosarium Virginis Mariae. C’est dans cette Lettre qu’il a ajouté aux mystères du Rosaire déjà fixés les fameux « mystères lumineux ». Ce nouveau cycle du rosaire (1) amène à contempler le mystère du Christ qui est lumière.

Cette dimension est particulièrement visible durant les années de sa vie publique. Le récit de saint Marc commence au désert, d’où son symbole qui est le lion. Marc est un compagnon de l’apôtre Paul lors de son premier voyage. Il vit à Rome, vers l’an 70, où il est le confident et le secrétaire de Pierre. Son évangile transmet donc la catéchèse du chef des Apôtres. C’est le plus bref des évangiles, écrit dans un style simple, vivant et pittoresque, riche en détails concrets. Sans doute Pierre avait-il gardé de son métier de pêcheur l’aptitude à observer !

Cinq moments de la vie du Christ ont été choisis par Jean-Paul II. Le Baptême au Jourdain nous fait entendre la voix du Père qui proclame Jésus son Fils bien-aimé. À Cana, le Christ, par son premier miracle, ouvre le cœur des disciples à la foi grâce à l’intervention de Marie. Quand Jésus annonce l’Avènement du Royaume de Dieu et invite à la conversion, il commence son ministère de miséricorde. Lors de la Transfiguration, le Christ resplendit de la gloire de la divinité, et le Père le donne à reconnaître aux Apôtres pour qu’ils l’écoutent. Dans l’Eucharistie, le Christ se fait nourriture par son Corps et par son Sang, sous les signes du pain et du vin.

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(1) Le cycle des mystères lumineux du Rosaire a été en effet ajouté aux trois autres mystères du Rosaire. Ils évoquent les trois années de la vie publique de Jésus et s’ajoutent aux mystères joyeux, douloureux et glorieux qui forment le Rosaire.

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

06.06.2026 – SAINT DU JOUR

St Norbert

Saint Norbert
Archevêque, Fondateur de l’Ordre des Prémontrés 
(1080-1134)

Norbert, né en 1080, près de Cologne, fut engagé dès son jeune âge dans la cléricature ; mais il fréquentait plus la cour que l’Église et reculait devant les Ordres sacrés, afin de suivre la voie des plaisirs.

Il avait déjà trente-trois ans, quand, traversant à cheval une belle prairie, accompagné d’un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela car Norbert entendit une voix céleste lui dire : « Pourquoi me fuis-tu ? Je te destinais à édifier mon Église, et tu scandalises mon peuple. » En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à Dieu : « Seigneur, que demandez-vous de moi ? » Et la réponse à sa question lui fit comprendre qu’il devait quitter le monde et vivre dans la pénitence.

La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l’on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe.

Norbert obtint du Pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses œuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication : il marchait nu-pieds, même en plein hiver, au milieu de la neige, n’avait pour vêtement qu’un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent ; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement : on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités.

Cependant Dieu réservait à Norbert la gloire de fonder l’Ordre des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l’établir (Prémontré, près de Laon). Saint Augustin lui ayant apparu, une Règle d’or à la main, il comprit qu’il devait adopter pour son Ordre la règle de ce grand docteur. Il fut lui-même la règle vivante de ses frères.

En 1126, se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance : Norbert fut obligé d’accepter l’archevêché de Magdebourg, et il eut désormais, outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d’abondants fruits de salut. Rien, du reste, n’avait changé dans sa vie, et jusqu’à sa mort il mena dans son palais la vie d’un moine dans sa cellule.

Quelques abbayes de Prémontrés :
– Abbaye Notre-Dame de Leffe
– Abbaye Saint-Michel de Frigolet
– Abbaye Saint-Martin de Mondaye
– Abbaye de Pont-à-Mousson

Sources principales : Abbé L. Jaud (Vie des Saints…) ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).

Saint Norbert priez pour nous !

06.06.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,38-44. 

En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.

Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Youssef Bousnaya (v. 869-979)

moine syrien

Vie et doctrine de Rabban Youssef Bousnaya par Jean Bar Kaldoum (trad. Chabot in Deseille, Evangile au désert, Cerf 1999, p. 325 rev.)

