On ne saurait trouver entre deux cœurs une union comparable

© Shutterstock/jorisvo
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On ne saurait trouver entre deux cœurs une union comparable

On ne saurait trouver entre deux cœurs une union, une ressemblance comparable à celles qui existaient dans le cœur de Jésus et le cœur de la Vierge Marie.

Le cœur de la Mère et le cœur du Fils vivaient de la même vie, ils vibraient à l’unisson du même amour pour Dieu et pour les hommes. Voyez comme ils se sont aimés, comme ils se sont compris mutuellement !

Dans son enfance, Jésus associe sa tendre Mère à tous ses mystères ; il ne s’en sépare point durant trente années. Pendant sa vie publique, il accomplit des miracles de charité, à sa demande. Mais c’est surtout à l’heure de l’abandon et de l’épreuve que l’union des Cœurs se montre plus étroite. Si la lance doit transpercer le cœur de Jésus, un glaive de douleur transpercera le cœur de Marie et cette mère désolée acceptera pour enfants les bourreaux auxquels son Fils vient de pardonner.

Unis sur la terre, ces divins Cœurs restent unis au Ciel où la même gloire réunit ceux qu’avait réunis la Croix ; c’est ce qui nous explique la puissance de la Reine des Cieux, notre bonne Mère.

Paroisse du Sacré Cœur, Bucarest (Roumanie)

www.sacrecoeur.ro

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

07.06.2024 – SAINT DU JOUR

St Antoine-Marie Gianelli

ÉVÊQUE ET FOND. († 1846)

Saint Antoine-Marie Gianelli
Évêque et fondateur des :
« Filles de Sainte-Marie dell’Orto » 

Antonio Maria Gianelli naît à Cerreta, près de Chiavari, archidiocèse de Gênes (en Ligurie), le 12 avril 1789, jour de Pâques ; il est baptisé le 19 avril.

À l’âge de 19 ans il entre au séminaire et, quatre ans après, le mois de mai 1812, il est ordonné prêtre à Gênes.

Professeur du petit séminaire, il fonde en 1829 les « Filles de Sainte-Marie dell’Orto » (du Jardin), « Gianellines », pour l’éducation de la jeunesse, le soin des malades et des vieillards. Puis après avoir été curé d’une grosse paroisse, il est sacré évêque de Bobbio en 1838. Homme d’action qui puise ses ressources dans la contemplation, il mène une vie très mortifiée, à laquelle s’ajoutent bien des croix, notamment la défection d’un proche collaborateur qu’il convertira par ses prières et ses larmes. « Son zèle courageux et infatigable le fait appeler “un homme de fer” » et dans son apostolat, il agit « avec force et douceur ».

Après une vie comblée de fruits spirituels, ce fidèle intendant rend son âme à Dieu à 57 ans, le 7 juin 1846, à Plaisance.

Antonio Maria Gianelli a été béatifié le 19 avril 1925 par Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939), à Rome, et canonisé, à Rome également, le 21 octobre 1951 par le vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958).

Le 4 juin de l’année 2000, il a été nommé saint patron de Bobbio.

Pour un approfondissement :

>>> Antonio Maria Gianelli 

Saint Antoine-Marie Gianelli priez pour nous !

07.06.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 19,31-37. 

Jésus venait de mourir. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : ‘Aucun de ses os ne sera brisé.’
Un autre passage de l’Écriture dit encore : ‘Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.’

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

moniale bénédictine

Le Héraut, Livre III, SC 143 (Œuvres spirituelles, trad. P. Doyère, éd. du Cerf, 1968, p. 189, 191, rev.)

« Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé. » (Jn 19,37)

Un certain vendredi, le jour étant déjà sur son déclin, contemplant l’image du crucifix, et émue à cette vue, Gertrude dit au Seigneur : « Ô mon très doux Amant, combien vous avez souffert pour mon salut en ce jour que moi, hélas ! dans ma totale infidélité, j’ai gaspillé, en le passant à tant d’occupations que j’ai oublié de me remémorer le long du jour, avec ferveur, ô mon Salut éternel, que vous avez souffert pour moi à chaque heure, et que Vous, la Vie d’où vient toute vie, vous êtes mort pour l’amour de mon amour. » Le Seigneur, du haut de la croix, lui répondit : « Tout ce que tu as négligé de faire, je l’ai fait pour toi et à chaque heure j’ai recueilli dans mon Cœur tout ce que tu aurais dû former dans le tien, et le cumul en a tellement dilaté mon Cœur, que d’un grand désir, j’attendais ce moment où me viendrait de toi cette prière ; car alors, je peux enfin offrir à Dieu mon Père tout ce que j’ai fait pour toi pendant la journée : sans cette prière, en effet, rien de tout cela ne pouvait servir à ton salut. » Par là, on peut voir ce qu’est l’amour tout fidèle de Dieu pour les hommes (…). Une autre fois qu’elle tenait entre les mains (…) l’image du Christ crucifié, elle comprit que quiconque contemple avec l’attention de la piété l’image de la croix du Christ, le Seigneur le regarde avec une miséricorde si bienveillante que son âme, comme un clair miroir reçoit en elle, par l’effet du divin amour, cette toute délectable image dont la cour céleste se réjouit. Et il y aura pour lui une gloire éternelle future.

LECTURES :

Livre d’Osée 11,1.3-4.8c-9. 

Ainsi parle le Seigneur : Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils.
C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours.
Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ?
Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent.
Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer.

Livre d’Isaïe 12,2.4bcd.5-6. 

Voici le Dieu qui me sauve : 
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. 
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.
« Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! »
Jouez pour le Seigneur, 
il montre sa magnificence, 
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, 
car il est grand au milieu de toi, 
le Saint d’Israël !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,8-12.14-19. 

Frères, à moi qui suis vraiment le plus petit de tous les fidèles, la grâce a été donnée d’annoncer aux nations l’insondable richesse du Christ,
et de mettre en lumière pour tous le contenu du mystère qui était caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses ;
ainsi, désormais, les Puissances célestes elles-mêmes connaissent, grâce à l’Église, les multiples aspects de la Sagesse de Dieu.
C’est le projet éternel que Dieu a réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Et notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance.
C’est pourquoi je tombe à genoux devant le Père,
de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom.
Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur.
Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour.
Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur…
Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu.

Sacré-Cœur de Jésus, solennité

Le Sacré-Coeur de Jésus

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.» 
(Mt 11, 25-30).

Les petits de l’Évangile

La liturgie nous présente l’une des rares prières de Jésus et il « bénit » le Père céleste, c’est-à-dire qu’il reconnaît publiquement ce que Lui a fait et continue de faire envers les « petits », au détriment des sages et des savants. Le contenu de ce qui est révélé est inscrit dans l’expression « Tu as caché ces choses« . D’après ce que nous comprenons des versets qui précèdent ce texte,  » ces choses  » sont la compréhension de Jésus lui-même ce à quoi les  » sages et les savants  » ont été réfractaires. D’autre part, les « petits » peuvent être les « pauvres » à qui l’évangile est annoncé, ou les « humbles », c’est-à-dire ceux qui écoutent et accueillent la Parole. Une clé pour comprendre que le Très Sacré Cœur de Jésus n’est compréhensible que dans la mesure où l’on se fait  » petits « ,  » humbles « .

Mon joug est doux

Le joug est un dispositif destiné à la traction des animaux : appliqué à la partie antérieure du corps d’un ou plusieurs animaux de trait (sur le cou), il permet de les soumettre, de les attacher à une machine et de les faire manœuvrer par un opérateur. A partir de cette expérience tirée de la vie agricole, Jésus invite les « petits » à lui faire confiance, en leur garantissant le repos, la paix, la libération parce que son joug n’est pas oppressant. Jésus ne surcharge pas ceux qui s’approchent de Lui, il ne les opprime pas en les chargeant de fardeaux que les maîtres de l’époque ne touchaient même pas du doigt. Jésus, humble et pur de cœur, est celui qui dit en faisant, celui qui accepte la volonté du Père et la vit à la première personne, partageant avec les « petits » l’engagement requis. C’est pourquoi le joug de Jésus est doux, non pas parce qu’il est « lénifié », mais parce qu’il a enlevé les sédiments légalistes et ramené la loi de Dieu à son origine, révélant que Dieu est amour miséricordieux. L’amour pour toujours, nous rappelle le psaume.