« Il vit aussi une veuve indigente »

La miséricorde ne mérite pas d’être louée seulement à cause de l’abondance des bienfaits, mais quand elle procède d’une pensée droite et miséricordieuse. Il y a des gens qui donnent et distribuent beaucoup mais qui ne sont pas tenus pour miséricordieux devant Dieu, et il y a des gens qui n’ont rien, qui ne possèdent rien, et qui ont pitié de tous dans leur cœur. Ceux-ci sont considérés devant Dieu comme de parfaits miséricordieux, et ils le sont en effet. Ne dis donc pas : « Je n’ai rien à donner aux pauvres » ; ne t’afflige pas en croyant qu’à cause de cela tu ne peux pas être miséricordieux. Si tu as quelque chose, donne ce que tu as ; si tu n’as rien, donne, ne serait-ce qu’un morceau de pain sec, avec une intention vraiment miséricordieuse et cela sera considéré devant Dieu comme la miséricorde parfaite. Notre Seigneur n’a pas loué ceux qui jetaient beaucoup dans le tronc des offrandes ; il a loué la veuve pour y avoir mis deux piécettes qu’elle avait prises de son indigence, avec une pensée droite, pour les jeter dans le trésor de Dieu. C’est l’homme qui a pitié de ses semblables dans son cœur qui est réputé miséricordieux devant Dieu ; une intention droite sans effet visible vaut mieux que beaucoup d’œuvres éclatantes sans intention droite.

LECTURES :

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,1-8. 

Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne :
proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire.
Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau.
Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques.
Mais toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère.
Moi, en effet, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu.
J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.
Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.

Psaume 71(70),8-9.14-15ab.16-17.22. 

Je n’avais que ta louange à la bouche, tout le jour, ta splendeur.
Ne me rejette pas maintenant que j’ai vieilli ; alors que décline ma vigueur, ne m’abandonne pas.
Et moi qui ne cesse d’espérer, j’ajoute encore à ta louange.
Ma bouche annonce tout le jour

tes actes de justice et de salut ;
Je revivrai les exploits du Seigneur 
en rappelant que ta justice est la seule.
Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse, 

jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.
Et moi, je te rendrai grâce sur la harpe pour ta vérité, ô mon Dieu ! Je jouerai pour toi de ma cithare, Saint d’Israël !

Cap Fatima – Lettre de liaison n° 187 du 06.06.2026

Lettre de liaison n° 187 (5 juin 2026)

Chers amis,

Suite à une surcharge de travail due à la parution imminente d’un livre sur la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois (voir ci-après), la mise en place de la nouvelle organisation avec Salve Corda et du site associé a pris du retard et est désormais prévue seulement en septembre prochain. Cette lettre va donc se poursuivre encore trois mois sous le format actuel avant de passer sous le nouveau format envisagé. En attendant, nous allons poursuivre nos réflexions sur les pratiques de la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.

Nous avons présenté les réflexions du père Martins s.j. sur la récitation du chapelet dans la lettre de liaison n° 185, puis sur le quart d’heure de méditation et l’esprit de réparation dans la lettre n° 186 ; voyons maintenant ce qu’il dit sur la confession et la communion. Nous aurons vu ainsi les conseils d’un des meilleurs spécialistes de Fatima pour la pratique des cinq points de la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.

La confession

Le 10 décembre 1925, Notre-Dame confia à sœur Lucie : « Tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, …, je promets de les assister à l’heure de la mort, … ». Voici les recommandations du père Martins pour cette demande de la Sainte Vierge :

La confession mensuelle implique un repentir sincère pour les fautes commises et la résolution de s’amender. De nos jours, ce sacrement est négligé tant par de très nombreux fidèles que par des prêtres qui, poussés par la loi du moindre effort, se dispensent de s’asseoir au confessionnal. Je ne parle même pas de ceux qui, en contradiction flagrante avec les normes du Magistère, assument la très grave responsabilité de ne donner que des absolutions collectives. Abandonner l’habitude de la confession personnelle fréquente est un chemin facile vers l’état de tiédeur spirituelle si vivement condamné dans ce passage de l’Écriture : « Je connais tes œuvres et je sais que tu n’es ni froid, ni chaud. Si seulement tu étais froid ou chaud ! Mais comme tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche. » (Ap. III, 15-16).

Le père Martins écrivait cela en 1978. Que dirait-il aujourd’hui ? Les prédications édulcorant la notion de péché comme une simple atteinte à la concorde entre les hommes, sans aucune référence à l’offense faite à Dieu sont légion, y compris dans certains textes récents du magistère.
Le père Martins poursuit en disant :

C’est pourquoi sœur Lucie, dans son humilité et son désir de perfection, écrivait au père Gonçalves : « Vous avez raison. Les fautes sont nombreuses, mais surtout, la négligence des âmes dont Il attendait de l’ardeur à son service est bien plus grande aujourd’hui. Le nombre de ceux qu’Il rencontre est très limité. Le pire, c’est que je fasse partie des tièdes, après tous les efforts qu’Il a faits pour m’intégrer au groupe des fervents. Je promets très facilement, mais je manque à mes promesses encore plus facilement… On s’accroche aux actions comme à des vêtements, sans voir d’où elles viennent. Il fait preuve de patience ; c’est ce qui me sauve. Il veut que je vive au Ciel, et je m’enfonce de plus en plus sur la terre. Patience ! L’humiliation devant Lui coûte beaucoup, mais elle fait beaucoup de bien et Lui procure beaucoup de plaisir. Cela me suffit pour être contente. De ces humiliations intérieures, j’ai l’occasion de faire de nombreux actes ; des autres, extérieures, quelques-uns. Il faut tout mettre à profit. N’oubliez pas de prier pour moi à cet égard. L’orgueil est rusé. »
L’examen de conscience, qui doit précéder la confession, est d’une efficacité extraordinaire pour le progrès dans la vie spirituelle. C’est pourquoi saint Ignace a prescrit aux membres de son ordre [les jésuites] de le faire deux fois par jour, en plus de celui qu’il convient de ne pas omettre après la prière du soir. Tout commerçant, à la fin de la journée, vérifie soigneusement ce qu’il a gagné ou perdu. Dans la vie spirituelle, il convient de savoir si l’on avance ou si l’on recule. Combien de personnes ont le courage de se confronter à elles-mêmes par un examen de conscience sérieux ? Son omission pendant une longue période conduit naturellement à l’insensibilité spirituelle et au manque d’effort qui en résulte pour corriger les fautes habituelles, chemin propice à la tiédeur.
C’est certainement la raison pour laquelle Notre-Dame, dans la dévotion qu’elle a recommandée, exige la confession mensuelle, même s’il n’y a pas de péchés graves, comme on peut le déduire du passage suivant :
« — Mon Jésus ! Beaucoup d’âmes ont de la difficulté à se confesser le samedi : si Vous permettiez que la confession de huit jours soit valable ?
— Oui. Elle peut même s’étendre sur bien plus de jours encore, pourvu qu’elles soient en état de grâce le premier samedi, lorsqu’elles Me recevront ; et que lors de cette confession précédente, elles aient eu l’intention d’en faire un moyen d’expiation envers le Sacré-Cœur de Marie.
— Mon Jésus ! Et celles qui oublient de former cette intention ?
— Elles peuvent la former dès la confession suivante, en profitant de la première occasion qu’elles auront de se confesser. »

Ce dialogue cité par le père Martins eut lieu le 15 février 1926, à Pontevedra. La première fois que sœur Lucie en révéla le contenu, ce fut dans une lettre qu’elle écrivit au père Aparicio, son confesseur, en décembre 1927. L’expression employée dans cette lettre pour la confession est « a confissão de oito dias », une confession de huit jours. Sœur Lucie parle donc d’une confession faite dans les huit jours qui précèdent le premier samedi du mois. Et Notre-Seigneur accepte même une confession faite bien avant ces huit jours. Mais il s’agit bien d’une confession antérieure, puisque Notre-Seigneur précise deux points : que « les âmes soient [sous-entendu “restées”] en état de grâce le premier samedi » et que « cette confession précédente » ait été faite « en expiation envers le Cœur Immaculé de Marie ». Notre-Seigneur ne parle de « la confession suivante » que pour signifier la nécessité d’y mentionner l’intention d’expier les blasphèmes faits au Cœur Immaculé de Marie, si cette mention avait été oubliée dans la confession précédente.
Retenons que l’important est d’être en état de grâce le jour où nous communions, c’est-à-dire d’avoir fait une bonne confession peu avant. Et pour bien se confesser, aidons-nous de temps en temps d’un guide commeL’art de se confesser du père Henri-Charles Chéry o.p. : https://www.fatima100.fr/les-premiers-samedis-du-mois/la-confession.