Le cœur

Lorsque nous entendons le mot « cœur », nous pensons surtout à la sphère affective, sentimentale. Mais dans le langage biblique, il a un sens beaucoup plus large, car il désigne toute la personne dans l’unité de sa conscience, de son intelligence et de sa liberté. Le cœur indique l’intériorité de l’homme, mais aussi sa capacité de réflexion : c’est le siège de la mémoire, le centre des choix, des projets. Dans ce côté ouvert, Jésus nous montre et nous dit : « Tu m’intéresses », « Je prends ta vie à cœur ». Mais il dit aussi : « Fais ceci en mémoire de moi : prends soin des autres. Avec cœur. C’est-à-dire, aie les mêmes sentiments que moi, prends les mêmes décisions que moi », en sachant être humble et pur de cœur.

Prière

Cœur Divin de Jésus 
Je t’offre par le Cœur Immaculé de Marie, 
mère de l’Église, en union avec le Sacrifice Eucharistique, 
les prières, les actions, les joies et les souffrances de cette journée
 en réparation des péchés et pour le salut de tous les hommes, 
dans la grâce de l’Esprit Saint, à la gloire du Divin Père.
Amen.

Source : VATICANNEWS

09.06.2024 – HOMÉLIE DU 10ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MARC 3,20-35

Unifiés par l’Esprit

par le Fr. Laurent Mathelot

L’idée est fort répandue parmi les croyants que, puisque Dieu est bon, il sauvera tout le monde. Comment Dieu, s’il est véritablement miséricordieux, pourrait-il laisser un seul de ses enfants aller à sa perte ? N’est-ce pas plutôt, comme disait la chanson : « Nous irons tous au Paradis » ?

Récemment, le pape François affirmait : « J’aime penser que l’enfer est vide ; j’espère qu’il l’est ». C’est en effet le maximum que nous puissions faire : espérer. Parce que de certitude que tout homme sera sauvé, nous ne pouvons en avoir. Certes Dieu désire le salut de tous, mais il nous a aussi créés parfaitement libres – et donc libres de le renier.

Cette idée qu’à la fin Dieu pardonne tout oublie que le Nouveau Testament parle de séparer le bon grain de l’ivraie, de trier les boucs des brebis, jusqu’aux récits de la Passion qui distinguent le bon du mauvais larron à l’entrée du Paradis.

L’idée que finalement Dieu pardonnera tous les péchés vient en fait d’une mauvaise compréhension de sa miséricorde qui oublie le don total de la liberté. Dieu pardonnera tout – c’est ce que dit l’Évangile d’aujourd’hui – tout, sauf le mépris de l’Esprit Saint : « Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. »

C’est ce que font les scribes qui accusent Jésus d’être animé d’un esprit impur, d’être possédé par Béelzéboul. Ils blasphèment contre l’Esprit Saint en le comparant à Satan, l’esprit de division. Faisant ainsi, ils empêchent l’Esprit Saint de les rejoindre : qui voudrait en effet être possédé par l’esprit d’un démon ?

Dieu est miséricordieux – infiniment miséricordieux – c’est vrai. Mais il ne peut rien faire pour aider quelqu’un qui refuse à son Esprit Saint de pouvoir agir, pire qui l’en empêche. Jusqu’à la fin, chaque homme, chaque femme peut rejeter l’amour de Dieu, le salut offert par le Christ. A coté de l’infinie miséricorde, voici l’infinie liberté qui la précède : chacun, nous sommes libres d’empêcher l’Esprit de Dieu de nous rejoindre : il suffit simplement de le disqualifier, de voir Dieu finalement comme un mauvais esprit, un principe nuisible, voire simplement un empêcheur de vivre.