La communion

Dans la nuit du 29 au 30 mai 1930, à la demande de son confesseur, sœur Lucie posa cette question à Notre-Seigneur : « Ceux qui ne pourront pas accomplir les conditions le samedi, ne peuvent-ils y satisfaire le dimanche ? » Notre-Seigneur lui répondit : « La pratique de cette dévotion sera également acceptée le dimanche qui suit le premier samedi, quand mes prêtres, pour de justes motifs, le permettront aux âmes. »
De la réponse de Notre-Seigneur, on peut comprendre que toutes les conditions du samedi peuvent être réalisées le dimanche en cas d’empêchement puisqu’Il parle de façon générale de « la pratique de cette dévotion ». Toutefois, nous venons de voir qu’en 1926, en ce qui concerne la confession, Notre-Seigneur n’a parlé que d’une confession antérieure. Et dans la question qu’elle pose, sœur Lucie ne parle en toute rigueur que « des conditions qui ne pourront pas être accomplies le samedi ». Or, il est difficile d’imaginer les circonstances qui rendraient vraiment impossible la récitation du chapelet quotidien et la méditation de quinze minutes. En conséquence, très vraisemblablement sœur Lucie n’a en tête que la confession et la communion, qui sont effectivement des conditions plus difficiles car elles nécessitent un prêtre, contrairement aux autres. Et il est vrai que, de nos jours, en de nombreux endroits, il est parfois très difficile de pouvoir se confesser ou communier le samedi.

Notre-Seigneur précise également que la communion réparatrice ne peut être faite le dimanche, c’est-à-dire le lendemain du premier samedi, que « si des prêtres pour de justes motifs le permettent aux âmes ». Une confession antérieure pouvant convenir, comme nous l’avons vu, cela concerne surtout la communion. Lorsqu’on prévoit de ne pas pouvoir communier le samedi, il convient donc d’anticiper en allant voir un prêtre quelques jours avant pour lui expliquer la difficulté et lui faire valider une communion le dimanche. Il ne s’agit pas simplement de l’informer que nous avons l’intention de communier le dimanche pour satisfaire aux demandes de Notre-Dame. Il s’agit d’obtenir de lui l’autorisation de reporter la communion dimanche.

Voici les recommandations du père Martins sur ce sujet.

La communion nous unit intimement au Christ et nous rend semblables à la Très Sainte Vierge. Elle, en effet, a reçu dans son sein virginal le Verbe de Dieu, dans le mystère de l’Incarnation. Nous le recevons sacramentellement, lorsque nous communions. C’est le même Fils de Dieu. Si le don de la foi nous fait nous écrier avec saint Thomas : « Ô banquet précieux et admirable, salutaire et plein de toute douceur ! Qu’y a-t-il de plus précieux que ce banquet ? Ce n’est plus la chair des taureaux et des chevreaux qui nous est offerte à manger, comme dans l’ancienne Loi, mais le Christ lui-même, vrai Dieu, qui se donne à nous en nourriture. Qu’y a-t-il de plus salutaire et d’admirable que ce sacrement ? En lui, nos péchés sont purifiés, nos vertus s’accroissent et l’âme se nourrit de l’abondance des dons spirituels. » (Lecture du bréviaire pour la fête du Saint Sacrement).

Dans aucun des écrits de sœur Lucie concernant les premiers samedis, il n’est fait mention de la Sainte Messe. Bien que celle-ci soit l’acte suprême du culte que nous pouvons rendre à Dieu et qu’il soit recommandé de communier pendant la messe, cela peut toutefois se faire à un autre moment si, pour une raison quelconque, on ne peut assister au Saint Sacrifice. La vérité est que, dans les paroles attribuées à la Très Sainte Vierge, on n’exige pas l’assistance à la messe, mais seulement la communion. Peut-on interpréter ce fait comme un signe et un avertissement aux pseudo-théologiens qui remettent en cause la présence réelle en dehors de la messe, comme l’a affirmé Paul VI dansMysterium Fidei ? Permettez-moi de retranscrire ces paragraphes de l’encyclique citée :