Cette infinie liberté, on la retrouve dans la rencontre de Jésus avec le jeune homme riche (Mt, 19,16–30 ; Mc, 10, 17–31 ; Lc, 18,18–30), qu’il laisse partir. On la retrouve aussi en filigrane de la parabole du fils prodigue (Lc 15:11–32) qui aurait pu ne jamais faire demi-tour et revenir vers son Père.

Cette dénonciation du péché contre l’Esprit Saint est l’occasion pour Jésus de renverser la logique de pureté religieuse qui était alors celle du peuple juif. Vous savez sans doute que plus on s’approche du Temple de Jérusalem, a fortiori du Saint des Saints, plus il s’agit d’être rituellement pur. Et que cette pureté s’entend avant tout du corps. De là, les nombreuses piscines alentour pour se purifier, de là tous les estropiés, les malades et les lépreux laissés au dehors. Dans le judaïsme ancien, c’est avant tout le corps qui est le lieu d’impuretés.

Alors que, pour Jésus, ce qui est impur c’est d’avoir un esprit divisé, peu importe l’état du corps qui pourra être malade, souillé ou même mort. « Si un royaume est divisé contre lui-même, (…) il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. » C’est par l’esprit que vient la corruption.

Et déjà, le récit de la Genèse faisait ce lien entre péché contre l’Esprit de Dieu et division. Le couple Adam et Eve se divise après avoir enfreint le commandement de ne pas goûter au fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Devant Dieu, Adam se défaussera lâchement sur Eve qui se défaussera à son tour sur le serpent, qui tient ici le rôle de Satan, l’esprit diviseur. Ensuite, ils se cachent de Dieu : et voilà le péché contre l’Esprit à l’œuvre.

Dieu ne pourra pas pardonner si on décide de se cacher de lui. Dieu ne pourra pas pardonner si on empêche son Christ de nous rejoindre. Dieu ne pourra pas pardonner si on dénie à son Esprit le droit d’agir.

Le blasphème contre l’Esprit Saint constitue de fait une rupture définitive du lien avec Dieu. Déjà, dire que l’Esprit Saint est impur – notamment affirmer que la religion est dangereuse comme on l’entend de plus en plus de nos jours ou soutenir que l’idée-même de Dieu est nuisible : voilà le genre de blasphème qui rend l’action de Dieu impossible en soi.

Dans l’Église aussi on peut se cacher de Dieu. C’est même un excellent endroit pour se dissimuler, quand la prière et la morale perdent leur sens, qu’elles cessent d’être rencontres pour devenir égoïsmes. Adam et Eve étaient dans le paradis quand qu’ils se cachaient de Dieu.

Enfin, dans sa lettre aux Corinthiens, Paul parle de ce qu’est « être divisé en soi » : c’est détacher les épreuves que l’on vit de la présence de l’Esprit Saint ; être divisé, c’est perdre courage, sombrer dans la détresse, abandonner tout espoir. Être divisé en soi, c’est tellement s’attacher à ce qui se voit qu’on se détache de ce qui ne se voit pas ; c’est s’attacher au provisoire et se détacher de l’Éternel. Perdre le sentiment d’être aimé de Dieu, perdre son Esprit consolateur au point de le mépriser, voilà la division qui nous menace.

Aujourd’hui les lectures nous invitent à préserver notre unité d’Esprit avec Dieu. Pour ce faire, je vous suggère un petit exercice spirituel, méditer ces simples phrases : il y a en moi quelque chose d’éternel ; il y a en moi quelque chose d’incorruptible ; il y a en mon âme une pureté qui demeure et qui est le souffle de Dieu, l’Esprit Saint qui me parle, qui m’aime et désire m’emporter.

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 5 juin 2024

09.06.2024 – HOMÉLIE DU 10ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MARC 3,20-35

Jésus contesté

Pistes pour l’homélie par le l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Nous venons de vivre le temps des fêtes de la Pentecôte, la Trinité, le Saint Sacrement du Corps et Sang du Christ. Aujourd’hui, nous retrouvons les lectures du 10ème dimanche du temps ordinaire qui nous mettent en face d’un choix fondamental ; c’est Dieu lui-même qui nous pose la question : “Veux-tu me suivre, oui ou non ? Veux-tu, oui ou non, entrer dans le chemin du Salut ? Veux-tu te relever et laisser l’Esprit Saint vivre dans ton cœur ?

Les obstacles sont nombreux ; nous avons pu nous en rendre compte en écoutant le récit de la Genèse (1ère lecture). Ce récit nous ramène à la question si actuelle du mal dans le monde. Il nous fait comprendre que si tout va mal, c’est parce que l’homme s’est fermé à la vraie source de vie ; il s’est fermé à la rencontre avec Dieu et les autres. Le résultat c’est la division : comme Adam et Eve, on rejette la responsabilité sur les autres : “Ce n’est pas moi”, un peu à la manière d’un petit enfant qui ne veut pas reconnaitre son tort. Mais le mal n’aura pas le dernier mot. La promesse du Salut est bien là et rien ne peut l’arrêter.

C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons dans la lettre de saint Paul aux Corinthiens (2ème lecture). Paul a découvert ce qu’est l’amour gratuit de Dieu ; il a bénéficié de sa miséricorde. Tout au long de son ministère, ill se trouve affronté à la souffrance et aux persécutions. Mais il fait totalement confiance à Dieu. Il nous rappelle aujourd’hui que nous sommes en marche vers notre demeure éternelle. Rien ne peut nous séparer de cet amour qui est en Dieu.

Les tentations sont nombreuses. Mais l’Évangile nous montre que Jésus nous guide à travers celles qu’il a traversées. Il s’est trouvé affronté à ses proches, aux gens de sa famille et de son village. Les uns et les autres estiment que ce qu’il dit est trop fort. Ils pensent qu’il a perdu la tête. Alors on vient l’arracher de là où il est. Et comme si cela ne suffisait pas, les chefs religieux le taxent de possession et d’exorcisme démoniaque : “Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons.”

Mais les accusateurs de Jésus n’ont pas le dernier mot : il est plus fort qu’eux, plus fort même que Satan. Et surtout, il est à nos côtés dans notre lutte contre le mal. Le mal le plus grave, c’est le péché, le refus de l’amour. Mais quand nous nous détournons de lui, le Seigneur ne cesse de nous appeler : “Revenez à moi de tout votre cœur”. Il est toujours prêt à nous accueillir et à nous pardonner.

Mais il y a une exception : “Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’obtiendra jamais de pardon. Ce péché qui ne peut être remis, c’est le refus de Dieu et de son amour miséricordieux. Pécher contre l’Esprit Saint c’est dire non à la vie que Dieu nous offre, c’est s’enfermer sur soi-même, c’est repousser lucidement toute action de Dieu en soi, c’est se blinder contre la tendresse divine. Face à un tel refus, Dieu ne peut rien. Il nous a faits libres ; il respecte les choix que nous faisons en toute connaissance de cause et en toute responsabilité.

Voilà ce qui arrive quand on se ferme à l’Esprit : c’est la mort. Mais le Seigneur est toujours là pour nous conduire à la vraie vie. Lui-même s’en est remis à l’Esprit. Il a toujours tout accompli sous son inspiration. C’est à cela que nous sommes tous appelés. Le Seigneur est toujours là pour nous guider sur notre route. Ses paroles sont celles de la Vie éternelle.

C’est d’ailleurs ce que nous rappelle la finale de l’Évangile de ce jour. On vient annoncer à Jésus que sa mère et ses frères le cherchent. Il leur fait comprendre que sa vraie famille n’est pas fondée sur les liens du Sang mais sur la conformité à la volonté de Dieu. En font partie ceux et celles qui se mettent à l’écoute de la parole de Dieu autour de Jésus. Faire la volonté de Dieu, c’est travailler chaque jour construire la famille de Dieu sur la terre. C’est ce que nous demandons dans le Notre Père : “que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.”
En ce jour, nous nous tournons vers la Vierge Marie : elle était unie à Jésus par les liens du sang. Mais elle a été la première à accueillir la Parole de Dieu et à la mettre en pratique. Actuellement elle occupe la première place dans l’immense cortège de tous les saints. Et elle est toujours là pour nous redire “faites tout ce qu’il vous dira”.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 1er juin 2024