« Il n’est pas utile, pour ne citer qu’un exemple, d’exalter la messe dite “communautaire” au point d’enlever toute importance à la messe privée ; ni d’insister autant sur la notion de signe sacramentel, comme si le symbolisme – que nous admettons tous, bien sûr, dans la Sainte Eucharistie – exprimait, uniquement et simplement, le mode de présence du Christ dans ce sacrement ; ou encore de discuter du mystère de la transsubstantiation sans mentionner l’admirable conversion de toute la substance du pain en Corps et de toute la substance du vin en Sang du Christ, conversion dont parle le Concile de Trente ; ils se limitent uniquement à la “transsignification” et à la “transfinalisation”, selon leurs propres termes. Il n’est pas non plus licite, enfin, de proposer et de généraliser l’opinion qui affirme que Notre Seigneur Jésus-Christ n’est pas présent dans les hosties consacrées qui restent après la célébration du Sacrifice de la Messe.
Qui ne voit que, dans de telles opinions ou dans d’autres similaires mises en circulation, la foi et le culte de la Divine Eucharistie en souffrent non peu ? »

Les apparitions de Fatima, qui sont un cri d’alarme contre certaines erreurs modernes, telles que le Purgatoire, l’Enfer, le Péché, l’exigence de réparation, l’obéissance au Magistère, etc. etc. – nous ont laissé ce passage supplémentaire concernant l’Eucharistie :

« Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très saint Cœur et du Cœur immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs. »

Une fois encore, que dirait le père Martins aujourd’hui ?

Voilà donc ses recommandations sur la façon de pratiquer la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Pour obtenir toutes les grâces attachées à cette dévotion et promises par Notre-Dame, ayons à cœur de la pratiquer avec assiduité et persévérance, avec une grande ferveur et une profonde tristesse pour tous les blasphèmes proférés contre notre Mère du Ciel.

À propos des rosaires vivants

Plusieurs lecteurs ont à nouveau exprimé le souhait que des rosaires vivants soient organisés. Les réflexions sur une nouvelle organisation pour fiabiliser la constitution de ces rosaires se poursuit. Nous espérons qu’elle aboutira rapidement. Dès qu’elle sera mise en place, nous vous avertirons et vous pourrez à nouveau vous inscrire pour participer à un rosaire.

Livre sur les premiers samedis du mois

Dans les prochaines semaines (en principe fin juin), Salve Corda publiera un livre sur les premiers samedis. Le livre sera en deux tomes. Voici le sommaire du tome 1 :

J1re partie : Comprendre les Premiers Samedis demandés à Fatima

1) Importance et authenticité de Fatima
2) Chronologie de la demande des Premiers Samedis
3) But et fruits des Premiers Samedis
4) Les Premiers Samedis, véritable condensé de la vie chrétienne
5) Le combat autour des demandes des Cœurs de Jésus et Marie
6) L’urgence de répondre à l’appel des Premiers Samedis

2e partie : Méthode pour réaliser les Premiers Samedis

1) Explications pratiques sur les cinq points des Premiers Samedis
2) Comment accomplir concrètement les Premiers Samedis
3) Les fiches d’organisation
4) Une Fédération autour des Premiers Samedis de Fatima

Annexes :

1) Fiche sur l’origine et la structure du Rosaire
2) Fiche sur la contrition de nos péchés et la Miséricorde de Dieu dans la confession
3) Fiche sur le sens profond de la Sainte Eucharistie
4) Fiche sur la façon de recevoir dignement le Corps de Notre Seigneur
5) Synthèse des autres demandes à Fatima
6) Pourquoi les premiers vendredis et samedis du mois
7) Le Cœur Immaculé de Marie, synthèse de Marie Médiatrice et Co-Rédemptrice
8) La Russie a-t-elle été consacrée conformément à la demande de Notre-Dame ?
9) Le jubilé 2025 pour les cent ans de la demande des Premiers Samedis 
10) Recommandation des premiers samedis par le cardinal R. L. Burke à Saint Pierre de Rome en 2025
11) Prières de consécration au Cœur Immaculé de Marie

Le tome 2 réunira des méditations pour chacun des mystères du rosaire.
Ce livre sera donc un outil complet à la fois spirituel et pratique pour comprendre en profondeur, réaliser et étendre autour de nous la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.
Le produit des ventes servira à financer la refonte complète du site internet et la mise en place d’outils plus performants, comme par exemple une carte automatisée des groupes de premiers samedis dans le monde.
Un mail vous sera envoyé dès qu’il pourra être commandé.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus